Bonjour !

Voici le chapitre 9, écrit avec hâte car le temps est difficile à trouver avec les vacances (le mieux serait que cette fiction soit terminée pour la rentrée...). Je ne vous promets pas que ce sera la cas, mais je vais essayer, car après avec les cours qui vont reprendre, ce ne sera plus le même rythme !

- Rainkebell: Merci pour ta review ! :) Contente que mes longs chapitres ne te dérangent pas (celui-ci est un tout petit peu plus court ^^). Concernant Sansa, je te rassure, je ne vais pas me la jouer à la GRRM en tuant les personnages principaux haha ! Shireen est trop mignonne, je ne vais pas la faire mourir :)

Il reste une dernière mort à arriver, à vos hypothèses ! ^^

Bonne lecture !


Joffrey était mort, le poison avait parcouru ses veines à une telle vitesse, que les médecins n'avaient rien pu faire. Il avait été retrouvé inconscient dans une rue du Culpucier. Les secours avaient été alertés et avait réussi à le réanimer dans l'ambulance. Seulement, manquant d'air à nouveau, le jeune homme avait une nouvelle fois sombré dans le coma, une fois à l'hôpital. La suite tragique, le poison avait terminé son travail en l'étouffant durant son sommeil. Joffrey était mort. Robert, assoiffé de vengeance avait ordonné à son frère de retrouver l'assassin de son fils, pendant que Cersei n'en finissait d'hurler son désespoir. L'enquête avait donc été ouverte, le corps ayant été amené en salle d'autopsie pour plus d'informations. Pourquoi s'en prendre à un gosse ? Il n'était qu'un étudiant en biologie dans la plus illustre des universités. Mais il demeurait le fils du maire, et beaucoup savaient que les fréquentations de ce dernier n'étaient pas des meilleures. Peut-être un règlement de compte en vue d'atteindre Robert ? pensa Stannis alors qu'il empruntait l'escalier pour retrouver le docteur Cressen. Cette nuit là, après être sorti de l'hôpital et raccompagné son frère jusqu'à sa voiture, il n'était pas rentré chez lui pour se recoucher. Il n'avait pas non plus rejoins la femme rouge, jugeant qu'il n'avait pas à revenir à une telle heure dans l'obscurité. L'homme avait alors erré dans la ville durant deux heures, méditant sur ce qui se passait autour de lui. Beaucoup de choses avaient changé : ses relations avec sa fille s'étaient améliorées, alors que celles avec son ex-épouse étaient devenues pires qu'auparavant, cette dernière l'avait appelé hystérique, après que Justin ait raconté la soirée au restaurant. Une femme était entrée dans sa vie et il avait dangereusement ouvert une porte, qu'il s'était promis de laisser fermée. Mais Melisandre l'apaisait et était la seule à le sortir de cette obsession pour son enquête. Puis il y avait les Bolton, Ramsay constituant le coupable idéal, alors que son père le menaçait d'avoir permis à la presse de connaître les détails de l'affaire. L'ambiance était tendue au bureau et Davos se montrait distant ces derniers jours. Stannis n'arrivait pas à pardonner à Matthos et passait ses nerfs à lui dicter des ordres, peut-être que le changement brutal du coéquipier découlait de cette attitude. Il y avait aussi Sansa et sa promiscuité malsaine avec celui qui devait avoir un quelconque lien avec ces meurtres. Même le plus minime, mais Baelish avait une telle réputation dans la ville, que le savoir hors de l'histoire paraissait étrange. Enfin, restait Robert et Renly, sa famille, que le Cerf se devait de protéger après le meurtre de son neveu. Stannis savait que Shireen ne risquait rien, car ce n'était pas directement lui, qui avait été visé par la mort de Joffrey, mais son frère aîné. L'homme était donc en lien étroit, sans pour autant en être la cible. Toutefois, il restait vigilant. Alors que ses pensées continuaient de s'entrechoquer dans sa tête, il ralentit à un feu rouge et observa les alentours : les jeunes qui dealaient au coin de la rue ne lui échappèrent pas, mais il n'était pas en service et ne pouvait malheureusement pas les interpeller. Ses dents commencèrent à grincer et il démarra violemment la voiture, tentant de fuir rapidement la scène. Le sommeil commença à se faire sentir vers le petit matin, l'inspecteur avait fini par somnoler une heure, la tête affalée sur le volant, garé devant le commissariat.

Stannis louchait sur son neveu avec une inquiétude grandissante. Cressen lui, découvrait le drap du jeune homme afin de lui montrer la netteté du corps : il n'y avait donc pas eu violence avant la mort. Pourtant le Cerf en restait persuadé, il s'agissait d'un règlement de compte. Le Culpucier était reconnu pour cela :

- Il a été empoisonné sans aucun motif ? demanda naïvement le médecin, nous trouvons toujours des marques sur la peau témoignant d'une dispute agitée. Le poison aurait été alors le dernier recours employé, pour provoquer la mort...

- Il n'y a pas eu violence, répéta l'inspecteur les dents serrées. Puis il continua son monologue sans faire attention à son interlocuteur. Que s'est-il passé pour en vouloir à Joffrey, au point de le tuer ?

- Pensez-vous que cela aurait un lien avec le statut politique de votre frère ?

- Je me le demande justement. Toutefois, mon neveu traînait apparemment dans de mauvais endroits. Vous savez, avec les jeunes, il faut s'attendre à tout ! Peut-être n'était-il pas si innocent que cela. Ma famille n'est malheureusement pas si clean. Il pensa à la débauche de Robert et aux penchants de Renly. Nous verrons bien ce que trafiquait Joffrey quand nous irons fouiller sa chambre au Donjon Rouge.

Des pas rapides se firent entendre dans le couloir et Stannis reconnut facilement des talons claquer au sol. En fixant à nouveau le corps, il comprit qui venait lui rendre visite. Il sortit de la pièce, le visage glacial sous la tension et la fatigue. Cersei se tenait devant lui, enragée. Ses traits étaient tendus, et ses joues creusées. Elle s'arrêta, lui faisant face, remarquant qu'il bloquait la porte. Car le Cerf savait ce qu'elle désirait :

- Laisse-moi passer Stannis ! commença t-elle autoritaire.

- Je ne peux pas, tu n'as pas le droit d'être ici...

- Je veux voir mon fils ! Son cri raisonna alors qu'elle se mordait la lèvre pour ne pas fondre en larmes. Je veux voir mon fils, répéta t-elle, plus doucement.

- Joffrey est mort.

Sous ses dires macabres, son regard noir le transperça et d'un geste brusque, elle lui flanqua une gifle à laquelle il ne s'attendait pas :

- Je t'interdis de dire ça ! siffla la Lionne le visage défiguré sous la peine.

L'inspecteur eut un gémissement étouffé, alors qu'il se massait la joue, puis tourna la tête vers la femme pour la toiser ardemment. Il était têtu et ce n'était pas son avertissement qui allait l'effrayer :

- Joffrey est mort, recommença t-il en articulant chaque syllabe. Et tu n'y peux rien.

- J'aurais dû être présente et le défendre, j'aurais dû empêcher cela... Stannis, laisse moi passer.

Sa demande suppliante n'eut aucun effet sur le Cerf, qui restait stoïque devant l'entrée. Elle geignit à nouveau, encore plus douloureusement que la fois précédente. Et alors qu'elle tentait de forcer la porte, frappant contre sa poitrine, d'une force qu'elle puisait dans son chagrin, il l'immobilisa en lui attrapant les poignets :

- Lâche moi ! Laisse moi entrer ! hurlait-elle, je veux voir mon fils !

- Calme toi Cersei ! Je ne peux pas te laisser faire. Mais je te promets que je vais retrouver celui qui a commis le crime.

- « Crime »... Ses yeux absents fixaient le sol. Puis elle releva le menton, la figure dévastatrice. Tu vas retrouver celui qui a osé faire du mal à Joffrey. Toi qui te présente en homme si honorable, pour ta famille, tu vas le faire car c'est ton devoir.

- Robert et Renly sont ma famille, répondit-il sèchement.

La femme écarquilla de grands yeux ronds alors que sa rage continuait à se déverser, alimentant chaque parcelle de son corps meurtrit. Il venait de crever l'abcès :

- Joffrey était ta famille, prononça t-elle froidement.

- Il ne l'a jamais été... Et tu le sais.

- Ne t'avise pas de répéter une chose pareille Stannis. Je te mets en garde, ne joue pas à ce jeu avec moi.

- Je ne joue pas, continua le Cerf insolent, j'énonce une vérité.

Il s'arrêta quelques secondes, leurs regards s'affrontant. Elle était prête à bondir, le lion dévorant le cerf, mais il s'en moquait. Trop de choses s'étaient installées pour qu'il regrette ses paroles :

- Cersei, reprit-il en soupirant, je suis inspecteur de police, mon métier est d'interroger les gens. Je sais reconnaître les vérités et déceler le vrai du faux... Jaime est le père de tes enfants.

- J'aime Jaime, il est mon frère.

- Mais tu l'aimes beaucoup plus qu'un simple frère.

En voyant son visage tiraillé, se tordre un peu plus, il crut qu'elle allait une nouvelle fois défendre sa cause en le giflant. Toutefois, elle ne fit rien. Cersei l'étonna, lui qui pensait la connaître depuis bien longtemps. Depuis toutes ces années, ils s'étaient détestés, sans jamais se confronter à la réalité. Aujourd'hui, devant la salle qui accueillait le corps du jeune Joffrey, ils osaient enfin s'avouer cette haine et faire tomber les barrières :

- Si tu en es si persuadé, toi, le grand inspecteur de police, que vas-tu faire. Vas-tu dire la vérité ? Vas-tu courir vers ton frère, cet ivrogne, pour le mettre au courant ?

- Robert n'est pas un ivrogne. Il est seulement perturbé.

- Il l'a toujours été, et cela même avant notre mariage. Elle soupira d'agacement, pour reprendre hautainement. Les frères Baratheon, je me demande lequel relève la dignité familiale. Elle posa un doigt menaçant sur son torse. Tu es le pire des trois.

Stannis recula d'un pas, déglutissant difficilement en essayant de garder son sang froid. La Lionne faisait tout pour le déstabiliser et le pousser à bout, mais il ne lui laisserait pas la satisfaction de le voir agir de la sorte :

- Étrangement, Robert a commencé à se débaucher après votre mariage. Ta versatilité le dérangeait et il était incapable de communiquer avec toi tant tu étais refermée dans un monde, dans lequel ne se trouvait que deux places : l'une pour toi, l'autre pour ton frère.

- Robert ne m'a jamais aimé, Jaime si.

- Pourtant, il t'a épousé, lui. Elle éclata de rire.

- Pourquoi ? Alors pourquoi m'a t-il épousé si c'était pour m'humilier après ?

- Parce que tu es magnifique, et Robert a toujours aimé les jolies femmes.

Le Cerf avait jalousé son frère à ses débuts, la Lionne hypnotisant son entourage avec une telle facilité, que l'on s'en demanderait si elle n'avait pas un côté mystique. Au final, Cersei était comme Melisandre, ces femmes qui tiraient leur pouvoir de leur beauté. Stannis s'était détesté pour avoir osé la regarder, puis cette haine avait été croissante quand il avait compris la relation incestueuse entre les jumeaux. Elle avait sali sa famille par ses charmes. Son rire cessa brusquement, alors qu'elle le dévisageait, étonnée. Cersei hocha la tête sur le côté, déchiffrant les dires de l'homme :

- Je te trouve bien sentimental pour un cœur de pierre.

- Un cœur de pierre, peut-être, mais je sais reconnaître les choses. Je te l'ai dis, c'est mon métier.

- Je ne t'ai jamais aimé Stannis.

- Je le sais. Et je me suis toujours demandé ce que j'avais fait pour que tu me portes cette haine. Si tu savais à quel point les repas de famille étaient difficiles à supporter... Te voir m'observer avec cette envie folle de m'attraper par le col et me mettre à la porte.

- Je n'aime pas tes regards soupçonneux. Et combien de fois je me suis retenue, de t'éloigner de l'équilibre que j'essayais de maintenir. Mais je ne l'ai jamais fait. Il y a des choses pour lesquelles il est préférable de se contenir. Cet acte aurait fais voler en éclats la famille. Son murmure le fit frémir, faisant contracter sa mâchoire.

- « La famille », pensa Stannis en détournant le regard. Tu aurais dû, termina t-il froidement, tu aurais dû me chasser depuis longtemps.

- Crois-tu que te satisfaire était ma priorité ? Je sais quel genre d'homme tu es, je l'ai toujours su. Je n'allais pas me rabaisser au niveau de l'inspecteur en le manipulant pour le briser. Tu finiras par te détruire toi-même.

- Tu n'es qu'une vipère Cersei.

- Tu as toujours détesté ce que tu ne pouvais pas avoir. Ce que tu ne pouvais pas posséder. Et tu as peur de ce qui te résiste.

- Tu agis de la même façon.

- Cela nous fait au moins un point commun, lança t-elle arrogante en haussant les épaules.

Un silence s'installa alors que la tension entre les deux augmentait dangereusement. Stannis sentait sa poitrine se soulever de façon irrégulière, alors qu'il tentait de calmer son souffle saccadé. La femme lui avait retourné ce qui lui restait de bon sens et ce jeu mesquin ne lui plaisait pas. Son regard était à la fois sombre et brumeux :

- Certes, j'ai critiqué Robert, mais Robert lui a du cran, ce que tu n'a jamais eu. Il leva un sourcil étonné. Serais-tu capable de trahir ton honneur ? Elle fixa sa jugulaire et vit le rythme claquant de la veine. Ses doigts vinrent à sa rencontre.

- Où veux-tu en venir Cersei ? Son visage se raidit à son contact.

Elle chercha en ses yeux verts, une certaine lueur, pouvant accompagner ses dires, mais elle n'y vit que l'obscurité de son hostilité :

- Oublie ce que je viens de dire, reprit-elle en se détachant de lui, tu es irrécupérable.

Il n'avait jamais aimé se retrouver en tête à tête avec la femme, car elle savait utiliser les mots telles des armes. L'homme devait mettre un terme à cela, le chat et la souris s'étant enfin trouvés : allaient-ils se dévorer ou repartir chacun de leur côté ? :

- Tu dois partir maintenant. Je te le répète, je trouverai celui qui a fait ça, mais pour l'heure, tu ne peux pas t'immiscer dans cette affaire. C'est une enquête désormais...

- Comme cela doit être enivrant, de voir que l'on a un contrôle continu, le coupa la Lionne. Ton métier te permets beaucoup de choses, je t'envie, parfois. Mais profite en Stannis, car tu ne domineras pas la situation éternellement. Et je peux t'assurer que tu ne sortiras pas indemne de cette histoire.

- Mais ce n'est pas toi qui me détruira...

Stannis se dirigeait vers son bureau, tourmenté par son altercation avec Cersei. Elle avait épuisé ses nerfs et il se mordit le poing en marchant, pour ne pas exploser de rage. Il vit Davos arriver, un sourire victorieux aux lèvres. L'inspecteur se figea, attendant d'en savoir davantage sur cette humeur. Une fois arrêté à sa hauteur, l'homme commença :

- Nous avons interpellé Ramsay Bolton, on le conduit en salle d'interrogatoire. Le Cerf le toisa, impatient d'entendre la suite. Je vais l'interroger.

Son cœur s'emballa brutalement et il ferma les yeux sous la colère qui le submergeait doucement. Comment ça, il va l'interroger ? Qui lui a donné l'autorisation ? Sentant son autorité décroître, il lui répondit le plus calmement possible :

- Tu as décidé de mener l'interrogatoire seul ? Souhaiterais-tu m'écarter ? Davos prit cette menace avec ironie.

- Étant donné la dernière fois... Quand on voit ce qu'il a réussi à faire de toi, je me pense plus apte à le diriger, c'est sûr. Stannis ne répondit pas et attendit un instant, puis, frappa nerveusement le bureau de Matthos, contre lequel il s'était posé.

- Attention ! gueula t-il en faisant sortir de son mutisme l'inspecteur.

- Toi, la ferme ! lui répondit-il. Occupe toi de régler tes conneries avec la presse et tu pourras l'ouvrir.

- Ça va pas ?! lança Davos en défendant son fils. Certes il a fait une erreur, mais ce n'est pas pour cela qu'il faut que tu t'acharnes sur lui.

Stannis quitta les deux hommes colérique. Il rangea ses mains dans ses poches quand il trouva la photo. Roxanne hantait ses souvenirs et se voir ainsi dirigé par son collègue lui rappelait l'affaire. Davos s'était vu étrangement recevoir la direction de l'enquête, pour aider le Cerf, qui n'en finissait de se perdre dans le mystère qu'elle avait laissé derrière elle. Il froissa l'image, les dents serrées, puis repensa aux paroles de Cersei. Personne ne va me détruire, se dit-il en se retournant vers l'homme :

- Je te trouve bien changé ces derniers temps. Si tu espères m'évincer de l'affaire, me devancer ou pire, me faire perdre mon poste, pour me remplacer, je te promets que tu auras affaire à moi. Il reprit sa route et s'enferma dans son bureau en claquant la porte.

- Il est complètement parano en ce moment... chuchota le second à son fils, affalé dans sa chaise.

- Parano et agressif, ajouta ce dernier.

Davos ne prit pas la peine de saluer le Bolton, qui l'attendait depuis plusieurs minutes. Il jeta le dossier sur la table et prit place sur la chaise. Un lourd silence s'installa, Ramsay le défiant d'un regard étincelant de folie :

- Pouvons-nous commencer ? Je meurs d'impatience de savoir ce que vous me reprochez.

- Où étiez-vous vendredi dernier, entre vingt heure et minuit ? demanda rudement l'inspecteur.

- Oh ! Le jeune homme lui lança un sourire amusé, on dirait que le grand patron commence à déteindre sur vous. Où est passé votre calme ? Si vous êtes dans l'incapacité de vous maîtriser, ce jeu ressemblera beaucoup à celui auquel nous avons déjà joué.

- Répondez à ma question.

- Où j'étais ? Eh bien, chez moi, devant ma télé, à regarder des idioties.

- Quelles genres d'idioties ?

- Je regardais un film d'horreur, mais c'était vraiment mauvais, la fille est morte rapidement, je me suis ennuyé ! Il observa les alentours puis se rapprocha de Davos pour lui murmurer, je suppose que je n'aurais pas la visite du grand patron...

- Est-ce que quelqu'un peut affirmer votre alibi ? L'homme ne rentra pas dans son jeu.

- Alibi ? De suite les grands mots inspecteur ! Interrogez mon père, il vous confirmera ma version...

Davos le toisait, un léger sourire se dessinant sur son visage. Il venait de remporter la première manche, Ramsay s'était trahi tout seul :

- Je pense que cela va être difficile compte tenu du fait, que votre père était à une inauguration ce soir là... A moins qu'il puisse se dédoubler, dans ce cas, il a aussi pu être avec vous devant la télévision entre vingt heure et minuit...

Ramsay se mit à ricaner. Son rire était grotesque et exagéré, alors qu'il pointait un doigt soutenu en direction de son interlocuteur :

- Vous êtes malin Davos Mervault, il faut se méfier avec vous, car vous pouvez prendre l'avantage à n'importe quel moment.

- Qui d'autre pourrait vérifier l'exactitude de vos affirmations ?

- Personne ! Il leva les bras au ciel en riant. Personne, puisque j'étais seul chez moi. Oh ! Attendez ! L'inspecteur fronça des sourcils. Il y a mes chiens, ils étaient avec moi dans le salon. Ils sont les seuls témoins, savez-vous parler le chien ?

- Vous frôlez le ridicule Monsieur Bolton, n'oubliez pas que vous êtes filmé et enregistré... Il désigna la caméra dans l'angle du plafond. Ramsay se retourna pour lui faire face et lança un signe amical à l'objectif.

- Coucou !

- Reprenons, pourquoi avez-vous contacté Mademoiselle Stark récemment ?

- Ah cette belle Sansa, elle me fait tourner la tête, pas vous ?

Davos ne répondit pas et le jeune homme parut déçu. Il se tut brutalement, pour ensuite reprendre toujours aussi enjoué :

- Pas vous ?

- C'est une enfant. Contentez-vous de répondre.

- Une enfant qui a dix huit ans... Jolie Sansa Stark, finit-il en chantonnant. Il s'adossa dans le fond de la chaise et croisa les bras au dessus de sa tête. Je voulais entendre le son de sa voix.

- Pourquoi cela ?

- Elle est douce, elle m'apaise.

Davos ne put retenir un rire nerveux, et il passa une main gênée devant sa bouche pour se cacher par politesse. Il se racla la gorge et reprit :

- Sa voix vous apaise ? C'est surprenant d'entendre cela.

- Tout comme son parfum, n'avez-vous jamais senti ses cheveux ? Quand ils ondulent dans le vent, ils sont si beaux. L'inspecteur soupira, exaspéré de voir le comportement ridicule de l'homme.

- Alors si vous l'appréciez tant, pourquoi continuer à l'effrayer ?

- Mais parce que c'est amusant ! Davos commença à perdre patience.

- Allez-vous répondre de manière cohérente à mes questions, ou continuerez-vous à me balancer vos aberrantes idées qui n'ont aucun sens ?!

- Oh, vous trouvez ? Son visage rayonnait de joie en voyant son interlocuteur fondre sous la nervosité.

- Très bien, si vous souhaitez continuer à jouer de la sorte...

Ramsay narguait à nouveau les autorités, tout comme il l'avait toujours fais. L'inspecteur ferma d'un geste vif le dossier pour se lever et faire un signe au miroir lui faisant lui face. Embarquez le et placez le en garde à vue, mima t-il, nous en apprendront peut-être plus quand il aura mûrement réfléchi entre quatre murs.

La cafetière fumait, elle attrapa deux tasses qu'elle remplit à raz-bord. Le calme avait pris place dans l'appartement, Melisandre passa sa tête dans l'entrebâillement de la porte pour voir son invité : Stannis attendait dans le salon, fixant le mur lui faisant face. Un sourire s'installa sur son visage alors qu'elle ouvrait le placard pour attraper la boîte à sucres. La femme rouge posa le tout sur un plateau et le rejoignit :

- A quoi pensez-vous ? lui demanda t-elle curieuse. L'homme releva la tête et sortit de sa réflexion.

- Je pense à l'enquête.

Il s'arrêta et la toisa méfiant, puis, elle lui tendit sa tasse bouillante, le regard confiant. Lentement, il s'approcha pour la saisir, non sans la lâcher de ses yeux sombres. Sa journée avait été particulièrement éprouvante et il ne se sentait à l'aise nulle part, depuis quelques jours. Il but une gorgée et reposa le gobelet, manquant de se brûler les doigts :

- Quelque chose vous tracasse ? reprit-elle. Il leva un sourcil étonné.

- Beaucoup de choses me tracassent.

- Souhaitez-vous m'en parler ? Elle s'assit sur le canapé à côté de lui.

Stannis ne répondit pas et la fixa. Il avait beau se concentrer sur la situation actuelle, ses pensées finissaient toujours par s'entrechoquer, se mélangeant en un redoutable conflit intérieur :

- Ne me faîtes-vous pas confiance ? continua t-elle déçue.

- Devrais-je me méfier ?

- C'est à vous de voir. Elle lui lança un large sourire en passant une main douce sur sa nuque. Je pensais que les dernières barrières étaient tombées, entre nous. Le Cerf se mit à ricaner.

- Vous avez raison.

La figure victorieuse qui occupa ses traits l'hypnotisa quelques secondes, et durant ce court instant, son esprit put enfin se libérer de toute cette anxiété qui le travaillait. Comme elle était belle :

- Alors vous pouvez tout me dire, je vous écouterai sans jamais vous juger, inspecteur. Si cela peut-vous aider à vous sentir mieux.

- Mais vous-êtes une suspecte, se défendit-il une dernière fois, sa nature le forçant à se tenir à l'écart.

- Le pensez-vous toujours ? Melisandre tira une moue boudeuse alors qu'elle lui embrassait la joue.

Voir une telle déception paraître sur son visage le contraria et il se demanda comment il pouvait réparer les choses. L'inspecteur n'aimait pas la voir ainsi. Il lui saisit la main délicatement, pour la serrer dans la sienne, tentant de la réconforter. Peut-être était-elle en train de le manipuler, il n'arrivait pas à le deviner. L'homme pouvait se confronter à diverses situations et personnes, mais celle-ci l'aveuglait pour le laisser dans une incompréhension totale :

- Non, je ne le pense pas, avoua t-il en se maudissant d'être sincère. Je ne vois pas pourquoi vous auriez assassiné Balon Greyjoy. Vous étiez simplement sa victime et non son bourreau.

- Alors si je suis écartée, à qui pensez-vous lorsque vous vous enfermez dans vos réflexions ?

- A un homme... Il n'en dit pas plus, le visage de la femme se crispant en le voyant couper son récit.

- Vous êtes une personne mystérieuse Stannis Baratheon. Il se tourna vers elle, étonné. Vous aimez dissimuler ces choses dont vous restez le maître.

- Comment suis-je censé le prendre ?

- Comme vous le souhaitez. Elle se pencha vers lui pour lui embrasser les lèvres. Toutefois, je sens qu'il y a autre chose qui occupe votre esprit...

- Il y a toujours quelque chose. Il lui rendit son baiser.

- Alors laissez-moi vous aider...

Il rompit l'étreinte et la dévisagea, un sourire carnassier se dessinant sur son visage, côtoyant ses yeux brillants de désir. Le Cerf se mordit la langue, se perdant dans son regard brûlant, puis il passa une main furtive sur son épaule, qu'il caressa :

- Vous aider en vous confiant, lança t-elle en brisant la tentation charnelle qui s'installait.

- Bien sûr, se reprit-il en se raclant la gorge. Stannis se recula pour s'éloigner d'elle et se gratta le menton, perplexe. J'ai des problèmes au poste, commença t-il.

- De graves problèmes ? Elle semblait intéressée.

- Avec mon collègue, avoua le Cerf. Vous aviez raison, vos dires étaient jutes, il a changé.

Lors de leur dernière entrevue, Melisandre lui avait fais part de sa méfiance vis-à-vis de Davos, mettant Stannis en garde. L'ambition, le pouvoir, ces sujets qui animaient les êtres et bouleversaient leurs entrailles, au point de changer radicalement de comportement :

- J'ai peur qu'il ne se montre trop gourmand, il prend de plus en plus de place au sein du commissariat.

- Vous avez raison de vous méfier. Tout homme rêve d'asseoir, un jour ou l'autre, son autorité. S'il ne peut pas vous égaler, alors il tentera de vous dépasser.

- Vous croyez ? Le ton de sa voix paraissait incertain.

- Nous sommes fait ainsi. Si Davos Mervault commence à réclamer sa part du gâteau, et qu'il se permet de se resservir, sans votre autorisation, alors la prochaine fois, peut-être ne le partagera t-il même pas avec vous, le gardant pour sa personne elle-même.

- Il a pris une lourde décision sans mon accord... Nous aurions dû interroger Ramsay Bolton tous les deux, murmura le Cerf.

- Vous ne devez pas le laisser faire. Elle revint près de lui pour l'encercler de ses bras tendres. Vous verrez Stannis, bientôt il tentera encore sa chance et vous tiendra tête. Le fou défiant son roi.

- Je ne sais pas comment me comporter avec lui, je n'arrive pas à croire que son fils ait été si imprudent, et son père n'a pratiquement omis aucune objection.

- Observez et prenez garde à l'avenir inspecteur, lui conseilla t-elle une dernière fois, avant de plonger son visage chaud dans sa nuque.

Le regard de l'homme s'assombrit au moment où il sentit le contact de sa peau, puis, il attrapa sa tasse, maintenant tiède, pour la boire. Il était inspecteur de police et n'allait pas se laisser dominer par son second.


Margaery travaillait sur une lecture obligatoire en littérature. Elle soupira en tournant une énième page, ayant l'impression qu'elle ne finirait jamais le livre. Elle releva la tête en entendant son portable sonner. La Rose venait de recevoir un message de Tommen et un sourire illumina son visage. Depuis plusieurs jours maintenant, ils vivaient le parfait amour, le jeune homme lui portant une attention particulière. Elle se leva pour partager la déclaration enflammée avec son amie, qui restait cloîtrée dans sa chambre depuis son agression. Après avoir frappé à la porte, elle l'entrouvrit pour entrer lentement :

- Que fais-tu ? lui demanda t-elle inquiète de voir Sansa se replier sur elle-même.

- Je pensais, elle posa le livre qu'elle était en train de feuilleter.

- Souhaites-tu m'en parler ? La question délicate décrocha un timide sourire à la rousse.

- Je pensais à vendredi dernier, à ce que Petyr m'a dis, à l'intervention de Sandor...

- Et ?

- Je vais arrêter de le voir, je trouverai un autre contrat étudiant... Cette histoire va trop loin et je ne peux pas la gérer. Et puis si mes parents apprenaient...

- Je pense que ton père serait furieux.

- Furieux ? C'est le cas de le dire, il descendrait directement de Winterfell pour lui parler entre quatre yeux. Elle se mit à rire.

- Tu as de la chance, mon père n'a jamais été très protecteur. Margaery baissa la tête puis soupira. Enfin, là n'est pas la question, nous nous éloignons du sujet. Et pour Sandor, vas-tu faire quelque chose ?

- Je pensais l'inviter à sortir boire un verre, pour le remercier pour tout ce qu'il fait pour moi. Mais je ne sais pas vraiment quoi faire, depuis mon agression, je ne me sens pas en sécurité, où que j'aille, j'ai l'impression qu'il va m'arriver quelque chose.

- C'est normal ! Elle lui posa une main sur l'épaule. Ta vie est mouvementée en ce moment et il te faut un moment pour réaliser et digérer le tout. Mais ce n'est pas pour cela que tu dois t'enfermer sur toi même. Ça fait presque une semaine que tu n'es pas sortie, je t'emmène au cinéma ce soir !

- Quoi ? Non...

- Et je ne veux pas de « non », prépare toi, on part dans une heure maximum.

Sansa avait été obligé d'accepter et elle traîna les pieds en franchissant la porte du cinéma, dans le centre ville, qu'elles avaient retrouvé en bus. La file d'attente était longue car un nouveau film attendu venait de sortir. Les deux amies observèrent les alentours, chacune pressée d'entrer dans la salle obscure. Les visiteurs qui prenaient un billet, allaient ensuite acheter une glace ou des pop-corn. Margaery en eut l'eau à la bouche, rien qu'en les voyant remplir les cornets :

- Tu veux que l'on prenne quelque chose à boire ou à manger ? demanda t-elle à Sansa qui s'apprêtait à passer.

- Pourquoi pas, je prendrai un Braavos-Cola !

La Rose avait déjà son billet et après un sourire satisfait, lui lança :

- Parfait, je vais le chercher, nous gagnerons du temps.

En chemin, face au nombre de personnes qui attendaient, elle bouscula une femme, qui patientait en tenant la main de son enfant. La jeune s'excusa longuement par politesse, ayant eu peur d'avoir marché sur le pied du petit :

- Deux Braavos-Cola, commanda t-elle en sortant son porte feuille.

- Voilà pour vous !

- Oh, mais on dirait que Mademoiselle a un goût prononcé pour ce qu'il se fait sur Essos, commença une voix derrière elle.

Elle se retourna brusquement après un sursaut, pour se retrouver nez à nez avec Oberyn. Il la salua d'un large sourire, alors que Shae, l'accompagnant, la fusillait du regard :

- Monsieur Martell ! Quelle surprise, lui répondit-elle rougissante, que faites-vous ici ?

- J'amène votre camarade Shae à découvrir le nouveau film, vous savez, celui dans lequel Jaime Lannister tient le rôle principal.

- C'est mon acteur préféré ! Ne put s'empêcher de déclarer cette dernière impatiente.

- Et vous, que faites-vous ici ? reprit-il en coupant Shae. Êtes-vous seule ? C'est triste de se rendre au cinéma seul...

- Je suis avec Sansa. Elle se retourna et vit la Louve la chercher du regard. Alors, elle lui fit un signe dans les airs, cette dernière la rejoignit rapidement.

- Monsieur Martell... bonsoir... lui dit-elle confuse, se souvenant de son comportement à la soirée d'inauguration. Elle ne manque pas de culot celle-là ! pensa t-elle en voyant Shae dans ses bras.

Oberyn resta le sourire aux lèvres quelques minutes puis, les visiteurs ayant désengorgé le passage vers les salles, déclara après avoir regardé les alentours :

- Il semblerait que nous puissions y aller. Il fit un signe de tête enjôleur aux deux étudiantes, avant de passer la porte. Je vous souhaite une bonne soirée Mesdemoiselles.

Le film venait de se terminer, Margaery n'arrêtait pas de parler des scènes qui l'avaient le plus marqué. Elles sortaient du cinéma, ayant pris soin d'éviter Oberyn. Jaime Lannister était une acteur remarquable et le voir dans le film avait émerveillé la Rose toute la soirée :

- Il était si beau ! Tu ne trouves pas qu'il a des airs de Tommen parfois ?

- Je ne sais pas, je ne me suis jamais posé la question... Tu dis cela parce qu'il te plaît. Elle éclata de rire. Dépêche toi où nous allons manquer le dernier bus !

Elles se mirent à courir en direction de l'abri, le transport arrivant exactement une minute après :

- Quelle garce cette Shae ! lança Sansa, en plus, Monsieur Martell a une femme, tu étais au courant ?

- Femme ou pas, il est spécial. Cela ne m'étonne pas.

La Louve fut choquée de voir un comportement si impassible émanant de son amie. Durant tout le trajet, elles discutèrent de leur professeur, la rousse essayant de comprendre les motivations obscures de ce monde. Quand elles arrivèrent à leur résidence, le sujet était toujours le même. Alors qu'elles montaient les escaliers, la Rose lui lança :

- Pourtant avec Baelish a tes trousses, tu ne devrais pas être étonnée.

- Je sais, mais je en sais pas, je n'arrive peut-être pas à me rendre compte des choses...

- Sors de ta bulle ! Elle lui donna une tape amicale sur l'épaule et sortit les clefs pour ouvrir la porte.

Mais la bonne ambiance ne fut que passagère. Les deux amies se figèrent instantanément, Sansa commençant à ressentir son angoisse perpétuelle : la porte avait été fracturée et restait entrouverte. On nous a cambriolé ! se dit-elle paniquée. Elle se dévisagèrent bouches bées, et poussèrent la porte, qui grinça inhabituellement. Tout avait été saccagé et le désordre dominait désormais cet appartement pourtant rangé. La Louve sortit de suite son téléphone, tremblotante :

- Que fais-tu ? questionna son amie perturbée par la découverte.

- J'appelle l'inspecteur Baratheon.


Quand il apprit que l'appartement de la Louve avait été forcé, il se précipita dans sa voiture pour quitter Dragonstone et se retrouver sur les lieux au plus vite. Il avait contacté Davos, lui ordonnant de le retrouver à Port Réal. Stannis n'en finissait d'être persuadé que s'en prendre à Sansa n'était pas un hasard. D'abord son frère, puis son agression et maintenant un cambriolage. Il y avait quelque chose, c'était sûr. Il arriva devant la porte et constata le verrou fracturé. Son ami le rejoignit, toujours aussi distant concernant leur précédente altercation :

- J'ai à nouveau placé Ramsay Bolton en garde à vue...

- Je sais.

- Je préfère te le préciser, étant donné que tu ne m'a pas demandé comment s'était déroulé l'interrogatoire.

- Je te rappelle que je suis celui qui dirige les opérations, je sais donc exactement, dans les moindres détails ce qu'il se passe.

- Mais tu ne m'as pas demandé, se défendit Davos, vexé.

- Cressen m'a tout raconté.

Le second baissa la tête, comprenant que l'inspecteur ne démordrait pas. Il ne servait à rien d'insister, pourtant, au nom de leur amitié, il préféra continuer, pour tenter de comprendre et résoudre le conflit, quitte à s'attirer les foudres du Cerf :

- Stannis, nous sommes amis, que se passe t-il ? Pourquoi es-tu si irritable ces derniers jours ?

L'homme ne répondit pas et entra dans l'appartement. Il se prépara et enfila une paire de gants, tout en faisant un signe de tête aux jeunes femmes :

- Nous allons inspecter les pièces. Il faut vérifier si rien n'a été volé, ou laissé par mégarde.

- Des choses ont disparu, commença Sansa déboussolée.

- Qu'est-ce qui a disparu ? demanda Davos, qui se vit fusillé du regard par l'inspecteur, pour oser prendre la parole et lui dérober son sujet de conversation.

- Mon parfum, mes robes et des photos...

- Des photos de vous ? continua t-il intrigué.

- Oui.

Les deux hommes se regardèrent, Stannis se raidissant un peu plus en constatant qu'ils avaient affaire à un véritable détraqué :

- Et vous Mademoiselle Tyrell, vous a t-on dérobé des biens personnels ? vérifia le Cerf.

- Non.

- Bien, alors il semblerait que vous soyez visée Mademoiselle Stark...

- C'est Ramsay, lâcha t-elle en se pinçant les lèvres, c'est Ramsay, il continu...

- C'est impossible, l'arrêta Davos, Monsieur Bolton est actuellement en garde à vue...

- Peut-être a t-il un complice ?

La Louve ouvrit une bouche ronde de surprise. Mais qui est-ce si ce n'est pas lui ? Qui me voudrait du mal à part Ramsay ? Machinalement, sous l'angoisse, elle attrapa une mèche de cheveux qu'elle entortilla du bout des doigts :

- Mademoiselle Stark, avez-vous fait quelque chose, qui pourrait inciter une quelconque personne à vouloir se venger ou s'en prendre à vous ?

- Non, je ne crois pas...

- Elle n'a rien fait ! la défendit son amie.

- Et à part Ramsay Bolton, avez-vous un autre nom en tête ?

- Non, enfin, je ne sais pas. Il y a tellement de choses qui m'arrivent en ce moment.

- Prenez le temps pour réfléchir surtout, rassura Davos.

- Peut-être Petyr, mais je ne vois pas pourquoi il s'en prendrait à moi.

- Vous le pointez du doigt par rapport à sa situation délicate, n'est-ce pas ? demanda Stannis, qui voulait s'assurer que rien de grave ne s'était passé depuis, avec l'homme.

- Oui.

- Je vois, il semblerait que ce soit une personne gravement troublée, obsédée par votre personne. Peut-être un traqueur. Ce n'est pas rare de voir des objets de valeur dérobés. En vous les volant, ils ont l'impression de posséder une partie de vous, d'être davantage présent dans votre vie. Ou peut-être qu'il s'agit simplement d'une personne voulant vous effrayer... Il pensa à Ramsay et jeta un regard sur Davos.

- Mais je n'ai jamais voulu cela... bredouilla la Louve une fois confrontée à la réalité.

- Nous allons placer une banderole protectrice, visant à interdire tout accès à l'appartement. Les fouilles commenceront demain matin. Nous analyseront la pièce dans les détails pour vérifier s'il n'y a pas une trace ou une empreinte qui pourrait nous éclaircir au sujet du malfaiteur.

- « Interdire l'accès à l'appartement ? » qu'est-ce que cela signifie ? Margaery les dévisagea méfiante.

- Cela signifie que le lieu est scellé, vous ne pouvez plus y vivre et allez devoir loger ailleurs durant quelques temps.

Elles se regardèrent éberluées, les larmes nerveuses de Sansa coulaient le long de ses joues face à la tension qui l'envahissait :

- Mais où vais-je aller ? demanda t-elle perdue, je ne peux pas prendre un autre appartement et je ne peux pas rentrer chez moi à Winterfell, c'est trop loin !

- Mademoiselle Tyrell ira chez son frère, je sais qu'il est domicilié à quelques kilomètres de Port Réal. Quant à vous, il va falloir que vous trouviez rapidement une solution, trancha Stannis.

- Vas chez Sandor, l'encouragea la Rose.

- Quoi ? Hors de question, je ne vais pas aller dormir chez lui !

Un silence envahit la pièce, Sansa ne tenait plus en place et marchait de long en large en essayant de trouver une solution :

- Je pourrais venir avec toi chez ton frère ? l'interrogea t-elle pleine d'espoirs.

- Je ne sais même pas s'il va vouloir de moi... Depuis qu'il est fiancé, il est devenu discret et nous ne sommes plus aussi proches qu'avant.

Stannis, en entendant cela, tira une moue boudeuse. Ça ne m'étonne pas ! pensa t-il en les toisant, les mains dans les poches. Davos eut une idée et s'approcha de lui pour lui chuchoter :

- Pourquoi ne va t-elle pas chez toi ? Tu pourrais l'accueillir. Tu n'as pas de femme et Shireen n'est pas toujours présente, tu as donc un lit disponible pour cette pauvre fille.

- Quoi ? Il le dévisagea. Tu es fou ! L'inspecteur lui attrapa les épaules pour le faire réagir. Tu es complètement fou, je ne peux pas la faire venir chez moi, elle est mêlée à l'enquête. Ce serait aussi grave que... Il stoppa sa phrase pour réfléchir.

- Que de voir des suspects en dehors d'une affaire, lança Davos en ricanant.

Le Cerf le fixa un moment, tentant de comprendre ce qu'il venait de dire. Merde ! Il perdit ses moyens et baissa sa garde, croyant être démasqué. Alors, il se montra à beaucoup plus conciliant. Face aux difficultés, il avait du mal à gérer ses émotions et se trahissait souvent :

- Voilà, exactement, se reprit-il maladroitement.

- Mademoiselle Stark, il semblerait que nous ayons trouvé une solution : vous allez vivre durant quelques jours chez Stannis, il se retourna vers lui en le désignant. Vous serez en sécurité sous son toit, mais par contre, je vous demande la plus grande des discrétions, car ceci n'est pas très accepté.

- Attendez... se justifia Stannis qui n'avait pas envie de se retrouver avec des problèmes sur le dos. Nous allons trouver un arrangement, il y a des hôtels ou, je ne sais pas, mais d'autres endroits où vous pouvez dormir.

- C'est une étudiante, elle n'a pas un rond.

- Elle a un travail étudiant ! siffla le Cerf en serrant les dents.

- Tu abuses un peu... Et puis, comme tu l'as dis, c'est toi le chef, c'est toi qui dirige, de quoi as-tu peur ?

- Je n'ai pas peur, seulement, ce n'est pas une chose à faire. Davos soupira.

- Assez perdu de temps, Mademoiselle Stark, vous irez chez l'inspecteur Baratheon, vous l'aiderez à se décoincer un peu en lui apprenant la sympathie. Il toisa son collègue d'un regard noir. N'ébruitez pas les choses et tout ira bien, d'ici quelques jours vous retrouverez votre appartement et ce sera comme si rien de tout cela ne s'était passé !

- Très bien... accepta péniblement la jeune femme qui n'avait pas le choix.

Stannis grogna de rage devant celui qui lui avait forcé la main. L'attitude de plus en plus envahissante de son coéquipier le mettait mal à l'aise.

...

- Robert, ouvre-moi, nous devons fouiller la chambre de Joffrey... insista Stannis devant la porte scellée du Donjon Rouge.

Il entendit les pas lourds de son frère venir dans sa direction, ce dernier marmonnant insultes et menaces sous le colère :

- Entre mon frère, fais ton travail et trouve ce salopard !

Le Cerf accorda un bref signe de tête au maire et, suivit de Davos, monta à l'étage trouver la chambre. On dirait que Cersei n'est pas là, tant mieux... se dit-il en poussant la porte ornée d'un poster affichant un groupe de rock :

- Occupe toi de l'armoire, je me charge du bureau, ordonna t-il à l'homme en lui désignant l'immense placard, encastré dans le mur.

Sur la table était posée une photo de la famille Baratheon-Lannister, Joffrey était entouré de ses proches, seul Stannis manquait à l'appel. Elle avait été prise l'été dernier, le Cerf n'avait pu être présent pour venir passer les vacances à Hautjardin. Son visage devint dur au moment où ses yeux se posèrent dessus, se rendant compte que son métier lui prenait énormément de temps. Sur le coin du bureau siégeaient des livres de science entassées, provenant de la bibliothèque de la faculté. L'inspecteur soupira puis alluma l'ordinateur portable de Joffrey. Les jeunes cachent tout et n'importe quoi sur ces machines... Quand il tomba sur son profil, lui demandant le mot de passe pour avoir accès au contenu, il perdit rapidement patience. Merde ! :

- Robert ! cria t-il à l'homme en bas, connais-tu le mot de passe de ton fils pour allumer son ordinateur ?

- Oh que non ! lui répondit-il en le retrouvant dans la chambre.

Davos inspectait les vêtements du jeune homme, en prenant soin de fouiller chaque poche et recoin. Pendant qu'il palpait les tissus, le Cerf reprit nerveux :

- Avais-tu des tensions avec quelqu'un, qui auraient pu déteindre sur Joffrey ?

- Les seules tensions que j'ai sont avec Cersei ! répondit-il en ricanant grossièrement, avant de reprendre son sérieux. Mon frère, dis moi que tu as des informations sur le meurtre...

- Je ne peux rien te dire malheureusement...

- Quoi ? Mais je suis ta famille bon sang, ton neveu est mort et tu ne peux rien dévoiler à ta famille ? Même pas un petit indice ?

- Je ne peux pas... Stannis se sentit gêné de mentir à Robert, alors que la femme rouge connaissait les avancements de l'affaire dans les moindres détails.

- Votre règlement à la con, c'est vraiment de la merde ! termina l'aîné en quittant la pièce.

L'inspecteur suivit du regard celui qui s'éloignait, une mine triste prenant place sur sa figure, quand Davos l'appela :

- Viens voir ce que je viens de trouver ! Il vint à sa rencontre avec hâte.

- C'est quoi ça ? Stannis fixait le vêtement que lui tendait le coéquipier, un foulard ?

- Un foulard en plumes, comme celui que porte les femmes dans les cabarets. Dis moi, ton neveu avait-il des penchants spéciaux ? Il s'habillait en femme ou quoi ?

- Non ! Enfin je ne pense pas. Il saisit le bien pour l'examiner. C'est quoi cette connerie.

- Ou alors c'était à sa copine ? Je ne vois pas d'autres explications...

- Il n'en avait pas. Il ferma les yeux, en réfléchissant, mais attends, reprit-il soudainement, Joffrey a été retrouvé dans le Culpucier, c'est ça ?

- Oui.

- Où exactement ?

- Près du Cabaret...

- Oh non... Pas ça...

- Quoi ? A quoi penses-tu ?

Il serra le foulard dans ses mains en priant pour qu'il n'appartienne pas à celle qu'il pensait. Melisandre ne pouvait pas redevenir une suspecte, il ne le voulait pas. Seulement, seul les examens du docteur Cressen en laboratoire seraient en mesure d'affirmer ses doutes.

Ainsi, Stannis se remémora pour se rassurer, les pistes majeures de l'enquête : Balon Greyjoy avait été assassiné, il vendait de la drogue dans l'établissement de Baelish. Ce dernier l'avait chassé pour conduite incorrecte envers Melisandre. Robb Stark avait été tué, Ramsay Bolton avait pratiquement avoué les faits, se vengeant de l'altercation qu'ils avaient eu en prenant la défense de Sansa Stark. Cette dernière avait été agressée puis son appartement avait été cambriolé. Quand à son neveu Joffrey, il avait été empoisonné dans le Culpucier. Balon et Joffrey côtoyaient apparemment les mêmes lieux, le quartier du Culpucier étant entièrement sous le contrôle de Baelish. L'affaire Robb Stark demeurait un mystère, toutefois, peut-être n'y avait-il pas de lien avec le reste de l'enquête :

- Et si Balon Greyjoy et Joffrey Baratheon faisaient parti de la même enquête, alors que Robb Stark lui, appartiendrait à une autre ? articula t-il brutalement en se retournant vers Davos.

- En ce qui concerne Sansa Strak, que penses-tu ?

- Elle est reliée à l'affaire de son frère, c'est certain. Quant à ce qui lui arrive en ce moment, je reste persuadé qu'il s'agit de la même personne, qui cherche simplement à l'effrayer.

- Alors elle n'est pas en danger ? Et si le même sort que son frère venait la frapper ? lança le second pour faire réagir son supérieur. Y a-tu pensé ? Désormais, elle est sous ta protection...

- Je n'ai pas eu le choix, répondit sèchement l'homme. Je ne pense pas qu'une tragédie si funeste puisse lui arriver, toutefois, il va falloir qu'elle se montre prudente, on ne sait jamais.

- Fais gaffe à ce que tu avance tout de même... Rien n'est à prendre à la légère.

Stannis éclata de rire, manquerait plus que l'affaire Robb Stark soit une diversion pour laisser au véritable meurtrier, le soin de tout régler dans l'ombre :

- Arrête avec tes spéculations ridicules, continua le Cerf en se rappelant des paroles de Melisandre.

- T'as qu'à dire que mes idées sont complètement connes et que je suis un bon à rien !

- Je t'ai toujours respecté, mais de là à prendre la défense de ton fils, après la faute qu'il a commise, je me le demande parfois !

- Lâche Matthos un peu et viens me dire réellement les choses, au lieu de te cacher derrière tes sous-entendus !

- Eh calmez-vous là haut, on dirait un vieux couple ! gueula Robert en bas, dans le salon.

- Tu vas arrêter ton petit jeu, l'avertit l'inspecteur une dernière fois. Et puis, tu te défiles à chaque fois pour éviter les confrontations, si ça se trouve, tu es mêlé à toute cette merde !

- Dit celui qui n'arrive pas à se détacher d'une enquête qui date d'il y a quinze ans ! Au lieu de me donner des leçons de morale, Stannis, commence par te soigner, ta parano, il y en a assez.

Et il fixa d'un regard noir son ami, dont il redoutait la confiance, en emportant le foulard rouge dans sa main, pour quitter le Donjon Rouge et retrouver le poste de police, avec appréhension.


En fait, c'est hyper frustrant car tout va se dévoiler dans le dernier chapitre, pleins de choses se produisent, les personnages encaissent, cherchent à trouver, mais au final, est-ce qu'ils arrivent à voir les choses clairement ? ;) Est-ce qu'ils vont sortir indemnes de cette histoire ? (sans forcément mourir hihi) :)