BILAN

Voilà maintenant trois ans que je suis arrivée au NCIS. Je me souviendrai toujours que la première personne que j'ai rencontré, c'était Tony… Après l'enquête sur la mort de l'agent Todd, la trahison de Ari, son élimination et mon retour en Israël, j'ai demandé mon affectation en tant qu'agent de liaison au sein du NCIS. Cela m'avait semblé être une bonne idée, voire la meilleure solution par rapport au événements… Mais jamais, jamais, je n'aurais imaginé les conséquences que cela entraînerait…

Ma relation avec Gibbs a, au début été assez tendues… Il faut dire que je n'étais pas du tout habituée aux méthodes appliquées dans cette agence. Je ne comprenait pas son système de règles, et en plus général, leurs coutumes et expressions.

Sinon, je me suis tout de suite bien entendue avec McGee. C'est un chouette type, sans compter que ses connaissances en informatique sont impressionnantes…

Et Abby… Elle a eu plus de mal à m'accepter comme membre à part entière de l'équipe. Je ne sais pas comment j'ai fait, mais j'ai enfin su gagner son amitié, et j'en suis heureuse.

Tony… Que dire de lui ? A part que l'on s'est tout de suite très bien entendus. Une seule chose, que je ne comprenais pas dans notre relation, c'était ce petit jeu que l'on se plaisait à jouer, cet espèce de jeu de séduction mutuelle qui se manifestait par des sous-entendus très clairs, des attitudes assez provocantes, et au début, je me suis demandée si tous les américains agissaient comme cela entre collègues… Auquel cas, j'avais peut-être raison de me prendre au jeu. Ou bien si c'était juste Tony. Je me hasardai à demander à McGee, dans le ton d'une conversation, et il me répondit que c'était plus ou moins normal, mais que Tony n'était absolument pas étranger à ce besoin de séduire toute femme se trouvant à moins de deux mètres de lui. J'acquiesçai en souriant, mais n'arrivai pas mieux à comprendre notre relation, même si cela ne me déplaisait pas pour autant… Au contraire, je retrouvait le plaisir du contact avec un homme, sans préjugé. Surtout Tony, très libertin, n'ayant pas peur des mots, n'ayant honte de rien…

La première année était passée, sans même que je m'en rende compte. Des enquêtes toujours plus passionnantes, des rencontres, disons, intéressantes et les relations avec mes collègues de plus en plus enrichissantes, et surtout plaisantes. Jamais on ne m'avait dit ou prouvé au Mossad, que travailler avec des gens que l'on apprécie réciproquement pouvait être si agréable… Une année s'était donc écoulée et j'étais ce qu'on pourrait appeler 'satisfaite'. Plus les jours passaient, plus je m'attachais à eux. Cela me rendait heureuse, mais m'effrayait tout à la fois. J'avais peur d'en souffrir un jour venu.

Et le coup qui m'a été asséné, je ne l'avait pas vu venir.

Elle est entrée dans sa vie. A priori, cela ne me fit rien, tant de filles entraient dans sa vie… Mais les mois passaient et je me découvrais… Jalouse. Jalouse ? Moi ? Non. Enfin peut-être. Lui rencontrait quelqu'un avec qui il, j'en suis sûre, envisageait de passer sa vie, et moi, je tombais amoureuse d'un homme en train de mourir. Je découvris alors ce que l'on avait essayé de me cacher depuis des années ; que moi aussi je possédais des émotions, voire même des sentiments. Et à partir de ce moment, ils allaient m'empoisonner la vie. C'est ainsi que j'ai compris pourquoi on m'avait appris à les refouler.

D'une part, je regrettais le temps, où quasiment rien ne pouvait m'atteindre, où aucune émotion ne dictait ma conduite. Mais d'autre part, je maudissait ceux qui m'avaient empêché d'aimer, de ressentir de la compassion, de la peur, de la tristesse, car maintenant, tous m'arrivaient dessus et je ne savais les gérer.

Je ne savais gérer ma jalousie envers cette 'femme mystère', mes peurs et mes doutes, mes larmes, seule chez moi.

Quelque chose me manquait et je ressentais chaque jour la frustration me nouer la gorge, sans même que j'en connaisse l'origine. Il a fallu trois mots pour deviner ce qui me détruisait de l'intérieur. Trois mots prononcés par celui qui manquait à ma vie, un soir d'hiver, alors que nous étions seuls. Il était amoureux.

Amoureux d'elle. Et la vérité m'explosa au visage avec tellement de puissance qu'une bombe m'aurait fait moins de mal. Les bombes, les armes, ça me connaît, mais jamais, je n'avais demandé à être confrontée à ce genre de choses. Des sentiments, envers le seul que je n'avait pas le droit d'aimer. On travaillait à deux mètres l'un de l'autre, on risquait nos vies côte à côte, je ne devais pas. Et pourtant, le verdict est tombé, comme une sentence de mort. Ce mot, qui, à mon sens, ne concernait que les autres, venait de s'attaquer à moi.

Mais tout est allé si vite. Elle est partie, elle l'a laissé et nous avons découvert toute l'affaire sur La Grenouille. Puis, l'explosion de la voiture, dans laquelle j'ai cru le perdre… Je me suis longtemps demandée ce que j'aurais fait sans lui, car il était devenu mon point de repère, mon port d'attache au sein du NCIS, même si, ces deux dernières années, depuis son apparition, nos liens s'étaient largement distendus. Je ne le reconnaissait plus, même si je tentais d'apercevoir le Tony que je connaissait, le Tony dragueur, enfantin, taquin et séducteur. Mais leur séparation, plus que leur couple en lui-même, l'a bouleversé et il ne serait plus lui-même pendant un long moment.

Il me faudra plusieurs mois pour le retrouver, ne serait-ce qu'une toute petite partie de lui…

J'ai envisagé mon retour au Mossad.

Mais cette nouvelle femme que j'étais devenue, ne correspondait plus aux critères de l'agence. Mon père serait furieux de voir les méthodes américaines ayant déteint sur moi et jamais je ne pourrais retrouver ma place là-bas.

J'en ai parlé à Tim, je ne sais pas pourquoi, mais j'avais besoin d'en parler et j'étais assez à l'aise avec lui… Je l'ai invité à déjeuner et lui ai parlé de mes projets. J'ai cru le voir sauter au plafond, me disant que je n'avais pas le droit de faire ça, que j'étais désormais un membre de l'équipe à part entière et que sans moi, l'équipe serait une fois de plus amputée.

Je l'ai regardée, incrédule, mais néanmoins émue. Ses paroles m'avait, mine de rien, redonné le courage.

Je ne sais pas comment gérer tout cela, mais c'est un défi, et j'aime les défis. J'aime me battre pour mes intérêts et c'est une sorte de bataille contre moi-même, contre ce qui peut me détruire.

J'avais le choix, pourtant : succomber ou combattre.


Ce qui ne me tue pas me renforce.

Mes chers amis lecteurs, j'aimerais bien savoir ce que vous pensez de ce que j'écris, ne serait-ce que savoir si vous lisez ce que j'écris. Si personne ne lit, je ne vois plus trop l'intérêt de publier mes one-shots... Alors, je continue à publier ou pas ?