PDV Thorin

En même temps que je contemple l'horizon je pense aux dernières heures qui viennent de s'écouler. La dernière chose dont je me souviens parfaitement bien, c'est Bilbon s'étant lancé sur les orcs après que j'ai fini à terre. Le reste est flou dans mon esprit. Je sais que quelqu'un m'a porté sur un des aigles mais après j'ai comme un défaut de mémoire. Je décide de réfléchir à ça plus tard et j'ordonne la mise en route de la compagnie. Nous descendons du mont rocheux et nous engouffrons dans la forêt. Une de plus me direz-vous mais c'est mieux que les monts de lave ou les terres abandonnées qui se trouvent au nord du Mordor. Au fur et à mesure que les heures passent, le soleil décline et j'annonce enfin la pause. Une fois que tout est organisé je me dirige vers Marie qui est restée seule dans son coin pendant toute la journée. Il est vrai que j'aurais pu aller la voir mais je sympathisais enfin avec notre hobbit porte-bonheur.

"-Marie?

-Quoi? Tu n'es plus avec le hobbit?"

Mais qu'est ce qui lui prend? C'est la première fois depuis que nous avons fais la paix qu'elle me manque autant de respect.

"-Non je ne suis plus avec Bilbon mais qu'as-tu? Tu sembles énervée?

-Je semble énervée? Te fous-tu de ma gueule Thorin Écu-de-chêne?!

-Non non pas du tout tu es très jolie je ne me moquerais jamais de toi.

-Hein? Mais de quoi tu me parles?

-Tu m'a demandé si je me foutais de ta gueule je t'ai répondis que non tu es très jolie.

-Mais c'était une expression! Je te demandais si tu me prenais pour une idiote en bref!

-Ah mais non jamais dans ma vie je ne te prendrais pour une idiote.

-Alors pourquoi fais-tu passer le hobbit devant tout le monde?

-Devant toi tu veux dire?

-Non devant tout le monde! Dori et Nori ont voulu te parler en début de journée c'est presque si tu ne leur a pas crié dessus pour qu'ils te laissent! Ne laisse pas Bilbon Sacquet t'éloigner de nous..."

J'y suis peut-être allé un peu trop fort. Elle a des larmes aux coins des yeux. Je me suis laissé emporté par mon enthousiasme et maintenant je l'ai peinée. Ja m'approche pour la serrer dans mes bras mais elle recule. Elle s'essuie les joues d'où les larmes coulent et me dit dans un sanglot:

"-Va rejoindre le hobbit puisque tu l'aimes autant."

Mais qu'est ce qu'elle raconte? Le hobbit n'est rien comparé à elle. Je persévère et parviens enfin à la serrer contre moi. Elle s'écroule et relâche la pression des derniers événements.

"-Quand je t'ai vu j'ai cru que tu étais mort. Tu étais allongé face contre terre, les yeux mi-clos et j'ai eu la peur de ma vie. Je me suis attachée à toi Thorin, tu n'as pas le droit de me laisser. Je pensais tout ce que je t'ai dit quand nous étions sur l'aigle."

L'aigle? C'est donc elle qui m'a sauvé de la mort? Bilbon n'a fait que retardé le moment fatidique. Mais que m'as-t-elle dis quand nous étions sur l'oiseau? Je ne me souviens plus...

"-Que m'as-tu dit sur l'aigle?"

Un éclair de déception traverse ses yeux puis elle se reprend.

"-Tu ne te souviens pas?

-Je ne l'ai pas entendu. Tout est flou à partir du moment où le hobbit est intervenu. Je te remercie de m'avoir sauvé Marie. Peux-tu me répéter ce que tu disais sur l'aigle?"

Elle rougit puis me regarde.

"-Tu le sauras bien assez tôt je pense."

Ah bon d'accord. Je viens de me faire avoir. Elle ne me le dira pas maintenant. Pris d'une soudaine envie je prend sa tête entre mes paumes et l'embrasse. Elle répond vite à mon baiser puis sa langue passe la barrière de mes lèvres et viens danser avec la mienne. Je ne connaissais pas cette façon d'embrasser mais elle me plait bien. Je fais glisser une de mes mains jusqu'à sa hanche puis je la rapproche de moi. Pendant ce temps elle passe ses mains autour de mon cou et tire doucement sur mes cheveux. Je ne suis pas habitué à autant de plaisir c'est tout bonnement nouveau pour moi. Soudain elle laisse échapper un petit gémissement qui me fait revenir à la réalité. Qu'est-ce que je suis en train de faire? C'est beaucoup trop rapide! Je m'écarte d'elle à contre-coeur. Elle recule et baisse la tête, les joues rouges d'embarras. Je ne veux pas lui faire de mal donc je relève sa tête avec mes doigts et lui dit:

"-Marie ne baisse jamais les yeux devant moi. Si j'ai interrompu ce moment c'est que c'est trop rapide. Je ne suis pas habitué à ressentir autant d'émotions. De plus nous avons une quête à accomplir. Je me suis laissé emporter par mes sentiments excuse-moi. Je te promets que dès que je serais prêt à ce que nous allions plus loin que la relation de maintenant tu seras la première au courant.."

Je lui dit ça mais je ne sais même pas si je saurais me retenir jusqu'à demain. Elle m'a donné des frissons aujourd'hui. J'ai encore l'esprit embrumé par son baiser amélioré. Mon cerveau se le remémore tout comme un certain muscle qui va bientôt me faire mal. J'embrasse doucement Marie sur les lèvres avant de me retourner et d'aller calmer mes ardeurs plus loin. Elle me fait un des ses effets cette petite voyageuse! Et dire qu'il y a un moment je voulais m'en débarrasser au plus vite, là je commence à me demander si je ne ferais pas mieux de la préparer à monter sur le trône avec moi. Mais que dirais les autres? Jamais il ne voudrait d'une femme aux côtés de leur roi... Je dois réfléchir à cela!

PDV Marie

Qu'est ce qu'il m'a pris de l'embrasser comme ça? Mais qu'est ce que c'était bon! Il sait y faire le bougre! Quand il s'éloigne après m'avoir débité son discours je prends la direction inverse et vais marcher dans l'air froid pour faire redescendre ma température corporelle.

Pendant plus d'un mois nous marchons à travers les plaines et les vallées. Thorin et moi nous sommes encore plus rapprochés. La situation n'a pas dérapé de nouveau mais il n'est pas rare que l'on s'embrasse à la fin de nos entrainements. Il m'a expliqué qu'il voulait éviter que les autres nous voient puisqu'il n'est pas sûr de ce qu'il adviendra. Je n'ai rien laissé paraître mais je suis blessée intérieurement. Ajoutons à ça que je surveille le hobbit de près. Il s'isole souvent seul et quand il revient ses yeux sont aussi noirs que de l'encre autant dans l'iris que dans la pupille. Est-ce que cela a un rapport avec ce que Gandalf et Elrond nous ont caché? Je ne sais pas, en attendant le magicien ne voit pas quand Bilbon s'échappe. Ce hobbit nous cache quelque chose de dangereux c'est certain! Le pire, je pense, c'est quand je veux parler à Gandalf et qu'il part subitement. Maintenant dans la compagnie je parle plutôt à Gloin qui est vraiment amusant, Fili et Kili qui sont des anges et un peu à Bofur mais moins depuis qu'il passe son temps avec le semi-homme. En ce moment-même le microbe est parti en éclaireur. C'était soi-disant le plus discret. Mon oeil oui! Oh le ptit chou revient. Pourquoi il est en panique ce con?!

"-Il y a autre chose là-haut. Une sorte d'ours mais en plus grand."

Allez maintenant on va devoir courir pour sauver notre peau!

"-Il y a une maison pas très loin d'ici, nous pourrions nous y réfugier."

Oh oui oui oui! Je vais pouvoir dormir avec un toit sur la tête! HIP HIP HIP HOURRA!

"-La maison de qui? D'un ami ou d'un ennemi?"

Mais on s'en fiche Thorin! Allez s'il te plait dis oui!

"-GGGRRRRIIIRRR"

Je crois que tu peux pas dire non là, sinon on finit tous bouffés. Courage fuyons ça s'appelle! Malheureusement pour moi je suis nulle en course, encore plus quand j'ai marché toute la journée. On court dans un champ puis à travers un bois où nous nous arrêtons. Alors que je reprends mon souffle je les vois qui se remettent à courir. Je vois Bombur doubler tout le monde et prendre la tête du cortège pendant que je peine comme une vieille à garder le rythme. Et là c'est la chute. Comme une conne je me casse la gueule à cause d'une pierre. J'essaye de me relever en voyant que Thorin vient d'ouvrir la porte. Dommage pour moi le destin n'en a pas décidé ainsi. Un poids s'abat sur mon dos et j'ai peur que ce soit la fin. J'aperçois Thorin qui veut venir m'aider mais il est retenu par Dwalin et Gloin. Les portes se referment sur eux. Voilà à nous deux maintenant, cruel destin.

PDV Thorin

J'avais dit que je ne la laisserais pas et finalement c'est elle qui m'a abandonné. J'ai vu la bête se jeter sur son dos et j'ai voulu aller l'aider mais Dwalin et Gloin m'en ont empêché. Les portes se sont refermées sur cette scène. Je m'en veux. Fili et Kili ne cessent de regarder la porte comme si elle allait arriver mais c'est impossible. La bête ne l'épargnera surement pas. J'aurais du lui dire ce que je pense vraiment d'elle, ce qu'elle est pour moi. Je sais que je ne parle pas comme l'homme que je suis mais c'est à cause d'elle. Elle me fait me sentir amoureux et c'est un sentiment étrange pour moi. C'est vrai, je n'ai connu que des femmes de joie. Je ne devrais pas m'en vanter mais je suis un homme après tout. Quasiment 200 ans d'existence durant lesquels j'ai eu des besoins si on peut dire. Ce n'est pas très plaisant de parler de ces moments d'abandon total surtout si on le regrette comme c'est mon cas. Si Marie était arrivée avant il n'y aurait eu qu'elle. Mais maintenant elle n'est plus là. Soudain le loquet de la porte bouge et nous nous levons tous comme un seul homme, nos armes au poing. Plusieurs d'entre nous en lâchent les épées quand nous voyons le joli visage de Marie apparaitre dans l'encadrement. Elle a un sourire malicieux et les yeux qui pétillent. Que s'est-il donc passé dehors?

PDV Marie

Alors que j'étais sure que c'était la fin, la bête s'est relevée et s'est mise à me renifler. Au bout de dix grosses minutes elle se redresse et part. Je rêve ou la chance m'a sourie pour la première fois de ma vie? Faut en profiter. Rapidement je gagne la chaumière où sont les autres et je relève le loquet. Je les entends se lever et prendre leurs armes. Un petit sourire malicieux s'installe sur mon visage et j'ouvre la porte. Fili, Kili, Bofur, Gloin et Thorin lâchent leurs épées et me regardent avec des yeux ronds.

"-Coucou la compagnie!"

Rien que cette phrase et j'ai déjà deux paires de bras qui m'enlacent. Oui oui vous aussi vous m'avez manqué Fili et Kili. Je fais un sourire aux autres puis je vais explorer la maison. Il y a une cuisine, une sorte d'écurie géante et une sellerie je pense, mais elle est vide. Alors que j'allais ressortir une main me serre le bras et m'attire de nouveau dans la pièce inoccupée. La porte se ferme et je me tourne pour voir qui c'est. Thorin. Bien sûr j'aurais du m'y attendre.