Voici un petit florilège en drabbles et en non-drabbles (150 mots) des PIRES couples sortis de mon imagination. Un genre de top 10 de taxidermies ratées, en quelque sorte.
Attention, quand je dis "pires" couples, c'est à prendre au sens de loufoques, nawak, tordus, etc. et pas "trop" dérangeant. Un peu quand même, mais il n'y aura pas de YohmeiXHana trash, par exemple, ou de OpachoXBill (et ne me dites pas que vous êtes déçus, bande d'affreux XD).
Warning: pour zoophilie (le 7), agression (les 7, 8 et 10) et gros n'importe quoi de mauvais goût (le 6).
Le musée des horreurs
(drabbles)
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1 – FaustXChing Tao
Le corps de Ching Tao avait longuement servi. La première fois que Faust porta son regard, puis ses mains fines sur lui, il l'admira d'être toujours en vie. Toutefois, la répugnance le gagna rapidement lorsque les stigmates du vieillard révélèrent son passé. Traces de balles, de couteaux, d'une vie de meurtres et de violences. L'horreur vint, et avec elle, la fascination.
Un jour, le massage s'éternisa. Ching soupira comme il ne l'avait jamais fait. Faust blêmit.
– Vous pouvez continuer, docteur, signala-t-il.
Dans l'ombre, il souriait.
Faust hésita, et puis, lentement, ses mains s'exécutèrent, comme si toute volonté l'avait quitté.
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2 – BasonXPyron
Mademoiselle Jun chantonne tandis qu'elle recoud le cadavre qui lui sert de marionnette. Ses doigts délicats manient allègrement l'aiguille et le fil. Il est important que Pyron occupe son corps tandis qu'elle le rafistole, pour vérifier à tout moment qu'il s'y sent à l'aise, qu'il peut bouger, et l'alerter lorsqu'elle se trompe, raccordant un nerf à un autre.
Durant ce temps, Bason se tient là, présence massive, par-dessus l'épaule de la jeune femme, et nul ne sait ce qui l'amène en ces lieux. Nul sauf Pyron lui-même, qui tressaille sous l'aiguille. Cela ne lui fait pas mal, un kyonshi ne ressent pas la douleur, mais ça chatouille un peu. Non, Pyron est bien loin de la souffrance. Et Bason, sous son casque, ne lâche pas de son regard brûlant et impénétrable le kyonshi, éveillant dans son corps défunt une sensation trouble dont son âme garde le souvenir, par-delà la mort.
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3 – KinoXRyû
Le vieil âge vous rend insignifiante aux yeux des beaux jeunes gens, et ce n'est pas moi, qui suis aveugle, de surcroît, qui risque de faire exception. Heureusement, comme ils ne font pas attention à nous, on peut les reluquer sans risquer de se faire griller, même si dans mon cas, "reluquer" est plus une figure de style qu'autre chose. Je suis toute petite, en plus. Il ne s'apercevra jamais que je l'observe par tous les pores de ma peau lorsqu'il prend sa pause, cigarette aux lèvres, lorsqu'il sifflote et que j'entends son pas massif sur les lattes. Quel dommage.
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4 – SilvaXGoldova
Tout le monde sait ce qu'on dit sur les prisons. Les douches, tout ça. Silva était au courant, lui aussi, mais il ne pensait pas devoir craindre ce genre de choses: il était seul dans sa cellule, et d'ailleurs, dans sa prison, aussi. Seul, mais c'était sans compter le gardien. Goldova-sama avait bien caché son jeu, au point que personne ne se doutait de ses intentions réelles, et ce n'est qu'après avoir très judicieusement renvoyé Lip et Rap sous un prétexte fallacieux qu'il abattit ses cartes auprès d'un Silva qui, s'ennuyant comme un rat mort, accepta l'expérience, sans trop savoir pourquoi.
Mais Goldova, dans son immense sagesse, et dans sa précipitation, avait oublié Rutherfor qui dissimula ses yeux ronds sous son Over Soul et ne manqua pas de filmer la chose, parce que les temps sont durs et qu'il faut bien vivre, elle était sûr que ça servirait un jour.
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5 – BlockenXRutherfor
Il y a quelque chose d'étrangement comique à voir un alien enlacer un bonhomme lego. Alien qui est d'ailleurs aussi une jolie fille, c'est ce qui fascine Blocken: l'ambiguïté entre l'humain, l'extraterrestre, l'homme, la femme, la chair, l'esprit.
Leurs masques sont un jeu: le premier qui dévoile un pan de peau "naturelle" a un gage. Rutherfor perd. Aussitôt, son Over Soul disparaît, et c'est sous sa véritable apparence qu'elle s'abandonne. Mais cette fois, tout est changé. Faussé. Cassé. Déséquilibré. La scène a désormais l'apparence dérangeante de ces mythes où de jeunes beautés sont livrées à la fureur d'un monstre.
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6 – DaieiXZenXRyo
Zen et Ryo simulaient comme ils chantaient: faux.
Daiei s'ennuyait profondément et regrettait de leur avoir proposé de les initier aux mystères tantriques qu'il professait. A l'évidence, l'un comme l'autre ne manifestait aucun talent pour ce savoir millénaire, c'était même déshonorer ses préceptes que de les voir s'y essayer si piteusement, avec tant de maladresse. Il avait eu tort de transgresser la loi qui réservait ces rites à une frange d'initiés. Pourtant, la volonté des Boz à se montrer dignes de son enseignement et à le satisfaire finirent par l'émouvoir, tout d'abord affectivement, puis physiquement. Les deux hommes l'entouraient, le liaient, l'étouffaient… Il était comme happé par un duo de serpents voraces. Le plaisir naquit de cette étreinte, son vieux cœur s'accéléra subitement, son sang devint électrique, un hurlement jaillit de sa bouche... Et Daiei retomba.
Lorsque les Boz le relevèrent, inquiets, ils furent bien embêtés: le vieillard était mort.
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7 – TokagerohXElisa
Tokageroh est sale, vieux, chenu, tout ce que son Faust adoré n'est pas, dans sa blondeur, son lustre, ses esquilles délicates, bien qu'il y ait de l'étrangeté dans son apparence gracile, ses longs doigts et sa silhouette légère. Aussi Elisa repousse-t-elle Tokageroh avec répulsion lorsque celui-ci lui manifeste son intérêt un soir où son mari est absent. Alors, le vieux brigand, qui n'a pas l'habitude de renoncer juste parce qu'on lui a dit non, grince des dents et attend son heure, pressé d'apprendre la vie à cette pimbêche trop belle, trop parfaite et trop pure pour son âme de lézard errant.
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8 – MarionPonchi (Post KZB)
La plus mutique des ex-Hanagumi avait déjà tout de l'apparition: une peau diaphane, des cheveux presque blancs, un regard transparent. Et ce look gothique qu'elle cultivait. Rien d'étonnant à ce qu'elle éprouvât cette fascination accrue pour les morts.
Les regards qu'elle lançait à Ponchi le glaçaient. Faire des blagues potaches sur des humaines... ça allait. Devenir sérieux, c'était autre chose.
C'est pourquoi l'esprit se sentit terrifié lorsque la jeune femme l'empoigna un jour, au coin d'un couloir, le matérialisa en un Over Soul rapide, avant de l'élever jusqu'à son visage pour lui souffler, d'une voix ténue:
– Viens. On va jouer.
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9 – ZanchingXNamari
L'un est rond comme un rocher, et il en a la méchanceté et les aspérités. L'autre est maigre comme un clou, et lui aussi, ne manque pas de cruauté, et pique, comme son fantôme. Il faut croire que ces deux-là étaient voués à s'attirer. Pour l'heure, ils se tournent autour comme des fauves, sans oser plus que ce que la simple vilenie autorise. Mais bientôt, ceux qui les observent (et qui s'écartent prudemment, craignant d'être contaminés par ces affrontements puant la corruption), savent que l'on verra la corde écailleuse de Namari se nouer autour de Zanching, ou celui-ci pulvériser l'affreux serpent.
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10 – SamansaXCanna
Le doigt parcheminé de la vieillarde se posa sur la joue si lisse de Canna. Si jeune, et en même temps, on se targuait d'avoir tout vu! L'irrespect de la donzelle avait d'abord irrité Samansa, avant d'éveiller son intérêt.
Le regard de Canna se vrilla dans le sien. Elle y lut du dégoût. L'ancêtre resserra les liens de sa victime en ricanant. La peur viendrait. Elle en faisait son affaire.
Ses lèvres arrachèrent un baiser à Canna qui lutta. Samansa exprima son désir, qu'elle rejeta d'un "Va chier!" sonore. Mais lorsque la bouche édentée descendit d'un cran, puis d'un autre, elle vit son assurance vaciller.
– Non, laissa finalement échapper Canna.
Aussitôt, elle se mordit la langue d'avoir cédé.
Alors Samansa se redressa et cracha:
– Toujours respecter les anciens, petite!
Et elle la planta, là, en pleine nature, ficelée au plancher, à rugir de haine, de peur, de soulagement et d'humiliation.
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L'auteur après s'être relue: Mais qu'est-ce que j'ai fait de ma vie... TT
Ne me jugez pas trop sévèrement, s'il vous plaît.
