Pour la première fois depuis des mois, Regina dormit paisiblement après avoir lutté des heures pour trouver le sommeil. Aucun souvenir, aucun cauchemar ne vint hanter son esprit. Reposée, détendue, un sourire inexplicable plaqué sur ses lèvres la jeune femme repoussa les draps et s'étira, voulant profiter encore un peu de ce moment qu'elle n'attendait plus. Une fois parfaitement réveillée elle sortit du lit et enfila son vieux peignoir en laine grise. Alors qu'elle passait la deuxième manche, Regina aperçut son reflet dans le miroir de sa coiffeuse. La présence de l'agent Lewis lui revint en tête. Il était probablement encore en bas. Sans vraiment y réfléchir elle se débarrassa de son vêtement ingrat et s'empressa de fouiller frénétiquement dans son dressing. La jeune femme trouva finalement ce qu'elle cherchait, un déshabillé en dentelle noir, qui une fois noué laissait entrevoir la naissance de sa poitrine et qui lui arrivait juste au-dessus du genou. Avant de franchir la porte, elle vérifia une dernière fois que sa coiffure n'était pas trop désordonnée et que son visage n'était pas trop marqué par la nuit.
En descendant l'escalier, Regina sentait son estomac se contracter, marque d'une légère excitation digne d'une adolescente. Pieds nus, la jeune femme visita une à une les pièces du rez-de-chaussée sans trouver le moindre signe de la présence de l'agent. Une pointe de déception se fit sentir. Se rendant compte de son état, elle se flagella intérieurement. Comment pouvait-elle se laisser aller à de pareilles émotions. Elle était forte, indépendante, intouchable, elle était l'Evil Queen ! Elle ne pouvait s'autoriser ce genre de sentiment.
Niant tout ce qu'elle avait pu ressentir la veille, assise aux côtés de Lewis, sa main dans la sienne, Regina s'empressa de se faire couler un café séré. Il fallait qu'elle se ressaisisse. Elle devait se ressaisir ! Cependant toutes ses convictions vacillèrent lorsque la porte d'entrée claqua. Elle fixa le seuil de la cuisine et un léger sourire éclaira son visage bien qu'elle luttait pour le contenir. Le visiteur n'était autre que l'homme qui n'avait pas quitté ses pensées de toute la nuit. Ses bras étaient chargés de deux gros sacs en papier qu'il déposa sur la table.
« Bien dormi ? », s'enquit il en lui souriant.
« Hum pas vraiment, je n'aime pas savoir des étrangers dans ma maison », mentit elle d'un air parfaitement détaché.
L'agent laissa un petit rire franchir ses lèvres mais ne commenta pas. Il ouvrit les sacs et en sortit plusieurs gobelet qu'il disposa devant lui.
« Café, thé, Cappuccino, jus d'orange. Je ne savais pas ce que vous préfériez donc dans le doute j'ai pris un peu de tout. », dit-il tout en déballant également des pancakes, des pains au chocolat et des bagels.
Regina le toisa, surprise par l'attention. Son regard se porta ensuite sur les différents achats. Elle réfléchit quelques instants puis arqua un sourcil.
« Vous cherchez à me soudoyer agent Lewis ? », demanda elle avec un petit sourire espiègle au coin des lèvres.
L'homme se mit à rire. Il prit un pain au chocolat dans sa main et contourna la table pour venir se placer juste à côté d'elle.
« Goutez moi ça… », souffla t'il en arrachant un morceau de la viennoiserie qu'il porta lui-même aux lèvres de la jeune femme.
Regina hésite un instant. Son regard se porta sur le pain et elle sentait les yeux de l'agent braqué sur elle. Etrangement elle se laissa tenter et ouvrit la bouche pour prendre le morceau. Alors qu'elle savourait le chocolat qui croquait sous ses dents, la jeune femme sentit que l'homme se rapprochait dangereusement d'elle. Son estomac se contracta douloureusement et elle eut du mal à avaler sa bouchée.
« Arrêtez de faire ça. », lâcha t'elle dans un souffle tandis que sa main venait faire barrière en se posant sur le torse de l'agent.
« De faire quoi ? », susurra t'il a son oreille, son visage frôlant le sien.
La deuxième main de la jeune femme se posa à côté de sa jumelle. Comme paralysée elle ferma les yeux, profitant du souffle chaud de l'homme dans son cou. Le contact la fit frissonner. Il était trop proche. Trop proche pour qu'elle puisse respirer normalement, trop proche pour qu'elle puisse réfléchir. Lewis plongé dans son cou semblait aspirer son odeur. Parfois son nez effleurait sa peau et Regina sentait des frissons parcourir son corps.
« De faire ça… », répondit elle, risquant un arrêt cardiaque à chaque seconde.
L'agent Lewis recula légèrement sa tête et plongea ses yeux dans les siens.
« Vous n'aimez pas ? », demanda t-il avec un sourire taquin.
« Je…si….enfin non…je…ce n'est pas convenable… », bredouilla t'elle loin d'être convaincante.
L'homme agrippa ses hanches et la souleva comme si elle était aussi légère qu'un plume pour finalement la déposer sur la table. Sous l'effet de la surprise Regina laissa échapper un petit cri mais se laissa faire. Son déshabillé remonta, découvrant légèrement ses cuisses. La main de Lewis se posa sur son visage. Ses doigts glissèrent sur ses joues, sur sa mâchoire, sur ses lèvres tandis que leur regard ne pouvaient se détacher l'un de l'autre. La jeune femme sentait son cœur tambouriner dans sa poitrine. Elle avait l'impression de planer, de se sentir en vie. Elle ne le connaissait pas et pourtant il avait toute sa confiance. Transportée dans un autre monde, elle agrippa les pans de sa veste et écarta les jambes, lui intimant implicitement de se rapprocher d'elle. La bouche de l'agent se posa d'abord sur son front. Elle glissa ensuite sur sa joue, effleura sa mâchoire. N'y tenant plus la jeune femme tenta d'emprisonner ses lèvres dans les siennes mais l'homme se recula amusé. Frustrée Regina tenta de nouveau mais l'homme fut plus rapide et plongea dans son cou. Cette fois il ne se contenta pas de la frôler, ses lèvres aspirèrent délicatement sa peau. La main de l'agent se posa sur sa cheville et remonta centimètre par centimètre pour finalement s'arrêter sur sa cuisse. La sulfureuse brune sentait littéralement son sang bouillir dans ses veines. Lewis continuait à déposer des centaines de baisers dans son cou. Regina soupira d'aise mais elle aurait voulu lui crier de l'embrasser. Elle en voulait plus. Elle fit remonter sa main sur le torse de l'homme jusqu'à sa mâchoire qu'elle agrippa fermement, l'obligeant à lui faire face. Son regard se porta immédiatement sur sa bouche. Elle avait cruellement envie d'y gouter. Alors qu'elle l'attirait à lui, elle fut coupée dans son élan.
« On a besoin de vous au bureau du shérif, on a arrêtez un homme », déclara une voix derrière elle.
Immédiatement Lewis se détacha d'elle, il se recula, lui laissant la possibilité de descendre de la table. L'agent Taylor se tenait dans l'entrée de la cuisine, et Regina se rendit compte du regard noir qu'il jetait à l'agent Lewis. Terriblement gênée elle ne savait que dire.
« Je vous attends dehors. Tous les deux. », lâcha t-il avant de tourner les talons.
Regina jeta un petit regard en coin à Lewis, ce dernier semblait également très mal à l'aise. Sans un mot elle quitta la pièce et monta à l'étage pour se préparer.
En moins de vingt minutes elle fût lavée, habillée, coiffée et maquillée. Tous montèrent dans la voiture de Taylor. Le trajet lui parut durer des heures. L'ambiance était tendue, seul le conducteur parlait.
« Des gens l'ont vu trainer vers le pont à péage, ils ont trouvé qu'il se comportait bizarrement alors ils ont appelé le shérif. On ne sait pas qui il est, il n'avait aucun papier d'identité sur lui mais par contre ses poches étaient remplies de chose ayant appartenu à certaines victimes. Ils nous attendent pour commencer l'interrogatoire.», expliqua l'agent.
Regina elle n'écoutait que d'une oreille. Elle était encore bouleversée par ce qui c'était passé avec Lewis. De plus des centaines de questions se bousculaient dans son esprit. Elle ne comprenait pas la réaction de celui qui les avait trouvés. Il aurait pu être surpris, gêné mais il avait seulement semblé contrarié. Presque en colère contre son collègue. L'était-il parce qu'un agent en service n'était pas censé faire ce genre de chose pendant son travail ? N'était-ce pas la première fois qu'il découvrait Lewis avec une femme ? N'était-elle qu'une énième conquête du chef d'équipe ?
Avant qu'elle n'ait pu trouver une réponse probable, ils arrivèrent devant le bureau du shérif. Elle chercha un instant le regard de l'agent Lewis mais celui-ci semblait la fuir. Une fois à l'intérieur Emma les conduisit directement à la salle d'interrogatoire derrière la vitre sans teint. Regina s'approcha et observa le jeune homme qui y était assis. Son visage lui était parfaitement inconnu. Il était extrêmement sale, de la boue tâchait ses vêtements déchirés et ses cheveux longs étaient gras, pleins de nœuds. Il ne devait pas avoir plus de vingt-cinq ans. Il semblait très nerveux. Son corps se balançait d'avant en arrière à un rythme particulièrement soutenu et ses yeux roulaient dans leurs orbites. Il était effrayant.
Regina vit la porte s'ouvrit et l'agent Lewis pénétrer dans la salle. Sans un mot il tira une chaise et s'assit en face du suspect.
« Je suis l'agent Lewis, je fais partie du F.B.I, je vais devoir vous poser quelques questions. », déclara t'il d'une voix grave.
Le jeune homme ne sembla même pas se rendre compte de sa présence. Il continuait son mouvement incessant sans dire un mot.
« Comment vous appelez vous ? », questionna Lewis.
Pas de réponse.
L'agent jeta un rapide coup d'œil en direction de la vitre sans teint puis ouvrit le dossier qu'il tenait devant lui. Sans vraiment pouvoir voir, Regina reconnut tout de même les photos des victimes. Lewis les disposa sur la table. Cette fois le jeune homme sembla sortir de sa bulle, son basculement s'arrêta un instant et ses yeux se posèrent sur les clichés.
« Vous connaissez ces jeunes filles ? », demanda l'agent.
Le suspect leva les yeux vers lui avant de se prendre la tête entre les mains et de recommencer à bouger dans tous les sens.
« Il veut pas ! Il veut pas ! Elle a peur ! Elle cri ! C'est pas lui, c'est l'autre. Il faut arrêtez. S'il vous plait arrêtez ! Faites pas ça ! », couina t'il en se recroquevillant, ses jambes venant s'écraser contre sa poitrine.
L'attitude étrange du jeune homme donna à Regina la chair de poule. Elle jeta un regard aux autres agents autour d'elle mais tous observaient fixement la scène.
« Qui c'est l'autre ? », tenta l'agent Lewis.
Le suspect s'arrêta une nouvelle fois. Il tourna doucement la tête vers son interlocuteur, les yeux presque exorbités et frappa ses paumes de mains sur la table.
« C'est lui ! C'est le grand démon ! Il est maléfique, maléfique, maléfique ! », se mit il a hurler en se levant.
Immédiatement l'agent King quitta la pièce et alla rejoindre son coéquipier. En le voyant le suspect se rassit et se recroquevilla de nouveau sur sa chaise. Il reprit ses balancements, cette fois en couinant comme un animal blessé.
King s'assit sur la chaise à côté du jeune homme.
« Hey petit. Calmes toi, tout va bien. Dis-moi, où a tu eu ce bracelet ? », demanda t'il d'une voix douce en sortant un sachet contenant un bracelet en or.
Le jeune homme sembla s'apaiser et tourna la tête pour regarder ce que l'agent lui montrait.
« Il l'a pas volé. Jamais il vole. Juste trouvé. Pas volé », répondit il, ses yeux clignant frénétiquement.
Derrière la vitre, Regina commençait à s'impatienter. Il était clair que personne ne pourrait rien tirer de ce malade.
« Vous croyiez vraiment qu'il est responsable de ces meurtres ? », lâcha t'elle exaspérée.
« Non ! Il souffre très clairement d'une psychose. Il serait incapable de garder une victime et de tout organiser. Par contre il est fort probable qu'il ait vu quelque chose. », répondit l'agent Davis.
« Qu'est-ce que vous voulez tirer de ça ! », s'exclama t'elle en désignant le jeune homme derrière la vitre.
Au même instant, l'agent Lewis et l'agent King pénétrèrent dans la pièce.
« Pour aujourd'hui rien du tout. Il faut le faire hospitaliser. Ils arriveront peut être à trouver un traitement adapté pour faire diminuer ses crises. », affirma l'agent Lewis
C'était la première fois qu'il s'adressait à elle et osait la regarder en face depuis que Taylor les avaient surpris dans la cuisine. Regina elle s'empressa de détourner les yeux.
« Shérif venez avec moi, il faut contacter l'hôpital. », déclara t'elle avant de quitter la pièce.
Sorciere d'Emraude : Non je ne m'inspire de personne pour Lewis ou du moins peut être pas consciemment ^^
