Chapitre 9- L'annonce
En quelques secondes, il passa devant moi, juste le temps de l'apercevoir qu'il s'éloignait déjà. Alors que la jeep prenait de la distance, je la vis ralentir puis s'arrêter soudainement, laissant entendre le bruit des pneus glisser sur la route, stoppés net dans leur course. Edward en sortit, il se tourna vers moi et pressa le pas dans ma direction.
- Edward ! Criai-je.
Je lâchai alors mon vélo et courus vers lui. Nous approchions l'un de l'autre très rapidement, pas assez pourtant à mon goût. Je me jetai dans ses bras dès que nos corps entrèrent en contact. Il eut un mouvement de recul pour amortir et freiner ma course, et pour éviter de basculer en arrière. Il me serra contre lui à la limite de ne plus pouvoir respirer et me fit décoller du sol. Quand il me reposa, il prit mon visage entre ses mains et m'embrassa passionnément. J'étais aussi avide de ses baisers que lui, l'était des miens. Mon corps fût parcouru de milliers de frissons qui se propagèrent dans les profondeurs de mon être. A ce moment, mon cœur se remplit d'amour, ce vide que je sentais quelques instants plus tôt, au plus profond de moi, avait été comblé. J'avais retrouvé mon souffle de vie. Il m'était revenu.
- Hum, Bella, comme tu m'as manqué, j'ai cru que ce moment n'arriverait jamais. Me murmura-t-il entre deux baisers.
- Toi aussi, tu m'as manqué, j'avais tellement peur de ne plus te revoir, cette semaine était interminable. Puis reprenant le cours de mes pensées qui me préoccupaient l'esprit depuis ce matin, je lui demandai. Edward que se passe-t-il ? Que signifie ce convoi ?
Il se recula pour me regarder, gardant mon visage entre ses mains. Son sourire s'effaça à ce moment-là. J'appréhendai ce qu'il allait m'annoncer.
- Nous partons. Lâcha-t-il
- Comment ? Où ? Quand ? Pourquoi ? Non ! Dis-je la voix tremblante, mes larmes se formant au bord de mes yeux.
- Nous devons rejoindre nos camarades en Europe, pour leur apporter notre aide. Ils l'annoncent partout que les Allemands franchissent les lignes françaises .Il faut que nous soyons là-bas le plus tôt possible. Nous réunissons tout le matériel nécessaire pour un départ mercredi prochain. Il était si sérieux et déterminé dans ses explications.
- Non, dis-je à nouveau incapable de dire autre chose, puis je fondis en sanglots contre son torse.
- Bella, mon amour, ne pleure pas. Me supplia-t-il, les lèvres contre mes cheveux, sa souffrance s'entendait dans sa voix.
- Alors, ne pars pas. Le suppliai-je en le regardant, voulant graver son visage à jamais dans ma mémoire.
- Il le faut mais je…
- Hum, hum, un raclement de gorge nous interrompit. C'était Tyler. Désolé de vous déranger mais, Edward, il faut qu'on rentre à la base.
- Une minute et j'arrive. Lui dit-il. Il attendit que celui-ci se fût éloigné pour m'annoncer : Bella, j'ai une dernière permission avant mon départ, demain, alors je passerai te voir, nous aurons un peu de temps à nous. A demain. Je t'aime. Me susurra-t-il près de l'oreille
Il essuya les larmes qui coulaient sur mes joues, à l'aide de ses pouces. Il déposa un baiser sur mon front puis sur mes lèvres et s'éloigna.
- Edward, le retins-je par la main, il se retourna et me regarda, moi aussi je t'aime. Finis-je par lui avouer. Il fallait qu'il sache que je tenais à lui. Il me sourit alors, m'embrassa fougueusement et s'en alla.
Il fit un dernier geste de la main avant de monter dans la jeep et disparut.
Je me retrouvais à présent seule sur cette route, les joues baignées de larmes. Je restai ainsi un long moment, pour moi le temps s'était arrêté depuis son départ précipité. Je n'arrivais pas à réaliser le sens des mots qu'il avait prononcé ou plutôt je ne voulais pas l'accepter. Il partait, en Europe, là où il y avait la guerre et que les soldats se faisaient tuer. Je fondis à nouveau en sanglots. Il ne pouvait pas partir et m'abandonner ici.
Je repris mon vélo, et me dirigeai à nouveau vers la maison, l'esprit perdu dans mes pensées beaucoup plus sombres que ce matin, car ma peur se concrétisait.
J'arrivai enfin chez mes parents, toujours dans le même état, mon père n'était pas encore rentré. Il n'y avait que Renée qui confectionnait ses paniers, elle était assise à la table dos à la porte d'entrée.
- C'est toi, Bella ? Me demanda-t-elle sans se retourner
- Hum, acquiesçai-je, voulant lui cacher ma voix tremblante, je vais voir Jacob, puis-je utiliser la voiture ?
- Bien sûr ma chérie mais ne rentre pas trop tard.
- Non, non, à ce soir. Et je filai dans la grange, chercher la Ford.
Sur la route, je ne pouvais pas rouler trop vite car les larmes me brouillaient la vue. J'allais voir Jacob mais je ne savais même pas pourquoi je me rendais chez lui. Il fallait que je le vois, il était peut-être le seul à qui je pouvais me confier.
Je me tenais devant la porte en bois des blacks, j'hésitais à frapper, qu'allait penser Billy en me voyant ainsi ? J'essuyai d'abord mes larmes, fermai les yeux un instant, inspirai à fond et….me retrouvai nez à nez avec Jacob en les rouvrant. Je sursautai surprise de le voir si proche.
- Tu m'as fait peur, Jake ! Lui reprochai-je de mauvaise foi.
- Mais, que faisais-tu derrière la porte ? Ca fait au moins cinq minutes que j'ai entendu ta voiture s'arrêter! Se défendit-il.
- Hum…
- Mais tu as pleuré ? S'étonna-t-il, son ton soudain radoucit, en voyant mes yeux tout rouges. Que se passe-t-il Bella ? A cette simple question, je sentis de nouveau les larmes déborder de mes yeux. Il me prit par l'épaule et me dit : Viens, rentrons.
- Non…je préfère être dehors, je ne voulais pas que Billy me voit dans cet état car il en parlerait à mon père et je ne souhaitais pas que mes parents soient au courant du départ d'Edward.
- Très bien, allons marcher sur la plage.
Nous marchâmes un long moment en silence, j'étais reconnaissante envers mon ami de ne pas me poser de questions. Il me connaissait si bien.
Nous étions arrivé au bord de l'eau, je regardais le ressac de la mer aller et venir. J'étais toujours plongée dans mes pensées. Demain sera la dernière fois que je verrai Edward, je ne sais combien de temps passera avant qu'il ne revienne, s'il revenait. Une fois encore les larmes coulèrent sur mon visage. J'entendis Jacob pousser un énorme soupir.
- Bon Bella, je n'en peux plus. D'accord il te faut du temps, mais là, j'ai besoin de savoir, si tu veux que je t'aide.
- Tu ne peux pas m'aider Jake, personne ne le peut…
- Alors dis-moi ? Ses yeux inquiets m'imploraient, pourquoi le faisais-je souffrir aussi ?
- Je…je…c'est à propos d'Edward…
Je le vis aussitôt se contracter et durcir son regard.
- Il t'a fait du mal ? S'énerva-t-il.
- Non, c'est que…il doit partir en Europe…se battre contre les Allemands, j'avais une boule dans la gorge tellement j'avais du mal à le dire.
- Et après cela, tu me dis qu'il ne t'a pas fait de mal ! Tu as vu dans quel état cela te met ! Il était en colère.
- Je t'en prie Jake, comprends-moi, je m'inquiète pour lui, j'ai peur…j'ai peur de le perdre alors que je viens juste de le rencontrer, j'ai peur qu'il ne revienne pas ! Et je fondis en sanglots dans ses bras.
- Bella, je suis désolé de m'être emporté, je comprends que cela te fasse de la peine qu'il soit parti.
- Il n'est pas encore parti, il s'en va mercredi, je crois. Demain sera la dernière fois que nous nous verrons, il passera me dire au revoir et après… Je ne pouvais plus m'arrêter, je pleurais encore et encore, la chemise de Jacob était complètement mouillée, pleine d'auréoles.
Jacob me berça tout en me murmurant des mots de réconfort à l'oreille, comme quoi il reviendrait pour moi, qu'il ne risquerait pas sa vie sachant ce qui l'attendait à son retour. C'était très fair-play de sa part de me dire ces mots, étant donné les sentiments qu'il avait pour moi.
Après avoir épuisé toutes les larmes de mon corps, je me rendis compte qu'il était déjà tard et qu'il fallait que je rentre. Nous sommes remontés à la réserve et approchions de ma voiture.
- Merci Jake, pour être toujours là quand j'en ai besoin, je suis désolée de t'avoir fait perdre ton temps.
Il prit mon menton pour que je le regarde bien en face.
- Bella, être avec toi, te soutenir et te réconforter ne seront jamais pour moi une perte de temps, et si à n'importe quel moment tu as besoin de moi, n'hésite pas à venir me voir, compris ?
- Merci. Dis-je simplement. Je montai alors dans la voiture pendant que Jake tournait la manivelle pour la mettre en marche.
- Allez rentre et surtout, ne t'arrête pas en chemin, en aucun cas, car tu sais qu'il y a des ours qui traînent dans les parages.
- Au revoir Jake.
- Au revoir Bella, prends soin de toi.
Je repris le chemin du retour. Je ne voulais pas penser à ce qui m'inquiétait car je ne souhaitais pas que mes parents me voient pleurer et s'inquiètent pour moi.
De retour à la maison, j'essayai de masquer ma peine en m'occupant du dîner.
Ma mère remarqua quelque chose quand nous fûmes à table avec Charlie.
- Bella, cela ne va pas ?
- Si, tout va très bien, je suis juste un peu fatiguée car j'ai eu une grosse journée. Mentis-je
- Alors va te reposer je vais m'occuper de la vaisselle. Allez mange et file dans ta chambre.
Je me dépêchai de manger et montai dans ma chambre pour enfin me laisser aller et enlever ce masque d'indifférence sur mon visage. Je fis une brève toilette et me glissai sous les couvertures.
Une fois seule avec moi-même, la douleur me toucha en plein cœur. J'enfouissais mon visage contre mon oreiller pour étouffer mes sanglots afin que Renée et Charlie ne les entendent pas.
Je laissais libre cours à ma peine, ma souffrance et ma peur. J'étais complètement dévastée par cette petite phrase qui n'arrêtait pas de tourner en boucle dans ma tête « et s'il ne revenait pas ». Après une bonne partie de la nuit dans cette intenable insomnie, le sommeil vint enfin me chercher pour apaiser ma douleur.
Mais ma quiétude fût de courte durée.
Je revivais cet instant magique dans les airs avec Edward, moi dans ses bras admirant le coucher de soleil. Soudain le ciel s'assombrit. Edward, en tenue d'aviateur, était seul dans son avion. Il allait de gauche à droite comme pour éviter quelque chose. Alors je compris, il était en train d'esquiver des balles. On lui tirait dessus. Deux avions étaient à ses trousses et le mitraillaient. Soudain, Edward fût touché au bras, et une autre balle vint se loger dans le réacteur. Son avion commença à perdre de l'altitude et il s'en dégageait une énorme fumée noire. Il descendait de plus en plus vite vers le sol. Puis ce fût l'impact, suivi aussitôt par une grosse explosion qui dispersa les débris de l'appareil en milliers de morceaux.
- Non, Edward ! Criai-je, me redressant dans mon lit, j'étais en sueur, complètement paniquée.
Ma mère entra en trombe dans ma chambre et me prit dans ses bras pour me réconforter.
- Chut, ma puce, ce n'est qu'un cauchemar. Me dit-elle en me berçant.
Elle m'aida à reprendre le sens de la réalité : Edward n'était pas mort, il était encore ici, il n'était pas parti, pas encore. Je poussai un grand soupir de soulagement.
- Ça va mieux ? Me demanda Renée.
- Oui, merci, ce n'était qu'un mauvais rêve. Lui répondis-je
- Tu veux en parler ?
- Non, non, ce n'était pas important.
- Je t'ai pourtant entendu crier « Edward » ? Insista-t-elle, soupçonneuse.
- Maman, je ne souhaite pas en parler.
- D'accord, bonne nuit, ma chérie, rendors-toi.
Elle déposa un baiser sur mon front et s'en alla. Quant à moi, je ne refermai pas l'œil de la nuit.
Quand l'aube pointa, j'avais pris une décision. Il ne pouvait pas partir et me laisser seule. Je ne m'en remettrai jamais s'il venait à disparaître, je ne pourrai pas survivre. Alors j'allais mettre en pratique les sollicitations d'Elisabeth. Je lui demanderai de rester pour moi, quitte à aller jusqu'au chantage, j'étais prête à tout pour le retenir et le garder près de moi.
C'était déterminée et pleine d'espoir que je me levai et tirai mes rideaux. Il faisait beau, les oiseaux chantaient et le poids qui pesait si lourd dans mon cœur s'était allégé.
Je profitai de cette belle matinée pour aller me promener à la lisière des bois, derrière la maison, et j'établissais mon stratagème pour empêcher Edward de partir, le convaincre de rester.
Au bout d'environ une heure, je me décidai à retourner à la maison, pour pouvoir me préparer avant l'arrivée de mon Apollon.
Il me restait quelques mètres à parcourir avant de sortir des bois, quand j'entendis le moteur d'une voiture se rapprocher. Mon cœur se mit aussitôt à battre plus vite. Etait-ce Edward qui arrivait déjà ?
J'accélérai le pas en faisant attention à ne pas me prendre de racines d'arbre avec ma maladresse légendaire. Je ne voulais pas arriver devant lui blessée et pleine de terre, de quoi aurais-je l'air !
Je commençai à apercevoir la maison, et quelques mètres plus bas sur le côté de celle-ci, se trouvait la Bugatti d'Edward. Il était en train d'en sortir, il portait son bel uniforme qu'il avait lors de notre rencontre, il était beau. Mon pouls s'accéléra. J'allai sortir des bois pour le retrouver, quand je vis Jacob arriver vers lui. Mais que faisait-il ici, celui-là ? Je décidai donc de me cacher derrière un arbre pour savoir ce que mon meilleur ami lui voulait.
Edward remarqua Jacob qui se dirigeait vers lui, il l'attendit donc.
- Je peux te parler ? Lui demanda Jake sans un salut.
- Bonjour Jacob, je t'écoute. Lui répondit Edward toujours très courtois.
- Je ne vais pas aller par quatre chemins. Pour être honnête et franc, je n'ai jamais vu Bella aussi heureuse que ses deux dernières semaines…
- C'est tout ce que je souhaite, son bonheur… Jacob le stoppa d'un geste de la main
- Je n'ai pas fini. Je ne l'ai jamais vu aussi heureuse mais à l'inverse je ne l'ai jamais vu aussi malheureuse qu'hier. Elle, qui est forte et fière, était complètement effondrée et déprimée.
- Je ne…
- Je n'ai pas encore terminé. S'énerva-t-il levant le ton. Pourquoi l'avoir séduit lâchement, si tu savais qu'un jour prochain tu risquais de partir ? Tu lui fais énormément de mal en la quittant et cela, je ne te le pardonnerai jamais. Tu ne la mérites pas. Tout ce que tu mérites c'est une bonne correction.
- Je ne veux pas me battre avec toi Jacob, cela blesserait Bella.
- Ça te va bien de dire cela, ricana mon meilleur ami, alors que tu la rends malheureuse. Tu n'aurais jamais dû l'approcher.
- Je l'aime. Lâcha Edward.
A ce moment, je ne pus croire ce que je vis, Jake envoya son poing dans la mâchoire d'Edward qui fit un bon en arrière sous le choc et atterri la hanche contre le capot de sa voiture qui se trouvait derrière lui.
- Non ! Criai-je à ce moment-là en courant vers Edward et en fusillant Jacob du regard. Edward comment te sens-tu ? Lui demandai-je une fois à ses côtés. J'examinai son visage, sa lèvre saignait. Je pris alors mon mouchoir dans ma poche et le tamponna contre sa bouche. Il posa sa main sur la mienne pour stopper mon geste.
- Ce n'est rien Bella, ne t'inquiète pas. Me rassura-t-il. Je me tournai alors vers Jake.
- Mais qu'est-ce qu'il t'a pris, tu es fou ou quoi ?
- Bien sûr, tu prends sa défense, c'est lui qui te blesse et c'est à moi que tu en veux.
- Cela n'a rien à voir. Tu…tu viens de le frapper ! Lui criai-je.
- Bella, calme toi, me demanda Edward en posant une main sur mon épaule, il a raison, je t'ai blessée et je m'en excuse.
- Cela ne sert à rien de s'excuser, c'est trop tard, le mal est fait. Pour quelqu'un qui est censé se comporter en « gentleman », tu es vraiment pitoyable. Je pensais que tu étais bien élevé mais je vois que tes parents ont failli à ton éducation envers les demoiselles.
Edward fronça les sourcils et resserra le poing.
- Fais attention à ce que tu dis, laisse mes parents en dehors de cela.
- Pourquoi ? Tu as peur que ton père se retourne dans sa tombe en te voyant agir ainsi ?
En l'espace d'une seconde, Edward me poussa sur le côté et fondit sur Jake, abattant son poing droit directement sur son nez. Il le prit par le col de la chemise, le laissant à peine toucher terre. Edward était hors de lui dans une colère noire. Il fallait qu'il se calme car je commençai à avoir peur pour mon meilleur ami, même s'il le méritait.
- Edward, je t'en prie, arrête.
Il relâcha aussitôt Jacob, puis me fit face.
- Je suis désolé Bella, je n'aurais pas dû m'emporter…
- Tu m'as cassé le nez ! Se plaignit Jake en levant la tête pour empêcher le sang de couler.
- Jacob, tu l'as bien cherché ! Lui lançai-je toujours furieuse. Edward, viens je vais te soigner, puis regardant mon ami à nouveau, tu veux que je regarde ton nez ?
- Non, je suis capable de m'occuper de moi tout seul. Il se mit alors à courir et grimpa sur sa monture que je venais juste de remarquer, puis il disparu au galop à travers les bois.
- Je suis désolée Edward, je ne pensais pas qu'il aurait réagi comme cela…
Il posa sa main sur ma joue et rapprocha son visage près du mien.
- Si j'avais été à sa place, j'aurais réagi de la même façon. Murmura-t-il
Il déposa délicatement ses lèvres sur les miennes. Son haleine commença à m'envoûter et je me pressai un peu plus contre lui, j'en voulais toujours plus. Il eut soudain un mouvement de recul, sa lèvre le faisait souffrir.
- Oh, excuse-moi, je n'y pensais plus. Dans les bras d'Edward de toute façon, je ne pensais à rien à part à lui, tout ce qui m'entourait disparaissait. Viens, je vais nettoyer ta blessure.
Nous passâmes la porte de la maison, Charlie et Renée nous accueillirent.
- Edward, le salua mon père, je ne savais pas que tu devais passer aujourd'hui ? J'avais complètement oublié de les prévenir.
- Bonjour Charlie, Renée. Edward me regarda ne sachant quoi répondre à la question de mon père.
- Je...j'ai croisé Edward hier en rentrant du travail, il m'a averti qu'il passerait…Expliquai-je
- En effet, je viens vous dire au revoir car nous partons avec toute notre escadrille en Europe, la semaine prochaine. Malgré le fait que j'étais déjà au courant, cette nouvelle me déchira le cœur, j'espérai et priai pour que mes arguments soient assez convaincants pour qu'il change d'avis.
- Hum, je m'en doutais un peu quand j'ai lu les nouvelles du journal d'hier.
- Oh mon dieu, quelle triste nouvelle vous nous annoncez là Edward. Ma mère était choquée par ce qu'elle venait d'apprendre. J'aurais préféré que mes parents ne sachent rien mais comment le leur cacher.
- Que vous êtes-vous fait à la lèvre ? Interrogea Charlie en lui indiquant sa bouche.
- Oh, une maladresse, leur répondit-il en passant sa main derrière sa tête un peu gêné, le vent a fait voler ma casquette au pied de ma voiture, quand je me suis baissé pour la ramasser je me suis pris la portière en pleine bouche. Je me mis à rire de son mensonge, Edward maladroit, ce n'était pas possible mais j'étais reconnaissante qu'il n'ait pas dit la vérité car je ne voulais pas non plus que mes parents apprennent l'antagonisme qui existait entre Jacob et lui.
- Assieds-toi Edward, je vais te soigner. Je lui indiquai le sofa et j'allai chercher le matériel nécessaire.
Mon père continua de lui poser des questions pendant que je m'occupais de lui.
- Vous partez avec combien d'hommes ?
- Wilson en prévoit cinq cent mille dans tout le pays. Ici à Forks, tous les militaires de la base seront envoyés, nous sommes environ trois cent cinquante. Edward répondit à Charlie tout en me regardant droit dans les yeux. Je lui tenais le menton d'une main et nettoyais la plaie de l'autre. Je sentis la chaleur envahir mon visage sous l'insistance de son regard. Il sourit quand il vit ma réaction.
- Eh bien Edward, j'espère que tu seras de retour au plus tôt et fais attention à toi. Je dois partir faire une ronde dans les bois avec mon adjoint pour traquer la bête.
- La bête ? L'interrogea Edward.
- On pense à un ours, elle a déjà fait trois victimes en les mordant à la gorge. Elle s'abreuve de leur sang sauf pour une, que j'ai retrouvé vivante et que Bella et le Dr Cullen ont essayé de sauver mais sans succès. A l'évocation d'Alice, mon cœur se serra. Je n'avais toujours pas fait la lumière sur sa disparition et j'avoue qu'avec le départ d'Edward, je l'avais un peu mise de côté.
- Comme c'est étrange pour un animal de se comporter ainsi. Remarqua-t-il.
- Oui, c'est vrai. En tout cas, Bella, interdiction d'aller te promener dans les bois, c'est trop dangereux.
- Oui Charlie. Fais attention à toi. Il acquiesça.
- Je vous laisse. Puis il s'approcha d'Edward, lui tendant la main que celui-ci serra. Bon courage Edward et que Dieu vous garde.
- Merci, Chef Swan. Et il s'en fût.
Voir Charlie dire au revoir à Edward me déchira le cœur, je ne pourrai jamais lui dire adieu et le laisser partir. Ce serait au-dessus de mes forces.
- Tu vas bien, Bella ? Il me sortit de mes songes et il me fixait comme s'il cherchait à connaître mes pensées.
- Oui, ça va.
- Je peux t'emmener avec moi dès maintenant ? Me demanda-t-il, et il se rapprocha de moi pour murmurer à mon oreille. Je veux passer le plus de temps possible avec toi, je ne veux pas laisser s'échapper une seule seconde sans ta compagnie aujourd'hui.
- Ok, je vais me préparer et je reviens.
- Fais vite.
Je ramassai mon matériel, je fis une brève toilette, enfilai ma jupe beige et mon chemisier blanc, et j'étais de retour près de mon Apollon.
Je prévins ma mère que nous sortions. Elle était très peinée du départ d'Edward et le lui en fit part en lui disant de prendre soin de lui et de revenir très vite.
Nous avions à peine entamé le chemin qui menait à la route principale qu'Edward me demanda :
- Alors Bella, où souhaites-tu aller ? C'est toi qui décides aujourd'hui, j'ai envie de te faire plaisir. Il était de bonne humeur malgré son départ imminent, comment faisait-il ?
- Si tu souhaites vraiment me faire plaisir, alors ne t'en vas pas. Lâchai-je un peu de mauvaise foi.
Il me regarda les sourcils froncés, il n'appréciait pas ma requête.
- S'il te plait Bella, je t'ai déjà expliqué mes raisons. Il prit ma main dans la sienne et entrelaça nos doigts. Alors dis-moi, où veux-tu que l'on aille ?
- Emmène-moi où tu voudras, l'endroit m'importe peu, du moment que je sois avec toi. C'était vrai, l'endroit n'avait pas d'importance car il était mon « chez moi ».
- Très bien alors ça te dit de retourner à la clairière ? Il retrouvait sa jovialité.
- Très bonne idée, j'y ai de très bons souvenirs…Mais tu ne vas pas voir ta mère ? Il fallait bien qu'il lui annonce son prochain départ.
- Je suis passé la voir tôt ce matin, Tyler m'a déposé avec la Jeep pour que je récupère ma voiture.
- Et comment a-t-elle pris la nouvelle ? J'imaginai très bien qu'elle n'avait pas sauté au plafond.
- On va dire comme toi. Hésita-t-il.
- Tu ne crois pas qu'elle voudrait te voir aussi, aujourd'hui, et profiter de ta présence ? Je ne voulais pas me montrer égoïste et garder Edward pour moi seule, surtout maintenant que je connaissais l'attachement d'Elisabeth pour son fils.
- Je la verrai ce soir, pour l'instant elle se repose car elle se sentait un peu lasse.
Nous arrivions devant la maison des Masen, Edward me fit entrer.
- Fais comme chez toi, je vais me changer. Il monta à l'étage pendant que je m'asseyais sur le sofa dans le hall d'entrée. Je me tenais face au portrait d'Edward senior.
Des bruits de pas pressés me sortirent de ma contemplation, je vis Trudy courir devant moi avec une bassine d'eau, elle se dirigeait vers l'escalier.
- Bonjour Trudy. La saluai-je. Elle sursauta et se tourna vers moi.
- Oh excusez-moi mademoiselle Bella, je ne vous avais pas vu.
- Vous avez l'air pressé ? Constatai-je.
- Oui, c'est Madame, elle ne se sent pas très bien. Se justifia-t-elle.
- Edward m'a dit qu'elle était un peu fatiguée.
- En effet, mais elle pleure beaucoup le prochain départ de Monsieur Edward, ce qui lui donne de la fièvre. Pauvre Elisabeth, je comprenais complètement sa peine.
- Il faut prévenir Edward, proposai-je.
- Oh non, surtout pas, Madame nous a fait promettre de ne pas lui en parler car elle ne veut pas qu'il se culpabilise. Ne lui dites rien, s'il vous plaît, promettez-le moi ?
- D'accord Trudy, je ne dirai rien à Edward, promis.
- Me dire quoi ? Edward se tenait au milieu des marches. Il avait troqué son uniforme pour une chemise blanche et un pantalon beige, nous étions assortis.
La servante me regarda paniquée.
- Je m'en occupe, Trudy, vous pouvez continuer vos tâches.
Elle partit sans plus attendre et se faufila dans les escaliers, passant à côté d'Edward sans le regarder. Celui-ci venait d'atteindre la dernière marche et avançait vers moi.
- Je t'écoute Bella, qu'est-ce que tu ne dois pas me dire ? M'interrogea-t-il.
- Désolée, j'ai promis, je ne dirai rien. Cela me chagrinait un peu de devoir lui cacher l'état de sa mère.
- Tu paris que je te fais parler. Me taquina-t-il les yeux pleins de malice.
- Essaie toujours. Entrais-je dans son jeu.
Il s'approcha alors tout près, il posa une main sur le bas de mon dos pour m'attirer à lui. Il souleva mon menton avec sa main libre et pénétra dans mes yeux, de son regard d'émeraude. Il se pencha tout doucement près de mes lèvres, je sentis son souffle contre ma bouche.
- Dis-moi ton secret, jeune demoiselle Swan, chuchota-t-il.
- Jamais, je tiendrai ma promesse. Lui répondis-je sur le même ton.
- Crois-tu ? Ses lèvres frôlèrent les miennes quand il me parla.
- J'en suis certaine.
- Hum, dommage. Il s'éloigna alors soudainement et se dirigea vers le fond de la maison.
- Non, tu ne peux pas faire cela, c'est de la torture Edward ! Le réprimandai-je, frustrée.
Il me regarda, souleva un sourcil et continua son chemin.
- Eh bien Bella, tu vas rester plantée ici longtemps ? Il me tendit la main derrière lui pour que je le rejoigne. J'accourus vers lui, et pris sa main. Nous nous dirigeâmes ensuite vers les écuries.
- Nous allons prendre seulement Titan, comme ça avec ta jupe tu pourras monter en amazone devant moi.
Il sella son cheval, monta dessus puis me souleva pour me placer devant lui. Je me retrouvai entre ses jambes, enlacée contre lui. Il fit avancer Titan au pas, j'étais bercée contre son torse et les battements de son cœur parvinrent jusqu'à mes oreilles, c'était le plus beau son que je pouvais entendre, il était vivant et avec moi. J'étais bien et je voulais que le temps s'arrête pour rester avec lui éternellement.
Nous arrivâmes dans la clairière. Edward me fit descendre puis me rejoignit et alla attacher sa monture à un arbre. Comme la dernière fois, il installa une couverture par terre sur laquelle nous nous installâmes. Assis entre ses jambes, ses bras m'enlaçant, je me laissai aller contre lui.
- Alors dis-moi ton secret. Me susurra-t-il, ses lèvres contre ma tempe.
- Edward, je ne dirai rien même sous la torture. Plaisantai-je.
- Alors j'abandonne car c'est moi que cela torture. Il fit pivoter ma tête vers lui et prit mes lèvres, d'abord délicatement puis plus intensément.
- Tes baisers vont me manquer. Me murmura-t-il entre deux baisers.
Mon cœur se fissura sur ces simples mots qui me ramenèrent sur terre. Le moment était venu de mettre mon plan à exécution. Je le repoussai légèrement de la main et me tournai complètement vers lui pour lui faire face.
- Edward, il faut que je te parle.
- Je t'écoute.
- Ne pars pas là bas…Lâchai-je.
- Bella, tu ne vas pas recommencer ! Il était exaspéré.
- Je t'en prie, écoute moi. Il hocha la tête. Cette nuit, j'ai fait un rêve ou plutôt un cauchemar. Tu étais en avion et étais abattu en vol avant de te cracher au sol. J'ai crié quand je me suis réveillée, j'avais mal car je croyais que tu étais mort. Je souffre de la peur de te perdre. Si tu venais à disparaître, ma vie n'aurait plus aucun sens.
- Jacob avait raison, je te fais souffrir, je ne te mérite pas. Se lamenta-t-il.
Je posai mon doigt sur sa bouche pour le faire taire, je voulais continuer mon plaidoyer.
- Edward, tu es la plus belle chose qui me soit arrivé de toute ma vie et je ne veux pas qu'on me l'enlève.
- Bella, tu es ma raison de vivre et tu es mon souffle de vie, je vais revenir, je te le promets.
- Tu n'en sais rien Edward, là-bas les soldats se font tuer. Je t'en prie, fais-le pour moi, n'y vas pas .Le suppliai-je.
- Je ne peux pas Bella. Souffla-t-il torturé.
- Dans ce cas, je pars aussi. Je vais en Europe. Décrétai-je.
- Ne dis pas de bêtises, l'armée n'acceptera jamais de t'emmener.
- Peut-être pas l'armée mais si je m'engage à la Croix Rouge en tant qu'infirmière bénévole, ils m'enverront là-bas, ainsi je serai près de toi.
- C'est hors de question, c'est trop dangereux. Se fâcha-t-il.
- Parce que ce n'est pas dangereux pour toi ? Répondis-je.
- Ce n'est pas pareil, je suis un soldat.
- Peu importe, si tu pars, je pars. Insistai-je
- C'est du chantage, Bella.
- Je sais, mais il est hors de question que je sois éloignée de toi. Plutôt mourir qu'être loin de toi.
Je le faisais souffrir et ça me torturait de lui infliger cela, mais j'étais égoïste et je ne voulais penser qu'à moi, qu'à nous et notre avenir.
- Bella, je ferai n'importe quoi pour toi. De toutes les choses que je pourrai faire pour toi, il faut que tu me demandes cela. Mais je ne peux pas, pour les raisons que tu connais. Et même si je voulais rester, je ne pourrais pas. Je me suis engagé, j'ai prêté serment, je ne peux pas faire machine arrière et me dérober maintenant. Je serai considéré comme un déserteur. Dans certains pays, on fusille les déserteurs, dans notre pays, je pourrai être emprisonné pour désertion.
Tous mes espoirs s'écroulèrent devant ses arguments. Je compris à ce moment-là que j'avais perdu le combat, qu'il allait bien partir et m'abandonner. Je ne pus retenir les larmes qui montaient au bord de mes yeux, je plaquai ma main contre ma bouche pour étouffer un sanglot.
Il me tendit les bras et me serra contre lui, je laissai libre cours à ma peine, déversant des torrents de larmes malgré les mots réconfortants d'Edward. Après un long moment, quand je fus un peu apaisée, il se leva et m'intima de faire de même.
- Mon amour, sèche tes larmes et regarde-moi.
Je redressai la tête pour plonger dans ses yeux, il était sérieux et il avait l'air déterminé. Il prit ma main qu'il emprisonna dans les siennes.
- Bella, je t'aime, et je te fais le serment de continuer à t'aimer n'importe où que j'aille. Tu seras dans mon cœur et dans mon âme à chaque instant. Je reviendrai vers toi, vivant, je t'en fais la promesse.
Il fourragea dans la poche de son pantalon et en sortit un écrin.
- Oh mon dieu, dis-je en voyant la petite boite. Je portai instinctivement mon autre main à mon cœur, m'assurant qu'il n'allait pas défaillir.
Il se baissa, posant un genou à terre. Il ouvrit l'écrin dans lequel se trouvait une magnifique bague. Elle était fine et en or, bordée de diamants qui étincelaient et entouraient le cœur ovale. Il la retira de son support et reprit ma main.
- Bella, tu es la personne la plus précieuse que j'ai sur cette terre. Tu es mon soleil. Tu as guéri mes peines et tu as rempli mon cœur d'amour. Je t'offre cette bague en gage de mon amour pour toi et de la promesse que je reviendrai pour toi. A mon retour, je demanderai ta main à ton père et on ne se quittera jamais plus. Cette bague est la promesse que le meilleur reste à venir. Il intensifia son regard et se concentra. Isabella Marie Swan, acceptes-tu de devenir ma femme et faire de moi l'homme le plus heureux du monde ?
Je n'arrivais pas à croire ce que j'entendais, Edward me demandait de m'unir à lui, de nous lier l'un à l'autre à jamais. Les larmes commencèrent à nouveau à couler sur mes joues. Lui n'avait pas bougé, attendant ma réponse.
- Oui, bien sûr que j'accepte de t'épouser Edward.
Son visage s'illumina et il enfila la bague à mon doigt. Il se redressa, plaqua ses mains sur mes hanches et m'attira à lui, approchant ses lèvres des miennes, dans un baiser plein d'amour, d'espoir et de tendresse.
J'enfouissais mes mains dans ses cheveux, j'avais besoin de le toucher, de le sentir près de moi tant que cela était possible. J'entrouvris ma bouche pour laisser passer ma langue qui alla caresser la sienne. Notre baiser devint plus passionné et plus fougueux. Tout doucement nous nous laissâmes emporter par nos émotions et nous nous retrouvâmes allongés par terre. Je me pressai contre lui, avide de toutes ces sensations que me faisaient connaître ses baisers.
Sa main caressa mes cheveux, et l'autre frôla tout d'abord ma nuque, puis glissa le long de ma colonne vertébrale pour atterrir sur ma cuisse. Les miennes glissèrent sur son torse et instinctivement enlevèrent les boutons de sa chemise. Peut-être qu'il ne me repousserait pas cette fois-ci.
- Bella, murmura-t-il, il faut que l'on arrête avant que je ne sois plus capable de me contrôler et qu'on ne fasse une bêtise. Il prit mes poignets et stoppa mon geste.
Il me regardait intensément, ses yeux reflétaient le désir. Alors je me lançai.
- Edward, est-ce que tu m'aimes ?
- Bien sûr, tu le sais déjà.
- Alors peux-tu faire quelque chose pour moi ?
- Ce que tu voudras. Répondit-il, attendant la suite.
- Aime-moi, fais-moi ce cadeau.
Au début, il ne comprit pas, puis le sens de mes mots fît jour dans son esprit.
- Bella, nous en avons déjà parlé, je ne te volerai pas ta vertu de cette façon. Tu mérites mieux. Tu ne veux pas que l'on attende le mariage ?
- Pour moi, nous sommes déjà liés l'un à l'autre, nous venons de nous le promettre, le passage devant le prête n'est qu'une formalité, et je ne pourrai pas attendre ton retour. Je te veux toi, maintenant, je t'appartiens, jusqu'à ma mort. Je t'en prie accorde-moi au moins cela.
- Moi aussi je suis à toi, ma vie t'appartient déjà et ce jusqu'à mon dernier souffle. Murmura-t-il. Il m'embrassa passionnément, il avait rendu les armes et abandonné la partie.
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