Note : Hello tout le monde ! Nouveau chapitre, avec au programme le début d'un nouveau mystère et la première tâche... j'espère que ça vous plaira:D

Comme d'habitude, je remercie très sincèrement tous ceux qui prennent le temps de lire régulièrement ces immmmmmmenses chapitre, voire de laisser des reviews..vous contribuez à ma motivation pour publier cette fic régulièrement !

Sur ce, bonne lecture !


Dans les jours qui suivirent, John remarqua que la tension existante entre les différentes maisons de Poudlard était à son comble. La plupart des élèves, exceptés ceux de Gryffondors arboraient des badges « A bas Harry Potter » fournis par les soins de Malefoy.

Ni lui ni Sherlock ne se sentaient concernés par cette joute, mais John évitait désormais d'aller trop souvent à la table des Serdaigle ou de se rendre devant leur salle commune. Quand aux Poufsouffles, ils se montraient désormais moins que cordiaux avec l'ensemble des Gryffondors, mais étant donné qu'il ne s'entendait pas avec beaucoup d'entre eux, il ne fut pas perturbé plus que cela. Il ne put s'empêcher cependant de se demander comment Harry réussissait à gérer tout ça : il devait déjà être assez dur pour lui de devoir supporter à chaque coin de couloir les insultes et les citations choisies de l'article de Rita Skeeter. De plus, Ron mettait un point d'honneur à l'ignorer depuis leur dispute. John en avait parlé brièvement avec Hermione, mais celle-ci avait haussé les épaules et déclaré qu'elle ne pouvait rien faire de plus pour l'instant. D'après ce qu'il avait pu comprendre, Ron était jaloux qu'Harry ait encore trouvé un moyen de se retrouver au centre de l'attention. John n'avait pu s'empêcher de ricaner intérieurement : le pauvre, qu'est-ce qu'il aurait dit si il avait du gérer en permanence l'ego sur-dimensionné de Sherlock Holmes.

Dans le même temps John ne pouvait s'empêcher d'attendre avec impatiente la première tache du Tournoi, qui lui fournirait enfin un peu de distractions. Rien de particulièrement intéressant ne s'était présenté à lui ou à Sherlock, et leurs enquêtes actuelles patinaient : ils ignoraient toujours où pouvait se cacher Croupton Jr ou ce qu'il comptait faire et le nom de Moriarty restait un mystère complet. John se souvenait encore du jour où, une semaine après qu'ils aient appréhendé Clay, Sherlock était revenu excédé d'une visite à la salle des Trophées.

- « Il n'y a rien, rien. Moriarty n'a gagné aucune médaille, et ne s'est fait remarqué d'aucune manière pendant son séjour à Poudlard. Même Rusard n'a rien d'archivé sur lui. Ce n'est pas possible. » s'était-il exclamé d'un ton rageur en tapant sur la table, faisant sursauter au passage des élèves de première année assis non loin.

- « Tu es sûr qu'il n'est pas encore à Poudlard ? » répéta John pour ce qui lui semblait être la millième fois.

- «Il me semble impensable qu'il soit âgé de moins d'une quinzaine d'année, et dans cette tranche d'âge, je ne vois pas vraiment qui pourrait coller. Il est vrai que Moran pourrait correspondre, étant donné qu'il n'a quitté l'école que l'an dernier, et qu'il y l'histoire du « M ». J'ai d'abord pensé que c'était lui et qu'il avait juste utilisé un pseudonyme, mais j'ai gardé des échantillons de son écriture, et elle ne colle pas avec la lettre de Ezekiah Hopkins. Évidemment, il pourrait toujours avoir fait appel à quelqu'un d'autre pour l'écrire, mais on en revient à une bande en réseau, et j'imagine mal Moran en tenir les ficelles. Même son travail de l'an dernier m'avait laissé pensé qu'il agissait plus en tant que subordonnée qu'en véritable chef. »

- « Alors quoi, on attend patiemment qu'il vienne nous trouver ? »

- « Apparemment oui. » répondit Sherlock en haussant les épaules. « Mais je pense qu'il finira bien par se manifester au bout d'un moment. Les criminels n'aiment pas rester dans l'ombre trop longtemps ils ont besoin de reconnaissance eux aussi. »

- « Parfait. Je vais m'employer à créer un petit fan-club en son honneur alors. » marmonna John. « A propos de fan-club, tu as écrit à Percy Weasley au sujet de Croupton, finalement ? »

- « Oui. Sa réponse était aussi pontifiante que non instructive. Il se bornait à répéter que Croupton était un employeur exemplaire, qu'il était très fier de travailler pour lui, et qu'il était sûr qu'il n'avait strictement rien à se reprocher. Apparemment Croupton n'a jamais parlé de sa famille avec lui, mais pour Weasley c'est seulement le signe qu'il sait rester professionnel en toute circonstance. Même Mycroft aurait pu m'en dire plus. » conclut Sherlock en soupirant. « L'opération a été une totale perte de temps. La seule véritablement capable de nous renseigner c'est Winky, et elle ne voudra jamais. J'avais songé un instant à la faire boire suffisamment longtemps pour qu'elle se mette à parler... » Le Serdaigle ignora délibérément le regard désapprobateur de John et poursuivit : « ..mais je ne suis même pas sûr que ça suffise. Non, je crains que de ce côté là aussi il nous faille attendre un peu. »

Les semaines suivantes s'écoulèrent donc dans une relative monotonie. John essayait de faire des supputations sur le contenu de la première tâche du tournoi, mais Sherlock refusait de jouer à ce jeu là avec lui. « Des faits, j'ai besoin de faits pour mes théories. » répétait-il. « Et en plus, ça ne m'intéresse pas particulièrement de découvrir à l'avance ce qui les attend. »

Ceci dura jusqu'au 22 novembre, jour où le brun débarqua dans la salle commune des Gryffondors avec un grand sourire aux lèvres, ignorant le regard peu amène des autres élèves. Certains avaient toujours un peu de mal à se faire à l'idée que le Serdaigle connaisse en permanence leur mots de passe et en profite pour passer de manière impromptue. Les repas passaient encore, mais la salle commune..

- « Des dragons ! » chuchota Sherlock d'un ton excité à l'oreille de John, qui, assis devant la cheminée, essayait vainement de se concentrer sur sa dissertation d'histoire de la magie.

- « Quoi ? »

- « La première épreuve. » répliqua son ami avec impatience. « Les champions vont devoir affronter des dragons dans deux jours. »

- « Mais comment est-ce que tu sais ça? Je croyais que personne ne devait connaître le contenu de l'épreuve. Et d'où est-ce que tu sors, au fait ? Je ne t'ai pas vu de tout l'après-midi. » répondit John sur le ton le plus bas possible.

- « J'étais à la bibliothèque. J'essayais de voir si je pourrais trouver quelque chose sur Moriarty. » marmonna Sherlock en agitant la main en signe d'impatiente. « Mais ce n'est pas ça le plus important. De là où j'étais assis, je pouvais voir Potter et Granger. Ils étaient en train de mettre à sac une section particulière de la bibliothèque, celle consacrée aux animaux fantastiques. Et plus particulièrement l'étagère où sont regroupés les livres parlant des dragons. Et ne me demande pas comment je sais ça John, parce qu'il est évident que je connais de manière exacte le système de classification de cette bibliothèque. »

- « Et alors ? Ils pouvaient très bien avoir décidé de faire d'étudier plusieurs domaines, histoire de se préparer au pire. Comment est-ce qu'ils auraient appris pour les dragons ? »

- « Non, leurs recherches avaient un but très précis, ils savaient exactement ce qu'ils voulaient. Et ça fait plusieurs heures qu'ils sont là bas. Je doute qu'ils passeraient autant de temps à se renseigner sur le sujet pour une simple théorie. En ce qui concerne la façon dont ils ont obtenu cette information, j'ai déjà une petite hypothèse. A ton avis, qui dans ce château, est à la fois assez proche de Potter pour avoir absolument envie de l'aider et assez calé sur les créatures magiques pour qu'on puisse juger utile de le renseigner sur l'arrivée de dragons à Poudlard ? Si on ajoute le fait qu'il y a de grande chance que ce soit un professeur... »

- « Hagrid. » acheva John à sa place avec un soupir d'incrédulité. Bien sûr que le garde chasse serait prévenu si on décidait de faire venir des dragons à l'école. Et il était tout aussi évident qu'il ne résisterait pas à l'envie de prévenir Harry, malgré le règlement strict concernant le déroulement du tournoi. « Je n'aimerais pas être à la place des champions après demain. » ajouta-t-il avec un frisson.

- « Rappelle toi qu'à part Potter, ils ont tous choisi d'en arriver là. Et tu sais très bien qu'on ne laissera rien de dramatique se produire. Dans tous les cas, j'ai décidé de t'en parler non pas pour plaindre les participants de ce tournoi pathétique, mais pour te suggérer une petite escapade nocturne afin d'aller les voir. »

- « Quoi, les dragons ? » siffla John d'un ton incrédule.

- « Eh bien je ne parlais pas des participants, à priori. » répondit le Serdaigle en fronçant les sourcils

- « Mais tu es complètement malade Sherlock ! » s'exclama John en essayant de rester le plus discret possible. « Pourquoi est-ce que tu voudrais faire ça ? Tu auras tout le temps de les admirer le 24 novembre, tu ne vas quand même pas t'amuser à précipiter la rencontre ! »

- « Mais ça ne sera pas pareil. » insista le brun sur le même ton. « On pourra vraiment les voir se comporter comme des dragons si on y va en douce, et pendant plus longtemps J'ai toujours voulu savoir comment les sorciers réussissaient à les maîtriser. Et de toute façon on ne risquera strictement rien. Je suis passé à la cabane de Hagrid en revenant de la bibliothèque et d'après les empreintes que j'ai pu observer aux alentours, il a emmené Potter ainsi que Madame Maxime leur rendre une petite visite la nuit dernière. Et aux dernières nouvelles Potter était encore en un seul morceau. »

- « Mais ça n'a pas de sens. Pourquoi est-ce que Hagrid aurait emmené à la fois Harry et Madame Maxime ? Elle sait très bien que les champions n'ont pas le droit d'être au courant du contenu de l'épreuve. »

- « Potter a une cape d'invisibilité, rappelle-toi. Il pouvait très bien les suivre sans que Madame Maxime ne s'en rende compte. De toute façon, elle non plus n'était pas autorisée à voir les dragons : il est évident que dès qu'elle a su pour l'épreuve elle a immédiatement averti la championne de Beauxbâtons. »

- « Alors quoi ? Hagrid a un faible pour elle, c'est pour ça qu'il les lui a montré ? » demanda John en ricanant.

- « Probable. » répondit Sherlock, imperturbable. « Alors, c'est d'accord ? Je te promets qu'on ne restera pas plus d'une demi-heure là bas . »

- « Et comment est-ce qu'on arrivera à y aller sans se faire repérer ? Contrairement à Harry, nous ne n'avons pas de cape d'invisibilité. » marmonna John, qui se sentait déjà faiblir.

- « Je suis plutôt bon aux sortilèges de Désillusion, tu sais? » répliqua le Serdaigle avec un grand sourire.

C'est ainsi que quelques heures plus tard, les deux se retrouvèrent cachés derrière un bosquet d'arbre, dévisageant quatre dragons gigantesques contenus avec peine par une trentaine de sorciers. John ne put s'empêcher de retenir un petit cri d'exclamation quand l'un deux, un noir

à la queue recouverte d'épines, cracha un gigantesque nuage de flamme. Sherlock lui fit signe de faire moins de bruit, mais il souriait d'un air satisfait.

- « C'est la première fois que j'en vois en vrai. » chuchota-t-il à l'oreille du Gryffondor. « Je dois admettre qu'ils sont plutôt impressionnants. »

- « Tu as raison. » admit John en hochant la tête. Il ne pouvait s'empêcher d'admirer les couleurs des écailles scintillant sous la lumière des flammes et l'allure imposante des grands reptiles. « Est-ce que tu sais à quelles espèces ils appartiennent ? »

- « Bien sûr. » murmura le Serdaigle. « Le plus petit est un Vert gallois. Le rouge est un Boutefeu chinois, le gris-bleu est un Suédois à museau court..et le dernier est un Magyar à Pointe. Le plus dangereux, sans aucun doute. Le champion qui se retrouvera à l'affronter n'aura pas de chance. » conclut-il sur un ton flegmatique qui contredisait ses paroles.

Ils restèrent plusieurs minutes à les observer, jusqu'au moment où tous les sorciers présents se réunirent pour les stupéfixier et les attacher soigneusement à l'aide de piquets de fer. Sherlock fit signe à John de le suivre, et les deux rentrèrent en longeant la forêt.

- « Tu ne trouve pas que c'est injuste ? » finit par demander le blond alors qu'ils arrivaient près du château. « Nous sommes au courant pour les dragons, ainsi queHarry, mais les autres champions n'ont aucune idée de ce qui les attend après-demain. »

- «Nous savons déjà que Delacour aura sûrement été informée par Madame Maxime. » lui rappela Sherlock. « Et Karkaroff aura trouvé un moyen de se renseigner. Il a sûrement dû essayer de fouiller un peu dans les bois pour en découvrir plus sur la première tâche. Hagrid et la directrice de Beauxbâtons n'ont pas dû être très difficile à remarquer durant leur petite ballade nocturne. En conséquence, je pense que nous pouvons dire sans trop nous avancer que Krum a de grandes chances d'être lui aussi au courant. Ce qui nous laisse Diggory. Potter était là hier soir il a vu la même chose que nous, et il a dû parvenir à cette même conclusion. Alors tout dépend de ce qu'il va décider de faire. »

- « Je suis sûr que Harry le dira à Diggory. Il voudra jouer franc-jeu. » répondit John sans la moindre hésitation.

- « Si tu le dis. » marmonna Sherlock en haussant les épaules, signifiant qu'il se désintéressait de la question. « En tout cas, ce n'est sûrement pas à nous qu'il revient de de l'informer. Il risquerait de trouver bizarre que l'on soit si bien renseigné, tu ne penses pas ? »

John ne répondit rien il repensa juste à la lourde queue noire recouverte d'épines du Magyar, et l'espace d'un instant il se demanda quelle serait la réaction du champion demain quand il découvrirait la bête qu'il était censé affronter.


Deux jours plus tard, alors que les deux amis étaient assis dans les gradins et regardaient Victor Krum aux prises avec le Boutefeu chinois, Sherlock se pencha vers John pour murmurer :

- « Il n'y a que le Magyar qui n'est pas encore passé. Potter n'a décidément vraiment pas de chance. »

- « Les champions avaient l'air tous les trois l'air plutôt bien préparés, non ? » demanda le Gryffondor sur le même ton. « Ils semblaient tous savoir ce qui les attendaient. »

- « Ce qui prouve que toutes mes conclusions étaient exactes. » répondit Sherlock, visiblement satisfait de lui même.

- « Et également que Harry s'est comporté de manière loyale. » ne put s'empêcher d'ajouter John avec un petit sourire.

- « J'aurais plus tendance à attribuer son attitude à de la mauvaise conscience qu'à de la loyauté.. » commença à répliquer le Serdaigle, mais il fut coupé par l'annonce des notes des juges : Krum avait enfin réussi à se saisir de l'œuf d'or.

Ce fut donc au tour de Harry de pénétrer dans le stade sous les acclamations de la foule. La monstrueuse dragonne lui faisait face, couvant jalousement ses œufs. Le garçon ne l'attaqua cependant pas de front, préférant lever sa baguette pour lancer un sortilège d'attraction. Son éclair de feu fendit l'air jusqu'à lui, et John n'eut aucun mal à imaginer l'expression radieuse de Harry au moment où il enfourcha le balais. Dès l'instant où il s'éleva dans le ciel, survolant désormais le dragon, Harry parut retrouver son élément naturel, évitant les flammes du Magyar avec dextérité. Après plusieurs tentatives avortées, dont une qui lui coûta une blessure au bras, le Gryffondor réussit à s'emparer de l'œuf d'or et s'envola en direction des tribunes, applaudi bruyamment par la foule. Tous les élèves, quelles que soient leurs maisons, semblaient désormais supporter Harry autant que l'autre champion de Poudlard. Les notes du jury – exceptée celle de Karkaroff, remarqua John avec intérêt- furent à la hauteur de la performance, et le garçon finit premier ex-aequo avec Krum.

Sur le chemin qui les ramenait au château, le blond accéléra le pas pour aller féliciter Harry. Ron était à ses côtés, bavardant avec animation et paraissant de très bonne humeur. Apparemment, ils étaient de nouveau amis.

- « Hermione n'est pas avec vous ? » ne put-il s'empêcher de demander après qu'il eût longuement complimenté Harry sur l'habilité dont il avait fait preuve.

- « Non » répondit celui-ci en souriant. « Elle était tellement heureuse de nous voir réconciliés qu'elle s'est montrée un peu émotive. » Il s'arrêta pendant un bref instant, visiblement pour chercher ses mots, avant de reprendre : « Au fait, je ne t'ai jamais vraiment remercié. Pour le soir où j'ai été choisi par la Coupe je veux dire. Même si je n'en avais pas l'air, j'étais quand même content qu'au moins une personne pense que j'avais dit la vérité. C'est valable pour toi aussi Holmes. » ajouta-t-il en se tournant vers le Serdaigle. « Qu'est-ce qui t'as poussé à me croire, d'ailleurs ? »

- « J'ai parié sur le fait que tu étais plus stupide que Dumbledore. » répondit le grand brun sans ciller.

John s'attendait à ce que Harry s'énerve, mais il se contenta de rire et de dire qu'il aurait voulu que plus d'élèves arrivent à cette conclusion, avant de s'éloigner en compagnie de Ron.

- « Faire appel à son balais était plutôt une bonne idée, tu ne trouves pas ? » demanda John à Sherlock une fois qu'ils furent seuls.

- « Une très bonne. » admit le Serdaigle, fronçant brièvement les sourcils. « J'ai

peut-être un peu sous-estimé Potter. Si il a eu assez de présence d'esprit pour élaborer cette stratégie, alors il doit être moins bête que ce que je croyais. »

John décida de ne pas relever, et orienta la conversation sur un autre sujet.


Le début du mois de décembre et les premiers flocons incitèrent John à réfléchir aux vacances de Noël qui approchaient. Il avait l'habitude de les passer à Poudlard avec Sherlock, mais cette année il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il ferait peut être mieux de rentrer à la maison et de fêter Noël en famille. Il n'avait pas beaucoup vu sa mère pendant les vacances d'été, et quand à Harry...il ne pouvait même plus se rappeler quelle avait été sa dernière conversation avec sa sœur.

John savait que cette année, avec le tournoi et le séjour des délégations des autres écoles, beaucoup d'élèves voudraient rester à Poudlard pour les fêtes, mais pour sa part, cela ne l'excitait pas particulièrement. Après tout la deuxième tâche n'aurait lieu qu'en février. Et Poudlard restait Poudlard...seulement décoré avec plus de soin que d'habitude.

Le Gryffondor était plutôt sûr de son choix, mais à chaque fois qu'il s'apprêtait à écrire une lettre à sa mère pour lui expliquer ses plans il s'arrêtait, hésitant. Il n'avait pas du tout parlé de ce projet à Sherlock, et quelque part, il savait très bien que c'était la pensée de laisser son meilleur ami seul pendant cette période qui le retenait. Bien sûr, le Serdaigle n'était pas non plus obligé de rester à Poudlard il pouvait très bien accompagner John ou rentrer au manoir pour passer Noël avec les Holmes, mais le blond sentait que Sherlock ne voudrait choisir aucune de ces deux options. Il ne s'était jamais très bien entendu avec la famille de John, et il refuserait de voir Mycroft si il pouvait l'éviter. Aussi John retourna le problème sous toutes les coutures pendant une semaine entière avant de se décider à envoyer une lettre à sa mère pour la prévenir de sa venue probable, décidant qu'il pourrait toujours se rétracter suivant la réponse qu'elle lui donnerait.

Sitôt son cours de soins aux créatures magiques achevé, il se dirigea vers la volière pour donner sa lettre à Rowena. Alors qu'il regardait sa chouette disparaître dans les airs, John ressentit à la fois une sensation de soulagement et un curieux poids sur l'estomac. Dégringolant les marches, il se dirigea vers la bibliothèque où il savait qu'il pourrait trouver Sherlock. Ce dernier ne fit aucun commentaire quand il le vit apparaître, se contentent de le détailler rapidement. Remarquant la coupure sur sa joue droite et les cheveux roussis à l'arrière de son crâne, le Serdaigle esquissa un sourire :

- « Hagrid a encore fait des siennes, je présume ? »

- « Les Scroutts à Pétards, plus exactement. » corrigea John. « Nous étions censé réussir à les attacher. Les Serpentards sont tous partis se réfugier dans la cabane de Hagrid. Quelle bande de lâches...En tout cas, les Scroutts n'ont pas épargné ceux qui ont choisi de rester pour aider Hagrid. »

- « Peut-être que les Serpentards se sont juste montrés un peu plus malins que vous, alors ? Ils ont dû décider qu'ils n'avaient pas spécialement envie d'être blessés inutilement. »

- « Mais leur aide aurait pu se révéler utile, et ils ont préféré nous laisser nous débrouiller tous seuls face à ces abominables bestioles, comme d'habitude » répliqua le blond, visiblement agacé. « En tout cas, pour une fois j'ai été soulagé de voir Skeeter. Elle nous a permis d'abréger ce cours de quelques minutes. »

- « Si elle est venue rendre visite à Hagrid, je pense qu'il y a de grandes chances pour qu'il n'enseigne plus d'ici à la fin de la semaine. » répondit Sherlock d'un ton désinvolte.

- « Qu'est ce que tu veux qu'elle trouve sur lui ? » marmonna John en haussant les épaules. « Bien sûr il y aurait beaucoup à redire sur les Scroutts, mais je doute que ça suffise à le faire renvoyer. Dumbledore est plutôt indulgent avec lui. Il suffit de voir ce qui s'est passé l'an dernier. »

- « Je sais juste que Rita Skeeter a un don indéniable pour fouiner. Et qu'elle peut très facilement faire plonger quelqu'un si elle le désire. Crois moi, sa petite démonstration avec Potter n'est que de la petite bière à côté de ce dont elle est réellement capable. Et je suis prêt à parier que Hagrid a plus d'un cadavre dans son placard. » déclara le Serdaigle tout naturellement.

John se contenta de hocher la tête, espérant que la journaliste n'en arriverait pas jusque là. Il avait beau être loin de considérer Hagrid comme un professeur exemplaire, il ne voulait quand même pas que le garde chasse soit obligé de quitter Poudlard à cause de ragots colportés par Rita Sketer.

- « Il faudra que tu envoies une seconde lettre à ta mère. » ajouta Sherlock, changeant brusquement de sujet comme cela lui arrivait souvent. « Pour lui expliquer que finalement tu ne pourras pas venir pour les vacances. »

- « Pourquoi ? » demanda John, décidant de laisser à son ami le soin d'argumenter.

- « Et bien parce que tu dois rester avec moi à Poudlard. » déclara le Serdaigle, du ton agacé qu'il prenait quand il était obligé d'expliciter quelque chose qui lui semblait évident.

- « Merci, je crois que j'avais compris cette partie là Sherlock. La question est pourquoi tiens-tu absolument à ce que je sois à Poudlard pendant les vacances ? »

Le brun ouvrit et referma la bouche, visiblement décontenancé, avant de se reprendre :

- « Parce que si il arrive quelque chose de particulier au sujet de Moriarty ou de Croupton, j'aurais besoin de toi dans les parages. »

- « Tu m'as dis pareil l'an dernier à propos de Black , et l'événement le plus mémorable de ces vacances a été le moment où nous avons tiré des pétards surprises à la table de Dumbledore ! »

- « La situation n'est pas du tout comparable... » commença à répliquer Sherlock, mais John le coupa aussitôt :

- « Est-ce que tu peux juste comprendre que j'ai envie de passer un peu de temps avec ma famille cette année ? »

- « Tu pourras toujours les voir pendant les vacances de Pâques. » marmonna le Serdaigle. « Tu sais très bien que tu culpabilises de les avoir laissé cet été et que c'est la seule raison pour laquelle tu tiens autant à leur rendre visite. Tout le monde va rester à Poudlard pour les fêtes cette année, et je ne vois pas pourquoi tu... »

- « La discussion est close, d'accord Sherlock ? » l'arrêta le Gryffondor en levant les mains. « Je ne changerai pas d'avis, alors ce n'est pas la peine d'essayer. »

- « Je dis juste que.. »

- « Stop. » Le ton sur lequel John prononça ce dernier mot suffit à convaincre le brun qu'il valait mieux ne pas insister d'avantage pour le moment.

Quelques jours plus tard, le professeur McGonagall expliqua pendant le cours de métamorphose qu'un bal de Noël aurait lieu cette année, conformément à la tradition du Tournoi des Trois Sorciers. La nouvelle sembla exciter la plupart des élèves et en entendant les gloussements de Lavande Brown et de Parvati Patil, John songea que ceux qui hésitaient à passer ou non leurs vacances de à Poudlard venaient de trouver là une motivation suffisante pour rester. Pour sa part, il n'était pas particulièrement intéressé par le bal et les discussions sans fin des filles au sujet de leurs cavaliers potentiels et de la tenue qu'elles porteraient le soir de Noël le laissait de marbre. Évidemment, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il aurait bien aimé demander à Mary Morstan de l'accompagner au bal- il n'avait parlé qu'une ou deux fois au cours de sa scolarité à la jeune fille en cinquième année de Gryffondor mais il savait qu'il l'appréciait beaucoup-, mais cela ne lui apparaissait pas comme une raison suffisante pour modifier ses plan pour les vacances. De plus, sa mère lui avait répondu peu de temps auparavant, en écrivant avec enthousiasme qu'elle serait ravie de l'avoir à la maison pour Noël. Elle avait même ajouté qu'il pouvait inviter Sherlock si il le désirait et étant donné le peu d'affection qu'elle vouait au Serdaigle, cela devait signifier que son fils lui manquait réellement. Aussi John répugnait-il à changer d'avis maintenant que tout était arrangé. Sherlock avait abordé le sujet à plusieurs reprises depuis leur dernière discussion, mais sans succès pour l'instant. Le Gryffondor n'avait cependant aucun doute sur le fait que son meilleur ami devait réfléchir à un stratagème qui lui permettrait d'obtenir ce qu'il voulait.

Ironiquement, c'est Hermione qui finit par fournir à Sherlock l'argument dont il avait besoin pour convaincre John de rester à Poudlard. Elle débarqua un matin, visiblement agitée et s'assit à côté d'eux à la table du petit déjeuner avant de s'adresser directement au Serdaigle :

- « Sherlock, tu n'as pas l'impression que le professeur Vector se comporte de manière un peu étrangeen ce moment ? »

- «Qu'est-ce qui t'as perturbé dans sa conduite exactement ? » s'enquit le brun en sortant son petit carnet en cuir noir.

- « Eh bien, ses cours sont aussi brillants que d'habitude. Voire plus. Tu te souviens de celui de la semaine dernière, où il était incroyablement exalté ? Mais à côté de ça, on dirait qu'il devient de plus en plus désagréable avec les élèves...presque sournois. Et puis je ne sais pas si tu as remarqué, mais il a des marques rougeâtres au niveau des doigts. Comme si sa chouette l'avait mordu à plusieurs reprises. Pourtant elle est très affectueuse et dévouée à son maître c'est même pour ça qu'il l'emmène chaque fois à ses cours. »

- « Très bien Granger. » remarqua Sherlock d'un ton étonné, haussant les sourcils. Il feuilletait maintenant son carnet à toute vitesse, visiblement à la recherche de ses notes. « Quoi d'autre ? »

- «Il s'est passé quelques chose de très étrange quand je suis allée le voir pour lui remettre mon devoir d'arithmancie, vendredi dernier. » répondit Hermione d'un ton bas, chuchotant presque. « Je l'avais fini à l'avance, du coup je voulais lui montrer pour qu'il me dise ce qu'il en pensait. Quand je me suis rendue à son bureau dans la soirée, j'ai entendu des bruits très bizarre...comme une sorte de grattement. J'ai ouvert la porte, et la pièce était vide. Mais j'entendais toujours ce bruit en direction de la fenêtre, alors je me suis approchée...Et Sherlock, j'ai vu un visage apparaître derrière la vitre et c'était celui du professeur Vector, déformé par une expression horrible. Ça n'a duré que l'espace de quelques secondes, ensuite il a disparu, je ne sais pas comment. Je n'ai pas osé ouvrir la fenêtre pour voir ce qui se passait au dehors, et je suis rentrée directement à la salle commune. Je ne savais pas à qui en parler, alors je n'ai rien dit à personne. »

- « Quelle était la date exacte ? » s'enquit le Serdaigle tout en relisant un paragraphe de ses annotations

- « C'était vendredi dernier, donc le 25 novembre. » répondit aussitôt Hermione . « Pourquoi ? »

- « Et bien tout simplement parce que le 25 octobre au soir, le professeur Vector a été aperçu rampant dans les couloirs. » expliqua Sherlock en brandissant son carnet sous le nez de la jeune fille. « Et que ses premières marques de morsure aux mains sont apparues aux alentours de la même période, au cours du mois de septembre. »

- « Comment est-ce que tu peux savoir qu'il se déplaçait la tête rentrée entre les bras ? » demanda Hermione en fronçant les sourcils alors qu'elle déchiffrait les notes du Serdaigle. « Il y a marqué ici que c'est arrivé au beau milieu de la nuit. Qu'est-ce que tu fabriquais dans les couloirs à cette heure-là ? »

- « En réalité c'est Dobby qui l'a vu marcher ainsi. Il faisait le ménage dans cet étage cette nuit là, et le professeur Vector est passé à juste quelques mètres de lui. L'elfe m'en a aussitôt informé. »

- « Je ne pense pas que tu devrais avoir autant foi en la parole de Dobby. Après tout, c'est en partie à cause de lui que Harry et Ron ont été obligés de se rendre à Poudlard avec la Ford Anglia volante de Mr Weasley au début de leur deuxième année. » déclara Hermione d'un ton désapprobateur, avant de réaliser ce qu'impliquait exactement la réponse du Serdaigle : « Attends, est-ce que tu viens de dire que tu utilisais les elfes de maisons du château comme source de renseignement ? » demanda-t-elle, cette fois sur un ton inquisiteur.

- « Je ne pense pas que tu sois vraiment en mesure de critiquer mes méthodes. » répliqua Sherlock en haussant les épaules. « Je sais que tu es descendue aux cuisines avec Potter et Weasley il y a quelques jours, et vu le temps que vous y êtes restés, je doute que vous vous soyez contenté de saluer Dobby. Laisse moi deviner, vous en avez profité pour essayer de questionner l'elfe de Mr Croupton ? »

- « Ça ne te regarde absolument pas . » répondit Hermione d'un ton agacé. «Et là n'est pas la question. Je suis venue pour te parler de Vector. Qu'est-ce qu'on peut faire, alors ? On en parle avec le professeur McGonagall ? »

- « Surtout pas. » s'empressa de déclarer le grand brun. « Ne va pas voir les autres professeurs. Contente toi d'observer ce qui se passe et de me le dire si tu remarques d'autres éléments inhabituels dans le comportement de Vector. »

- « Je ne vais pas me contenter de rester sans rien faire à attendre que tu trouves la solution. » répliqua aussitôt la jeune fille. « Tu penses qu'il est atteint d'une maladie quelconque ?Si ça se trouve c'est de la lycanthropie, étant donné que ces phénomènes inhabituels se produisent tous les mois et qu'ils ont quelque chose de presque...animal. »

- « J'y ai songé brièvement, mais de manière générale ses symptômes ne collent pas vraiment avec la lycanthropie. Vector n'a aucune autre caractéristique du loup-garou, et ce type de métamorphose n'expliquerait pas le changement de conduite observé chez sa chouette. Et vu ce qui s'est passé l'an dernier quand les parents d'élèves ont appris pour Lupin, je doute que Dumbledore aurait accepté sans problème de garder Vector si il avait réussi à se faire mordre pendant les vacances d'été...ce qui serait très peu probable soit dit en passant. »

- « Alors quoi ? » insista Hermione en fixant Sherlock. « Quelle est ta théorie ? »

- « Aucune pour l'instant. » marmonna le Serdaigle. « Mais je vais m'efforcer d'en trouver une assez convaincante. Je te donnerais le résultat de mes recherches, si c'est que tu veux. »

- « Tu as intérêt. » se contenta de répondre la jeune fille avant de regarder sa montre. « Il est déjà si tard ? Je devais aller voir des élèves pour leur parler de la SALE ce matin. Je vous laisse. » Sur ces mots, elle ramassa précipitamment ses affaires et quitta la table. Dès qu'elle fut hors de vue, John commença à questionner son meilleur ami :

- « Tu ne vas pas réellement la tenir au courant, pas vrai ? »

- « Pas si je peux l'éviter. » déclara Sherlock avec un sourire. «De toute façon il est hors de question que je l'inclue dans mes petites expéditions. »

- « Pourquoi, qu'est-ce que tu comptes faire exactement ? » demanda le Gryffondor en fronçant les sourcils.

- « Tout d'abord, il faut que j'essaye de mettre la main sur de nouvelles données. Ce qui signifie que je vais devoir fouiller son bureau à un moment ou à un autre. Ensuite, il y a la question des crises qu'il semble avoir de manière mensuelle. Il serait intéressant que je puisse assister à la suivante, sachant qu'elle aura lieu aux alentours du 25 décembre. »

- « Sherlock, il est absolument exclu que tu partes seul fouiner le bureau de ton professeur d'arithmancie ou l'épier alors qu'il est en proie à des crises de démences. Tu n'as aucune idée de comment il pourrait réagir si jamais il découvrait ta présence. »

- « Ce n'est pas comme si j'avais vraiment le choix. » répondit le brun d'un ton irrité. « Tu ne seras pas là. En tout cas pas après le début des vacances. Et c'est forcément durant cette période là que j'agirais. »

- « Je pourrais rester pour t'aider. » ne put s'empêcher de répondre John. Au moment où ces mots franchirent ses lèvres, il se rendit compte de l'erreur monumentale qu'il venait de commettre. Le Serdaigle le dévisagea avec une expression réjouie, esquissant un sourire avant de s'exclamer :

- « Tu restes ? Parfait. C'est tout ce qu'il me manquait. Retrouve moi directement à la bibliothèque après la fin des cours, pour qu'on élabore un plan d'action. »

Et sans laisser au blond le temps de répliquer, Sherlock se leva et fila pour se rendre à son cours de métamorphose. John le regarda s'éloigner en soupirant intérieurement. Il semblait qu'il venait de se faire manipuler une fois de plus par le Serdaigle.


John attendit une semaine entière avant de renvoyer une lettre à sa mère pour lui expliquer que finalement, il ne pourrait pas venir pour Noël. Il s'était borné à écrire que les professeurs l'avaient surchargé de travail et que tout le monde resterait au château pour les vacances cette année, sans rentrer dans les détails : il savait très bien que ses justifications, quelles qu'elles soient, ne serviraient pas à grand chose. Tout ce qu'il lui restait à faire, c'était espérer que sa mère ne serait pas trop déçue par cette défection.

John sentait que Sherlock avait anticipé sa réaction et qu'il n'y était pas étranger ; cependant il ne s'imaginait pas laisser son meilleur ami courir seul après un professeur sombrant dans la folie et probablement dangereux. Et le frisson d'excitation qui le saisissait à la perspective d'une nouvelle enquête n'était sûrement pas étranger à sa décision.

Maintenant qu'il était sûr d'être à Poudlard le soir du bal de Noël, le blond ne pouvait s'empêcher de penser qu'il devrait demander à Mary Morstan si elle voulait bien être sa cavalière. Après tout, le plan de Sherlock ne l'occuperait sûrement pas pendant toute la soirée. La perspective de passer quelques heures à danser et discuter avec la jeune fille lui remonta le moral – maintenant qu'il y repensait, il n'arrivait même plus à se souvenir de sa dernière tentative avec une personne du sexe opposé. Sherlock lui laissait à peine le temps de dormir et de faire ses devoirs, alors pour ce qui était de se trouver une petite amie... Aussi dans les jours suivants, le Gryffondor guetta une opportunité pour parler seul à seul avec Mary, ce qui se révéla plus compliqué que prévu : il semblait que les filles ne se déplaçaient qu'en troupeaux gloussants. La fois où il entendit Ron suggérer à Harry de se servir d'un lasso pour isoler la fille qui lui plaisait, il songea distraitement que c'était peut être effectivement la seule option efficace. Si il ne craignait pas vraiment une humiliation publique comme celle à laquelle Ron Weasley avait eu droit quand il avait demandé à la championne de Beauxbâtons si elle voulait être sa cavalière, il ne se sentait néanmoins pas le courage d'aborder Mary en face d'une troupe d'amies ricanantes.

Le fait est qu'il n'eut pas la possibilité de se torturer très longtemps sur le problème.

Quelques jours après qu'il eut envoyé la seconde lettre à sa mère, John se rendit devant la salle commune des Serdaigles pour attendre Sherlock avec qui il devait se rendre à la salle sur demande. Celui-ci avait quelques minutes de retard sur l'heure prévue, et alors que le blond stationnait devant la porte, il remarqua que la plupart des élèves sortant de la salle le regardaient étrangement, certains murmurant à l'adresse de ceux qui les accompagnaient en le dévisageant. Le blond fronça les sourcils : les Serdaigles ne l'appréciaient peut être pas forcément, mais ils s'étaient habitués à sa présence dans les parages, comme c'était le cas pour Sherlock avec les Gryffondors, aussi cette réaction était plutôt inhabituelle. Il donc fut soulagé quand il vit un visage amical franchir le seuil de la porte :

- «Bonjour Luna ! » s'exclama-t-il en se dirigeant rapidement à sa hauteur. Celle-ci esquissa un large sourire, avant de faire la moue et de chasser une créature invisible au niveau de son oreille.

- « Bonjour John. Des soucis ? Tu n'as pas l'air très bien. »

Comme toujours déstabilisé par la franchise de la jeune fille, John se contenta de répondre en souriant :

- « Je ne sais pas. En fait j'espérais que tu pourrais me le dire. Tu as une idée de pourquoi tous les Serdaigles me regardent aussi bizarrement ? »

- « Non, pas du tout. » déclara Luna, visiblement étonnée. « Je ne suis au courant de rien. »

- « D'accord. Ce n'est pas grave, je demanderais à Sherlock. De toute façon, il doit y être lié d'une manière ou d'une autre. » ajouta le Gryffondor en haussant les épaules.

- « Peut être. Au fait, je voulais te féliciter.» poursuivit la jeune fille avec une expression ravie.

- « A quel sujet ? » s'enquit John en fronçant les sourcils.

- « A propos de toi et Sherlock. » répondit Luna d'un ton tout naturel. « Je suis très contente pour vous deux. »

- « De quoi est-ce que tu parles exactement, Luna? » insista le Gryffondor. Il avait peur de comprendre.

- « Et bien tu es son cavalier pour le bal, n'est-ce pas ? Donc vous êtes bien ensemble. C'est ce qu'il me semblait, mais je n'en étais pas totalement sûre. Et je ne savais pas si ça aurait été poli de vous le demander... »

John resta un instant la bouche ouverte devant cette déclaration, avant de se reprendre. Les chuchotements et les regards en coins prenaient maintenant tous leur sens.

- « Luna, est-ce que tu peux me faire rentrer dans la salle commune, s'il te plaît ? Il faut que je parle à Sherlock maintenant, et j'ai toujours peur de me tromper à l'énigme de la porte. »

- « Comme tu veux. Mais tu sais, je pense que tu devrais essayer de les résoudre un de ces jours. Elles sont plutôt faciles quand on y réfléchit bien. »

- « Je n'en doute pas, mais aujourd'hui je préférerais vraiment que tu m'aides. Je n'ai pas envie de risquer de me tromper. » répondit le blond précipitamment.

Luna hocha la tête et toqua à la porte en soulevant le heurtoir en forme d'aigle. Une voix mélodieuse s'éleva dans les airs, prononçant l'énigme : « j'étais demain et je serai hier. »

- « Une suggestion, John ? » demanda Luna en se tournant vers lui.

- « Aucune. » marmonna le Gryffondor en haussant ces épaules. « Je n'arrive jamais à trouver une cohérence à ces énigmes. »

La jeune fille ne répondit rien, se contentant de regarder le heurtoir avec une expression songeuse.

- «Je pense que la réponse est aujourd'hui. » finit-elle par déclarer à l'adresse de l'aigle.

- « Correct. » répondit la voix, et la porte s'ouvrit.

John remarqua instantanément Sherlock à l'intérieur de la salle commune, assis à une table et écrivant furieusement sur un parchemin, une pile de livre à ses côtés. Non loin de là se tenaient Padma Patil, qui le fusilla du regard quand il pénétra dans la pièce et Molly Hooper, qui avait les yeux un peu rouge. S'efforçant de ne pas leur prêter attention, le blond remercia rapidement Luna et se dirigea vers la table de Sherlock. Celui-ci finit par lever la tête quand il l'entendit s'asseoir, visiblement surpris :

- « John ? Désolé, je crois que je n'ai pas vu l'heure passer. Je termine juste mon devoir de runes, et ensuite... »

- « Ce n'est pas vraiment le problème, Sherlock. » coupa aussitôt le Gryffondor du ton le plus bas possible. Il préférait éviter que le reste des personnes présentes dans la salle soit en mesure d'écouter cette conversation. « Pourquoi est-ce que tu leur as dit que je serais ton cavalier au bal de Noël ? »

- « Je pensais que ça te paraîtrait évident. » répondit Sherlock en fronçant les sourcils. « Nous savons que Vector sera sûrement en proie à une crise ce soir là, et nous devons donc être en mesure de pouvoir le surveiller. Et pour ça il faudra que nous restions ensemble et que nous puissions nous éclipser à tout moment discrètement du bal. Ce qui est incompatible avec une cavalière, comme tu dois toi même t'en rendre compte. » »

- « Et alors ? Il aurait suffit que tu me demandes de n'inviter personne. Ou alors de choisir une fille très patiente. Mais pas que tu t'imposes comme mon cavalier. » répliqua John, incapable de cacher l'amertume dans sa voix. «De toute façon, tu n'avais pas à décider ça sans même m'en parler ! Tu sais très bien ce que tout le monde va penser maintenant. »

- « Loin de moi l'idée de vouloir porter une atteinte à ta virilité, John. » siffla le Serdaigle, maintenant furieux. « Et depuis quand se préoccupe-t-on de ce que les gens pensent ? Ce n'est pas le bal qui m'intéresse, mais l'opportunité qu'il représente pour élucider le mystère Vector, et elle disparaîtra si jamais on y implique une tiers personne. Écoute, tout à l'heure Padma m'a demandé si je voulais l'accompagner au bal, et je lui ai répondu que j'y allais avec toi. C'est elle qui en a déduit que tu serais mon cavalier. Je ne l'ai pas contredite, parce que je me suis dit que ça nous dispenserait d'avoir à refuser d'autres invitations si tout le monde pensait que nous y allions ensemble. Et le but étant de n'être accompagné par personne d'autre, cela revenait au même que de te présenter comme mon cavalier. »

- « Pas exactement, non. Et Sherlock, est-ce que tu t'es seulement demandé si moi, je pouvais avoir envie d'inviter quelqu'un ? » éclata John,

- « Morstan y va avec quelqu'un d'autre. » se contenta de répondre le brun.

- « Quoi ? »

- « Tu m'as très bien compris. J'ai vu George Weasley lui demander ce matin. Et elle a accepté. »

Ignorant la désagréable sensation de plomb s'abattant sur son estomac, John fixa son meilleur ami et murmura :

- « Comment est-ce que tu sais que c'était elle que je voulais inviter ? »

Le Serdaigle leva les sourcils, lui lançant un regard qui signifiait qu'il n'allait pas s'abaisser à répondre à cette question.

- « Très bien. » finit par soupirer le Gryffondor. « De toute façon, il semble que je n'ai pas vraiment le choix. Dis moi juste que je ne serais pas obligé de danser avec toi. »

- « Non. » répondit Sherlock, esquissant un sourire. « Ce n'est pas la peine. Il faudra juste que tu restes dans les parages, et que tu sois prêt à réagir à tout moment et à faire exactement ce que je te demande. Mais il n'y aura pas de danse impliqué – je dois détester ça au moins autant que toi. »

- « Pourquoi, tu as déjà essayé ? » ne put s'empêcher de demander John, curieux.

- « Évidemment. Quand Mycroft et moi étions plus jeunes, nous avons eu droit à quelques cours sur le sujet – Mère a fini par renoncer au bout de quelques mois, quand elle a enfin compris qu'elle ne réussirait jamais à faire d'aucun de nous des danseurs corrects... »

Il s'arrêta net en voyant que John retenait à grand peine un fou rire :

- « Peux tu m'éclairer sur l'aspect comique de la chose ? »

- «J'ai juste un peu de mal à m'imaginer Mycroft effectuant un pas de bourré, c'est tout. » répondit le Gryffondor en hoquetant. « Qu'est-ce que vous avez pratiqué d'autre, la broderie ? »

Sherlock rit à son tour, avant de déclarer d'un ton léger : « Tu serais étonné par le nombre de compétences requises pour évoluer dans la bonne société que fréquente les Holmes. Je dois cependant reconnaître que mes parent ont assez vite renoncé à me les inculquer. La pratique du violon a fini par leur suffire. Et puis maintenant qu'ils ne rentrent quasiment plus au manoir, le problème est réglé. » conclut-il en haussant les épaules. John se doutait cependant que le sujet le touchait plus qu'il ne voulait l'admettre.

- « C'est d'accord. » finit par déclarer le Gryffondor, permettant ainsi à son ami d'éviter de poursuivre cette conversation si il ne le souhaitait pas. « A propos du bal. Par contre je dirais à tous ceux qui me le demandent que nous y allons ensemble juste en tant qu'amis. »

- « Comme tu veux. » répondit Sherlock d'un ton désinvolte, visiblement satisfait d'être parvenu à ses fins. « Tu as conscience que ça ne servira pas à grand chose ? »

- « Je sais. » se contenta de marmonner John. « Mais ça ne signifie pour autant que je n'ai pas le droit d'essayer. En tout cas, tu pourras dire que je suis réellement un un ami dévoué. Tu as intérêt à m'offrir un super cadeau de Noël pour te rattraper. »

- « Cette enquête t'intéresse au moins autant que moi. » dit le Serdaigle avec un sourire. « Et concernant ton cadeau, est-ce que cela signifie que je devrais renvoyer cette superbe frise chronologique des révoltes de Gobelins au cours des siècles que j'avais commandé chez Fleury et Bott ? »

Devant l'expression horrifiée de John, le brun rit doucement.

- « Ne fais pas cette tête. J'ai le droit de faire une blague de temps en temps moi aussi, non ? »

- « Il y a certains sujets sur lesquels on ne plaisante pas Sherlock. » répondit le Gryffondor en essayant de garder une voix impassible. Devant le sourire narquois de son meilleur ami, il éclata de rire à son tour. Ni l'un ni l'autre ne prêtèrent attention aux regards désapprobateurs du reste des élèves présents dans la pièce.


Note de fin : Encore une fois, non, cette histoire ne deviendra pas un slash, mais ça ne veut pas dire que je n'ai pas le droit de m'amuser un peu ^^ (après tout, Moffat & Gatiss le font bien..), d'autant plus que je sais que ça plaira à certaines d'entre vous ;)

Pour ceux qui n'auraient pas fait le rapprochement, l'enquête concernant Vector s'inspire donc de la nouvelle de ACD « L'homme qui rampait. » qui est en soi tellement barrée qu'elle ne nécessite pas un grand remaniement quand il s'agit de l'appliquer à un univers magique...

Comme toujours la suite dans deux semaines :D (d'ailleurs pour tout vous dire, je ne sais pas si je serais en mesure de garder ce rythme très longtemps...j'ai pris du retard ces derniers temps avec les cours & tutti quanti...croisons les doigts.)