[NDA: Salut à toutes ! Je vous préviens, ce chapitre 9 est différent des précédents, il est aussi un peu moins long, et sert de transition pour ouvrir sur la seconde partie de cette fiction. Voilà, je l'ai écrit un peu comme pour Star Wars, genre j'ai commencé par la fin, puis par le début et après par le milieu. Heureusement, je ne me suis pas perdue mdrr.
Merci beaucoup pour vos reviews, j'ai lu toutes vos hypothèses avec un petit sourire mesquin, car aucune de vous n'a eu juste enfin bref je ne dis rien de plus. Je vais d'ailleurs vous répondre !
Aamy: Mdrrr je ne vais pas te juger sur ce que tu fumes, j'en fume aussi de temps en temps xD Ouais j'avoue j'imaginais bien la tête de Livaï quand l'autre suicidaire se vidait les entrailles sur le sol Oklm mdrr Alors soit il avait envie de le border, de prendre soin de lui, soit il avait prévu un deuxième round quand le bébé Eren serait dans un meilleur état, va savoir ;) Je l'imaginais trop se planquer sous la couverture, trop mignon, un peu de douceur après toute cette cruauté xD "Son air de Terminator" Putain c'est trop ça omg ! Une machine à fusiller du regard ce mec Mdrrr Ses affaires louches seront expliquées t'inquiètes, tu vas comprendre dans quoi il trempe mdrr C'est le passage que j'ai préféré écrire quand Eren se pointe comme une fleur alors que le malade mental lui avait dit de ne pas sortir de la chambre, le gars rien à foutre il se pointe à moitié à poil devant le président de la boite, tout va bien MDRRR Ne t'arrête pas de faire des pavés, je te jure j'aime trop lire tout ton blabla, je me tape de ces barres xD Je ne vais pas répondre à tes hypothèses et te laisser découvrir une partie des réponses dans ce chapitre, mais en ce qui concerne l'ex-assistant, ça va être expliqué aussi ne t'en fais pas, c'est une histoire compliquée, en même temps c'est Livaï quoi xD Merci beaucoup pour tes reviews miss ! :)
PerigrinTouque : Tout d'abord, merci beaucoup pour ta critique très constructive ! Je n'avais pas fait attention à mes répétitions, c'est vrai que j'ai souvent ce mot en tête quand j'écris certains passages, je ferai en sorte de moins le mettre. Oui c'est bel et bien un viol, atroce d'ailleurs, après j'ai dit lemon pour ne pas trop spoiler, mais Eren a prit vraiment cher, c'est sûr, mais cette scène n'était pas du tout sans raison, tu verras par la suite. En tout cas je suis contente que mon histoire te plaise malgré cela, et pour les questions que tu te poses, tout sera expliqué, je ne laisse rien d'inachevé, juste que les réponses viendront au fur et à mesure, pour garder un peu de suspense ! :) J'espère que la suite te plaira tout autant, et merci encore pour ton soutient. :)
Wildfell Hall : Je suis contente que ce chapitre t'aie plu ! Oui en effet, l'histoire bascule complètement, comme j'ai mentionné plus haut, on entre dans la seconde partie de l'histoire. Merci encore, je te laisse donc découvrir la suite en espérant rassasier un peu ta curiosité. :)
Kinderr : Oui je connais, j'aime beaucoup Marvel, DC aussi, d'ailleurs je suis fan de Spiderman depuis ma tendre enfance mdrr En tout cas merci pour ton soutien, ça me fait super plaisir à chaque fois ! :)
Voilà, sur ce, je vous souhaite une bonne lecture, n'hésitez pas à me donner votre avis, en espérant que ce chapitre vous plaise ! A la prochaine ! :) ]
Il était à présent vingt heures lorsque le châtain rentra chez lui après avoir terminé tout ce qu'il avait prévu de faire dans l'après-midi. Psychologiquement, cela avait été très dur pour lui, et il était exténué mentalement. Il se sentait sale, faible et vulnérable. De plus le Président lui avait dit qu'il passerait à son appartement ce soir même, entre vingt-et-une heures et minuit, une fourchette très large, qui bloquait le plus jeune pour toute la soirée. Même s'il savait bien que cela ne changeait rien à ses plans, n'étant pas quelqu'un de très occupé en soi. Il regarda une seconde fois son horloge, décidant alors d'aller se reposer pendant le peu de temps qu'il avait avant la venue aléatoire du plus vieux.
Il était donc dans son lit, sur le dos, les bras croisés derrière la tête, tandis qu'il fixait le plafond, dans l'incapacité de s'endormir. Son esprit était tant tourmenté que même avec le plus puissant des somnifères, il ne fermerait pas l'oeil une seule seconde. Pouvait-il réellement laisser son tortionnaire s'en sortir sans une seule égratignure ? Pouvait-il réellement continuer de vivre avec cette humiliation marquée au fer rouge par ce Livaï Ackerman ? Cette expérience n'avait été que trop horrible. Alors que ce malade avait pris son pied comme jamais, Eren lui n'avait pas ressenti une seule once de plaisir. Comment aurait-il pu de toute façon ?
Pourtant, une part de lui était prête à se donner entièrement au brun. Une part remplie de faiblesse, prête à sombrer dans les ténèbres avec ce monstre. Cette relation, serait-elle la seule qu'il vivrait dans sa vie ? Est-ce qu'un jour il retrouverait quelqu'un avec qui il est si facile de briser toute gêne, intimité et faux semblant ? Quelqu'un qui accepterait son côté sombre sans se poser de questions ? Quelqu'un qui le ferait vibrer à ce point, qui le ferait se sentir plus vivant que jamais ? Il était persuadé que cela ne lui arriverait plus jamais, car jamais il ne rencontrerait à nouveau une personne comme lui. Il était unique. Depuis qu'il l'avait rencontré, ce sentiment de solitude avait disparu.
Il n'était plus seul dans sa folie, il n'était plus le seul à devoir vivre avec cette petite voix qui murmurait continuellement des choses insensées. Et dans son fort intérieur, cela le rassurait. Si seulement ils n'avaient pas été tous les deux névrosés, cela aurait été tellement plus simple. Est-ce que le retour de cette solitude lui serait fatal s'il se vengeait ? Il savait bien qu'il ne reverrait plus jamais ce regard, ces yeux gris qui semblent venir d'un autre monde, ces baisers aussi surprenants qu'électrisants. Tout disparaîtra pour laisser place à ce sentiment de vide qu'il avait toujours connu.
Et rien qu'en y repensant, il ne pu retenir ses larmes de couler le long de ses joues, tandis qu'il se leva brusquement de son lit afin de filer dans la salle de bain. Ses larmes dévalaient ses joues sans retenue, tandis qu'il hoquetait par moment, le visage grimaçant de douleur. Putain c'était quoi son problème ? Pourquoi il réagissait comme ça ? Pourquoi ses réactions étaient si contradictoires ? Pourquoi était-il toujours partagé, ses pensées changeant sans arrêt comme le jour et la nuit ? Comme s'il y avait plusieurs Eren dans son esprit. Il se haïssait tellement d'être si faible et incompréhensible.
Il finit par lentement lever les yeux jusqu'au miroir au-dessus du lavabo, tandis que ces derniers s'agrandissent subitement. Il remarqua les nombreuses marques violacées au niveau de son cou, se rappelant immédiatement le moment où la main du brun broyait sa gorge. Avec une extrême lenteur, ses doigts vinrent se poser sur les traces colorées, les effleurant avec hésitation. Quant à son regard, il ne tarda pas à passer de la douleur à la haine profonde.
Il se griffa alors violemment le cou, mutilant sa peau comme pour les effacer, tandis que sa mâchoire se crispait brusquement, étouffant de nombreux cris de rage. Il voulait qu'elles disparaissent. Que ce monstre disparaisse en même temps qu'elles, et ce fut alors les mains et le cou tachés de son propre sang qu'une sonnerie lui fit quitter son état de transe. C'était la sonnette de son appartement. Après quelques secondes à reprendre ses esprits, il quitta alors sa salle de bain, sans même prendre le temps de se nettoyer, puis il entrouvrit la porte d'entrée, regardant la personne en face de lui, le visage fermé de toutes émotions.
Tandis qu'Erwin était concentré sur le dossier qu'il tenait dans sa main, il se prononça alors sans même regarder le plus jeune.
- Excuse-moi Eren, je suis en avance, ma réunion a été annulée.
Alerté par l'absence de réponse du plus jeune, il quitta alors son dossier des yeux afin de le regarder. Et là, il fut complètement dépassé par le spectacle qu'il avait sous les yeux. Cette vision d'horreur lui rappelait des souvenirs douloureux qu'il avait plus ou moins réussi à oublier. Il avait l'impression de revoir Livaï, onze ans plus tôt. Il se permit alors de poser son dossier sur le meuble de l'entrée après avoir fait un pas en avant, puis il obligea le plus jeune à lever la tête afin de connaître la gravité de ses blessures. Voyant que les plaies n'étaient pas profondes, il soupira longuement tout en croisant le regard du châtain, ce dernier était à deux doigts de fondre à nouveau en larmes.
- On va discuter, mais avant, il faut s'occuper de ça.
- ... Je... Je le hais...
Il répéta ces mots de nombreuses fois, avec une voix de plus en plus étranglée, jusqu'à fondre en larmes, son corps entier tremblant car ses nerfs venaient à nouveau de lâcher. Subitement, le plus vieux fit ce qu'il aurait fait avec Livaï. Il le prit dans ses bras, le serrant doucement contre lui afin de le rassurer et de le calmer. Sa main vint se faufiler dans ses mèches noisettes, les caressant de façon répétitive et ininterrompue.
Une bonne vingtaine de minutes plus tard, Eren était assis sur son canapé, enroulé dans un plaid, le cou habillé de compresses stériles maintenues avec du sparadrap, tandis que le plus vieux lui préparait un chocolat chaud, faisant comme chez lui. Le plus jeune avait les yeux encore enflés et rougis tandis qu'il regardait le blond préparer sa boisson, ne comprenant pas comment tout cela pouvait être possible. Un homme de son envergure, chez lui, dans son petit appartement, à ses petits soins. Il devait être en train de rêver, parce que dans la vie réelle, cela était tout simplement impossible.
- Tiens, bois, lui ordonna-t-il d'une voix conciliante tout en déposant la tasse sur la table basse.
- Pourquoi vous faîtes tout ça...? Vous ne devriez pas perdre votre temps avec moi, sincèrement... lui demanda-t-il tandis qu'il bu quelques gorgées afin de le soulager après cette crise aigüe.
Le plus vieux esquissa un léger sourire avant de s'asseoir sur le canapé à ses côtés, laissant reposer son bras sur le dossier de ce dernier. Il soupira longuement, avant de rétorquer d'une voix modulée.
- Je me suis occupé d'un suicidaire pendant plusieurs années, alors quand je me retrouve face à ce genre de situations, je ne peux pas rester sans rien faire.
- Un suicidaire ? Demanda instantanément le plus jeune, curieux.
Le blond sortit une cigarette de son boitier métallique, demandant à Eren du regard s'il pouvait fumer ici. Le plus jeune hocha doucement la tête, allant ensuite chercher un petit récipient pour qu'il serve de cendrier. Il se rassit après l'avoir apporté, attendant impatiemment sa réponse, la curiosité commençait à le dévorer. Erwin alluma sans tarder sa cigarette, puis lorsqu'il expira la fumée épaisse de cette dernière, il répondit donc au plus jeune.
- Livaï. La première fois, je l'ai surpris en train de se tailler les veines dans sa chambre avec un cutter. Une autre fois, il avait posé ses mains à plat sur la plaque électrique de la cuisine alors qu'elle était au niveau maximum. Une autre fois, il avait pris une de mes cigarettes puis il s'était brûlé tout le bras avec. Et il y en a eu bien d'autres, des situations comme celles-ci, malheureusement.
Eren ne croyait pas ce qu'il venait d'entendre, d'ailleurs sa surprise se lisait sur son visage. Il n'imaginait pas un seul instant le Livaï d'aujourd'hui tenter de mettre fin à ses jours. Il était abasourdi par cette découverte au sujet de son supérieur, ne s'attendant pas à une telle révélation, surtout vu son caractère actuel. Il se permit alors de poursuivre son interrogatoire, affamé de curiosité.
- Comment l'avez-vous rencontré...?
- C'était il y a onze ans. Je venais d'arriver des Etas-Unis, suite à un divorce compliqué. J'avais quitté l'entreprise que je dirigeais avec mon associé, et j'étais arrivé à Berlin avec mes parts d'actions. J'avais prévu de racheter le journal avec une partie de cet argent, et alors que j'avais rendez-vous avec l'ancien président de la maison d'édition, à mon retour j'avais surpris Livaï tentant de voler ma voiture. J'allais appeler la police, et il m'avait alors supplié de ne pas le faire. Car s'ils le ramenaient à sa famille d'accueil, il m'avait juré de mettre fin à ses jours sur le champ devant moi. Enfin bref, j'avais été touché par son histoire, et j'avais alors décidé de devenir son tuteur légal. Il s'était installé chez moi et je m'étais occupé de lui, jusqu'à maintenant. Suite à ses premières mutilations, je l'avais envoyé chez de nombreux psychologues, mais il n'y avait rien à y faire, pendant les séances, il restait muet comme une tombe, et il était impensable pour moi de le faire interner. Alors je me suis juré de le surveiller, d'essayer de le guérir par moi-même. Quand je t'ai dit que je l'avais rencontré dans le même état qu'aujourd'hui, je ne voulais pas te dire qu'autrefois, il se torturait lui-même.
Eren restait silencieux face à ce récit, ne sachant pas vraiment quoi dire. C'est le genre de révélations qui laissent sans voix. Malgré son visage très expressif, il restait silencieux et le plus vieux prit de nouveau la parole après avoir tiré longuement sur sa cigarette.
- Accepte l'argent que je t'ai donné Eren, utilise-le pour enlever les brûlures dans ton dos. J'ai aussi payé une opération à Livaï pour qu'il n'ait plus aucune marque sur le corps et qu'il reprenne sa vie à zéro. Fais-en de même.
Face au silence du plus jeune, décidément pas convaincu, Erwin ajouta alors, d'une voix sincère, et pleine de promesses.
- Je te promets qu'il ne posera plus jamais la main sur toi. Je vais le surveiller, tu as ma parole, Eren, alors reprends ta vie en main, et vas de l'avant.
Un léger sourire s'afficha alors sur les lèvres du plus jeune, ce qui surpris le blond, n'ayant pas l'habitude des changements de personnalité du châtain, tandis qu'il prit la parole, d'une voix agacée.
- Vous comptez soudoyer chaque personne qui croisera le chemin de ce malade, jusqu'à la fin de votre vie ? Vous vous voilez la face, vous ne pourrez jamais le surveiller complètement. Alors, lorsqu'il aura une prochaine victime, si elle ne fait pas le grand saut avant, vous sortirez à nouveau votre chéquier, et encore et encore, jusqu'à votre dernier centime. Car c'est ce qu'il se passera si on ne l'enferme pas. Alors arrêtez de...
- Il finira par guérir, Eren. Le coupa le plus vieux en fronçant légèrement les sourcils.
Eren fixa son homologue, le regard compatissant, comprenant bien qu'il n'était pas dans la réalité, qu'il avait décidé de fermer les yeux, dépassé par le comportement de son protégé. Il ajouta alors, en essayant d'être le plus convaincant possible.
- Vous ne lui rendez pas service à le couvrir. S'il a une chance de ne plus se comporter comme ça, c'est en prenant conscience qu'il ne peut pas faire ces choses abominables sans en subir les conséquences. Croyez-moi, il est persuadé qu'il ne lui arrivera jamais rien, car vous êtes là, donc il peut continuer en toute impunité. C'est vous qui alimentez son vice...
Il était à présent une heure du matin, Eren était dans son lit, le Président étant partit depuis un bon moment déjà, il n'arrivait pas à dormir. Il se remémorait sans cesse tout ce qu'ils s'étaient dit, constatant qu'à présent sa décision était prise, qu'il ne pouvait plus faire machine arrière. Il lui avait rendu son argent, condamné à garder ces marques de sévices toute sa vie, sauf s'il économisait, mais sans travail, ça allait être difficile. Car le plus vieux lui avait sommé de démissionner lorsque cette histoire serait terminée. Il ne lui restait pas beaucoup de temps avant de se retrouver sans emploi. Qu'allait-il faire après tout cela ? Allait-il devoir retourner dans sa petite ville, retourner auprès de sa famille ? Enfin si on pouvait encore appeler ça une famille.
Il savait que sa vengeance avait un prix, un très gros prix, mais après réflexion, il préférait voir ses rêves sombrer dans le néant, que d'imaginer son supérieur poser la main sur quelqu'un d'autre en toute impunité. Au final il se fichait pas mal de ce que le brun avait pu endurer, ce n'était pas une raison pour commettre des actes aussi cruels. Si ? Il ne savait pas vraiment ce qu'il avait vécu, le Président avait gardé le silence là-dessus, mais quoi que cela pouvait être, il ne pouvait pas s'en servir pour justifier ses abominations. Eren avait rapidement compris que le sadisme du brun n'avait pas toujours fait partie de lui, il s'était répandu comme un poison après de douloureuses épreuves. Ce qui était différent de lui, lui qui était né avec ce trouble, qui avait toujours vécu avec, le brun avait une chance de s'en sortir, contrairement à lui.
Et lorsque ses pensées se concentraient sur le brun, il ne pouvait plus revenir en arrière. Sa voix, son toucher, son regard, ses lèvres, rien que le fait d'y repenser, cela lui laissait un goût amer dans la bouche. Il fallait qu'il se débarrasse de cet Eren faible et manipulable, il n'allait lui attirer que des ennuis. Il fallait qu'il s'efface, au moins jusqu'à ce que sa vengeance soit accomplie, sinon il risquait de tout faire foirer. Une fois que le brun ne serait plus dans sa vie, loin de lui, il pourrait enfin tourner la page. Il prendrait un nouveau chemin, bien loin de celui dont il rêvait, mais il finirait par l'accepter, car après tout, il avait fait son choix. Il n'aurait jamais cru être un jour assez fort pour faire une croix dessus.
Deux jours avaient passé depuis qu'il avait rendu l'argent au Président, décidé à se venger. Eren était assit à son bureau, la joue posée sur sa main, regardant de façon monotone à travers la fenêtre qui donnait sur le grand boulevard. Il était deux étages plus hauts que celui de son supérieur, qui n'avait pas revu depuis cette horrible nuit d'ailleurs. Portant une écharpe autour du cou, il ne pouvait pas laisser ses mutilations à la vue de tous. Son travail consistait à trier des documents d'archives, un travail bien différent de celui qu'il aurait pu avoir s'il avait mis sa rancoeur de côté. Mais il savait que ce travail, aussi inintéressant fut-il, ne durerait pas. Il pouvait se retrouver sans emploi à tout moment, car tout dépendait de leur venue à présent. Les voitures défilant sous ses yeux l'hypnotisaient, il était à deux doigts de s'endormir, quand soudain, l'une d'entre elles attira beaucoup plus son attention. Comprenant rapidement de quoi il s'agissait, il se leva brusquement de son bureau, se ruant jusqu'à l'ascenseur afin de descendre deux étages plus bas. Il traversa ensuite rapidement la grande salle de travail afin de se rendre jusqu'au bureau de son supérieur.
Une fois devant la grande porte, un violent frisson parcouru son dos, suivit d'un lourd pincement au coeur. Il finit par finalement secouer vivement la tête afin de chasser ses pensées contradictoires de son esprit. Il posa sa main sur son cou, à travers son écharpe, à l'endroit où le brun l'avait étranglé, se rappelant ses propres hurlements, et de l'horrible douleur qu'il avait dû supporter pendant de nombreuses minutes à cause de lui. Il se rappela ensuite ces longues heures à l'hôpital, ce médecin détaillant son corps, l'examinant jusqu'au plus profond de lui, ce sentiment de honte quand il dû s'expliquer, raconter à des inconnus comment il avait été souillé. Quand tout à coup son regard s'assombrit. Non, il ne devait pas fléchir. Il devait rester sur sa décision. Ce fut bon, le Eren sans pitié était de retour. Il toqua donc doucement à la porte, puis dès qu'il eut la permission d'entrer, il ne se fit pas prier et pénétra dans la pièce, prenant soin de refermer la porte derrière lui. Le brun semblait particulièrement surpris par la soudaine visite de son petit bouffon, il se leva alors de son fauteuil puis avança lentement jusqu'à lui, le regard toujours aussi désagréable que d'habitude.
- Tiens, Jäger, que me vaut cette visite ? Lui demanda-t-il d'un ton hautain tandis qu'il s'approcha dangereusement du plus jeune.
Pour la première fois, Eren n'était pas dépassé par les événements, même le rapprochement de son supérieur ne l'effrayait pas, au contraire, avec un fin sourire aux lèvres, il commença alors à lui expliquer la raison de sa visite surprise, son regard plongé dans le sien, sans fléchir.
- Vous devez vous sentir tellement puissant, de faire ce que bon vous semble, avec n'importe qui, sans jamais en subir les conséquences, je vous comprends tellement... Qui pourrait résister à la tentation ? Certainement quelqu'un de sain dans sa tête, ce que nous ne sommes pas tous les deux.
Face à l'incompréhension du brun, il passa alors lentement la main sur la joue de ce dernier, afin de la caresser avec une extrême douceur à l'aide de son pouce, tandis qu'il le sondait toujours du regard, d'un regard déterminé, rempli de défi. Il poursuivit alors, sur le même ton calme et doux.
- Vous gardez toujours un contrôle absolu sur tout, et c'est ce qui fait votre force. Mais en vous en prenant à moi, vous avez commis une erreur. Vous croyiez que mon rêve était la chose la plus importante dans ma vie, que vous pouviez vous en servir contre moi, pour me manipuler à votre guise, mais il y a une chose que vous ignoriez à mon sujet.
Il rapprocha subitement et dangereusement son visage, afin que leurs lèvres ne soient qu'à quelques centimètres de distance, tandis qu'il gardait ce même sourire de déséquilibré sur son visage. Il murmura alors d'une voix fluide, empli d'assurance et de fierté.
- Moi aussi je suis capable de sacrifier ce qui m'est le plus cher afin de détruire quelqu'un.
Suite à cette déclaration, il déposa alors un lent baiser sur les lèvres du brun, avant de reculer de nouveau son visage, sans rompre cet échange de regards électriques. Ce fut à son tour de lui donner le baiser de la mort et il en jubilait intérieurement, tandis que ses yeux pétillaient d'une façon plus que malsaine. Et ce fut alors sur cette dernière phrase qu'il termina donc son monologue.
-Livaï... Va pourrir la gueule ouverte en enfer.
Eren finit par reculer vivement, laissant son supérieur dans une incompréhension totale, tandis que lui le fixait avec un regard brûlant de satisfaction, le regard qui disait avec arrogance "J'ai gagné". Après quelques brèves secondes dans un silence plus que pesant, la porte du bureau s'ouvrit brusquement en grand, laissant deux hommes en uniforme apparaître et se diriger sans tarder vers le brun, avant de lui passer les menottes.
- Livaï Ackerman, vous êtes en état d'arrestation pour viol, séquestration et sévices. Vous avez le droit de garder le silence, si vous ne voulez pas exercer ce droit, tout ce que vous direz pourra être utilisé contre vous lors de votre procès. Vous avez le droit à un avocat, si vous n'en avez pas les moyens, un avocat d'office pourra vous être accordé par la cour.
Eren ne le savait pas encore, tandis qu'il exultait sans s'en cacher, il ignorait que son choix allait lui coûter beaucoup plus cher que ce qu'il avait décidé de sacrifier.
To be continued...
