Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, je ne fais que les matérialiser sous un autre contexte.
Note de l'auteure: Je crois que niveau publication, je vais m'améliorer. Merci beaucoup pour vos reviews, elles me font chaque fois infiniment plaisir et j'essaie le plus possible de toutes vous répondre! Ce petit geste compte pour moi, j'adore recevoir des mails qui me préviennent de votre commentaire. Sur ce, on lâche pas, voici la suite! Bonne lecture.
La mort est une attente, une interminable file d'attente. Les gens qui ponctuent votre vie défilent, virent au flou ou se rapprochent, avant de ne véritablement nous quitter. Nous naissons seul et nous mourrons seul. Ce qui se passe entre ces deux fatalités n'est qu'une série de choix qui mèneront à la fin. À vous de choisir votre réalité, à vous de croire en vos convictions ou de vous taire. Mais surtout, à vous d'aimer du plus profond de votre être avant la fin, car personne n'a encore déterminé si le cœur cessait de battre rendu là haut.
Je reculai, fixant l'être que j'aimais avec effroi. Pourquoi tenait-il ce discours alors que nous nous étions promis un amour éternel? Edward tendit la main vers moi mais je le repoussai, tournant la tête de l'autre côté telle une gamine. Je ne pouvais supporter ses actions, ses choix et son manque d'appui à mon égard... Je n'étais tout de même pas une séductrice de grand chemin, je n'avais jamais cherché à enrouler Jacob autour de mon petit doigt. Même que lorsqu'il m'avait embrassé, j'en avais été toute retournée, étant presque incapable d'avaler la moindre nourriture le reste de la journée. Mon amour ne pouvait me juger ainsi, surtout pas après tous les sacrifices que j'avais fait pour lui. C'est alors que pour la première fois depuis un certain temps, je vis le vampire en lui. Se tenant à l'écart, les bras serrés autour de son torse, il paraissait mille fois plus vieux et plus dangereux. J'eus envie de m'enfuir mais dans un geste brusque, sa main encercla mon poignet.
« Bella, je vais te donner mon venin mais tu devras remplir cette petite mission pour moi. C'est très peu, fit-il en approchant son visage du mien. Je pourrai t'offrir tout ce que tu veux ensuite. »
Il déposa ses lèvres contre ma mâchoire, embrassant la ligne de plus en plus haut, suçotant mon lobe d'oreille dès qu'il y fut rendu. Un instant passa, puis il continua. Je ne pouvais dire un mot, plus que mal à l'aise par ces gestes qu'il m'avait toujours refusés.
« Je te rendrai vampire, je te mènerai sur une île solitaire où nous pourrons finalement nous aimer. Je t'offrirai le luxe, la beauté et je saurai me contrôler. Je te donnerai l'amour complet. »
Le choc entre mes genoux était un ballet romantique, mes yeux perdirent leur éclat et seule l'envie de m'effondrer me tenait en vie. Je ne pouvais croire qu'au sommet de sa manipulation, il oserait proposer ce que j'avais toujours désiré. Autrefois, j'aurais attrapé sa nuque pour lier nos bouches et n'aurait eu que cette seule envie, de m'unir à lui. Mais le dégoût rendait ma bouche pâteuse et la colère faisait bien pire. J'essayai de me dégager en le fusillant du regard mais ne parvint pas à bouger d'un centimètre. Sa poigne était solide, je ne pourrais m'en sortir aussi facilement.
« Mon être de lumière... Bella... Je le fais pour Sam, pour prouver que nous pouvons coopérer entre clans, glissa le vampire en déposant un léger baiser sur ma joue. Ce n'est pas ce que tu as toujours voulu?
-Tuer mon meilleur ami n'a jamais fait partie de mes plans! hurlai-je, rendue presque folle par son raisonnement.
-Je sais bien mais pense au futur. Le présent est sombre, très noir... Mais quand tout sera passé, nous serons ensemble. Plus jamais de monstres. Que toi et moi.
-Tu es un monstre, tu es un vampire! répliquai-je violemment.
-Ça ne t'a jamais dérangé avant, répondit Edward en me plaquant un peu plus contre lui. Je ne veux que ton bonheur. Tu ne seras jamais parfaitement heureuse avec lui. Il t'attire les ennuis, il ne t'a pas protégé... »
Pourquoi usaient-ils tous les deux cet argument? J'avais tenté dans le plus profond de ma folie d'atteindre un paroxysme, de ramener mon amoureux en commettant le plus dangereux des gestes. J'aurais pu mourir mais je n'avais aucune conscience, je vivais selon mes sentiments et non le côté rationnel des choses. Ce n'était pas la faute de ces hommes qui m'avaient aimé à leur manière, du mieux qu'ils le pouvaient... Je ne pourrais pas prendre plus de critiques dissimulées, je n'étais pas assez forte pour contenir tout ce mélodrame. Je tentai une seconde fois de sortir de son emprise, maintenant bloquée par les muscles de son torse et de son autre bras. Edward ne voulait rien savoir, tout ce qu'il attendait, c'était une promesse... Celle qu'il voulait entendre.
« Je ne peux pas tuer Jacob, je ne peux pas décevoir tous les Quileute...
-Ils croiront tous que c'est un suicide. Je te l'ai déjà expliqué mon amour, répéta-t-il en me caressant le dos. Tu ne dois pas t'en faire. »
J'eus un frisson d'horreur à cette idée mais tentai de le dissimuler. Il ne pouvait lire mes pensées mais mon langage corporel, il le connaissait à la perfection.
« Mais c'est horrible d'infliger ça à Billy... Je ne peux pas.
-Il s'y fera, tout comme il s'est habitué à l'absence de Rachel qui est partie vers le large.
-Il y a une différence entre la mort et quitter le nid familial! »
Mon cri prit une telle ampleur, j'en ressentis moi-même une sorte de honte effrayante. Je ne pouvais attirer la famille, ils se poseraient tous des questions et Edward serait furieux de me relâcher aussi facilement. Même, je doutais qu'il ne retienne ses pulsions de déclencher une guerre sous ce tempérament colérique et possessif... J'inspirai, parlant soudainement à voix basse. Je retenais difficilement mes pleurs, sachant pertinemment qu'ils ne l'attendriraient pas pour le moins du monde.
« J'accepte… »
Edward relâcha aussitôt ma taille et je me sentis tomber, tel un pantin disloqué. Mon âme et ma tête m'hurlaient de fuir, de mourir, n'importe quoi sauf rester ici, en sa compagnie. J'avais peur des répercutions de mon choix. Je ne pourrais jamais remplir cette promesse dont je venais de faire le serment… La gorge enrouée, je tentai d'ajouter quelque chose, puis, me rendit compte qu'aucun mot ne sortirait de ma bouche. J'étais vide de force.
« Tu es si belle et maligne. Oh, ma petite chérie, nous serons si heureux. »
Il m'enlaça avec une tendresse qui m'aurait, autrefois, comblée de bonheur. Je ne pouvais ressentir la moindre émotion. Jamais de toute ma vie je n'avais eu l'impression d'être aussi creuse et terne qu'en cet instant. À la seconde précise, je n'aurais pu nommer le moindre de mes centres d'intérêt ou mon plat préféré. Mon esprit était une large bande grise où seul un son discordant me laissait savoir que j'étais en vie. Était-ce cela savoir que nous avions tout perdu? Mon meilleur ami mourrait et je n'éprouvais plus que pour Edward qu'une peur glacée. L'amour s'était effondré, les mots doux effacés de mon esprit et la moindre pensée sur le futur que nous pourrions bâtir me haussait le cœur. Je me retournai, sortant de l'emprise du vampire pour me rendre vers la sortie.
« Je suis crevée, je vais retournez chez les Black… Ils m'attendent. »
Je garai la voiture dans l'allée de terre, me laissant enfin aller à une respiration plus calme. Je n'avais plus rien à craindre maintenant que je me savais à proximité de mes anges gardiens au poil dru et long. La lumière du salon s'alluma aussitôt, faisant apparaître la silhouette ronde de Billy qui m'envoya la main. Je répondis d'un sourire que je savais peu convaincant. Ma lassitude se faisait sentir à travers chaque pore de ma peau, au point de me faire soupirer à chaque pas esquissé vers l'avant. Arrivée devant la porte, je levai le bras pour cogner mais on m'ouvrit avant que je n'ais à abattre le poing. Jacob se jeta aussitôt contre moi, me serrant en une étreinte chaude et brûlante qui eut le don de me réconforter. Je déposai ma tête contre son épaule, souriant faiblement en pensant à l'inquiétude qu'il avait dû ressentir en m'attendant ainsi. Mon ami me repoussa doucement, plaçant une mèche de cheveux derrière mon oreille pour ensuite se reculer. Il me contemplait, heureux de voir que je n'avais rien.
« Tout se passe bien chez les Quileute? m'enquis-je à voix basse.
-Sam pourrait aller mieux mais son état est stable… Disons qu'il souffre aussi violemment sauf que ça n'empire pas. Je me dis que c'est mieux que rien.
-Et Victoria? »
Je m'étouffai presque en prononçant ce nom. Une angoisse muette me noua la gorge et je sus que tant que je ne serais pas rassurée, je ne saurais dormir.
« Elle ne s'est pas approchée du secteur mais nous restons aux aguets. »
Jacob remarqua l'air triste qui avait pris possession de mes traits et il s'approcha, quémandant ma main d'un regard. La chaleur qui émanait de son corps était aussi bienfaisante qu'un bon feu de foyer, cela avait au moins le don de palier pour le froid lancinant qui me glaçait. Il se mit à caresser longuement mes doigts, cherchant le meilleur moyen de ramener la Bella qu'il avait connu, sans soucis et souriante jusqu'aux oreilles. Je me dégageai et me mit à fouiller dans ma bourse, en sortant une petite fiole emplit d'un liquide qui, à premier vue, semblait bouillir.
« C'est le venin d'Edward… J'espère que ce sera suffisant comme dose pour sauver Sam. »
Je tendis l'éprouvette au Quileute, qui l'attrapa aussitôt, puis tentai de me rendre dans ma chambre. Je ne voulais pas me laisser aller à ma souffrance, encore moins pleurer devant mon ami. La seule solution était de m'embarrer dans la pièce et de ne plus en sortir tant que cette douleur me déchirerait. Jacob m'esquiva sans mal, se plantant devant la porte de ma chambre avec un regard de défi planté au milieu de son visage.
« Tu vas tout me dire parce que je n'endurerai jamais cela, fit calmement l'Indien. Je sais que ça ne va pas, je sais que tu t'en veux pour une raison que j'ignore mais ne me laisse pas dans l'ignorance… Bella, je veux que tu sois bien. Je fais tout ce que peux pour que tu sois en sécurité.
-Ce n'est pas ça, répliquai-je en fuyant ses yeux. C'est de la nostalgie, c'est tout.
-Tu t'ennuies de la… de ton Edward? »
Son intonation était douloureuse, je dus me mordre la langue pour ne pas éclater en sanglot. J'hochai la tête et baissai la tête machinalement. S'il avait toutes les raisons de me haïr, peut-être ne m'en voudrait-il pas de le trahir…
« Bon, je vais aller voir s'ils ont trouvé une rose en fleuraison… »
Ma crâne était martelé, je souffrais de le voir partir… Alors, dans un geste impulsif et égocentrique de la pire espèce, j'attrapai son poignet.
« S'il-te-plaît… J'ai peur de rester seule, est-ce que je peux y aller avec toi? »
Il fit oui de la tête, glissant ses doigts entre les miens pour y exercer une pression. De nouveau, mes tempes se firent plus légères et je pus réfléchir sans en ressentir un mal quelconque. La présence de Jacob simplifiait tout. Les problèmes persistaient mais au moins, je parvenais à en oublier un peu la douleur. Je tournai la tête, contemplant rapidement le visage mature de mon ami. Il semblait avoir vieilli, sa peau était brune et dorée. Jamais je n'avais remarqué cette évidence idiote: il était devenu beau. Un petit rire s'échappa de mes lèvres. Il fallait vraiment être aveugle pour ne pas apprécier les charmes du loup-garou.
Merci encore de me lire. :) Je sais que je répète mais que voulez-vous, j'apprécie vraiment que vous soyez encore ici à me suivre! Merci de me commenter, haha. ;) J'essaierai de répondre le plus vite possible! xoxo
