L'Amante du Professeur Snape


Disclaimer, rating et genre : voir le premier chapitre de cette histoire.

Relectrice : Lilou Black


Merci à Fantomette34, Miss-Snape-69, Eilonna, Oroszlan, Eileen1976 et Rabbit (Pour te dire la vérité, cette histoire lors de sa première publication était un vaste PWP — du lemon à tous les chapitres ou presque. En la reprenant, je n'ai véritablement conservé que les scènes qui avaient un sens pour l'histoire. Oui, le récit est assez noir et j'essaie vraiment de faire en sorte que Snape soit fidèle à ce que j'en connais des romans et de ce qu'en a fait Alan Rickman — RIP. Draco est un personnage que j'essaie de rendre assez subtile. Tu verras par la suite, ce n'est pas juste un sale c****d...) pour leur review pour le chapitre 8.

Voici le 9ème chapitre.

Bonne lecture !


9

Nous récoltons ce que nous semons

L'univers de Severus venait de voler en éclats. En quelques mots, l'infirmière venait de lui annoncer la plus improbable des nouvelles. Il avait forcément mal entendu. Il devait en avoir la confirmation.

— Ai-je bien compris ce que vous tentez d'insinuer, Madame Pomfresh ? Ce serait très grave si c'était le cas.

Le professeur Snape avait bien conscience de ce que cela impliquait. Il en tremblait intérieurement sans le montrer pour autant. L'infirmière l'avisa un instant avant de reporter son regard sur la jeune fille endormie qui ne se doutait absolument pas du drame qui se jouait à son sujet.

— J'aimerais vous dire que je me trompe, professeur Snape, mais je dois aussi vous avouer que ces dernières semaines Miss Granger se comportait de façon très étrange. Ces sautes d'humeurs régulières ainsi que ces fréquents malaises m'ont alertée.

Un long silence s'installa entre les deux adultes avant que Madame Pomfresh ne reprenne plus doucement :

— Une si brillante élève. Je ne sais pas ce qu'il lui a pris. C'est bien dommage.

— C'est inadmissible ! jura Snape, le regard sombre.

— Gâcher ainsi ses études, continua la vieille dame sans se douter le moins du monde de la tempête intérieure qui dévastait l'enseignant.

Atterré par la nouvelle, Severus passa machinalement une main dans ses cheveux gras avant de reporter son attention sur Miss Granger. Il l'avait surestimée. Elle n'était en fin de compte qu'imprudence et irresponsabilité. Il lui en voulait mais il en voulait aussi éperdument à Madame Sophia. Il était de son devoir de s'assurer que toutes ses filles étaient bien protégées par un sort de contraception mais aussi par tout ce qui touchait aux maladies sexuellement transmissibles.

Jusqu'à présent, il n'avait jamais eu à ce soucier de ce genre de détail et voilà qu'aujourd'hui, le ciel lui tombait sur la tête. Il ne parvenait pas à comprendre comment une personne aussi brillante et futée que Miss Granger avait pu oublier un élément aussi important. Il voulait bien croire que la maladie de sa mère lui ait fait baisser sa garde mais tout de même. Les conséquences d'une relation intime non maîtrisée se payaient à perpétuité !

Madame Pomfresh, quant à elle, était désolée pour cette jeune fille qui était, selon Minerva, l'une des élèves les plus exceptionnelles de Poudlard depuis… très longtemps ! La directrice serait vraisemblablement très déçue en apprenant la nouvelle. Elle aurait aimé garder cette découverte pour elle mais malheureusement, il était de son devoir d'en référer à qui de droit. Ce genre d'incident était assez rare pour être compté sur les doigts d'une main. Il était bien triste qu'une si jeune fille soit déjà plongée si tôt dans les affres d'une grossesse non désirée.

Avisant le professeur Snape, elle se rendit compte qu'il semblait plongé dans d'intenses réflexions. Ses yeux étaient posés sur Miss Granger, aussi sombres et froids que leur propriétaire.

— Professeur ? le rappela-t-elle.

Severus ne l'entendit pas, trop perdu dans ses pensées. Il ne savait comment agir en pareille situation. Si cela avait été une autre élève, il aurait été trop heureux de pouvoir la renvoyer de l'établissement et ce sans aucun état d'âme. Tout comme il se serait fait un devoir de découvrir l'autre fautif pour agir de même avec lui. Sauf que cette fois ci, il s'agissait de Miss Granger et… très certainement de lui.

Comment avait-il pu croire que payer ce guérisseur aurait suffi pour être totalement débarrassé d'elle ? Voilà que cette erreur lui revenait en pleine tête, aussi violente et cruelle qu'un cognard que l'on aurait pris en pleine face. Il ne doutait pas un seul moment que cet enfant à venir n'était pas le sien. Il ne voyait pas Miss Granger retrouver quelqu'un d'autre à peine après avoir quitté son propre lit à lui. Elle était vierge quand il l'avait possédée la première fois. Cela en disait long sur son comportement même s'il y aurait eu à redire par la suite… Après tout, elle avait été jusqu'à travailler dans une maison de plaisir alors qu'en réfléchissant un peu, elle aurait pu trouver une autre option.

Même si cela n'était pas encore attesté, il était presque sûr qu'il était bien le père de cet enfant à venir. Il avait toujours cru qu'il n'aurait jamais de descendance. Non pas qu'il ne le pouvait pas mais la seule personne avec qui il avait envisagé de faire sa vie et ce depuis ses onze ans lui avait préféré un imbécile heureux. Elle l'avait trahi, elle s'était glissée du côté des idiots, elle avait su pardonner à cet insupportable Gryffondor alors que lui… Elle l'avait rejeté de la plus cruelle des manières et aujourd'hui encore, il ne s'en remettait toujours pas.

Toutefois, c'est avec une douleur déchirante qu'il se rendit compte, plus de dix-huit ans plus tard, qu'il l'avait une nouvelle fois trahie en se liant à une autre qu'elle. Une jeune fille d'à peine dix-neuf ans qui ne lui ressemblait en rien.

Qu'avait-il fait ? Que lui avait-elle fait cette Miss Granger qui jusqu'à il y a peu n'était qu'une simple élève parmi tant d'autres. Il ne l'avait jamais remarquée hormis pour son comportement de singe savant. Il ne l'aurait jamais distinguée des autres si, par un coup du sort, elle n'avait pas fini nue dans son lit, offerte à tous ses désirs. Alors cela n'avait plus été Lily mais cette insupportable gamine qui le rendait fou.

Et aujourd'hui ? Il allait en payer les conséquences et le prix serait très élevé. Malgré tout, il ne faillirait pas au devoir qui lui incombait. Il avait fait une terrible erreur qu'il se devrait d'assumer. Avec cette guerre qui faisait rage au dehors, on ne pouvait pas dire que le moment était le mieux choisi mais il ferait en sorte de subvenir à leurs besoins à tous les deux. Il ne l'avait pas voulu, il ne le voulait toujours pas mais il était responsable de Miss Granger et de ce début de vie qui grandissait en elle.

Pourtant, la partie la plus rationnelle de son être lui exhortait presque de fuir et de nier d'avoir quoique ce soit à avoir là-dedans. Qui ses collègues croiraient-ils ? Une étudiante propice aux pires infractions ou un professeur mal embouché qui ne frayait jamais avec autrui, encore moins avec des gamins ? À cette pensée, un sourire tordu naquit sur son visage mais... quand même, il s'agissait de sa chair et de son sang. Aurait-il le courage et l'inhumanité de faire comme si cela ne le concernait pas ? Maudits soient-ils tous ! Bien sûr que non ! Jamais il ne pourrait abandonner son propre enfant. Il accomplirait son devoir même s'il ne savait absolument pas comment s'y prendre. Il avait eu une enfance chaotique et pleine de souffrance. Il ne voulait pas que son fils ou sa fille connaisse la même chose. Il espérait aussi que Miss Granger accepterait la situation et sinon… Il élèverait seul cet enfant s'il le fallait.

— Bien, professeur, je vais vous laisser et chercher la directrice.

Au son de cette voix, Severus sortit de ses réflexions et se tourna vers l'infirmière.

— Cela ne sera pas la peine Pompom, je vais m'en charger.

Il préférait le faire lui-même. S'il y avait bien une chose qu'il haïssait par dessus tout après James Potter, c'était bien dévoiler sa vie privée. Toutefois, il s'était mis tout seul dans cet inextricable bourbier, il allait devoir faire en sorte de s'en sortir et ce sans trop de dommages collatéraux. Il se préparait déjà aux pires remontrances de la part de Minerva, il espérait juste qu'elle ne deviendrait pas un obstacle à son rôle d'agent-double, en plus de celui de professeur.

— En êtes-vous sûr, professeur Snape ? demanda la soignante, surprise que le maître des potions veuillent lui même s'en occuper.

— Tout à fait, hélas, déclara-t-il en se dirigeant d'un pas vif et nerveux vers les couloirs du château.

L'infirmière soupira. Cette journée était bien sombre.

oO§Oo

La directrice, Minerva McGonagall, était concentrée sur son courrier sous les yeux inquisiteur du tableau de Dumbledore quand la porte de son bureau s'ouvrit brusquement sur le professeur Snape. Ce dernier semblait fort préoccupé.

— Que se passe-t-il, Severus, pour que vous veniez me déranger ainsi sans vous annoncer ? demanda-t-elle tout en parafant une dernière missive avant de la poser sur la pile de courrier en instance.

Elle se redressa sur son fauteuil tout en le jaugeant à travers ses petites lunettes rondes. Derrière elle, le portait de l'ancien directeur de Poudlard s'anima.

— Je crois qu'il a des choses à vous dire Minerva.

— Je m'en doute, mon cher, mais avec tout le respect que je vous dois, vous n'êtes qu'un tableau et il serait grand temps que vous cessiez de vouloir interférer dans les affaires de tout un chacun, déclara-t-elle en se retournant de moitié. Revenant au professeur de potions :

— Bien, Severus, je vous écoute.

Snape eut un petit soupir. Dumbledore avait beau n'être qu'un tableau — enfin une partie de son esprit restait en suspens dans le château à travers son portrait et c'était ainsi depuis la mort des premiers directeurs de l'école.

— Je crois qu'il a des choses à vous confier, répéta le portrait de Dumbledore plus pétillant de malice que jamais. Ce à quoi deux paires d'yeux agacés le fusillèrent du regard.

Severus sentit la colère poindre. Il n'y avait rien de drôle dans ce qui lui arrivait. Bien au contraire. Sa vie, ainsi que celle d'une de ses étudiantes était fichue. Et tout cela pour quoi ? Pour s'être vautré dans le stupre et le pire, c'est qu'ils avaient aimé cela tous les deux.

Avouer qu'il avait fauté avec une étudiante lui donnait le vertige. Les mots refusaient de sortir de sa bouche. Cela allait à l'encontre de ce qu'il était, d'autant plus qu'il n'était pas totalement sûr d'être le responsable de son état.

— Professeur McGonagall, Minerva, commença-t-il, j'ai du emmener Miss Granger à l'infirmerie après qu'elle se soit évanouie.

— Encore ?! s'exclama Minerva en se levant de son siège. C'est de plus en plus récurrents ces derniers temps.

— Justement, à ce propos, répliqua Severus dans un sourire torve, madame Pomfresh a émit des doutes sur l'origine de ces malaises et s'est permise un examen approfondi qui a révélé quelque chose de tout à fait surprenant…

Il ne se serrait jamais cru capable d'un tel aplomb mais en attendant d'avoir le cœur net, il se donnait le droit de garder certaines informations pour lui.

— Qu'y a-t-il, Severus, vous me faites peur.

Snape fixa la directrice du regard et lâcha ce qui était pour lui une véritable bombe magique.

— Il semblerait que votre élève soit enceinte, Minerva.

— Oh !

La pauvre femme, en état de choc, ne put que se rasseoir, le visage tourmenté.

— Je sais bien, supposa-t-elle, qu'à son âge, fréquenter des garçons soit inévitable mais j'aurais cru Miss Granger plus prudente et…

— Intelligente ? avança Snape, un brin sarcastique.

— S'il vous plaît, Severus, aboya-t-elle, ce n'est pas le moment !

La directrice passa ses doigts tremblants sur son front, visiblement en pleine réflexion.

— La logique voudrait que nous la renvoyions mais avec tout ce qu'il se passe au dehors, je ne suis pas certaine que ce soit la meilleure idée. Toutefois, je ne peux pas laisser passer une telle chose. De la part de n'importe quel élève, c'est inacceptable. A-t-elle dit quelque chose à propos du père ?

Severus déglutit. Il ne pouvait pas encore parler de sa probable responsabilité. Il avait trente-huit ans et Miss Granger dix-neuf. Il savait déjà ce que ses chers collègues penseraient de lui alors s'il évoquait les circonstances plus ou moins glauques de cette aventure…

— Non, risqua-t-il froidement, elle était encore inconsciente quand j'ai quitté l'infirmerie et j'ignore si elle est au courant de ce qui lui arrive.

Par réflexe, il jeta un coup d'œil au portrait d'Albus et fut surpris de le découvrir vide. Où était-il parti ?

Minerva se leva et se posta près de la grande fenêtre de son bureau.

— Ecoutez-moi bien, Severus, il est indispensable pour le bien de tous que vous gardiez, ainsi que madame Pomfresh, cette information pour vous. Si cela venait à se savoir, je crains que l'avenir de Poudlard soit mis à mal. Non pas que la grossesse de Miss Granger pose problème dans un sens, mais je crains la réaction des parents d'élèves. Poudlard, depuis l'avènement de qui-vous-savez, est sur une corde raide. La moindre entaille pourrait le faire tomber entre les mains de nos ennemis.

Severus le savait plus que quiconque. Il y avait des taupes dans l'enceinte même du collège. La paix ici était aussi précaire que son secret qui ne tarderait pas à être éventé s'il s'avérait qu'elle n'avait eu que lui comme amant.

— Si vous ne la renvoyez pas, qu'allez-vous faire d'elle, Minerva ? questionna Severus intrigué. Je sais bien que Miss Granger était votre préférée…

— Vous n'avez que ce mot là à la bouche, Severus, le coupa-t-elle durement. « Votre préférée ». Pour une fois, regardez un peu autour de vous et vous comprendrez sans doute que ce n'est pas aussi simple que vous voulez bien le croire. Miss Granger avait un grand avenir devant elle. Oui, bien sûr, elle a fait des choix que nous pourrions contester en tant qu'adultes mais dans la plupart des cas, c'était toujours justifié.

La vielle dame reprit son souffle puis poursuivi :

— Miss Hermione Granger n'est plus une enfant. À dix-neuf en passés j'ose croire qu'elle comprendra que ce qui lui arrive est grave mais qu'il y a toujours des solutions pour peu que l'on veuille bien donner du sien. Toutefois, elle va m'entendre, croyez-moi je ne laisserai rien passer.

— Et qu'en est-il de la fin de ses études ?

Minerva secoua la tête avant de pousser un long soupir.

— Elle passera ses A.S.P.I.C comme tout le monde, déclara-t-elle et, voyant la mine surprise de son interlocuteur, elle crut bon d'ajouter : — mon indulgence à votre égard, cher Severus, vous a bien sauvé la vie alors laissez moi faire de même avec mon élève… préférée !

oO§Oo

Hermione se sentait nauséeuse et avait la tête qui tournait. Où pouvait-elle bien se trouver ? Elle ne se souvenait de rien. Sa tête ressemblait à une immense omelette brouillée, tout était si confus. C'est alors qu'elle renifla une odeur qu'elle aurait aimé oublier.

L'infirmerie. Mais pourquoi se retrouvait-elle une nouvelle fois dans ce lieu qui lui rappelait tant de mauvais souvenirs ?

— Il semblerait que notre belle endormie se soit enfin réveillée, entendit-elle non loin d'elle. Comment vous sentez-vous, Miss Granger ?

Il s'agissait de Madame Pomfresh. Tournant la tête vers le son de sa voix, elle ouvrit un œil puis le second et fut momentanément aveuglée par la lumière du soleil couchant qui passait à travers les immenses fenêtres de la salle des soins.

Encore sonnée, elle eut du mal à rassembler correctement les derniers évènements dans sa tête et lorsqu'elle fut prête à lui répondre, elle en fut empêchée par la porte battante qui venait de s'ouvrir dans un grand fracas.

La directrice de Poudlard accompagnée de Severus Snape, se dirigeaient droit vers elle. Les deux professeurs avaient la mine sombre et soucieuse. Assurément, quelque chose de très grave avait du se produire mais quoi ? Puis elle se souvint de la façon dont elle avait parlé au professeur de potions et elle craignit le pire. Son insubordination valait un renvoi immédiat, elle le savait parfaitement. C'est donc la peur au ventre qu'elle attendit qu'ils lui annoncent le but de leur visite.

Elle les regarda, hésitante.

Toutefois, avant de lui parler ils s'entretinrent un bon quart d'heure avec l'infirmière. De temps en temps elle sentit leurs regards et son cœur n'en battit que plus fort. Qu'allait-il lui arriver s'ils la renvoyaient ? Elle ne passerait jamais ses A.S.P.I.C et ne pourrait jamais devenir une sorcière confirmée. Tout cela pourquoi ? Pour avoir commis une erreur qui ne lui ressemblait même pas. Très anxieuse, elle attendit qu'ils daignent lui adresser la parole.

Quand ils revinrent vers elle, le professeur Snape se posta un peu à l'écart tandis que la directrice s'approchait de son lit, le visage grave. Dans ses yeux, Hermione crut lire de la déception. Mais pourquoi ?

— Miss Granger, débuta-t-elle d'une vois tranchante, savez-vous pourquoi vous êtes ici ?

— Je me suis évanouie, professeur McGonagall, répondit Hermione dans un filet de voix.

— C'est exact et savez-vous pourquoi ?

La jeune femme fronça les sourcils, ne voyant pas ou son ancien professeur de métamorphose voulait en venir. Au bout de son lit, le professeur Snape soupira.

— N'avez-vous pas remarqué que vous n'étiez pas dans votre état normal ces derniers temps, s'exaspéra Minerva.

— Oui mais je ne vois pas... tenta Hermione qui se fit couper la parole par la directrice.

— Enfin Miss Granger, je vous croyais plus intelligente que cela ! Tous les symptômes, d'après les dires de madame Pomfresh, sont là et vous ne voyez rien.

— Je ne comprends pas, souffla la jeune femme qui semblait perdue.

— Avez-vous eu vos menstruations ces derniers temps ? demanda sans équivoque McGonagall, ce qui fit rougir furieusement Hermione et tousser le professeur Snape.

— Non mais j'ai toujours eu des problèmes dans mes cycles et rater deux ou trois mois n'a rien d'inhabituel chez moi.

Puis Hermione compris où elle voulait en venir. C'était impossible, cela ne pouvait pas lui arriver à elle. Elle s'était toujours montrée prudente en tout et puis… elle se souvint. Avec les problèmes de sa mère, elle n'avait pas renouvelé le sort à temps. Comment avait-elle pu être aussi gourde ? Avisant la directrice, elle sut que c'était bien ce qu'elle craignait et elle comprit la déception qu'elle avait pu lire dans ses yeux un peu plus tôt. Elle même se décevait beaucoup ces derniers temps.

— Je suis enceinte, souffla-t-elle. Plus qu'une question, c'était une évidence.

Madame Pomfresh revint vers elle et lui tendit un verre d'eau que l'étudiante accepta de bonne grâce.

— D'un peu plus d'un mois, confirma celle-ci. Ce qui explique vos divers tracas de ces derniers jours ainsi que vos sautes d'humeur. Tout cela devrait se régler à la fin du premier trimestre. En attendant il va falloir vous reposer.

— Merci Pompom, répliqua Minerva McGonagall, mais il reste certains détails à régler. Miss Granger, au delà du fait que votre comportement irresponsable me déçoive énormément, il me faut le nom du père.

Hermione tiqua au ton employé par son ancienne directrice de maison. Elle avait une envie sourde de se justifier mais elle savait que dire l'entière vérité serait pire que tout. Le professeur Snape n'avait pas bronché et attendait patiemment qu'elle leur révèle avec qui elle avait fauté. Puis elle se souvint de ce que Malfoy lui avait fait. Y avait-il une infime possibilité qu'il soit le père ? Déboussolée et sentant la nausée envahir tout son être, elle serra ses paupières pour se retenir de perdre conscience une nouvelle fois.

— C'est impossible, murmura-t-elle, déphasée.

— Malheureusement si, s'agaça Snape.

Snape… Jamais elle n'avouerait que c'était peut-être lui. Mais dire que c'était peut-être son pire cauchemar… Sans qu'elle ne puisse rien, y faire, les larmes coulèrent sur ses joues blêmes.

Minerva était tout aussi attristée que furieuse. Quel terrible gâchis. Pourtant, à la voir, jamais elle n'aurait pu se douter de ce qu'elle avait fait. Étrangement, elle ne voyait pas avec qui elle aurait pu être imprudente à ce point. Ronald Weasley ? Il était vrai qu'ils étaient très amis mais de là à passer ce cap ? Quoique, les adolescents d'aujourd'hui n'étaient plus ceux de son époque. Cela dit, Miss Granger n'était plus vraiment une adolescente. Elle avait dix-neuf ans, bientôt vingt. L'âge qu'avaient eu bon nombre de ses amis qui étaient devenus parents. Sauf qu'eux avaient finis l'école et s'étaient mariés.

— Je ne sais pas qui est le père, avoua alors Hermione, ramenant brutalement Minerva à la réalité.

— De mieux en mieux !

— Ce n'est pas ce que vous croyez, se justifia la jeune femme. J'ai… Oh, que c'est dur de vous le dire… J'ai été violée il y a un peu plus d'un mois.

La directrice de Poudlard ainsi que ses deux collègues en restèrent coi un bon moment avant de reprendre contenance.

— Ce que vous insinuez est très grave, Miss Granger, déclara McGonagall, encore sous le choc de la révélation.

— Pourquoi n'avoir rien dit avant ? l'accusa Snape à son tour.

Ce dernier ne comprenait pas ce qu'il ressentait réellement. La colère se muait en une envie sourde de détruire le scélérat qui avait bien pu la toucher. Elle était à lui. Aussi stupide que cela pouvait l'être, elle lui appartenait. Il avait été le premier et, il y encore peu, le seul.

La jeune femme soupira avant de les regarder tour à tour.

— Je n'ai rien dit avant parce que j'avais honte, j'avais peur que personne ne me croie et puis… Je tentais de me persuader que ce n'était jamais arrivé. Je ne sais pas s'il m'a vraiment violée mais après ce qu'il m'a fait, je ne suis plus sûr de rien.

McGonagall, oubliant ses premiers ressentiments à l'égard de son élève, vint s'asseoir sur le lit à ses côtés et la prit dans ses bras.

— Il faut que vous nous disiez tout, Hermione, ce genre de chose ne peut et ne doit plus se reproduire entre ses murs, ni maintenant, ni jamais.

— Vous souvenez-vous quand vous avez cru que j'avais été prise d'une crise de somnambulisme ? Quand Malfoy m'a emmené à l'infirmerie, inanimée et le visage en sang ?

Les trois personnes acquiescèrent de concert, attendant la suite avec appréhension.

— Il faut que vous sachiez, continua-t-elle doucement, que depuis plusieurs mois, je suis victime des brimades de ce garçon. Entre les insultes et parfois même des coups, tous les moyens sont bons pour lui pour me persécuter. Il a attendu qu'un jour je ne sois plus du tout sur mes gardes pour me surprendre. Il a été plus qu'odieux, explicite sur ce qu'il avait l'attention de me faire et surtout, il n'a pas hésité à me ruer de coups de poings. Voilà ce qu'était ma fameuse crise de somnambulisme — elle se servit de ses doigts pour mimer des guillemets — de ce jour, conclut-elle.

Minerva McGonagall était atterrée, madame Pomfresh avait du mal à s'en remettre et quant à Severus Snape, il bouillait littéralement de rage. Il se sentait fautif. Il aurait du faire plus attention à son filleul. Draco, depuis quelque temps, éprouvait envers Miss Granger une attirance qui le répugnait tellement qu'il s'en prenait directement à elle quand il en avait la moindre occasion. Il aurait du être plus clair avec lui mais encore une fois, il avait préféré oublier tout ce qui était arrivé les mois précédents.

Draco étant de sa maison, il en allait de sa responsabilité. Quant au reste, il aviserait plus tard.

— Minerva, je vous laisse avec Miss Granger, je vais m'occuper de Monsieur Malfoy et avoir une longue conversation avec lui.

— Très bien, Severus et n'oubliez pas d'être prudent.

Il acquiesça et sortit dans une grande envolé de capes noires qui faisaient toujours un certain effet.

Oui, il devrait se montrer prudent. Lucius avait laissé son fils à Poudlard parce que Severus lui avait assuré que c'était la meilleure des choses à faire mais l'adolescent devenait de plus en plus ingérable.

Quand le professeur de potions fut parti, McGonagall reporta son attention sur Hermione.

— Et si vous nous disiez qui est cet autre père potentiel, Miss Granger.

Hermione aurait du se douter que la directrice n'abandonnerait pas si facilement l'affaire.

— Je ne peux pas, répondit-elle.

— Et pourquoi cela ? voulut savoir McGonagall.

— Parce qu'il est bien plus âgé que moi et que vous dévoiler son identité le mettrait en très grand danger.

Comprenant qu'elle n'obtiendrait rien de plus de son élève, McGonagall se leva et abandonna Hermione non sans un regard d'avertissement qui signifiait qu'elle n'avait pas fini avec elle.

oO§Oo

Severus savait où se trouvait Draco à cette heure-ci. D'un pas furieux, il descendit les escaliers sombres et humides en direction de la salle commune des Serpentard qui se trouvait non loin du cachot où il enseignait les potions. Il espérait que le jeune homme n'avait pas commis un acte aussi vil que le viol. Cependant, il avait bien vu comme il avait changé depuis la mort de Dumbledore.

Lorsqu'il pénétra dans le grand salon aux murs drapés de vert sombre, il l'aperçut en train de faire du charme à l'une de ses camarades de classe. S'approchant d'un pas mesuré, il se planta derrière le sofa avant de l'attraper par le col de sa robe noire. Sa compagne, apeurée, se leva avant de prendre ses jambes à son cou en direction du dortoir des filles.

— Je crains que nous devions avoir une petite conversation, toi et moi, susurra Severus avant de traîner le garçon vers son bureau qu'il claqua dès qu'ils furent à l'intérieur.

Draco ne comprenait pas ce qui arrivait au professeur Snape. Avait-il mal digéré le plat du midi pour qu'il le traite avec si peu de délicatesse ? La seule fois où il l'avait vu dans une fureur noire c'est lorsqu'il donnait des cours de Légilimancie à Potter et que cela c'était très mal terminé.

— Je sais tout, Draco, cracha Severus, comment as-tu pu agir avec si peu de dignité ?

— Mais de quoi parlez-vous ? s'écria Draco qui visiblement ne voyait pas où il voulait en venir.

Severus dut se calmer quelque peu, il était à deux doigts de commettre un acte qui risquait de lui nuire tout autant qu'à tout le château.

— Si je te parle de Granger, cela te dit quelque chose ?

Alors les yeux du jeune homme s'éclairèrent d'abord d'une certaine chaleur avant d'être remplacé par de la pure malveillance.

— Oh, oui bien sûr. Quelle idée de dormir en marchant…

Il fut coupé dans sa phrase quand Snape plaqua brutalement ses deux mains sur le bureau.

— Arrête tes mensonges ! Tu l'as frappée puis violée quand elle était inconsciente ! Ose me dire que ce n'est pas la vérité.

Draco, à ses mots, se raidit avant de pincer ses lèvres fines.

— Ce n'est qu'une sang de bourbe qui ne vaut rien, répliqua-t-il, hautain.

— Avoues-tu ?

— Que je l'ai frappée, oui, je l'avoue, j'y ai même pris beaucoup de plaisir. C'est tout ce que ces sangs impurs méritent. Ils ne sont rien.

Severus fut estomaqué par les propos du jeune Malfoy même si cela ne le choquait pas autant qu'il aurait du.

—L'as-tu ensuite violée ? répéta-t-il plus froidement.

— Jamais je ne m'abaisserais à faire cela avec elle ! Elle ne m'attire pas ! Et puis quand j'ai cru qu'elle ne respirait plus, je l'ai emmené directement à l'infirmerie.

— L'as-tu v…

— Non ! hurla Draco furieux. Absolument pas ! Et je vous trouve bien présomptueux de me poser ce genre de question vu ce que vous faites avec elle.

À ces mots, Snape vit rouge. D'un mouvement brusque, il poussa son bureau contre le mur avant d'attraper Draco une nouvelle fois par le col de sa robe.

— Écoute-moi bien, tu parles encore de cela à qui que ce soit, ne compte plus sur moi pour te protéger. Si ma couverture est détruite à cause de ta grande bouche, crois-moi, ta tante ne pourra rien faire quand le maître te demandera des comptes personnellement.

— Je ne dirais rien, je vous le promets, hoqueta Draco qui avait du mal à s'exprimer ainsi étranglé.

Rassuré, Severus le lâcha.

— Tu peux disposer, je n'ai plus besoin de toi. Bien sûr, il va de soi que tu auras une punition exceptionnelle. On ne peut tolérer ce genre de comportement au sein de cette école. Tu ne rends pas hommage à ta maison.

Draco se massa la gorge avant de tourner les talons. Il venait d'être humilié. Quelqu'un devrait payer bientôt.

oO§Oo

C'est dans une certaine léthargie que Hermione quitta l'infirmerie après avoir pris connaissance des dernières recommandations de Madame Pomfresh. Dire qu'elle avait cru le pire derrière elle après la guérison de sa mère, comment avait-elle pu se fourvoyer à ce point ? Un bébé. Elle se sentait bien trop jeune pour assumer de telles responsabilités. Elle n'avait même pas fini ses études. S'il s'avérait en plus que le père était bien son professeur de Potions, elle ne se voyait pas l'élever avec lui. Saurait-elle assumer un enfant toute seule ?

Un rire sans joie s'échappa de sa bouche. Le monde sorcier était en guerre, les sangs dits impurs et mêlés pris en chasse. Cet enfant, à ce jour n'avait pas un très grand avenir devant lui. Comment allait-elle faire pour le protéger alors qu'elle même savait si bien se mettre en danger ?

Non sans surprise, ses pas la portèrent jusque devant les appartements privés du professeur Snape. Elle y avait mis les pieds une seule fois, bien des années auparavant, quand Harry, Ron et elle s'étaient fait surprendre par leur professeur un soir où le couvre feu était passé.
Comme pour leur salle commune, les appartements des directeurs de maison étaient protégés par un tableau qui requerrait à chaque visiteur un mot de passe. Le portait ne daigna même pas lui adresser un regard et elle n'en fut pas surprise. Elle n'était pas une habituée des lieux et de plus elle ne connaissait même pas le code.

Ne sachant pas trop pourquoi elle était venue ici, elle s'apprêtait à repartir quand une main s'agrippa à son bras.

Surprise, elle sursauta avant de se retourner pour se trouver nez à nez avec le professeur Snape. Ce dernier l'observa quelques secondes avant de donner le mot de passe — Serpent d'eau douce — au portrait.

Une fois qu'ils furent à l'intérieur, le cœur d'Hermione s'emballa.

— Nous avons un énorme problème, Miss Granger.

À Suivre