Les personnages et l'univers appartiennent à Robert Kirkman.

L'histoire est une traduction de « Shattered Memories » écrite par LeighJ11, dont vous trouverez le lien sur mon profil.


Chapitre 9

"Il y a souvent des coupures de courant ?" demande Beth à côté de lui.

Daryl hoche la tête, réalisant alors qu'elle ne le verra pas dans le noir et grogne, fouillant le fond d'un tiroir à la lumière de la flamme de son briquet pour trouver quelques bougies. "Ça fonctionne grâce à un générateur. Il refoule de temps en temps."

"Ce sera long ?" le presse-t-elle et il prend note du frémissement dans sa voix.

"T'as peur du noir, gamine ?" demande-t-il doucement, sans lever pas les yeux du tiroir.

"Te moque pas de moi", siffle-t-elle.

Daryl lève la regarde, ses doigts se refermant autour de deux grosses bougies au fond du tiroir. "J'me moque pas. J'ai eu peur du noir jusqu'à dix ans. Jusqu'à ce que Merle m'enferme dehors et que j'dorme dans les bois."

Beth fronce les sourcils même s'il lui a déjà raconté cette histoire, elle ne s'en souvient pas.

"Merle ?" C'est tout ce qu'elle demande.

"Mon frère. Mort maintenant."

"Oh," souffle-t-elle doucement.

Il déteste ce mot. Il se détourne brusquement et allume la bougie, puis l'incline pour faire couler la cire sur la surface du comptoir pour l'y coller.

"Pourquoi tu vas pas manger ? La bouffe va refroidir. Le feu est allumé. Tu pourras y voir pendant que j'chercherai d'autres bougies."

Beth hésite et il réalise qu'elle a vraiment peur du noir. La Beth qu'il connaissait, n'avait pas peur. Mais la Beth qu'il connaissait n'était pas sortie de sa propre tombe.

"Je t'attendrai", murmure-t-elle doucement, si près qu'il peut sentir la chaleur de son corps.

Il ne sait pas quoi dire, alors il allume la bougie et descend le couloir, répétant le processus sur la table sous le miroir en bas des escaliers.

C'est là qu'on frappe à la porte.

Beth couine et il l'attrape automatiquement. Non pas pour la faire taire ou la blesser, mais pour la réconforter, jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il la sert trop fort et qu'elle doit se sentir gênée, ce qui est confirmé quand son corps se raidit un peu plus.

"Il y a quelqu'un..., je... je ne sais pas."

La laissant près de la bougie allumée, il traverse les quelques mètres qui mènent à la porte et l'ouvre. Tous les lampadaires sont éteints, alors il a du mal à voir qui est là, mais la bougie illumine le visage de Rick avec Judith dans ses bras.

Merde, ça fait combien de temps déjà ? Rick a eu une garde de deux heures et a pu rentrer chez lui avant de venir. Il fait la cuisine et le ménage comme une meuf depuis presque trois heures ?

Avoir Beth dans les parages, c'est retirer tous ses fusibles et les recâbler. C'est ce qui était arrivé auparavant même s'il n'en était pas sûr, alors, il n'avait rien dit.

La plus grosse erreur de sa putain de vie.

"Hey,'' salue Rick, les yeux tournés vers Beth, sortant Daryl de ses pensées. "J'ai apporté des bougies. J'en ai plein."

"Merci", grogne Daryl, puis il recule en lui prenant les bougies.

«"Hey, B-'' Daryl met un coup de coude dans les côtes de Rick avant qu'il ne fasse une gaffe et ce dernier tousse, se reprenant rapidement. "Hey, Daryl t'a déjà nourrie ?"

Daryl observe les grands yeux de Beth et ses cheveux dorés dans la lumière de la bougie. Ils ne sont pas attachés, encore mouillés après son bain, et tombent comme ceux d'une sirène le long de ses côtes.

Avec ses lèvres douces et ses grands yeux, elle ressemble à une version vivante de cette princesse Disney...

Raiponce.

Il a appris ça de sa tante Polly quand elle venait chez lui. Son mari la battait aussi, sauf qu'ils avaient une petite fille, Dana, qui recevait plus qu'un coup de poing au visage de la part de son père.

Il gardait toujours le souvenir de la grande bouche de Polly, mais il se trompait, maintenant il a grandi. C'était l'enflure de sa mâchoire cassée.

Il aimait Polly parce que quand elle a découvert ce que son mari faisait à sa fille, elle s'est défendue. Elle lui a cassé les doigts et s'est enfuie.

Quand sa mère a découvert que son père les battait lui et Merle ? Elle a soupiré et dit : "Chéri, c'est ce que font les hommes quand ils ont eu une vie difficile comme ton père. Ne te mets pas en travers de son chemin."

"Nous allions manger'' répond doucement Beth, timidement, tirant Daryl de ses pensées.

Bien, il ne veut pas s'y perdre.

Beth ne sait pas quoi penser de Rick, car ils ont eu peu d'interactions. Daryl soupire intérieurement.

Il sait qu'elle a besoin de ce genre de choses. Ils ne peuvent pas la garder enfermée à la maison pour le reste de sa vie.

"On a de la réserve, si t'as pas encore mangé", marmonne Daryl.

Rick le regarde avec surprise. C'est pas comme si Daryl organisait des dîners tous les jours de la semaine.

"Tu en as assez pour Judy ?" lui demande Rick, en la laissant serrer son doigt.

Daryl acquiesce. "Y'en a assez."

"Très bien, alors", répond Rick. "Pas besoin de servir. Je vais le faire."

Il passe Judith à Daryl, qui la cale contre sa poitrine.

"Mince, tu deviens lourde, petite dure à cuire'' la taquine-t-il alors que Rick le dépasse pour servir le ragoût.

"Comment tu l'as appelée ?" chuchote Beth, comme si elle avait peur d'élever la voix. Il avait presque oublié qu'elle était là.

Elle se fond tellement bien dans la lumière de la bougie. Elle ressemble beaucoup à une bougie, d'ailleurs. T-shirt blanc et sweat gris clair, épais cheveux dorés.

Daryl s'éclaircit la gorge. "Dure à cuire. Parce qu'elle déchire."

Beth rit et il serre Judith presque trop fort. A-t-elle ri depuis son retour ? Le petit corps dans ses bras se tortille, tendant ses mains vers Beth et l'estomac de Daryl se serre.

Il ne pensait pas que Judith la reconnaîtrait.

Sa voix est étouffée, mais il l'éclaircit du mieux qu'il peut. "Tu veux la tenir pendant que j'vais chercher notre bouffe ?"

Son cœur bat la chamade en disant ça, mais son visage est détendu. Rick a presque fini de servir la nourriture et Daryl aura moins de dix secondes avant qu'il revienne vers elle.

Si elle veut faire du mal au bébé, ce dont il doute, alors elle n'aura pas le temps. Le visage de Beth se contracte et il voit la panique dans ses yeux.

Daryl ne va pas la forcer et alors qu'il ouvre la bouche pour retirer son offre, elle tend les mains et il s'approche en lui posant Judith dans les bras.

Beth frémit quand leurs doigts se frôlent et il déglutit difficilement. Pitié, pourvu que ça ne soit pas une mauvaise décision.

"Pourquoi tu vas pas t'asseoir avec elle ? J'vais chercher le repas."

Elle ne le regarde pas, elle fixe le bébé comme si c'était un extraterrestre, ce qui est probablement le cas pour Beth.

Gêné, il se racle la gorge ce qui la fait cligner des yeux, mais elle ne le regarde toujours pas quand elle s'éloigne vers le salon.

Il les regarde jusqu'à ce qu'elle s'assoie dans le fauteuil près du feu, avec l'enfant souriant dans ses bras, ses mains sont si délicates qu'elle pourrait être en train de manipuler du verre.

Daryl hésite à s'éloigner. Beth tient Judith, souriante, sur ses genoux, le feu se trouve à sa droite. La gorge de Daryl se serre et il n'entend même pas Rick revenir jusqu'à ce qu'il le pousse avec un saladier.

"Comment va-t-elle ?" chuchote-t-il.

Beth lève les yeux, légèrement plissés, et Daryl pousse Rick dans la cuisine. "Elle n'ira jamais bien si tu continues à chuchoter près d'elle".

Rick hoche la tête en regardant Daryl poser les bougies et prendre les deux assiettes qu'il a servies pour Beth et lui avant la panne de courant.

Elles sont tièdes maintenant, ce qui l'énerve un peu. Il aime sa nourriture assez chaude pour se brûler la langue, mais il ne peut rien y faire pour l'instant.

Il essaie de ne pas se dépêcher de retourner au salon, de ne pas montrer qu'il s'inquiète que Beth soit seule avec Judith, pas après la pagaille de tout à l'heure et il semble donc mettre une éternité à l'atteindre.

Beth est exactement là où il l'a laissée : le fauteuil, le bambin souriant sur ses genoux et sa poitrine se bloque en voyant à quel point elle a l'air normale.

Avec ses cheveux tombant devant son visage, il ne peut pas voir la cicatrice plissée sur son front, encore moins celle qu'elle continue à gratter sur sa pommette et son sourcil.

Puis elle lève les yeux et l'estomac de Daryl plonge parce que ce n'est qu'un mirage et qu'il n'arrête pas de se faire avoir. Il veut qu'elle redevienne qui elle était, mais il doit apprendre à le vouloir pour elle, pas pour lui.

Daryl déglutit et désigne l'assiette du menton. "C'est prêt."

"Merci", chuchote-t-elle en attrapant l'assiette et en la posant sur sa cuisse.

Rick arrive après avoir mis son assiette sur la table et attrape sa fille avec le sourire. "Merci."

"Je peux la nourrir, si tu veux", dit-elle soudain.

Daryl et Rick la regardent et il espère que son visage n'ait pas l'air pas aussi surpris que celui de Rick. Mais elle rougit sous leur regard, donc elle a probablement compris. Il se maudit intérieurement et cherche désespérément quelque chose à dire.

Rick trouve le premier : "Elle est plutôt douée pour manger toute seule maintenant."

Maintenant. Espèce d'enfoiré sournois. Essayer de rappeler à Beth le souvenir de toutes les nuits où elle s'est levée pour nourrir l'enfant qu'elle tient dans ses bras.

Il jette un regard noir à Rick qui hausse les épaules. Personne d'autre ne peut aider Beth parce qu'ils s'avèrent tous être des putains d'abrutis.

Beth ne lui répond pas et semble se désintéresser complètement de la Dure à cuire. Elle est intelligente, elle sait où Rick voulait en venir.

Elle s'éclaircit la gorge et jette un coup d'œil à son assiette, émiettant le pain jusqu'à ce qu'il parsème son ragoût. Putain, ça va être gênant.

Il se racle à nouveau la gorge en allant s'asseoir entre la table et la cheminée avec son assiette. Sauf qu'il n'y arrive pas parce qu'on frappe à nouveau à la porte.

"Merde, c'est festin à l'auberge Dixon ce soir ou quoi ?" jure-t-il en posant à nouveau son assiette.

La bouffe sera glacée le temps qu'il s'y mette. Rick n'offre pas d'y aller non plus, mais il ne peut pas vraiment le blâmer alors qu'il installe Judith avec son petit bol et sa cuillère en plastique.

Daryl n'a pas la moindre idée, d'où il a pu trouver ça, mais encore une fois, il ne fouille pas vraiment dans le tiroir à couverts.

Quand il ouvre la porte cette fois-ci, il n'a pas besoin de plisser les yeux pour voir qui c'est : Carol, Carl et Michonne.

"Rick est ici ?" demande Michonne en reniflant. "Tu cuisines Dixon ?"

Daryl roule des yeux. "Entre, putain."

"Sympa", commente Carl. "Il te reste à manger ?"

"Dans la cuisine", grogne-t-il.

Carol sourit et l'embrasse sur la joue. "Salut, mon poussin." Il n'a pas le temps de répondre avant qu'elle ne rappelle Carl: " N'essaie pas de te servir, caïd. Tu es encore en train d'apprendre à marcher avec un seul œil !"

Michonne lui fait un semblant de sourire et passe à côté de lui. Elle se tourne vers le salon où une réunion de famille semble se dérouler et Daryl soupire et se souvient qu'il le fait pour Beth.

Elle en a besoin. Mais putain, pas lui. Il a vécu assez près de ces gens pour être heureux de vivre dans des maisons séparées pour le reste de leur vie.

Il se souvient aussi de chaque seconde. La main sur la porte, il va pour la fermer et retourner à son assiette, l'estomac grognant en signe de protestation, quand il voit Glenn et Maggie marcher sur la route avec des bougies dans chaque main.

Non loin derrière eux, Tara appelle, "Attendez !" Et elle trottine pour suivre le rythme.

"Oh putain de merde."


Alors, que pensez-vous de cette fiction? Je n'ai que peu de retours, donc n'hésitez pas à dire ce que vous en pensez.

Bonne fin de semaine, et à dimanche.