Coucou à tout le monde ! Encore une fois, merci pour toutes vos reviews. Toujours autant de plaisir à les découvrir, alors, s'il vous plaît, continuez ! Voici le chapitre 9, tout frais, tout chaud.
Bonne lecture !
Chapitre 9
Le lendemain matin, je suis allongée dans mon lit, en train de réfléchir sérieusement. J'ai les rouages de mon cerveau qui tournent à pleine turbine. Et évidemment, je me pose plein de questions.
Pourquoi ce type me fait des trucs pareils ?
Question stupide, Tempérance. Il veut ta mort, ça, c'est clair. Bon.
Mais pourquoi ? Quel intérêt ?
Eh bien, lui, oui. Lui en voit certainement un pour vouloir me tuer.
Des bruits dans la cuisine. Un bruit de casseroles, une bonne odeur de café et de pancakes tous chauds. Seeley est en train de nous préparer le petit déjeuner. Je voulais le faire, me rendre utile, mais il n'a pas voulu. Ça m'agace un peu. J'ai l'impression d'être totalement handicapée, alors qu'il faut que je commence sérieusement à me débrouiller seule. Bon, je ne vois pas clair, mais je ne suis pas handicapée des mains, ni des jambes. Grâce à Dieu.
Pourquoi ce type est-il venu s'amuser à me prévenir « de faire attention à moi » pour vouloir me tuer après ça ? Pourquoi veut-il me tuer ? POURQUOI ?
A l'heure qu'il est, je devrais être morte.
La mort n'a pas voulu de moi...
J'ai la tête comme une pastèque, elle me fait mal. A nouveau. Et j'ai mal à la gorge.
Ne pas le dire à Seeley car il va encore vouloir m'emmener à l'hôpital.
J'ai peur.
Si je comprenais au moins pourquoi il veut me tuer. C'est déjà assez effrayant de penser que quelqu'un souhaite votre mort, si en plus, on ne peut pas se défendre, ça devient terrifiant.
Est-ce qu'il va recommencer ?
- Tout va bien ? Tu n'as pas froid ? me demande Seeley en s'asseyant sur le bord du lit. J'espère que tu n'as pas attrapé un rhume. Tu as faim ?
Non, je n'ai pas faim.
- Oui, je meurs de faim. Qu'est-ce qu'il y a au petit déjeuner ?
Lui faire plaisir, je sais qu'il a préparé un bon petit déjeuner et lui dire que je n'ai pas faim lui gâcherait ce plaisir. Et je ne veux pas lui faire ça. Pas après la nuit que nous venons de vivre.
Tiens, si je pensais plutôt à notre nuit d'amour qu'à mon assassin.
Seeley et moi avons fait l'amour trois fois, la nuit dernière. Nous avons bien rattrapé notre manque. Ça a été titanesque. Oui, c'est ça, titanesque. Jamais je n'ai connu ça et pourtant, avant lui, j'ai connu d'autres hommes. Mais rien à voir avec mon bel agent du FBI. Il est vraiment très très doué. Je souris en repensant à ça.
- Pourquoi souris-tu ? me demande-t-il.
Je sais qu'il m'observe, il essaie de deviner mes émotions sur mon visage.
- Je repensais à notre nuit, je lui réponds en serrant la main qu'il a posé gentiment sur ma cuisse.
- Et alors ?
- Juste un mot : FAN-TAS-TIQUE. Tu as été très imaginatif...
- Merci, mais tu t'es bien débrouillée aussi.
- Je me suis rendue compte d'une chose, cette nuit : pas besoin de voir clair pour faire l'amour à l'homme qu'on aime. Les mains et les lèvres font tout le travail.
Il rit.
- Oui, tu as raison.
- La seule chose que je regrette, c'est de ne pas avoir vu le plaisir sur ton visage, Seeley.
- Je suis sûr que tu le verras très bientôt, chérie.
- Si tu le dis. J'ai besoin de voir ton visage, il me manque..., dis-je en glissant mes doigts sur ses joues.
Je sens le coup de spleen qui vient, je ne veux pas penser à l'attentat, mais c'est plus fort que moi, je suis assaillie par un flot d'images qui déferlent dans ma tête. Je nous revois tous les deux, en train de préparer notre voyage de noces, allongés sur son lit, chez lui, les prospectus étalés devant nous sur les draps froissés...
Le petit déjeuner se passe bien. Nous mangeons tous les deux tranquillement. C'est délicieux. J'ai l'impression que le sens de mes papilles s'est, lui aussi, très développé depuis que je suis aveugle. En fait, tous mes sens se sont décuplés. Normal. En tant qu'anthropologue, je dirai que...
Non, arrête de penser et profite de l'instant présent.
Seeley me raconte des anecdotes amusantes concernant certaines de ses enquêtes passées, il raconte bien, je ris aux éclats. Je me rends compte que ça fait longtemps que je n'ai pas rigolé ainsi. Ça me fait beaucoup de bien. Il me parle aussi de la scolarité de Parker et de ses fabuleuses notes au CP. Seeley pense que son fils est amoureux de sa maîtresse.
Je l'écoute tout en pensant à autre chose, à tout ce qui vient de m'arriver, bousculant ma routine d'anthropologue sous laquelle je commençais à étouffer.
Puis Seeley se tait soudain. Je tourne la tête vers lui. Je sens aussitôt que l'atmosphère a changé.
Qu'est-ce que...
- Tempe, il faudrait qu'on parle de ce qui s'est passé hier parce que je...
Mon téléphone fixe sonne. Seeley se lève pour aller répondre.
- Allô, oui ? Oui... C'est pour toi, Tempérance.
Il me glisse l'appareil dans les mains.
- Allô, Tempérance ? C'est moi.
Moi ? Qui ça « moi » ?
Je ne sais pas pourquoi, mon cœur bondit dans ma poitrine. La voix. Je reconnais la voix.
- Tempérance, je voulais vous dire que je suis désolé pour ce qui est arrivé. Je ne sais pas ce qui s'est passé.
Mais qu'est-ce qu'il raconte ? Il est fou à lier.
- Je pensais vraiment que, cette fois-ci, je n'allais pas vous rater, que vous alliez mourir, mais non. On vous a sauvé. Vous avez de la chance, Tempérance, vraiment beaucoup de chance. Mais je vous jure que la prochaine fois sera la bonne. Et que vous ne souffrirez pas, je vous le promets.
- MAIS QUI ÊTES-VOUS ? POURQUOI VOULEZ-VOUS ME TUER ?
J'ai hurlé et ma gorge me fait encore plus mal. A côté de moi, j'entends Seeley parler dans son portable. Il a compris qui était mon interlocuteur et il appelle le FBI pour qu'ils puissent le situer.
- Je vous embrasse, Tempérance. Prenez soin de vous et... à très bientôt.
Puis il raccroche brusquement. J'entends Seeley lâcher un chapelet de jurons. Je comprends qu'ils n'ont pas eu le temps de situer l'appel.
J'ai toujours le combiné collé à l'oreille, figée par ce que je viens d'entendre. Ce type est complètement malade, bon à enfermer à l'asile.
- Tempe, ça va ? me demande Seeley en prenant l'appareil de mes mains. Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
Attends, Seeley... Laisse-moi le temps de reprendre mes esprits.
Je passe une main tremblante sur mon visage, je ferme les yeux un instant, tentant de reprendre le contrôle de mon cœur qui cherche vainement à sortir de ma poitrine.
- Ça va..., finis-je pas bredouiller. Il m'a dit qu'il était désolé de ne pas avoir réussi à me tuer...
- L'espèce de salopard, grogne Seeley. Quand je vais l'attraper, je vais lui faire avaler son acte de naissance !
Puis il s'approche de moi et m'attire entre ses bras.
- N'aie pas peur, chérie, je suis là et je ne te laisserai plus jamais seule. Je t'emmène au Jefferson. Là-bas, tu seras en sécurité. Pendant ce temps-là, je vais mettre mes meilleurs collègues sur l'affaire. A plusieurs, on va peut-être réussir à le choper, cet enfoiré !
Il s'est mis à pleuvoir. Une pluie de printemps, violente. J'aime entendre la pluie tomber sur le toit tout en étant confortablement à l'abri. Je trouve ça apaisant. Autour de moi, tout est calme. Un calme insidieux, angoissant. J'ai l'impression d'être installée dans l'œil du cyclone. On frappe à la porte de mon bureau.
- Ma chérie, ça va ?
Angela. Ma chère amie. Toujours attentive à mon bien-être.
- Ça va, Ange.
- Je t'ai apporté un bon café. Enfin, quand je dis bon café, cet un euphémisme. Il vient de la machine à café.
- Merci, Ange. C'est parfait. Ça tombe bien, j'en rêvais.
Je l'entends s'installer dans le fauteuil, face à mon bureau.
- Comment te sens-tu ? me demande-t-elle tout en sirotant sa boisson.
- Je vais bien, tu peux me croire, je lui réponds en me laissant aller contre le dossier confortable de mon fauteuil. Je dirai même très bien.
Je souris.
- Oh, toi, je parie que tu as refais connaissance avec ton super agent sexy de futur mari, je me trompe ?
- Angela, tu es vraiment impayable !
- Oui, je sais. Alors, raconte-moi tout !
- Angela ! C'est très privé !
- Oh, allez, je suis ta meilleure amie, non ? Et on raconte tout à sa meilleure amie !
J'éclate de rire. Elle est rafraîchissante et j'oublie, pour quelques instants, mon angoisse.
- Bon d'accord. Effectivement, Seeley et moi avons refait connaissance la nuit dernière. Trois fois.
- Trois fois ? Waouh, Brennan !!! Ça, c'est génial ! Et alors ?
- Et alors quoi ? je demande en avalant une nouvelle gorgée de café.
- C'était comment ?
Je la sens avide d'une réponse croustillante.
- Comment c'était ? Hummm... Je qualifierais ça de géant !!!
- Humm, quelle chance tu as !
Je soulève un sourcil étonné.
- Pourquoi ? Toi et Hodgins, ce n'est pas...
- Oh non, tout va bien de ce côté-là ! Je dis chance car je suis persuadée que Booth doit être très créatif au lit.
- Oh oui, tu peux me croire, il a beaucoup d'idées.
Nous éclatons de rire.
- Et où est-il, notre bel agent, en ce moment même ? demande Angela.
- Il est au FBI, pour tenter de découvrir l'identité de celui qui veut me tuer.
- Ici, tu es en sécurité, ma chérie. Tu ne risques rien. Il y a assez de monde autour de toi pour te protéger.
- Oui, je sais, Ange. Ça me rassure, mais je suis toujours inquiète. Cet homme me fait peur. Et Seeley veut lui faire sa peau. Ça aussi, ça me fait peur. Je ne voudrais pas qu'il fasse quelque chose d'inconscient pour me protéger.
- Oh, tu peux faire confiance à Booth, il sait ce qu'il fait.
- Oui, je présume, mais bon...
- Bon, assez parlé de choses tristes, on va déjeuner toutes les deux. Tu me parleras encore de ta fabuleuse nuit d'amour !
- Ange !
Nous sommes en train de finir notre dessert, une crêpe à la glace noix de coco pour moi, j'adore ça, quand mon téléphone portable se met à sonner. Je l'attrape aussitôt dans ma poche droite. Seeley m'en a prêté un en attendant que je puisse en acheter un nouveau. L'autre, je l'ai perdu quand je suis tombée dans l'étang. Je prends la communication.
- Brennan.
C'est Camille. Pourquoi est-ce que Camille m'appelle ?
- Dr. Brennan, j'ai... je...
Elle bredouille, n'arrive pas à parler. Je sens mon estomac se serrer, je ne sais pas pourquoi. Une vilaine sensation. Une vieille terreur.
- Hé bien, Dr. Sarroyan, qu'est-ce qu'il y a ? Parlez !
Un silence, puis...
- C'est... c'est... Booth.
Cette fois-ci, c'est mon cœur qui s'arrête de battre. Je n'entends plus rien, puis la voix de Camille à nouveau :
- On a tiré sur lui...
A suivre...
Petit clic en bas, s'il vous plaît, merci !!
