Si c'est le genre de chose que je dis rarement. Voici l'un de mes chapitres préférés sur cette fanfic. D'ailleurs, c'est aussi, l'un des tout premiers que j'ai écrits (si ce n'est pas LE tout premier), dés que j'ai pu voir le dernier épisode de la saison 4 ^-^. Donc autant dire que ce chapitre (et celui centré sur Nell, à venir) sont la seule raison d'être de cette fanfic dans son entier ^_^''

Aussi, j'espère ardemment que vous l'apprécierez tout autant, que j'ai pu moi avoir plaisir à l'écrire ^-^''

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BROKEN ARROW


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18H30 - Lieu inconnu à quelques kilomètres du désert de Mojave

Devant l'absence de réaction de l'agent fédéral, Sidorov abandonna toute retenue.

- PUTAIN ! Mais tu vas parler !

Sortant son arme, le russe tira sans plus de sommation, dans l'espoir vain de sortir enfin l'agent fédéral de son silence. Mais si l'autre brailla aussitôt de douleur, en raison de la balle entrée dans sa cuisse [penser à aller lui trouver un bâillon pour le prochain tir] rien n'y fit. Celui qu'il connaissait sous le nom de David Ferman gardait toujours la mâchoire et les poings serrés.

S'il envisageait bien de jouer avec lui aussi les dentistes, les chances que cela y change quoi que ce soit lui paraissaient dorénavant utopiques. Aussi, l'homme capitula. Leurs actes ne menant clairement nulle part, Sidorov estima qu'il était temps d'abattre son ultime carte : les laisser de nouveau seuls. Si cela n'avait pas fonctionné la première fois. Le flic ayant de colère, aussitôt stoppé toute tentative d'échange entre eux. Peut-être qu'en lui permettant cette fois-ci de lui prier sa rémission sans d'autres témoins physiques, cela aurait plus de poids sur l'agent fédéral.

En attendant, si le rendez-vous donné par Vaziri n'était prévu qu'en fin de journée, le temps pour lui de regrouper l'or qu'il lui fallait apporter pour les bombes. Ils avaient encore quelques démarches à finaliser pour s'assurer de leur sécurité respective si l'échange était maintenu. Aussi d'un simple signe de tête envers son acolyte, les deux hommes quittèrent de nouveau la place.

NCIS - LA

Alors abandonnés pour la seconde fois à leur isolement, Deeks du prendre un instant pour se remettre de la douleur fusant à présent dans sa cuisse. Il aurait pu se la jouer « même pas mal » et se vanter qu'à côté de la boucherie faite dans sa dentition, il ne sentait rien. Bah une fois encore, ce serait mentir. Une balle restait une balle. Et celle reçue, dorénavant ancrée dans son muscle, le brûlait comme une chienne.

Relevant difficilement la tête pour croiser de nouveau le regard noir de Sam, il réalisa aussitôt qu'il devait quand même calmer un peu le jeu avec ce dernier. S'il n'était plus celui prenant du jus ou tout autre coup depuis déjà un moment, le flic commençait réellement à croire que la cuirasse du militaire ne tarderait plus à rompre.

D'un coté, ça faisait plaisir de se savoir si bon dans son rôle. De l'autre, le but était de raconter une histoire à ces abrutis, pas de pousser son partenaire à rompre tout ce en quoi il croyait, du fait qu'il puisse douter de son manège et sa capacité à encaisser.

Aussi, tel le miroir de leur précédent échange, c'est lui qui initia celui-ci d'un simple :

- Hé !

Le navy seal relevant à son tour son visage en guise de réponse, Deeks se permit un premier sourire sincère sur son visage. Pas forcément une bonne idée, vu que cela dévoilait une dentition carmine. Mais, hé ! Y'avait urgence, pour soustraire un phoque [1] en pleine déprime sur sa banquise….

Ne pouvant pour autant prendre le risque de se dévoiler entièrement. Sachant bien que toutes ces courtes entrevues étaient filmées et provoquées dans le seul but de les faire parler. Le blond n'en garda pas moins sa ligne de conduite.

- Y'a pas de mal, mec. Je ne sais toujours pas à quoi t'es mêlé, toi et le gouvernement, avec ces types. Mais c'est bon. Je peux encore encaisser.

Ponctuant ses dires d'un clin d'œil aussi rapide qu'avéré… Deeks s'apprêtait à reprendre son rôle quand l'impatience, ou plus certainement la lassitude que cela puisse encore durer des heures et des heures avant que les choses évoluent, le poussèrent à craquer quand même juste un peu. Avec cette foutue balle dans la cuisse. Même si aucune veine n'avait semble-t-il été touchée et qu'il s'agissait d'une « simple / bien que douloureuse » blessure de chair. Elle n'en restait pas moins suffisamment importante pour qu'il accélère son prochain coup sur l'échiquier. D'autant plus qu'il n'était pas dupe. Dans les yeux de Sidorov, l'envie de casser l'homme qui l'avait trompé avait amplifié comme jamais. Aussi, sans action de sa part pour détourner leur agressivité et intérêt pour Sam. À leur retour, ce serait lui qui subirait de nouveau toutes leurs attentions. Or, le but de son plan était de sortir son partenaire de là pour qu'il poursuive la mission. Pas qu'il finisse tous deux hors service…

Alors, prenant une grande inspiration par le nez pour se caler au mieux dans son personnage et surtout trouver la force d'aller au-delà de tous ses instincts de survie, le flic s'exprima de nouveau avec force.

- Y'A RIEN QUE CES CONNARDS DE SOVIETS NE SAVENT MIEUX FAIRE QU'UN BON VIEUX PRODUIT MADE IN AMERICAAAAAAAAAA ! [2]

NCIS - LA

Si les quelques mots échangés au départ de Sidorov rassurèrent en partie Sam sur – si ce n'est l'état physique de son vis-à-vis – du moins son moral. L'homme doutait tout de même qu'il puisse si bien encaisser. Après tout, il ne cessait de geindre et pleurer depuis le tout début. Mais à le voir subitement hurler aux loups, l'agent craint surtout pour sa santé mentale.

L'avaient-ils vraiment trop frappé au point de lui provoquer une perte cognitive ?

La pièce blanche étant insonorisée, les deux hommes n'eurent plus aucun doute quant au fait qu'ils soient filmés. Car à peine Deeks avait poursuivi sa remarque d'un chant pour la patrie - Bon Dieu, mais où allait-il chercher tout ça ? - que Sidorov et son sbire étaient déjà de retour.

- Vous n'en avez toujours pas eu assez ? demanda-t-il aussitôt à l'apprenti chanteur.

- Faut croire que non. lui répondit l'homme affichant subitement un sourire digne de l'idiot du village.

Crachant au sol, un énième magma de sang, le visage de Deeks changea aussi subitement en une facette désespérée du flic perdu au milieu de la pègre.

- Mais je vous en prie, me faites plus de mal…

Une prière emplie de pleurs qui dévièrent subtilement de plus en plus vers le rire hystérique, au point d'offrir une expression bien plus rigide et emplie de force.

- Non, mais sérieux les gars ? Vous n'avez pas le sentiment qu'on fait du surplace là ?

Décontenancés par ce yoyo expressif, ni les deux Russes, ni Sam ne surent quoi en penser. Deeks passait véritablement comme fou, à cet instant.

- Si pour le coup des dents percées, y'avait un gros potentiel : Grace à vous, je ne pourrais plus jamais revoir un épisode de Bonanza [3] sans chier dans mon froc… Pour le reste, faudrait voir à mettre la seconde.

- Ce qui veut dire ? l'interrompu, Andros. Terriblement amusé de voir ce vermisseau leur afficher subitement un peu plus d'hargne et de répondant.

- Culture américaine. Tu peux pas comprendre, Vladimir… Trop au dessus de ton potentiel intellectuel.

Nul besoin de la commande de Sidorov pour que cette remarque acerbe soit conclue d'un violent coup sur sa mâchoire par l'homme ainsi insulté.

Un geste d'une violence telle que l'os craqua distinctement à l'oreille de tous.

Pour autant, cela ne coupa nullement Marty Deeks dans son élan.

- Putain, tu cognes vraiment comme une fillette, Boronov !

Autre boutade qui se conclut d'un second coup tout aussi violent.

Dès lors, il n'y eut plus de recherches de la vérité ou d'une quelconque information dans cet échange auquel les deux autres hommes assistèrent médusés. Juste une très classique et immuable lutte de pouvoir. Un combat dont le perdant serait celui stoppant : Soit ses insultes - en raison de sa mâchoire cassée. Soit ses coups - en raison de phalanges déjà bien mises à mal.

Spectateur curieux de la scène, Isaak Sidorov l'observa presque absent un moment. Si cela pouvait seulement déstresser son partenaire d'agir de la sorte, peu lui importait. Au moins assistait-il à un divertissement de qualité. Ce n'est finalement que lorsque Michael Zhrov les rejoint qu'il dut s'en détourner.

Le troisième élément de leur triptyque - resté jusqu'alors en contact constant avec Vaziri et finalement de retour de la banque où il avait déposé les deux premières mallettes d'or - lui rappela que la prochaine étape n'attendait plus qu'eux. Mais alors qu'il commençait à lui parler de certains détails pour l'échange à venir, le bruit constant des coups de poing rencontrant la gueule d'ange aux inépuisables insultes, le fit craquer pour de bon. Ce flic lui tapait définitivement sur le système.

- Je dois sortir. On n'entend rien avec ses cris de goret. Continus sans nous. lâcha-t-il pour Andros

Sortant donc pour mieux échanger avec Zhrov, Sidorov lui présenta sans tarder la situation. Après tout, il n'était pas seul dans cette affaire. Aussi souhaitait-il avoir l'opinion de chacun avant de trancher sur leur avenir proche. Si l'agent infiltré ne lâchait mot et que le flic n'était qu'une erreur de casting dans toute cette opération. Restait à savoir s'ils décidaient de prendre un risque. Et si oui, à quel point pouvaient-ils le mesurer et maîtriser. Étant parti à trois sur cette affaire, Issak considérait que tous avaient son mot à dire, charge après, à eux de se mettre d'accord sur un même plan.

NCIS - LA

Resté finalement seul, face à son petit flic, Andros décida de se faire plaisir. Ayant très vite abandonné son intérêt pour la blessure sanglante à la cuisse, sur laquelle y faire pression avec sadisme n'obtenait pas l'effet escompté. Et sachant que s'en prendre plus longuement à son visage le priverait trop vite à son goût du plaisir de l'entendre déblatérer ses mots doux. L'homme fomentait une bien meilleure idée. Quoi de mieux pour calmer les ambitions de rebellions de sa flicaille, que de le délester d'un œil ? Nul doute que cette riche idée recevrait tous les suffrages, en le calmant plus efficacement que tout crochet du droit sur dents percées.

Satisfait de lui-même, il s'enquit aussitôt d'aller chercher l'objet à la mesure du challenge, à savoir une très simple petite cuillère. Un objet du quotidien d'abord aperçu par Sam. Un ustensile sans danger dont l'unique utilité était ici, si évidente, que l'agitation affichée par le navy seal commença à faire trembler pour de bon le supplicié ignorant encore avec quoi on l'approchait.

Voyant à son tour l'objet dans les mains de son tortionnaire, Deeks ne simula plus la crainte. Bien au contraire. Était-il possible de croire sincèrement en son for intérieur vouloir préférer le démembrement à l'énucléation ? Car c'est bel et bien cette pensée qui traversa l'esprit du lieutenant Marty Deeks à cet instant. Pour la première fois de sa vie, il découvrait même véritablement où se trouvait sa limite personnelle.

- Sérieux. Là, ça va pas le faire…

Paniquant, tout simplement, il ne se laissa définitivement plus faire comme le doux agneau qu'il avait pu paraître jusqu'alors. Aussi, toujours seul, le Russe n'eut d'autre choix que de trouver un moyen de le bloquer plus efficacement. N'étant pas de ceux qui se compliquent la vie, l'homme sortit tout naturellement une lame de belle taille…

- Tu bouges trop.

… pour la lui planter tout aussi naturellement dans l'épaule, de sorte qu'elle s'enfonce jusque dans le montant de la chaise en bois pour mieux l'y fixer.

- Bien.

N'ayant alors plus aucune liberté de mouvement sur le haut de son corps, dûment incapable de s'éloigner de la cuillère se dirigeant irrémédiablement vers lui - Andros placé dans son dos, le retenant d'une main sous son menton - Deeks en sentit soudain le bord émoussé contre son globe oculaire…

- Non, non, non, non….

…Quand la porte de leur chambre de torture s'ouvrit de nouveau sur Sidorov et Zhrov, inconscients d'interrompre le pire cauchemar de l'homme ligoté devant eux.

- On a besoin de toi avant d'y aller. Tu reviendras jouer plus tard. indiqua d'une voix monotone, un Sidorov peu enclin à s'émouvoir par ce genre de scène.

Se détournant un instant du flic, Andros ne manqua pas de le fixer un long moment, sa cuillère en main, pour lui signifier qu'il ne tarderait pas à revenir très vite finir ce qu'il avait débuté. Alors seulement, il suivit ses deux associés.

La porte était à peine fermée, que Deeks surventila à l'idée de ce à quoi il venait tout juste d'échapper. Un comportement que l'agent Sam Hanna lui-même n'irait jamais lui reprocher. Comment avait-il seulement réussi à tenir jusque-là ? Aussi piètre avait été son estime envers le blond. Aussi en colère était-il qu'il ait pu tout leur déballer, dés les premières tortures… L'ex-navy seal ne pouvait nier avec quelle force de caractère, Deeks avait depuis encaissé chaque nouveau coup reçu toute cette dernière heure. Ne baissant jamais plus la tête, depuis sa subite rébellion. Recherchant même dès lors, à les pousser toujours plus loin, dans une incroyable démonstration d'inconscience poussée à son paroxysme.

Ils étaient tous si loin d'imaginer que le jeune flic n'attendait que cet instant précis pour agir !

Enfin seul, Deeks sut qu'il avait là l'ultime chance pour se sortir de ce guêpier.

Une situation qu'il pouvait même qualifier de royale !

Pour avoir en partie entendu les premiers mots échangés entre Sidorov et Zhrov, il savait que l'échange ne tarderait plus. Comme il se doutait que les trois hommes d'affaires, en proie à un dilemme quant à aller plus loin ou tout stopper, manqueraient enfin de vigilance sur leur retour vidéo, le temps d'échanger entre eux. Partant du principe, qu'il n'y avait personne d'autre pour les surveiller. [Sans quoi, ils les auraient bien vus, depuis le temps... Non ?] Enfin munie d'une arme digne de ce nom, si aimablement mise à sa disposition : l'occasion tant attendue ouvrait grand ses portes.

Prenant sa chance, Deeks eut toutefois besoin de toute sa volonté pour ignorer la douleur rayonnant dans tout son corps, lorsqu'il se contorsionna comme il put pour extraire le couteau présent dans son épaule. La douleur de sa mâchoire le fit manquer de perdre sa prise. Mais sachant ne pas en avoir le luxe, il se saisit avec forces du manche en bois de ses dents sensibilisées à l'extrême. C'est donc sous un gémissement interne et un orage de larmes de douleur qu'il réussit ainsi à progressivement extraire la lame du bois de la chaise, puis de son propre corps.

Sauf que le couteau de boucher étant bien trop enfoncé dans son épaule, Deeks dut très vite le prendre par la lame pour le sortir dans sa totalité. Une prise ferme qui, bien qu'il tenta d'agir au mieux, le contraint à s'entailler le visage de la commissure des lèvres au centre de ses joues.

Parce que bien évidemment, il avait fallu que l'autre moscovite aille lui planter la lame, son côté tranchant sur le dessus. De quoi s'auto-infliger, dans son geste d'extraction, un merveilleux sourire façon « Joker ».

PUTAIN DE JOURNÉE DE MER…

Ceci étant dit. Sans la jouer, surhomme. La lame étant extrêmement aiguisée, à cette étape, il ne sentit réellement pas à quel point le couteau lui lacéra la peau. Il ne découvrirait les dégâts que lorsqu'il parlerait suffisamment pour écarter les bords tranchés. N'ayant de toute façon guère le choix de ses armes, l'homme soupira finalement d'aise quand enfin la pointe acérée sortie de son épaule, bien qu'emportant avec elle un véritable morceau sa propre chaire entourée de quelques fibres de bois.

Retenant ses hauts de cœur, non sans peine, à cette vue. Deeks se contorsionna de nouveau pour mieux reposer le couteau sur son bras, décaler doucement sa prise pour se saisir de nouveau du manche et enfin débuter un mouvement de légère rotation, pour incliner le tranchant de la lame du bon côté. Ceci fait, il ne lui restait plus qu'à s'approcher suffisamment de l'un de ses poignets pour réussir à le délier de ses épaisses sangles noires qui le restreignaient.

Si son dos n'avait pas été attaché à la chaise. Dieu, merci ! Être à ce point, plié en deux, n'en était pas moins compliqué. L'estomac déjà retourné, la respiration laborieuse par son nez si ce n'est cassé, du moins sérieusement gonflé des précédents coups. Il réussit toutefois à tenir la position. Sur ce coup, il pourrait remercier tous ces cours de Yoga qu'il s'obligeait à suivre pour conserver une certaine souplesse – pour preuve, toujours utile dans ce genre de situation. Dire que Kensi avait toujours pensé qu'il s'y rendait uniquement pour y séduire des mères de famille... Sur ce point, il ne lui avouerait jamais que la véritable raison quand il lui avait demandé de venir le chercher, ce jour où elle l'avait accusé de l'avoir trompé avec son frère, son souhait avait bien été de toutes les faire fuir. Un résultat obtenu haut la main…

Tachant de faire abstraction de sa partenaire, trop heureux qu'elle n'ait pas eu à supporter toute cette folie à ses côtés, Deeks s'enquit surtout de raffermir sa prise pour accélérer l'incision de ses contraintes.

En revanche, à aucun instant, il ne perdit du temps ou de l'énergie à observer celui assis face à lui. Ce dernier ne ratait pourtant rien de sa démonstration.

Si Sam était jusqu'alors toujours empli d'une colère sourde de savoir que Deeks avait craqué aussi vite sous la question. Tout en lui reconnaissant une capacité hors-norme pour encaisser ce qu'on lui avait malgré tout fait subir. Le voir agir à cet instant… Il était impossible de lui nier une véritable admiration. Pour sa souplesse d'abord, incapable qu'il aurait été lui-même de réaliser de tels mouvements, ligotés comme ils l'étaient. Mais plus encore, pour sa force mentale. D'autant plus quand il réalisa à quel point sa tentative d'évasion lui coûtait.

Il supposait que la peur qu'Andros revienne mettre en œuvre ce qu'il avait débuté plus tôt soit une motivation suffisante. Mais quand bien même. Il n'était pas donné à tout le monde de trouver le courage d'accepter de se mutiler soi-même pour s'extraire de la sorte de ses liens. Car après les vilaines coupes sur ses joues. À bien y regarder, c'était autant de chair que d'entraves qu'il incisait à chacune de ses pressions sur ses poignets !

Sa méthode - bien que peu habituelle et semblant aux primes abords manquer d'efficacité - réussit pourtant réellement. C'est ainsi que sous les yeux stupéfaits de Sam, Deeks délia sa première main à une rapidité pour le moins fulgurante.

NCIS - LA

18H50 - Lieu inconnu à quelques kilomètres du désert de Mojave

Alors que Deeks se posait sensiblement la même question. À savoir : pourquoi s'acharnait-il à si mal viser et couper chaque fois un peu plus son propre bras, plutôt que les épaisses attaches noires. Il sentit malgré tout assez vite, un relâchement sensible de ces dernières. La première épaisseur tranchée, l'ensemble de la sangle se détacha même tout naturellement, libérant enfin sa main gauche !

Aussitôt, la suite put se dérouler plus simplement. De sa main libre, il libérera facilement son bras droit de toutes contraintes, puis ses jambes. Alors, il se leva… pour s'écrouler tout aussitôt. Noyé de douleur, il en avait oublié que sa jambe droite venait d'être restreinte d'une balle logée dans la cuisse, laissant échapper un véritable flot de sang à ses pieds suite à ce premier mouvement.

Voyant que leur chance de s'évader devenait bien réelle, Sam s'enquit aussitôt à l'encourager à poursuivre son œuvre.

- Aller Deeks ! Relève-toi. lui souffla-t-il avec urgence.

L'homme baragouinant des mots inintelligibles, sans plus bouger, Sam tenta de le sortir de son immobilisme.

- Grouille !

Conscient, lui aussi de l'urgence, le jeune flic trouva finalement de nouvelles forces pour se traîner jusqu'à son partenaire sous ses encouragements incessants. Mais sa tentative à vouloir lui détacher ses liens fut très vite avortée par le come-back d'un indésirable de poids.

Trop lent, il n'avait pu libérer Sam avant le retour d'Andros brûlant d'impatience à l'idée de finir ce qu'il avait promis à son petit flic. Découvrant à son entrée la chaise vide, ce dernier n'eut aucun mal à le repérer aux pieds de David. Soit. Il n'en serait que plus intéressant d'en découdre avec cette loque sanglante gisant au sol.

L'apercevant, Sam tenta aussitôt de prévenir Deeks. Mais plus que l'arrêt subit des réclamations de l'ex-navy seal quant à le libérer au plus vite, c'est son maintien subitement plus rigide qui informa l'homme à terre du retour de leur garde-chiourme. N'ayant que le couteau à opposer face au russe armé, il ne perdit aucun instant pour se retourner d'un glissement contrôlé sur le carrelage, de sorte à : Non pas planter ledit couteau dans le pied de son attaquant. Mais bel et bien trancher ses deux chevilles le plus profondément possible.

Sous l'impact et la douleur conjuguée, l'homme tomba d'une masse.

Dès lors, c'est un combat à mort qui s'engagea entre les deux corps ensanglantés. Une lutte que seules : la rage, un peu de chance, mais peut-être aussi une expérience plus importante au combat de rue et une résistance plus forte à la douleur qu'on l'imaginait de lui, permirent au flic de dominer.

Témoin du combat à main nue, l'arme à feu ayant très vite glissée non loin de lui, Sam perdit toute patience. Se démenant de toutes ses forces, il n'avait pourtant toujours aucun moyen de sortir de ses liens pour s'en saisir. Ultime supplice que d'assister impuissant à ce déchaînement de violence dirigée sur son équipier du moment. Physiquement, déjà dénué de toute blessure, Deeks n'était clairement pas taillé pour surpasser Andros, plus proche de sa morphologie à lui. Aussi ne manqua-t-il pas d'être encore une fois stupéfait, quand leur flic prit réellement le dessus sur son attaquant, la lame toujours en sa possession terminant subitement sa course dans les entrailles de son adversaire. La lenteur tout bonnement insupportable avec laquelle il s'assura que la lame s'enfonce jusqu'à la garde, lui aurait donné des hauts de cœur, si sa propre haine pour l'homme n'avait pas été aussi forte... Mais plus que les tortures qu'il avait lui-même subies ou vues perpétrées dans cette pièce. C'est bien ce qui suivit qui resterait à jamais ancré dans ses souvenirs de navy-seal.

Dorénavant intégralement couvert de sang, en raison de ses multiples blessures ouvertes, Deeks pompé à l'adrénaline pure ne retenait toujours pas ses gémissements de colère - tout à fait similaire à un grondement animal. S'il ne s'était pas si profondément coupé le visage, c'est pourtant un rire purement hystérique qui l'aurait emporté.

Totalement oublieux de son entourage. Faisant fit de toute précaution d'usage les voulant fuir au plus vite, ou du moins rester le plus silencieux possible. Le jeune homme se releva suffisamment pour se trainer jusqu'à l'arme à feu et s'en saisir. Alors sourd à toutes paroles de son partenaire du moment, il retourna devant l'homme l'ayant torturé des heures durant. Un geste qui eut aussi pour conséquence de faire taire Sam.

- À mon tour, Mikhail.

Quelques mots murmurés qui raisonnèrent dans le silence ayant subitement pris place dans la chambre blanche, devenue rouge carmine.

Armant le pistolet, Deeks la dirigea sans l'ombre d'une hésitation à l'homme gémissant à ses pieds, avant de poursuivre son discours, toujours au plus bas, pour ne pas trop malmener ses joues ciselées.

- Franchement, je peux admettre que vous êtes plutôt bons dans votre branche. Pour autant vous auriez encore des progrès à faire. Parce que si vos méthodes ont de l'idée, vous chiez total sur les bases.

Se sachant dans une salle insonorisée, et concluant par l'absence de tout renfort que plus personne n'observait le retour vidéo pour l'instant, Deeks se permit un plaisir malsain qu'il regretterait peut-être plus tard. Mais dont il avait terriblement besoin à cet instant précis. Tirant sans sommation dans l'un des pieds de son bourreau, il poursuivit.

- Leçon numéro 1. Quand tu veux qu'un type parle : T'évites de commencer par lui bourrer la gueule ! Parce que ce n'est pas une légende urbaine d'avoir besoin de sa tronche pour s'exprimer, abruti de soviet.

Tirant une seconde balle dans le second pied, l'acte lui offrit un joli cri guttural de l'homme à terre.

- Leçon numéro 2. Si on ne veut pas que son type fuie à la première occase : On le neutralise, sans risquer de le perdre. Une balle dans les pieds et les mains fait très bien l'affaire.

S'abaissant non sans mal, Deeks s'approcha justement d'une main.

- Quoique mon père, il préférait clairement me péter les doigts.

Ce disant, il retourna d'un coup sec et violant quatre des doigts de la main gauche de celui devenu à son tour son supplicié, sous les yeux révulsés de dégoût et d'horreur d'un Sam toujours spectateur impuissant des évènements l'entourant.

- Remarque. Il aimait bien aussi briser mon poignet.

Ce que Deeks fit dans la foulée sur le second bras. Se relevant alors de nouveau, en sautillant sur sa jambe saine, l'ex-enfant battu conclut sur la troisième règle d'or.

- Et enfin. Leçon numéro 3. T'évite de t'en prendre au seul type de la bande qu'en as connu des pires que toi, en espérant que cela fasse craquer celui qu'en a rien à foutre de sa gueule, préférant mourir que de trahir sa femme. SVOLOCH ! [4]

Un mot hurlé avec tant de force qu'il engendra l'écoulement d'un flot de sang de ses coupes faciales. Pourtant inconscient de ce fait, Deeks frappa dès lors de toutes ses forces l'homme à terre. Coups de pied après coups de pied, perdu dans le désespoir que tout soit enfin terminé, Deeks ne sut plus s'arrêter. Visage, estomac, sexe. Il ne rata aucune zone. Trouvant en lui une force insoupçonnée pour poursuivre ce déchaînement de violence.

Cela n'aurait jamais pris fin, si seulement Sam n'avait à son tour retrouvé ses esprits et tenté de le rappeler à l'ordre.

- Deeks, il a eu son compte. commença-t-il, presque timidement.

- …

- Deeks !

- …

Bon Dieu, rien qu'à ses yeux, Sam doutait de plus en plus que l'homme soit seulement lui-même.

- Il est HS, mec. Peut-être même mort !

- …

- Maintenant, libère-moi vite !

- …

- On doit absolument sortir d'ici. Putain, Deeks, réveil toi !

- …

- DEEKS !

Extrait brutalement de sa perdition, le blond stoppa net tout mouvement. Mais à son regard voilé, Sam douta encore qu'il soit bien de retour. Tant de violence gratuite… cela n'avait rien à voir avec leur flic surfeur. Non. La seule personne en son corps qui avait agi de même n'avait jamais été que…

- Max ? [5]

À l'écho du nom tout juste évoqué, les yeux bleu pâle ressortant du visage sanglant le fixèrent aussitôt avec une force et colère si intense que le Navy Seal en eut le souffle coupé.

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À suivre.


[1] Jeux de mot tout pourri avec navy seal (« seal » voulant dire « phoque » ^-^'')

[2] Référence à son père, bien sûr.

[3] Référence à un épisode de la très vieille sitcom « La fête à la maison » où ils expliquent que le générique de la série/western Bonanza est comparable au bruit de la roulette du dentiste = Raison pour laquelle celui devant s'y rendre ne supporte plus de voir ces épisodes ^_^''

[4] Normalement, cela signifie « Connard » (version phonétique) en Russe, dans le texte.

Parce que j'aime l'idée que Deeks ait appris quelques mots d'insulte en russe, arabe et autres langues qu'il croise depuis qu'il a rejoint le NCIS. Mais qu'il garde cette connaissance pour lui seul, pour mieux la ressortir dans ce genre de moment, pour son effet « dramatique ».

[5] Référence à Max Gentry, l'« alter ego » de Deeks, comme il le dit lui-même dans l'épisode 23 et qui est l'une de ses plus « violente / insensible / immorale » couverture utilisée pour plonger en infiltration à l'époque où il était flic (et entre autre chez les stups). Au demeurant, seul alias à la connaissance de Sam.

En espérant que ce très long chapitre vous ait plu, je fais de mon mieux pour vous updater la suite d'ici la fin de semaine.

mimi yuy