NdT : Bonsoir ! Voici le neuvième chapitre de The Sweetest Revenge, qui est issu de l'imagination, je vous le rappelle, de Coconut Girl. Je vous dit à très bientôt !
Chapitre 9 : La prise de conscience est une saloperie
Percy s'assit à son bureau, ses pouces glissant pensivement sur le parchemin qu'il tenait entre ses mains alors qu'il en lisait le contenu pour au moins la dixième fois. Il laissa encore ses yeux parcourir la page, comprenant que chacun des mots terribles rayonnait presque d'une joie ennivrante. Ce n'était pas que la venue de ce hibou fut une grande surprise... il aurait dû le voir venir, mais il ne pouvait pas retenir le sentiment de désespoir qui faisait son estomac se tordre.
Cher Percy,
Eh bien, nous l'avons fait ! N'est-ce pas fantastique ? Je ne pense pas que ç'aurait pu mieux se passer. Je te transmets l'article de La Gazette, juste au cas où tu n'aurais pas eu l'occasion de le lire. La meilleure partie est celle que j'ai déjà entendu venant de Draco. Il est tout à fait furieux. C'était si bon. J'aurais juste aimé que tu ais été là pour voir son visage. Je sais que tu aurais adoré ça.
Je pense vraiment qu'il est important que nous prévoyons la prochaine étape rapidement, pendant qu'il est toujours de mauvaise humeur. Que dis-tu de passer, après le travail bien sûr, et d'en parler plus en détail ? J'ai une merveilleuse idée, et je pense qu'il n'aura pas fini d'être énervé une fois qu'il en aura eu vent.
Et soit dit en passant, ne sois pas trop dur envers la super secrétaire que tu as. Ce n'est pas de sa faute si elle ne peut garder sa grande bouche close. Sans elle, je doute que La Gazette ait été informée de notre petit rendez-vous.
Bon, je vais devoir te laisser. À moins que tu ne me dises le contraire, on se voit vers dix-sept heures trente.
Amicalement,
Pansy
Percy relâcha la feuille, et laissa échapper un souffle long et irrégulier tout en se passant une main sur le visage. Au nom de Merlin, qu'était-il en train de faire ? Jusqu'à leur rencart... rencontre... jeu de rôle... quoi qu'ils aient fait ce foutu vendredi, il pensait qu'il contenait efficacement l'attirance qu'il développait. Ce n'était que ça – un ennuyant béguin. Cependant, il avait résulté de leur dernier baiser d'au revoir que ce béguin avait enflé en un total engouement, avec coeur battant et mains moites.
Ce sentiment explosif et électrisant qui avait fusé en lui alors que leurs lèvres se pressaient... leurs langues langoureusement enlacées... cela avait totalement déréglé le moindre de ses sens. Quelque chose au fond de lui murmurait insidieusement que seul son baiser... son seul toucher le ramènerait à la raison. Il n'avait pas été capable de penser à quoi que ce soit ou quiconque d'autre de tout le week-end.
Alors que Percy baissait les yeux sur l'article de presse, il eut un triste rictus. Il ne pourrait plus oublier ce baiser à présent, même s'il le voulait. C'était présent, à jamais photographié en noir et blanc. Il leva l'article vexant devant lui, déchiffrant le titre.
"LA PRINCESSE ET L'IDIOT"
Une exclusivité par Rita Skeeter
Cette humble journaliste a vu beaucoup de choses. Elle a assisté à l'élévation et la déchéance d'un Seigneur du Mal. Elle a rencontré le sauveur du monde sorcier. Elle n'avait pourtant jamais vu un tel couple. Le qualifier d'étrange serait en dessous de la réalité. L'attention de ce journal reconnu a été retennu par le fait que mademoiselle Parkinson, une Slytherin au sang pur et héritière de la fortune Parkinson, et l'honnête Percy Weasley, adjoint au ministère et bras droit du Ministre de la Magie, sont impliqués dans une romance secrète depuis plusieurs semaines à présent, si ce n'est depuis des mois. Une source fiable au sein du ministère confirme leur relation, déclarant :
"Je n'ai jamais vu monsieur Weasley si amoureux, et la jeune femme semble très attachée à lui. Ils ne peuvent se détacher l'un de l'autre."
La source nous a informé d'un rendez-vous pour un dîner entre les deux vendredi dernier. En tant que servante passionnée et dévouée que je suis, cette journaliste a observé les deux individus dont il est question partager un repas intime au chic et distingué Toparis. Il est intéressant de noter que Draco Malfoy était présent lors de cette soirée. Il est bien connu que M. Malfoy et Mlle Parkinson sont promis l'un à l'autre depuis leur enfance. Il semblerait que Mlle Parkinson ait été fatiguée du libertinage notoire et public de M. Malfoy et se soit trouvé d'elle-même un compagnon, quoi que son choix soit curieux.
C'est là, chers lecteurs, que les choses deviennent intéressantes. M. Malfoy, hébété par l'alcool, a commencé par faire quelques commentaires – pas si faux que ça – sur M. Weasley et sa famille. Il était d'une claire évidence que l'homme bouillonnait de rage et de jalousie. Au crédit de Mlle Parkinson, elle est restée avec son compagnon et a ignoré le comportement ridicule de M. Malfoy. Ce qui ne fut pas le cas de Harry Potter, entouré de plusieurs Weasley ! Bien que les jours héroïques de M. Potter soient derrière lui, il crève les yeux que l'homme ne peut laisser passer que quelqu'un subisse un afront. Les deux ennemis se sont échangés des propos haineux, et M. Malfoy a quitté le restaurant après avoir gagné une lèvre ensanglantée.
Ce fut une soirée où le drame s'est mêlé à l'amour et la haine. Bien qu'ils forment un couple assez improbable, l'attachement entre Mlle Parkinson et M. Weasley ne peut être nié. Malheureusement, ils ont une redoutable opposition à affronter, non seulement venant de M. Malfoy mais aussi de leurs familles respectives. Le vif espoir de cette journaliste est que ces Roméo et Juliette des temps modernes connaitront une fin plus heureuse que leurs homologues littéraires.
Percy quitta des yeux les derniers mots pour observer la photo sorcière qui venait juste après. L'image d'eux se tenant tout près en bas des escaliers, dans une posture très intime, agressa son regard énervé. Alors que sa version photo baissait les yeux, la sombre beauté devant lui dont la main était possessivement tenue par les siennes se pencha et prit ses lèvres pour un baiser incandescent. Puis, quand ils se rapprochèrent, il plaça sa main sur son torse et l'enveloppa de la sienne. C'était à ce moment que la photo se figeait et se rejouait.
Percy sentit son ventre se nouer douloureusement à la pensée de devoir la revoir. Ce serait une chose que les images et évènements relatés dans l'articles soient vrais, mais ce n'était absolument pas le cas, et le message de Pansy ne servait qu'à renforcer ce fait. Il savait qu'il ne pourrait pas poursuivre leur petit jeu plus loin sans s'y perdre totalement. A moins qu'il ne soit stupide au point de croire qu'elle pourrait ressentir quelque chose pour lui en retour. Il aurait dû prendre les mots qu'elle avait prononcé lors de leur première rencontre comme un avertissement. Elle voulait un homme qui ne serait pas intéressé. Elle savait l'effet qu'elle avait sur les hommes. Ce n'était de toute manière pas sa faute s'il avait été assez bête pour tomber à ses pieds. Ce n'était plus une surprise pour lui que les hommes deviennent de complets crétins devant elle. Avec des lèvres, et des yeux, et une peau, et... un esprit comme les siens, un homme devrait être mort pour ne pas être touché.
C'était une prise de conscience lente et écoeurante, mais Percy en vint à la douloureuse conclusion qu'il n'y avait pas d'issue possible pour qu'il s'en sorte le coeur intact. C'était inévitable. Sauf qu'il s'agissait maintenant de voir combien de temps encore ç'allait durer – et plus tôt ce serait fini, moins il aurait à souffrir.
Prenant une profonde inspiration et mettant l'article sur le côté, il s'arma de courage. "Phyllis, pourriez-vous venir s'il vous plait ?"
Pansy faisait les cents pas dans la salle d'attente, l'arpentant de long en large pour au moins la douzième fois. S'arrêtant devant le grand miroir, elle observa son reflet et remua avec nervosité ses cheveux, qui refusaient de rester en place. Tout à coup, elle entendit la porte se fermer avec un bruit sec, et un petit frisson d'anticipation la parcourue. Se tournant, son souffle se coupa en le voyant. Merlin, quand avait-elle commencé à trouver les boucles auburn si sexy ? Il lui fallut rassembler toute sa volonté pour ne pas traverser la pièce d'un bond et se jeter sur lui.
"Salut, partenaire !" jeta-t-elle avant de rire.
Percy s'éclaircit la gorge, étonné des mots qu'elle avait choisi, surtout à la lumière de la conversation qu'ils avaient eu lors de leur dernier dîner. Le taquinait-elle ? Ses sentiments pour elle étaient-ils si évidents ?
Il joignit fermement ses mains dans son dos et lui répondit un "bonjour" pincé.
Frappée par la froideur qu'il arborait, l'humeur de Pansy fléchit en un instant. Faisant de son mieux pour passer outre un écrasant pressentiment, elle se mordit, joueuse, sa lèvre inférieure et s'approcha nonchalamment de lui. Assez paisiblement, elle encercla de ses bras le bras gauche de Percy et le pressa avec force contre sa poitrine.
"Pourquoi un tel accablement sur ton visage ? Je t'ai tant manqué ?" ronronna-t-elle.
Percy se raidit, et retira sèchement son bras pour s'éloigner vers la fenêtre. Il en avait la confirmation. Elle se moquait bel et bien de lui.
"J'ai eu une journée difficile, et en fait, je suis épuisé," marmonna-t-il, le dos tourné.
Pansy se déplaça pour se mettre directement face à lui, et faisant fi de l'alarme qui s'était déclenché en elle devant sa prise de distance, demanda légèrement : "Eh bien... dans ce cas, que penses-tu d'un verre pour fêter ça ?"
"Tu sais que je ne bois pas," répondit-il calmement, regardant par la fenêtre pour éviter de la voir.
"Oui... Oui, bien sûr." Elle s'interrompit, son esprit recherchant à toute allure une autre proposition, jusqu'à ce qu'une idée lui vienne. S'avançant, elle tripota avec coquetterie les boutons de la veste qu'il portait. "J'ai une meilleure idée. Que dis-tu d'aller manger un morceau ? Je connais un petit coin, assez tranquille..."
Se reculant rapidement, Percy alla vers le canapé, tentant de remettre une certaine distance entre eux. "Malheureusement, je ne pourrai pas fêter ça avec toi ce soir. J'ai autre chose de prévu."
Quand il s'assit sur le canapé, Percy fit de son mieux pour ignorer l'air choqué et blessé qui passa sur les traits de la jeune femme. Il devait penser aux intérêts de son propre coeur désormais. Son exubérance et ses petits sourires le rendaient trop dépendant.
Brusquement, un regard noir et cinglant assombrit ses yeux, et elle siffla avec colère. "Qu'est-ce que tu veux dire ? Que fais-tu ? Qui vois-tu ?"
Percy se raidit devant le tour inattendu qu'avait pris la situation, et entreprit de se défendre. "Quoi ? Per... personne. Ce n'est rien de tel. J'ai... j'ai juste beaucoup de travail à mettre à jour, alors après ça, je vais retourner au bureau."
"Ah." Pansy perdit de sa superbe. Après un moment de réflexion, elle demanda en esquissant une moue. "Tu ne peux pas prendre ta soirée, pour une fois ?"
Percy se tortilla nerveusement, tiraillé au plus haut point. Elle était si engageante et chaleureuse et intéressée... Une grande part de lui ne voulait rien d'autre que perdre sa soirée avec elle, proposant toutes sortes de plans absurdes, mais il ne pouvait ignorer son esprit qui lui hurlait de partir, et vite.
"Non. Je suis déjà en retard, et c'est une période de l'année au cours de laquelle mon département est très occupé," mentit-il posément. "Peut-être que nous devrions parler pour nous entendre sur la prochaine étape de ton plan."
Se déplaçant vers la cheminée, Pansy commença à se tordre les mains. Qui était cet homme si détaché qui la regardait si froidement ? Où était passé le compagnon chaleureux, sociable, agréable de vendredi soir ?
"Oui. Bien sûr..." fit-elle, incertaine. "Heu... bien... je pensais qu'il serait pour le moins original que... que tu me présentes à votre famille, peut-être en y allant ensemble. Nous pourrions nous assurer que la nouvelle se répande, de façon à ce que Draco le prenne, espérons-le, comme le signe que c'est devenu sérieux. Il serait furieux. Qu'en penses-tu ?"
Percy était devenu incroyablement calme, et son teint avait prit une teinte terreuse.
"Percy ? A quoi penses-tu ?"
"A quoi je pense ?" gronda-t-il enfin, un ton juste au-dessus du murmure. "Je pense que tu es folle."
"Je te demande pardon," lâcha-t-elle.
"J'ai dû bouger mon cul tout au long de l'année passée, tentant de revenir dans leurs bonnes grâces. Après des années pendant lesquelles je n'avais été qu'un connard à leurs yeux... Tu sais combien de temps ça m'a pris de les convaincre que je voulais vraiment revenir dans la famille ? Et tu attends de moi que je débarque là-bas avec une..."
"Avec une quoi ?" s'enflamma-t-elle. "Avec une quoi, Percy ? Avec une pimbêche sang-pur ? Avec une Slytherin calculatrice ? Tu prétends que mes amis sont fermés d'esprit. Qu'en est-il de toi et de ton clan ? Tu n'oseras même pas me présenter. Si tu m'aimais vraiment..."
"T'aimer vraiment ?" Sa voix monta de quelques octavec alors qu'il se levait abruptement. "Tu veux y aller, devant ma famille, que je tente de regagner, pour que je leur dise que je suis amoureux de toi ?"
Les deux s'immobilisèrent, les mots de Percy avaient été bien trop près du but de leurs désirs silencieux.
Pansy déglutit avec difficulté, et tenta de rassembler son courage. "Peut-être que si tu prétendais que tu es vraiment... enfin, tu vois... alors ta famille le prendrait comme le signe que tu tentes d'être vraiment honnête envers eux. Que tu essaies de leur montrer ce qu'il se passe dans ta vie. Et après, quand je te quitterai pour Draco..."
Percy se redressa, anxieux ; la pensée le rendait nauséeux.
"Après, ils pourront être là pour recoller les morceaux... si je puis dire," poursuivit-elle.
Percy tenta de réfléchir de manière rationnelle à cette idée... de manière logique. C'était assez sensé s'il la considérait d'un point de vue analytique. À la base, sa famille détesterait le fait qu'il soit avec elle, mais ils apprendraient à faire avec s'ils pensaient qu'il était vraiment amoureux d'elle. Puis elle finirait, inévitablement, par choisir Draco, lui brisant le coeur en le quittant, et ils se réuniraient autour de lui pour le consoler. Il pouvait presque voir sa mère aux petits soins pour lui, tentant de le gaver de nourriture.
Ce plan n'était vraiment pas sans mérite. C'était un risque à prendre, mais il reviendrait dans les bonnes grâces de sa famille d'une façon bien plus opportune s'ils pensaient qu'il avait besoin de soutien. En vérité, c'était un plan très intelligent, il fallait organiser minutieusement tous les détails pour qu'il semble totalement aux pieds de la jeune femme, et qu'il passe pour une vraie épave lorsque la rupture aurait lieu.
"A quoi penses-tu ?" demanda-t-elle une nouvelle fois.
"Est-ce la dernière partie du plan ?" interrogea-t-il, la voix dépourvue de la moindre émotion.
"Que veux-tu dire ?"
"Ce sera fini après ça ? Tu vas revenir à... à lui une fois que ce truc avec ma famille sera fait ?"
"C'est ce que tu veux ?"
La question décontenança complètement Percy. "La question n'est pas de savoir ce que je veux, Pansy."
"Si, en partie, si."
Le front de Percy se crispa d'étonnement, et il releva la tête pour lui lancer un regard bref. "Qu'est-ce que c'est supposé vouloir dire, bordel ?"
"Ben... ben, je te fais confiance. Si tu penses qu'on devrait en finir après ça... alors peut-être qu'on devrait. Mais... mais si tu sens que tu peux le supporter encore un peu plus longtemps..."
"Longtemps comment ?"
"Aussi longtemps que tu le pense nécessaire."
"Non, Pansy. Une fois encore, ce n'est pas mon plan. Tu es celle qui décides de la durée de ça."
"Je dis juste que peut-être qu'on devrait poursuivre encore un moment. Paraître dans une vraie relation plutôt que dans un flirt passager. Tu peux même faire ta demande. Ce qui forcerait Draco à agir."
C'était une piètre excuse, mais elle n'était pas prête à mettre un terme à ce qu'il se passait entre eux – quoi que ce fût.
"Non", rétorqua-t-il brusquement.
"Pardon ?"
"J'ai dit 'non'."
"Que veux-tu dire par 'non' ?"
"Je ne te ferai pas ma demande pour magouiller de sorte que l'autre connard soit poussé à rentrer en jeu."
"Mais Percy..."
"Non Pansy. C'est là que je pose les limites. Quand je te dem... quand je demanderai à une femmme de m'épouser, je le voudrai. Ce sera pour de vrai."
Elle le regarda, bouche bée. "Bien," finit-elle par lâcher. "Pas de faux engagements ou propositions."
Un lourd silence tomba, s'ajoutant à l'atmosphère tendue déjà présente entre eux. Alors que Percy rajustait sa veste en une tentative de calmer ses nerfs et se rasseyait, Pansy sentit une intense panique s'élever dans sa poitrine en voyant le mécontenement gravé sur tout son visage. Précautionneusement, elle s'approcha et s'assit délicatement à côté de lui, croisa les jambes et posa son bras sur le dossier du canapé, juste derrière lui.
"Percy," souffla-t-elle, "tu... tu n'as toujours pas dit si tu étais pour ou contre le fait que je rencontre ta famille. Partant ?"
Sans se tourner pour la regarder, il médita sur les mots qu'elle avait prononcé. Sans une parole, il acquiesça rapidement en signe d'acceptation, comme si ça l'ennuyait et le dégoûtait. Pansy avala sa salive, et entreprit de jouer, l'esprit ailleurs, avec le col de sa veste, lui consacrant toute son attention.
"Quand... quand penses-tu que ce serait approprié ?"
"Dimanche prochain. Mes parents vont rentrer de vacances et il y aura un déjeuner pour les accueillir," répondit-il d'un ton froid et saccadé.
"Ça me semble idéal," fit-elle humblement.
Pansy laissa son regard errer sur les cheveux du jeune homme, et se sentit envahie par une sorte de ravissement à la vue des boucles lourdes qui retombaient un peu – ses cheveux avaient vraiment poussé depuis leur première rencontre. De trop courts et frisés, ils étaient passés à leur courbe naturelle et avaient pris de l'éclat. Incapable de résister à la tentation, elle fit courir ses doigts le long de son cou, puis les plongea dans les ondulations.
Plutôt que de s'énerver, Percy laissa échapper un soupir inaudible à ce contact et ses yeux se fermèrent.
"Quelle heure ?" demanda-t-elle doucement, fascinée par le jeu de ses doigts à travers les boucles.
"Mmmh ?" souffla-t-il.
"A quelle heure est-ce que ça commence ?"
"Onze heures," chuchota-t-il, seulement concentré sur le doux mouvement de la main de la jeune femme.
"Quand veux-tu que nous nous retrouvions ?"
"Mmmh..."
Pansy leva les yeux sur son visage, et dût réprimer son rire. Il semblait dans un état béat de relaxation.
Elle se pencha, et murmura d'une voix douce et basse : "Percy, je t'ai demandé quand exactement tu voudrais que nous nous retrouvions."
Il ouvrit les yeux d'un coup, et la fixa d'un air presque endormi : "Quoi ? Oh, pardon."
Comprenant qu'il s'était encore laissé porter, Percy se redressa et se leva brusquement, et Pansy, déséquillibrée, tomba dans les coussins du canapé.
"Bon, je vais devoir y aller. Je passerai vers dix heures pour te prendre."
Pansy leva les yeux pour le voir se hâter vers la porte. Que venait-elle de faire ? Pourquoi avait-elle eu un tel besoin de le toucher comme ça ? Personne n'était là. Il n'y avait pas de public. Il n'y avait pas eu non plus besoin de geste d'affection. Que pouvait-il bien penser d'elle ? Il avait presque atteint la porte maintenant.
"Attends !" s'écria-t-elle, interrompant son départ. Il se tourna, et croisa son regard avec nervosité.
"On ne se vera pas avant dimanche ? Ne devrions-nous pas nous revoir avant pour... pour être sûrs que nous sommes au point sur tout ?" proposa-t-elle sans conviction en se levant.
"Comme quoi ?" demanda-t-il, faisant un pas vers elle. "Y a-t-il quelque chose en particulier que tu voudras faire ?"
"Eh bien, non.. pas vraiment. Je pensais juste que nous pourrions... que nous pourrions aller dîner ou un truc dans le genre pour discuter de tous les détails qui pourraient merder, avec les jumeaux par exemple. Nous devons simplement tout régler pour cette prochaine étape. Tu ne crois pas que ça ne serait pas plus mal d'étoffer... je veux dire, élaborer un peu plus tout ça ? On peut toujours faire ça ici, au calme."
Percy sentit à nouveau son esprit balancer. Pas moyen qu'il soit sûr de se tenir s'il était seul avec elle. "Bien que je comprenne à quel point nous revoir serait bénéfique, je suis complètement débordé de travail cette semaine. Nous pouvons nous retrouver une heure plus tôt dimanche, aux alentours de neuf heures par exemple, pour s'occuper de ces menus détails ?"
Percy grimaça en son for intérieur en s'entendant parler ainsi, d'un ton si sérieux, mais il devait vraiment rendre clair le fait que leurs rencontres devaient être réduites au minimum.
"Heu... d'accord. Je suppose que c'est ce que nous pouvons faire," répondit Pansy d'un air maussade.
"Très bien. A dimanche alors." Percy hocha la tête, pas trop sûr de ce qu'il venait tout juste de faire. Il avait décidé de mettre un terme à leur relation, au lieu de quoi il allait la présenter à sa famille. N'avait-il pas tord ?
"Aussi longtemps que je ne l'embrasse pas, ça ira," tenta-t-il de se rassurer.
Tout à coup, en deux enjambées, Percy fut devant la porte, s'empara de la poignée et quitta la pièce. Pansy se perdit dans ses pensées, non seulement pour réfléchir au sentiment d'abandon né dans sa poitrine à l'idée de ne pas le voir durant toute une semaine, mais aussi à ses interrogations sur sa soudaine façon de la traiter si froidement.
