Nouveau chapitre! Bonne lecture, j'espère que vous apprécierai! Profitez bien de ce début d'été! :)
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Chapitre 8 : Parrains
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Avril se pointa en traînant pluie, vent, dans son sillage. Juste au moment où les élèves ainsi que les professeurs de Poudlard commençaient à s'habituer aux jours grisâtres, brefs et glacés à l'extérieur du château, ils furent étonnés. En effet, ils eurent un incroyable cadeau: une journée entière de soleil. Comme si la nature souhaitait leurs rappeler qu'il existait autre chose. Puis, le temps nuageux revint de nouveau. Les jeunes devaient toujours bien agrippés leurs robes de sorciers autour d'eux lorsqu'ils marchaient rapidement entre les divers pavillons du bâtiment.
Aucun individu de l'école ne semblait insensible à cette luminosité enfin retrouvée à l'exception d'un seul, son directeur: Severus Snape. Car ce n'était pas son cas. Un orage tourmenté assaillait son cœur, ne diminuant jamais de taille ni le quittant, depuis des semaines. Au contraire, il augmentait en intensité chaque fois qu'il croisait Harry Potter. Un éclair le foudroyait dans sa poitrine lorsqu'il lui arrivait de croiser les magnifiques yeux couleur émeraude, le matin, à la table des professeurs, ou au détour d'un couloir. Brièvement, il y percevait toujours la même désillusion. Il craqua vers la Saint-Patrick et souhaita alors que le mauvais sort qui affligeait le poste de Défenses contre les Forces du Mal, se mette à l'action, en renvoyant son professeur loin de Poudlard. Mais comme il se plaisait à le croire, Potter était imprévisible. Aussi, rien ne se produisit puis le jeune resta, à sa malchance.
Le sorcier aux habits sombres savait qu'il l'avait blessé et pourquoi? Pour un plan désespéré, surtout absurde, allant de travers dès l'instant où le designer italien avait lu dans son cœur. Désormais, Potter se distançait de lui, de manière compréhensible. Toute la place pourrait être prise par Ettore, ses charmes, son attention avide, son regard océan mangeur d'âme… Severus n'avait aucune chance maintenant. Pas contre Serafini, un homme si parfait pour Potter. Pas uniquement parce qu'il était superbe et intelligent, mais quelqu'un qui ne serait affecté par la notoriété du Héros National, qui verrait le jeune pour qui il était vraiment.
En comparaison, qu'avait-il à offrir? Un homme âgé, amer, renié par la moitié de la communauté sorcière, marqué à vie et rattaché à Poudlard. Potter ne méritait sûrement pas ce genre de destin, lui qui était d'un naturel si lumineux. D'ailleurs, sa baisse soudaine d'enthousiasme pour enseigner ne lui avait pas échappé, par rapport à ses débuts. Le cours de Défenses contre les Forces du Mal se révélait un poste exigeant mais cette fois, il paraissait avoir aspiré les derniers brins d'intérêt de son professeur. Resterait-il pour une seconde année, Severus s'interrogeait, parfois? Poudlard avait besoin de lui, le directeur aussi, tout comme l'homme. Observer constamment, de loin, la personne qu'il souhaitait serrer entre ses bras, bien que cela ne soit autorisé… était un nouveau stade de douleur. Avec laquelle Snape ne possédait pas vraiment d'expérience. Une langueur à la fois physique et psychologique, perdre ses amis, être rejeté ainsi qu'haït: rien n'inhabituel pour lui, même par Potter lorsqu'il y songeait. Merlin, le jeune sorcier l'avait détesté des années durant. Il s'était accoutumé à voir une colère fulminante envahir ses yeux qu'ils levaient vers lui, le défiant. Pourtant, les choses avaient changé, peu à peu, depuis cette damnée guerre. Le Héros National n'était plus ni un gamin insolent, le fils de son père, un imbécile curieux, un individu dont il devait assurer la protection. Potter était simplement devenu lui-même, quelqu'un d'intéressant, de loyal jusqu'à l'âme, de gentil, possédant une grande aptitude à pardonner, de naïf de temps en temps, mais d'équitable et de fiable.
Quelqu'un aimé par Severus.
Quelqu'un qui le détestait en ce moment.
Le directeur, aux longues robes noires, avait de la veine, comme de coutume. D'abord Lili, ensuite son fils. Snape avait, en effet, réussi l'exploit de repousser chacun d'eux. Il les avait conduits dans les bras de sorciers plus aimables, plus beaux, plus reconnus et plus… tout, finalement. Lili avait été davantage facile à accepter, même si cela l'avait blessé de voir son amie se détourner de lui pour courir vers James Potter.
Cependant, l'affection qu'il éprouvait pour l'homme aux iris verts était d'un autre registre. Il ne s'agissait pas uniquement de cette amitié innocente, forte connexion, qu'il avait eue pour la rouquine. Severus ressentait, à présent, plusieurs sortes d'émotions et/ou de pulsions, différentes en intensité. Quoiqu'il en soit, l'ensemble brûlait, avec fureur, dans son estomac… dévoré par un urgent désir, une volonté de plaire, de gagner le respect, le besoin d'un compagnon ainsi que d'appartenance… Bref, certaines se trouvaient plus simples à supporter tandis que le reste, le rendait presque fou.
Désormais, que devait-il faire? Accepter que le jeune professeur s'éloigne de lui, sans rien dire? Se battre pour lui? Montrer à Potter que, tel le designer italien, Severus était aussi en mesure de lui procurer du plaisir?
Puis, Poudlard sembla vouloir l'aider à faire un choix. Cela se produisit alors que le directeur parcourait les corridors, autour de minuit. Il arriva jusqu'à une porte qui se dessina à son approche, pas là habituellement: la Salle sur Demande. En réalité, peu d'élèves et d'enseignants connaissaient l'existence de ce secret du château. Il posa sa main pâle sur la poignée avant de pousser la porte qui geignit sur ses gonds. Snape se retrouva sur le même balcon sur lequel il s'était tenu avec Potter, deux mois auparavant. A cet instant d'ailleurs, il remarqua ce dernier, son visage assombri par la nuit environnante, près de la pierre. La lune, cette fois, était recouverte d'épais nuages noirs. Le vent d'avril avait beau s'esquinter sur eux, rien n'y faisait. L'obscurité régnait partout sauf dans le cœur de Severus, d'où une étincelle avait jailli en apercevant la personne qu'il aimait.
L'homme aux longues robes s'appuya discrètement contre le mur, laissa ses yeux ébène se perdre dans la contemplation du jeune sorcier, à peine distinguable en raison de la pénombre.
Potter n'eut l'air de noter sa présence. Au contraire, il paraissait plongé en état de profonde réflexion, ne bougeait pas. A l'exception de sa cape qui virevoltait autour de ses jambes ainsi que ses cheveux noirs, davantage emmêlés que d'ordinaire. L'atmosphère était glaciale, pourtant le directeur remarqua que son professeur avait ses manches de chemise relevées jusqu'aux coudes. En vérité, il tremblait de froid.
Severus ressentait tant le besoin de le rejoindre afin de serrer son corps entre ses bras, le réchauffer. Cependant, compte tenu des circonstances actuelles, il se refusa ce bonheur car il craignait surtout d'effaroucher le jeune sorcier, et qu'il détale. Puis, une voix basse parla doucement, fut portée par le vent à l'oreille de son destinataire:
- Vous pouvez venir plus près, vous savez.
Durant un instant, Snape figea, se sentant bêtement attrapé comme un écolier. Depuis combien de temps le Héros National savait que l'homme à la chevelure lissée, se trouvait là? Depuis quand l'observait-il? Un bref moment ou de longues minutes? Il avait perdu la notion du temps, ce dont il n'avait l'habitude. Il resta les épaules collées contre la paroi du château, alors que ses iris couleur nuit survolaient le sombre paysage, en-dessous d'eux. Sans jamais regarder Potter.
- J'viens ici chaque fois que j'ai besoin de penser, poursuivit le professeur de Défenses contre les Forces du Mal.
Il fut une époque, où Severus aurait répliqué de manière cinglante quant à Potter et l'action de penser… Mais cette fois, il préféra juste se taire. La voix du jeune s'éleva, à nouveau:
- C'est tellement calme ici, en haut.
Le directeur ne sut pas mieux ce qu'il devrait répondre à cette phrase. En tout cas, une chose était certaine, lui, ne se sentait pas calme. D'ailleurs, l'autre sorcier s'en doutait peut-être. Snape capta un fort soupir lâché. Ensuite, Potter secoua sa tête aux boucles entremêlées avant de se retourner, vers lui.
- Alors? Qu'est-ce qui vous amène sur ce balcon, à cette heure? demanda le jeune homme, à binocle.
Ce dernier, réalisa Severus, lui avait manqué. Après, ces semaines de silence entre eux. Ses yeux opaques continuaient à fixer au loin, ne distinguant rien.
- J'vais être parrain, Hermione est enceinte.
Un sourire s'étira sur les lèvres de l'aîné. Il songea que Weasley devait être complètement épouvanté par le fait d'être père, à son âge. Lui-même peu mature pour mettre au monde un être vivant, dont il aurait la charge. Tandis que Granger, devait avoir déjà consulté les ouvrages traitant du sujet, dans la moitié des librairies du monde magique ou chez les moldus.
- J'sais que ça vaut pas la peine d'en faire une montagne…, continua le Héros National.
- Cela vaut la peine, l'interrompît Snape, en prenant enfin part à leur discussion. Il s'étonna de le faire. Le directeur leva son regard vers les iris émeraude de Potter, pour vérifier s'il était sérieux. En constatant que c'était effectivement le cas, il reprit son argumentation. – Être un parrain… A travers le tissu de ses longues robes de sorcier, sa main frôla le collier en argent, qu'il portait sur son poitrail. – C'est une immense responsabilité si on prend son devoir avec sérieux. Vous deviendrez le gardien de cet enfant.
- Je n'ai aucune idée de ce qu'on doit faire, avoua le jeune d'un ton attristé. Puis, il rigola en disant: – J'arrive à m'occuper de moi, de justesse, alors prendre soin de quelqu'un…
- C'est sans doute la vérité. Cependant, vous apprendrez cette tâche en pratiquant, comme tant d'autres avant vous, voilà tout.
Les deux hommes demeurèrent silencieux durant plusieurs minutes, au milieu de cette sombre nuit glaciale. Severus en vint à croire que leur conversation se terminerait ici, que le temps passé en compagnie de son amour était écoulé. Pourtant:
- Draco et vous… c'était comment?
- Ardu, répondit honnêtement le sorcier à la chevelure noire et lisse, flottant dans le vent. – Il a grandi sous l'influence de son père. On lui a toujours donné tout ce qu'il désirait. Il y était habitué. Ensuite, lorsqu'il a atteint onze ans, vous lui avez appris que le monde entier n'était pas destiné à le servir. Peu importe ce que vous alliez devenir, l'arme puissante de la Lumière ou le prochain Voldemort, on ne savait pas encore, vous avez repoussé son amitié et vous êtes devenu ce qu'il voulait être, selon ses critères: reconnu, aimé et adulé. Il était impossible à gérer, après cela. Heureusement, il a toujours eu de l'affection pour moi. Je pouvais m'en servir, quoiqu'il en soit, je ne pouvais risquer de trop lui en révéler, pour sa propre sécurité. Malgré tout, j'ai échoué à titre de mentor, d'ami, ainsi que de parrain.
- C'est faux, s'objecta Potter, avec candeur. Il parla en agitant ses bras dénudés, devant lui. – J'suis au courant pour le Serment inviolable. Aussi, que vous avez fait pression auprès du Ministère, pour qu'il permette à Draco d'accomplir sa sentence à Poudlard, sous votre garde, au lieu d'Azkaban.
Ces mots apportèrent chaleur au cœur de Severus, en plus d'apaiser légèrement la lourdeur qui s'y trouvaient depuis longtemps.
- Peut-être avez-vous raison.
- J'ai toujours raison, le corrigea le Héros National, à la cicatrice en forme d'éclair sur son front. Avant de brièvement tirer sa langue dans la direction de Snape.
Celui-ci passa une main blême sous son col de chemise afin d'atteindre son collier. Puis, il le retira. Il fit quelques pas vers Potter, tendit son bras. Le jeune sorcier, aussitôt, saisit l'objet dans la paume de Severus. Essayant, de ne pas sentir la caresse des doigts qui s'attardaient, qui frôlaient sa peau avec douceur. Les deux mains se séparèrent.
- Qu'est-ce que c'est? demanda le professeur en frottant son pouce sur le cercle en métal.
- Il existait, cette tradition dans la famille Malefoy, d'offrir un présent symbolique au parrain et à la marraine, le jour du baptême. Ceci afin qu'ils se souviennent de leur responsabilité envers l'enfant, et jurent de veiller sur lui. Si quelque chose arrive aux parents, ce seront les parrains qui assureront cette charge, non pas la famille. S'il était survenu quelque chose à Lucius ou Narcissa, j'aurais élevé Draco, alors que je suis un sang-mêlé. J'étais très surpris lorsqu'ils m'ont fait cette demande mais, aussi honoré.
- Attendez un peu… c'est un serpent? interrogea Potter, en réfléchissant. Par la suite, il approcha le collier plus près de ses yeux verts afin de mieux voir dans cette épaisse obscurité.
- Cela porte le nom d'Ouroboros. Il s'agit, en effet, d'un serpent qui mord sa queue. C'est un ancien symbole utilisé pour le cercle de la vie, expliqua le directeur de Poudlard.
- Qu'est-ce que ça veut dire?
Le regard émeraude connecta avec celui, ébène, de Severus qui fut frappé par l'intensité qui s'en dégageait. Par contre, pour une fois depuis trop longtemps, il était dépourvu de haine. Il paraissait avoir retrouvé ce qu'il voyait à l'intérieur avant la venue de Serafini et de son damné calendrier. Aussi, il se baigna, avec délice, dans les magnétisants yeux aux cils fins. Et eut du mal à poursuivre son explication.
- La vie en fait n'est pas une ligne, c'est un cercle. A ce titre, n'existe donc ni début ni fin. Vous êtes nés, vous vivez, vous mourrez, mais en l'accomplissant, vous influencez les autres et les autres vous influencent. Lucius m'a donné ceci afin que je n'oublie pas que ma vie possède son propre cercle. Il y en un supérieur désormais. Draco et moi avons été joints, dans ce dernier, lorsque j'ai promis de veiller sur lui. Ma vie influence celle de Draco, grandement, mais plus tard, ses choix ont également sellé ma destinée.
Le pouce du Héros National frotta le serpent. Puis, ses lèvres s'étendirent en sourire taquin.
- En d'autres mots, éduque bien ton enfant, sinon il pourrait foutre la merde dans ta vie plus tard.
Severus ne put se contenir et éclata de rire. Ce qui eut comme effet de rendre encore plus brillants les yeux du jeune sorcier, à binocle.
- Vous avez parfaitement raison, Monsieur Potter.
Le sorcier à la cicatrice sur le front, ainsi qu'aux manches de chemise roulées jusqu'aux coudes, tendit sa paume ouverte vers Snape afin qu'il puisse récupérer son collier. Cependant, le grand homme en robes noires, hocha sa tête à la chevelure lisse, de gauche à droite. Il approcha une large main pâle en dessous de celle de Potter. Il en épousa délicatement la forme avant de refermer leurs mains sur l'objet.
- Vous en avez davantage besoin que moi.
Severus ne retira pas tout de suite sa main, souhaitant sentir la sienne un moment encore. Une rougeur envahie la figure du jeune sorcier. Ses iris verts agrandis bougèrent rapidement, passant de son regard sombre, à leurs mains jointes, puis à ses lèvres à proximité.
Ils venaient, le croyait Snape, de refaire la paix. Mais la chose demeurait précaire, il ne pouvait risquer de tout compromettre. Le directeur lâcha la main de son professeur avant de se reculer. Il se sentait curieux sans le collier qu'il avait porté durant 25 ans. Il se retourna pour quitter en disant:
- Il se fait tard, au revoir.
- Attendez… Monsieur? l'arrêta la voix basse, hésitante, du Héros National.
L'homme ne pouvait contrer ses débattements cardiaques. Il se tourna à demi.
- Oui?
- J'avais oublié de vous mentionner que nous sommes invités pour une autre collecte de fonds. Un encan silencieux chez la Baronne Coco, le jour de St-George. Voulez-vous y aller?
- La Baronne Coco? interrogea Snape en fronçant ses sourcils.
- C'est la tante d'Ettore. J'ai reçu une lettre de sa part, il nous y invite. Plus Draco, Hermione et peut-être Ron. Vous devriez venir aussi, Poudlard est sur la liste d'invités de la Baronne.
- Je n'irai p…, débuta le directeur, refusant l'offre mais il fut interrompu par Potter. Celui-ci avait baissé son visage vers le sol et serré ses poings. Il débita:
- Ettore ne sera probablement pas là. Hermione sera... bien… enceinte et très occupée avec tous les donateurs. Ron ne veut pas venir. J'ai promis d'y aller, mais pas pour le faire seul. Je vous en prie… venez… avec moi… J'en mourrais de m'y retrouver tout seul.
- Nous verrons cela, répondit le grand sorcier aux longues robes, en poussant un soupir résigné. Il marcha jusqu'à la porte et fut arrêter, de nouveau, par un cri, se vira.
- Snape!
- Oui, Monsieur Potter.
- Merci, dit la voix apaisée du jeune qui avait relevé ses yeux émeraude, à lunettes rondes, vers lui. Sa main menue tenait fermement son collier.
Severus quitta l'endroit, en souriant.
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- J'aime beaucoup ce que tu as fait avec l'endroit! s'exclama Hermione Granger depuis la chambre du professeur Défenses contre les Forces du Mal.
Le Héros National se souvint alors, qu'au cours de ses études à Poudlard, il avait vu six versions différentes de la classe de ce cours. Bien qu'il n'ait réalisé que cette pièce menait vers un quartier personnel. Ou, il était possible que certains enseignants aient jeté un sortilège afin qu'ils demeurent cachés des élèves.
Son bureau n'avait rien de particulier, sauf de ressembler à celui de Rémus Lupin. Comme il travaillait avec plusieurs créatures et qu'il fallait les entreposer quelque part, elles finissaient d'ordinaire dans sa classe. Il avait pris des bibelots aussi, lorsqu'il s'était installé. La plupart était inutile mais Harry s'était habitué à leur présence, les affectionnait. Sa chambre était dépourvue de créatures magiques. Par contre, remplie d'ouvrages sur le cours Défenses contre les Forces du Mal. Le professeur les avait acquis au cours de ses voyages, de même qu'à Square Grimmaurd. Ce qui expliquait sans l'ombre d'un doute, pourquoi la sorcière en appréciait la décoration. Sinon, il ne possédait grand-chose, l'endroit restait dépouillé. Aucun objet personnel qui aurait pu informer sur qui y séjournait. Que le matériel de base, identique à tous les autres professeurs. Sa chambre, également. À l'exception, de nouvelles sur une table de chevet, qu'il avait parfois le temps et l'énergie de lire. En plus, de vêtements éparpillés çà et là.
Le jeune aux yeux verts, portant des binocles, jeta un bref regard vers la porte. Il attendait que sa meilleure amie sorte. Elle se trouvait dans la chambre depuis une heure déjà, se préparant pour la soirée se déroulant chez la Baronne Coco. Le Héros National l'avait invitée afin qu'ils puissent se préparer ainsi que s'y rendre ensemble. Ils discutèrent de différents sujets, en partageant une bouteille de vin. Par la suite, Hermione l'agaça à propos de la tenue parfaite qu'il devrait porter, avant même la sienne. Parler avec son amie, de cette façon, leurs rappelaient de bons souvenirs… et cela calmait son anxiété. En effet, il ne savait toujours pas si le directeur participerait à cette soirée ou non.
- Merci, dit le sorcier aux boucles indomptables, d'un ton fort, depuis sa chaise préférée. Il fit tournoyer son verre de chardonnay entre ses doigts. Il était vêtu d'un pantalon noir et d'une chemise couleur émeraude. – Si tu vois quelque chose de familier, c'est possible que ce soit à toi. J'oublie de rendre ce que j'emp… Puis, il se tut soudain, en entendant un curieux bruit de l'autre côté. Il se leva, se rapprocha de la porte. – Hermione? Est-ce que ça va?
Le bruit bizarre se répéta. Harry fut presque certain qu'il s'agissait de sanglots qu'on essayait d'étouffer. Il déposa la coupe sur un rayon de bibliothèque, à proximité, avant d'ouvrit doucement.
- Hermione, j'entre. Qu'est-ce qui se passe?
La jeune femme se tenait en face du miroir, habillée, à l'apparence impeccable. L'une de ses mains reposait sur son ventre qui commençait à grossir un peu. Le changement était encore à peine perceptible lorsqu'elle portait des robes amples, mais celle-ci semblait plus ajustée sur son corps. Le maquillage sur lequel elle travaillait depuis un long moment avait été ruiné par des pleurs dégoulinant sur son visage. Elle se força à sourire.
- Je suis désolée.
- Hé! Est-ce que tu vas bien? demanda aussitôt Harry, en allant plus près d'elle, derrière, l'observant dans le miroir. Elle fondit en larmes, de nouveau. Son ami la prit tendrement entre ses bras. - Qu'est-ce qui s'est passé? Es-tu malade? Madame Pomfresh pourrait t'aider, j'en suis convaincu.
- Je suis enceinte, prononça la sorcière aux cheveux bruns d'une voix faible.
Le Héros National ne put s'empêcher de rire. Lorsqu'il fut calmé, il continua:
- Toi et Ron, en tout cas, sûr que vous avez le don de réaliser des choses aux moments les plus bizarres. Tu es enceinte depuis déjà deux mois, 'Mione.
- Il y a quelqu'un là-dedans, dit la femme en caressant son ventre, sous sa robe.
Harry plaça aussi sa main dessus, juste à côté de la sienne.
- Oui, j'sais. Et vous avez tous deux l'air radieux. Absolument magnifique.
- Menteur, répondit-elle en s'esclaffant également. Puis, elle se tourna dans les bras verts de sa chemise, sa tête nichée dans son cou. – Je ne peux pas faire ça! De forts sanglots la secouaient cette fois. – Je ne peux pas… être une mère… pas déjà…
Son ami à la cicatrice en forme d'éclair sur son front, l'attira jusqu'au lit pour la faire asseoir. Il saisit ses mains et s'agenouilla devant elle.
- Qu'est-ce que tu veux dire? Tu ne veux pas le garder? demanda le sorcier, se sentant horrifié.
- Bien sûr que je le veux, dit la brunette en reniflant. – Je veux juste… Harry… je suis si égocentrique mais… j'avais des plans. Comme Ron. Et j'essaie tellement que tout fonctionne mais je ne peux pas… Je vais devoir quitter le travail, et élever un enfant. Peu importe le nombre de livres que j'ai lu, je me sens toujours incapable d'être une bonne mère. J'ai si peur.
- As- tu parlé avec Ron à propos de ça? interrogea l'homme aux iris couleur émeraude, à lunettes rondes.
Les larmes de la jeune redoublèrent d'intensité, devant lui.
- Je ne peux! Il me haïrait… Il penserait que je suis horrible de vouloir continuer à travailler… Sa mère… Molly… Je ne peux demeurer au foyer pour le reste de ma vie, comme elle l'a fait. Je n'ai pas encore le bébé et je suis déjà une mauvaise mère.
- Merlin, tu n'es pas terrible! Il la serra entre ses bras. – J'suis persuadé que Ron comprendrait si tu lui parles de ça.
- Non, il veut une grande famille, il aime tant être aurore et… et… Je suis si désolée.
- T'es pas Molly Weasley, t'as pas à l'être si c'est pas ce que tu veux. Ron s'inquiète aussi.
- Quoi? Lui, a peur? demanda la brunette, incrédule.
- T'as pas remarqué? lui répondit le Héros National, la serrant toujours entre les bras verts, de sa chemise en soie.
- Il a l'air si content, si confiant…
- Il l'est. Nous le sommes tous mais ça ne veut pas dire qu'on n'a pas peur, avoua le sorcier à la cicatrice sur le front, en frottant une main dans le dos de son amie. - Je vais être son parrain. Ce sera mon rôle de devenir un oncle incroyable et sympathique, que ce bébé pourra venir visiter quand vous serez trop sévère envers lui.
- Elle, rectifia la femme à la robe ajustée. - Le Médicomage me l'a annoncé hier, que c'était une fille.
Harry ne put contenir son large sourire lumineux, fier.
- Tu vas avoir une fille Hermione? s'exclama-t-il en touchant, avec délicatesse, du bout de son index, son ventre. – T'as une petite fille là-dedans.
Des larmes de joie, cette fois, s'écoulèrent sur ses joues.
- Ron m'a avoué vouloir une fille justement.
- Oui? Elle releva ses yeux noisette vers le sorcier.
- Mais je suis sûr qu'il aurait été aussi heureux d'avoir un garçon. Il est fou de toi pratiquement depuis la première fois qu'il t'a vue dans le Poudlard Express. Parle-lui. Je sais qu'il est parfois un peu idiot mais t'adore. Il t'écoutera. Vous passerez, ensemble, à travers vos craintes.
Hermione hocha de la tête avant d'essuyer ses pleurs, du dos de sa main.
L'homme qui était vêtu d'un pantalon noir ainsi que d'une chemise verte, se remit debout, face à son amie. Il posa sa main sur son épaule.
- Qu'est-ce que tu dirais de t'étendre et de te reposer un peu? J'vais contacter Ron pour qu'il te rejoigne ici. Vous pourrez discuter calmement. Je vais aussi demander à Madame Pomfresh de passer. Les elfes de l'école sont à ta disposition si tu as besoin de quoi que ce soit.
Elle renifla, sourit timidement. Harry conjura un mouchoir et lui tendit. Ensuite, la brunette s'étendit sur le couvre-lit.
- Je reviens.
Le jeune professeur, aux iris couleur émeraude marcha jusqu'à la cheminée qui se trouvait dans son salon, puis contacta Ron par le Réseau de Cheminette. Dès qu'il entendit les mots Hermione et anxieuse, il se précipita à Poudlard. Il en bouscula Harry au passage.
Celui-ci, par la suite, communiqua avec Madame Pomfresh qui arriva vite, également. Du cadre de la porte, il la vit examiner la patiente, Ron assit à ses côtés. Après quelques sortilèges de diagnostic, elle conjura des potions dans les mains tremblantes d'Hermione. Une petite elfe joyeuse apparue avec de la nourriture et du jus de citrouille sur un plateau. Une fois que la femme en robe ajustée eut fini de manger, elle se coucha, son amoureux sortit de la chambre afin de donner des nouvelles à Harry.
- Madame Pomfresh a dit qu'Hermione va bien et le bébé aussi. Ma fille va bien, le rassura le rouquin.
- Tant mieux. Sinon, j'pense que vous avez beaucoup à vous dire, tous les deux. Ça pourra quand même attendre demain, t'as vu qu'elle a besoin de repos maintenant. J'suis certain que Perky, dit-il en pointant l'elfe, serait ravie de te changer les draps et de t'apporter des serviettes propres si tu souhaites rester dormir ici.
- Bien tu sais, on veut pas déranger…
Le Héros National, à la cicatrice en forme d'éclair sur le front, fronça ses sourcils.
- Tu sais que vous êtes les bienvenus? Toujours.
- Mais où t'iras? s'interrogea son ami aux multiples taches de son.
- J'vais m'arranger, pas de problème, le rassura l'autre sorcier.
- Harry! s'écria brusquement Hermione derrière la porte. Il l'ouvrit. – Tu y vas quand même, n'est-ce pas? Il faut que tu assistes à la soirée. Quelqu'un doit représenter Poudlard si le directeur ne peut s'y présenter. Tu expliqueras à la Baronne pourquoi je n'ai pas pu y aller. Dis-lui que je suis terriblement désolée. Et qu'on se reprend lors d'un prochain événement, bientôt.
Ron alla la rejoindre dans le lit, déposa ses mains sur son ventre.
- 'Mione, c'est pas bon ce stress pour toi et notre bébé.
Harry leur sourit.
- Je m'occuperai de tout, ne t'inquiète pas. J'vais tant enchanter nos donateurs, qu'ils nous donneront tout ce qu'ils possèdent! Il referma la porte de la chambre.
Il agrippa son veston. Il ne demeurait plus qu'un endroit où se rendre avant d'apparaître chez leurs hôtes. Il enfila le vêtement noir en parcourant un corridor.
- Dumbledore, salua une peinture plein pied, le jeune sorcier aux boucles sombres et implaçables.
- Ho! Tu es très élégant, lui répondit le personnage de la toile, dont les yeux bleus pétillaient.
Ne sachant pas vraiment quoi rétorquer au commentaire, il le remercia puis grimpa les marches en spiral, deux par deux. Il frappa à la porte massive, du directeur.
Harry ne savait à quoi s'attendre lorsqu'il était question de lui. S'il avait vraiment couché avec Ettore, qu'il en voulait encore, il aurait dû se montrer empresser d'aller à cette soirée. Par contre, si Snape ne l'avait pas fait, cette fête lui en donnerait amplement l'occasion. Pourtant, à première vue, il ne semblait pas enthousiasmé par l'idée. Cette histoire le rendait cinglé. Si seulement le jeune pouvait véritablement savoir ce qui s'était produit entre les eux. Avait-il mal interprété la scène? Non, il avait parfaitement vu: Ettore avait la queue de Severus dans sa bouche et le suçait. Il était imbécile car son souvenir le torturait. Même si une partie de lui les trouvait excitants. Il ne pouvait le nier. Il se détestait. Merde!
Il se sentait durcir tandis que le directeur lui ouvrait. L'homme portait des chaussures lustrées, un complet noir ainsi que des robes raffinées. Son regard ébène plongea immédiatement dans celui, vert, de son interlocuteur. Severus n'avait ni boutonné sa chemise, ni noué sa cravate, laissant entrevoir la nudité de sa peau diaphane. Par Merlin, non! Harry était conscient que tout cela n'était pas pour lui, appartenait déjà Serafini. Merde!
- Alors… vous venez? bredouilla-t-il, en remontant ses lunettes rondes tombant sur son nez.
- Je croyais que vous aviez quitté, admit Snape en finissant de fermer sa chemise.
Lorsqu'il attacha sa cravate, il fallut du sang-froid à Harry, pour ne pas la précipiter au loin. Avec le temps, il se rendait compte qu'il aurait fait n'importe quoi demandé par Severus, afin de démontrer sa loyauté. Goûter, lui aussi, son sexe, lécher délicatement l'épiderme de ses boules, engloutir son membre durcit sur toute sa longueur, le laisser défoncer sa bouche brûlante. Il désirait enfourcher le grand homme, être témoin des expressions sur son visage lorsqu'il descendrait sur sa queue en érection, l'enfoncer profondément dans son cul serré jusqu'à ce qu'il atteigne l'extase. Le voir perdre le contrôle. La loyauté était bien mais cela… encore meilleur. Le jeune sorcier toussa, se reprenant.
- Hermione a décidé de sauter le dîner. Elle se sent un peu…barbouillée. Ron va rester auprès d'elle, elle avait besoin de se reposer. Je leur ai prêté ma chambre. Le directeur se figea un moment, à ces mots. Harry ajouta: - Ça ne vous gêne pas, n'est-ce pas?
- Bien sûr que non, se hâta de répondre l'aîné, à la chevelure noire et lisse. - Et l'enfant?
- Elle va bien.
Snape entra à l'intérieur de son bureau, laissant la porte ouverte, incertain que le Héros National l'y suivrait. Celui-ci se rappela n'être pas revenu dans cette pièce depuis environ deux mois, le jour où il avait présenté Severus au designer italien. Doux souvenir... justement ce dont il avait besoin.
Sur une table se trouvait la moitié d'une bouteille de scotch. A côté d'un tas de grenailles de cires rouges ainsi que d'un verre en cristal vide. Pourquoi avait-il, seul, consommé cette importante quantité d'alcool? Rien qu'avant d'aller à cette soirée huppée. Était-ce parce qu'il pensait qu'Harry avait déjà quitté? Sans lui? Ridicule.
L'homme en complet foncé tira une boîte bleue d'une étagère.
- Elle?
Le sorcier, à la cicatrice sur le front en forme d'éclair, fronça ses sourcils, puis enfin comprit.
- Oui, c'est une elle.
- Félicitations, lui dit-il d'un ton aimable, en souriant un peu. Il revint ensuite vers lui avec sa boîte qu'il ouvrit afin d'en sortir une fiole remplie d'un liquide rose. – Avez–vous laissé un elfe avec eux?
- Perky, répondit le Héros National.
Peu après, un fort bruit se produisit, suivit d'un rire enjoué.
- Directeur Severus Snape, Professeur Harry Potter, avez-vous appelé Perky?
- Apportez cette potion à Madame Granger. Informez-la qu'elle doit en boire une demi maintenant, et le reste demain. Cela devrait contribuer à réduire les symptômes dus aux nausées matinales, pour une semaine. J'en referai bientôt. Assurez-vous qu'elle se repose beaucoup après l'avoir ingérée.
L'elfe, aussitôt, disparut dans un pop retentissant.
Le jeune en complet noir et chemise émeraude, observa intensément le grand homme face à lui. Snape finit par lever ses iris sombres vers le plafond en poussant un soupir.
- Je ne suis pas actuellement enceinte si c'est la question qui vous turlupinait.
- J'avais remarqué. Mais alors pourquoi?
- J'essayerai de rendre sa grossesse la plus facile possible, surtout que nous aurons à la côtoyer, expliqua Severus en rangeant la boite bleue à sa place. - Et avant que vous ne demandiez, sachez que la potion avait été scellée afin d'en préserver toutes les vertus. Je l'ai fabriqué il y a un jour.
- J'en doute pas, merci.
- Ce n'est pas la peine de le mentionner. Le sorcier en complet noir fit un mouvement de vague d'une main pâle, faisant disparaître son verre de scotch. – Y allons-nous?
Harry ouvrit la porte du bureau directorial en lançant:
- Allons ramasser encore un peu de gallions pour notre école!
