Bonjour tout le monde ! Le chapitre 9 arrive, j'espère qu'il vous plaira parce que c'est mon préféré ! Les choses avancent enfin, un peu, beaucoup ... ? A vous d'en juger ! En sachant qu'on a à faire à Severus Rogue, le moindre petit pas en avant est déjà exceptionnel ... !

Dites-moi ce que vous en pensez, ça me fait toujours très plaisir de lire vos commentaires et d'y répondre !

Bon dimanche et bonne lecture !

Hermione entendait des bruits étouffés autour d'elle, un peu comme quand quelqu'un pleure, la tête dans son oreiller pour ne pas être entendu. Elle ouvrit doucement les yeux, pensant que ces bruits n'étaient qu'une simple réminiscence du rêve dont elle sortait. Mais elle se rendit bien vite compte que ce n'était pas le cas.

La lune brillait joyeusement dans le ciel d'un noir d'encre et éclairait relativement bien la pièce, allongeant les ombres des lits et autre objets présents dans l'infirmerie. Tournant légèrement la tête vers l'origine du bruit qui l'avait réveillée, Hermione s'aperçut qu'un homme se trouvait là, la tête posée entre ses bras croisés sur le lit où elle dormait et les épaules secouées de sanglots. Severus Rogue était en larmes juste devant elle.

Il ne s'était pas encore rendu compte que la jeune femme était éveillée et celle-ci se demanda comment il réagirait lorsqu'il en aurait pris conscience. Elle ne pouvait cependant pas faire semblant de dormir jusqu'à ce qu'il se calme, ce n'était pas possible. Elle ne pouvait pas le laisser seul dans cet état. Alors elle tendit doucement la main vers celle de son professeur et le frôla du bout des doigts.

La réaction de l'homme fut instantanée. Il releva vivement la tête, vit qu'elle était réveillée et se dirigea vers la sortie en tanguant. Hermione avait eu le temps d'apercevoir dans ses yeux une lueur désespérée et c'est ce qui la fit tenter de se lever pour le suivre, malgré la douleur qu'elle ressentit en se redressant.

« Professeur attendez, s'il-vous-plaît ! fit-elle doucement, pour être sûre qu'il l'entende tout en évitant de réveiller l'infirmière. »

Il l'ignora et posa la main sur la poignée de la porte pour sortir. Hermione, elle, venait de poser les deux pieds à terre dans le but de se précipiter vers lui pour l'empêcher de fuir. Elle n'avait cependant pas prévu l'hypothèse que ses jambes ne la porteraient pas et tomba purement et simplement à terre, étouffant du mieux qu'elle le pouvait un cri de douleur. Étalée ainsi sur le sol, elle ne pouvait voir que les pieds des meubles et ceux de son professeur qui, plutôt que de partir, retourna sur ses pas. Doucement, il s'accroupit à ses côtés.

« Miss Granger, vous allez bien ? dit-il avec une légère nuance d'inquiétude dans la voix qu'Hermione ne remarqua pas, trop occupée à ne pas crier.

-Oui, gémit-elle.

-Je vais vous remettre dans votre lit, vous serez bien mieux qu'à terre, pauvre imbécile.

-Non ne me touchez pas ! »

Elle avait dit cela vivement et Severus s'arrêta, vexé. Hermione comprit qu'il avait mal interprété ses paroles et se dépêcha de reprendre.

« Ça fait trop mal, vous ne feriez qu'augmenter la douleur sans le vouloir ... »

Elle leva doucement les yeux vers lui, espérant qu'il comprendrait. Apparemment ce fut le cas, car il se redressa puis pointa sa baguette magique sur elle pour la soulever de terre et la reposer dans son lit sans lui faire le moindre mal.

« C'est mieux comme ça ? s'enquit-il en lui posant délicatement les couvertures dessus.

-Oui, merci, souffla-t-elle. »

Elle ferma les yeux un instant et respira profondément, essayant de faire diminuer la douleur. Elle savait qu'en faisant cela, elle prenait le risque que le maître des cachots s'enfuit de nouveau, mais au fond d'elle, elle savait qu'il resterait. Et elle avait raison car, quand elle rouvrit les yeux, son regard tomba directement sur celui de son professeur, qui la fixait avec inquiétude.

« Ne vous en faites pas, ça va, lui sourit-elle. »

Il ne répondit pas, se contentant de la fixer intensément. Hermione continua de lui sourire tranquillement, tandis que son cerveau analysait la situation. Il n'était pas dans les habitudes de Severus Rogue de fondre en larmes devant quelqu'un mais pourtant il était venu la voir à l'infirmerie, en pleine nuit. Elle sentit son cœur se serrer agréablement en prenant conscience que, finalement, ses efforts n'étaient peut-être pas si vains. Mais si elle voulait qu'il aille vraiment bien, il allait falloir qu'il parle. Qu'il se confie.

« Professeur, vous allez bien ? demanda-t-elle, sûre qu'il allait l'envoyer balader et partir.

-C'est à vous que je pose la question Miss. Après ce que vous avez vécu aujourd'hui et les dommages que vous avez subis.

-Oh, ce n'est rien, Mme Pomfresh aura vite fait de me remettre sur pieds.

-Peut-être, mais pour le moment vous ne pouvez pas vous en servir, fit-il, un léger sourire aux lèvres. »

Hermione le fixa, étonnée. Il venait de sourire. Lui, Severus Rogue. Quelque chose n'allait pas du tout ce soir et c'était peut-être bien pire qu'un problème d'alcool et de fantômes du passé.

« Qu'y a-t-il ? s'enquit le maître des potions en voyant son élève ouvrir de grands yeux.

-Vous venez de sourire. C'est … Inhabituel.

-Je peux partir si vous préférez.

-Non, restez ! »

Elle venait de le braquer. Bravo Hermione ! C'est comme ça que tu as l'intention de le faire parler ?

« Professeur, dites-moi ce que vous faites là. »

Severus Rogue la regarda un moment, sans rien dire. Puis, poussant un long soupir, il s'assit sur une chaise et, gardant la tête baissée, se mit à parler.

« Je suis simplement venu vous voir. Tout à l'heure j'étais passablement énervé et je me suis emporté. Mais … Vous nous avez inquiétés, la Directrice et moi. »

Hermione sourit en entendant l'inquiétude résonner dans la voix de l'homme. Il s'était inquiété pour elle. Ça lui faisait chaud au cœur. Fronçant les sourcils, la jeune femme se secoua. Ce n'était pas possible, elle ne devait pas laisser cela se produire.

« Et … Pourquoi pleuriez-vous ? »

Il mit du temps à répondre. Tellement de temps qu'elle crut qu'il ne reprendrait jamais la parole. Mais elle n'osait pas le relancer, de peur qu'il parte pour ne pas revenir. Elle n'avait pas envie qu'il fuie, elle voulait qu'il se confie à elle une bonne fois pour toutes, afin qu'elle puisse réellement l'aider et pas seulement vider et jeter des bouteilles.

« Granger, je … Je ne sais pas pourquoi vous tenez tant à m'aider. »

Il releva la tête vers elle et leur regard se croisèrent. Dans celui de son professeur, elle vit une petite lueur prête à s'éteindre, comme si la vie s'en échappait progressivement. Dans celui de son élève, il vit beaucoup de détermination mais aussi, et c'est ce qui le décida finalement à parler, de la sincérité.

« Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Que depuis que la guerre est terminée je me sens totalement inutile ? Je pensais que la chute du Seigneur des Ténèbres me permettrait d'avoir enfin un peu de repos et une vie. Une vie à moi, sans personne pour me dire quoi faire, quand et comment le faire. Sans personne pour me demander de risquer ma vie, de faire du mal, d'obtenir des informations sur les projets d'un des deux camps. Mais finalement, maintenant j'ai l'impression de ne plus avoir de but. Et quoi de mieux pour oublier que de se noyer dans l'alcool ? »

Il se tut, la tête baissée sur ses grandes mains blanches qu'il avait posées sur ses genoux.

« Ce n'est pas tout, lança doucement Hermione, car elle sentait qu'il n'avait pas tout dit.

-Je ne peux pas parler du reste pour le moment. J'en suis incapable, fit-il dans un souffle.»

Le silence se fit dans l'infirmerie. Severus continuait à fixer ses mains, ayant perdu tout courage de relever la tête pour faire face à son élève. Hermione n'attendait pourtant que ça. Elle voulait lui parler directement. Elle voulait voir comment il réagirait à sa réponse, pour savoir jusqu'où elle pourrait aller ce soir. Alors, précautionneusement, elle se redressa, serrant les dents pour ne pas gémir de douleur. Son dos et sa poitrine irradiaient, mais elle ne devait pas le montrer. Elle s'assit difficilement sur le bord du lit, pour se rapprocher le plus possible de son professeur, qui avait relevé la tête en l'entendant bouger.

« Qu'est-ce que vous faites ? Vous allez vous faire mal. »

Il s'était mis debout en disant cela et tendit les bras pour la faire se rallonger. Mais avant qu'il ne l'atteigne, elle plongea son regard dans le sien.

« Toute votre vie, vous avez été le pantin de Voldemort et Dumbledore. C'est normal que vous ayez du mal à reprendre une vie sans tout ça. Vous n'avez jamais eu de vie normale. Mais boire ne vous aidera en rien et je suis certaine que vous le savez. Je sais que c'est difficile, que tout ce qu'on a vécu était horrible. Particulièrement pour vous. Mais vous êtes un homme fort Severus Rogue. Ça aussi je le sais. Vous êtes capable d'aller mieux et de prendre votre vie en main. Je peux vous aider, si vous m'y autorisez. »

Le maître des potions s'était figé. Il avait les larmes aux yeux et Hermione aurait voulu pouvoir se lever pour le prendre dans ses bras. Mais elle ne pouvait pas faire ça. Elle ne devait pas faire ça. Elle était une élève, il était son professeur, ils avaient 20 ans d'écart. Elle ne devrait même pas penser à ce genre de choses.

Pendant quelques secondes qui durèrent une éternité, Hermione se battit avec elle-même pour savoir si oui ou non, elle allait se lever. Puis elle vit une larme couler le long de la joue de l'homme debout devant elle et ne se retint plus. Doucement, elle posa les deux pieds à terre, priant pour que, cette fois-ci, ses pieds la portent. Quand elle se redressa, la douleur devint insupportable et elle se sentit tomber, encore une fois. Mais avant qu'elle ne touche le sol, deux bras l'entourèrent et la ramenèrent délicatement sur le lit, en veillant à ne pas lui faire plus de mal.

« Ne vous mettez pas debout Granger, vous allez vous faire mal.

-Tant pis. Je refuse de vous laisser dans cet état sans rien faire.

-Et puis-je savoir ce que vous comptiez faire ?

-Ça. »

Étant donné que ses bras étaient toujours autour d'elle, Hermione n'eut aucun problème à entourer les siens autour de son professeur. Elle le serra dans ses bras, en faisant cependant attention à ne pas se faire mal. Il se figea un instant, puis finit par se détendre en poussant un léger soupir. La jeune femme sourit. Finalement, les quelques mois passés à le harceler tous les soirs pour qu'il arrête de boire et accepte son aide avait porté ses fruits.