Chapitre 9

Hermione tenait son bagage en main. Elle soupira et sortit de sa chambre au Chaudron Baveur. Il était temps pour elle de quitter cet endroit. Il était clair qu'elle ne reviendrait pas chez elle. Elle ne pouvait pas retourner dans la maison dans laquelle son mari avait été tué. Ce n'était pas une option envisageable. Elle savait bien qu'un jour il faudrait qu'elle y revienne et qu'elle fasse face aux souvenirs, mais ce n'était pas possible pour l'instant.

La veille, à la fin de son entrevue avec Drago, ils avaient conclu que la première chose à faire, pour les journalistes, était qu'elle quitte le Chaudron Baveur. Elle allait s'installer dans un hôtel moldu. Elle avait attendu pour cela que Drago s'occupe de faire partir les journalistes de devant le Chaudron Baveur. Il avait déposé une plainte pour cela, au Ministère, et Tom avait appuyé sa plainte, en ayant marre lui aussi de les voir devant son établissement tous les jours.

Hermione sortit rapidement du Chaudron Baveur après avoir remercié encore une fois Tom. Elle se retrouva, seule, dans le chemin de traverse, et, comme par habitude, elle courut presque jusqu'au point de transplanage le plus proche. Elle atterrit dans une ruelle peu fréquentée du vieux Londres et marcha plusieurs minutes avant d'arriver dans son nouvel hôtel. Peu de gens devait savoir où elle logeait cette fois-ci. En réalité, seul Drago le savait. Elle avait fait une réservation avec un faux nom et elle espérait que cela aiderait à garder les journalistes loin d'elle.

Une fois arrivée dans sa chambre d'hôtel, elle soupira et se laissa tomber sur le lit de la chambre. Cachée dans le Londres moldu, elle espérait passer inaperçue et pouvoir avoir une vie plus ou moins normale.

Elle n'avait pas pris la peine de lire la Gazette du Sorcier ce matin-là. Elle ne voulait pas savoir si l'on parlait encore une fois d'elle. Elle rangea quelques habits dans l'armoire et sortit ses affaires de toilette qu'elle rangea dans la salle de bain. Elle tournait en rond dans cette chambre, dans sa vie. Elle ne pouvait même pas aller travailler pour se vider la tête et cela la bouffait. Elle avait toujours fait cela, auparavant, pour échapper à la réalité : aller travailler ou étudier.


Elle attendait patiemment, assise à une table de restaurant moldu. Ses doigts tapotaient contre le bois de la table alors que son regard était rivé sur l'entrée. Puis elle vit la silhouette de la personne qu'elle attendait et elle se leva d'un coup. Elle fit un grand sourire et un geste de la main pour signaler sa présence à la nouvelle arrivante qui lui rendit son sourire. Elle transportait une petite malle avec elle.

- Hermione ! Cela me fait si plaisir de te voir, la salua Elisabeth.

Cette dernière la serra dans ses bras et elles s'installèrent par la suite à la table. Hermione ne pouvait cacher sa joie de voir un visage familier qui était réellement heureux de la voir. Le serveur arriva rapidement et prit leur commande. Elisabeth se débarrassa de sa veste de tailleur et tendit la malle à Hermione.

- Merci infiniment, souffla Hermione en prenant la malle.

- J'ai utilisé un sort pour mettre autant d'affaire que possible, bien entendu, l'informa Elisabeth avec un sourire.

Hermione observa un instant la malle, puis revint à Elisabeth.

- Ma réserve de vêtements était en effet limitée, rit Hermione. Et je ne me voyais pas retourner là-bas pour en récupérer d'autres… Comment… Comment est la maison ?

- Quelqu'un a dû envoyer une équipe de nettoyage, il n'y a plus de traces de... commença Elisabeth avant que sa voix ne se meurt dans sa gorge, ne pouvant finir. Tout est comme avant, conclut-elle en un souffle.

- Merci encore, répondit Hermione. Je ne pouvais pas demander cela à quelqu'un d'autre.

En effet, Hermione avait longuement hésité, mais elle n'aurait jamais pu demander cela à quelqu'un d'autre. Ses amis étaient trop proches de Ron, et ils n'auraient pas supporté de revenir ou de venir sur les lieux du crime. Finalement Elisabeth était une bonne option car elle connaissait un peu Ron, bien entendu, mais Hermione se disait que peut-être elle aurait pu lui rendre ce service. Ce qu'elle fit.

Elles commencèrent à manger leurs entrées et parlèrent de choses et d'autres. Surtout du boulot finalement. Hermione ressentait le manque de ne pas s'y rendre et posait donc un tas de questions à sa collègue pour savoir comment les affaires avançaient et comment les choses allaient dans leur département. Elisabeth avait été rapidement écartée de l'enquête concernant Hermione et ne pouvait donc pas l'aider pour savoir où ça en était, même si elle l'avait voulu.

- Et toi, Hermione ? Comment ça va depuis l'article ? Demanda Elisabeth.

- Je suis allée voir Molly, lorsqu'il a été publié. Ce n'était pas beau à voir, souffla-t-elle. Je me sentais tellement trahie. Je me le sens toujours d'ailleurs. Mais ce n'est pas grave, le Ministère arrivera à résoudre cette histoire et tout ira bien.

- J'en suis certaine, lui répondit son interlocutrice avec un sourire bienveillant. J'ai su que tu avais pris Drago Malefoy comme avocat.

- Oh oui, rit Hermione. Quelle idée, ajouta-t-elle toujours sur le ton de la plaisanterie.

- C'est le meilleur pour ce genre d'affaire, affirma Elisabeth. C'était ce que tu devais faire, malgré vos… différents.

- J'imagine qu'il est ma meilleure option pour cette situation, admit Hermione.


Hermione reçut une lettre alors qu'elle était rentrée à son hôtel pour finir de s'installer et surtout ramener la malle. Elle avait ressenti une pointe de jalousie quand Elisabeth avait dû partir pour retourner travailler. Elle l'avait ouverte impatiemment, reconnaissant immédiatement l'écriture de son meilleur ami. Il voulait la voir le soir-même et il l'invitait chez lui et Ginny. Elle eut un moment d'hésitation qui ne dura pas longtemps. L'invitation venait de lui et Ginny, alors c'est qu'elle ne la détestait sûrement pas, même après l'entrevue qu'elle avait eu avec sa mère.

Elle se changea rapidement et opta pour une tenue plus chaude, la fin d'Octobre arrivait et le froid aussi. Elle transplana dans le point de transplanage le plus proche pour se rapprocher de la maison d'Harry et Ginny. Elle arriva près du cimetière de Godric's Hollow et elle le regarda avec tristesse. À chaque fois qu'elle passait devant elle ne pouvait s'empêcher de penser à Harry et elle qui étaient venus se recueillir sur la tombe de ses parents pendant leur recherche aux horcruxes. Elle se rendit alors compte que le lendemain ce serait Halloween. Elle entra alors rapidement dans le cimetière, et se dit que Harry et Ginny lui pardonneraient quelques petites minutes de retard. Elle retrouva rapidement devant la tombe des parents d'Harry et y fit apparaitre quelques fleurs.

Parfois elle se trouvait presque stupide de se soucier tant pour des personnes qu'elle n'avait même pas connues, mais finalement, elle ne le faisait pas réellement pour eux, mais pour Harry. Elle regarda quelques secondes de plus la tombe qui commençait à être couverte de feuilles mortes et quitta le cimetière.

Elle marcha quelques minutes et arriva devant la maison d'Harry et Ginny. Elle se retrouva sur le perron, devant la porte, et hésita une microseconde. Et s'ils lui en voulaient ? Elle secoua la tête et se dit que c'était impossible. Elle frappa alors et Ginny ouvrit rapidement la porte, puis la prit chaleureusement dans ses bras. Leur étreinte dura un peu plus longtemps qu'une étreinte ordinaire de salutation. Hermione ne s'en formalisa pas, bien au contraire, elle en était soulagée. Harry les rejoignit rapidement dans l'entrée suivit de ses deux fils et avec leur fille dans ses bras.

Hermione ne put s'empêcher de sourire de bonheur en voyant la petite famille devant ses yeux. Parfois elle se disait qu'ils avaient une chance qu'ils ne réalisaient pas, puis, à chaque fois, elle croisait le regard de son meilleur ami et se disait que, si, il savait. Il réalisait. Elle prit dans ses bras Albus et James en même temps puis laissa un baiser affectueux sur la joue droite de Lily.


Le dîner arriva à son terme et il fallut un long moment à Harry et Ginny pour coucher leurs trois enfants et s'assurer qu'ils dormaient bien. Hermione quant à elle était restée dans la salle à manger et avait débarrassé la table ainsi que jeté un sort pour laver les plats et assiettes. Elle s'était dit que ça aiderait le couple.

Elle s'était rassise à la table et attendait qu'ils reviennent. Elle regardait autour d'elle et observait les différentes photos de famille et les photos d'eux avec leurs amis. Elle vit une photo qui accrocha son regard. C'était Harry, Ron et elle quand ils avaient 11 ans. Bien avant la guerre, bien avant tous leurs problèmes, bien avant que tout ne devienne sombre et compliqué. Hermione eut un sourire nostalgique en se souvenant de cette photo. Hagrid avait tenté de les prendre en photo et ça n'avait pas été une mince affaire. Hermione et Ron n'arrêtaient pas de se chamailler, puis il avait fallu seulement d'une seconde. Une seconde sans chamaillerie, sans paroles, avec seulement des sourires pour donner cette photo qui avait une valeur inestimable aux yeux d'Hermione.

Le couple revint et se rassit à la table après avoir remercié Hermione de s'être occupée de tout pendant qu'ils couchaient les enfants. Hermione leurs fit un sourire et les observa une seconde de plus. Elle enviait leur vie. Elle ne pouvait pas mentir, elle les enviait, elle voulait ce qu'ils avaient. Une famille unie, un couple et un mariage qui fonctionnaient, un foyer heureux. Ginny intercepta son sourire triste et serra la main d'Hermione dans la sienne, comme pour lui donner du réconfort.

- Ça me rassure qu'il n'y ait pas… de rancune, murmura Hermione en regardant Ginny.

- À dire vrai, on s'inquiète pour toi, Hermione, avoua Ginny. La dispute avec ma mère et maintenant Malefoy… Il est ton avocat, vraiment ?

- Comment… ? Commença Hermione en fronçant les sourcils.

- La Gazette a fait un article dessus, la coupa Harry. Ainsi que Skeeter qui a jugé que ça faisait de toi une personne encore plus coupable. Elle pense que tu t'es alliée avec Malefoy pour assassiner Ron, continua-t-il en haussant les sourcils.

- Bien sûr, personne ne croit cette vipère de Skeeter, la rassura Ginny. Mais on s'inquiète quand même, Hermione, ton comportement a … changé.

Hermione prit une longue inspiration et lâcha la main de Ginny.

- J'apprécie votre inquiétude, vraiment, commença-t-elle. Mais je vais bien. Enfin aussi bien que je puisse aller. J'essaie de gérer tout cela, mais… Il n'y a rien d'alarmant dans le fait que j'ai choisi Drago comme avocat. Il est, objectivement, le meilleur pour me défendre dans cette affaire. Et aucun autre avocat que j'ai vu n'a voulu me défendre.

Harry hocha la tête. Ça ne l'étonnait pas réellement qu'aucun avocat ne veuille se risquer à mettre les pieds dans cette affaire. De plus, il n'était pas réellement contre le fait qu'elle soit défendue par Drago Malefoy. Il était un bon avocat. Il avait juste eu peur que les griefs personnels de Drago et Hermione n'entrent en jeu dans cette affaire, mais il savait que si cela venait à arriver, Hermione arrêterait tout de suite avec Malefoy. Ginny était celle qui était vraiment inquiète.

- Et pour ce qui est de la dispute avec Molly, continua Hermione. C'était légitime. Je suis dans mon bon droit d'être énervée contre ce qu'elle a fait et dit, expliqua-t-elle d'une voix qu'elle espérait posée.

- Tu sais, la Gazette a déformé et a mal rapporté ses propos et… répliqua Ginny un peu vivement.

- Je sais, la coupa Hermione sèchement. Elle me l'a déjà dit mais ça n'excuse rien, conclut-elle fermement.

Ginny eut presque un recul et l'observa quelques secondes sans aucune expression. Elle pinça ses lèvres et resta emmurée dans le silence. Harry pouvait sentir la tension qui montait et il décida finalement de changer totalement de conversation en racontant une anecdote amusante qui était arrivée à un de ses collègues en mission.

Finalement Hermione partit une heure plus tard, sentant toujours cette légère tension avec Ginny même si aucune des deux n'avaient abordé à nouveau ce sujet. Hermione, tout comme Ginny, se disait que la nuit apaiserait ces tensions. Elle rentra dans sa chambre d'hôtel et vit sur le rebord de sa fenêtre un hibou qui l'attendait. Elle le fit entrer et récupéra la lettre qu'il avait. Elle vit alors rapidement le tampon du Ministère de la Magie et son cœur rata un battement. Elle ouvrit l'enveloppe les mains presque tremblantes.

Une convocation. Elle était convoquée à un interrogatoire en tant que suspecte dans l'enquête sur l'homicide volontaire de Ronald Weasley. Le cauchemar d'Hermione venait de se matérialiser dans cette lettre, dans ces quelques lignes.


Hello, hello

...

Est-ce que vous pouvez sentir ma culpabilité à travers l'ordinateur ? Est-ce possible ? Bon bon, pas de chapitre la semaine dernière et celui de cette semaine arrive en retard... Comment dire... mon déménagement a été une galère sans nom et que j'avais pas internet ou autres problèmes et que très très sincèrement la fiction était le cadet de mes soucis je l'admets... J'en suis réellement désolée, et avec ces conneries j'ai rien écrit depuis plusieurs semaines donc je perds beaucoup beaucoup mon avance.

MAIS, je vais me rependre, promis ! Je n'ai JAMAIS abandonné une fiction et ce n'est pas du tout dans mes projets de le faire haha. Je reviens avec un déménagement de terminé, un internet qui fonctionne et du temps libre = donc pleine de bonnes résolutions !

Bref, j'espère que ce chapitre vous a plu, malgré tout ce retard et merci de me suivre encore et encore et pour les reviews (celles auxquelles je n'ai pas répondu ce sera fait très très rapidement, promis juré craché !)

Merci encore et à vendredi prochain !