Salut ! Un chapitre légèrement plus court aujourd'hui, mais j'ai préféré ne pas m'étaler dans de l'inutile. Je voulais vous remercier pour vos reviews, elles me touchent beaucoup :)
Blackswan
VIII. Aveux désespérés
Une voix, au loin, qui résonne dans la forêt. Une voix brisée, emplie de désespoir, comme si elle s'était usée pendant longtemps. Dans un arbre, Draco écoutait, impuissant, les implorations d'Harry de se montrer, de lui parler. Cela faisait deux heures que la scène durait, et jamais il n'avait pensé qu'il s'accrocherait ainsi. Le jeune homme brun, conscient que si l'autre voulait se cacher, il n'avait aucune chance de le retrouver, s'assit par terre. Mais il n'abandonna pas son combat pour autant. Tout en croisant les jambes, il se lança dans une tirade digne d'un Racine, espérant de tout son cœur qu'il fût entendu.
-Draco, si tu m'écoutes, si tu m'entends, je t'en supplie, montre-toi. Je sais que tu souffres, je le vois. Mais j'ignore pourquoi ! J'ignore tellement de choses à ton sujet, et j'ai tant de questions à te poser qui me brûlent les lèvres, mais tu as ce nuage de mystère tout autour de toi qui constitue une barrière que tu t'es forgé pour te protéger, mais tu n'as pas besoin de te protéger de moi, jamais je ne te ferais du mal intentionnellement. J'aimerais tellement que tu me laisse rentrer dans ton petit monde, dans ta carapace. Je pourrais t'aider à la consolider. Tu sais, quelque soit la peur qui te ronge, la douleur qui t'atteint, on peut la combattre ensemble, mais s'il te plaît, reviens-moi. Ne me laisse pas croire que j'ai fais quelque chose de mal. Parce que je ne regretterai pas ce baiser. J'en avais envie, je n'en ai pas honte, et je ne m'en excuserai pas. Si c'est ce que tu attends de moi, alors je n'ai plus rien à faire ici. Mais Draco, sache qu'après tout ce qu'on a vécu ensemble, ces moments que je n'oublierai pas, jamais, je ne serai pas capable de te regarder souffrir comme ça sans rien faire. Peut-être qu'on est allé trop vite, trop loin, mais je suis sûr d'une chose, maintenant. Je t'aime. Toi, le beau serpentard, ton âme grisée par une douleur insondable, élevé dans des mœurs terribles, mais tellement humain, au fond. Tellement pur, si innocent. Reviens-moi, Draco… J'ai besoin de toi à présent…
Des larmes accompagnaient ses propos. Il s'arrêta de parler car sa voix s'étranglait dans sa gorge et mourrait dans ses pleurs. Au bout de longues minutes qui lui parurent interminables, il aperçut devant lui une silhouette svelte. Il le reconnut par ses cheveux blonds, en premier. Mais la réalité le frappa de plein front : il avait l'air plus maigre que d'habitude, la peau encore plus pâle, presque translucide. Ses yeux étaient entourés d'énormes cernes qui lui donnaient presque un air de cadavre. Ses lèvres étaient sans couleur, ses lèvres qui avaient été si chaude la veille au soir dans la Salle sur Demande… La première chose à laquelle pensa Harry en voyant Draco dans cet état fut à son vieil ami Lupin. Il avait ce même teint blanchâtre, ce même air malade de Loup-garou. Puis le reste se fit tout seul dans la tête du jeune homme, qui repensa à l'air paniqué de son ami à la perspective de la Pleine Lune, et son orientation parfaite dans cette forêt immense. À son avant bras qu'il dissimulait constamment. Avait-il vraiment cette marque des ténèbres comme on le disait ? Et si c'était une cicatrice ?
Harry s'avança vers Draco, et prit sa main. Il remonta lentement sa manche, comme effrayé par ce qui pourrait se trouver dessous. En effet, aucune trace d'encre noir. Une énorme trace de dents mal cicatrisée se dessinait sur le poignet du jeune Malfoy. Tout autour, quatre petits croissants de lune saignaient, témoignage d'ongles longs. Une goutte d'eau tomba sur le bras et Harry s'aperçut qu'il pleurait encore. Il chercha le regard gris en face de lui, mais celui-ci le fuyait. Alors il ramena la blessure vers lui et la porta à ses lèvres. Il embrassait le Loup et l'acceptait sans même chercher à creuser plus. Il s'attarda longuement sur le poignet de Draco, puis enlaça leurs doigts. Avec sa main libre, il caressa sa joue, et ne dit rien. Il se contenta de le regarder, et plus il le regardait plus il le trouvait beau. Mais il ne comprenait pas pourquoi sous ses mèches blondes, ses yeux avaient ce reflet de peur. Il s'en inquiéta davantage quand il le sentit trembler.
-De quoi as-tu peur ?
-Je n'ai pas pris de Tue-loup de toute la semaine. Cette nuit, je n'aurai aucun contrôle sur mes actes.
-Tout va bien se passer, ne t'en fais pas, il ne va rien se passer.
-Tu ne comprends pas. La dernière fois que j'ai passé une nuit sans contrôle, j'ai tué quelqu'un, Harry. Je suis un assassin ! J'ai tellement peur…
Pour le rassurer, le brun le prit dans ses bras. Il chuchota à son oreille des paroles douces et réconfortantes, comme pour border un enfant après un cauchemar. Juste ce dont il avait besoin. Ils s'assirent aux creux d'un arbre, collé l'un contre l'autre, et attendirent patiemment que les tremblements de Draco cessent. Ce dernier rompit alors le silence.
-Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée.
Les yeux d'Harry s'illuminèrent.
-Je crois que je ne te remercierai jamais assez pour tout ce que tu as pu apporter à ma vie. Je t'aime aussi, je t'aime tellement, si tu savais… Mais je voulais te poser une question, depuis bien longtemps. Pourquoi ma baguette ?
-Parce que si je te l'avais rendue, tu aurais été en présence constante de ta personne d'avant, et tu as tellement changé qu'elle ne te correspondrait plus. Quand je t'ai désarmé, à la seconde où ma main a effleuré son bois, j'ai senti quelque chose. Et encore plus après que mon lien avec Voldemort (Draco tiqua à ce nom) ait été brisé. J'ai senti toute la douleur qu'elle renfermait, et toute sa puissance aussi. Elle m'est tout de suite apparue comme la baguette qu'il me fallait. Alors je l'ai gardée.
Ils ne parlèrent plus, car Draco empêcha Harry de poursuivre ses explications en scellant leurs lèvres. Et l'autre n'en eut pas l'air vexé. Ce moment, il l'attendait depuis toujours. Maintenant qu'ils étaient ensemble, que pouvait-il leur arriver ?
