Ouah ça fait longtemps que je n'ai pas écrit au début :) m'enfin bref , tout ça pour m'excuser du retard (comme d'hab' à force vous y êtes habitué je présume) je ne sais pas si ce chapitre est aussi long et intérressant que les autres mais j'espère qu'il vous plairait quand même ! Je vous remercie de continuer de lire A lovely white girl ! ça me fait vraiment plaisir. Aller j'arrête de vous embêter ;) bonne lecture


Chapitre VIII

-Bateau sur l'eau, la rivière la rivière… Bateau sur l'eau, la rivière et plouf dans l'eau. Bat…

-Tu ne veux pas te la fermer ?

Je soupirai bruyamment, légèrement vexé par le ton employé par mon accompagnateur qui n'était rien d'autre que Saori.

-J'ai le mal de mer, si je ne chante pas je vais vomir, me justifiais-je.

J'étais partie du quartier générale de la congrégation de l'ombre à l'aide de l'arche. Étant donné qu'il était trop risqué de créer un passage direct sur le Japon, Allen avait invoqué un passage sur l'une des îles environnante : Oshima. Selon les dernières informations, après la destruction d'Edo, les Noés aurait décidé de s'offrir un manoir au bord de mer dans la ville portuaire de Miura-shi. L'île sur laquelle j'étais arrivée était assez loin de l'île principale du Japon pour que le Compte ne se doute de rien mais assez proche pour me donner un accès direct vers le port, en bateau. Il se trouve que Saori avait été aussi réquisitionné pour cette mission, nous faisions la paire d'enfants maudits. En ce moment même nous étions sur un bateau direction Miura.

- Jamais on n'a vu, jamais on ne verra la famille tortue courir après les rats…

-Tu ne t'arrêtes jamais ? S'énerva-t-il.

-… Le papa tortue, et la maman tortue…

Il soupira à son tour et abandonna l'idée de me faire taire en partant dans sa cabine. Je restai prostrée sur la rambarde du navire, la houle des vagues me donnant envie de vomir mon petit déjeuner. J'allai m'endormir dehors quand je sentis une présence à côté de moi, c'était Saori qui était revenu

-Tu t'ennuies de mes comptines ? Dis-je sarcastique.

-Je hais les comptines pour enfants.

Son regard perdu dans le vague et son expression sérieuse me dit qu'il ne détestait pas ces chansons pour enfants pour rien. Je sentais qu'il y avait quelque chose de plus profond, mais même si je lui demandais la raison, je suis sûre qu'il ne me répondrait pas.

-Si tu ne les apprécies pas, je ne chanterai plus. Mais pour la peine tu vas devoir me parler pour m'occuper l'esprit.

-C'est du chantage ? Sourit-il.

-Qui sait …

Il répondit à ma demande et accepta de discuter avec la grande bavarde que j'étais. Je découvris en lui une personne plus mature que je ne le croyais. Tout ce que je savais de l'espagnol qui était en fait japonais à la base, c'était qu'il avait été adopté à l'âge de 9 ans et qu'il avait un frère jumeau, Saïto.

-Qu'est-ce que ça t'as fait…

-De quoi ?

-De retrouver ton frère après neuf ans de séparation ?

Il réfléchit un instant, cherchant les bons mots pour exprimer ses sentiments

-Un soulagement, je dirai. Je n'ai pas été malheureux dans ma famille adoptive, bien que les autres gamins n'acceptaient pas le fait que je sois différent d'eux, après tout les cheveux blancs sont plutôt rares en Espagne.

-Je peux te poser une autre question ? Continuais-je.

-Je m'y attendais, souffla-t-il, j'aurai pensé que tu l'aurais demandé plus tôt. Tu vas me demander qui j'ai essayé de faire revivre n'est-ce pas ?

J'acquiesçai.

-Dans ce cas, soupira-t-il, je vais te raconter l'histoire depuis le début. Assis-toi, et sors tes mouchoirs, ça risque de durer longtemps.

Saori, passa sa main dans ses cheveux et alla s'asseoir sur un des tonneaux du ponton. Pendant que je m'asseyais à côté de lui, il commença :

-A la base nous étions une famille de cinq, ma mère, mon père, ma petite sœur, Saïto et moi. Mon frère et moi étions déjà différents des autres enfants à cette époque, je suis symbiotique et lui avait des dons surnaturels.

Il enleva ses gants et me montra les cristaux d'innocence qui encerclaient ses deux poignets, des veines saillaient autour des morceaux verts luisant comme si l'innocence exerçait une pression intense sur sa peau.

-Le Comte millénaire a commencé à sa conquête du Japon à cette époque là environ. Il profitait son isolement pour y placer sa fabrique d'Akumas sans que personne ne le sache. Ce n'est quand je suis rentré dans la congrégation que j'ai sus que mes parents avaient été tués par des akumas. Après leurs morts, nous sommes allés dans un orphelinat mais nous avions été séparés d'Umi, ma petite sœur. Elle n'avait que quatre ans, nous en avions six.

Il respira profondément, se rappelant des années noires qu'ils avaient passé. Je savais que la partie la plus dure pour lui allait être la suite.

-Bien évidement, nous l'avons recherché, pendant deux ans. Jusqu'au jour où nous l'avons croisée, dans une petite maison, dans un village tranquille. Elle était aussi mignonne que moi, ria-t-il, elle s'était faite rapidement adoptée. Et si nous nous n'en étions pas mêlés, elle serait encore vivante.

-Vous avez voulu la reprendre c'est ça ?

-Oui… Seulement, alors que nous étions en train de nous enfuir, elle est tombée dans un ravin. Un homme l'avait agrippé par derrière, essayant de la retenir. Elle a disparue dans une mort pathétique. Saïto était inconsolable…

Il garda le silence pendant un long moment, je na voulais pas le déranger, je devinais la suite aisément mais il y avait un détail qui m'échappait.

-Vous avez toujours été ensemble, Saïto et toi ? Questionnais-je.

-Oui.

-Même quand le Comte est apparue devant vous.

-Non…

Ah d'accord, Saori avait été le seul à demander l'aide du Comte. Voilà pourquoi il avait été le seul à être maudit.

-C'est Saïto qui y était au départ.

Hein ? Je ne comprends plus là.

-Laisse-moi continuer au lieu de torturer tes rares petits neurones, se moqua-t-il, c'est Saïto que le Comte est venu voir. Je suis arrivé à temps, heureusement pour lui, mais le premier que ma sœur vit se fut moi. Elle m'accusa de l'avoir transformée, et me maudit. J'ai reçu le pentacle maudit en protégeant mon frère, elle m'a sévèrement touché dans le dos. A partir de ce moment je ne pouvais plus monter mon magnifique corps, sans que l'on me prenne pour un délinquant.

-Sois sérieux un peu ! Et comment vous avez fait pour vous en sortir ?

-Ah ça. J'ai souhaité, au plus profond de mon être, que je sacrifierai n'importe quoi pour pouvoir protéger le dernier membre de ma famille vivant.

Et il avait réussi à activer son innocence, j'admets que son histoire m'avait touché. En le voyant maintenant, je n'aurai jamais pu deviner qu'il avait traversé autant d'épreuves.

-Mais, tu es semblable à Allen en beaucoup de points, remarquai-je, même ton innocence ressemble à la sienne. Pourquoi est-ce que tu lui en veux autant ?

Je regrettai tout de suite d'avoir posé la question, ses yeux dorés changèrent tout de suite d'expression. Il se mit à rire sombrement

-Mouahahahah, Pourquoi je lui en veux ? Tu demandes pourquoi ?

-J-je regrette d'avoir posé la question, bégayais-je en voyant des flammes apparaître autour de lui et dans ses yeux. Finalement, je n-ne veux pas le savoir.

-Tout le monde me compare à lui, les filles ne regardent que lui, alors que je suis plus grand, plus bronzé, plus sexy ! Je l'écraserai, et quand ce sera fait, il fera tellement pitié qu'aucunes d'entre elles ne voudra de lui. Et elles seront toutes à moi… MOUAHAHAHAHAHAHAH

Saori… Tu es ridicule. Il continua dans son délire pendant que je partais de l'autre côté du navire. Nous n'étions pas embêtés pas l'équipage puisque celui-ci nous ignoraient simplement, je respirai à grande goulées l'air marin essayant tant bien que mal de ne pas penser à mon mal de mer. Depuis mon départ de la congrégation des pensées noires ne cessaient de hantées mon esprit, et si Elena était morte ? Et si, après tout ça, elle s'en sortait très bien ? Et si nous ne faisions que la gêner ? Mon innocence me préoccupait aussi, je n'arrivais toujours pas à l'activer. Comment allais-je m'en sortir ?

-Quelle héroïne pathétique, soupirais-je, je n'arriverai même pas à tenir cinq minutes...

J'entendis au loin le rire de Saori qui n'était toujours pas redescendu sur terre et un nouveau soupir désespéré m'échappa. Et dire que j'aurai dû encore être dans cette chambre, je suppose que Johnny m'aurait rejoint pour une partie d'échecs et pendant ce temps Link nous aurait regardé en analysant le jeu.

-Donnez-moi une corde que je me pende, soufflais-je me surprenant encore à déprimer. Allé ma petite Weiss ! Pense à quelque chose d'heureux !

Je ne sais pas pourquoi mais le souvenir des bras de Kanda quand nous étions dans le train du retour me revint, je ne pus m'empêcher de rougir face à ce beau souvenir. Bien que ma relation avec lui n'était pas bien fixée je comprenais désormais que nous n'étions pas de simples amis, et ça me rendait heureuse. Pour la première fois, j'étais heureuse que quelqu'un ait percé mes barrières et plus j'y pensais et plus je voyais qu'il n'était pas le seul. Allen, Lavi, Johnny, Marie, Elena et bien d'autre avaient réussi à rentrer dans ma tête et mon cœur.

-Weiss, m'appela mon coéquipier pour cette mission. Nous arriverons dans quelques heures, j'y ai réfléchi et j'ai remarqué que tu n'avais pas eu de maître.

-On a pas vraiment eu le temps de m'en assigner un.

-Dans ce cas, sourit-il, je ferai office de professeur le temps qu'on voyage.

Je grimaçai, les prochaines heures allaient être longues. Comme je l'avais prévu, l'exorciste était un vrai sadique, il me faisait faire des exercices plus dures les uns que les autres mais bizarrement il ne me demandait pas d'activer mon arme. Une chance pour moi, mais je lui posai quand même la question.

-Ce n'était que l'échauffement jeune fille, s'étonna-t-il face à mon ignorance, le véritable entraînement arrive maintenant.

J'ignorai le fait qu'il m'avait appelé « jeune fille » alors que j'étais plus vieille que lui mais je ne pus retenir mon cri de désespoir quand il m'expliqua la suite du programme.

Cinq heures plus tard nous étions sur les côtes du Japon. Je sautai souplement sur le sable blanc de la plage où nous étions arrimés. Le bateau repartit immédiatement après nous avoir lâché, il fallait que l'équipage ne courent aucun risque si nous voulions repartir de l'île vivants. Avec appréhension, je jetai un regard à Saori qui souriait comme un dément.

-C'est maintenant que ça va être marrant !

Il faisait nuit depuis une bonne demi-heure et le garçon maudit ne ralentissait pas le rythme. Bien heureusement, grâce aux leçons de Bookman senior et des autres exorcistes qui avaient eut la patience de m'apprendre quelques mouvements d'arts martiaux, je ne m'en sortais pas trop mal. Cependant Saori faisait toujours en sorte d'éliminer les ennemis avant qu'ils ne me remarquent, et quand c'était le cas il se mettait toujours devant moi. Je me sentais tel un boulet pour un jeune homme aussi fort que lui, c'était la première fois que je ressentais ma faiblesse aussi fortement.

Je ne pouvais rien faire pour l'instant, je profitais de lui qui me protégeais efficacement. Je me rendais compte de mon comportement immature quand j'avais affirmé pouvoir sauver Elena des Noés. Je n'était même pas capable d'activer ma croix.

-Père stupide, pestiférais-je, même pas capable de confectionner une arme décente pour ta fille.

J'enserrais les bretelles de mon sac à dos plus fortement, le problème ne venait pas l'arme... mais de moi. Je soupirai et m'arrêtai brusquement devant la main de Saori posée devant moi sur le tronc d'un arbre

-Tu comptais t'arrêter à un moment ? Demanda-t-il les sourcils froncés, ou tu comptais foncer assez fort contre cet arbre pour pouvoir fusionner avec lui ?

-Pardon.

-Tu n'es pas concentrée sur la mission, ça pourrait t'être fatal. Surtout ici.

-Je suis...

-Désolée ? Si c'est le cas, réveilles-toi un peu, tu n'auras pas de seconde chance si tu es aussi pensive devant un akuma.

Je m'excusai une nouvelle fois, et décidai de me reprendre. Je venais quand même de me faire remonter les bretelles par l'espagnol, ça devenait grave.

-Voila qui est étonnant de ta part Saori...

OH PUT... J'avais complètement oublié que les golems étaient avec nous et qu'ils possédaient une radio et une caméra. La voix légèrement décharné de Komui nous indiqua le bon chemin à prendre, l'entendre me rassura un peu. C'était une preuve que la congrégation ne nous laissait pas complètement à notre sort.

-Je pense que vous devriez vous arrêtez pour la nuit, nous conseilla-t-il,ça ne sert à rien de nous obstiner pour cette nuit. Vous devez vous reposez au cas où, vous repartirez à l'aube.

-Mais...Commença Saori.

-C'est un ordre.

C'est donc sous cet ordre que nous allâmes nous réfugiez dans une cabane non loin de notre position, pour le reste de la nuit.

-Je prends le premier tour de garde, déclarais-je, tu es bien trop fatigué après avoir battu autant d'akumas.

-Je …

-Fais dodo ! Ordonnais-je en le frappant à la base de la nuque.

Le garçon s'évanouit promptement dans un sommeil de bien-heureux.

-Tu n'y vas pas par quatre chemins,souffla Komui, impressionné.

-Il se réveillera avec des courbatures mais c'est toujours mieux que d'être mort de fatigue, me justifiai-je avec un sourire.

Je sortis de la maison de bois et m'assis en tailleur devant. J'avais choisi le premier quart d'une manière un peu égoïste, je l'admets. Je pensais que les akumas ne se pointeraient pas en première partie de nuit. Que je suis naïve...

-Komui, vous devriez aller dormir, dis-je sachant très bien qu'il nous observait. Si ici il est 20h il doit être environ 4 h du matin au quartier général, non ?

-Ne t'inquiète pas, j'ai déjà fait des nuits blanches.

-Peut être trop, vous allez inquiéter Lenalee. Et puis, si vous êtes fatigué, vous ne pourrez pas aider correctement Saori quand ça sera son tour de garde. Je n'ai pas envie de mourir parce qu'il s'est bêtement endormi.

J'entendis son rire à travers la radio et il demanda à quelqu'un de prendre le relaie le temps qu'il se repose un peu et qu'on le réveille si quelque chose arrivait. J'eus donc le plaisir de converser avec Reever pendant la première heure.

-Tout ira bien, dit-il en laissant la place à quelqu'un d'autre puisqu'il avait encore du travail à faire.

-Oui, si tu le...

Un bruissement de buisson m'empêcha de finir ma phrase, lentement un akuma de niveau 3 approcha. Je restai figée devant lui.. Il ne m'avait pas remarquée au début mais un mauvais mouvement de ma part attira son attention. Il ria et ne me laissa pas le temps de ne faire quoique ce soit, me plaqua brutalement contre le mur. Sa main griffue sur ma gorge me souleva du sol :

-Que fait une exorciste ici ? C'est mon jour de chance, je ne supporte plus les akumas de niveau 2. Un repas de chair fraîche ça fait du bien de temps en temps.

-Urgh...

Il resserra sa prise. Je tentai vainement de le frapper assez fort pour qu'il me lâche mais rien à faire. Je voyais mon golem voleter follement autour de nous, ma vision se troubla. Que faisait Saori quand on avait besoin de lui ?!... Non... Il est trop fatigué et je suis trop faible, tout ça est de ma faute. Si je n'avais pas eu la stupide idée de me lancer dans cette aventure sans l'aide de personne. Si j'avais pu retenir Elena à ce moment-là. Si seulement …

-Tu vas arrêter de te lamenter sur ton sort ?! Tu me casses les oreilles, se plaignit la machine de guerre du conte.

-J'ai pensé tout haut ?

-Oui. Et maintenant je vais jouer un peu avec toi. Ça me fera un peu d'exercice. Je te laisse quinze … Non, trente secondes d'avance. Fuis et amuses-moi.

Il me relâcha d'un coup et je perdis quelques précieuses secondes à le regarder, abasourdie. Je ne fuirai pas ! Je n'ai pas peur de lui, je ferai face ! Il fallait que je le batte sinon il risquait de s'en prendre à Saori après. Innocence, activation !

-Qu'essayes-tu de faire avec cette petite croix ? Pourquoi ne fuis-tu pas ? Pourquoi n'actives tu pas ton innocence ?

Il me frappa au visage et me projeta deux mètres plus loin. Je pressai ma croix contre ma poitrine, je t'en prie innocence... Je veux pouvoir les protéger. Pouvoir la sauver... Aide-moi, je t'offrirai tout ce que tu veux en échange. Mais je ne peux pas mourir maintenant. A ma plus grande déception l'innocence ne réagit pas. L'akuma profita de mon inattention et attaqua de nouveau, j'eus la chance d'esquiver. Chaque pores de ma peau transpiraient la peur, je ne savais pas quoi faire. Une chance que mon coéquipier ne soit pas là pour me voir dans cet état. Il me donna un coup de pied dans l'estomac en ricanant qu'il était déçu.

-Weiss, je ne te remercie pas. J'ai super mal à la tête à cause de toi.

Le niveau trois se tourna vers mon ami qui venait de sortir de la cabane. Il sourit sadiquement

-SAORI !

Mes jambes bougèrent toutes seules, en un instant j'étais devant lui. Il cligna des yeux quelques instants.

-W-Weiss, bégaya-t-il, cette croix c'est...

Je regardai avec étonnement ma croix activée entre mes mains. Elle bloquait l'hideux visage du démon, Saori reprit ses esprits et l'abattit rapidement.

-Tu as réussi à activer ton innocence...

-Je...

-Félicitation Weiss ! S'exclama-t-il soudainement.

Je le regardai avec des yeux ronds puis me concentra sur l'arme entre mes mains. Elle était différente de la dernière fois que je l'avais activée, elle était plus épaisse et semblait plus dangereuse. Un sourire m'échappa, j'éprouvais une étrange chaleur dans ma poitrine, je me sentais incroyablement bien. Comment avais-je pus ne pas ressentir ce bien-être la dernière fois ? Je regrettais de ne pas avoir éprouvé cette sensation plus tôt, c'était comme si je n'étais plus seule.

-Attends, dit-il, désactives la.

Je m'exécutai et l'innocence reprit la forme du pendentif.

-Actives-la.

-Tu te moques de moi ? Rouspétais-je.

-Actives-la! Insista-t-il.

Je rechignai un peu et essayai de l'activer. Cette fois, il n'y eu aucun problème, c'était comme si j'avais toujours su comment faire. J'eus de nouveau la branche épaisse de la croix entre les mains.

-Voilà plutôt une bonne nouvelle, déclara le garçon maudit en ayant un regard mauvais vers le golem.

Je savais qui il regardait comme ça, il visait Luberrier qui était de l'autre côté de l'écran en train de nous observer. Saori me demanda d'aller dormir, il prenait la relève.

-Elena ! Hurla Road en haut des escaliers ne colimaçon. Debout !

La jeune exorciste toujours enchaînée à son lit de béton ouvrit difficilement les yeux. La jeune Noé resta quelques instants devant elle, un sourire lui mangeant la moitié du visage

-Aujourd'hui est ton premier jour de liberté Elena. Profites-en car ce sera ton dernier.

La jeune fille prit la clef suspendue et enleva les fers des poignets et des chevilles de l'exorciste. Elle fut obliger de s'y prendre doucement car après que les plaies se soient refermées, la peau de la russe restait collée aux anneaux de métal. Elle ne réussit pas à retenir un gémissement de douleur quand Road l'aida à se mettre assise. Sa tête lui tournait, son dos lui faisait atrocement souffrir et de l'eau ruissela à son cou.

-Hum, réfléchit le rêve des Noés, il vaut que tu sois présentable pour sortir. Je me sens d'humeur magnanime aujourd'hui.

Elena se mit sur ses jambes et vacilla. Elle reprenait peu à peu ses sens qu'elle croyait à jamais perdus. Titubant, le visage pâle, le corps amaigri, les yeux rouges du manque de sommeil, elle avança dans la clarté matinal. Combien de temps cela faisait-il qu'elle n'avait pas vu la lumière du jour ? Depuis combien de temps n'avait-elle senti les rayons du soleil sur son visage ?

Elena respira intensément, se rendant compte à quel point l'air de la cave était imprégné d'une odeur de moisi. Elle se sentait renaître, ses pupilles mirent du temps à s'habituer à la luminosité. Elles se trouvaient dans le jardin du manoir, la blonde sentait la terre et l'herbe d'un vert tendre sous ses pieds et elle se mit à pleurer. Les larmes qu'elle n'avait pas pus lâcher dans sa geôle se déversèrent sur ses joues, elle ne les retint pas car elle n'en n'avait plus la force. Tyki remarqua les deux jeunes femmes et les rejoignit, il eut un sourire compatissant en voyant les deux sillons sur les joues de l'exorciste

-Je m'en occupe maintenant Road, tu peux aller te préparer.

Il passa un bras dans le dos de la russe et l'aida à rentrer. A l'intérieur une série de domestique était prêtes à l'habiller. Elle se laissa faire, ça ne la dérangeait plus. Elle savourait simplement le fait de pouvoir se tenir debout, de sentir les étoffes douces et légères glisser sur ses épaules. On la coiffa puis la maquilla. Une fois présentable, on la conduit à la salle à manger où elle retrouva tout les Noés attablés

-Oh eh bien Elena, quelle plaisir de te revoir parmi nous, sourit le conte.

-...

-Cette tenue te plaît ? S'enquit Road, tu es nettement plus belle habillée comme ça.

-...

-Laissons la profiter du repas, ria le chef des Noés voyant que la jeune fille perdait patience.

Elena ne se fit pas prier et reprit deux fois de chaque plats, ne sachant pas quand elle pourrait manger comme ça plus tard.

-Cet après midi nous organisons une sorte de brunch, expliqua Sheryl, c'est très à la mode en ce moment. C'est pour cela que nous t'avons faite sortir et habiller décemment.

Bien évidement elle ne répondit pas, mais elle hocha la tête. Elle avait compris le message... « pas d'écart, sinon tu vivras les dernières minutes de ta misérable et pathétique vie. », et si elle avait bien compris une chose en sortant de sa prison, c'était qu'elle ne voulait pas mourir.

-Saori si tu ne bouges pas, m'exclamais-je, c'est moi qui le ferai.

-Non, c'est moi le commandant de cette mission, c'est à moi d'y aller.

Depuis quand l'était-il ?! Je fronçai les sourcils en le voyant prêt à partir et se défiler juste après. Nous étions en face d'un trou dans les buissons pourtant si bien taillés du jardin du Comte millénaire. S'il apprenait que nous les avions tailladé, il nous transformerait en pâté pour akumas sans que nous nous en rendions compte. Je saisis son bras alors qu'il faisait un énième aller-retour.

-Hey ! J'allais y aller.

Ben voyons...

-Il y a du mouvement, remarquais-je, je crois qu'ils ont... organisés une garden party.

-Tu te fiches de moi.

-T'as qu'à regardé toi même, gros malin.

-Weiss, je crois qu'ils ont organisé une fête dans leur jardin, dit-il très sérieux.

-Sans blague... On y va ?

-On ne sait même pas si Elena est dans ce château.

-Elle y est forcément !

-On peut toujours foncé dans le tas, proposa-t-il.

Je lui frappai le haut du crâne. Etait-il vraiment stupide , ou le faisait-il exprès ?

-Ça va pas ? Tu es peut être suicidaire mais je ne compte pas mourir aujourd'hui dans un endroit aussi glauque, chuchotais-je furieusement. On va y aller discrètement.

-Ça va être dur, soupira-il.

-Avec toi , je n'en doute pas.

Il retint un cri de protestation et me suivit alors que je pénétrais dans le territoire des Noés. J'avais raison, le clan avait décidé d'une fête alors que l'hiver commençait, étaient-ils fous ? Non mais qu'est-ce que je raconte moi... Le plus fou était qu'ils avaient choisis de mettre les petits fours près de la fontaine ! Rien de tel pour que les pâtisseries prennent l'humidité et perdent leurs saveurs ! Je me pliais à moitié pour rester couvertes par les épais bosquets de fleurs.

-Elle est là ! Elena est juste là !

Saori pointa une jolie blonde, debout, mangeant des petits choux à la crème dans une assiette. Elle portait une jolie robe bleu pastel avec des talons hauts de la même couleur, ses longs cheveux bouclés étaient attachés en une queue de cheval. Je ne l'aurai pas reconnut si je n'avais pas vu ses yeux. L'œil droit coloré d'un doux chocolat et l'œil gauche d'un rouge carmin sanglant, tout les deux semblaient sans vie, comme s'ils regardaient bien au-delà de ce qui se trouvait dans ce jardin.

-On ne peut pas l'approcher comme ça, déduit Saori en évaluant le nombre d'invités.

-Hum, acquiesçais-je, il va falloir attendre qu'elle s'isole.

Autant attendre qu'une moule se décroche elle même de son rocher. En effet, Elena ne paraissait pas vouloir s'asseoir dans un coin ou tout simplement s'éloigner de la vue de ses tortionnaires. Elle évoluait parmi les invités, parfois répondait à quelques questions mais ne s'écartait jamais de l'attroupement.

-Je commence à avoir des crampes, se plaignit mon coéquipier.

-Tiens bon, dis-je plus pour moi-même.

Elle repartit vers le buffet

-Putain ! Jura Saori, depuis tout à l'heure elle n'arrête pas de faire des aller-retour entre le milieu des invités et la bouffe. Elle nous en aura fais voir de toutes les couleurs celle-là.

-J'en ai marre... J'y vais.

Je me levai et partit dans sa direction. Les Noés ne me connaissait pas, j'avais rarement été dans la congrégation et je n'avait rencontré aucun d'entre eux. De plus, mon uniforme était caché par un long manteau d'hiver qui se confondait aisément avec les habits des autres présents. J'adressai des sourires polis aux rares personnes qui me regardaient d'un œil étonné, et faisait en sorte de ne pas être dans le champs de vision d'un Noé. Prudence est mère de sûreté... Rapidement, je me retrouvait dos à elle, une assiette remplie de gâteaux que je vidai en un éclair.

-Salut belle blonde aux cheveux clairs, dis-je derrière elle.

Elle se retourna brusquement et me vit partir un peu plus loin.

-Ses longs cheveux blancs, murmura-t-elle. Ça ne peut qu'être...

Oubliant soudainement les règles strictes qu'elle s'était imposées, elle me suivit et sans s'en rendre compte, s'éloigna du centre. Une fois la première phase de mon plan super-ultra géniale que j'inventais au fur et à mesure finie, je me retournai. Sa réaction fut différente de ce à quoi je m'attendais

-Qu'est-ce que tu fais ici idiote ! Me claqua-t-elle.

Je posa ma main sur ma joue rouge, sa gifle ne m'avait pas vraiment fait mal. Mais le geste m'avait surpris.

-Euh... Je viens accessoirement te sauver. Mais si ça te déplaît tant que ça, ajoutais-je cynique, je peux toujours repartir vers le buffet.

Elle eut un regard froid, et c'est à ce moment que je vis que ses yeux s'étaient réanimés en m'apercevant.

-Pars.

-Non.

-Vas-t-en !

-Non plus.

-Dégages !

-Tu sais, dis-je catégorique, ce n'est pas en modifiant les mots que ça va changer quelque chose.

Elle tritura nerveusement ses cheveux. Elle avait peur, tellement qu'elle n'osait plus regarder vers la foule. Il fallait que je la convaincs de repartir avec nous, et j'avais tout prévu. Je fouillai dans le fond de ma poche de manteau et en ressortis une photo.

Elena la saisit comme s'il s'agissait d'un antique joyau, elle avait tout de suite deviné d'où venait cette photo.

-Tu as été dans mon placard...

-J'ai dû surmonter un gros traumatisme, sois-en reconnaissante.

Elle porta le papier glacé en face de son visage pour pouvoir mieux l'observer.

-Pour lui je suis prête à tout endurer.

-Je sais.

Sur la photo se trouvait Lavi, les cheveux relâchés, un sourire espiègle prônait à ses lèvres et à côté de lui, Elena le rouge aux joues, heureuse d'être à ses côtés. Il s'agissait d'une des rares photos prises avec l'accord du jeune homme.

-Et c'est justement pour ça que je ne peux pas rentrer, souffla-t-elle.

-Pardon ?

Échec de la tentative numéros une, il fallait que j'y aille plus fort. Début de la tentative numéros deux. Je sortis une deuxième photo, j'avais pas mal hésité avant de prendre celle-ci mais je savais qu'elle changerait toute la donne.

-C-Cette photo !

Je la voyais carrément baver, elle devait l'avoir oublié car elle en scruta les moindres détails comme si c'était la première qu'elle la voyait. C'était toujours une photo de Lavi, mais il n'avait pas intérêt à tomber dessus. Il était était en train de relever ses cheveux, ayant abandonné son bandeau pour la douche, une serviette de bain enserrait lâchement sa taille et des gouttes d'eau coulaient langoureusement sur son torse musclé. Elena tenta du mieux qu'elle put de retenir un saignement de nez. Et maintenant le coup fatal

-Si tu ne reviens pas à la congrégation, tu n'auras jamais la chance de profiter de ce corps en chair et en os. C'est Lenalee qui l'aura, elle a déjà prit les devants !

Je vis avec une grande satisfaction son visage s'assombrir. Une veine commençait lentement mais sûrement à grossir au niveau de sa tempe. Je remarquai autre chose qui ne me rassura pas, un invité venait de pointer du doigt Elena à un homme bronzé et élégamment habillé... un Noé.

-Ahem.. Elena ?

-hum ?

-Toujours contre le fait de t'enfuir avec moi ?

-Évidement , je ne ferai que vous mettre en danger.

-Ok, répondis-je crispé.

Je sautillais sur place en voyant que le Noé avait décidé de venir voir de plus près. Trouver quelque chose... ET VITE !

-E-Elena... Oh j-j'adore t-tes chaussures...

-Vraiment ? Sourit-elle calmement.

-Oui oui, enlèves les pour que je les vois de plus près.

-Hein ? Pourquoi ?

-Fais-le juste ! M'agaçai-je.

-Bon bon, pas la peine de s'énerver.

Ne se rendait-elle pas compte que nous étions en plein territoire ennemi ? En... En train de parler de chaussures ?! Elle s'abaissa avec une lenteur qui m'énerva encore plus et je dus lui arracher la deuxième chaussure du pied. Je lui saisis rapidement le bras et partis en courant vers la position de Saori. Le Noé resta abasourdi , ne comprenant pas ce qu'il se passait. Les invités nous regardèrent avec étonnement mais ils eurent la présence d'esprits de s'écarter de notre chemin .

-Saori ! hurlais-je, demande une passerelle à Allen.

-Quoi ? Quand ?

-Genre maintenant !

Je l'attrapai lui aussi par l'avant bras et les conduisit jusqu'au buisson troué. Les autres avaient commencés à réagir, ils étaient pris par surprise. Ils ne s'attendaient certainement pas à ce que l'évasion d'Elena se fasse sans bataille et sans bruits.

-On s'est fait avoir comme des couillons, ria Tyki en allumant une cigarette pendant que Road brisait le verre qu'elle avait entre les mains.

-On a appelé Allen mais on ne vous garantit rien, soupira Komui par la radio du golem.

Nous continuions à courir à travers les bois, heureusement que j'avais demandé à Elena d'enlever ses chaussures. Nous ne pouvions que fuir, j'avais espoir que nous avions au moins une chance de ne pas combattre...

-Alors, articulais-je difficilement, elle vient cette passerelle ?!

-On arrive pas à trouver Allen, pleura presque le grand intendant.

-Continuez à courir,fit une autre voix que je reconnus immédiatement, et si les Noés vous rattrapent, battez-vous.

J'aimerai bien l'y voir Luberrier. Battez-vous, qu'il nous dit, entre moi qui vient à peine d'apprendre comment me servir de l'innocence, Elena qui sort de plusieurs mois de captivité et Saori qui est aussi éveillé qu'un ours sortant d'hibernation, on est vachement bien partis pour les battre les Noés.

-Vous vous fichez de nous ? Soupira Saori en reprenant son bras que je tenais toujours. A trois contre le clan entier, on y arrivera pas.

-Eh bien tais-toi et cours ! S'écria Elena en courant par elle-même à son tour.

-Tss, s'énerva-t-il, je te trouve bien en forme pour quelqu'un qui était enfermé. Si ça trouve t'es vraiment de leur côté, ça expliquerai pourquoi tu es si bien habillée aujourd'hui.

-Tu me prends pour qui petit pot de yaourt ?! Je ne suis pas aussi faible que toi. J'ai de l'endurance.

-Sale schizophrène.

-Crétin des montagnes.

-Stalker.

-Ah tu peux bien parler , s'exclama-t-elle, tu ne peux pas lâcher Allen plus de deux jours.

Ils continuèrent à se battre ainsi, une goutte de sueur tomba le long de mon visage. Je n'avais rien à leur dire puisque plus ils s'énervaient et plus ils couraient vite. Les deux imbéciles étaient maintenant tête contre tête et se chamaillaient maintenant sur celui qui allait le plus vite.

-Allen, dépêches-toi, suppliais-je en sentant les flammes de leurs conviction me chauffer le visage.

Je ne savais pas combien de distance nous avions mis entre la fête et nous, mais je décidai qu'il était bon de s'arrêter un peu sinon nous ne pourrions plus repartir. Elena et Saori étaient plus essoufflés que jamais et avaient des points de côtés à force de parler en courant.

-Je...Je ne me doutais pas que... que se serait... aussi ...simple, souffla Saori.

-Ne...te fais... pas d'illusions, contra la russe. A mon avis... ils ne sont pas loin derrière nous.

Je lâchai un long râle de fatigue, cela faisait longtemps que je n'avais pas couru autant.

-Komui, où ça en est ?

-...

-Komui ?

Mes deux compagnons relevèrent la tête vers mon golem noir, ne comprenant pas non plus la raison du silence du grand intendant.

-Luberrier ? Appelais-je en colère.

-... Quoi ?

-Vous êtes vraiment un beau salop.

J'entendis avec bonheur l'homme s'étrangler avec sa réplique, je n'avais pas de raison récente de l'insulter ainsi. Mais dieu que ça détendait !

-Si vous pouvez continuer à courir, rendez-vous au port.

Nous soupirâmes à l'unisson, et c'est avec une lenteur d'escargot qu'Elena et Saori se relevèrent. Je vérifiai mes affaires ainsi que celle de mon coéquipier pour la mission. Et nous étions prêt à partir. Nous n'en eûmes pas l'occasion. Un courant d'air balaya la surface où nous nous trouvions, j'aperçus avec horreur une silhouette d'homme descendre du ciel.

-Vous pensiez vraiment que vous alliez nous échapper aussi facilement ?

Ils nous avaient déjà retrouvé.


Et voila le chapitre 8 est bouclé , il était près depuis une semaine mais je ne pouvais pas encore accédé à internet sur mon netbook (je suis actuellement en vacances dans la magnifique région qu'est la Bretagne !) Merci d'avoir lu et je vous donne rendez-vous au prochain chapitre .

Rin pour vous servir.