Merci pour vos commentaires ! :D J'en profite d'abord pour répondre à Anonyme.
Anon : Je suis contente que tu aies aimé leur premier vrai baiser ! Merci pour ta patience, il a quand même fallu attendre 60 000 mots pour qu'ils s'y mettent enfin ^^ C'est quoi le titre de ta fanfic et ton compte sur Wattpad ? Et ne dis pas que c'est de la merde. C'est super cool que tu écrives ! (en plus tu écris sur le meilleur (battle)ship RivaMika, alors ça ne peut qu'être bien !)
Précision importante : ce chapitre est en rating M ! Il y a une scène de sexe explicite entre les deux protagonistes en fin de chapitre. Personnellement, je trouve ça moins choquant (mais alors beaucoup moins !) que ce qu'on peut voir niveau violence dans l'Attaque des Titans, mais je préfère vous prévenir si vous n'êtes pas à l'aise avec le lemon.
Je vous laisse, bonne lecture ! ;)
Chapitre 9 : Nuit (Partie 1)
Rivaille et Mikasa avaient sifflé leurs chevaux de combat et s'étaient remis en selle sans trop tarder. S'ils s'étaient occupés avec brio des Titans qui détruisaient la formation, d'autres monstres étaient néanmoins susceptibles d'arriver. En outre, l'humain dans un corps de Titan – s'il y en avait réellement un – ne s'était pas montré. Ils ne pouvaient ainsi pas rester trop longtemps au même endroit. Bien qu'ils aient tous deux envie d'approfondir leurs baisers, il était cependant plus important de s'assurer de l'état de l'arrière. Ils chevauchèrent en silence pendant de longues minutes. Ils n'avaient pas envie de parler anticipant ce qu'ils allaient trouver un peu plus loin.
Lorsqu'ils découvrirent les restes d'une zone de combat, Mikasa eut encore une fois la confirmation que, si ce monde était beau, il était également cruel. Suite aux signaux de détresse, les soldats des différentes lignes de détection avaient dû essayer de s'organiser, mais ils n'avaient été ni assez rapide ni assez nombreux. Elle ne remarqua pas de corps humains à première vue – ils avaient dû tous se faire dévorer – juste des traces de sang et un cheval au crâne explosé. Les autres montures avaient dû fuir dans la confusion. Mikasa s'approcha un peu plus du champ de bataille et comprit qu'elle s'était trompée. Sous le cheval, il restait bien un soldat toujours en vie. Elle posa un pied à terre et conclut qu'il n'en avait cependant plus pour longtemps. Ses jambes avaient été en partie arrachées et saignaient encore abondamment. L'hémorragie était incontrôlable. Il devait souffrir horriblement.
Elle sentit la main de Rivaille derrière elle presser son épaule. Il s'était également mis à terre et lui dit d'une voix neutre : « Éloigne toi d'ici. Va t'occuper du cheval ou autre chose. N'importe quoi. » Il la dépassa, et Mikasa remarqua à cet instant une expression qu'elle n'avait jamais vue auparavant sur le visage du petit brun. L'expression d'un Capitaine. Son subordonné le vit également avancer et tendit faiblement un bras vers lui alors qu'il lui demandait d'une voix mourante :
- « Capitaine est ce que j'ai été utile à l'humanité ? »
Rivaille s'agenouilla à ses côtés et saisit sans hésiter la main sanglante et poisseuse de l'homme tout en lui prodiguant des paroles réconfortantes. Mikasa préféra se retourner et s'éloigner comme il le lui avait suggéré, tandis qu'il accompagnait son subordonné dans la mort. Elle le remarqua seulement essuyer un poignard du coin de l'œil.
Rivaille avait récupéré l'insigne du soldat pour sa famille et ses proches ainsi que son équipement tridimensionnel (l'assemblage de poulies étaient bien trop onéreux pour qu'il puisse laisser le soldat avec ses armes). Ils purent alors brûler le cadavre, s'afférant à leur tâche avec des gestes mécaniques qui trahissaient l'habitude. Rivaille ressassait des pensées sombres en silence, bien plus affecté qu'il ne voulait le laisser paraître. Mikasa lui jetait quant à elle des coup d'œil inquiets mais ne savait que dire. Elle aurait voulu lui assurer que ce n'était pas de sa faute. Cependant, vu comment elle-même pouvait s'inquiéter pour Eren, Armin et les gens auxquels elle tenait, il lui semblait évident que Rivaille se sentait responsable de la mort de ses hommes. Elle choisit de respecter son mutisme. Ce fut finalement lui qui brisa le silence pesant. Lorsqu'il parla le ton de sa voix parvint à rester professionnel et contrôlé :
- « Repartons. Est ce que ça va toi ?
- Oui. J'ai déjà fait cela avant. »
Il hocha simplement la tête et ils se remirent à dos de leur monture.
- « On se dirige vers le Mur Rose ? – demanda Mikasa – La situation nous échappe complètement il serait préférable de se replier.
- Tu as vu l'ordre de repli d'Erwin ? Ce n'est pas une question. » – ajouta-t-il alors que la jeune fille s'apprêtait à protester. – « S'il n'a pas donné d'ordre, on continue.
- Mais ça n'a aucun sens. On ne se dirige pas vers Shiganshina, on n'a nulle part où aller. Pourquoi ne rentre-t-on pas ?
- Le Soleil va bientôt se coucher. Il n'y a pas de Lune cette nuit, les Titans seront complètement inactifs et il est périlleux de chevaucher dans l'obscurité. – répondit Rivaille en haussant les épaules. – On verra bien quels seront les ordres d'Erwin demain.
- Ça ne t'énerve pas toi d'y aller à l'aveugle comme ça ? Une dizaine de nos camarades à l'arrière de l'aile droite doivent être morts alors qu'on ne sait pas ce qu'on fait ni où on va !
- Bien sûr que je suis en colère contre Erwin ! Tu penses vraiment que ça m'amuse de finir mes hommes à moitié bouffé par les Titans ? Pardon, je ne voulais pas être si cru. – ajouta-t-il face à l'expression de Mikasa. – Je n'aime pas ça, je déteste ça même, mais Erwin est capable de voir bien plus loin que toi ou moi. J'ai même longtemps pensé que personne ne pouvait voir aussi loin que lui. Je me fie à son jugement, il a toute ma confiance. »
La jeune fille savait qu'il était inutile de continuer cette discussion plus longtemps, le ton du Capitaine n'incitait d'ailleurs pas à la réplique. Rivaille lui avait déjà dit qu'il avait donné sa vie à Erwin et plus largement aux Bataillons jusqu'à ce que l'humanité triomphe des Titans. Elle n'aimait décidément pas le Major mais Mikasa n'avait pas non plus envie de rentrer dans des débats stériles. Pas alors qu'ils venaient juste de s'embrasser. Elle attendit à nouveau quelques minutes avant de lui demander finalement :
- « Du coup, où est-ce que tu dors ce soir ? »
Rivaille ne lui répondit pas. Il se contenta de lui jeter un coup d'œil. Rien n'était dit, il n'y avait objectivement que du silence entre eux. Mikasa ne pouvait cependant pas se mentir il s'agissait de beaucoup plus que cela. C'était comme si quelqu'un avait tourné le bouton du son à fond et que tous les bruits de la forêt s'étaient soudainement amplifié. Il n'y avait plus qu'eux deux perdus dans la cacophonie d'une musique explosive et indistincte. Mikasa continua de talonner sa monture alors qu'elle se noyait dans le vacarme effrénés des battements de son cœur.
Ils virent au bout d'un certain temps des signaux verts barrer le ciel crépusculaire. C'était l'ordre de repos pour la nuit, les soldats devaient tirer des fumigènes afin de signaler leur emplacement ainsi que leur nombre.
- « Ce n'est pas dangereux de signaler notre position comme cela ? – questionna Mikasa.
- Les Titans sont trop cons pour faire le lien entre activité humaine et fumigènes. On n'a jamais eu de problèmes avec les bivouacs en forêt jusqu'ici. »
Rivaille n'avait pu voir le ciel pour la première fois qu'à vingt-quatre ans, lorsqu'Erwin l'avait sorti de la ville souterraine, lorsqu'il lui avait donné la citoyenneté ainsi que la possibilité d'une existence nouvelle. Il se souviendrait toujours de sa rencontre avec le bleu lumineux des cieux, sous le regard tout aussi céruléen d'Erwin. C'était son plus beau souvenir. Indescriptible. Depuis, le brun appréciait particulièrement passer ses nuits dehors avec pour seul plafond les étoiles. Les Ailes de la Liberté portaient bien leur nom dans ces moments.
- « Et s'il y a un humain infiltré dans un Titan, c'est quand même risqué, non ? – ajouta tout de même la brune
- Je n'en sais malheureusement rien, on n'a jamais fait face à ce genre de situations auparavant. Tous les soldats, Eren compris, devraient être en relative sécurité jusqu'à l'aube. Enfin je l'espère » - Il s'arrêta et ne pu empêcher un pli soucieux de barrer son front, puis il reprit finalement d'un ton plus confiant et désinvolte : « Au pire, si la nuit ne suffit pas à nous protéger et que le traître vient nous emmerder, on ira le déboîter tous les deux. »
C'était un bon programme songea Mikasa, il n'y avait rien de plus à ajouter. Elle ne voyait de toute façon pas ce qu'ils auraient pu faire d'autre. Ils chevauchèrent encore un peu et Rivaille s'arrêta devant une clairière au centre de laquelle trônait un grand rocher dont le sommet lisse semblait être poli par la main de l'homme.
- « C'est pas mal ici. – jugea le brun avec une voix de connaisseur. – On pourra monter le camp en hauteur. Il faut juste vérifier qu'il n'y ait pas de Titans à proximité. »
Ils examinèrent la zone mais les alentours semblaient résolument vides, Rivaille tira alors deux fumigènes verts pour signaler leur position. Si le Soleil n'était pas encore entièrement couché il n'y avait toutefois que peu de choses à craindre des géants à cette heure-ci. Les deux soldats décidèrent donc de se délester de leurs équipements tridimensionnels. C'était un véritable soulagement, l'assortiment complexe de sangles et de harnais pesait effectivement plus d'une dizaine de kilos et tirait de manière effroyable sur tous les muscles du corps. Ils profitèrent de ce moment de calme pour manger à la hâte une de ces infâmes rations énergétiques et prendre le temps de souffler un peu afin d'évacuer la tension de la journée. Ils finirent par se détendre, une parcelle de leurs esprits restait néanmoins vigilante au moindre craquement de branches et autres bruits suspects. Tandis que Mikasa s'occupait de sa jument, Rivaille grimpa sur le haut du rocher avec des mouvements souples et félins pour admirer la vue. Il lui jeta un coup d'œil par dessus son épaule et lui dit simplement :
- « Je ne suis pas non plus tout à fait serein. Il va falloir qu'on se relaie cette nuit pour prendre des tours de garde.
- Ça me semble mieux aussi. – appuya la jeune fille en hochant la tête.
- Je prendrai le premier et on se remplacera toutes les trois heures.
- Non. »
Il se tourna alors complètement vers elle toujours perché en haut du roc, et plissa ses paupières de contrariété.
- « Comment ça non ?
- Je commence à te connaître. Si tu prends le premier tour de garde, tu ne vas jamais me réveiller. C'est moi qui vais prendre le premier tour de garde et toi tu vas dormir. Ce n'est pas la peine de discuter, je suis intraitable. »
Rivaille tenta de conserver un visage impassible à ces derniers mots. Ses yeux n'étaient cependant plus que deux fentes dans lesquelles étincelaient cette lueur que Mikasa commençait à bien connaître. Cette lueur qui ne brillait que pour elle. Cette lueur qui ne laissait présager rien de bon.
- « D'abord une tentative d'assassinat contre ma personne, puis une critique virulente des ordres de ton Major et maintenant ça, je crois que tu as un sérieux problème avec la discipline Ackerman. Il va falloir que je t'inculque l'obéissance et le respect de la hiérarchie. »
Il ne précisa pas comment il comptait lui inculquer tout cela, il n'en avait pas besoins. Son expression parlait pour lui. Mikasa savait toutefois que le brun ne pensait pas vraiment ce qu'il disait, bien qu'elle ait parfaitement conscience des tendances presque sadiques de l'homme. Tout comme la jeune fille ne voyait pas Rivaille comme son supérieur, le Capitaine n'avait effectivement jamais pu considérer Mikasa comme sa subordonnée. En outre, c'était des deux celui qui avait le plus de problèmes avec l'autorité. S'il respectait strictement les ordres d'Erwin, il méprisait en revanche le gouvernement, l'Église, les guildes de marchands et toutes autres institutions qui représentaient le pouvoir en place. Il utilisait sa position intouchable de plus puissant soldat de l'Humanité pour leur cracher dessus allègrement. Ses menaces contre Mikasa n'étaient donc que de la provocation pure et simple. Une provocation terriblement efficace.
La jeune fille pouvait néanmoins se révéler tout aussi douée au petit jeu de la provocation. Elle repensa à ce que Sasha et Connie avait raconté aux recrues il y a une semaine. Rivaille les avaient apparemment surpris dans ses appartements, et après que Sasha l'ait renvoyé sans aucun tact à sa petite carrure, il les avaient obligés à laver sa chambre vingt huit fois d'affilée, avant de la nettoyer lui même en grommelant que ces putains de gamin devraient avoir honte de leur niveau d'incompétence dans l'art sacré du ménage. « C'est comme s'il nous avait marqué le cul vingt huit fois au fer rouge ! » leur avait expliqué Connie en mimant la douleur de façon convaincante. Sasha avait été en plus privée de nourriture ce qui avait fini d'achever la jeune femme. Elle avait éclaté en sanglots de gratitude lorsque Christa et Ymir étaient venues la nourrir après plus d'une journée sans manger. La grande brune lui avait tout de même rappelé qu'elle avait une nouvelle dette envers elle, parce qu'Ymir ne voulait surtout pas qu'on la prenne pour une fille désintéressée, tandis que sa petite amie levait les yeux au ciel et affichait un sourire contrit face à Sasha qui constellait sa jupe de taches de bave et de larmes. Les recrues s'étaient ensuite réunies dans le dortoir - à l'exception d'Eren qui devait toujours dormir dans les cachots - lorsque Sasha et Connie leur avait expliqué la raison de la colère de Rivaille, renommé entre temps Capitaine clean freak par le reste des adolescents. Une vague d'indignation s'était immédiatement soulevée. « Quel salaud c'est de l'abus de pouvoir ! On va vous venger Connie et Sasha, il ne s'en tirera pas comme ça ! », « On peut mourir dans une semaine, et cette espèce de maniaque a gâché un mois de notre vie avec ses foutus opérations de nettoyage ! » Reiner le soldat modèle qui agissait toujours comme un grand frère protecteur, Jean qui pouvait facilement se mettre en colère, ainsi que les deux imbéciles de la 104e brigade commençait déjà à organiser leur vengeance tandis qu'Armin et Christa essayait tant bien que mal de les raisonner. Mikasa leur avait finalement remis les idées en place à grands renforts de ses poings. Elle avait ensuite enfoncé du pain dans la bouche de Sasha pour réconforter son amie (même si elle l'avait au final plus étouffée qu'autre chose).
Quoiqu'il en soit grâce aux informations de Sasha et Connie elle savait exactement comment énerver le brun. C'était bas et sournois, petit même. Cela ne pourrait cependant être jamais aussi petit que Rivaille. Elle déclara alors avec toute la prétention dont elle était capable :
- « Tu penses vraiment qu'un nabot comme toi peut me menacer ? Je n'ai pas peur des personnes qui ont besoins d'un escabeau pour pouvoir me regarder dans les yeux. »
Rivaille mit un moment avant de répondre. Mikasa s'attaquait à l'ultime tabou, ce qui avait toujours eu le don de le mettre hors de lui : sa taille. Elle avait escaladé à son tour le rocher. Il lui fit un magnifique doigt d'honneur alors que la brune le rejoignait en haut du roc. L'homme déclara d'un ton querelleur :
- « Espèce d'enfoirée. Je ne suis pas petit, Ackerman.
- Tout le monde a ses complexes. Je peux comprendre tu sais… pour quelqu'un de trente et un an, ça doit tout de même être dramatique d'avoir la carrure d'un enfant de douze ans. Je n'ai pas besoins de te rappeler qu'à ton âge, on ne fait plus que se tasser.
- Toi, la sale petite merdeuse, je vais te…
- Comme si tu pouvais faire quelque chose. Je suis beaucoup plus forte que toi. »
C'était le signal. Alors que le Soleil se couchait et teintait le ciel d'un rouge écarlate, les deux combattants se mirent instinctivement en garde. Le crépuscule projetait sur le roc des ombres dangereuses et sanglantes. Le haut du rocher formait quant à lui une surface plane semblable à un ring de boxe. Un lieu idéal pour un ultime combat dont ils avaient tous deux conscience de l'issue capitale. Si Rivaille dominait effectivement l'écrasante majorité des affrontements qu'ils avaient pu se livrer, la jeune virtuose s'était néanmoins toujours relevée sans jamais déclaré forfait. Les deux avaient cependant la certitude qu'il y aurait ce soir un gagnant et un perdant. Ils étaient en pleine expédition ce n'était objectivement pas le moment de débuter un combat. Mikasa et Rivaille ne se distinguaient cependant ni l'un ni l'autre par leur intelligence, alors ils ne se posèrent pas plus de questions. La compétition à son maximum, ils se mirent à tourner l'un autour de l'autre dans des gestes lents et calculés.
Rivaille avait pleinement conscience de la force exceptionnelle de Mikasa et avait pu observer ses progrès durant le mois où ils s'étaient entraîné ensemble. Il pouvait facilement se reconnaître dans la jeune fille, parfois de manière presque troublante. Il connaissait intimement le pouvoir prodigieux qui coulait dans ses veines. S'il avait pour sa part atteint le maximum de son potentiel, il ne doutait cependant pas que Mikasa le surpasse un jour. Rivaille se demandait à certain moment s'il existait quelque chose en ce monde susceptible d'arrêter la jeune femme. Elle lui faisait penser à une étoile filante, capable de traverser l'infini de l'espace en une traînée brillante sans aucune barrière capable de la stopper. Il possédait néanmoins l'avantage indubitable de l'âge et de l'expérience. Rivaille était certain qu'il gagnerait ce combat, il allait enfin vaincre cette foutue gamine une bonne fois pour toutes !
Ce fut Mikasa qui engagea le premier assaut, son impatience la trahissait toujours de toute façon. Rivaille se déroba et tourna sur lui même, telle une danseuse, afin d'esquiver d'un mouvement souple le poing tendu de la brune. Il utilisa ensuite sa force brutale pour lui asséner un coup qu'elle parvint à bloquer de justesse avec son avant bras. Elle poussa un grognement et se replaça vivement en garde. Rivaille n'avait quant à lui même pas daigné se remettre en position. Il la narguait clairement. Mikasa remarqua sa désinvolture de façade, et furieuse, elle le chargea à nouveau avec toute la force et la vitesse qu'elle possédait. Rivaille plissa légèrement ses paupières, et étudia le mouvement de la jeune fille. Sans décoller ses pieds du sol, il pivota sur le côté et saisit le bras tendu de la brune. Mikasa poussa un petit cri de douleur et de surprise alors que Rivaille lui tordait violemment le bras dans son dos. Il songea avec une certaine satisfaction qu'il aimait bien quand elle criait. Sans laisser le temps à Mikasa de réagir, il tordit son bras un peu plus fort et la ramena d'un mouvement brusque contre lui. L'homme passa son second bras autour du ventre de la jeune femme et la maintint fermement, lui interdisant tout mouvement. Il sentit Mikasa se débattre vigoureusement mais elle ne pouvait pas se dégager.
Mikasa était furieuse de s'être laissée piéger aussi facilement. Rivaille tordait son bras douloureusement, et elle se doutait qu'il faisait cela de façon intentionnelle. Bouillonnante de rage, elle se débattit encore un peu mais elle ne parvenait pas à décoller son dos du torse de l'homme. Elle sentait son souffle dans son cou et sa voix railleuse s'éleva tout près de son oreille :
- « Alors Ackerman, qu'est ce que ça fait de se faire maîtriser par un homme à la carrure d'un enfant de douze ans ? Ton ego surdimensionné de petite prétentieuse n'en prend pas un trop grand coup ? ». - Bien qu'elle ne puisse pas voir le visage du brun elle savait qu'il souriait de sa manière ironique qui avait tendance à l'énerver sérieusement. Il ajouta toujours de sa voix provocante : « Si tu abandonnes et que tu admets que je suis plus fort que toi, je te relâcherai peut-être. »
C'en était trop. Mikasa avait clairement conscience que Rivaille exultait, elle ne pouvait pas laisser ce petit enfoiré sadique la rabaisser plus longtemps. Il avait oublié qu'elle n'abandonnait jamais, elle allait se charger de lui rappeler. Elle allait le tuer. Rivaille était si satisfait et si certain de son emprise sur la jeune femme, que Mikasa parvint à déceler une faille dans sa garde. Si l'homme avait immobilisé tout le haut de son corps, elle utilisa son talon pour lui asséner un grand coup de pied. Il desserra son étreinte de surprise et la jeune fille en profita pour se dégager avec force. Elle vrilla son corps et tournoya à la manière de Rivaille pour lui asséner un coup de coude destructeur. Le brun avait cependant sauté et esquiva son attaque avec facilité. Ils se remirent tous les deux en garde. Il lui lança d'un ton sarcastique, mais qui avait néanmoins perdu un peu de sa superbe :
- « Tu ne trouves rien de mieux à faire que d'imiter mes techniques ? Ce n'est qu'une pâle copie, mais une sale gamine comme toi ne doit sûrement pas être capable de beaucoup plus. ».
Mikasa ne releva pas la provocation et se contenta de lancer un nouvel assaut pour la troisième fois d'affilée. Elle fonçait encore sans réfléchir en laissant sa rage prendre le dessus, cette imbécile n'apprenait donc décidément rien songea Rivaille. Elle tournoya vers lui et il parvint une nouvelle fois à stopper sans mal son poing. Le brun connaissait ce mouvement par cœur, c'était après tout lui qui le lui avait enseigné, il n'eut ainsi aucune difficulté à bloquer l'attaque de la jeune femme. Ce fut seulement à ce moment là qu'il remarqua le sourire satisfait et supérieur qui barrait le coin des lèvres de Mikasa. Rivaille comprit trop tard qu'elle ne faisait pas qu'imiter ses techniques.
La jeune femme s'était beaucoup trop rapprochée de son centre à découvert, et avant qu'il ne puisse régir, elle frappa. Elle lui asséna un superbe coup de genoux dans les parties intimes. Une douleur effroyable remonta le long de son corps et il s'effondra à genoux en se tenant le bas du ventre. Il n'eut pas le temps de se remettre que déjà le tibia de Mikasa venait rencontrer son menton avec force et fracas. Alors que le goût du sang envahissait sa bouche, il sentit son corps décoller suite à l'impact. L'homme dut faire appel à tous ses réflexes et ses incroyables capacités pour se ressaisir. Il vrilla son corps, se laissa rouler sur la pierre et se remit sur pied. Il venait à peine de se redresser que Mikasa était déjà face à lui, prête à le frapper à nouveau. Il esquiva de justesse son poing en basculant son corps en arrière.
Il réalisa cependant trop tard que c'était une mauvaise idée. Le petit brun se trouvait effectivement au bord du rocher, il n'y avait plus que le vide en dessous de lui. Il y eut cette seconde où tout était encore possible, où il sentit son corps privé de tout repère basculer lentement en arrière, comme s'il hésitait entre la roche et le gouffre sous lui. Rivaille n'eut que le temps de saisir à deux mains le col de la chemise de Mikasa dans un réflexe stupide. La jeune fille ne s'y attendait pas, il l'attira alors contre lui et ils basculèrent ensemble du rocher.
Ni l'un ni l'autre ne comprit vraiment ce qu'il se passait, ils roulèrent le long du roc dans un ensemble désordonné de membres. Ils s'écrasèrent finalement contre le sol de la forêt, ou plutôt Mikasa écrasa Rivaille contre la terre meuble. La jeune fille avait atterri avec fracas et sans aucune délicatesse sur le petit homme. Lorsqu'elle vit Rivaille sous elle qui semblait complètement sonné, elle fut prise d'une certaine panique. Elle lui demanda d'une voix résolument inquiète :
- « Rivaille, réponds-moi ! Est ce que ça va ? J'y suis allée beaucoup trop fort. J'en fais toujours trop, je suis vraiment une imbécile. »
Est ce que ça allait bien ? Mikasa venait de le castrer. Son entrejambe n'était certes plus trop douloureux, mais cela devrait quand même être interdit bordel ! Rivaille avait en outre faillit se rompre le cou en tombant du rocher, et il se faisait à l'instant écraser par Mikasa qui pesait son poids. Il aurait pu croire que ses capacités déclinaient, mais le Capitaine songeait plutôt que la brune était si talentueuse qu'elle commençait déjà à le rattraper. Il croisa alors les beaux yeux de la jeune femme grands ouverts qui brillaient d'inquiétude. Elle était tellement mignonne quand elle était paniquée, vraiment adorable. Rivaille passa deux bras possessifs autour de sa taille et lui répondit simplement :
- « Ça ira. Il y a une femme sublime sur moi après tout. Je crois que ça pourrait être pire.
- I-idiot. – bégaya Mikasa en rougissant. – Je suis vraiment inquiète et tu ne trouves rien de mieux à faire que m'embêter. Tu es énervant.
- Si tu veux que j'arrête de t'embêter, il faut me faire taire. »
Mikasa ne se fit pas prier deux fois et alors qu'il l'attirait contre lui, elle écrasa ses lèvres contre celles de l'homme. Ils s'embrassèrent avec fougue, encore galvanisés par le combat qu'ils venaient de mener. Un baiser sans retenue au léger goût âcre de sang. La brune n'en avait cependant pas fini avec Rivaille, elle avait envie de jouer encore un peu. Elle lui mordit alors la lèvre inférieure sans ménagement.
- « Ah ouais gamine, tu la joues comme ça ? »
Elle n'eut pas le temps de répondre qu'il la faisait basculer sur le côté sans prévenir. Rivaille était maintenant sur elle, et ses mains attrapèrent fermement les poignets de la brune, les tenant au dessus de sa tête comme s'ils étaient liés. Il songea un instant à nouer les mains de Mikasa grâce à son foulard, mais il décida de ne pas perdre de temps.
Alors que Mikasa pensait qu'il allait l'embrasser, il s'attaqua à son cou. Son joli cou blanc et immaculé. Il mordit la peau nue et sensible d'abord violemment puis l'aspira plus doucement. Mikasa ne pu retenir le gémissement plaintif, mélange de douleur et de plaisir, qui s'était formé au fond de sa gorge. La jeune femme sentit le sourire de Rivaille contre elle, c'était une sensation presque aussi enivrante que ses baisers. Elle laissa la langue du brun se balader le long de sa peau, suçant et aspirant les points particulièrement sensibles de son cou. Elle expira négligemment une nouvelle fois tandis que l'homme embrassait la zone au dessus de ses clavicules. Leurs lèvres se retrouvèrent ensuite avec une passion presque violente tandis que leurs langues ravageaient la bouche de l'autre. Une bulle de chaleur délicieuse, semblable à celle qu'elle avait expérimentée quelques jours plus tôt, éclata dans le ventre de Mikasa faisant frémir son corps tout entier.
Rivaille poussa quant à lui son premier gémissement lorsque leurs corps se pressèrent l'un contre l'autre. Il était conscient du peu qui les séparait, la distance était néanmoins encore trop grande. De sa main qui n'emprisonnait pas les poignets de Mikasa, il agrippa les hanches de la brune et profita de cette emprise pour la coller un peu plus contre lui, l'amener aussi près que la physique voulait bien le permettre. Dans cette position sa main avait un contrôle total, elle pouvait se balader le long de ses courbes et décider de la proximité de leurs deux corps ainsi que du rythme de leurs frictions qui allait toujours en s'accélérant. Leurs respirations devenaient courtes et saccadées, elles se mêlaient follement l'une à l'autre dans un rythme anarchique et désordonné. Mikasa sentit alors la bosse dure que formait l'entrejambe de l'homme contre le bas de son ventre. Elle se détacha une seconde de ses lèvres pour croiser la lueur fiévreuse du regard de Rivaille complètement voilé par le désir. Il soupira simplement contre son oreille d'une voix grave et enrouée :
- « J'ai tellement envie de toi, Mikasa. »
Ce fut soudainement presque trop. Beaucoup trop réel. La chaleur reflua un peu lorsqu'elle réalisa dans un éclair de lucidité que Rivaille ne jouait plus. Lorsqu'elle prit conscience du désir de l'homme, de son souffle haletant, de son érection contre son ventre, et de sa propre excitation sur laquelle elle n'avait aucune emprise. Mikasa se doutait qu'ils en arriveraient là à moment ou à un autre, elle voulait même qu'ils en arrivent là, elle ne put toutefois empêcher qu'une angoisse sourde teintée d'appréhension lui torde le ventre. Elle avait la désagréable impression que tout lui échappait, d'être hors d'elle-même tel un spectateur extérieur à la scène.
Rivaille sentit le corps de Mikasa se tendre contre lui de la mauvaise manière et arrêta instantanément ses frottements. Il se détacha d'elle et relâcha les mains de la jeune femme, puis s'obligea à respirer un grand coup pour se calmer. Il allait beaucoup trop vite, il ne voulait pas effrayer la gamine, merde ! Rivaille sentait le désir de la jeune fille mais il pouvait également lire un certain doute dans ses yeux innocents et craintifs.
- « On peut s'arrêter si tu ne le sens pas. Je ne te mettrai jamais la pression pour faire quelque chose. C'est à toi de choisir. » – tenta-t-il d'un ton qu'il voulait le plus rassurant possible.
- « Mais… Je ne sais pas… On a déjà commencé, et toi…
- Tch. C'est quoi cette logique de merde ? Il n'y a pas de mal à changer d'avis. On ne fait que ce qui te fait plaisir. Et rien d'autre. »
Mikasa se détendit à ces derniers mots. Le brun lui avait toujours laissé le choix depuis la première fois qu'ils s'étaient parlés, et la jeune fille savait qu'il ne la forcerait jamais à rien. Elle était avec Rivaille alors tout irait bien, pas vrai ? Elle pouvait lui faire confiance. Elle inspira une bouffée d'air, car il fallait bien se donner du courage, et lui répondit simplement :
- « J'ai bien envie qu'on continue. »
De l'appréhension subsistait dans sa voix comme face à quelque chose d'inconnu, ce n'était néanmoins que peu de chose comparé au réel désir qui l'habitait. Elle embrassa Rivaille qui lui rendit son baiser, mais plus doucement que tout à l'heure. Le brun s'était relevé et mit à genoux sur l'herbe de la clairière, Mikasa s'assit alors à son tour afin de poursuivre leur baiser. Leur position faisait de Rivaille le plus grand d'eux, et l'homme décolla finalement ses lèvres de celles de la jeune femme. Ce fut le brun qui reprit la parole :
- « Maintenant dis moi ce que tu veux que je fasse, et je le ferai peut-être. »
Il la taquinait gentiment, il avait l'air en tout cas d'apprécier cette situation. Il attendait qu'elle se décide, seul le feu qui brillait au fond de ses prunelles trahissait son impatience.
- « Eh bien, tu pourrais commencer par enlever ton bavoir affreux. Je n'ai jamais compris à quoi il pouvait bien servir d'ailleurs.
- Ça c'est parce que tu n'as aucun goût. Elle est très belle cette cravate. »
Il avait grommelé cette dernière phrase en retirant son mouchoir tandis que Mikasa le regardait faire en silence. Malgré sa tentative de plaisanterie, la tension électrique qui saturait l'air n'avait pas diminué un seul instant, et elle comprit qu'il était inutile de faire durer cette attente plus longtemps.
- « Retire ta chemise. »
Il s'exécuta et se furent bientôt quatre mains qui s'attelèrent à défaire les boutons puis à envoyer le vêtement valser au loin. Ça allait faire des faux plis songea le Capitaine qui restait maniaque en toute situation, il avait néanmoins d'autres priorités pour le moment.
La vue du torse nu de l'homme fit revenir au galop la chaleur qui habitait le bas du ventre de Mikasa. Si Rivaille était petit, elle devait cependant reconnaître qu'il n'avait absolument rien d'un enfant de douze ans. Ses huit abdos, les muscles saillants de ses bras, la lueur chaude et dansante de son regard ne la laissait pas impassible. L'atmosphère de cet instant était en effet radicalement différente de tout ce qu'elle avait pu connaître. Si différente du quotidien insipide des soldats et de la rigueur militaire qui avait marqué son adolescence. Elle sentait en ce moment une sorte de sensualité s'éveiller en elle et entre eux deux, ce qui ne la laissait pas de marbre, bien au contraire.
Mikasa laissa alors ses lèvres migrer vers le cou du brun, déposant des baisers sur le haut de son sternum. Rivaille lui laissait le contrôle, il se contenta seulement de la serrer un peu plus fort contre lui pour savourer au mieux les palpitations délicieuses de sa poitrine, sentir son cœur qui battait si vite contre le haut de son ventre. Mikasa descendit plus bas, elle retraçait doucement les meurtrissures qui zigzaguaient le long du torse du Capitaine. Les marques laissées par les sangles et les harnais de l'équipement tridimensionnel n'étaient objectivement ni esthétiques ni excitantes, ce n'était que des boursouflures de chair violacées voire bleutées qui ceignaient disgracieusement le corps de tous les soldats. Il s'agissait d'un stigmate que Mikasa avait pendant longtemps cherché à dissimuler à l'instar de ses camarades, elle n'avait toutefois à cet instant aucune appréhension et aucun embarras à se dévoiler à son tour. Elle devinait qu'il s'agissait de meurtrissures dont Rivaille était fier et dont elle pouvait être fière elle-même, la preuve tangible qu'ils étaient tous deux des tueurs de Titans. Alors il n'y avait ni honte ni crainte à avoir.
- « Enlève-la mienne. »
Rivaille pouvait entendre que la voix résolue de la jeune fille était plus empressée que d'ordinaire. Il se recula légèrement et baissa sa tête jusqu'au bas de l'abdomen de sa partenaire. Mikasa fit quant à elle glisser une main fébrile dans le creux du dos de l'homme. Il déboutonnait lentement le bas de sa chemise avec des gestes mesurés, ses lèvres effleuraient la peau de la jeune femme au fur et à mesure qu'il remontait, la couvrant de légers baisers. Il dégrafa son soutien gorge alors qu'il arrivait au niveau de sa poitrine, et embrassa un instant les tétons roses et tendus de Mikasa qui se révélaient derrière le tissu. Il ne resta néanmoins pas trop longtemps car il comptait bien se faire désirer encore un peu. Les paumes chaudes de l'homme glissèrent finalement jusqu'aux épaules de la brune qui avait entre temps fermé les yeux et continuait à décrire des cercles avec ses doigts le long du dos de Rivaille. Il lui enleva complètement sa chemise et son soutien gorge tout en lui embrassant le creux du cou, puis le coin des lèvres. Il se détourna néanmoins quand Mikasa chercha à s'emparer de sa bouche.
- « Si tu veux que je t'embrasse, il faut le demander d'abord.
- Fais-le. – répliqua-t-elle en un souffle.
- Faire quoi ? – C'était puéril mais il s'amusait décidément bien. Il en jubilait presque.
- Embrasse-moi ou je t'arrache les lèvres avec mes dents.
- Tout compte fait les menaces ça a aussi un certain charme. »
Il se pencha vers elle à ces mots, lui attrapa la mâchoire d'une main pour lui relever la tête, et leurs lèvres se retrouvèrent finalement dans un soupir de soulagement contenu. Leurs langues se rencontrèrent délicieusement quelques minutes alors qu'ils s'étreignaient avec force. Leurs poitrines nues étaient pressées l'une contre l'autre, sans que la proximité se révèle étouffante comme tout à l'heure, juste infiniment agréable. Mikasa n'avait jamais senti la chaleur de quelqu'un d'autre contre elle, et c'était si bon - à la fois reposant et excitant - qu'il lui semblait qu'elle ne voulait jamais que cela s'arrête.
- « C'est la première fois que je partage un moment aussi intime avec quelqu'un. »
Elle savait que Rivaille s'en doutait, mais elle avait néanmoins envie de le lui dire en face. Il passa une main attendrie et émue dans sa chevelure, puis se contenta pour toute réponse de la faire basculer en arrière. Il arrêta la chute contrôlée de Mikasa un peu avant qu'elle ne touche le sol et passa un bras autour de la taille de la jeune femme pour stabiliser leur position bancale. C'était maintenant lui qui embrassait la peau fine de son cou, et Rivaille descendit finalement un peu plus bas pour stimuler sa poitrine ferme avec sa langue, mordillant et aspirant la pointe d'un téton au passage. Les soupirs béats de Mikasa emplissaient délicieusement ses oreilles, et elle déclara finalement d'une voix coupée, presque inexistante :
- « Rivaille, c'est bien quand tu embrasses. »
Entendre Mikasa gémir son nom lui donna plus d'audace. Il laissa une de ses mains glisser vers le sexe de la jeune femme. Il commençait à la caresser à travers la toile de son pantalon en traçant des cercles désordonnés, lorsqu'il lui demanda :
- « Et j'ai très envie de t'embrasser ailleurs. Tu en as envie aussi ? »
La voix de l'homme était envoûtante sans qu'il ne cherche à lui donner une intonation particulière. Mikasa hocha alors la tête avec force tandis que leurs deux regards brûlants s'accrochaient. Rivaille prit un moment pour contempler son visage rosit par l'excitation, la flamme de ses prunelles dilatées et brillantes, avant de baisser sa tête et reprendre en sens inverse le trajet qu'il avait effectué tout à l'heure. Il laissa sa langue parcourir les abdos de la jeune femme tandis qu'il l'aidait à se déchausser. Il fit ensuite glisser le pantalon le long des jambes athlétiques de Mikasa. La brune posa entièrement son dos et sa tête contre l'herbe de la clairière alors que l'homme se plaçait entre ses cuisses et caressait son sexe à travers le tissu humide de son sous vêtement. Elle s'abandonna complètement aux caresses des mains chaudes, expérimentées et pleines de souvenirs de Rivaille, lorsque celui-ci enleva finalement le dernier tissu qui couvrait son corps.
Rivaille admira Mikasa un instant puis embrassa l'intérieur de sa cuisse. Cette zone incroyable où la peau était aussi douce et délicate que celle d'une plume. Il remonta un peu et ses lèvres effleurèrent celles sensibles de Mikasa. Il sentit la jeune fille frémir sous la caresse de son souffle chaud, et elle passa une main dans ses cheveux en agrippant ses mèches avec force alors qu'il commençait à titiller sa vulve du bout de sa langue. Galvanisé par la poigne sur son crâne, il approfondit ses caresses en effectuant des mouvements de rotation autour du clitoris de Mikasa, d'abord par des pressions légères puis un peu plus fortes. Il enlaçait la taille de la brune tandis que l'odeur de son sexe envahissait ses narines et que ses gémissements se faisaient plus sonores. Rivaille sentait qu'il perdait un peu pied, il se stoppa un moment, embrassa son clitoris palpitant et l'aspira légèrement avant de reprendre les mouvements circulaires. Il comprit qu'il avait atteint la pression optimum lorsque la musculature de Mikasa se contracta contre lui et qu'elle lui tira les cheveux malgré elle. Rivaille arrêta alors d'accélérer le rythme et continua ses stimulations selon les mêmes mouvements sur le même point.
Mikasa avait quant à elle des difficultés pour respirer. Son souffle était devenu brisé et saccadé, elle n'aurait jamais imaginé qu'il puisse être un jour si haletant. Elle était rouge et brûlante, on aurait pu croire qu'elle était fiévreuse tandis que son visage se crispait dans une douleur qui n'en était pas une. La jeune fille arrachait les brins d'herbe de sa main droite et essayait tant bien que mal de ne pas tirer les cheveux de Rivaille de son autre main. Mais c'était tellement bon. Il lui semblait que son sexe n'était plus qu'un point enflammé alors qu'une chaleur cuisante tordait le bas de son ventre et se répandait par vagues délicieuses dans son corps tout entier. Elle déglutit avec difficulté, et ne chercha plus à retenir les gémissements qui se formaient au fond de sa gorge lorsque la chaleur s'intensifia. Elle songea qu'elle aurait bien aimé tester auparavant ce plaisir en solitaire pour se faire une idée de ce qui l'attendait. Mais elle ne savait pas, alors elle laissa Rivaille la guider vers cet inconnu délicieux. Bien qu'elle n'ait jamais rien expérimenté de tel, elle reconnut sans l'ombre d'un doute l'orgasme lorsqu'il monta en elle tel un raz de marée enflammée capable de tout balayer sur son passage. Un spasme la secoua brutalement, et elle arqua son corps alors que tout éclatait violemment dans son ventre, sa poitrine, sa gorge, tout son être. Il lui semblait qu'elle lâchait prise et que toutes les vannes de son corps s'ouvraient alors qu'un plaisir horriblement intense déferlait en elle, la submergeant telle une onde déchaînée.
Rivaille continua un peu ses caresses mais se détacha finalement du sexe de Mikasa pour pouvoir la regarder. Son corps brûlant était recouvert d'une fine pellicule de sueur et sa poitrine se soulevait rapidement et de manière désordonnée au fil d'une respiration haletante. Alors que le brun s'asseyait, la jeune fille se redressa à son tour. Ce ne fut qu'à cet instant qu'il remarqua les larmes qui couvraient les joues rougies de Mikasa, et qu'il pu observer le sourire qui illuminait son visage la rendant presque aussi brillante qu'une étoile.
- « Tu pleures… ? » – Il ne sut pas quoi ajouter, alors il laissa sa question en suspens.
Il recueillit simplement une goutte chaude et salée du bout de ses doigts. C'était la première fois qu'il voyait Mikasa pleurer. C'était à la fois étrange et attendrissant.
- « Oui. Ce sont des larmes de joie. Je ne me suis jamais sentie aussi bien. »
Elle pensa un instant à le remercier car entre ses inquiétudes permanentes pour Eren, la brutalité de la vie militaire et la mort omniprésente, cela faisait effectivement longtemps qu'elle n'avait pas jouit pleinement d'un moment si agréable. Elle se ravisa néanmoins songeant que cela faisait tout de même un peu trop vieux jeu. Son sourire s'agrandit simplement de lui même sans qu'elle ne puisse le contrôler.
Rivaille sentit son cœur exploser presque douloureusement dans sa poitrine alors que le sourire de Mikasa s'élargissait et que ses larmes continuaient à couler sans bruits le long de ses joues. Elle rayonnait vraiment. Il avait rêvé de Mikasa nue contre lui, de sa bouche entrouverte qui gémissait son prénom, de son corps qui s'éveillait et s'arquait sous ses caresses, qu'est ce qu'il en avait rêvé. Mais ce sourire c'était plus que tout ce qu'il avait pu imaginer, plus que tout ce qu'il avait désiré. Ce fut à cet instant là qu'il comprit à quel point il était foutu. Il réalisa que depuis le début il en avait conscience, conscience de la merde énorme dans laquelle il s'était fourré jusqu'au cou. Dès qu'il avait croisé ce regard de tueuse au Tribunal, il avait signé son arrêt de mort. C'était trop tard maintenant et le vrai problème c'était que ça ne le dérangeait pas. Il aimait même ça. Pourtant il avait pensé maîtriser la situation au début. Lui proposer les entraînements particuliers avait sûrement été le pire et le meilleur moyen de lui faire du rentre dedans, découvrir ce qui se cachait derrière cette expression agressive et sombre. Cette expression intrigante. Ils s'étaient apprivoisés d'abord, ils avaient découvert peu à peu les forces et les faiblesses de l'autre, puis les choses s'étaient enchaînées si rapidement qu'il ne s'était pas rendu compte qu'il fonçait droit dans les emmerdes. Et maintenant, lors cet instant volé à la vie, son cœur se retrouvait explosé en mille morceaux dans sa poitrine. C'était un trop plein d'émotions qui le submergeait jusqu'à l'en noyer.
Il ne savait pas quoi faire car il n'avait jamais été doué pour les démonstrations d'affection, il passait en effet sa vie à repousser ses sentiments derrière sa façade de marbre froid et son ironie blasée. Il se contenta alors de prendre Mikasa dans ses bras et d'enfouir un peu maladroitement son visage dans le creux de son cou. La jeune femme ne réagit d'abord pas, trop étonnée par cet élan soudain. Elle ne fut pas au bout de ses surprises lorsqu'elle entendit Rivaille murmurer presque douloureusement :
- « Mikasa arrête ça. Arrête avec ce magnifique sourire. »
Le cœur de l'homme battait extrêmement vite et fort contre sa propre poitrine, aussi vite que le sien alors qu'elle se remettait à peine de son orgasme. Elle ne savait pas quoi dire parce que face aux étrangetés incompréhensibles de Rivaille il n'y avait généralement rien à répondre. La voix de l'homme s'éleva à nouveau avant qu'elle n'ait pu ajouter quoi que ce soit. Ce n'était qu'un souffle qui sortait malgré lui de la poitrine de Rivaille, vibrant d'une émotion trop longtemps refoulée :
- « Ne me fais pas tomber plus amoureux de toi que je ne le suis déjà. »
Le temps sembla comme suspendu un instant. Mikasa ne répondit pas car cela signifiait tellement de choses qu'elle ne pouvait rien dire. Même si elle avait voulu parler, elle en aurait été de toute façon bien incapable avec sa gorge bloquée par l'émotion. La jeune fille ne put que passer ses bras dans le dos de Rivaille et le serrer un peu plus fort contre elle. Pendant un moment ils restèrent ainsi enlacés l'un contre l'autre.
J'espère que ça vous aura plus ! C'est la première fois que j'écris un lemon, toutes vos critiques sont bienvenues :) Le chapitre n'était pas censé s'arrêter là, mais il devenait beaucoup trop long. Je posterai la seconde partie dans moins d'une semaine.
