Titre Original : Comes Out of Darkness Morn.

Titre en français : À la sortie de l'aube

Auteur : Lightning on the Wave

Bêta Traductrice et correctrice : Magyre

État de la fic anglaise : Terminé (51)

État de la fic française : 4; Traduit : 1 à 23, 25,26, 32 à 35; En cours : 24,27,28,29,36,37

Chapitre traduit par : Arieh

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Disclaimer: Les personnages événements et lieux reconnaissable de cette histoire ne m'appartienne pas mais à J. K. Rowling. Je ne compte pas m'approprier les droits d'auteur et ne me fait aucun argent grâce à cette histoire.

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Avertissement : Violence, langage violent, allusion aux violes et torture, Problème psychologique, mort de personnages plus tard dans cette histoire et dans les autres fics de la série.

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Résumé : Univers Alternatif de Prisonnier d'Azkaban. Harry lutte pour se reconstruire après les événements désastreux de sa deuxième année. Il apprendra finalement les vérités dont il a besoin pour savoir mais qui arriveront de manières peu agréables. 3ème Tome

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Note de l'auteur : C'est un chapitre qui fait du bruit/ remuant, contrairement au précédant. J'ai réalisé que c'est aussi un chapitre que peu de personnes aimeront. Hum, désolé.

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Comme vous avez compris, cette période de l'année s'avère mouvementé, bon courage à tout celles et ceux qui passent leurs brevets, bacs, et autres et compliquées examens. J'espère que ce chapitre vous fera du bien ^ ^

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Bonne lecture

Eni et Onarluca

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Chapitre huit: Présages d'un dirigeant accepté:

Harry était allongé sur son lit dans le dortoir des Serpentards, et se mordillait les lèvres alors qu'il regardait la Carte du Maraudeur. Il pouvait clairement voir Sirius et Connor, tout deux dans une salle au septième étage. Ils n'en avaient pas bougé depuis des heures.

Il se battait contre l'envie d'y aller pour demander si son frère allait bien. Connor avait passé tout le week-end avec Sirius, ce que Harry avait appris ce matin pendant une dispute avec Ron. Il ne semblait faire aucun de ses devoirs, et il n'était pas venu dans la Grande Salle chercher quelque chose à manger. Il ne faisait rien que Harry aurait pu qualifier de normal par rapport à son habituelle vie de tous les jours.

Se pourrait-il vraiment qu'il prenne ses responsabilités aussi au sérieux?

Harry soupira et commença à prononcer les mots pour effacer la carte, puis s'arrêta alors que l'un des points quittait abruptement la pièce. Il continua de regarder alors que "Connor Potter" commençait à redescendre les étages de Poudlard, et n'admit la vérité que lorsqu'il vit le point approcher des donjons.

Il vient me voir.

Harry s'agita dans le lit, tapota la carte avec sa baguette et murmura "Méfait accompli". Heureusement, personne d'autre n'était actuellement dans les dortoirs. Vincent et Greg étaient Merlin sait où, Blaise était allé à la bibliothèque, et Draco se prélassait dans la salle commune avec un livre que sa mère lui avait envoyé plus tôt dans la journée.

Bien sûr, il fallait que Harry traverse la salle commune pour arriver jusqu'à la porte. Il hésita, soupira, puis décida qu'il ne pouvait rien y faire. De plus, ce n'était pas comme s'il avait peur de Draco.

C'est plutôt que j'ai peur de l'effrayer, pensa-t-il alors qu'il descendait les escaliers à pas de loups et se glissait précautionneusement dans la salle commune. Draco leva les yeux lorsqu'il passa la porte, mais retourna immédiatement à son livre. Harry se dit qu'il en était heureux, pas inquiet. Si Draco était en train de lire, alors il n'avait pas la possibilité de se battre avec Harry.

Pourtant j'aurais aimé savoir ce qu'il lisait. Que ce soit sur la tranche ou sur la couverture, le livre ne portait pas de titres, juste des motifs. Harry avait reconnu l'un d'eux, l'élevage de serpents argentés de la famille Guile, dont le dernier membre avait été tué en combattant dans l'armée du Lord Noir Grindelwald. Cela ne surprit pas Harry que la bibliothèque des Malfoys puisse contenir des livres parlant ou écrit par des Guiles, mais il espérait que Draco serait prudent concernant ce qu'il en retirait.

Et aussi, je l'admets volontiers, follement curieux de savoir ce qu'il y a dedans, ajouta-t-il alors qu'il traversait la porte de la salle commune juste à temps pour stopper la charge de Connor.

Conner fit une pause quand il le vit, plissa les paupières, puis dit "Oh, bien. La carte. Bien sûr."

Souriant, il secoua la tête et fonça, attrapant Harry dans une étreinte. Surpris, Harry l'étreignit en retour. Il oubliait à chaque fois que Connor était maintenant un peu plus grand que lui, puis son poids ou sa taille le lui rappelait.

Harry attendit jusqu'à ce que Connor se recule en dansant, souriant comme un idiot, puis il articula: "A quoi dois-je cet honneur?"

Connor se mit à rire, le bruit s'évaporant comme de l'eau en été.

"Harry! J'ai lu un des livres que Maman m'a envoyé, et puis après Sirius m'a parlé de quelque chose dont il avait entendu parler une fois, et j'ai fais le rapprochement, et il a dit que j'avais raison, et c'était vrai! J'avais raison!"

Il rit et se mit à tourner, les mains levées au-dessus de la tête. Harry souleva un sourcil, incapable d'arrêter son sourire, puis dit: "Connor, je ne suis pas dans ta tête. Pourrais-tu s'il te plaît me dire de quoi au juste tu es en train de parler?"

Connor réussit à se calmer un peu, tout en continuant de sourire. "Désolé Harry, mais... bien, écoute. As-tu déjà entendu parler d'un auteur appelé Griphook Fishbagging?"

Harry fronça les sourcils. "Ça ressemble à du gobelin."

"Il l'était", dit Connor avant de hausser les épaules. " Eh bien, excepté que je pense pas que les gobelins aient des noms de famille, alors peut-être qu'il a été adopté par eux ou quelque chose du genre. Quoi qu'il en soit, il a écrit un livre que j'ai demandé à Maman de m'envoyer, parce que j'avais lu quelque chose au sujet de gobelins s'étant alliés à des sorciers ou ayant été leurs ennemis, et j'avais pensé que je ferais mieux de savoir s'ils risquaient plus de devenir mes alliés ou mes ennemis. Et il a mentionné cette... chose." Connor fit un geste de la main. "Concept. Idée. Je sais pas, c'est dur à expliquer sans avoir une vue d'ensemble. Il lui a donné environ seize noms différents de toute façon. Il y a des pages entières de son livre juste consacrées à expliquer ce que signifient ces noms en Gobelbabil."

Harry hocha la tête. "Et tu as compris ce que cette chose était."

Connor se mit à sourire. "Oui! Le nom humain le plus proche est probablement prophète. Les gobelins ont une rumeur, ou prophétie, bien que Fishbagging insiste toujours sur le fait que ce n'est pas ça pour après traduire à nouveau le mot par prophète, disant qu'un jour un grand chef apparaîtrait et serait capable de les commander. Il aura toutes ces différentes responsabilités. Et ils l'aideront à faire face à ses ennemis, y compris cet 'ennemi des ténèbres'." Connor fit une longue pause, et Harry attendit. Il savait exactement quand son frère se remettrait à parler.

"Et le meilleur", chuchota Connor, " le meilleur Harry, c'est que Fishbagging utilise toujours le même mot pour parler du devoir du dirigeant."

"Qu'est-ce que c'était?" demanda Harry.

"Hm? Eh bien, je sais pas. Je sais pas comment prononcer le Gobelbabil." Les yeux de Connor étaient brillants. "Mais j'en ai parlé à Sirius et il l'a traduit pour moi. C'est utilisé pour parler de quelqu'un avec le don de compulsion, comme ce que j'ai." Il leva les yeux, le visage en feu. "Ça veut dire que ce n'est pas Sombre du tout Harry! J'ai posé la question à Sirius, et il me l'a confirmé. Comment cela pourrait-il l'être, quand les prophéties n'arrêtent pas de dire que je dois avoir ça afin d'être ce genre de prophète pour les gobelins?"

Harry cilla, puis eut une nouvelle étreinte avec son frère. Connor le serra fort, puis le relâcha. "Désolé", dit-il. "Je dois aller le dire à Ron. Il me demandera où est-ce que j'étais de toute façon. Mais je voulais te le dire en premier."

Harry le regarda de côté. "Pourquoi?"

Connor lui renvoya un regard vide. "Parce que tu es mon frère", dit-il comme si cela expliquait tout, et c'était probablement le cas. La seconde d'après il était parti, d'une démarche réjouie, filant dans les couloirs en direction des escaliers pour sortir du donjon.

Harry s'appuya contre le mur et ferma les yeux. Il voulait croire Connor. Il voulait être sûr que son frère portait vraiment un don de la Lumière et non un de l'Ombre, ne serait-ce que pour avoir l'esprit tranquille.

Mais il pouvait encore entendre Remus dire que les Arts Sombres étaient basés sur la compulsion. Il avait confirmé que l'Imperio en était la quintessence quand il le lui avait demandé. Et si ce que Connor, et Sirius, pouvaient faire était une version de cela, alors comment cela pouvait-il être la Lumière?

Harry prit une profonde respiration et remis ses pensées sous contrôle. Tu laisses facilement gagner tes préjugés, se morigéna-t-il. Tu n'as même pas félicité Connor pour cette nouvelle position qu'il était excité d'accepter, pour laquelle tu aurais dû être heureux de le voir accepter, aussi, l'année dernière. C'est tellement bien qu'il se soit enfin levé pour prendre des responsabilités, non? Et toi et tes stupides préjugés allez tout ruiner. Il n'a d'yeux que pour toi depuis qu'il a découvert que tu n'étais réellement pas un Dark Lord, mais juste possédé. Pourquoi ne le soutiendrais-tu pas? Tu es donc mal à l'aise par rapport à cette compulsion. Cela ne justifie pas que ça ne puisse pas être fait au nom de la guerre ou pour justifier un plus grand bien.

Mais ça fait sonner cela comme si ce que Dumbledore avait fait était juste.

Harry se décida et se répéta pour lui-même. Mon frère n'est pas Dumbledore. Connor est celui qu'il a besoin d'être, celui pour quoi il était né, celui pour lequel Voldemort l'a marqué. Il est bon. Il a raison au sujet du potentiel de ce don, et il s'avère que l'Obscurité ne l'a jamais touché. C'est tout.

Maintenant il avait juste à se le répéter, encore et encore, jusqu'à ce qu'il y croit.

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Harry. Pourrais-tu me retrouver dans le couloir des Sortilèges ce soir à sept heures?

La note n'était pas signée, mais Harry reconnut l'écriture de Connor, et le hibou qui avait apporté le morceau de parchemin était certainement de l'école. Il leva les yeux, accrocha le regard de son frère de l'autre côté de la Grande Salle, et acquiesça. Connor parut un instant confus, puis sourit.

C'est parfait, pensa Harry alors qu'il rangeait la note dans l'une des poches de sa robe. Ça va me donner un prétexte pour éviter Draco ce soir.

Draco avait passé les trois premiers jours de la semaine à éviter Harry tout en lisant, mais ce jour là, jeudi, il était sorti de sa transe avec une vengeance. Maintenant il regardait. Il mitraillait Harry de questions prises au hasard: sa couleur favorite, quel genre de plat il aimait le plus, si il voulait réellement enfoncer sa fourchette dans la bouche tout en se comportant comme un barbare ou un Weasley et en parlant tout le temps. Harry avait essayé de répondre à ses questions aussi patiemment que possible. Il avait peur que sa patience finisse par arriver à bout.

Il avait essayé de demander à Draco et à quelques autres membres de la maison Serpentard pourquoi ils ne lui avaient pas parlé du pouvoir que Ron avait remarqué. Millicent avait juste sourit et adopté un air mystérieux, Pansy avait changé de sujet en demandant comment se passait le brassage de la potion Tue-Loup de sa mère, et Blaise avait donné des excuses idiotes puis s'était enfui en voyant que Harry ne les croyait pas.

Draco ne lui avait juste pas laissé placer un mot, et maintenant il recommençait.

"C'était quoi cette note Harry", demanda-t-il. "Ça venait de qui?"

"Personne d'important" dit Harry en essayant de se concentrer sur sa tarte à la mélasse. Ça avait été la friandise préférée de Sylarana. En ce moment, en plus d'éviter de se mettre en colère autant que possible et d'essayer de contrôler sa magie, il aimait tester sa capacité à se remémorer les souvenirs la concernant et les rendre bons plutôt que mauvais. Bien sûr, il arrivait parfois que sa respiration se saccade ou que ses yeux le brûlent pendant l'un de ces tests, mais c'était mieux que cette horrible sensation d'être au bord des larmes qu'il avait dû supporter auparavant.

"Dis-moi, dit Draco. Je veux que tu me dises. "

Harry jeta un coup d'oeil sur le côté. Draco le fixait à nouveau, le même regard attentif que Ron, le même regard attentif que Lucius, le regard fixe d'un sang-pur dans la danse. Harry secoua légèrement la tête. "Je ne veux pas"

Draco se tendit et posa une main sur le bras de Harry, près de l'endroit où il l'avait tapé la semaine dernière. Harry sentit sa colère, et sa magie, s'embraser à l'idée d'être malmené comme cela de nouveau.

Draco retira aussitôt sa main et lui sourit. "Tout va bien Harry. Tu n'as pas à le faire si tu ne le veux pas."

Harry le regarda surpris. Et un moment plus tard, le visage de Draco se durcit de nouveau et il opina de la tête, exactement comme s'il venait de confirmer quelque chose au sujet de Harry qu'il avait attendu de lui demander.

C'était trop de bizarrerie en une soirée. Harry se leva. "Je dois aller à la bibliothèque pour travailler avec Connor sur notre projet en Métamorphose", dit-il.

"Ton frère n'a pas bougé de sa table." Draco se réadossa à sa chaise et observa nonchalamment Harry.

Harry haussa les épaules. "Il a dit qu'il serait là un peu plus tard." Il s'éloigna de la table des Serpentards, sachant que tout le monde pouvait voir qu'il était agité de par sa démarche, et s'en moquant éperdument. Bien sûr, maintenant qu'il en était conscient, il pouvait voir des têtes se tourner à son passage, des mains frottant un nez, des yeux ou des bras, ainsi que la suspicion se transformer en certitude sue le visage de certains sang-purs.

Tu dois faire quelque chose, retentit la voix de Ron dans sa tête, et Harry serra les dents. Oui, il devait faire quelque chose, il l'avait accepté, mais il ne l'appréciait pas.

Il calma sa magie avec un immense effort, se rappelant que la dernière fois que Connor lui avait parlé en privé, ça avait été pour lui dire de bonnes nouvelles. Il devait probablement avoir d'autres bonnes nouvelles à lui annoncer cette fois. Harry attendait cela avec impatience après cette journée si éprouvante.

Il atteignit le couloir des Sortilèges et lança le sort de Désillusion pour rester caché jusqu'à l'arrivée de Connor. Quelques étudiants le dépassèrent, parlant de rien de très excitant. Harry en était heureux. Il utilisa ces quelques minutes seul pour fermer les yeux et compter jusqu'à dix. Il avait appris la traduction de ces nombres en Gobelbabil et dans le langage des sirènes afin d'avoir quelque chose pour passer le temps. Comprendre comment prononcer les accentuations des consonnes goblines ou l'insistante vibration des sirènes, réellement supposé parler sous l'eau, lui demanda presque toute sa concentration; il n'avait jamais été très doué avec les langues.

"Harry?"

Harry cilla. Connor était en face de lui, regardant autour de lui comme s'il pensait que Harry ne devait pas encore être là. Harry dissipa le sort. "Connor, te voilà."

Connor lui adressa un sourire. "Oui, me voilà." Il soupira. "Et Harry, j'ai une faveur à te demander." Il plissa les yeux et se mordilla les lèvres comme s'il ne pouvait pas attendre plus longtemps pour faire sa demande et n'en avait pas envie dans le même temps.

Harry haussa les sourcils. Il était excité à l'idée de faire quelque chose pour son frère, mais laisser cela transparaître soulèverait des questions auxquelles il n'avait pas envie de répondre maintenant. Connor ne savait toujours rien au sujet de la véritable étendue de son entraînement. "Oui?"

"Et bien, tu vois..." Connor gigota mal à l'aise. "Le problème c'est Ginny Weasley."

Harry cilla. "La petite soeur de Ron?"

Connor acquiesça. "Tu vois, elle a le béguin pour moi ou un truc du genre." Ses joues se mirent à rougir. "Je ne sais pas pourquoi. Mais récemment elle s'est mise à me coller où que j'aille. La Grande Salle, la Tour Gryffondor, et les mêmes les leçons avec Sirius. Et je ne m'en rends pas toujours compte. Elle est vraiment rapide et intelligente."

"Tu veux que je l'arrête?" demanda sceptiquement Harry.

Connor acquiesça. "J'ai pensé à un moyen de le faire, mais je n'ai pas les compétences, et Hermione est l'amie de Ginny. Pourrais-tu... pourrais-tu brasser du Polynectar, afin de me ressembler et de la distraire de temps en temps?"

Harry inclina la tête. "Ce n'est pas rapide Connor", prévint-il son frère. "Cela me prendra du temps avant que je puisse en avoir de prête, et pendant ce temps là, Ginny pourra continuer de te suivre partout. De plus, peut-être qu'elle se lassera avant que la potion ne soit prête."

"Même en sachant que cela prendra du temps, ce sera toujours bienvenue," dit Connor. "Et Ron dit qu'elle n'abandonne pas. Jamais. Une fois elle attendue toute une année pour pouvoir se venger de Percy qui avait transformé sa peluche préférée en serpent, même si c'était un accident. Je pense qu'elle continuera de me suivre partout en Octobre. Et Sirius dit que mon entraînement doit continuer." Il fit la moue. "S'il te plaît, Harry."

Harry soupira, puis acquiesça. "C'est d'accord. J'ai besoin de l'un de tes cheveux cependant, ou sinon la potion ne marchera pas."

"Pas de problème", dit Connor avec soulagement, et il enleva un cheveu de sa tête, le tendant à Harry.

Harry le prit et sentit un drôle de picotement remonter son bras. Un instant plus tard, il ressentit la sensation familière de la toile du phoenix fissurée et cassée tentant de se réparer d'elle-même.

Il essaya de sauter, essaya de crier, essaya d'atteindre sa baguette. A la place, il resta immobile, retenu par petrificus totalus, et regarda alors que l'illusion de Connor en face de lui se dissipait pour révéler Albus Dumbledore, le visage grave et les yeux tristes.

"Je suis désolé que les choses doivent en aller jusque là mon garçon", dit-il en levant sa baguette."Mais je ne peux pas te permettre d'inverser les choix que tu as fait, ni de mettre le monde à l'envers pour le bien de ta magie libérée. Tu seras plus heureux quand la toile sera réparée, je te promets. Pour l'instant tu n'es pas seulement malheureux, mais tu le fais devenir les autres."

Harry essaya d'ouvrir la main, essaya de laisser tomber le cheveu, et se rendit compte qu'il ne pouvait pas. Ses barrières également, celles qui le gardait à l'abri de la magie de Dumbledore, avaient disparues comme si elles n'avaient jamais existées. Cela devait être le cheveux, pensa-t-il. Dumbledore l'avait enchanté avec des sortilèges pour dissiper les barrières et le tenir tranquille, et une fois qu'il avait touché sa peau nue, ça avait été la fin. Ou alors c'était peut-être réellement un cheveu de Connor, qui réagissait à la connection de sang entre eux.

Dumbledore attendit un moment, comme s'il s'attendait à ce que Harry acquiesce ou dise quelque chose pour montrer son accord, puis sembla se souvenir qu'il était sous le petrificus totalitus. Il soupira.

"Je suis désolé", répéta-t-il. "Expleo penuriam..."

Il cria soudainement, et se retourna, laissant tomber sa baguette à cause du choc et de la douleur. Harry eut le temps de voir un petit rat gris s'agripper furieusement à la cheville de Dumbledore avant d'en tomber, éviter une étincelle blanche lumineuse qui jaillissait de la robe de Dumbledore, et se transformer en Peter.

"J'observai", fut la première chose que dit Peter, reculant afin de se retrouver entre Dumbledore et Harry. Facilement, il attrapa et retira le cheveux de la main de Harry. Et Harry se relaxa et expira profondément. Sa magie se mis à gonfler autour de lui. Peter ne sembla pas le remarquer, ses yeux toujours fixé sur Dumbledore. "Pensiez-vous que je vous laisserais vous en sortir avec cela?"

Dumbledore ne prononça pas un mot, mais un sort rouge lumineux surgit de sa baguette, bien que celle-ci soit par terre, en direction de Peter. Harry réalisa que Peter n'avait pas l'intention de s'écarter. Exaspéré, il grogna - se tenir face au danger et le détourner des autres était sa place, pas celle de Peter - et appela son Protego quasi-instinctif. Il se matérialisa face à Peter et renvoya le sortilège en direction de Dumbledore. Bien sûr, le sortilège se dissipa de façon inoffensive avant d'arriver jusqu'à lui.

Restait Harry chevauchant sa magie, laquelle avait un noyau dur formé par la fureur conséquente et silencieuse qu'il avait enfermé dans la boîte. Le mur derrière lui était déjà recouvert de glace. Il respira, profondément et calmement, et dit à sa magie, Non. On se contente de défendre.

Elle ne fit aucune objection, mais l'air en face de lui se refroidit suffisamment pour lui permettre de voir son souffle. Dumbledore les observait pensivement, plein d'assurance comme s'il n'avait pas perdu le contrôle et envoyé un sortilège à l'instant. S'il avait remarqué le gel rampant vers lui, il préféra ne donner aucun signe le montrant.

Lorsqu'il parla, sa voix était pleine de tristesse. "Peter, Peter, Peter. Sais-tu ce que tu as fait? Sais-tu que tu as peut-être mis le monde magique lui-même en danger à cause de tes actions désespérées?" Il secoua la tête, lentement, la déception présente dans les yeux. "Il reste si peu du garçon que j'ai connu autrefois, le garçon qui avait promis qu'il abandonnerait tout pour sauver ses amis."

Harry sentit la vérité le toucher comme un souffle sur son cou. Est-ce que Peter... est-il réellement allé à Azkaban sur les ordres de Dumbledore alors? A-t-il réellement laissé Voldemort nous attaquer parce que c'était ce que voulait Dumbledore?

Cela signifierait que Dumbledore avait laissé Connor se faire attaquer.

Ce furent juste les réseaux à l'intérieur de lui que Harry avait coupé pendant l'été, ceux qu'il connaissait et à l'intérieur desquels sa magie essayait habituellement de courir, qui leur permirent de ne pas tous mourir à l'instant. Il ressentit la montée d'une explosion qui aurait écartelé son corps ainsi que celui de Peter dans le même temps qu'elle aurait tué Dumbledore, et scella les réseaux.

Non.

Il se balança sur ses pieds alors que sa magie grondait de frustration et tournait à l'intérieur de lui, attaquant son esprit avec des griffes aiguisées. Il pouvait sentir sa bouche crispée dans un cri silencieux, mais il le força à reculer, força sa magie à reculer, força l'élan de destruction à reculer. Il était maître de sa magie, et maître de lui-même. Il n'avait besoin de personne le défiant pour ce titre.

Il lui fallut un long moment pour reprendre ses esprits, pour calmer les flots de magie en lui qui ballottaient d'un bord à l'autre et pour qu'ils cessent de le blesser. A partir de là seulement il put écouter la voix de Peter, qui avait perdue le ton railleur de tantôt, celui-ci s'étant transformé en de la rage incandescente.

"...regardez le Albus. Regardez ce que vous avez fait. C'est un gosse, un foutu gosse, le fils de Lily et James. Vous avez déclaré les aimer autrefois, vous avez dit que feriez tout pour eux, vous avez déplacé des montagnes pour les aider. Et Sirius et Remus aussi. Vous avez empêché qu'un seul d'entre nous ne soit renvoyé après que Remus aie quasiment tué Snape. Est-ce la preuve de cet amour que vous offrez? Est-ce ce qui arrive à nos enfants même si cela ne nous arrive pas à nous? Regardez-le et dites-moi que vous pouvez le faire."

"Je peux le faire," dit Dumbledore, la voix triste au-delà de toute mesure. "Je le dois, Peter." Son visage était grave lorsque Harry le regarda. "Vous saviez le prix lorsque vous l'avez payé. Harry connaissait le prix lorsqu'il a payé le sien."

"J'ai changé d'avis," dit Peter sans ambages. "Et j'ai brisé la toile, Albus. Je suis là selon ma volonté, pas parce que la folie dans la quelle vous m'avez plongé a prétendument pris possession de moi."

Dumbledore eut un moment de choc transparent et évident. Harry cilla. Il ne s'attendait pas à ce que Peter dise cela.

Pense-t-il que la toile ne peut pas être brisée?

Dumbledore s'était cependant déjà remis, et son visage était encore plus grave. Cela rappela à Harry le visage qu'il avait vu dans le souvenir de la Pensine, lorsque Dumbledore était venu à Godric's Hollow pour le lier. "Certains choix ne peuvent pas être changés, Peter. Je vous l'ai dit lorsque je vous ai mis la toile. Vous juriez encore le vouloir, que vous faisiez ceci selon votre libre-arbitre."

"Vous n'avez jamais laissé ce choix à Harry," dit Peter. "Et ça me rend malade."

Dumbledore secoua la tête. Son pouvoir s'élevait autour de lui, et Harry sut qu'il allait essayer de passer à travers le Protego dans un instant. "Harry a eu son choix et sa chance. C'est seulement par malchance qu'il a été poussé à remettre cela en question. Ce sont les dommages que Tom Riddle a infligé à son esprit qui l'ont poussé à remettre cela en question. Il est hésitant par rapport à son devoir uniquement parce qu'il a été blessé, Peter. Tu dois réaliser cela." Il regarda au-delà de Peter et accrocha les yeux de Harry. "Si son esprit était entier, il saurait quel est son devoir et il serait heureux."

"La toile serait restée cachée," dit Peter. "A quel point était-il jeune lorsque vous la lui avez mis? Cela devait être..."

"Quatre ans," dit Harry, pensant être capable de parler maintenant et non plus de prononcer un cri muet. Sa tête était toujours douloureuse comme si quelqu'un avait tenté de la compresser, et sa magie tourbillonnait toujours à l'intérieur de lui, grognant et faisant des tentatives pour dépasser les limites de son contrôle, mais il pensait être capable de dire cela. "J'avais quatre ans."

Peter ne le regarda pas, mais Harry pouvait voir la soudaine raideur dans ses épaules et deviner l'expression de son visage. "Quatre ans," dit-il, la voix complètement plate.

Dumbledore pensa probablement qu'il n'y avait rien de plus à gagner en discussion. Son attaque suivante fut un marteau envoyé contre le Protego. Harry n'avait jamais ressenti une telle force derrière un sortilège. C'était comme un bélier.

Il réagit instinctivement, de la manière dont Snape lui avait appris à échapper à une attaque d'Occlumencie de cette puissance. Il se saisit de Peter et roula sur le côté, laissant le sortilège du bouclier se fendre. La force du marteau le traversa et envoya voler des débris du mur. Harry le fixa un instant.

Il savait que Dumbledore avait un contrôle précis de son pouvoir. Il était sûr que le sortilège se serait arrêté avant de le tuer lui, parce que Dumbledore ne voulait pas de lui mort.

Cela aurait tué Peter.

Harry en eut assez. Il poussa Peter pour l'éloigner plus loin dans le couloir, puis fit face à Dumbledore. "Haurio!" dit-il fermement, l'une de ses mains levée.

Un bouclier vert se propagea depuis sa paume et ses doigts, puis s'étendit, englobant à la fois lui et Peter. Cela devrait absorber n'importe quelle magie que Dumbledore leur enverrait, pensait Harry. Et cela devrait donner à Peter du temps pour s'enfuir.

Quand il se retourna, il réalisa qua Peter n'avait aucune intention de s'enfuir. Il essayait de se déplacer et de voir autour du bouclier vert, probablement afin de pouvoir envoyer quelques insultes ou accusations supplémentaires à Dumbledore.

"Sort de , bon dieu," lui cria Harry, le bousculant et résistant à la tentation de faire une remarque très Snapesque au sujet de crétins de Gryffondors qui gâchaient leur intelligence en chargeant dans la bataille.

"Je veux..."

"Vous ne pouvez rien me dire ou me protéger ou faire ce pour quoi vous êtes venu si vous êtes mort." Harry le bouscula de nouveau.

Peter fit une pause pendant un moment, avant qu'un faible sourire n'apparaisse sur son visage. "Tu as raison," dit-il. "Merci de me faire confiance Harry." Un instant plus tard, il s'était retransformé en rat et était parti, s'enfuyant à travers le couloir dans une folle course pour sa vie. Harry espéra pendant un instant qu'il ne rencontrerait pas Miss Teigne.

Il reporta son attention sur le bouclier. Dumbledore était toujours le plus fort, et utilisait ce pouvoir d'une manière très brute, le même genre de force brute que Harry avait utilisé pour casser les fenêtres et se soigner au Manoir Malfoy, sans faire passer la magie par des sorts. Harry savait qu'il pouvait faire la même chose.

Il voulait faire la même chose. Sa fureur, au moins, aurait été heureuse de lui dans ce cas.

Puis il se souvint de Poudlard, et la voix de Remus résonnant dans sa tête, disant qu'il fallait considérer la volonté des autres lorsque l'on réfléchissait pour savoir si un sort était Sombre ou Lumineux. S'il détruisait l'école, ce qui arriverait sûrement s'il laissait sa magie s'envoler maintenant, en quoi cela le rendrait-il meilleur que Voldemort?

Il conserva encore un peu le bouclier, puis l'enleva et s'écarta du chemin. Il sentit malgré tout le souffle l'attraper et le cogner durement contre le mur, mais bien qu'il soit contusionnée, Harry savait qu'il n'avait rien de cassé. Il savait ce que l'on ressentait lorsque l'on avait une côte cassée, grâce au sortilège Doloris de Quirrell en première année. Il se remit sur les pieds, et rencontra le regard de Dumbledore.

Il était toujours calme. Harry l'enviait pour ça, pour le fait qu'il puisse faire appel à sa magie comme cela sans être handicapé par la fureur pure que cela demandait.

"Où est Queudver?" demanda Dumbledore.

Harry secoua la tête. "Je ne sais pas. Comme si je vous le dirai si je savais," ajouta-t-il en grommelant.

Dumbledore inclina légèrement la tête. "Maintenant que je sais que Pettigrow a pénétré la propriété de l'école, je n'ai pas d'autre choix que d'accéder à la demande du Ministère et laisser les Détraqueurs garder Poudlard. Si quelqu'un peut trouver Pettigrow ce sont bien eux."

"Vous pourriez au moins l'appeler Peter, comme je le fais," dit Harry, en frottant sa tête douloureuse.

"J'espère que tu n'auras pas d'autres occasions de l'appeler tout court dans le futur." La voix de Dumbledore était tranchante maintenant. "C'était bête de ta part, mon cher garçon, très bête. Comment as-tu pu mettre ta vie en danger en le protégeant comme cela? Comment peut-tu croire en ses mensonges? Il aurait blessé ton frère, l'aurait tué s'il l'avait pu. C'est lui qui a trahit vos parents et leur a mentit en disant que leurs fils avaient étés emmené autre part, afin que Voldemort puisse entrer à Godric's Hollow sans résistance."

Harry secoua la tête. "Je sais. Je sais." Tout était confus et embrouillé dans sa tête. Même si Peter avait fait ce qu'il a fait sur les ordres de Dumbledore, cela signifiait-il qu'il était moins à blâmer? Il avait quand même mis Connor en danger.

Mais Dumbledore est celui qui l'a mis le premier en danger, au moment où il aurait dû le protéger.

Harry releva les yeux alors que Dumbledore soupirait. "Viens avec moi, Harry. L'on peut rechercher des traces d'un charme de confusion. Je crains que Pettigrow ne vous ait ensorcelé afin de croire à ses histoires."

Harry serra les dents. "Je n'ai pas dit que je le croyais complètement, pas encore. Mais je ne vous crois pas non plus."

Dumbledore eut l'audace de paraître choqué, comme si c'était la dernière chose à laquelle il se serait attendu. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose d'autre, mais un sort passa brutalement à côté de lui et frappa le mur. D'après sa couleur, Harry le suspectait d'être un sort de Jambencoton.

Il se retourna, et vit Millicent Bullstrode debout tout au bout du couloir, abaissant sa baguette. Elle clignait innocemment des yeux vers Dumbledore.

"Oh, je suis tellement désolé, Directeur," dit-elle. "Je ne savais pas que c'était vous. Bien sûr vous n'auriez pas blessé Harry. J'ai juste vu quelque chose de menaçant se tenir à côté de lui, alors j'ai attaqué sans réfléchir." Elle trotta dans leur direction, faisant tout une variété de bruits bizarres que Harry n'aurait jamais cru pouvoir sortir de sa gorge, les yeux grands ouverts et minaudant tout aussi bien que ce que Pansy pouvait faire. Elle passa un bras autour des épaules de Harry. "Viens Harry, allons à l'infirmerie. Pauvre petite chose. Ça avait l'air de faire mal lorsque tu as cogné le mur. Et il semblerait que tu ais un ennemi. C'est dommage, mais tu devrais te consoler. Tu en as toujours moins que tu ne crois. Et tes ennemis doivent en avoir plus." Alors qu'elle disait les derniers mots, elle regardait directement vers Dumbledore.

Le Directeur la regarda simplement en retour. Il resta là où il était alors que Millicent escortait Harry en direction de l'infirmerie. Il toléra la mignardise jusqu'à ce qu'ils aient passé l'angle, puis essaya de faire partir son bras. "Je vais bien Millicent," dit-il.

"Bien sûr," dit Millicent. "C'est pour ça que tu es blanc et tremblant comme un pudding. Et bien sûr, les personnes qui vont bien serrent toutes leur tête entre les mains, et sentent comme un orage."

Harry retira coupablement ses mains de la tête, puis fit une pause. "Et je ne sens pas comme un orage."

"Pour moi, si," dit Millicent. "Le truc des Bullstrode, tu sais. Ça sent comme la mère de toutes les tempêtes ici. Et tu as besoin d'aller à l'infirmerie et d'un lit, Harry. C'est pas tout les jours que ton propre Directeur essaie de te tuer."

"Il ne me veut pas mort," dit Harry, avant de regretter l'emphase qu'il avait mis sur le mot lorsque Millicent lui lança un regard oblique. "Maintenant que vas-tu faire? Et donne-moi une réponse franche pour une fois."

"Quoi, et te regarder mourir à cause du choc?" Millicent se moqua, mais lui obéit. "Quelqu'un nous a parlé, quelqu'un qui se fait appeler Starborn. Il a dit que nous ferions mieux de te surveiller, que tu pourrais être un allié tellement plus utile que ce que nous avions suspecté." Elle lui sourit comme un chat en train de s'étirer. "Et tu l'es, Harry. Tu as fait face à Dumbledore. Maintenant nos familles ont un réel choix. Elles n'ont pas à ramper aux pieds d'un Lord Sombre démentiel ou à obéir à Dumbledore, auquel nous ne faisons pas confiance quand au fait de ne pas utiliser sa compulsion sur nous. Ils peuvent te suivre."

"Je vais protéger Connor," dit Harry platement. "Donc vous le suivrez réellement."

Millicent lui tapota la tête. "N'es-t-il pas chou," dit-elle.

Harry resta silencieux pendant le reste du trajet jusqu'à l'infirmerie, mais ne se sentit pas mieux, puisque Millicent s'arrangeait pour faire des sourires entendus de biais lorsqu'elle n'arrivait pas à le faire parler. Madame Pomfresh lui jeta un regard et le mit au lit avec une potion Revigorante et une potion Calmante. Harry les but avec résignation et se rallongea dans le lit, en observant le plafond.

Fait quelque chose, avait dit Ron. Bien, j'ai fait une putain de chose.

Maintenant j'aimerais juste savoir ce que c'était exactement! Et j'aimerais pouvoir dire que je ne serai pas un leader ou utiliser la compulsion sur qui que ce soit, et que les gens me croient.

Il soupira et ferma les yeux.