Notes de l'auteur : oui c'est moi DV-Eight, je suis toujours vivant ! Vraiment désolé pour le retard mais j'ai été un peu pris par mes études, ces dernières ayant entrainé un manque total d'imagination. Voilà, en espérant que ce chapitre vous plaira.
Chapitre 9 :
Le lundi suivant, Robin, comme tous les autres lundis était en route à pied pour son lycée. Il ne cessait de ressasser les évènements du précédent samedi. Il se demandait s'il avait bien fait de sourire à Kim. Cela pouvait passer pour une question extrêmement stupide, mais lui faire croire à une possible réconciliation pouvait déboucher sur des conséquences assez désastreuses. Tout en marchant d'un pas tranquille (il était en avance pour son premier cours), le jeune ninja sentit toutefois que quelqu'un s'approchait de lui. Quelqu'un qui courait.
Se préparant à toute éventualité et n'ayant pas d'armes sur lui, il commença à malaxer du chakra en quantité suffisante et fit volte-face d'un seul coup. Ce qu'il vit le déstabilisa un peu.
Une jeune femme aux traits asiatiques se tenait en face de lui. Ses longs cheveux noirs reflétaient la lumière du soleil matinal et sa tenue, un tailleur impeccablement repassé, laissait entrevoir des formes très voluptueuses. On aurait dit une version chinoise ou japonaise de Shego. Son visage était légèrement rose et elle semblait essoufflée, comme si elle avait couru sur une longue distance pour rattraper le blondinet.
- Excusez-moi…
Sa voix était claire quoique saccadée mais néanmoins limpide et en tous cas si elle était étrangère, personne n'aurait pu le deviner car elle parlait sans aucun accent.
- Je peux vous aider ? répondit Robin d'un ton serviable en se détendant imperceptiblement.
- Oui, en fait je viens d'arriver en ville et j'ai peur de m'être un peu perdue, dit-elle en montrant les environs d'un geste.
- Et vous cherchez quelque chose en particulier ? interrogea calmement le jeune homme.
- Euh, oui…Le musée Kenstone, je suis le guide principal pour l'exposition sur la Rome antique et si je ne suis pas à l'heure pour l'ouverture…
La jeune inconnue baissa les yeux et laissa sa phrase en suspens. Son air contrarié et sa mine légèrement abattue avaient presque quelque chose de sexy, si on faisait abstraction de son corps, bien sur.
- C'est facile, expliqua le blondinet, vous voyez cette avenue ? Vous la longez jusqu'à ce que vous arriviez à un grand carrefour. De là, vous prenez à gauche, vous suivez l'avenue commerçante pendant une bonne centaine de mètres et le musée Kenstone se trouve à l'intersection entre les boulevards St. Miller et Pearse…
Le visage de la jeune femme s'éclaira et un sourire angélique frappa le jeune shinobi de plein fouet.
- Merci infiniment ! s'exclama-t-elle comme si il venait de la sauver d'une meute de loups affamés.
- Attendez, vous êtes sûre d'avoir tout retenu ?
Mais déjà, elle s'éloignait au pas de course.
- Ne vous inquiétez pas j'ai une excellente mémoire ! Au revoir et encore merci ! acheva-t-elle en s'inclinant.
« Définitivement Japonaise, songea Robin. Belle, jeune, apparemment fraîchement débarquée à Middelton…Il faudra que je demande à Wallace de vérifier, on ne sait jamais… »
C'est une fois de plus plongé dans ses pensées que le ninja blond arriva dans son local où il s'installa sans un mot. La sonnerie retentit malheureusement à l'heure, annonçant aux élèves quatre heures de torture avec leur prof de latin, monsieur Tantrell. Ce dernier rentra dans la classe et comme à l'accoutumée, ouvrit sa mallette pour en sortir une montagne de papier qu'il déposa sur son bureau. Et comme à l'accoutumée, tous émirent un grognement parfaitement synchronisé.
- Pas la peine de m'accueillir si joyeusement, ironisa Tantrell, moi aussi je suis très content de voir vos tronches tous les lundis et mercredis. Soit ! Vous savez sans doute que le musée Kenstone organise une grande exposition sur la Rome antique…
Effectivement, quelques élèves haussèrent les sourcils, mais la grande majorité avait l'air de s'en foutre royalement.
- J'ai donc réussi à me procurer vingt-quatre tickets à tarif réduit pour mercredi prochain, avec visite guidée et tout le tralala…Qu'en dites-vous ? finit-il par demander.
Il n'y eut aucune réaction. Mais quand je dis aucune, c'est vraiment AUCUNE.
- OK, poursuivit Tantrell, ne me remerciez pas, j'adore voir vos visages s'illuminer à la perspective d'une visite enrichissante et instructive.
C'est tout juste s'il n'y avait pas marqué « faux-cul » au marqueur indélébile sur son front.
- Bien, alors…Ouvrez vos livres au chapitre trente, on va entamer la quatrième conjugaison.
La classe s'exécuta sans grande conviction. Toutefois, au moment où le latiniste se lançait dans une explication détaillée sur l'emploi du « u » comme voyelle thématique, la porte du local s'ouvrit à la volée pour laisser rentrer la grande Kim Possible. Au vu de ses vêtements maculés de boue et d'autres trucs douteux, son retard n'était sûrement pas dû à une grasse matinée.
- Possible, s'interrompit Tantrell, mais que…
- Sauvetage au Pérou, bougonna la rouquine en déposant une feuille de papier sur le pupitre de son prof.
Et sans un mot de plus, elle regagna sa place.
- Trépide n'était pas avec vous ? s'étonna l'enseignant tandis qu'il parcourait la feuille des yeux.
Kim jeta un bref regard au blondinet.
- Non…
- Bien ! Oh, et pour info, visite du musée Kenstone mercredi prochain…
Ce fut au tour de la jeune héroïne de lever les sourcils.
- Quelle visite ?
- Vos camarades vous passeront l'information, coupa Tantrell, en attendant, on revient à notre voyelle thématique si vous le voulez bien…
Le cours fut horriblement barbant et lorsque la pause déjeuner arriva, les élèves se ruèrent pour sortir de la classe. Le blondinet se grouilla de gagner un coin discret afin de contacter Wallace.
- Ouais, j'écoute ? l'accueillit joyeusement ce dernier.
- Salut Wallace ! Dis-moi mon grand, y a moyen que tu me fasses une petite recherche vite fait ? demanda Robin.
- C'que tu veux !
- Cool ! Alors regarde si tu trouves quelque chose sur une guide de musée, vingt-quatre ou vingt-cinq ans, type asiatique, récemment engagée, s'il te plait.
- Bien alors…
Le petit génie se mit à pianoter à toute vitesse sur son clavier.
- Ah, voilà ! s'exclama-t-il au bout de trente secondes. Katsumi Oruichi, vingt-trois ans, diplômée en archéologie à l'université de Waseda, son père est juriste à Osaka et sa mère directrice de casting à Tokyo, aucun antécédent judiciaire, casier vierge… R.A.S quoi !
- Mouais, marmonna le blondinet.
- Si tu veux mon avis, poursuivit le jeune garçon sur un ton préoccupé, tu prends cette histoire avec l'Akatsuki beaucoup trop au sérieux.
- Ouais, on voit bien que…Hé ! Comment t'es au courant pour…
- Les informations de Konoha ne sont pas aussi bien protégées que ça, coupa Wallace avec un sourire appuyé.
- Tsss…
- Bon, je te laisse, je dois faire des mises à jour pour mon système d'exploitation…Ciao !
Et il se déconnecta, plantant là le shinobi.
« Eh ben, songea-t-il, quel bordel ! Y a plus qu'à mettre Bonnie au courant et ce sera complet ! »
Un mouvement dans sa poche le tira de ses pensées. Rufus en émergea et fit une grimace.
- Déjeuner ! hurla-t-il presque.
- OK, OK ! soupira Robin dont l'estomac commençait lui aussi à se manifester.
N'ayant pas de repas sur lui, il fut donc réduit à prendre la direction du réfectoire où l'attendait probablement une espèce de bouillasse infecte. En général, le lycée de Middelton High était très bien équipé, mais pas au niveau alimentaire à en juger par le nombre de plaintes de parents rouspétant parce que leurs enfants revenaient chez eux affamés ou grignotant un tas de cochonneries innommables. Bref, lorsqu'on servit au jeune ninja ce qui lui semblait être des boulettes de viande et de la purée, il se jura de ne plus jamais oublier de préparer lui-même son déjeuner.
Une fois son plateau bien rempli donc, il se mit en quête d'une table pas trop occupée mais il s'aperçut bien vite que c'était peine perdue. Pourquoi y avait-il subitement tant de monde dans ce foutu réfectoire ? D'habitude il était désert…
« Peut-être à cause du temps, se dit Robin en voyant par la fenêtre une pluie fine mais dense ».
Il ne put s'empêcher ensuite de jeter un coup d'œil à la table où d'habitude il s'installait avec Kim. Celle-ci y était d'ailleurs, flanquée de Bryan, évidemment, mais aussi de Monique qui sirotait un soda et qui avait l'air de s'ennuyer ferme. Avant même d'avoir pu penser à détourner la tête, le shinobi entendit la voix claironnante de la jeune afro-américaine.
- HE, ROBIN ! PAR ICI !
Là c'est sur, toute la pièce savait qu'il était là. En tout cas, Kim et Bryan oui car ils se tournèrent vers lui. Et lui, afin d'éviter un esclandre, il se dirigea vers eux à contrecœur. Toutefois, dès qu'il fut assis, il regretta de ne pas avoir volontairement ignoré Monique car un silence de plomb s'installa. Personne n'osait toucher à sa nourriture et les regards étaient tout à tour glacés, agacés et nerveux. Mais lorsque le blondinet se décida enfin à ouvrir sa canette de jus de fruits, il reçut un petit coup de pied dans le tibia. Nul doute que la coupable devait être Monique (puisque le coup vint de sa gauche) or, quand il lui jeta un regard, il la vit en train de le fixer intensément. Du reste, il faillit s'étrangler en la voyant jouer de la langue avec sa paille d'une manière disons…très sensuelle.
- Euh, Monique ? hésita Robin.
- Oui ? ronronna-t-elle.
Le ton qu'elle avait employé arracha tout de suite Kim et Bryan de leur conversation. Ils dévisagèrent leur amie qui, elle, ne s'en soucia guère. Au contraire, elle rapprocha sa chaise de celle de Robin, jusqu'à ce que leurs genoux se touchent et que leurs visages ne soient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.
« Mais qu'est-ce qu'il lui prend ? s'alarma le ninja. D'habitude elle est pas comme ça…Enfin pas avec moi ! Peut-être…Peut-être qu'elle est sous l'emprise d'une drogue…Ou alors c'est moi qui suis victime d'un sort de genjutsu… »
Même bizarre, la situation était plutôt excitante, il fallait bien le reconnaitre; la proximité, le contact physique et leurs souffles s'entremêlant, ça avait sérieusement de quoi troubler ses hormones d'ado de dix-huit ans. Car si Kim était attirante physiquement, Monique n'avait absolument rien à lui envier avec son corps aux courbes exotiques et prononcées, sans compter sa peau couleur de bronze qui ne souffrait d'aucune imperfection. Tiens, il n'avait jamais remarqué cet adorable petit grain de beauté à la lisière de sa poitrine.
- Monique, bredouilla Robin en tentant de rassembler le peu de cervelle qui lui restait, t'es…tu n'es pas…euh…comment dire…un peu trop près ?
« La vache, qu'est-ce qu'elle sent bon ! pensa-t-il alors que ses pensées commençaient à dériver dangereusement ».
- Qu'est-ce qu'il y a, susurra-t-elle en gardant son regard de braise, tu n'aimes pas ça ?
Le pied de la jeune fille avait commencé à frotter la jambe du blondinet.
« Oh si, j'aime ça !...Non, non, NON ! Putain, stop, CA SUFFIT ! »
Le shinobi se leva d'un coup, attrapa la main de Monique et tous deux, ils sortirent en trombe du réfectoire. Juste avant de franchir les portes, la jeune afro-américaine eut l'immense satisfaction de constater que Kim avait l'air troublée au vu de ses joues, devenues subitement aussi rouges que ses cheveux.
Dès qu'ils furent hors de portée, Robin explosa.
- Mais qu'est-ce qui t'a pris bon sang ?
- Rien, répondit Monique en s'obstinant à garder le même ton suave.
- Tu sais de quoi on a eu l'air, là-bas ?
- D'un couple qui ne l'a plus fait depuis longtemps et qui en crève d'envie…
Le blondinet se força à repousser les images mentales que la phrase de la jeune fille lui inspirait.
- Arrête ça et dis-moi tout de suite ce que tu trafiques !
Monique retrouva enfin tout son sérieux et sa voix normale par la même occasion.
- Ca s'appelle le principe de psychologie inversée, lâcha-t-elle.
- Pardon ? De la quoi ?
Il arrivait parfois à Robin de faire parfaitement honneur à sa couleur de cheveux (blond pétant, pour rappel), comme à ce moment là, où il dévisageait son amie avec les yeux et la bouche grands ouverts.
- En gros ça marche comme ça, expliqua calmement la jeune fille, tu es amoureux d'une fille mais elle sort avec un autre gars. Du coup, toi, tu t'arranges pour faire semblant de sortir avec une autre fille pour rendre la première hyper-jalouse et paf ! Elle te tombe dans les bras ! Simple non ?
Le ninja continua à la fixer mais en plissant les yeux, cette fois-ci.
- Mais…Qu'est-ce que c'est que ce plan à la con ? parvint-il à articuler.
Monique parut offusquée.
- C'est un plan pour t'aider avec Kim, blondinette ! s'exclama-t-elle les dents serrées.
- Mais pourquoi moi ?
- Parce que je me suis promis de vous aider…C'est ce que font les amis non ?
- Tu t'amuses à jouer les entremetteuses ?
- Ben oui…C'est interdit ?
- Ca va jamais marcher ton truc bidon !
- Ah si ! C'est une technique qui a déjà fait ses preuves !
- Où ça ? Dans les « Les feux de l'Amour » ?
La jeune afro-américaine grogna.
- En plus, poursuivit le ninja blond, Kim ne tombera jamais dans le panneau elle est trop maline pour ça…
- Eh ben, au risque de te casser, elle avait l'air très en colère après notre petite scéance…
- Pff, n'importe quoi !
- De toutes façons, vous les mecs, vous ne nous comprendrez jamais, c'est pas nouveau !
- Ben si vous avez toutes des idées aussi tordues, y a des chances, oui !
Ce à quoi Monique ne sut répondre. Soudain, une voix se fit entendre : Kim.
- Monique, Robin ?
Le shinobi n'eut pas le temps de répondre. Les mains de la jeune noire venaient d'attraper sa nuque et, en un éclair, ses lèvres étaient soudées à celles de Robin. Ce dernier écarquilla les yeux quand la langue de son amie poussa contre ses dents. C'est alors que ce qui devait arriver, arriva les dernières cellules grises du blondinet furent balayées comme par un grand vent et le black-out total s'installa dans son cerveau. Il saisit les hanches de Monique pour la coller contre lui, entrouvrit la bouche et il se lança à son tour dans ce baiser passionné, jusqu'à en perdre le souffle. Il sentait les formes de la jeune fille épouser celles de son corps et cela ne faisait qu'accroitre son désir.
C'est ainsi que Kim Possible les trouva enlacés et se bécotant outrageusement.
- HUM, HUM !
Nos deux tourtereaux s'interrompirent, moitié à cause du « Hum, hum ! », moitié par manque d'oxygène.
- Ca va ? Je vous dérange pas trop ? demanda Kim sur un ton acerbe.
Monique fut la première à réagir étant donné l'état mental du blondinet après un tel baiser.
- Ben…En fait, un peu, si…Mais bon, on ne va pas t'en vouloir, hein Robinounet ?
- Booo…Yah ! répondit très mollement Robinounet.
- Et toi Kim, reprit la jeune noire, qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je…Euh…J'allais…Changer de tenue; la mienne est crade, ça se voit pas non ?
« Quelle excuse minable, songea-t-elle en même temps ».
- Huh, huh ! Oh, ça me fait penser j'ai une dissert' à remettre à Vincer avant son cours…Quelle chiasse !
- Monique, je voudrais…
- Plus tard Kim, là, je dois vraiment y aller ! On se voit tout à l'heure, à plus mon Robinounet en sucre !
- Booo…Yah !
Et sans une parole de plus, elle fila vers son casier, non sans prendre soins de se déhancher d'une façon plus que suggestive.
- Alors c'est vrai, murmura presque la rouquine, tu sors avec Monique ?
Les yeux de Robin continuaient de fixer le vide intersidéral et nul doute qu'il n'avait pas entendu la question.
- ROBIN !
- Hein, quoi ? C'est à moi que tu parlais ? questionna-t-il en émergeant enfin.
- Alors ? C'est vrai oui ou non ?
Le merveilleux sentiment qu'il avait éprouvé il y a à peine une minute fit place à une exaspération qui lui devenait très familière ces derniers temps.
- Mouais, tu l'as bien vu non ? grommela-t-il en fourrant les mains dans ses poches.
- Contente de l'apprendre, fit Kim sur un ton boudeur.
« Moi aussi, ne put s'empêcher de penser Robin… »
- Vous auriez pu au moins avoir la délicatesse de me prévenir…
Le blondinet la fixa avec un regard perçant, sous lequel la jeune fille rougit. Apparemment, ils pensaient tous deux à la même chose, à savoir, que Monique et lui, furent les derniers au courant de sa relation avec Bryan. A l'époque, la jeune héroïne avait mis cet « oubli » sur le compte de l'amour, qui lui avait fait perdre la tête, donné des ailes pour monter sur un petit nuage bref, toutes les conneries qu'une ado amoureuse peut vous pondre.
- Ouais, marmonna-t-elle, mais quand même, vous auriez pu me le dire….
- Eh ben maintenant tu le sais !
Le shinobi sentit une autre personne qui s'approchait.
- Bon, là-dessus Kimberly…A plus !
- Euh…
Et il s'en alla, croisant au passage celui dont il avait détecté la présence. Il passa devant Bryan sans lui adresser un regard.
- Trépide ? Qu'est-ce que tu fous ?
Robin l'ignora royalement et retourna vers le réfectoire afin d'y terminer son soda. Tout en poussant les portes il se dit qu'il devait impérativement avoir une discussion sérieuse avec Monique.
Le reste de la journée traina en longueur sans que le soleil ne daigne une seule fois se montrer. Ce fut donc la même pluie fine et serrée qui accueillit les élèves à la sortie du lycée. Les parapluies se déployèrent (ceux des filles en grand majorité) tandis que les moins prévoyants durent se contenter d'une farde ou de leur pull comme protection de fortune.
Robin, lui, fit comme à son habitude : il n'attendit personne et se grouilla de prendre le chemin du retour. Il aurait pu rentrer chez lui en étant pas trop mouillé si, à mi-trajet, un groupe ne lui avait pas barré le passage.
- Tsss…Encore toi ? Qu'est-ce que tu veux ?
En guise de réponse, Bryan se positionna devant lui pendant que ses copains (tous aussi baraqués que lui) l'encerclèrent en ricanant.
- En fait, je veux beaucoup de choses, déclara-t-il avec un rictus planté sur son visage de beau gosse, alors 1) te casser la gueule, 2) te casser la gueule et 3)…Te casser la gueule avec mes potes…
- Quel programme, répliqua Robin avec calme. Je parie que t'as du y réfléchir tout l'après-midi !
Le sourire goguenard de Bryan s'effaça instantanément.
- Connard ! J'vais te massacrer !
Le blondinet se surprit à sourire et il posa son sac sur le sol détrempé.
- Si c'est ce que tu veux…Mais je te préviens, cette fois, Barkin ne sera pas là pour sauver ton petit cul !
« Ca risque d'être drôle, pensa-t-il »
C'est alors, au moment pile où Bryan se mettait en position de combat, que Robin sentit une énorme quantité de chakra qu'on déversait dans l'air.
- Que… ?
Un coup violent le tira de ses pensées. Son adversaire avait profité de son inattention momentanée pour lui coller une droite magistrale. Les ricanements autour du ninja s'intensifièrent.
- Alors, se moqua Bryan, qu'est-ce qu'il se passe ? Tu joues plus au p'tit singe qui saute dans tous les sens ? T'as bobo ? Tu veux que j'appelle ta maman ?
C'est vrai que, sans atteindre la puissance d'un autre shinobi, le coup avait tout de même été un petit peu douloureux. Mais cela ne déconcentra pas Robin sur le problème actuel : d'où venait la quantité monstrueuse de chakra qui venait d'être libérée ?
Malheureusement, il eut la réponse trop vite. De lourdes chaines venaient d'apparaitre à ses poignets alors que le paysage disparut autour de lui. Bryan, les autres garçons et lui, venaient de se faire happer par un puissant sort de genjutsu : ils se trouvaient au sommet d'un rocher plongé dans le néant, tous enchainés à genoux au sol et en cercle. Soudain, neuf personnages apparurent dans un nuage de fumée, vêtus de noirs, encapuchonnés et tous armés d'un kunaï.
« Neuf, se dit fébrilement Robin, un pour chacun de nous ! »
En effet, les personnages allèrent se positionner derrière eux. Bryan et ses copains avaient les yeux agrandis par la peur. Deux d'entre eux se mirent à pleurer.
« Je vais commencer par eux, tonna une voix caverneuse sortie de nulle part. Contemple le spectacle et regarde impuissant, mourir ceux que tu n'as pas pu sauver… »
Comme un seul homme, les huit silhouettes attrapèrent les cheveux des autres, trop terrifiés pour bouger, et ils les tirèrent en arrière afin d'exposer leur gorges.
- Merde !
Huit kunaïs se levèrent simultanément.
-…RUFUS !
Comprenant l'ordre de son maître, le petit rongeur planta avec force ses incisives dans la chair de sa cuisse. La douleur aigue qui s'ensuivit fit voler l'illusion en éclats. Il se retrouva assis sur le sol mouillé du trottoir, juste à temps pour voir huit projectiles lancés dans leur direction.
- Multi-clonage !
Il se jeta avec ses huit clones sur Bryan et ses camarades. Les clones se prirent les kunaïs en divers endroits tandis que le vrai Robin, se fit planter à l'épaule gauche. Il sentit immédiatement du sang tiède couler de la plaie.
- Jolis réflexes ! fit une voix.
Le shinobi leva la tête et distingua quelqu'un, juché sur une branche d'arbre. Sa tête était à moitié cachée par les feuilles et à malgré la bruine compacte, Robin aperçut un long manteau noir orné de nuages rouges surmonté d'un chapeau en osier orné de bandelettes de soie blanche, tenue typique des membres de l'Akatsuki. Sa voix était étouffée, comme si un masque l'empêchait de porter très loin et de ce fait, il était impossible de savoir si c'était un homme ou une femme qui parlait. Toutefois, il n'y en avait nul besoin.
- Samuraki ! siffla Robin entre ses dents.
Cette dernière émit un rire dément avant de foncer sur lui, qui ne vit rien venir. Il se prit le poing de son adversaire en plein dans les gencives et boula en arrière, sur un des copains de Bryan qu'il venait de sauver.
« Rapide ! »
Il eut à peine le temps de se rétablir que Samuraki fondait à nouveau sur lui. Heureusement cette fois-ci, le blondinet parvint à bloquer le coup et il pivota de façon à envoyer son pied gauche dans la poitrine de son opposant. Profitant du déséquilibre momentané de la jeune femme, Robin effectua un saut arrière et se redressa en position de combat. Samuraki se rattrapa presque instantanément et se repositionna à son tour.
« Il a fait cette pirouette uniquement pour pouvoir ramasser un de mes kunaïs, pensa-t-elle. Joli… »
- J'aimerais bien continuer de m'amuser avec toi, lança la criminelle de rang S, mais je dois t'achever le plus vite possible…
- Je suis trop fort pour toi, hein ? rétorqua Robin.
- En effet…Même blessé tu restes un adversaire bien trop puissant, en tout cas pour le moment. Et puis, il n'est pas prévu que je te capture maintenant…
- Alors pourquoi tu nous as attaqués, bon sang ?
- Oh ça ? (un sourire s'étira sur ses lèvres) Je m'ennuyais, j'avais juste envie de me distraire…
Un éclair zébra le ciel, indiquant que la pluie allait probablement redoubler d'intensité.
- T'es une vraie malade ! cracha le jeune ninja.
Un autre éclair, beaucoup plus proche celui-là, illumina les cieux, juste derrière Samuraki et fut immédiatement suivi d'un grondement menaçant.
- Ninpô ! Gaz asphyxiants !
- Mer…
Aussitôt, un épais nuage verdâtre entoura Robin qui se dépêcha de retenir sa respiration.
« Surtout, ne pas en inhaler… »
- Je ne pense pas que tes copains auront eu le même réflexe que toi ! ricana la jeune femme.
En effet, les huit autres garçons autour de lui, Bryan inclus, n'allaient pas tarder à être étouffés, à en juger par leurs toux incontrôlées.
- A propos d'amis, j'ai très envie de rencontrer la très célèbre Kim Possible…
« Quoi ? s'alarma Robin ».
Et sans rien ajouter de plus, Samuraki disparut de son champ de vision, déjà fort réduit par la pluie et les gaz.
« Merde, songea le blondinet, 'faut que j'me grouille ! »
Malgré les larmes qui lui montaient aux yeux et le manque d'oxygène qui commençait à se faire sentir, le jeune shinobi composa les signes aussi vite que possible.
- Futon ! Les quatre mistrals des montagnes !
Un vent violent se mit à souffler tout autour de Robin, balayant le gaz toxique et le dispersant dans l'air. Le ninja blond ne perdit pas de temps et forma un autre signe.
- Multi-clonage !
Les huit clones apparurent à nouveau aux cotés du blondinet.
- Examinez les autres, ordonna-t-il en toussant un peu, s'il y a un problème sérieux, appelez-moi !
- OK !
Les huit « Robins » s'exécutèrent en vitesse mais ne décelèrent aucun autre problème qu'un léger étourdissement du à l'absorption des vapeurs nocives.
- Mettez-les à l'abri de la pluie sous cet arbre et toi, lança-t-il à l'adresse d'une de ses copies, ramène mon sac chez moi…
Sitôt qu'il eut fini de donner ses instructions, Robin bondit sur le toit le plus proche et prit la direction de la résidence des Possible. Par deux fois il rata son saut, tellement il était nerveux et la pluie, qui s'était effectivement accrue, ne l'aidait en rien pour se calmer.
C'est donc tremblant, frigorifié et mouillé comme si il sortait d'une piscine qu'il tambourina à la porte de la maison. Paré à toute éventualité, le jeune homme serra un peu plus son kunaï dans sa main droite. Toutefois et à son grand soulagement, c'est madame Possible qui lui ouvrit. Elle avait l'air normale et en pleine forme bien que la surprise se lut sur son visage.
- Robin ? s'exclama-t-elle. Quelle surprise, je ne m'attendais pas à te voir…
Le ninja jeta un coup d'œil furtif à l'intérieur de la maison mais ne constata rien d'anormal à première vue.
- Est-ce que Kimber…Kim va bien ? demanda-t-il fébrilement.
- Oui, oui, elle vient d'arriver…Mais entre, tu es trempé et…Oh mon Dieu ! Mais tu es blessé !
Elle avait presque hurlé la dernière partie de sa phrase. Le blondinet n'eut pas le temps de répondre qu'il se vit entrainé dans la résidence.
- KIM, cria madame Possible, va me chercher la trousse de secours, vite !
Elle le fit asseoir sur le tabouret de la cuisine.
- Non…Ce n'est rien, Madame P, ça va aller !
Il entendit des pas dans l'escalier, comme si quelqu'un les dévalait quatre à quatre. Kim ne fut pas bien longue à apparaitre dans l'embrasure de la porte, tenant une boite à pharmacie.
- Robin ! souffla la rouquine avec anxiété.
Madame Possible arracha littéralement la boite des mains de sa fille.
- Maman, il faut l'emmener à l'hôpital !
Le shinobi posa son kunaï sur la table en face de lui.
- Ce ne sera pas nécessaire, déclara-t-il simplement.
Sur quoi, il attrapa le projectile fiché dans son épaule et l'arracha d'un coup sec. La violente douleur lui fit grincer des dents mais il ne broncha pas. Devant lui, Kim était devenue blême tandis que sa mère avait l'air singulièrement plus paniquée.
- Robin ! cria-t-elle à nouveau.
Ce dernier lâcha le kunaï maculé de sang, lequel tomba sur le sol avec un bruit métallique.
- Où sont ces saletés de compresses ? pesta madame Possible en fouillant fébrilement dans la trousse de secours.
Une étrange lueur verte émana de la main de Robin et c'est avec une surprise d'autant plus grande que les deux rouquines virent le sang du blondinet s'arrêter de couler, ses chairs se reconstituer et sa plaie se refermer. Lorsque ce fut fait, le jeune homme reprit son souffle.
- Euh, balbutia madame Possible, quelqu'un peut-il m'expliquer ce qu'il vient de se passer ?
- J'avoue que ça ne serait pas de trop, ajouta Kim les bras ballants.
Plutôt que de se lancer dans un long exposé sur le malaxage de chakra et sa diffusion précise sur la blessure, le blondinet se contenta de descendre de son tabouret et d'attraper les deux kunaïs qui lui restait.
- Pour faire court, déclara-t-il sur un ton neutre, disons que ça va mieux.
Ce qui était tout à fait vrai il ne ressentait plus cette douleur lancinante qui, deux minutes auparavant, lui lacérait le bras. Sans aucune forme de procès, Robin fit mine de repartir de là où il était venu lorsque la voix perçante de madame Possible, qui visiblement avait repris ses esprits, se fit entendre.
- Robin Dean Trépide, clama-t-elle, il n'est pas question que tu quittes cette maison sans avoir été te faire examiner à l'hosto !
Ce à quoi le shinobi haussa imperceptiblement les épaules.
- Je vous assure madame P, tout va bien…
Puis, il décida de rapidement changer de sujet, sinon, ils y passeraient la nuit.
- Euh, je sais que ça n'à rien à voir, mais vous n'auriez pas remarqué quelque chose de bizarre un peu avant que j'arrive ?
- Mis à part ce que je viens de voir, je ne crois pas, non ! répondit la plus âgée des Possible avec une pointe évidente d'ironie dans la voix.
- Pourquoi, intervint Kim, y a quelque chose qui ne va pas ?
- Non, pour rien, mentit le blondinet.
Et cette fois ci, il se précipita sur la porte avant même que l'une ou l'autre n'ait eu le temps d'ajouter quoi que ce soit. Une fois dehors, il ne se soucia plus guère de la sécurité de la demeure des Possible en effet, malgré la pluie battante, il ne détecta aucune présence hostile ni de chakra ennemi. Il ne put toutefois s'empêcher de jeter un rapide coup d'œil vers le petit bois qui bordait le fond du jardin de la maison. Plongé dans l'obscurité et secoué par les rafales de vent, l'amas d'arbres touffus dans lequel Kim et lui avaient passé une bonne partie de leur enfance à faire les quatre cent coups semblait presque effrayant. Détournant la tête, Robin prit son élan et s'élança sur le lampadaire et puis sur le toit de la maison voisine avant de s'éloigner, sautant de toiture en toiture.
Camouflée dans les arbres non loin du jardin, Samuraki était perchée sur une branche et regarda la silhouette du jeune ninja s'éloigner. Elle fronça les sourcils.
« Je n'aurais peut-être pas du m'approcher autant, si je me fais repérer maintenant je… »
- « Suiton ! Les lames de la pluie ! »
La criminelle de rang S entendit le sifflement des lames aquatiques un quart de seconde avant de sauter de l'arbre pour les éviter. La branche sur laquelle elle se tenait fut réduite en charpie par le jutsu.
- Un clone ! siffla Yokume Samuraki dès qu'elle eut touché le sol.
- Ca m'étonne qu'une kunoichi de ton niveau se soit laissé berner par un clone, fit remarquer Robin en s'avançant tranquillement hors de l'ombre.
La traitresse ne répondit rien et se contenta de fixer intensément le blondinet. Dire qu'elle s'était vraiment laissé avoir par un ninja de seconde zone et sa technique de clonage minable.
- Je vois, dit-elle sur un ton quelque peu amusé. Tu es plutôt du genre malin, toi, hein ?
Elle sortit un kunaï et fit face à son adversaire.
- Ca n'était pas prévu mais on va pourvoir rigoler un peu…
- Ca finit ce soir ! se contenta de rétorquer Robin, la main crispée sur son propre kunaï.
Un nouvel éclair fendit le ciel lorsque Kim arriva à son tour sur le lieu du duel. Tout ce qu'elle vit, c'est deux silhouettes se foncer dessus à toute vitesse, armes levées…
A suivre.
Note de l'auteur : la vache, il m'a fallu presque 2 ans pour écrire ce chapitre ! J'ai honte ! Et le pire c'est que je ne sais même pas s'il y en aura encore d'autres…Je vais faire mon possible, mais au regard du temps que j'ai mis avant de poster ce chapitre, je vous conseille de ne pas attendre la suite trop vite. Encore une fois, je suis vraiment désolé, même si cette histoire vous plait et même si vos commentaires m'ont fait chaud au cœur…
Votre dévoué DV-Eight.
