Chapitre 9 :
Sherlock déboutonna rapidement la chemise et la retira pour la laisser tomber par terre, sous le grondement discret de John, toujours sous son apparence de léopard. Ce dernier le toucha de son nez froid et renifla son cou, faisant frissonner le brun. Son souffle était chaud, ses moustaches chatouillaient sa peau sensible, et la fourrure douce glissait entre ses doigts.
Le médecin cherchait la moindre odeur du criminel-consultant sur le corps du détective. Oubliée la fatigue, il avait plus important à faire : prouver que Sherlock lui appartenait. Sa langue râpeuse passa doucement le long de son cou, provoquant des soupirs. Il devait vraiment être sensible, celui-là... Les doigts de Sherlock s'étaient resserrés sur ses épaules et il semblait apprécier le traitement. Il descendit vers ses clavicules, reniflant toujours et léchant la peau d'albâtre. Il avisa un endroit sur l'épaule où aucun vaisseau sanguin important ne passait à cet endroit et où sa marque serait visible pour les rivaux potentiels. Il choisit la jonction entre l'épaule gauche et le cou, et planta ses crocs dedans, évitant de lui causer des hémorragies.
« John ! Gémit le détective en poussant pour le forcer à s'éloigner. Tu me fais mal ! »
Aussi rapidement qu'ils étaient rentrés, les crocs se retirèrent et la langue passa dessus pour apaiser la douleur. Mais la marque de morsure était là et resterait sans doute un moment. Seules quelques gouttes de sang coulaient de la blessure, il avait bien choisi l'endroit. Il attendit d'être sûr que son colocataire soit un peu plus détendu avant de vouloir se retirer et partir, mais deux mains l'empêchèrent de bouger.
« Reprend ton apparence humaine John... »
C'était un ordre, comme d'habitude. Sherlock était autoritaire de nature, John le savait depuis longtemps. Mais sa façon de le prononcer en ce moment-même tenait plus de la supplication tellement la voix était gémissante. Il ne pourrait qu'obéir à ses ordres. Lentement, il reprit sa forme normale et fut surpris par l'assaut de son colocataire. Ce dernier lui avait limite sauté au cou et lui avait rendu la morsure. Ses mains avaient envahi le corps du militaire qui se tendit. Ses longs doigts fins caressaient son dos et il l'attirait contre lui dans une étreinte que même un soldat entraîné comme lui aurait du mal à défaire. Le blond grogna quand il sentit les dents sur son cou, laissant une belle marque rouge. Le voilà marqué pour au moins deux jours... Le détective pensait-il bien faire en mordant John au cou comme lui l'avait fait ? Il fallait avouer que le médecin ne s'était pas attendu à une telle réaction. Le marquage définissait quelqu'un comme étant sa propriété. Donc Sherlock était à John, tous seraient au courant à partir de maintenant. Et John était à Sherlock. Son esprit pouvait accepter cette marque. Jamais le détective ne se soumettrait totalement à lui, et c'était mieux comme cela. De cette façon, ils étaient presque sur un pied d'égalité, le « presque » incluant le fait que le brun pouvait pratiquement faire ce qu'il voulait du blond. Surtout en ce moment où il semblait projeter un contact plus sportif qu'un simple câlin dans le canapé. Ne pouvait-il pas faire un effort et prendre en compte le fait que le blond soit épuisé de sa stabilisation ?
« John... »
Apparemment non. Le militaire réfléchit rapidement, même si les mains qui parcouraient son corps ne l'aidaient vraiment pas. Il voulait dormir, mais Sherlock n'était pas de cet avis et comptait bien soulager la tension qu'il ressentait contre son bas-ventre. Heureusement que le détective portait toujours son pantalon : cela le refrénait un peu et le fait d'être agrippé pour ne pas qu'il s'échappe lui donnait un petit avantage.
« Je suis fatigué Sherlock, Soupira-t-il en voulant s'extraire de l'étreinte solide qui le piégeait.
-Tu m'as mordu, rétorqua le brun en plantant son regard hypnotique dans le sien. J'exige avoir droit à une compensation. »
Manquait plus que ça...
« Je te signale que tu m'as également mordu au cou.
-Mais pas aussi fort que toi. Et puis c'est de ta faute : c'est toi qui a commencé à m'exciter. »
Pourquoi fallait-il toujours qu'il cherche à avoir raison ?
« John, je te lâcherai pas même si je doit passer tout le restant de la nuit et la journée qui suivra dans cette position. »
Il en était parfaitement capable en plus...
S'il ne faisait que le tenir, John pourrait sans problème dormir contre lui. Le seul hic serait qu'il risquerait d'avoir froid dans cette absence de tenue, sauf s'il prenait l'apparence d'un félin. Mais tiendrait-il toute la nuit et la journée si son partenaire continuait ses attentions ? Pas sûr...
Il fondit alors sur son colocataire et lui dévora le cou, le faisant brusquement haleter. Il voulait une compensation ? Il allait l'avoir sa compensation. Et John pourrait dormir après. Ses mains habiles parcoururent le corps mince et musclé et dénouèrent la ceinture avant de retirer le pantalon qu'il fit glisser jusqu'au sol. Il restait le sous-vêtement à enlever et il ne tarda pas à rejoindre son confrère de tissus. Une de ses mains descendit vers sa virilité tandis que l'autre s'occupait de son torse. Sherlock se tenait fermement à ses épaules, respirant bruyamment. Les mains de John étaient incroyables ! Il savait exactement où les poser et comment les déplacer pour lui arracher des soupirs.
Savoure bien, pensa le militaire en descendant plus bas. Parce que j'ai pas l'intention de continuer pour ce soir.
Sa langue et ses lèvres parcoururent le torse, jouèrent un moment avec les mamelons tandis que les mains le maintenait sur le canapé. Ensuite il passa à ses abdominaux qui frémirent sous les caresses. Et enfin, au grand soulagement du sociopathe, prit sa virilité dans sa bouche.
Le brun ne put retenir le gémissement qui s'échappa de ses lèvres. Et ce fut le premier d'une longue série. Bon sang, comment faisait John pour lui procurer autant de plaisir ? Il sentait son cerveau se déconnecter et voulut l'arrêter avant qu'une nouvelle vague le prenne et annihile sa volonté.
« John ! »
Quoi ? Ce n'était pas ce qu'il voulait ? Il l'avait sa compensation. Bon sang ce que les humains normaux étaient compliqués des fois... Les génies encore plus que les autres. Les humains thérianthropes ne faisaient pas autant de cérémonie. Leur instincts étaient plus forts, ce qui réglait bien souvent les problèmes entre eux. Un souci dans la hiérarchie ? Les rivaux s'affrontaient entre eux jusqu'à ce que l'un d'entre eux se soumette. Une hésitation entre deux solutions ? Ils agissaient selon ce que leur instinct disait de faire. Leur raison était toujours présente, aussi développée que les gens non-changeurs. La seule différence résidait dans le fait qu'ils écoutaient plus leurs instincts que leur raison.
Il ignora les suppliques et continua en faisant jouer sa langue. Il entendit son partenaire pousser des petits cris et insista jusqu'à ce qu'il le sente se tendre et se relâcher dans un râle. Il se redressa alors en se léchant les lèvres et remonta vers le cou de Sherlock pour l'aider à redescendre en douceur. Il était fatigué mais son instinct l'interdisait de laisser son colocataire tout seul tant qu'il ne serait pas totalement remis. Les deux longues jambes du détective s'enroulèrent autour de sa taille et il se sentit pris au piège : il était coincé contre le corps d'albâtre et dans une position qui ne lui permettrait pas de garder le contrôle de lui-même aussi longtemps qu'il le souhaitait.
« John... »
Putain ! Cette voix était hypnotique et n'arrangeait vraiment rien ! Sans qu'il ne comprenne vraiment, il se retrouva sur le dos, avec son partenaire au-dessus de lui. Ce dernier avait profité du fait qu'il s'occupe à nouveau de son cou pour le bloquer entre ses jambes et inverser leur position. Ses mains finirent maintenues contre le tissu sombre : il était totalement à sa merci.
« Sherlock. Commença-t-il d'un ton plutôt perplexe. Qu'est-ce que tu fais ? »
L'interpellé sourit mystérieusement et mit ses doigts contre ses lèvres.
« Ce n'est pas assez, John. »
L'enfoiré : il s'était encore débrouillé pour obtenir ce qu'il voulait... Mais maintenant, il était trop tard, le militaire ne réussirait jamais à se défaire de cette étreinte, même s'il ne voulait pas tellement quitter le radiateur ambulant qui lui servait de colocataire. Colocataire qui profita de son indécision pour insister avec ses doigts.
« John.
-Sherlock, sais-tu au moins ce que tu fais ? Râla le médecin, un peu inquiet pour la suite.
-Je n'ai peut être pas la pratique mais je connais au moins la théorie. »
John se demanda s'il devait s'en alarmer ou non... La main libre du détective se balada sur son torse, le faisant prendre une grande inspiration : il était toujours aussi sensible aux caresses prodiguées par Sherlock. Pourtant, il y avait le droit presque à chaque fois qu'il prenait une forme féline, il aurait dû s'y habituer... Mais non. Il accepta tout de même les doigts qui lui étaient présentés et les suça de façon à faire presque craquer le brun qui dût user de tout son self-control pour ne pas le prendre sur le champ. Il retira rapidement ses doigts et le prépara sommairement : tant pis pour la douceur, de toute façon elle n'avait pas été prévue au programme...
« Sherlock ! Va doucement ! »
Il venait d'entrer en lui et poussait, centimètre par centimètre. John s'était agrippé à ses épaules et lui enfonçait ses ongles dans la peau, une larme coulant sur la joue. Il était entièrement crispé et peinait à se détendre. Le détective s'arrêta un moment et tenta de le distraire en mordillant son cou et redessinant sa mâchoire. Lorsque le blond sembla s'habituer à l'intrusion, il débuta des mouvements de va-et-vient, allant toujours plus profondément.
« John, si tu savais depuis quand je voulais faire ça...
-Tu... Voulais ? Aah !
-Je voulais... et je le veux toujours. »
Il avait amplifié ses gestes, faisant crier et grogner son amant, frappant le point sensible presque à chaque coup. Il sentait les ongles du médecin griffer son dos, traçant des sillons écarlates sur leur chemin.
« Plus... Sherlock ! Plus vite ! »
Il céda à sa supplique et sentit qu'il atteignait le point de non-retour. Il abaissa alors sa main pour le caresser en rythme avec ses mouvements de bassin. John se mit à trembler et se relâcha enfin dans la main du sociopathe qui continua à bouger. C'en devenait une véritable torture pour le changeur qui retrouvait dans un état de pression proche de la délivrance à nouveau mais sans pouvoir relâcher la tension. Des larmes de plaisir inondaient ses joues et il avait l'impression de crier à s'en briser les corde vocales. Sherlock aussi laissait entendre sa voix et devenait de plus en plus frénétique et sauvage. Enfin, il se libéra dans un cri alors que John jouissait pour la seconde fois en poussant un grognement bestial.
Les deux hommes restèrent de longues minutes l'un contre l'autre à reprendre leur souffle, puis le militaire se leva doucement pour prendre une douche, aussitôt suivi par le détective qui se laissa nettoyer par les bons soins du plus vieux sous le jet d'eau chaude. Ce moment de tendresse leur fit beaucoup de bien et les apaisa. Lorsqu'ils sortirent de la salle de bain, Sherlock entraîna John vers sa chambre et s'allongea sur un côté du lit tout en tapotant l'autre de sa main pour l'inviter à le rejoindre, et il ne fut pas déçu.
Le blond s'était couché à ses côtés et s'était rapidement endormi, rattrapé par tous les événements de la soirée. Le brun se mit contre lui et l'entoura de ses bras, gardant sa tête enfouie dans son cou. Il resta un instant à le veiller puis se redressa lentement pour quitter la pièce et revenir ensuite avec son portable. Comme prévu, Moriarty lui avait envoyé un message :
« Johny-boy est peut être un thérianthrope stable mais tu ne pourras jamais réussir à t'échapper à chaque fois. »
Il sourit puis répondit tout en se rallongeant auprès de John :
« J'y arriverai toujours, car j'ai quelque chose que tu ne possèdes pas. »
« Un cœur ? C'est la pire des faiblesse d'un homme. Ce n'est pas avec un cœur que tu me vaincras ! »
Moriarty avait malheureusement raison : le cœur était une faiblesse. Il rabattit les couvertures sur lui et reprit son portable non sans jeter un regard à son John endormi. Il avait bien plus qu'un cœur.
« Je sais, mais j'ai beaucoup mieux : un griffon. :-) »
Sur ses mots, il se rapprocha de son médecin et l'attira à lui dans une forte étreinte pour s'endormir à son tour, bien décidé à le garder pour lui et de ne le laisser à personne d'autre.
Quand à Moriarty, il n'osa pas répondre, se rappelant de la frousse bleue qu'il avait eu quand le griffon en question s'était jeté sur lui avec la ferme intention de le tuer. Peut être qu'il devrait se faire oublier un moment, le temps de se remettre de ses émotions ainsi que de se trouver un assistant aussi fidèle que Johny-boy envers Sherlock.
…
Il allait avoir du travail pour trouver une perle aussi rare... Mais durant ce temps, nos deux colocataires préférés étaient sûr d'être tranquilles. Et ils ne s'en préoccupèrent pas pour autant, préférant faire une nuit à peu près complète et calme.
