Coucou tout le monde !
Voilà déjà de retour ! (lol, non mais c'est vrai quand même je trouve que c'est un exploit, ça ne fait que 2 semaines et demi que j'ai posté!!)... en espérant que ce chapitre vous plaira également... Il est BEAUCOUP plus long que le précédent (oui en fait je ne suis pas très constante dans les découpages, mais je trouvais dommage de le couper avant... ;P) et réserve quelques petites surprises. De plus, il y a une évolution des personnages, notamment la relation entre Harry et Morgane (mais ne vous inquiétez pas, ni l'un ni l'autre n'a perdu de son mordant!).
Voilà en espérant que vous nous laisserez une petite review, histoire de nous dire votre avis ! Pitié ayez une petite pensée pour nous, malheureux auteurs, snif ! Non, je plaisante, je pense toujours que c'est le plus beau métier du monde ! Bref, n'hésitez pas quand même à dire ce que vous en pensez !
Biz ! et à la prochaine !
Ace et Tone.
Chap 9: Confrontation douloureuse, entrevue familiale et suspicion.
Harry dévala les escaliers et faillit percuter une grande dame aux cheveux blonds vénitiens qui lui tombait gracieusement dans le dos. Il s'excusa rapidement, se demandant pourquoi tant d'inconnus se trouvaient aujourd'hui à Poudlard, puis rejoignit James, Sirius, Remus et Peter qui venaient de quitter la Grande Salle.
James remit leur entraînement au quidditch au dimanche, une sortie à Pré-au-Lard étant prévue, en fin d'après-midi, afin de permettre aux élèves de récupérer leurs costumes loués. Il lui proposa, bien entendu, de lui faire visiter le village.
Cela mit du baume au cœur du jeune homme. Après ce début de semaine légèrement perturba, une sortie à Pré-au-Lard serait plus que bienvenue.
Ils décidèrent unanimement de faire un tour dans le château avant le début du cours de métamorphose, afin de montrer à Hayden quelques endroits insolites.
Peter se montra très volubile sur les passages secrets du château, très fier de leurs nombreuses découvertes. Cependant, Sirius, Remus et James se chargèrent de calmer son enthousiasme chaque fois qu'il en disait trop. Ils ne semblaient pas disposés à dévoiler tous leurs secrets à un inconnu fraîchement débarqué, aussi sympathique soit-il.
Etrangement sympathique d'ailleurs, songeait Remus depuis leur rencontre.
Bien que timide et d'une manière paradoxale, Hayden Wynne était très à l'aise et n'avait aucun mal à dévoiler ses états d'âme, ni à se moquer d'eux, tout en modérant ses propos selon leurs caractères. Hayden faisait preuve d'une légère ironie avec Sirius, le plus apte à prendre la mouche et le plus explosif (sa réaction pouvait être aussi brutale que soudaine), s'avérait parfois blessant face à Peter, qui, d'un naturel craintif et timide n'osait rien répliquer et se montrait à la hauteur des répliques de Remus, en matière de moqueries déguisées, de paroles lourdes de sous-entendus et de réponses subtiles, le contrant sans arrêt. Cela l'amusait d'ailleurs parfois de se faire prendre à son propre jeu.
Toutefois Hayden Wynne ne savait se comporter avec James. Après maintes observations, Remus s'était rendu compte que le jeune homme ne posait jamais un regard neutre sur son ami. Bien qu'ils soient rieurs, ses yeux prenaient toujours une teinte mélancolique, évoquant une souffrance intérieure, une peine qui le rongeait.
Remus connaissait bien ce regard. C'était celui qu'il conservait continuellement devant ses parents, celui qu'il adoptait quand le poids de son secret était trop lourd, celui qui revenait moins souvent depuis l'année dernière quand leurs escapades au clair de lune avaient commencé.
En effet au mois de décembre dernier, James, Sirius et Peter avaient réussi un exploit qu'il pensait irréalisable : ils étaient devenus des animagi.
Il y a 4 ans, lorsqu'ils lui avaient annoncé leur intention de l'aider en se transformant en animaux, Remus avait eu une irrépressible envie de rire. Ou de pleurer. Cela lui avait semblé tellement grotesque, tellement…
- Impossible, avait-il alors répliqué.
- Impossible n'est pas français, avait déclaré sentencieusement un Sirius alors âgé de 12 ans, qui revenait d'un été à Paris.
Ce à quoi, Peter avait demandé.
- Et alors ? Nous ne sommes pas français.
Ce qui avait provoqué un éclat de rire général. Sirius avait cependant trouvé à répondre que justement, si les Français ne trouvaient rien impossible, eux doublement.
C'était ainsi que tout avait commencé. Avec un grand feu d'espoir, une bonne dose de persévérance, du travail et des entraînements harassants, le projet avait finalement porté ses fruits en 5ème année. Ce fut son plus beau noël. Magique.
C'est tout en pensant à ça que Remus indiqua certains lieux à Hayden qui semblait apprécier la visite.
- … Et la maison devant laquelle s'est déroulé le cours de Soins Aux Créatures Magiques, s'est la Cabane de Hagrid, le garde chasse, expliquait Peter.
- Mais il préfère qu'on l'appelle « Gardien des Sceaux et des Clés de Poudlard », continua James, malicieusement.
- C'est vrai, il le répète à chaque présentation, s'esclaffa Peter. Sirius s'amusait à le nommer ainsi dès qu'il lui parlait en 2ème année. Cela le faisait rougir de plaisir. N'est-ce pas ?
Sirius, qui marchait quelques mètres devant, ne répondit pas.
En réalité, il était bien trop occupé à observer un groupe d'élèves sortir des cachots. Non, pas un groupe d'élèves, rectifia Harry, mais des adultes entourés d'élèves. Deux femmes plus exactement dont la ravissante blonde qu'il avait percutée quelques minutes plus tôt.
La deuxième possédait une longue chevelure sombre qui retombait lourdement sur sa poitrine, un teint olivâtre et des yeux perçants.
Autour d'elle se pressaient trois adolescents aux mines revanchardes. Harry étudia le garçon qui, bien que d'une beauté frappante, était dénué de toute attirance. Sa moue renfrognée et son regard inquiet primaient sur son physique.
Quant aux deux adolescentes, Harry les reconnut instantanément cette fois-ci. Le visage noble, les deux sœurs se trouvaient totalement opposées : la brune aux yeux sombres et la blonde au regard cristallin. Bellatrix et Narcissa Black.
Et d'après le sourire moqueur qu'elles arboraient, Harry pressentit qu'ignorer le petit groupe ne suffirait pas à éviter toute « collision ». D'ailleurs, les grands yeux noirs de la femme brune venaient de se poser sur Sirius et se plissèrent immédiatement.
Le bruit étranglé qui sortit de la gorge de Sirius lorsqu'il déglutit ne passa pas inaperçu. C'est donc d'un air vaguement inquiet que les gryffondors observèrent le groupe se diriger vers eux et leur ami tétanisé.
Les deux femmes les dévisagèrent d'un œil critique, leur regard s'attardant sur Harry, semblant vouloir poser un nom sur son visage sans y parvenir. Puis la brune posa ses yeux froids sur Sirius en plissant du nez.
- Sirius ?
- Mère ? Répondit sobrement ce dernier, les yeux baissés.
- Pourrais-tu m'expliquer ce que tu fais encore, insista-t-elle, avec cette bande de bâtards ?
Les yeux de James s'étrécirent sous l'insulte. Mais avant qu'il ait pu répliquer, Sirius répondit en plantant avec défi ses yeux bleus dans ceux de sa mère.
- Tout comme la dernière fois, lorsque nous avons eu la malchance de vous rencontrer, je me promène avec mes amis.
Le ton insolent fit blêmir les deux femmes. Mais bientôt, un sourire mauvais étira les lèvres fines de Mrs Black.
- Soit. Nous reparlerons de tes « amis » tout à l'heure. Ainsi que de ta situation, jeune homme, asséna-t-elle en découvrant une rangée de dents ivoire. Cissy et Bella viendront t'accompagner à ta sortie.
Sirius esquissa une courbette.
- Votre proposition est fort alléchante, Mère, mais je me vois dans le regret de la décliner.
Le teint mat de la jeune femme prit une curieuse couleur pourpre.
- Cela veut dire non, traduisit le jeune homme avec dédain.
- On ne t'a pas demandé ton avis, cracha alors le frêle garçon avec hargne.
Sirius ne le regarda même pas lorsqu'il répliqua d'un ton cinglant.
- Et encore moins le tien, Regulus. Je n'ai pas besoin de votre accord. Je sais marcher tout seul.
Illustrant ses propos, il entreprit de les dépasser. Mais alors qu'il passait devant sa mère, qui tremblait de fureur, il s'écroula sur le sol à ses pieds.
James, Remus, Peter et Harry se précipitèrent mais furent immédiatement bloqués par Bellatrix et Regulus, baguettes tendues et sourires goguenards aux lèvres.
James n'en eut cure et, les bousculant brutalement, se précipita sur Sirius. Remus et Harry le suivirent de près, mais Peter resta immobile, fixant avec inquiétude le bois brun de la baguette pointée sur lui. Mal leur en pris, puisqu'avant qu'ils aient fait deux pas, ils se retrouvèrent par terre, emprisonnés par le maléfice du saucisson.
Bellatrix eut un sourire victorieux en voyant leurs mines furieuses et se retourna pour surveiller à son tour Pettigrow.
Harry voulut crier de rage mais il ne pouvait bouger une seule parcelle de peau.
Sirius, quant à lui, restait silencieux. A part le cri qui avait accompagné sa chute, il n'avait pas émit un son.
James pouvait voir ses mâchoires contractées par l'effort fourni pour ne pas hurler.
Prostré sur le sol, son ami semblait tétanisé. Au sens propre du terme cette fois. Chaque muscle était contracté, recroquevillant ses jambes, les mollets saillants, ses yeux s'étaient fermés sur un masque de douleur, sa bouche crispée n'était plus qu'une ligne amère.
Le sort que James avait lancé pour délivrer son ami n'avait apparemment pas fonctionné à en juger par son état.
Affolé et surtout furieux, le gryffondor releva la tête vers la femme qui avait engendré Sirius.
Cette dernière le regardait avec un dédain mêlé d'amusement.
- Espèce de… !
- Silencio !
James fut coupé court dans sa façon de penser ce qui acheva de le faire enrager.
- Bien, murmura doucereusement la femme, occupons-nous maintenant de l'éducation de mon cher fils.
Ce dernier ouvrit les yeux et darda un regard haineux sur sa mère qui le surplombait. A la plus grande satisfaction de cette dernière, une larme perla au coin de l'œil de son aîné.
- Sirius, susurra-t-elle, tu nous rejoindras dans deux heures, accompagné de tes deux cousines. Est-ce clair ?
Le jeune homme ne répondit rien, fixant effrontément sa mère.
Celle-ci eut un soupir d'agacement puis déclara avec une pointe de cruauté.
- Mon chéri, je n'enlèverais ce sort que lorsque tu m'auras répondu.
James avait une folle envie de se jeter sur cette cinglée mais la force d'un adolescent ne ferait pas le poids face à la puissance magique de cette femme. Et James n'était pas assez fourni en sortilèges pour espérer battre Mrs Black sur ce terrain. Les Black étaient, en effet, tous très doués dans ce domaine et Sirius ne faisait pas exception à cette règle.
Tout ce qu'il espérait, c'était qu'un professeur fasse irruption et les sorte de cette situation. Peut-être qu'un des deux/trois élèves qi étaient passés, observant la scène avec appréhension, avant de filer silencieusement étaient allés prévenir Dumbledore. Du moins se plaisait-il à le croire.
Sirius se taisait toujours, le corps raidi à l'extrême, ses yeux luisant de plus en plus faiblement.
James pria silencieusement pour que son ami mette sa fierté de côté et réponde à cette folle furieuse.
Son angoisse montait de seconde en seconde, à chaque spasme qui contractait la jugulaire de Sirius.
James trouva une certaine ressemblance dans les deux silhouettes : la mère et le fils, semblables dans leur haine.
Et une fois de plus, James eut peur de Sirius. Peur de ce qu'il se faisait. Peur de ce qu'il leur faisait subir, à eux, par son impudence, son effronterie coutumière. Peur de ce que cela lui coûterait. Ainsi qu'à eux.
Réfrénant son sentiment d'angoisse, il se força à réfléchir. Sirius ne répondrait pas. Il le savait. Ce qui impliquait que Mrs Black serait obligée de lever le sort. Elle s'avérait déjà « chanceuse » qu'aucun adulte ne se soit encore manifesté. James soupçonnait même l'entêtement de Sirius d'être basé sur ça. Il devait espéré que l'on surprenne sa mère dans cette position fâcheuse. Un frisson le parcourut. Sirius était aussi fou que sa mère. Téméraire.
Après avoir jeté un coup d'œil à son meilleur ami, il sut qu'il ne tiendrait pas longtemps. Il semblait déjà prêt à s'évanouir.
James respira calmement. Peut-être qu'avec l'effet de surprise, en se jetant sur elle, il arriverait à assommer sa mère. Oui, mais comment faire face à sa tante et ses rejetons ?
La question viendrait plus tard, songea-t-il en observant le corps de Sirius se cabrer brutalement. Il banda ses muscles, prêt à bondir lorsqu'une voix fraîche résonna.
- Mrs Black ?
James eut un soupir de soulagement et se retourna avec reconnaissance vers la personne à qui appartenait cette voix salvatrice. La mère de Sirius allait sûrement être interrogée par la Commission du tribunal pour maltraitance et utilisation de magie noire.
Mais la peur naquit à nouveau au creux de son ventre lorsque ses yeux se posèrent sur la jeune fille blonde aux traits délicats. Aléa Exbrayat. Ils n'étaient décidemment pas sortis d'affaire.
Il entreprit donc de la dévisager, le visage implorant pour lui faire comprendre l'urgence de la situation.
- Heureuse de vous revoir, continua Miss Exbrayat en s'avançant vers Mrs Black, ignorant superbement James qui accompagnait ses regards de discrets signes de la main.
La femme blonde lui serra la main et la regarda avec respect sous les yeux étonnés de James.
- J'en suis également ravie, Miss.
Le regard d'Alea se posa sur Sirius, recroquevillé sur le sol, sur les deux corps immobiles de Remus et Harry et rencontra finalement celui, désespéré, de James.
S'adressant froidement à la mère de Sirius, elle décréta.
- Vous devriez cesser cela, Walburga. (L'emploi du prénom fit sursauter James et Peter). Je viens de croiser le professeur Dumbledore et je doute qu'il apprécie cette attitude.
Mrs Black fronça le nez. Apparemment, elle n'appréciait pas le fait de se faire dicter sa conduite par une adolescente de 15 ans.
- Mon père n'apprécierait sûrement pas également de voir que vous avez des ennuis avec la justice, ajouta-t-elle avec nonchalance.
James vit, du coin de l'œil, Walburga Black blêmir. Et finalement revoir ses positions.
Marmonnant quelque chose, elle pointa sa baguette sur son fils et Sirius se détendit comme un ressort. James se précipita pour l'aider.
Exbrayat l'étudia s'un air critique puis ajouta à l'attention de Mrs Black.
- Vous devriez lui donner un remontant. S'il va à l'infirmerie, Mrs Pomfresh risque de poser certaines questions gênantes. Et vous n'y tenez pas.
D'un air pincé, la brune obtempéra.
La pâleur sur les joues du garçon, étendu sur le sol, le quitta subitement.
Cependant, il semblait toujours assez faible.
Alors que les deux femmes et l'adolescente tenaient une discussion courtoise, James, sous l'œil noir mais inquiet de Bellatrix, Narcissa (qui était pourtant restée étrangement à l'écart lors de l'altercation) et Regulus, s'occupa de délivrer Remus et Hayden de leur infortuné sort.
Peter, échappant à la vigilance de Regulus vint prêter main forte à Sirius.
L'adolescente blonde finit par partir, en promettant de passer leurs salutations à son père, qu'elle allait justement voir dans l'après-midi.
Les quatre gryffondors qui essayaient tant bien que mal de remettre Sirius debout, la regardèrent s'éloigner avec appréhension.
Mais la famille Black semblait étrangement apaisée et ce n'est qu'après un « 15h, Sirius ! », qu'elle s'éloigna en direction du parc.
Harry observa, sidéré, les différents membres discutant comme si rien ne s'était passé. Lorsqu'il se retourna, il vit un Sirius pâle, tremblant mais debout. Et surtout furieux.
- Je suis désolé.
La phrase tomba nette, tranchante. Le sérieux qu'avait employé l'adolescent donna la chair de poule à Harry. Il posa un regard interrogateur sur Remus mais ce dernier fixait avec attention son ami. Sirius continua.
- Ils vont me le payer, je peux vous le dire. Je ne sais pas encore comment mais je peux vous assurer qu'ils se mordront les doigts de vous avoir insulté ainsi.
Le ton était froid et brutal. Sa silhouette se découpant, à contre-jour, dans la lumière blanche de ce mois d'octobre, Sirius Black était terrifiant. Chaque pore de sa peau suintait la violence.
Peter, dans une tentative pour détendre l'atmosphère, émit un rire nerveux qui ne fit que l'appesantir.
Au bout d'un moment de silence, James prit la parole.
- Bon, on ne va pas resté planté ici indéfiniment.
Harry, trop abasourdi, se contenta de hocher la tête et suivit comme un automate James, Sirius, Remus et Peter, tout en observant à la dérobée le deuxième qui boitait légèrement.
Il vit Remus chuchoter quelques mots à son parrain et ce dernier, après une grimace, hocher la tête.
Lorsqu'ils arrivèrent en métamorphose, leurs camarades les accueillirent avec des regards curieux et inquiets. Contre qui les maraudeurs s'étaient-ils encore battus ?
En effet, l'uniforme de Remus, Harry et Sirius étaient froissés, les cheveux du dernier étaient entremêlés, cachant ses yeux assombris de haine, et son caractère orageux.
Seuls, James et Peter étaient acceptables mais la mine sombre qu'ils arboraient ne laissait aucun doute sur leur humeur actuelle. Harry surprit même un regard vert angoissé posé sur eux, plus insistant sur James. Cette observation le rassura un peu sur ses parents. Tout n'était pas perdu.
Leur retard fut accueillit par une moue agacée de la part du professeur Mc Gonagall mais elle ne fit aucun commentaire en voyant l'allure générale des cinq garçons.
Harry cligna des yeux : Mc Gonagall ?
Devant lui, se tenait une femme mûre de 30 ans, aux yeux bleus perçants et à la longue chevelure ondulée. Harry ne se souvenait pas d'avoir déjà vu leur professeur une seule fois avec les cheveux détachés. Il ne put qu'admirer la lourde masse soyeuse qui retombait élégamment sur ses épaules, faisait miroiter les reflets cuivrés de son brun chaud. Il se reprit en voyant le mince sourire amusé qui étirait les lèvres de son professeur de métamorphose devant son observation insistante.
Il s'assit à côté de Remus en silence et sortit ses affaires
Bientôt le cours commença et alors que Mc Gonagall leur imposait un exercice difficile (certaines choses ne changent jamais, songea Harry) sur la transformation à partir d'un grain de sel, Hayden Wynne, plongé dans ses essais, sentit quelqu'un lui tapoter discrètement le dos.
Levant les yeux, il croisa ceux de leur professeur qui lui annonça qu'elle serait ravie de le renseigner s'il avait des questions concernant leur futur examen de métamorphose et qu'elle aimerait le voir à la fin du cours pour lui prodiguer le derniers conseils et avoir quelques renseignements sur son compte. Harry hocha poliment la tête et la suivit du regard alors qu'elle se dirigeait vers Summers.
En soupirant, il se replongea dans l'exercice.
Lorsque les deux heures se terminèrent, Harry n'avait réussi à obtenir qu'un grossissement de 2 millimètres (et encore ! Il n'était pas sûr d'avoir mesuré correctement le grain de sel au départ.)
Jetant un coup d'œil mesuré à James, il s'aperçut avec stupeur que ce dernier avait métamorphosé son grain en une énorme citrouille, qu'il s'amusait à évider.
Mc Gonagall le félicita rapidement pour sa transformation même si le sourire édenté qu'affichait la citrouille la fit froncer les sourcils.
Sirius, devant qui se trouvait un melon, battit des mains lorsqu'un morceau de courge vola dans les cheveux du misérable propriétaire. Harry s'en étonna : il pensait trouver un jeune homme encore plus sombre qu'à leur entrée. Mais ce dernier riait aux éclats en envoyant discrètement d'autres bouts orange à son ami. Finalement, ils s'arrêtèrent lorsque Mc Gonagall les eut menacés de leur retirer 50 points chacun.
Les élèves quittèrent peu à peu la salle. Avant qu'Harry ait pu prévenir les quatre gryffondors qu'il restait ci, Sirius déclara :
- On va t'attendre à la porte, Wynne. N'hésite pas à prendre tout ton temps, termina-t-il avec délice.
Harry secoua la tête, amusé, puis alla rejoindre le professeur Mc Gonagall et Summers.
Quand ils eurent fini la conversation et remercié leur professeur, ils se décidèrent enfin à sortir.
Dès qu'ils eurent franchi la porte, galamment tenue par Sirius, qui semblait vouloir passer l'après-midi dans la salle, Harry, Senna et les Maraudeurs tombèrent sur deux jeunes filles à la mine revêche.
- Où est-il ? Grinça Bellatrix, rouge de fureur.
Le même sourire moqueur s'afficha sur le visage des quatre garçons présents. Senna se contenta de la regarder avec une curiosité polie.
- Qui ? S'enquit-elle agréablement.
Excédée, Bellatrix sortit sa baguette et la pointa sur la jeune fille.
Mais les quatre garçons avaient prévu son coup et avaient déjà dégainé leur baguette.
Senna loucha sur la baguette, quelque peu perplexe, puis leva les yeux au ciel.
- Inutile de montrer tant de susceptibilité, énonça-t-elle en plongeant lentement son regard calme dans celui, rageur de la jeune fille.
Les quatre gryffondors assurèrent leur prise sur leur baguette, s'attendant à une remontrance cuisante mais Bellatrix ne pipa mot. Elle détourna même la première les yeux, semblant ébranlée.
Remus, James et Peter froncèrent les sourcils, surpris.
Ce fut Narcissa qui prit la relève. Sa voix glacée, coupante attira l'attention sur elle.
- Sirius !
Le jeune homme fit enfin son apparition, un air angélique collé au visage.
- Je suis là.
- Si tu pouvais accélérer le rythme, quand tu auras fini de jouer aux gamins avec… tes amis, lança-t-elle dédaigneusement en jetant un regard aux amis en question.
Sirius haussa les épaules, fit un signe à ses amis et devança ses deux cousines.
Narcissa lui emboîta le pas, sans jeter un coup d'œil aux gryffondors et Bellatrix, après un dernier regard méprisant, la suivit.
Des que l'étrange trio eut tourné l'angle, les quatre garçons éclatèrent de rire.
Senna les fixa, amusée.
- Quelqu'un pourrait-il m'expliquer ce qu'il s'est passé ?
Il y eut un silence pendant lequel certains semblèrent hésiter, d'autres n'ayant aucune envie de répondre.
Finalement, dans un nouvel éclat de rire, James lui conta le petit tour de Sirius et l'accident de ce matin.
Senna ouvrit des yeux ronds.
- Vous comptiez défier la famille Black ? Mais vous êtes cinglés ?!
Peter approuva, Remus semblait plutôt d'accord, mais James haussa un sourcil.
- Pourquoi ?
- Et bien… la famille Black ! Je ne mets en doute vos capacités mais une poignée d'adolescents ne ferait pas le poids face à cette famille ! Ce sont des enchanteurs nés !
- Tu peux parler, Miss J'affronte le Pédant Serpentard Toute Seule ! Répliqua un peu trop promptement Harry.
Il y eut un haussement de sourcils généralisé.
Senna le fixa un instant, interloquée, puis un mince sourire étira ses lèvres.
- Je n'étais pas toute seule, expliqua-t-elle avec ironie, j'avais un chevalier servant.
Harry soupira d'impatience… avant de croiser le regard curieux de ses camarades.
- Est-ce que vous pourriez nous expliquer cette histoire ? Qui est le serpentard en question ? S'enquit doucement Remus.
- Malefoy, soupira une nouvelle fois Harry. C'est pour ça que Lily et l'autre gryffondor ont raté le cours de Botanique hier.
- Vous avez fait plus ample connaissance avec Lucius Malefoy ? Demanda amèrement Peter.
Une ombre passa sur le visage de James.
- Qu'est-ce que Malefoy a fait à Evans ? Gronda-t-il.
Cependant, son air menaçant flancha lorsqu'il vit les mines hilares de ses amis.
- Mais quoi ?! S'exclama-t-il, éberlué.
- Rien, rien, pouffa Peter, le corps secoué d'un fou-rire silencieux.
James les regarda les uns après les autres, perplexe puis s'élança, vexé, vers le parc.
Remus eut un dernier ricanement et s'adressa avec douceur aux deux « nouveaux ».
- On va le rejoindre, juste au cas où il déciderait de passer la soirée dans le froid à bouder.
Tirant Peter par la manche, il partit dans la direction de James, laissant Harry et Senna seul à seul.
Un sourire retroussant sa lèvre supérieure, Senna finit par dire, une lueur espiègle dans les yeux :
- Tu ressembles à ton père.
Harry ne répondit pas. Las de jouer à la guéguerre avec Summers, il décida de ne pas faire attention au sarcasme sous-jacent et de réfréner le « on ne me l'avait jamais dit ! » qui était venu spontanément à son esprit.
Summers se tourna vers lui. Le dévisageant, elle lui demanda soudainement, prenant de cours le jeune homme.
- Je vais réviser l'examen de potion. Tu veux qu'on révise ensemble ?
Harry écarquilla les yeux, stupéfait. Qu'est-ce qu'il lui passait par la tête ?
Mais l'esprit de Senna Summers était insondable, son visage ne reflétant que son interrogation.
Harry hésita : réviser les potions avec Summers lui serait bénéfique vu son niveau qui, en 5 années passées avec Rogue, ne s'était pas réellement amélioré et l'examen s'avérait être la semaine prochaine. D'un autre côté, travailler avec Summers ou plutôt se trouver dans la même pièce, seul avec l'adolescente ne l'emballait pas réellement.
Prenant son courage à deux mains, il répondit après un raclement de gorge :
- Pourquoi pas…
Summers sourit : « courageux, mais pas téméraire », songea-t-elle. Dans le genre « je te laisse trancher », on ne faisait pas mieux.
- Bien. Alors allons-y. Je vais essayer de t'expliquer la pathologie de la goutte du mort-vivant…
Harry inspira un grand coup et suivit en traînant des pieds la silhouette qui gambadait joyeusement devant lui.
-… et de ne pas être vexante !
L'expiration de l'adolescent ressembla plus à un soupir excédé qu'à une respiration normale.
Si les révisions de potions se déroulèrent bien, sans dégâts « accidentels » ou autre saut dans le passé, Sirius Black n'eut pas le loisir d'avoir un après-midi divertissant.
Lorsqu'il arriva devant l'auberge La Tête de Sanglier, escorté de ses deux cousines, il arborait sa mine la plus sombre.
L'établissement semblait glauque même si l'intérieur était propre et la vaisselle soignée.
La pièce, clairsemée de tables brutes, sans verni, ni protection, laissant apparaître un bois usé, sentait le graillon et une épaisse fumée grasse flottait dans l'air.
Cherchant des yeux sa famille, il fut surpris de n'apercevoir que deux clientes lourdement fardées, un sorcier noble aux riches vêtements et trois gaillards blonds aux regards durs.
L'aubergiste, un petit homme replet aux intonations mielleuses, lui demanda s'il pouvait l'aider, tout en agitant avec force ses longues mains fines et jaunâtres.
Avant qu'il n'ait eu le temps de répondre, ses deux cousines firent leur entrée dans la salle.
Un coup d'œil à l'aubergiste le renseigna sur l'identité du bon monsieur avec qui il discutait.
S'inclinant légèrement, il fit moult gestes avec ses mains démesurées, s'excusant de ne pas avoir su à qui il s'adressait et baissant la tête de peur de subir le courroux de l'aîné des Black, il indiqua une porte patinée, qui se fondait dans le mur.
Bellatrix passa devant lui, non sans jeter un coup d'œil inquiet à la vieille horloge qui ornait le bar, ce qui emplit de satisfaction Sirius.
- Nerveuse ? Lui souffla-t-il à l'oreille en rapprochant dangereusement son visage du sien.
La brune tressaillit.
- Toi…, le menaça-t-elle.
Mais Sirius avait déjà tourné la poignée, sans avoir frappé au préalable et pénétrait dès lors dans une pièce adjacente au mobilier riche mais démodé.
Il repéra tout de suite sa mère qui le fixait comme un rapace, assise sur un divan molletonné des années 50, caressant affectueusement l'épaule de son frère.
- Tu es en retard…
La voix résonna doucement dans son dos, figeant net l'adolescent.
La porte claqua.
Un froid glacial s'insinua dans ses veines. Il dut se forcer à se retourner pour plonger son regard hésitant dans celui, implacable, bleu nuit de son père.
Orion Black possédait la classe aristocratique de tous les Black. Ses deux yeux, abysses profondes dont Sirius avait hérité, tranchaient avec la quasi-perfection de son visage.
Malgré sa fatigue évidente, la lueur de défi ironique, parfois sadique, tellement caractéristique des Black brillait toujours dans ses yeux. Et aujourd'hui, elle était accompagnée par une déception évidente.
Sirius se força à garder un visage impassible. S'il y avait quelque chose que le jeune homme redoutait bien, c'était de décevoir son père.
Non pas que les sentiments de son père le détermine, l'attriste mais parce que justement son père avait pour habite de ne jamais dévoiler ses émotions et sa déception signifiait que Sirius, cette fois-ci, avait dépassé les bornes. Et que la sanction serait conséquente.
- Je m'excuse Père, répondit-il humblement en baissant le regard, j'ai été retenu par mon professeur.
Malgré ses yeux baissés, Sirius guettait attentivement le moindre geste de son père. En 16 ans, il avait appris à esquiver les punitions distribuées.
- Walburga m'a raconté « l'incident » de ce matin, continua le chef de famille.
Sirius fronça les sourcils. Sa mère n'irait jamais dire à son mari qu'elle avait usé de magie noire dans Poudlard, en présence de quatre autres élèves, alors que n'importe qui pouvait passer.
Son père essayait vainement depuis 5 ans de ne pas plus entacher le nom des Black. Malgré ses opinions, son respect quasi-fanatique de la tradition sorcière, Orion Black était un homme intelligent et savait observer les changements de la société. Les esprits avaient changé et, bien qu'il soit contraire aux nouvelles mœurs, Orion Black avait tout fait pour faire bonne figure auprès de la communauté sorcière car c'était la seule façon d'acquérir le respect d'autrui et ainsi le pouvoir qu'il entraînait. Il n'aurait jamais toléré que sa femme et ses nièces confirment les nombreuses rumeurs qui circulaient sur les pratiques magiques de leur famille.
- Je trouve comme elle regrettable que tes fréquentations ne se soient pas améliorées… malgré nos conseils, acheva-t-il, en faisant tourner lentement sa chevalière.
- Mes fréquentations ne regardent que moi, riposta-t-il, énervé.
Il en avait plus qu'assez de cette mascarade. La remarque de son père l'avait fait bouillir. Il remarqua l'incrédulité mêlée à l'appréhension qui luisait dans les yeux de son frère.
Mais Sirius était fatigué. Son père voulait le punir. Soit. Qu'il le fasse tout de suite. Le plus vite possible. Mais qu'ils arrêtent d'échanger des politesses lourdes d'accusations et de justifications.
Le jeune homme ne voulait pas lire à travers les lignes. Il n'était pas d'humeur à parler par énigmes.
Le visage de son père se durcit, puis il esquissa un sourire.
- Tu te trompes, Sirius. Tes fréquentations nous concernent tous car elles ont une répercussion sur ta réputation, ton nom. Notre nom. Elles sont ce pour quoi les gens te respectent. Et si elles ne sont pas à la hauteur de ce que tu es, de ton rang, tu risques de ne pas seulement perdre ta dignité, mais y laisser également la nôtre.
Il passa affectueusement la main dans les cheveux de Sirius, les yeux toujours ancrés dans les siens.
- Il ne faut jamais que tu l'oublies, Sirius. Tu es notre fils. Un Black. Et tu te dois de t'en montrer digne.
Sur ce, il partit s'asseoir sur un fauteuil en velours vert, près de sa femme, laissant un Sirius éberlué, appréhendant encore son châtiment.
Au bout de cinq minutes, durant lesquelles sa famille bavarda gaiement, Sirius en conclut que son père n'avait rien projeté le concernant et il décida de rejoindre sa cousine, Andromeda, qui, assise dans le coin extérieur de la table, écoutait, silencieuse, la conversation.
Elle lui adressa un gentil sourire mais resta silencieuse tandis qu'il restait debout juste derrière elle.
Andromeda tenait les cheveux châtains foncés de sn père et les yeux bleus pâles de sa mère. Son nez était parsemé de jolies tâches de rousseur qui éclairait sa peau pâle. Elle avait un an de plus que Sirius et connaissait déjà un certain succès auprès de la gente masculine. Mais elle était méprisée par beaucoup de serpentards qui ne cessaient de lui rappeler qu'elle avait été envoyée à Serdaigle et non dans leur maison comme le voulait la tradition, exception faite de Sirius, qui n'était même plus considéré comme un Black.
- Jolie entrée en matière, souffla-telle avec amusement. Un peu théâtrale mais divertissante.
Ses lèvres bougeaient à peine. Andromeda était maligne. Elle savait être prudente ayant trop longtemps souffert d'être rejetée par ses propre parents. Elle avait découvert une autre vision du monde à son entrée à Poudlard qui l'avait transformé aux dépends de ses parents.
- Merci.
Sirius était moins discret. Mais il n'avait pas réellement envie d'être discret aujourd'hui. Walburga Black darda un regard acéré sur leur couple.
Andromeda se replongea dans la conversation et Sirius se cala confortablement contre le mur, légèrement en retrait, en haussant les épaules.
La conversation dériva su de nombreux sujets, tous plus futiles les uns que les autres, concernant leur rang, leurs futures études et surtout, les adolescents avec qui il était bon de se lier, afin de rentrer dans les bonnes grâces de Papa ou de Maman, songea Sirius avec dégoût.
Le dos toujours appuyé contre le mur, il sentait ses jambes s'alourdirent de seconde en seconde mais l'idée de s'asseoir à la seule place vacante, à côté de Bellatrix le répugnait.
Ecoutant d'une oreille distraite le flot incessant débité par sa tante, il se perdit dans la contemplation du liseré jaunie du papier peint.
Alors que de longues minutes s'étaient écoulées, un détail étrange le sortie de sa rêverie. Le silence.
Tout le monde s'était tu. Sa tante ne déversait plus son babillage en fronçant le nez d'une manière affectée, sa mère ne dénigrait plus les sang-mêlés et une atmosphère confinée venait de s'installer.
Sirius s'approcha d'Andromeda.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Chuchota-t-il cette fois-ci. Le congrès contre les droits des sorciers s'est enfin terminé ?
- Chut…, marmonna-t-elle en lui désignant la porte.
Sirius releva la tête et s'aperçut qu'un homme se trouvait dans son encadrement.
Grand, les cheveux bruns, il possédait un visage assez jeune et sûr de lui. Ses vêtements laissaient deviner qu'il était de bonne famille.
Sûrement une autre fanatique des Sangs Purs, pensa Sirius.
Ses soupçons se confirmèrent lorsqu'il remarqua les mines empreintes d'un mélange de respect, d'admiration et de crainte.
Se reculant dans son coin, l'adolescent attendit la suite des évènements.
L'homme retira délicatement ses gants en peau de dragon (de qualité supérieure, nota Sirius).
Son père se décida enfin à assurer son autorité et se relevant précipitamment, alla à l'encontre de son visiteur.
- Lord Voldemort ! Quelle merveilleuse surprise ! Nous sommes ravis de vous revoir. Vous auriez du nous prévenir de votre présence. Nous aurions pu vous accueillir dans un lieu plus… approprié, certainement.
Le visage de l'homme se fendit d'un sourire.
- Merci, Orion. Mais je ne fais que passer.
Sirius fronça les sourcils, peu habitué qu'un autre adulte s'adresse avec autant de familiarité à son père.
- Asseyez-vous, voyons, continua ce dernier, en lui désignant son fauteuil.
Le fameux Lord s'exécuta d'un pas gracieux. Toutefois quelque chose dans son allure restait froid, métallique, provoquant un sentiment pernicieux à chaque enjambée.
- On m'a prévenu de votre présence à Pré-au-Lard. Je me suis dit qu'une visite de « courtoisie » s'imposait… afin de voir si nos accords étaient toujours de mise.
Son regard s'accrocha à celui de Mrs Black.
Le père de Sirius observa alternativement sa femme et l'homme, avec incompréhension. La menace était à peine voilée.
Pourtant Sirius, comme son père, cherchait à comprendre comment sa mère avait pu enfreindre un quelconque accord. D'ailleurs de quels accords parlaient-ils ?
De ceux concernant comment diriger le monde en asservissant les moldus ? pensa Sirius ironiquement.
- Voyons, mon cher, déclara Orion Black après un instant de silence. Vous savez bien que nous adhérons complètement à vos idées. Nous venons de nous… associés et…
Lord Voldemort haussa un sourcil.
- Il est vrai que la visite de courtoisie était ma priorité, le coupa-t-il.
Orion Black l'étudia un moment, hésitant sur la façon de se comporter. Puis, après un sourire posé, il ajouta d'une voix calme :
- En réalité, nous sommes venus ici pour passer une après-midi avec nos enfants. Comme vous le savez, nous les voyons peu souvent avec l'année scolaire. Les internats !
Le visiteur promena un regard intéressé sur le groupe d'adolescents, sans remarquer Sirius.
- Bien sûr. J'ai entendu parler de vos enfants. Votre réputation leur fait suite.
Druella Black parut flattée.
- Vraiment ? Minauda-t-elle.
Voldemort acquiesça.
- La puissance magique des Black est réputée, surtout en sortilèges.
Son regard se posa à nouveau sur Walburga Black avec un léger sourire hypocrite.
Cette dernière détourna les yeux, gênée et finalement se décida à parler.
- Ils ont des résultats satisfaisants dans cette matière, c'est vrai. Surtout Narcissa, dit-elle en désignant la jeune fille qui rosit légèrement de plaisir. Voici également Bellatrix et Andromeda, les deux aînées de ma belle sœur.
- Enchantée, répondirent en même temps les deux jeunes filles, l'une droite comme un i, l'autre plutôt embarrassée.
L'homme les salua poliment, tandis que Mrs Black continuait :
- Mon fils cadet, Regulus…
Sirius fit la grimace en voyant son frère se lever et faire un bref salut à l'homme qui resta amusé.
- Et Sirius, le plus âgé, finit-elle en désignant son fils.
Ce dernier n'esquissa pas un geste alors que le regard pénétrant du visiteur l'observait avec attention.
- Qui est bien évidemment enchanté de vous rencontrer, s'empressa-t-elle d'ajouter devant son silence.
Sirius était prêt à parier que le fait qu'il soit resté debout, qui plus est, appuyé négligemment contre un mur, ne plaisait pas à sa mère. Cela allait contre toute règle de politesse. Mais il ne partageait pas les opinions de ses parents, ni de leurs associés. Et cet homme le troublait profondément. Son regard était de feu et glace. A bas la politesse !
- Extatique, se força-t-il à articuler sarcastiquement.
Sa mère détourna immédiatement le sujet de la conversation mais les yeux noirs de l'inconnu eux, restèrent posés sur l'adolescent.
Sirius se trémoussa, mal à l'aise. Qu'avait-il fait pour être l'objet d'une telle attention ? Il le sut quelques secondes plus tard.
En effet, l'inconnu coupa net la mère de famille et revint sur le sujet des enfants.
- Sirius a bien fait parti des 5 majors lors de ses BUSES ? S'enquit-il.
Tous les visages se tournèrent vers Sirius qui restait stupéfait.
- Tout à fait, s'exclama avec fierté son père. Il n'a presque obtenu que des Optimal.
- Intéressant…, prononça avec douceur Voldemort.
- Bellatrix a également obtenu des notes raisonnables, intervint alors Druella Black. Elle n'a reçu qu'un seul Optimal mais…
- Dans quelles matières n'as-tu pas obtenu d'Optimal ? Coupa-t-il, faisant sursauter la totalité de la pièce.
Sirius se racla la gorge, interloqué, puis annonça.
- En Divination et Histoire de la Magie.
Lord Voldemort ne détacha pas ses yeux sombres de son visage.
- Impressionnant… Tu apportes un sacré palmarès à la maison Serpentard, mon garçon.
Bellatrix, Narcissa et Regulus semblèrent offusqués alors que les trois adultes semblaient soudainement nerveux.
Un mince sourire ironique étira les lèvres de Sirius.
- Je suis à Gryffondor.
On put lire de la surprise pure dans le regard profond du Lord. Mais elle fut bientôt remplacée par une satisfaction perverse. Sirius frissonna.
L'inconnu acquiesça.
- Bien sûr, un gryffondor…
Sirius commença à se sentir très mal à l'aise et préféra détourner les yeux plutôt que de défier les deux prunelles glacées qui semblaient le transpercer.
Voldemort sembla soudain prendre conscience de l'heure et se leva sèchement.
- Bien. Je suis navré mais je me vois dans l'obligation de partir. Comme vous pouvez vous en doutez, je suis très occupé pour le moment, dit-il sur le ton de la connivence. J'ai été ravi de cette agréable entrevue. Encore plus ravi de rencontrer vos enfants.
Il se retourna, enfila sa cape et continua.
- Ils sont charmants.
Son regard trouva automatiquement celui de Sirius, replié dans sa zone d'ombre.
- Je souhaiterais discuter avec chacun d'eux. Bientôt.
Sirius se sentit étrangement terrifié.
- Au revoir, bonne soirée.
Et sur ces mots, il sortit de la pièce souplement.
Sirius étouffa un soupir de soulagement.
Légèrement perturbé, il se demanda si sa première impression concernant les plans de ses parents et de cet individu ne s'était pas révélée véritable.
Quelques années plus tard, il serait horrifié de voir à quel point il s'était trompé. La vérité était bien pire.
Le parc de Poudlard était balayé par un vent glacé qui sévissait depuis un mois.
L'Angleterre n'était pas réputée pour sa chaleur. C'est pourquoi si peu d'élèves traînaient dehors. Seules, trois silhouettes encapuchonnées se baladaient dans les environs du château, semblant n'avoir cure du mauvais temps.
Remus, Peter avaient vite rattrapé James avant qu'il n'atteigne les lourdes portes mais avaient tout de même décidé d'aller faire un tour dehors.
Ils se faisaient du souci pour Sirius et se demandaient secrètement dans quel état ils le retrouveraient.
Le froid les aiderait à mettre de l'ordre dans leur tête.
Cela faisait une demi-heure qu'ils discutaient et James avait vite retrouvé son sourire. Surtout lorsqu'il s'était mis à penser au premier match de Quidditch qui arrivait dans deux semaines.
Voler lui ferait du bien. De plus, les nouvelles recrues n'avaient jamais été aussi intéressantes.
Warren D'escot, le nouveau poursuiveur avait une bonne technique et volait avec grâce.
En ce qui concernait les deux néo-zélandais, c'était différent. Leur vol avait quelque chose de naturel, d'instinctif. Cependant Summers était bien plus brouillonne que Wynne. Les années de pratique de ce dernier ne jouaient pas en sa faveur. En parlant de ces deux-là…
- Il y a quelque chose qui m'intrigue, lança James subitement.
- Quoi ? S'enquit Peter en enfouissant un peu plus son visage dans son écharpe.
Remus se contenta de le regarder, dans l'expectative.
- Concernant Summers… et Wynne. Il n'y a rien qui vous semble étrange ?
Un sourire étira le visage de Peter.
- Mis à part que Wynne sache se repérer sans mal dans le château ? Non…
- Ils n'ont pas d'accent, se décida à dire Remus.
Les deux adolescents se tournèrent vers lui, étonnés.
- Ils ne possèdent pas l'accent néo-zélandais, reprit Remus, ils parlent comme des londoniens parfaits.
- C'est vrai, réfléchit Peter. Ils parlent comme nous.
James haussa les épaules.
- Je ne connais aucun autre néo-zélandais. Je ne sais pas comment ils parlent.
- De toute manière, déclara Remus, dubitatif, ils ont très bien pu vivre un certain temps en Angleterre avant de partir pour la Nouvelle Zélande.
Il y eut un instant de silence, puis James reprit.
- Il n'y a rien qui vous ait frappé dans ce qu'a dit Summers tout à l'heure ?
Peter fronça les sourcils puis secoua la tête.
- Remus ? Toi qui es si observateur tu n'as rien remarqué ?
Ce dernier afficha un pâle sourire.
- Je suppose que tu parles de ce qu'elle a dit sur la famille de Sirius ?
- Tout à fait, s'emporta James, Summers semblait connaître les Black…
- Leur réputation, rectifia Remus.
James balaya son argument d'un geste impatient.
- Il n'empêche ! Les Black ne sont pas connus à l'autre bout du monde !
Il y eut un nouveau silence où tous se plongèrent dans une profonde réflexion.
- Il a raison, conclut Peter.
James eut un sourire victorieux qui s'effaça légèrement lorsqu'il vit l'expression sceptique de Remus.
- Lunard ?
- Pas forcément, répondit ce dernier, cela confirme juste mon hypothèse concernant son enfance en Angleterre. Dans ce cas-là, elle aurait pu entendre parler de la réputation des hautes familles sorcières anglaises.
James eut un regard dubitatif derrière ses lunettes rondes.
-… ou bien alors ses parents lui ont parlé de la noblesse anglaise. Les Black n'auront pu faire exception, termina Reus avec un haussement d'épaules.
- Wynne ne semblait pas surpris quand Summers a parlé des Black !
- Même scénario. Ou peut-être qu'ils ont étudié la société sorcière anglaise en cours, riposta calmement Remus.
Peter devança James en manifestant un léger étonnement.
- Je ne comprends pas, Remus. C'est d'abord toi, si j'ai bien compris, qui a éveillé les soupçons sur Hayden Wynne. Et maintenant, tu cherches à lui trouver des excuses ! Pourquoi ?
- Parce que je ne vois pas pourquoi deux adolescents mentiraient sur leurs origines. Quel est l'intérêt d'inventer une histoire rocambolesque sur s'ils ont été ou non à Poudlard ? Et puis de toute manière, ils ne peuvent pas connaître le château ! C'est… impossible ! Comment auraient-ils pu venir à Poudlard sans qu'on les ait déjà vus ! Sans que personne ne les ait déjà rencontrés !
James le fixa un moment, hésitant.
- Je ne sais pas… mais imaginons… imagine qu'ils aient été envoyés à Poudlard pour…
Le brun se mordit la lèvre inférieure, n'osant pas formuler à voix haute son idée.
- … ?
- Pour espionner, renseigner ou surveiller quelqu'un.
Il y eut un autre silence, Remus n'osant croiser le regard de son ami, de peur de ne plus contenir son rire.
- Je sais que ça semble stupide ! S'exclama James, mais aujourd'hui avec tout ce qui se passe, c'est plausible que quelqu'un cherche à surveiller Dumbledore ou les agissements de Poudlard ! Imagine l'importance de cette école dans le monde sorcier ! Son pouvoir !
- Je ne pense pas…, finit par lâcher l'adolescent. Cela me semble… improbable.
Remus vit James froncer les sourcils.
-Pas que ton idée soit mauvaise. En fait, elle est plutôt pertinente après réflexion. Beaucoup de gens espèrent en effet voir tomber Dumbledore. Mais… Deux personnes ? Elles sont trop repérables. Surtout qu'ils n'ont pas fait une arrivée des plus discrètes !
James sembla réfléchir.
- Dis-toi que s'ils ont attiré ton attention, ils ont forcément attiré celle de Dumbledore.
Et il est beaucoup plus méfiant, continua-t-il en voyant James ouvrir la bouche, qu'il ne le laisse paraître. Surtout ces temps-ci.
- Je trouve tout de même ça étrange, s'entêta James, peu convaincu. Personne n'est capable de s'orienter ainsi dans Poudlard en aussi peu de temps. Pas même nous. Alors deux personnes…
Remus se dirigea vers l'entrée en soupirant, laissant échapper un long jet de fumée.
- Simple coïncidence. Et puis, qui a dit que Summers savait s'orienter ? Tu l'as vu ?
James ignora la question.
- Je ne croie pas aux coïncidences, Remus. Et toi non plus ! Pour moi, les coïncidences ne sont jamais les fruits du hasard !
Peter esquissa un léger sourire et s'emmitoufla un peu plus dans sa cape.
- Tu devrais prendre un dictionnaire, James. C'est pourtant la définition même de ce mot.
James finit par rendre les armes devant l'obstination de ses amis, mais au fond de lui-même, il se jura de surveiller les deux nouveaux étroitement.
Peter regarda sa montre, après un coup d'œil entendu à Remus, et déclara :
- On ferait mieux d'y aller sinon c'est Sirius qui va nous attendre.
- Mmm… Il faut d'abord aller chercher Hayden, dit James en ayant lui aussi un regard pour sa montre. Je lui ai promis de lui faire visiter Pré-au-Lard.
- Tiens donc ? Fit Remus d'un ton railleur, tu penses qu'il est utile de lui faire visiter ? Il doit pourtant tout connaître déjà.
James arbora une expression neutre.
- Remus, si j'étais toi je me tairai.
Ce dernier tourna des yeux rieurs vers son ami.
- Pourquoi ?
- Tu risquerais d'avoir la langue fourchue en un tour de ma baguette magique !
Et ils partirent tous les trois dans un grand éclat de rire.
Quand ils se furent calmés, James sortit magistralement un parchemin presque neuf comme le démontraient les coins à peine cornés.
- Bien. Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. Dit-il en pointant sa baguette dessus.
Aussitôt des lignes apparurent, puis des lettres, et finalement, ils eurent devant eux, une magnifique carte animée de Poudlard.
Ils échangèrent un regard complice puis James se pencha dessus à la recherche du personnage nommé Hayden Wynne.
Ce dernier se tenait immobile dans un cachot à côté d'un autre personnage sur lequel était noté Senna Summers.
- Qu'est-ce qu'il fabrique dans un des cachots désaffectés ? S'étonna Remus, les yeux ronds.
- Révisions, marmonna James.
- Pardon ?
- Ils ont un examen la semaine prochaine de potions pour voir s'ils sont à niveau.
Peter le fixa, éberlué.
- Comment tu le sais ?
- Ils en parlent sans arrêt, Summers et lui, alors… ça n'a pas été trop dur à deviner.
A voir leurs mines surprises, ils n'étaient pas au courant.
- Mc Gonagall a parlé avec eux de ça tout à l'heure ! Insista-t-il. Vous n'avez pas écouté ?
Remus eut un sourire désabusé qui exaspéra au plus haut point l'adolescent.
- Peu importe ! S'exclama-t-il. Le plus important c'est qu'ils soient ensemble. Ca nous évitera de faire tout le château.
Il posa promptement sa baguette sur la carte, et après avoir lancé « Méfaits accomplis », la rangea dans son sac, avec soin.
Ils avaient passé trop de temps à la parfaire pour l'abîmer ou la traiter comme un vulgaire bout de parchemin. Car cette carte était bien plus précieuse à leurs yeux. Elle représentait leur dur labeur, qui s'était étalé sur 5 années, où après avoir visité les moindres recoins du château, ils avaient décidé de tout mettre sur feuille afin de ne pas oublier certains passages pratiques, mais surtout pour laisser un héritage aux générations futures de la même trempe que les maraudeurs. Les maraudeurs. Ce surnom leur avait été attribué dès leur 1ère année. A Sirius, Remus, Peter et lui.
Au fil du temps, l'origine avait été perdue, si bien que personne en savait qui avait inventé ce surnom mais James se plaisait à dire que c'était leur trouvaille.
Il fallait bien avouer que le surnom leur allait à merveille. Leur bande s'évertuait à fouiner, à faire des plaisanteries et à jouer des tours à tous les élèves. Elle était extrêmement douée pour ça… ainsi que pour éviter les sanctions.
Oh ! Ils avaient sûrement récolté chacun plus de retenues qu'une classe entière de Serdaigle en 1 an, mais, la plupart du temps, même si de forts soupçons planaient sur eux, aucune preuve n'appuyaient les théories.
Les professeurs se contentaient de proférer des menaces, pour la plupart inutiles. Après tout, ils donnaient vie à Poudlard.
Alors qu'ils se dirigeaient vers les cachots, Peter déclara.
- Eurk… avoir un examen de potions au début de l'année, quelle horreur !
- Bof ! Avec toutes les autres matières, Potions n'est pas la pire, répondit distraitement James en regardant passer le nouveau capitaine de l'équipe de Poufsouffle, Nile Trottfield.
Peter faillit trébucher.
- Ils doivent passer toutes les matières ?
James lui jeta un coup d'œil blasé.
- Bah oui, tu croies que Mc Gonagall leur a demandé si elle pouvait les aider à concocter des potions ?
Peter rougit et baissa les yeux.
Remus se mit à sourire et c'est sur un ton légèrement ironique qu'il répondit :
- Tu sais quoi, James ? C'est toi qui ferais un excellent apprenti espion à surveiller tout le monde.
Il eut pour seule réponse un regard noir.
Harry et Senna rangeaient leurs préparations et leur matériel lorsque les trois gryffondors pénétrèrent essoufflés dans le cachot.
- Ah vous êtes là ! S'exclama James en reprenant son souffle. On vous a cherché dans tout le château.
Harry le détailla : son père soufflait comme un phoque mais la pâleur de ses joues et ses yeux secs démentaient leur marathon apparent. Un sourire s'étala sur le visage d'Harry. Apparemment, la carte du Maraudeur était déjà en circulation.
- Désolé de vous avoir fait courir. On allait justement à la salle commune pour vous retrouver, répondit-il ironiquement.
Son regard se posa sur les deux compagnons de James, qui eux aussi paraissaient avoir ait une longue course alors que leurs joues ne portaient aucune rougeur. Leur essoufflement s'accentua subitement sous son regard inquisiteur.
Summers rassembla ses dernières affaires, les fourra pêle-mêle sans son sac et passa en coup de vent devant les quatre garçons.
- Super ! Je me dépêche de prendre ma cape. J'ai hâte de visiter Près-Dare-dare.
Remus jeta un coup d'œil à James. Ce dernier semblait agacé.
- C'est Pré-au-Lard, corrigea Peter.
Elle répondit d'un geste impatient en montant quatre à quatre les marches de l'escalier.
Harry s'empressa de la suivre avec les Maraudeurs.
