L'air dans un couloir n'a pas la même consistance qu'ailleurs, quand on laisse la lumière s'éteindre. Dans les ténèbres, sans contour, est-ce que les choses ont un nom ? Etait-ce Deku, ou Izuku, qui se tenait, contre ce mur, sans qu'on puisse distinguer son visage ? Des volutes s'étiraient dans la profondeur insondable de l'espace, traversé de cabales, d'un obscur grondement. Et il semblait que l'air écoutait, la présence des murs se donnait à sentir, opaque, la distance n'existait plus, et toutes choses murmuraient.

Le garçon aux yeux couleur rouille, il était assis dans ce bureau sur ce siège en plastique comme nulle part, ses cils continuaient de battre pour chasser les poussières qui se logeaient dans ces globes éteints, et sa poitrine continuait à se soulever.

Ils en avaient fait, des défis, des tests de courage. Izuku, le dernier de chaque course, le premier à fuir, à pleurer de peur dans le noir, à tomber, demander "devrait-on vraiment faire ça ?", le timoré, le lâche, l'incapable, il perdait et perdait encore. Il perdait mais pourtant il continuait à les suivre, comme si pour son salut, il lui fallait absolument le rejoindre, le garçon qui courait au devant, ouvrant la voie, en amont toujours.

Explorer le tunnel sous le pont, où il faisait si sombre. Voler une barque pour naviguer sur l'étang. Plonger du haut du grand rocher. Mission de capture du pigeon. Le vol de l'os à moelle du chien des voisins. Demander de la monnaie aux yakuzas du coin. Traverser la grande voie et arriver vivant de l'autre côté. Escalader l'arbre sacré du temple.

Il avait peur et il perdait, Izuku, mais il serrait encore les poings pour affronter les épreuves, aussi stupides, dangereuses ou difficiles soient-elles. Jamais il n'avait dit non. Il voulait trop gagner leur estime ; suivre Katsuki jusqu'au bout du monde ; un jour il le rattraperait, et il le regarderait à son tour.

Mais quand Katsuki se retournait, il l'accueillait de ces mots : "Tu es trop nul, Deku !". Toujours quels que soient ses efforts, son rire le cinglait et lorsque ses yeux se posaient sur lui, ils étaient cruels, comme face à l'insecte dont il arrachait les pattes. Et Deku souriait lui aussi, pour copier les sourires des autres, être dans le coup, rire avec eux, ne pas rester exclu.

Et puis tout s'était accumulé jusqu'à ce qu'il n'ait plus la force de sourire. Tous ces défis toujours plus absurdes : combien de temps tu peux retenir ta respiration, quand je te plonge la tête sous l'eau ? Même pas cap de résister face à une explosion ? Tu portes nos sacs, Deku ? Allez, déconne pas, c'est pas lourd ! Oui, bien sûr, tu peux venir avec nous... Mais va falloir prouver ta valeur. T'as du courage ou t'en as pas, le nerd ? Alors, ton portemine, t'as qu'à te le planter, là, sous l'ongle... Quoi, t'arrêtes pas de les ronger de toute façon, c'est dégueulasse... Pas comme ça, idiot, fait le franchement ! Oh, les gars, il l'a vraiment fait, putain, ce taré, il l'a fait ! Hé, ça te fait rire, toi aussi ? Arrête de sourire, tu me dégoûtes. Tu sais faire que ça, sourire ? Tu es content de te faire traiter comme une merde ? Tu es content de ta vie de déchet ? Je vais t'aider. Je vais t'apprendre la vie. Je vais effacer ce sourire stupide de ta petite gueule de fouine.

Deku attendait Katsuki ; dédoublé dans cet indéterminé de la pénombre - celui qui pouvait tout ? Celui qui ne pouvait rien ? Porteur de la responsabilité, du désir d'être le héros qui sauverait le monde - tout le monde - pouvait-il seulement se sauver ?

Bakugo ne disait rien. Les mots ne sortaient pas ; comment aurait-il pu formuler le magma incohérent des sentiments qui submergeaient son âme ?

Lorsqu'il s'échappa de chez le psy, un raisonnement se fit dans sa tête. Ce n'était pas qu'il ne pouvait pas parler, c'est qu'il n'avait rien à dire : il allait bien et sa journée s'était bien passée. Il s'en foutait, de la greluche invisible, un simple accident, qui aurait pu arriver à n'importe qui mais il fallait que ça tombe sur sa gueule. Et il repassait le film de sa journée, réécrivait par dessus. Il avait eu sa revanche, sur Mina, Sero, Denki surtout et si miss transparente était dans le passage c'était sa responsabilité à elle. Il était arrivé premier, il avait battu Deku et Todoroki haut la main, All Might l'avait félicité et c'était tout ce qui comptait, c'était tout. C'était une putain de journée en fait, une putain de journée brillante. Il avait mis toutes ses forces dans le challenge et il avait tout donné et il avait gagné. Prends ça, l'univers. C'était une bonne journée. Ils étaient tarés à l'envoyer chez le psy. Rien à faire, rien à faire, il avait gagné.

Fatigué, il se hâta de rentrer, remplissant son esprit des formules toutes faites. Il fallait qu'il dorme au plus vite. Son entraînement du lendemain en dépendait.

Par principe, il prenait rarement l'ascenseur. Tout le monde était déjà couché depuis un bon moment. A l'étage, il poussa la porte et déboucha sur le couloir du dortoir. Il ne souhaitait pas se réveiller par une vive lumière dans la gueule et ne toucha pas à l'interrupteur. Il faisait assez sombre, mais il connaissait par coeur les pas qui menaient à son lit : il aurait pu faire le trajet les yeux fermés. Pourtant, ce soir-là, sans doute du fait de son épuisement, le couloir paraissait plus long, les distances élastiques, le familier étrange.

Dans ce lieu de passage, de fenêtres verrouillées par des volets renforcés - mesure anti-villain - qui ne donnaient sur rien, bouchées, de portes muettes entrebaillées sur des soupirs - à cette heure hors du jour, il lui semblait, après cette journée impossible, avoir été transporté dans un entre deux mondes.

Après l'angle du couloir, là où débutaient les chambres, l'ombre semblait s'être amassée, repoussée, rendue plus noire encore par une petite fenêtre de lumière rectangulaire, bleutée qui éclairait faiblement la main tenant le portable et le visage penché dessus.

On aurait dit que la tête de Deku flottait dans le néant.

Parfois par le passé la petite brute avait attendu de la sorte à la fin des cours, il l'attendait adossé au mur, une silhouette embusquée nonchalamment, dans tel ou tel couloir, qui faisait aussitôt naître la question dans la tête d'Izuku : "Qu'est-ce que j'ai fait de mal ?". Parfois, le nerd tentait de s'enfuir, uniquement pour se faire rabattre par un complice qui attendait derrière ; parfois il avançait résigné jusqu'à son bourreau, sachant qu'il ne pouvait revenir en arrière.

Katsuki, dès qu'il vit le garçon, se figea aussitôt. Tout remontait.

Le regard vague, inexpressif s'anima, se tourna vers lui et Deku rangea aussitôt son téléphone dans sa poche, les plongeant tous deux dans le noir. Aucun ne fit de geste vers le bouton le plus proche, les yeux rivés vers l'autre tandis que leur vision s'accommodait aux ténèbres.

Il l'attendait.

Il suffit que cette forme s'imprime sur sa rétine pour bloquer l'air dans ses poumons. Le petit tissage de mensonges, cette trame de pensée rassurante et familière qu'il répétait depuis tout à l'heure fut déchirée par un éclat de ces yeux vert bouteille.

L'émotion qui fusa alors dans ses veines, au delà de la raison, impossible à arrêter, c'était la peur. Malgré lui, à son corps défendant, quelque chose qu'il n'aurait pas dû ressentir se répandait joyeusement, libérant dans son être comme une sorte d'ivresse. De vertige. Car au delà du choc, il savait quelque part qu'il serait là, il avait toujours su qu'un jour il serait là à l'attendre.

Comme Deku l'avait guetté, comme il l'avait harassé, en marge de ses pensées, tout le jour durant. Comme si sa silhouette avait été tatouée de force, là, au revers de ses paupières - il ne pouvait y échapper - comme si, plus il tentait de l'oublier, plus son existence s'imposait à lui.

Impermanent, inconséquent, insignifiant.

A son insu, il n'oubliait pas. A son insu, il n'avait pas oublié. Alors qu'il n'en avait rien à foutre, qu'il était celui qui devait impressionner les autres... Deku s'était imprégné à lui, s'était imprimé en lui, Deku ne le lâchait pas, Deku hantait ses pensées.

Il suffit de ce regard bref pour qu'il vacille.

Le garçon qui incarnait tout ce qu'il voulait laisser de côté.

Voilà qu'il se dressait devant lui, qu'il lui barrait la route, et Katsuki plissa les yeux pour scruter l'ombre qui lui dérobait la vision de son ennemi intime.

Ils s'étaient évités, regards volés, comme deux pôles d'un aimant.

Izuku l'attendait.

Il se tenait là coeur battant décidé à faire face, à affronter sa peur. A lui parler.

Et les paupières se soulevèrent à nouveau - le vert éteint parut - une goutte olivâtre dans un océan noir, forme pâle, incertaine, d'un visage mal dessiné dans les ténèbres - reflet vague de la lune.

Chaque fois que cet oeil vert était braqué sur lui, Katsuki sentait son souffle brûlant se prendre dans sa gorge.

Je vais passer l'examen d'entrée de UA.

Je n'ai plus peur de toi.

(xxx_xexx_xxxxxxxxxx_x_x_xxxx)

Qui était-il, celui qui s'acharnait à échapper à sa compréhension, ses limites, ses définitions, ce souffle sur son cou, prêt à le rattraper, prêt à le dépasser ?

C'était comme d'être suivi dans une forêt déserte - on se retourne, ne voit rien, reprend la marche - le son est toujours là ... Qu'il pose ses yeux sur le nerd, qu'il s'adresse à lui, et Deku baissait la tête, s'affaissait, s'effaçait, fuyait devant sa colère. Comme si tout était normal. Que rien n'avait changé. Deku avait peur, tout allait bien, rien ne bougeait. Et puis il sentait, dans son dos, son regard, et soudain, voilà qu'il se dressait devant lui, plein de défi, de son visage faux de héros de pacotille que tout le monde applaudissait - des sourires pleins les lèvres, du courage plein les yeux, hypocrite, hypocrite, il n'avait pas le droit.

Et il était là à l'attendre - et les yeux se connectèrent aux siens sans qu'il puisse rien y faire, et tout revint en bloc.

"Bouge." retentit sa voix, bizarrement déformée dans l'opacité du couloir.

Il ne bougea pas. Il ne bloquait pas le passage, en appui contre le mur, mais pour quelque raison il ne voulait pas l'approcher davantage. Il y eut un silence où l'on entendait clairement leur respiration. La présence du nerd, seul à seul, le mettait mal à l'aise. L'obscurité pressait contre leur peau, s'engouffrait dans leurs narines, leurs oreilles, leur bouche. L'air paraissait visqueux, s'opposait au mouvement.

Ce n'était pas sensé arriver. Rien de ce qui s'était passé cette journée n'était sensé se dérouler comme ça. Tout avait dérapé à cause de son nom, de ce maudit nom. Est-ce que Deku venait le railler à ce sujet, comme lorsqu'il l'avait poursuivi après leur combat, comme s'il ne pouvait s'empêcher de l'humilier, le forcer à reconnaître sa défaite ?

L'éclat obscur vacilla encore un instant et puis ce fut fini. Le nerd avait détourné le regard. Bakugo serra les poings. Il détestait cela - une force inconstante, une assurance qui allait et venait, écrasante et puis en un instant, plus rien que la faiblesse, plus rien que Deku, l'étrange, l'outsider inadapté qui balbutiant trébuchait - semblait avoir peine à être, purement et simplement. Cela le mettait en rage, et il voulait le pousser l'agresser pour faire renaître chez lui un semblant de défi, d'animosité, une réplique, n'importe quoi qu'il aurait pu comprendre.

Que celui qui avait ravi son rêve ne soit pas ce minable loser incapable de soutenir son regard.

"Je n'arrivais pas à dormir..." la voix douce du nerd se glissa jusqu'à lui. Tourné vers lui, il agrippait sa manche gauche comme pour se protéger, yeux fixés sur le sol.

Il ne répliqua pas face à l'inanité de ce commentaire. Il n'avait, pour regagner sa chambre, qu'à devancer le naze ; l'ignorer, passer devant - mais cette ultime épreuve semblait au-dessus de ses forces. Deku détourna les yeux nerveusement, face à son regard fixe d'épervier menaçant.

"Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ? Tu veux une berceuse ? Un bisous magique ?" grinça-t-il finalement entre ses dents. "Demande à All Might de venir te border..."

Le garçon dans l'ombre lui lança un coup d'oeil surpris, alarmé par la remarque puérile. Bakugo, lassé de son immobilité, passa outre son pressentiment et s'apprêta à le doubler, dans la claire intention de rentrer dans sa chambre. Jusque là, rien dans l'apparence inoffensive de Deku ne corroborait son impression, et il comptait l'ignorer comme il avait fait jusqu'alors. Mais au moment où il s'avançait, le nerd fit un pas en biais, se plaçant au milieu du couloir, prononçant "Kacchan..." d'une voix atone.

En une seconde, voilà qu'ils étaient presque l'un contre l'autre. Bakugo émit un râle d'agacement - instantanément, sa pression artérielle augmenta et son souffle se fit plus court - l'attitude du garçon ressemblait à une provocation et excitait son désir d'en découdre. Il se retrouvait forcé de le bousculer ou de stopper sa marche. Face à lui, Deku était l'image même de l'hésitation, pâle fantôme qui s'effaçait sous ses cheveux obscurs, les yeux masqués par les boucles, fragile malgré sa stature qui s'était élargie, il respirait le doute. Alors, pourquoi se tenait-il en travers de son chemin ? Pourquoi lui, l'avorton, le minable, sa cible, pourquoi lui ? Il ne comprenait pas, s'il fuyait, s'il se battait. S'il avait peur ou s'il faisait semblant. S'il se jouait de lui, de ses nerfs. S'il était fort ou faible. Et il se hérissait là à supporter cette présence immédiate, inesquivable.

"Dégage !" aboya-t-il, et il put voir le nerd tressaillir douloureusement au son de sa voix. Mais sans battre en retraite, seulement en rentrant le cou comme un chiot maltraité.

Alors quoi, quelle direction prendre, vers l'avant, en arrière ? Mais Bakugo n'avait jamais reculé, il ne pouvait en aucun cas reculer, et il lui fallait, pour garder la face, prendre l'ascendant sur le nerd. Celui-ci, avec une légère moue, la tête penchée, gardait son regard dans le vague en une attitude obstinée. Leur proximité physique mettait Bakugo mal à l'aise, ne parvenant pas à choisir entre les impulsions contraires - l'écho de multiples face à face pesait sur ses épaules, où il avait fait peu de cas du sac de viande qui se trouvait là - il le tenait, le baladait, et le frappait à sa guise, ce corps ramassé dans les ténèbres - il avait connu son poids, la résistance de ses membres, la mollesse de sa chair et la saveur de ses cris - s'acharner sur lui, disposer de lui lui semblait une seconde nature, son petit souffre-douleur, un vulgaire punching-ball.

Cette familiarité déroutante se dressait comme une vague de chaleur entre eux dans la faible distance qui les séparait et la sueur jaillissait rapidement aux jointures de son corps - coudes, aisselles, arrière des genoux.

Il ne savait pas si ce qui le retenait était la promesse qu'il s'était faite, de ne pas recommencer, ou la simple certitude qu'une fois de plus, Deku se transfigurerait, qu'il aurait la désagréable sensation de voir cette chose qu'il avait faite sienne prendre son autonomie, les muscles résister, les coups être rendus, et le sourire insolent déformer ces lèvres et dépasser la peur.

Peut-être l'ignorance - s'il le frappait, allait-il répliquer ? - était tout ce qui retenait ses gestes. Il n'avait pas peur de Deku ; mais ici, dans ce couloir, dans cette nuit, ce n'était pas un entrainement, une compétition, un combat. C'était autre chose.

A cette distance, sa patience devenait inexistante et les nerfs prenaient le dessus. Il se sentait menacé par l'attitude indécise de l'inconnu qui prenait ces traits familiers. Alors que le battement de son coeur s'assourdissait dans ses oreilles et lui remplissait tout le crâne comme une caisse de résonance - il ne pouvait pas se battre, pas ici, pas maintenant - Deku, peut-être rassuré par son immobilité, bougea les lèvres - le chuchotement était inaudible et Bakugo clapa la langue dans son agacement. Au comble de l'inconfort, il crispa ses poings et se força à ouvrir la bouche, malgré l'impression de faiblesse qui en résultait.

"J'ai eu une putain de journée de merde, Deku, alors vire de là si tu veux pas que je t'éclate."

Il n'y avait pas beaucoup d'emphase dans sa voix rauque, et cela l'insupportait qu'il puisse entendre la fatigue et la tension cumulées dans cette vibration. On ne prononce pas ce genre de menaces si on ne les suit pas d'effets - or il n'était pas en mesure de le faire. Il se sentait piégé. Devinait-il, Deku, que c'étaient des paroles en l'air ? Et si ses mots arrogants et brutaux perdaient aussi leur effet sur lui - comme sur tous les autres qui ne faisaient que rire, rire et le pointer du doigt... Si ce pouvoir qui irradiait de sa voix, de ses gestes ne fonctionnait plus...

Il se sentait s'amenuiser, devenir de plus en plus ténu, car évidemment, Deku ne bougea pas.

Sa voix chantonnante, petite voix lui parvint.

"Ah... c'est dur... je suis vraiment nul, hein ? Même ça je n'y arrive pas..."

Ce ton plein d'humilité lui tordait le bide ; il distinguait à peine le vague sourire répugnant de Deku. Qui n'exprimait que le néant, la négation de soi, cette facette qu'il ne montrait qu'à lui, qui lui donnait envie de l'écraser sous sa semelle comme le cafard dégoûtant qu'il était.

"Qu'est-ce que tu marmonnes encore..." grognait-il en oscillant sur ses talons, un instinct de plus en plus fort lui criant de réagir, le frapper

sinon tu n'auras plus d'appui, plus de respect, plus rien

Il se sentait glisser, irrémédiablement, serrant les poings, l'assurance fuyant son corps et sa présence comme la sueur dégoulinait dans son dos. Quelle crédibilité lui restait-il après toutes ces invectives, ces crises et ses insultes, s'il n'agissait pas ? Il devait être celui qui change le monde, ou le monde allait le changer...

Plus que tout, il avait besoin de la peur de Deku - mais des cris inhumains résonnaient dans sa tête et ses extrémités s'engourdissaient...

Cette stupide colère, ce stupide besoin de domination, il avait tout détruit - et ce qui enflait dans la poitrine du garçon paralysé dans ces ténèbres ressemblait à la haine de soi.

Il l'entendit déglutir sous l'incertitude.

"Il faut que je te parle de quelque chose." avait fait la silhouette dans l'ombre.

Ses lèvres se réduisirent à un trait - il serra les poings, encore plus, encore plus, jusqu'à ce que la douleur des phalanges, que la peau prête à éclater aux jointures à cause du surmenage se tende et envoie un frisson de souffrance se répercuter dans son corps.

Voilà, il faisait un avec le sol, il était un bloc, il braquait ses yeux rouges en s'interdisant, quoi qu'il advienne, de les détourner, il était prêt - il pouvait l'endurer.

Deku cherchait ses mots, on devinait l'intensité de sa réflexion, il mordillait sa lèvre.

"Je t'admire, tu es vraiment fort, Kacchan. Quoi qu'il arrive, tu l'as toujours été, et je veux... je veux me mesurer à toi, je veux pouvoir t'affronter."

Il butait contre ses mots, s'adressant à lui comme un petit garçon obstiné. Bakugo cilla, perplexe face à cet espèce de compliment, montra les dents et s'esclaffa sans joie aucune. What the hell.

"Tu t'y crois, hein ? Je te marave la gueule quand tu veux, pauvre tache."

Derrière son sourire hautain, il bouillait de colère : fallait que Deku vienne le faire chier ce soir, entre tous ? Il savait très bien qu'il ne saurait dire non, et dans ces conditions, dans son état, Bakugo n'était pas sûr de pouvoir l'emporter. Il n'était pas dénué de l'envie de remettre le sale nerd à sa place - prendre sa revanche, en avoir le cœur net. Mais un duel dans ces conditions, c'était risquer une humiliation dont il ne se remettrait pas. La petite vipère avait bien prévu son coup pour venir le frapper quand il était au plus bas.

Mais Deku fit un signe de dénégation et il ravala le soulagement - pour une fois, de toute son âme, Bakugo Katsuki ne voulait pas se battre.

"Je dis ça parce que je sais que tu me détestes et que, quoi qu'il arrive, tu ne veux pas de mon aide. Mais ce n'est pas par amitié, ce n'est pas par pitié, si je viens à toi, c'est parce que je veux que tu sois fort pour que je puisse t'affronter, tu saisis ?"

C'était alambiqué, on aurait dit qu'il faisait l'effort de mettre sa pensée dans une forme que Bakugo puisse comprendre. Un peu insulté par la lenteur et l'insistance de sa prosodie, ce dernier se tendit à nouveau, abaissant ses épaules et étendant son cou pour le toiser avec méfiance. On s'aventurait sur un terrain dangereux.

"Je ne veux pas de ton aide." confirma-t-il en parlant tout aussi lentement, détachant chaque syllabe, comme il foudroyait Deku de l'éclat sanguine de ses pupilles.

"Bien sûr", sourit tristement Izuku. "Mais tu en as besoin."

Ce petit rat et sa suffisance. Il le regardait en face à présent, avec une attention nerveuse, comme prêt à bondir à la première alarme. Bakugo détestait ça, quand il semblait lire en lui. C'était le stratège qu'il avait sous les yeux à présent, avec son petit pli devant le sourcil droit comme il se concentrait et levait la main pour l'empêcher de l'interrompre et énoncer ses arguments.

"Ce matin, Aizawa t'a menacé de renvoi." affirma la voix de Deku. Sept mots qui tombèrent de sa bouche sans volume ni emphase, et détonnèrent pourtant plus fort que toute sa nitro.

Bakugo écarquilla les yeux.

Alors la rage le cingla, ça fit un éclair blanc, ça et toutes les conséquences, les possibilités dégringolant en chute de dominos, et comme unique perspective s'ouvrant au devant, la ruine de son avenir.

Il ne voulait pas y penser, il ne pouvait pas s'il voulait tenir bon - et entre tous, Deku, Deku l'apprenait et usait de ce levier contre lui...

"Tu écoutes aux portes, petite fouine ? Tu voulais pas louper ça, pas vrai ?"

"Non, j'ai juste..."

C'était dangereux, l'ogre était réveillé, les billes écarlates vibrant dans les yeux exorbités. Il le coupa, renchérit aussitôt.

"Et maintenant t'es venu te foutre de ma gueule, enfoncer le clou ! Tu trouves ça drôle, hein, tu peux pas t'en empêcher, de me prendre de haut...! T'es content, t'as eu ce que tu voulais ? Aizawa t'a bien applaudi, pour ce nom de merde..."

Il parlait vite d'une voix venimeuse, scandée, poings tremblants.

"Tu ne m'écoutes pas !" s'écria Izuku de son timbre clair, devenu strident. "Je veux pas que tu sois renvoyé ! Je veux qu'on soit camarades, je veux qu'on puisse s'affronter, je l'ai toujours voulu ! Et maintenant j'ai le pouvoir, je me suis entraîné et entraîné pour le faire mien, pour te rattraper, pour me dépasser, j'ai fait tout ça et tu vas te défiler ? Tu vas te faire virer pour une connerie pareille ? T'as pas le droit !"

Deku haletait, grimaçant, en miroir de la petite brute. Il ne détachait pas ses yeux des siens.

"Je pige rien à ce que tu racontes !" hurla Bakugo, gagné par son hystérie.

Izuku souffla et se remit à parler de plus en plus vite, dans l'urgence, précipitant ses idées.

"Sert-toi de moi, comme pour l'examen, utilise mes informations, dans ton propre intérêt. C'est tout ce que je te demande."

Le blond le regardait comme s'il était devenu fou, secoua la tête, mais malgré son dépit, malgré son hostilité, la volonté inébranlable du plus jeune le forçait à considérer ses paroles. Il ne pouvait pas ne pas l'entendre.

"Demain, Aizawa apprendra ce qui s'est passé," asséna Deku. "Vu les blessures de Denki, il va savoir que tu t'es défoulé sur lui. C'est déjà grave, mais tu as une chance de t'en tirer avec une exclusion temporaire. Les entraînements ne sont pas filmés, il ne pourra donc pas vérifier comment ça s'est produit et devra s'en tenir au rapport d'All Might."

Katsuki le fixait dans un mélange d'horreur et de fascination, gagné par le ton critique de sa voix. Il savait cela, il le sentait venir, mais avec ces mots, c'était devenu réel, et il oscillait au bord du précipice. L'idée que Deku puisse deviner sa détresse était consternante, mais pas autant que le désespoir lui nouait la gorge.

"Tu es sûr de ça ?" ne put-il pas s'empêcher de demander, prouvant ainsi son anxiété, à l'idée du professeur principal qui poserait les yeux sur des images de son dérapage.

"Oui, je connais tous les systèmes vidéos de l'école" asserta le nerd d'un vif hochement de tête.

Il se pinça les lèvres, les yeux bistres voletant d'un point à l'autre dans la pénombre qui les environnait.

"Le problème, c'est que tu as désobéi aux consignes. Tu devais affronter Eijiro. Normalement, ça ne porterait pas à conséquence, mais là, vu ce qui s'est passé..."

Bakugo grinça des dents. Croyait-il qu'il ne le savait pas ? Il avança ses lèvres pour souffler, menaçant :

"Abrège."

La langue de Deku pointa nerveusement pour humecter sa bouche comme il lui jetait des coups d'oeil en biais. Le nerd avait une posture déplorable, il aurait suffit d'un coup dans l'épaule pour le faire tomber - n'était-il pas sensé avoir fait des progrès ? Abaisser son centre de gravité, c'était la base, et pas passer son poids d'un pied à l'autre comme il le faisait, incertain, indécis, sans le moindre équilibre. Il se hâta de répondre, fébrile et servile, comme lorsque Bakugo le dirigeait à l'époque du collège, l'envoyant faire des courses pour lui et ses potes.

"Ce que je veux dire, c'est que l'école est dans une mauvaise passe. Sa sécurité a été largement remise en question quand..."

Il s'interrompit, bouche entrouverte, lui lança un regard paniqué. La phrase traînait en l'air, diffusant son poison, et Bakugo respirait amplement, pointant sur lui ses petites pupilles comme un serpent qui se dresse très lentement face à la souris qu'il convoite. On aurait dit que chaque cellule de son corps luttait contre la chaleur qui montait en lui, et la testostérone embrumait son cerveau d'impulsions agressives auxquelles il ne pouvait opposer que toute son inertie. L'épuisement rendait son corps lourd, pesant comme de la fonte, et dans cette densité le réseau de ses nerfs à vifs s'embrasait sous le discours de Deku. Comme une torture raffinée d'aiguilles qui, point par point, s'enfonçaient là où ça faisait mal.

Le nerd déglutit, conscient qu'il avait failli commettre une bévue en parlant de son enlèvement ; il se reprit et corrigea d'une voix aussi douce que possible, qui tremblait légèrement : "... sa sécurité a été mise en doute par les évènements récents, alors avec un nouvel incident, une erreur de l'équipe enseignante... si jamais c'est rendu public, ça risque d'être une catastrophe. Dans le pire des cas, l'école pourrait même fermer ses portes."

Expiration, par à coups, par le nez. Rester calme malgré les contours qui se brouillaient, les choses qui rodaient tout autour, d'étranges illusions d'optique à la périphérie de son champ de vision. Derrière, quelque part, une porte menaçait de s'ouvrir et Bakugo n'avait plus de force pour résister à ce qui l'assaillait. Il tenta de dénier, de sourire, parce qu'il pensait ses sourires féroces, incapables d'exprimer la faiblesse.

"T'abuses là, y a Recovery Girl... Tu flippes pour un rien, ce genre d'incident, ça arrive. Y a pas de quoi en faire tout un plat, et je vois pas pourquoi ça sortirait des murs de l'école."

Sa voix sonnait un peu bizarrement, mais peut-être n'était-ce que l'écho du couloir. Il cherchait dans sa mémoire s'il y avait eu d'autres accidents, dans l'histoire de UA ; dans le même temps il calculait la distance, l'angle et la puissance de son explosion - et sa vision se macula de taches de sang et de lymphe. Au delà de cette illusion, le regard de Deku qui le fixait comme s'il voyait tout. Il frissonna.

"Dans tous les cas, si ça se sait, si quelqu'un parle, tu vas avoir de gros problèmes." Il abaissa un à un les doigts de sa main comme il marmonnait sur son ton d'otaku ses analyses, regardant sa paume. "Jusqu'à présent la classe était très soudée, mais la dernière fois, des dissensions sont apparues entre ceux qui ont agi, ceux qui ont gardé le secret et ceux qui voulaient le dire aux profs. L'unité ne va pas tenir longtemps dans ces conditions. Soit une décision collective va être prise à la majorité, soit quelqu'un va prendre sur lui et te dénoncer pour mettre fin à la situation. Ashido t'en veut, et les filles vont certainement se liguer contre toi. Tsuyu est la plus dangereuse, car elle ne supporte pas le mensonge. Si elle appuie Iida, ils auront tôt fait de convaincre les autres de parler. Ochaco pourrait prendre ton parti, mais ce n'est pas suffisant. Todoroki restera neutre, il sait que ça va pencher contre toi de toute façon. Et Hanta va hésiter entre Kirishima et Kaminari, il voudrait sans doute t'excuser mais il est trop influençable pour prendre ta défense. Kirishima va se retrouver isolé. Il a l'air conciliant et il s'entend bien avec tout le monde, mais il prendra toujours ton parti. Ca risque de dégénérer en conflit s'il a l'impression qu'on s'acharne sur toi."

Sa main refermée, il la laissa retomber et releva les yeux vers Bakugo qui semblait fixer un point en dessous de son menton, assommé. Il reprit longuement son souffle et grimaça un sourire nerveux : "Ta cote n'est pas au plus haut dans la classe, actuellement."

Ses dents se découvraient dans un rictus, il haïssait de devoir admettre que le nerd avait raison, sur toute la ligne, et cela ne signifiait qu'une chose. Ça ne pouvait vouloir dire qu'une chose, qui faisait trembler ses poings, agrandissait ses yeux, de ce raz de marée qu'il avait repoussé et repoussé, et maintenant la mer se retirait, et c'était là -

c'était là -

Il ricana, d'une voix de tête, léger, soudain, les mots craquaient grinçaient...

"Non, tu crois ? Mais c'est qu'il est marrant en plus... Il fait des blagues et tout..."

"Je plaisante pas, Kacchan. Tu vas te faire virer et Kirishima va avoir des ennuis."

Trop loin. Il n'aurait pas dû dire ça. Il n'aurait pas dû.

Tu vas te faire virer

Kirishima va avoir des ennuis

Je ne plaisante pas

D'un trait, Bakugo supprima la faible distance qui les séparait, le repoussant contre le mur en heurtant son corps, et dans le même mouvement, son poing s'abattait à droite de sa tête, et l'explosion résonna, sèche comme un coup de tonnerre, l'éclat chassant l'ombre et le bruit des acouphènes qui assourdissaient tout. Puis les ténèbres refluèrent, plus noires encore, leurs rétines aveuglées par le flash.

C'était tellement plus facile - d'expulser son dépit - Deku qui était là, offert sur un plateau, comme son défouloir.

Il regretta instantanément - trop loin, trop tard, encore - mais maintenant il était lancé, la somme des émotions agglomérées - cette masse délétère le saturait et il ne pouvait plus tenir - retenir - simultanément, l'envie de le frapper, celui qui se faisait le porteur de mauvaise nouvelle - comme s'il n'attendait que ça, était-il maso à ce point ? Ou lisait-il par delà ses crocs ses poings et ses explosions le déchirement qui se produisait ?

Cela sûrement : Deku garderait ce plaisir, quand il se ferait expulser et que lui resterait dans la lice, quand lui deviendrait un héros et que Bakugo - lui... - oui alors il se souviendrait de cette image, de son visage si proche et de tous ses masques qui se tordaient de douleur.

Son poing martelait le mur tout contre l'oreille du nerd, plié en deux, et il aboyait douloureusement, chaque coup accompagné d'une détonation : le mur tremblait.

"C'est de ta faute... Si tu n'étais pas là... Si tu n'étais pas là...!"

Et le ton de sa voix s'éraillait dangereusement, et la lumière qui naissait dans sa main découpait les ombres blanches de leurs visages grimaçants.

Car même si c'était lui qui frappait c'était lui qui perdait - qu'importe la force et ces étincelles qui fusaient, poignées de dragons d'or, perdu pour perdu, autant frapper, autant céder, autant effacer ce sourire qui n'existait pas des lèvres de Deku -

je ne suis bon qu'à ça

et quand son coup partit et que les yeux verts s'écarquillèrent, une main se referma sur la sienne à la naissance de l'explosion - crochet du droit - et l'instant d'après, il heurtait le mur opposé de l'épaule et du flanc, le souffle coupé par la violence du choc.

Il aurait pu se relever et contreattaquer. A la place, hébété, il s'affala en boule et fixa Deku qui recouvrait son équilibre, le bras zébré d'éclairs émeraude.

Jambes coupées, il leva lentement sa main pour la poser là où sa chair pulsait, sous l'épaule, une sourde douleur se répandant dans son corps, répondant aux muscles froissés qui avaient percuté la paroi, et il tâtait pour explorer cette sensation inhabituelle - des bleus allaient s'étendre sous sa peau et le marquer pendant des jours s'il n'allait pas à l'infirmerie ; ce qu'il ne ferait pas, bien entendu.

Deku le regardait en silence, son visage rond et juvénile indéchiffrable, ses cheveux rayonnant comme un soleil noir tout autour. Ses grands yeux n'avaient pas de lumière à refléter, baissés sur lui - lui affalé là, trop choqué et trop épuisé pour aller plus loin, semblant plus surpris que Deku par ses propres gestes - pourtant si prévisibles. Comme un automate en bout de course - le petit robot kaki et rouge de son enfance, qui avançait de son air menaçant en traversant la chambre, suivant sa route inexorable, canons dressés, tout droit, toujours tout droit... Et puis les rouages ralentissaient, les mouvements saccadés, ralentissaient, il stoppait tout à fait, figé là immobile, et il n'y avait qu'à le remonter pour reprendre le jeu. Super-puissant, boom, boom, attention, écartez-vous, prenez garde ! Il n'y avait qu'à le remonter, l'automate, mais il n'avait plus l'énergie, de tourner cette clé, relancer l'illusion.

Il regardait le petit jouet, tombé là, pris dans les plis du tapis, les jambes, les bras qui s'agitaient dans le vide, qui s'agitaient en vain, pivotant sur lui-même, tournant en rond jusqu'à ce que tout s'immobilise... et il se mettait à hurler, le petit garçon, de rage et de sanglots criards, en arrachant ses membres de plastique et en le jetant contre le mur. Un autre, j'en veux un autre, maman, rachète-moi un jouet ! Et ça recommençait, et ça recommençait...

Il referma la deuxième main sur son avant bras comme un cadenas. Il était là, tombé à ses pieds, de nouveau. Qu'est-ce qu'il attendait pour le railler, pour montrer enfin ses vraies couleurs ? Il était évident que Deku avait voulu le provoquer, le pousser à bout et faire la démonstration de sa faiblesse.

Vas-y, dis ce que tu as sur le coeur, l'enjoignait-t-il mentalement. Donne une raison à ma haine.

Mais Deku secoua la tête.

"J'essaye de t'aider, mais tu ne m'écoutes pas."

Il y eut un silence. Bakugo s'esclaffa brièvement, puis plissa les yeux comme si son regard avait suffit à le tenir à distance, comme s'il y mettait ses dernières forces. Izuku serrait les poings, frustré. L'espace les séparant gonflait et se tordait.

Le nerd reprit la parole, détachant chaque mot :

"Si on ne fait rien, d'ici un jour ou deux, demain soir probablement, les autres vont en arriver à la conclusion que l'intérêt de la classe passe avant le tien. Alors il sera trop tard."

Toute sa figure se tendait dans une volonté sans bornes qui, en cet instant, ne faisait plus de sens pour la forme ramassée dans l'angle du mur.

Bakugo baissa les yeux, ne dit plus rien.

Alors, Izuku se mordit les lèvres, les cicatrices sur ses phalanges ressortant, blanchies par la tension, et, puisqu'il ne servait à rien d'insister, puisqu'il ne pouvait rien faire de plus, fit volte-face, en direction de l'ascenseur. Katsuki ferma les yeux et posa son front contre ses genoux.

Tandis que le dos d'Izuku s'éloignait, la voix basse et rauque lui parvint :

"Deku... tu n'as rien d'autre à me dire ?"

Mais pas un tressaillement n'indiqua que l'uniforme vert-gris qui disparaissait l'avait entendu, et il resta là, bras serrés contre lui, un moment, sans trouver l'énergie d'esquisser le moindre mouvement.

Game over.


Kbfkbfkbk.

Ce chapitre a été le plus difficile à écrire depuis le début de la fic. Vous réalisez qu'on en est au chapitre 9, que c'est officiellement une fic KatsuDeku et que c'est la première fois que ces deux là se parlent ?

Ca me rappelle quand j'étais jeune, il y a un an environ, et que je parlais à un ami en lui disant "Oui, j'aime bien le KatsuDeku mais je trouve ça vraiment très difficile de les mettre ensemble, si je devais faire une fic ça prendrais sûrement très longtemps pour en arriver là et ce serait pas d'une façon très positive." ... coucou, moi du passé. Je te confirme : c'est pas simple.

Ca doit faire deux mois que j'ai des ébauches pour cette scène et malgré tout j'ai dû la réécrire entièrement à plusieurs reprises. Le dialogue a changé du tout au tout... C'est marrant, de voir à quel point l'écriture et un processus itératif.

Quoi qu'il en soit, c'était DUR. Et j'espère que ça vous plaira, ne vous décevra pas, les enjeux étaient grands et j'ai fait de mon mieux.

Ookami : Je suis super content que tu aies autant aimé le chapitre 8, en voici encore un assez long même si il n'y a pas, concrètement, autant de variété dans les sujets abordés. J'espère que tu en profiteras bien, voilà l'issue de leur discussion héhé.

Achlys : Oui Shouto 3 (je suis perdu dans l'orthographe des noms, j'ai décidé de franciser, mais du coup je sais plus où mettre des u et ou les enlever lol). J'étais super excité de reprendre le point de vue d'Izuku et de commencer à aborder ses côtés plus sombres. Certains sont déjà présents en filigranes dans le chapitre 2 si on est attentif... J'ai vraiment hâte de pouvoir développer cela ainsi que les autres personnages, mes ambitions me perdront TwT

Une bonne année à toutes (mes éventuels invisibles lecteurs masculins me pardonneront les accords à la majorité) :3