Chapitre 9
Les pirates s'agglutinèrent à la porte sans oser entrer, regardant Zéro et Kei s'affairer autour de Nova. Ils firent un massage cardiaque et la choquèrent plusieurs fois sans succès. Zéro finit par lui faire une injection directement dans le cœur avant de reprendre le massage. Leurs efforts restèrent vains. Au bout de vingt minutes, Zéro annonça la mort de Nova, la gorge serrée. En l'entendant, Harlock pâlit et Nico se rua sur Nova, reprenant frénétiquement le massage.
‒ Non, cria-t-il. J'en ai déjà perdu une, je ne la perdrais pas aussi.
Il s'acharna en pleurant, la suppliant de se réveiller, allant même jusqu'à donner des coups de poing sur la poitrine de Nova. Il était devenu comme fou. Kei finit par réussir à le raisonner et le fit reculer en le serrant dans ses bras. Alors que tout le monde restait silencieux, un bip résonna, suivit par d'autres. Stupéfait, Zéro examina rapidement Nova.
‒ Elle respire, dit-il. Elle est revenue.
Ce fut une explosion de joie dans le couloir. Nico se dégagea des bras de Kei. Il prit la main de Nova. Elle ouvrit péniblement les yeux et regarda autour d'elle, visiblement perdue.
‒ Nova, appela doucement Nico, tu m'entends ?
Elle posa les yeux sur lui et fronça les sourcils, faisant un effort de réflexion.
‒ Nico ? murmura-t-elle.
‒ Oui, oui, c'est moi, confirma-t-il, fou de joie.
Harlock recula et partit, le visage impénétrable, sans que personne ne prête attention à son départ. Nova réfléchissait toujours.
‒ Qu'est-ce que… commença-t-elle.
Elle s'interrompit, se rappelant brutalement les derniers évènements.
‒ Le capit…. s'écria-t-elle en tentant de se redresser mais elle retomba aussitôt en arrière en poussant un cri de douleur.
‒ Doucement, p'tite sœur, dit Nico, tu reviens de loin cette fois. Le capitaine va bien. Il n'a pas été blessé.
‒ Oui et maintenant, elle a besoin de repos, dit Zéro. Allez ! Tout le monde dehors que je vérifie que mes points n'ont pas sautés avec vos bêtises. Plus de visites avant demain matin.
Une fois la porte refermée, Zéro retira le bandage et vérifia que tout allait bien de ce côté.
‒ Docteur, dit Nova, vous m'expliquez ?
‒ Tu as pris une balle dans le poumon gauche. Je l'ai retirée mais tu as bien failli y passer. En fait, tu es morte pendant vingt minutes.
‒ Morte ?
‒ Oui, tu peux remercier Nico. Kei et moi n'avons pas réussi à te ranimer mais il s'est acharné et ça a fini par payer. Il t'a appelé petite sœur ? C'est comme ça qu'il te voie ?
‒ Oui.
‒ Eh bien, c'est plutôt curieux.
‒ Pourquoi ?
‒ J'avais besoin de sang pour toi. Tu es d'un groupe pas très courant, le O- et tu ne peux recevoir que ça. Il se trouve que Nico est le seul à bord à être de ce groupe.
‒ Il m'a donné du sang ?
‒ Oui, c'est le sang de Nico qui se trouve dans cette poche.
Nova regarda la poche qui était reliée à son bras.
‒ Heureusement qu'il était là, conclut Zéro. Sans ce sang, tu n'aurais pas survécu à l'opération. Maintenant que tu sais tout, finit le blabla. Tu dois te reposer, et moi, je dois retourner à mon dispensaire, mes malades m'attendent. Je reviendrais te voir dès que possible.
‒ Merci, docteur.
Il repoussa ses remerciements d'un geste.
‒ Je n'ai fait que mon travail.
Il sortit et s'entretint avec Kei, lui donnant les instructions nécessaires pour le suivi avant de repartir. Sven le raccompagna à terre. Le médecin regagna son dispensaire d'un pas vif, songeant qu'il aurait le temps de faire le tour de ses malades avant de se coucher, la nuit venant à peine de tomber. Il entra chez lui, posa sa mallette sur la table.
‒ Bon, un petit verre et j'attaque, murmura-t-il.
Zéro se tourna vers le meuble où il se souvenait avoir abandonné une bouteille de saké avant de partir sur l'Arcadia et s'immobilisa. Un militaire se tenait adossé au meuble.
‒ Que faites-vous là ? lança le médecin, méfiant. C'est pour des soins ?
Le militaire sourit. Il prit la bouteille de saké à moitié vide, la soupesa et jeta un regard narquois sur les autres bouteilles d'alcool traînant dans la pièce.
‒ Si c'était le cas, j'aurais déjà fait demi-tour, fit le militaire d'un ton méprisant. Nous avons quelques questions à vous poser, docteur.
Zéro vit un soldat entrer dans la cuisine par la porte donnant sur l'intérieur de la maison. Il se tourna aussitôt vers la porte d'entrée mais un autre soldat s'y tenait déjà, lui coupant toute possibilité de fuite.
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Sans se douter le moins du monde de ce qui se passait à terre, l'Arcadia retournait vers la planète où les anciens esclaves attendaient les médicaments. Ils déchargèrent rapidement avant de repartir. Harlock ne voulait pas s'attarder. D'une part, pour éviter d'être là si Yamato arrivait, et Harlock ne doutait pas qu'il viendrait dès qu'il aurait récupéré son message. D'autre part, parce qu'il avait promis au docteur Zéro de le ramener à bord pour le suivi de Nova. Pendant le voyage de retour, Kei fit se lever Nova, conformément aux ordres de Zéro, qui avait préconisé de lui faire faire un peu de marche pour limiter les problèmes liés à une longue position allongée. Elle l'aida à marcher jusqu'au mess qui était désormais le domaine de Masu, au grand dam des amateurs de grignotage nocturne.
Les pirates s'étaient vite rendus compte que la vieille dame était un véritable dragon défendant jalousement son territoire et quelques uns d'entre eux avaient déjà subit ses foudres. Ils avaient également découvert avec surprise qu'elle était une redoutable lanceuse de couteaux ! Tori, qui aimait chiper des morceaux directement dans les casseroles, avait failli y laisser des plumes. Lorsqu'elles entrèrent, les pirates présents se levèrent pour accueillir Nova, manifestant bruyamment leur joie de la voir debout. Seul Nico resta assis dans son coin, visiblement ému. Nova répondit en riant aux salutations de ses camarades jusqu'à ce que Kei les réprimande pour qu'ils laissent Nova s'asseoir. Quand les pirates s'écartèrent, Nova vit Nico et se dirigea vers lui. Elle posa la main sur son épaule.
‒ Le docteur Zéro m'a tout raconté, dit-elle.
‒ Ah bon, répondit Nico en se raclant la gorge sans la regarder.
‒ Maintenant que ton sang coule dans mes veines, nous sommes vraiment frère et sœur.
Elle se pencha et le serra contre elle. Ses camarades rigolèrent sous cape en le voyant rougir. Il tapota la main de Nova, ne sachant quoi dire.
‒ Merci d'y avoir cru, murmura-t-elle. Si tu n'avais pas continué la réanimation, je ne serais pas là.
Elle l'embrassa sur la joue. Nico la serra contre lui, sous les acclamations des pirates. Harlock passa à ce moment-là dans le couloir. Intrigué, il regarda dans le mess, vit Nova et Nico enlacés. Son regard s'assombrit alors qu'il passait son chemin. Quelques minutes plus tard, Kei ramena Nova dans l'infirmerie et l'aida à se recoucher.
‒ Bien, je change ta perfusion et je me sauve. Tu dois te reposer.
Pendant qu'elle s'affairait, la porte s'ouvrit sur Harlock qui entra. Nova se redressa légèrement.
‒ Tu as déjà levé Nova ? demanda-t-il.
‒ Ordre du docteur, répondit Kei, c'est pour limiter le risque de phlébite. Je vous laisse, il est temps que je retourne à mon travail. Je repasserai te voir tout à l'heure, Nova.
‒ Merci, Kei.
Avec un sourire, Kei sortit en les laissant seuls. Un silence s'installa, rompu par Harlock.
‒ Comment te sens-tu ?
‒ Pas trop mal, vu les circonstances.
‒ Je voulais te remercier. Tu as pris cette balle à ma place, ajouta-t-il en voyant sa mine d'incompréhension.
‒ Oh, vous n'avez pas à me remercier, dit-elle, gênée. Vous avez abattu ce soldat juste avant, me sauvant la vie. Et même sans ça, je vous dois déjà tant. Et je n'ai aucun moyen de vous payer ma dette.
Ce fut au tour d'Harlock de ne pas comprendre.
‒ Que veux-tu dire ?
‒ Vous m'avez prise à votre bord, dit-elle. Vous m'avez rendu ma liberté, ma dignité. Vous avez fait en sorte que je sois éduquée, formée et depuis quelques temps, vous me donnez même de votre temps pour que je m'améliore au combat et m'enseigner la stratégie. Grâce à vous, j'ai trouvé un foyer, une famille, un nom. Comment pourrais-je jamais payer une dette pareille ?
‒ Tu es morte pour me protéger, répondit Harlock.
‒ Je serai morte de toute façon si vous aviez refusé de me prendre dans votre équipage. Et pas à cause des mauvais traitements. Je n'y serais pas retournée, pas après avoir vu mon ultime espoir s'envoler. Je me serais jetée du haut de la mesa, révéla Nova, tandis qu'une larme coulait sur son visage.
Il s'approcha du lit. D'un geste doux, il essuya sa larme du bout du doigt avant de lui prendre la main. Elle serra de toutes ses forces. Elle leva les yeux vers lui, espérant confusément qu'il se pencherait vers elle mais il n'en fit rien. Il se contenta de la regarder. Nova lui rendit son regard. Intriguée, elle sonda l'œil valide du capitaine, cherchant à comprendre ce que sa prunelle reflétait. Il sembla sur le point de dire quelque chose, hésita. Il garda sa main dans la sienne encore quelques instants avant de la lâcher.
‒ Je vais te laisser te reposer, dit-il finalement.
Il alla vers la porte et se retourna vers elle.
‒ Pour le moment, tu ne protestes pas mais je te connais, dit-il. Dans deux ou trois jours, dès que tu te sentiras mieux, tu ne tiendras plus en place. Aussi, je préfère te prévenir. Ne compte plus sur moi pour les entrainements, dit-il, pas avant que Zéro ne donne son feu vert. Hors de question aussi que tu participes aux abordages sans son autorisation. Il faudra du temps pour que tu sois complètement guérie. Je veillerais à ce que tu le prennes.
Il sortit sur ces mots, laissant Nova un peu dépitée. Elle s'allongea avec une sensation de regret. Elle se rappela la façon dont il avait approché son visage du sien, la veille et regrettait qu'il n'ait pas achevé son geste alors qu'ils étaient seuls. Fatiguée, elle ferma les yeux. Juste avant de s'endormir, elle rouvrit les yeux. Elle avait mit un nom sur ce qu'elle avait vu dans l'œil du capitaine, c'était de la tristesse.
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Le lendemain, Kei alla chercher le docteur Zéro chez lui, accompagnée de Sven. Quand elle voulu frapper, elle se rendit compte que la porte était entrouverte. Inquiète, elle échangea un regard avec Sven et ils dégainèrent leurs armes avant d'entrer avec précaution. La chatte du docteur, Mii, vint se frotter contre les jambes de Kei en miaulant. Ils fouillèrent la maison, ne trouvant que la mallette abandonnée sur la table.
‒ C'est bizarre, dit Sven. Il n'est pas du genre à laisser trainer son matériel dans sa cuisine pendant deux jours.
‒ Ni à oublier de nourrir sa chatte, ajouta Kei en montrant la gamelle de Mii qui ne contenait plus que quelques miettes desséchées.
Un mouvement furtif attira le regard de Kei. Elle fit un signe discret à Sven. Ils se postèrent de chaque côté de la porte et jetèrent un regard à l'extérieur. Ils virent deux militaires qui se tenait en embuscade, l'un deux parlant à la radio. D'un regard, les deux amis se comprirent, ils abattirent les deux militaires avant qu'ils aient eu le temps de réagir. Kei attrapa Mii, la cacha sous sa cape et ils partirent en courant. Ils entendirent d'autres militaires venir vers eux. Ils se dissimulèrent derrière un appenti. Alors que la patrouille approchait, ils entendirent un appel discret. La porte de la maison voisine s'était entrouverte et quelqu'un leur faisait signe. Ils se précipitèrent sans se poser de question. Les militaires passèrent sans les voir.
‒ Merci, dit Kei.
‒ Je vous en prie, dit la jeune femme. Vous veniez voir le docteur Zéro ?
‒ Oui. Savez-vous où il est ?
‒ Il a été arrêté.
‒ Quoi ? s'exclama Kei. Quand ?
‒ Il y a deux jours. Il était parti brutalement sans prévenir personne. Mais quelqu'un l'aurait vu monter dans un appareil marqué du signe des pirates. Du coup, l'armée l'a attendu chez lui et quand il est revenu plusieurs heures plus tard, ils l'ont emmené. Ils l'ont interrogé mais il a refusé de dire où il était allé. Il va être transféré dans un vaisseau qui doit l'emmener sur Mars, ce soir.
‒ Pourquoi nous dites-vous tout ça ? demanda Sven, méfiant. Et comment le savez-vous ?
‒ Le docteur a sauvé la vie de mon bébé, l'an dernier. Sachant que nous n'avons pas les moyens, il a refusé d'être payé. Quant à comment je suis au courant, je fais des ménages à la caserne. J'ai vu le docteur y être amené et j'ai laissé traîner mes oreilles. Personne ne fait attention aux femmes de ménages. J'ai aussi pu parler rapidement au docteur dans sa cellule sous prétexte de nettoyer le sol du couloir. C'est lui qui m'a dit de vous guetter aujourd'hui, malheureusement, je ne vous ai pas vus quand vous êtes arrivés.
‒ Merci, dit Kei. Nous allons partir, ils ne vont pas tarder à fouiller les maisons et il ne faut pas qu'ils nous trouvent ici.
‒ Passez par-derrière. Vous pourrez aider le docteur ?
‒ On le fera évader, lui assura Kei.
Ils réussirent à regagner leur vaisseau sans mauvaise rencontre et décollèrent. Dès qu'Harlock fut mis au courant, il demanda à Yattaran de pirater le réseau de la caserne. Cela leur permit de savoir exactement l'heure et le trajet du transfert du docteur. Ils décidèrent d'attaquer juste avant que le véhicule de transport arrive au spatioport.
Alors que le véhicule allait aborder le premier virage avant le spatioport, le conducteur vit quelque chose rouler sur la piste devant lui. Il donna un coup de volant au moment où l'objet explosait. Le véhicule s'écrasa dans le fossé. Le conducteur et le garde à l'avant s'extirpèrent péniblement du véhicule. Ils virent les pirates de l'Arcadia qui les encerclaient déjà. Les militaires tentèrent de dégainer et s'écroulèrent, abattus par les pirates. Yattaran réussit à ce moment-là à déverrouiller les portes arrière du véhicule. Les mains menottés, Zéro était avachi au sol mais conscient. Il posa sur les pirates un regard vitreux.
‒ Alors, doc ? lança Yattaran, la compagnie des militaires vous plaît tellement que vous voulez rester là-dedans ?
‒ Quoi ? bredouilla le médecin.
Comprenant que Zéro était sonné par l'accident, Yattaran monta dans le véhicule et libéra les mains de Zéro avant de l'aider à sortir du véhicule. Une navette se posa près d'eux. Ils embarquèrent pendant que l'Arcadia pilonnait le vaisseau de transport. Plusieurs habitants observèrent de loin le départ de la navette frappée du Jolly Roger et la destruction du vaisseau militaire. L'Arcadia se téléporta aussitôt qu'ils furent à bord. Le docteur descendit de la navette, encore ébahi par son sauvetage.
‒ Bienvenu à bord, docteur, dit Jack. On dirait que vous allez rester avec nous, cette fois.
‒ Rester ici ? Mais… et mon dispensaire ? Et Mii ?
‒ Quelqu'un d'autre devra prendre le relais pour votre dispensaire. Si vous y retournez, vous serez de nouveau arrêté, dit Kei. C'est la peine de mort qui vous attend pour nous avoir aidés. Quand à Mii… c'est bien de ce chat que vous parlez ?
Elle lui désigna la chatte qui se faufilait entre leurs jambes.
‒ Mii, s'exclama Zéro, ravi, en la prenant dans ses bras.
‒ Nous l'avons récupérée en allant vous chercher tout à l'heure, dit Kei. Venez, je vais vous faire visiter le vaisseau et choisir une cabine.
‒ D'abord, je vais aller voir Nova, quant à la cabine, je prendrais celle à côté de l'infirmerie, dit-il en la suivant.
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Une semaine passa. Masu avait déclaré la guerre à Mii qui avait pris exemple sur Tori et lui volait régulièrement de la nourriture et même des bouteilles de saké. La vieille dame avait vite découvert que les bouteilles étaient destinées au médecin qui niait avec la plus parfaite mauvaise foi. De son côté, Nova se rétablissait plus vite que ne l'avait jamais espéré le docteur Zéro, impressionné par la vitesse à laquelle elle cicatrisait. Il l'autorisa à reprendre ses activités quotidiennes à condition de laisser de côté tout ce qui touchait au combat ou nécessitait des efforts physiques pour l'instant. Elle proposa à Yattaran de profiter de son temps libre pour l'aider sur l'étude de la base de données récupérée sur le vaisseau esclavagiste.
‒ Je veux bien, fit-il. La masse de données est impressionnante et les recoupements possibles innombrables. J'avoue que j'ai l'impression de tourner en rond.
‒ Justement, tu les connais trop bien maintenant, c'est peut-être pour ça que tu as du mal, commenta Nova. Un œil neuf et une nouvelle approche nous permettra peut-être de débloquer tout ça. Expose-moi ce que tu as déjà fait.
Le travail réalisé par Yattaran était déjà impressionnant et il leur fallut un certain temps pour faire le point. Ensuite, Nova prit un autre ordinateur et se mit au travail. Ils travaillaient en silence, échangeant parfois quelques mots, tâchant de trouver les points communs entre le journal de bord et les cartes stellaires afin de tenter d'identifier les planètes de vente et essayant à force de recoupements de repérer un schéma leur permettant de localiser les points de transfert. Dans le journal de bord, tous les noms, lieux de récupération d'esclaves à vendre, lieux de vente ou acheteurs, étaient codés. La tâche était ardue, d'autant plus que les esclavagistes avaient trouvé un moyen de trafiquer les données de leur boîte noire.
Cette activité convenait très bien à Nova. D'une part, elle cadrait parfaitement avec le peu de choses permises par Zéro pour l'instant. D'autre part, cela lui permettait de s'occuper l'esprit car la jeune femme s'ennuyait depuis sa sortie de l'infirmerie. Elle ne pouvait pas s'entrainer au combat pour l'instant, et bien qu'elle continue à faire ses rapports sur les stocks au capitaine dans les quartiers de ce dernier, il ne la retenait plus pour parler de stratégie comme il en avait pris l'habitude depuis plusieurs semaines, maintenant. Il était redevenu aussi distant avec elle qu'à son arrivée à bord et elle se demandait pourquoi. Elle ne pensait pas avoir fait quoique que soit qui justifie une telle attitude. En tout cas, elle espérait qu'il voudrait bien recommencer à s'entrainer avec elle quand Zéro l'autoriserait à reprendre ses entrainements car elle s'était rendue compte que cela lui manquait.
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Yamato se tenait devant le saloon de Mme Masu. Deux militaires étaient en faction devant. Il était accompagné de son second, le capitaine Logan.
‒ Vous êtes sûr de vouloir venir ici, commandant ? demanda ce dernier. Notre mission n'est pas de pourchasser Harlock.
‒ Je sais, mais je suis curieux. Vous n'étiez pas obligé de m'accompagner.
Yamato traversa la rue, suivi de près par son second.
‒ Halte, fit une des sentinelles. Le passage est interdit.
‒ Commandant Yamato, je suis en mission d'enquête et voudrais inspecter les lieux.
Logan regarda son commandant, estomaqué de le voir mentir avec autant d'aplomb. Les sentinelles hésitèrent.
‒ Alors, ça vient ? Je n'ai pas la journée devant moi, lança sèchement Yamato.
‒ Oui, commandant.
Les sentinelles laissèrent passer les deux hommes.
‒ Commandant, pourquoi avez-vous dit ça ? murmura Logan. S'ils contactent le quartier général pour vérifier…
‒ Je leur dirais que je soupçonne Harlock d'être lié avec les esclavagistes, répliqua Yamato sur le même ton.
Cela cloua le bec de Logan qui se renfrogna, visiblement pas convaincu. Yamato l'ignora et avança dans le saloon, regardant autour de lui. Des impacts de tirs criblaient les murs et les meubles et il y avait des traces de sang un peu partout. Décidemment, Harlock et ses hommes ne faisaient pas dans la demi-mesure. Yamato marcha sur quelque chose qui crissa sous son pied. Il baissa les yeux, vit les éclats de verre puis leva la tête. Il restait encore des bouts de verre qui pendaient autour du trou béant qu'avait laissé la verrière. Yamato continua à avancer. Il se pencha sur le comptoir et ouvrit brièvement le robinet du petit évier.
‒ Que faites-vous ? demanda Logan, surpris.
‒ Je vérifie s'ils ont coupé l'eau ou pas. Il y en a toujours.
‒ Pourquoi ? Quelle importance qu'ils aient coupé l'eau ?
Yamato se dirigea vers un couloir latéral sans répondre.
‒ Où allez-vous ? demanda Logan en le rattrapant. Vous devez avoir vu ce que vous vouliez, non ?
‒ Oui, mais présentement, j'ai besoin d'aller là où personne ne peut aller à ma place, répliqua Yamato avec un sourire narquois.
Interloqué, Logan regarda son supérieur s'éloigner et comprit en le voyant entrer dans les toilettes hommes. Il soupira, excédé.
Yamato alla directement s'enfermer dans la cabine du fond. Les mains sur les hanches, il observa le mur de briques. Il finit par repérer celle qu'il cherchait. Une brique dont le coin inférieur gauche était cassé. Il appuya sur le coin opposé. Il entendit un léger déclic et la brique bascula, révélant une petite cavité. Yamato y glissa la main et en sortit un disque de données. Il l'examina en souriant. Exactement comme le lui avait dit Harlock. Il empocha le disque prenant soin de tirer la chasse avant de sortir. Bien lui en prit car il tomba nez-à-nez avec Logan qui l'avait finalement suivi.
‒ Vous avez peur que je tombe dans une embuscade pirate ou quoi ? lui lança Yamato d'un ton moqueur. A moins que vous ne vouliez me tenir compagnie, capitaine ? Si c'est le cas, j'aime autant vous dire tout de suite que je ne suis pas de ce bord-là.
Au grand amusement de Yamato, son second piqua un fard.
‒ Pas du tout, commandant, protesta-t-il. Je voulais juste m'assurer que tout allait bien. Je vous attends dehors.
‒ Je vous rejoins dans un instant, répondit Yamato en le regardant sortir précipitamment.
Il eut un petit rire et alla se laver les mains, histoire de parfaire son alibi. Logan avait bien faillit le surprendre en train de récupérer le message d'Harlock. L'allusion qu'il lui avait lancé devrait le calmer et l'empêcher de se poser des questions. A l'avenir, il devrait faire en sorte que son second arrête de lui coller aux basques.
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Nova se rendit dans l'atelier d'Hiro. Le pirate n'était pas seulement le concepteur et le réparateur des armures de combats. Il s'occupait aussi de l'armement de l'Arcadia et des armes individuelles. Il était capable aussi bien de les entretenir que de les améliorer ou d'en concevoir des nouvelles. C'était cet aspect des talents du spécialiste qui intéressait Nova.
‒ Salut, Hiro, fit-elle en entrant dans le domaine du technicien.
‒ Nova, qu'as-tu bousillé sur ton armure ? dit-il en guise de salutation tout en continuant son réglage sur un casque d'armure.
‒ Rien du tout, pourquoi ? demanda-t-elle, surprise.
‒ Parce qu'en général, quand quelqu'un vient me voir ici, c'est pour me demander de réparer son armure.
‒ Je risque pas de l'abîmer, le doc m'interdit le combat pour l'instant.
‒ D'accord, c'est pour quoi, alors ? demanda-t-il.
‒ Je t'explique. Jusqu'à présent, j'utilisais surtout mes cosmoguns mais maintenant que je connais un peu l'escrime, je me rends compte que je préfère ce style de combat. Le problème, c'est que les épées, c'est encombrant. Penses-tu qu'il serait possible de fabriquer des armes avec les lames rétractables que je pourrais porter aux poignets ?
‒ Comme des brassards ? fit-il en daignant enfin regarder sa visiteuse.
‒ C'est quoi, des brassards ?
‒ Ce sont des pièces d'armures ou de cuir qui recouvrent l'avant-bras du poignet au coude, expliqua-t-il. C'est la seule chose qui pourrait contenir une lame suffisamment longue pour ce que tu veux faire.
‒ Alors, oui, c'est ça, dit Nova en souriant. Et il faudrait que les lames sortent facilement.
‒ C'est une idée intéressante, dit Hiro pensivement. Bras droit ?
‒ Les deux, si possible.
‒ Tu te bats des deux mains ?
‒ Oui, tu penses que c'est faisable ?
‒ Peut-être, faut que j'y réfléchisse.
‒ Super et je voulais aussi te demander autre chose. Je ne pourrai pas les utiliser quand je porterais mon armure, est-ce que tu pourrais la modifier pour y intégrer les fourreaux de deux katanas ?
‒ Comment ça, la modifier ? s'exclama Hiro. Tu pouvais pas le dire quand je l'ai fabriquée ? Va falloir que je modifie pleins de pièces, maintenant ! Ce serait limite plus simple de la refaire !
‒ Je suis désolée, Hiro, dit Nova en rentrant la tête dans les épaules sous l'ire du technicien. A ce moment-là, je ne connaissais pas l'escrime, je pouvais pas deviner.
‒ Non mais je te jure, si je tenais celui qui a eu la riche idée de t'apprendre l'escrime ! J'ai horreur de modifier une armure, cela risque de la fragiliser !
‒ Ça veut dire que tu ne veux pas le faire ? demanda Nova avec une mine contrite.
Hiro soupira en voyant le regard de chien battu que lui lançait la jeune femme.
‒ Je vais voir ce que je peux faire, grogna-t il. Mais il me faut d'abord les katanas pour la mesure. Et je te préviens que je ne ferais pas d'autre modification, c'est clair ?
‒ Oui, merci Hiro, dit Nova en lui souriant. Je vais les chercher à l'armurerie et je reviens.
‒ Tâche d'en trouver deux identiques, lui lança-t-il alors qu'elle partait.
‒ D'accord !
Il la regarda partir en courant et reprit son travail en souriant.
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Quelques membres d'équipage avaient profité d'une escale d'approvisionnement en matériel médical et médicaments réclamés par Zéro pour faire une ou deux courses. En fin d'après-midi, Kei rejoignit Nova dans la bibliothèque où cette dernière travaillait avec Jack. Elle la trouva en train de feuilleter un livre qu'elle venait de sortir d'une caisse. Nova leva la tête en l'entendant et regarda avec surprise le chariot que poussait Kei.
‒ Je vous ai trouvé ça en ville, annonça-t-elle.
‒ C'est gentil, dit Nova tandis que Jack venait voir, mais ça va nous servir à quoi ?
‒ Eh bien, vu que tu veux enregistrer les retours et ranger toi-même les livres empruntés, tu pourras tout simplement les poser sur ce chariot. Il suffit de le modifier un peu pour qu'ils soient bien maintenus et tu pourras le déplacer entre les rayonnages facilement, cela t'évitera des allers-retours.
‒ Bonne idée, commenta Nova.
‒ Très bonne même, je l'emmène à Hiro pour qu'il fasse les modifications, décréta Jack.
Il partit aussitôt avec le chariot sous le regard amusé des deux amies. Kei se tourna vers Nova.
‒ Qu'est-ce que tu feuillettes ?
‒ Un roman apparemment. Les gars ont marqué « amour » sur la caisse mais je ne comprends pas trop.
‒ C'est des romans à l'eau de rose, dit Kei après en avoir sorti deux pour les regarder.
‒ A l'eau de rose ?
‒ Oui, c'est comme ça qu'on appelle les romans dont le sujet principal est la naissance d'un amour, généralement passionné, entre les héros. C'est plutôt les jeunes filles qui apprécient ce type de lecture habituellement.
‒ Ah bon ? Et c'est réaliste ?
‒ Idéalisé plutôt. C'est amusant d'en lire un ou deux mais quand tu en lis plusieurs, tu te rends compte que c'est répétitif.
Kei observa Nova qui continuait à feuilleter le roman d'un air pensif.
‒ Tu as l'air intéressée, dis donc.
‒ Curieuse, tout au plus. J'ai l'intention de lire un ou deux romans de chaque genre pour voir ce qui me plaît.
Nova avait un peu rosi et cela n'échappa pas au regard de Kei.
‒ Est-ce que par hasard tu aurais des sentiments pour quelqu'un ? lui demanda-t-elle d'un air taquin. Un homme dont la présence te troublerait ?
‒ Moi ? Non, pas du tout, répondit Nova un peu trop vivement. Je crois que je ne saurais même pas le reconnaître si je tombais amoureuse. J'ignore totalement à quoi cela peut bien ressembler.
‒ Eh bien, quand il est près de toi, tu es heureuse tout en te sentant troublée et quand il ne l'est pas, tu attends avec impatience de le revoir. Tu penseras tout le temps à lui et tu auras envie de te blottir dans ses bras, dit pensivement Kei.
Etonnée, Nova observa son amie et comprit.
‒ Tu es amoureuse, n'est-ce pas ? demanda-t-elle en souriant.
Ce fut au tour de Kei de rougir, prise au dépourvu par la question de Nova qui se mit à rire.
‒ Toi, tu caches quelque chose, dit malicieusement Nova avant de redevenir sérieuse. Alors, de qui es-tu amoureuse ? De Yattaran ?
‒ Non, protesta Kei.
‒ De Jack, alors ?
‒ Mais non, voyons.
Nova s'amusa à citer encore quelques noms sous les protestations indignées de Kei.
‒ Non, non et non, s'écria Kei, exaspérée. De toute façon, cela ne sert à rien puisque c'est impossible !
Nova en resta bouche bée.
‒ Le capitaine, murmura-t-elle. C'est le capitaine…
Kei la regarda, surprise, avant de détourner le regard d'un air triste et de se diriger vers le couloir. Comprenant qu'elle avait blessé son amie, Nova la rattrapa
‒ Attends, Kei. Pardon, je t'ai fait mal en insistant ainsi, je suis vraiment désolée, je ne voulais surtout pas te blesser. Je ne t'en parlerais plus jamais, je te le promets. Je n'ai pas réalisé que cela pourrait être douloureux.
Nova avait l'air tellement contrite et désespérée de l'avoir blessée que Kei finit par lui sourire.
‒ Ne t'inquiète pas, ce n'est pas grave, lui dit-elle.
‒ Si, c'est grave, protesta Nova. Je t'ai fait du mal sans le vouloir alors que pour rien au monde je voudrais que tu souffres quelle qu'en soit la raison et surtout pas par ma faute. Je suis encore tellement maladroite. Kei, je ne mérite qu'une bonne paire de gifles. Surtout si tu en as envie, ne te prive pas.
Cela fit rire Kei qui serra Nova dans ses bras.
‒ Mais non, voyons, je sais bien que tu as encore du mal dans tes relations avec les autres et je ne t'en veux pas.
‒ C'est vrai ?
‒ Oui, tout va bien. Tu sais maintenant qu'il vaut mieux éviter de pousser les taquineries trop loin. De toute façon, je l'avais cherché, c'est moi qui ai commencé.
‒ Ce n'est pas une raison.
Jack revint à ce moment-là et Kei en profita pour partir. Nova mit de côté un roman et le lut le soir même. Elle comprit ce que Kei avait voulu dire en soulignant que cela était idéalisé. Néanmoins, le roman la fit réfléchir car un certain nombre de choses qui y étaient décrites trouvaient un écho dans sa mémoire. Elle comprenait mieux maintenant ses propres sentiments et pensait deviner ce qui avait failli arriver ce soir-là, dans la ruelle, juste avant l'attaque du saloon. Elle s'endormit, le visage mouillé de larmes, déterminée à faire en sorte que Kei ne souffre plus par sa faute.
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Nova et Yattaran continuaient à travailler sur la base de données sans réel succès pour l'instant. Ils avaient tous deux l'impression que la solution était là, à portée de main et qu'elle leur échappait.
‒ C'est bizarre, les noms de code des planètes… Cela me rappelle quelque chose… J'ai déjà vu ça quelque part, mais je n'arrive pas à me rappeler où, dit Nova au bout de plusieurs jours de labeur infructueux. Et il y a quand même un truc qui me chiffonne, Ils parlent des ventes, des livraisons mais jamais des enlèvements ou d'achats ni même de ce qu'ils font de l'argent récolté.
‒ J'ai remarqué. Rappelle-toi ce qu'a dit ce type que Kei a interrogé sur le premier vaisseau. Qu'ils n'étaient que des vendeurs et qu'ils récupéraient des esclaves et un plan de vol.
‒ Oui, je me rappelle. Il a même dit que les capitaines étaient choisis parmi les préleveurs. On peut donc en conclure qu'ils fonctionnent en deux groupes distincts. D'un côté, ceux qui enlèvent et préparent les esclaves et de l'autre, ceux qui font la vente.
‒ Et vu ce qu'a dit ce type, les vendeurs ne savent pas grand-chose de ce qui se passe en amont. C'est cloisonné.
‒ Et ils ont changé leur manière de faire. Au début, ils faisaient toujours la même tournée et avaient les mêmes points de livraison. Ce n'est plus le cas, donc même si quelqu'un arrivait à les infiltrer, il ne pourrait pas transmettre d'éléments permettant de leur tendre un piège. Même les délais changent. Sur ces derniers mois, par exemple, ils ont repris des esclaves au bout de trois semaines, puis au bout d'un mois ensuite une semaine. Pourquoi ? Leurs cellules ne sont pas extensibles.
‒ Cela dépend peut-être de leurs ventes. Quand ils n'ont plus assez de choix, ils en reprennent.
‒ Peut-être. Voyons voir leurs ventes de cette période. On dirait que tu as raison, dit-elle au bout d'un moment. Cela signifie que c'est le capitaine du vaisseau vendeur qui déclenche les livraisons. Par contre, il semblerait que les vendeurs n'approchent pas de leur QG.
‒ Non, il faut que nous arrivions à arraisonner un vaisseau de préleveurs. Ça ne va pas être facile. On a bien des éléments sur où ils prélèvent mais comment réussir à anticiper leur passage ?
‒ Là est la question.
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Devant les difficultés rencontrées par Nova et Yattaran, Harlock ordonna à ce dernier d'infiltrer le réseau d'astro-navigation de Gaia. En examinant les livres de bord, Yattaran avait découvert que le vaisseau qu'ils avaient détruit utilisait plusieurs codes d'identification, un officiel et plusieurs illégaux. Grâce à ces codes, Yattaran réussit à repérer un schéma récurrent. Pendant plusieurs années, le vaisseau avait suivi un certain trajet avant d'effectuer des voyages aux destinations apparemment plus aléatoires. Une planète en particulier ressortait dans ce trajet. Ils y allaient régulièrement. A chaque fois, un nombre important d'esclaves étaient vendus, majoritairement des hommes et des adolescents, toujours au même acheteur. C'était une planète géante du nom de Tricératops. Elle faisait partie d'un groupe de planètes riches en ressources minière. Vue de l'espace, elle se distinguait de ses voisines en luisant d'une étrange lumière verte. Ce groupe de planètes avait une mauvaise réputation due à la forte présence de hors-la-loi. C'était un endroit abandonné par Gaia.
Harlock décida d'y aller. Quelques pirates y descendirent à tour de rôle pour mener une enquête discrète. Ce n'était pas quelques hors-la-loi qui allaient faire reculer les hommes de l'Arcadia, ni même la lugubre couleur verte qui régnait en maître partout. Au bout de quelques jours, ils finirent par glaner un renseignement intéressant. Il y aurait sur la planète une mine clandestine. Elle avait été fermée plusieurs années auparavant car devenait trop dangereuse mais elle aurait été rouverte en secret presqu'aussitôt. A force d'entêtement, ils finirent par la repérer. Elle était bien cachée, dans une vallée encaissée. Ils observèrent les lieux pendant plusieurs jours. Ils voyaient bien sortir des tombereaux de minerai mais ne voyaient jamais les mineurs. Leur patience finit par porter ses fruits. Au bout d'une semaine, alors qu'une brume verdâtre commençait à envahir la vallée, les pirates de surveillance virent une file de personnes enchaînées sortir de la mine. Il y avait essentiellement des hommes et un certain nombre d'adolescents et d'enfants. Tous étaient maigres et sales. Lorsque Harlock apprit cela, il décida de passer à l'attaque immédiatement. Ils avaient assez de renseignements.
Cette fois, l'Arcadia ne se dévoila pas tout de suite, l'attaque fut lancée à l'aide des navettes. Les navettes se mirent en vol stationnaire au-dessus du canyon. Les pirates en descendirent en rappel. Pris par surprise, les gardes n'eurent pas le temps d'organiser une défense. Ils étaient tellement habitués à surveiller des esclaves dociles qu'ils furent dépassés. Les pirates en vinrent rapidement à bout. Ils commencèrent à détacher les esclaves et à les transférer à bord de l'Arcadia.
Cependant, un des gardes leur avait échappé. Il avait vu le sort réservé à son patron et ses collègues. Il décida de tenter le tout pour le tout pour tenter de s'enfuir. Il réussit à se faufiler dans la réserve d'explosifs où il prépara une explosion à retardement. Il voulu ensuite s'éloigner mais fut repéré et sommairement abattu. Nico alla vérifier qu'il était bien mort mais alors qu'il passait près de la réserve, elle explosa. La plupart des personnes présentes furent soufflées par l'explosion. Nico ne se releva pas
NB-1 : l'idée d'infiltration du réseau d'astro-navigation a été suggérée par Beautifull Cléopatra. Merci Cléo ^^
NB-2 : si Tricératops vous semble curieuse, sachez qu'elle ne sort pas de mon imagination mais bien de celle de Leiji Matsumoto qui la présente dans Queen Emeraldas.
