Au sujet du passage du journal plus bas.
Vous remarquez des « -, ..., 000 ». C'est l'humidité qui a effacé des lettres.
Vous comprendrez à la fin de la fic.
Chapitre 9 - Prise de liberté
Cher journal.
Cela fait un an que Scotch est mort. Durant cette période, je me suis beaucoup retourné contre l'Organisation, qui m'exploitait plus que je ne pouvais l'accepter. Mes sentiments envers Rye ont grandi, plus vite que jamais je n'aurais cru le penser.
Il s'est absenté depuis des mois. Une sérieuse mission à l'étranger, disait-on. Quant à moi je me contentais de désobéir et vivre ma vie, souvent à l'extérieure, directement à Tokyo. C'est ça, la liberté.
Mh. Je trouve que j'ai grandi, aussi. J'avais peur de mourir, mais je me rends en compte qu'au final ils ne prêtent pas plus attention qu'à moi que ça. Shiho leur est utile, ils ne tenteront sans doute rien.
Demain, Dai rentrera. Peut-être devrais-je essayer de lui parler de ce que j'ai découvert. Son identité réelle, un homme du FBI. Aurais-je le courage ?
J'essuyais avec la manche de mon gilet les fines gouttes de transpiration sur mon front.
Qui avait donc installé ce chauffage ? Incapable de fournir de quoi se sentir bien dans son habitat l'hiver, et dysfonctionner l'été. La pièce était étouffante, et les nuits impossible à profiter dans leur intégralité.
Aujourd'hui était un jour spécial. Je voulais absolument marquer l'événement, me faire belle. Un chemiser, une jupe, un nœud dans les cheveux. S'il rentrait dans l'après-midi, mon accueil devait être à la hauteur.
Le voir sourire me procurait une sensation très agréable. Ce soir, je reprendrais l'écriture de ce journal maudit dont je n'avais, au départ, aucune envie de compléter. Sérieusement qui irait raconter sa vie en détail dans un bouquin qui, de toute manière, ne sera jamais lu par personne ?
Midi.
Je quittais la table de déjeuner en catimini, père restant impassible comme à son habitude. Il ne sourcilla pas, et n'eut aucune question à mon égard. J'étais déjà dans ma chambre pour peaufiner les derniers détails sur mon apparence.
Oh, que j'étais contente de le retrouver. J'espérais qu'il ressentait la même chose à mon égard. Mais venant de celui que j'avais autre fois détesté, peut-être était-ce peine perdue, étant lui-même quelqu'un de très renfermé et réservé. Néanmoins le fait de l'avoir déjà fait sourire m'avait valu d'être traité comme une sainte déesse descendue des cieux dans les locaux.
Quel était l'objectif suivant sur la liste ? Ce morceau de papier sur lequel j'avais gribouillé des étapes. Quelle idiote je faisais, à être amoureuse d'un type pareil ! Mais ça ne m'importait peu.
J'en riais encore. Le faire sourire. Le faire rire. Et finalement, changer son comportement. Et à garde-robe, chose partiellement accomplie lors de ce voyage à Osaka.
FBI.
Dans mes pensées, aussi profondes pouvaient-elles, parfois des souvenirs pouvais s'imposaient et faire barrage à ceux qui étaient en permanence bercée par cette douce lumière. Cet éclat lumineux qui provoquait la joie et la bonne humeur. Sa réelle identité n'en était pas un, et l'appréhension que je ne sois qu'un objet à son égard ressortait souvent dans des moments aussi peu souhaitable.
Mhrr.
Akai. Je crois que c'était ça, son nom. Peut-être devrais-je rechercher quelqu'un qui portait le même diminutif en ville ? Un membre de sa famille devait certainement résider au Japon.
Mhrr.
D'un geste rapide, je replaçai la mèche rebelle sur mon visage derrière mon oreille. J'étais parfumé ? Je n'avais pas de taches sur mon habit ?
- Peut-être devrais-tu songer à te retourner et m'accueillir, Akemi.
HAA!
Un sursaut. Le long frisson qui en découla le long de mon dos signalait que, bien heureusement, mon cœur battait toujours. Si facilement victime de ces frayeurs, en particulier venant de sa part, il était peut-être temps de corriger cet aspect de ma personnalité.
Je me sentis rougir. Jusqu'à mes oreilles.
Il restait droit, mais légèrement courbé en avant. Sa mâchoire se contracta, comme s'il souhaitait s'excuser, mais les mots ne vinrent pas troubler le silence qui s'était déjà immiscé entre nous.
- Cela faisait longtemps, Dai, dis-je finalement.
Il avait un bouquet de fleurs dans la main. Mes préférées. Des tulipes.
- Je ne savais pas quoi offrir, alors j'ai honteusement copié les autres hommes.
- C'est parfait. Recevoir un cadeau de ta part c'est déjà beaucoup. Elles sont magnifiques.
Son sourire, étiré sur son visage, était bien réel.
Ce n'était plus ces rictus qu'il dessinât parfois pour effrayer ses opposants, ou un faux sentiment.
- Tu es ravissante, dit-il en s'asseyant sur le sofa. Comment vas-tu ?
Était-il non seulement possible dans une même phrase de joindre un compliment et une question aussi basique ? Non, il était clairement la seule personne à ma connaissance à être aussi étrange dans la manière de communiquer avec l'espèce humaine.
Il pensait sans doute que je ne l'avais pas vu, il y a bien longtemps, agenouillé sur le sol humide des jardins pour secourir cet écureuil piégé. C'était bien le cas. Une nouvelle qualité qui était apparue chez lui comme une étoile filante dans le ciel sombre de la nuit.
Sourire.
Je ne pouvais pas m'en empêcher. Sa présence dans cette pièce suffisait pour que je me sente étrangement bien. Il ne m'avait pas spécialement manqué à ma plus grande surprise, mais des retrouvailles avec lui ne me dérangeaient jamais.
- M...merci, soupirai-je timidement. Je me sens bien, je crois. Et toi ? Comment était-ce ?
- Pénible, répliqua-t-il. D'autant plus que cet homme, Bourbon, n'a pas digéré la mort de son ami. Il cherche l'occasion parfaite pour me tirer une balle dans la nuque.
J'aurais aimé lui dire qu'il serait certainement possible d'apaiser la tension entre les deux hommes en lui révèlent ce qu'il s'était réellement passé, mais il ne m'en laissa pas le temps.
Il se releva, et tourna subitement la tête vers la porte d'entrée.
La pression qui était montée en moi en un instant retomba si soudainement. Ce n'était pas Amuro qui attendait à son paillasson, mais bien un homme de laboratoire, habillé d'une blouse blanche.
Qu'est-ce qu'il nous voulait, celui-là !
Son regard si innocent. Je ne remettrais plus un pied dans ces endroits de malheur.
- Certaines conversations se doivent de rester privée... menaça Rye en fronçant les sourcils.
Sa main s'arrêta net à un centimètre du visage du pion de l'organisation.
- Hahaha ! ricanait-il en arrachant son masque. Je ne fais que plaisanter. A simple joke, from a simple woman.
- Ça m'étonne de croiser un haut membre dans cet endroit si sale à vos yeux... Vermouth.
C'était elle.
Elle nous haïssait. Nous, les Miyano.
- Oh peut-être voudrais-tu que je débarrasse le plancher, Dai ?~ siffla-t-elle. Eh bien quel chaleureux accueil. J'interromps une cérémonie de retrouvailles fort touchante, j'en suis certaine, néanmoins Sherry ne tardera plus à revenir pour nous aider dans les laboratoires.
- Je n'y retournerais pas.
Vermouth se tourna.
Elle sortit une cigarette de son paquet en me regardant de haut. Quelle peste. C'était la pire, avec Rum selon les rumeurs. Une attitude abominable, et une manière d'être insupportable.
- Toi non. Elle oui.
- Explique-toi, rétorqua Rye.
- Nous avons discuté avec Shiho, répondit-elle en crachant de la fumée. Et il serait fort regrettable de nous séparer de ses talents. Alors, nous allons simplement nous séparer de toi, sa sœur. À condition que celle que nous souhaitons garder à nos côtés continue de travailler pour nous.
Shiho... allait se sacrifier ?
Vermouth leva le doigt en signe de silence.
- No, no ! Tu as tout faux ! déclara-t-elle comme si elle avait lu dans mes pensées. Rien ne changera. Elle continuera de faire ses études, de travailler avec nous, et d'avoir contact avec toi. En échange de la continuation de son travail pour nos projets, elle a exigé que tu puisses vivre e dehors d'ici. Alors tu es libre. Mais tu seras surveillée. Et le moindre mot qui viendrait à s'échapper de ta petite bouche de fille gâtée t'emmènera droit au cimetière.
Elle se dirigea vers la porte.
- J'espère qu'on peut te faire confiance... susurra-t-elle en mimant l'envoi d'un baiser.
Garce.
[==]
Je refermai la porte de sa voiture.
Lui serra sa ceinture et régla le rétroviseur.
Enfin lire. Loin de cet endroit de malheur. L'odeur des laboratoires, des cobayes, des salles d'expérimentations... tout ça était loin derrière moi. Il était peut-être temps de l'annoncer dans mon journal ?
« Cher journal,
Je suis l-ebre. Heu-euse. 000. Je ne me suis ja-0 aussi... bie-. Rye es-.. Je.
J'en suis convai..-. Je l'aim..00. »
- Où va-t-on ? osais-je lui demander.
- Vivre.
Cette réponse m'avait satisfait.
Mais je ne voulais pas en rester là.
Lui était toujours de l'Organisation. Tout du moins, c'est ce que je pensais. Il était infiltré, n'est-ce pas ? Pourquoi continuerait-il de m'utiliser ? À moins que ma théorie ne soit fausse.
Je rougis une fois encore. Comment lui avouer ce que je ressentais pour lui, maintenant.
- Tu n'es plus mon garde du corps, non ? Pourquoi tu resterais auprès de moi ? lui dis-je, étonné.
Il écarquilla les yeux.
Ohoh.
Je sentais un léger frisson. Un froid m'envahissait. J'espérais certainement que sa réponse ne soit pas trop brutale. Je regrettais déjà d'avoir eu le courage de la lui poser. Il se contenta de sourire.
Du coin de l'œil, je l'observai un court instant, attendant une réponse.
- Parce que tu es plus pour moi qu'une personne à défendre, Akemi.
Battement de cœur.
Sa voiture entra dans le cœur de la ville de Tokyo.
Besoin d'une pause !
Et c'est fait. Voilà.
J'ai répondu par MP, alors je n'ai plus rien à dire. À bientôt ! :D
