Le voyage jusqu'à Polis se fit en encombre. Les blessures physiques de Clarke étaient presque toutes cicatrisées. Lexa avait pris grand soin d'elle et les nanites avaient fait le reste. En ce qui concerne les blessures psychologiques, la guérison était encore loin d'être complète, mais Lexa était d'une tendresse et d'une patience infinies.
Arrivées dans la ville même, Lexa et Clarke allèrent directement chercher leur fille. Lorsqu'elles arrivèrent, Winona était en train de jouer par terre, enfin plutôt sur Kane. Celui-ci était allongé le dos sur le sol. La petite était assise sur son ventre et comme il avait replié les jambes, elle s'en servait comme dossier. Il tenait ses petites mains dans les siennes, et ouvrait ses jambes pour la faire basculer en arrière. La petite riait à gorge déployée à chaque fois.
Lorsqu'elle aperçu ses deux mères, elle prit appuis sur le torse de Kane, passa sa jambe potelée par dessus et couru vers elles. Lexa l'attrapa au vol et la souleva dans les airs, la petite riait toujours. Elle la serra ensuite contre sa poitrine, les petites mains vinrent agripper les longs cheveux bruns pour les frotter contre son visage.

- Maman ! Maman Lesa !
- LeXa...
- Lesa !
- Tu es es presque mon p'tit oiseau, je t'aime, tu m'as tellement manqué...

La petite tendit les bras pour se nicher dans le cou de son autre mère. Là aussi, elle attrapa les cheveux blonds et frotta ses joues.

- Maman Klak !
- Oui, mon amour... Tes mamans sont revenues ! Qu'est ce que tu as grandi ! S'étonna Clarke.
- Oui, elle a poussé comme un champignon..., dit Abby en arrivant.
- Tout c'est bien passé ? Demanda Marcus.

Comme Clarke ne disait rien et qu'elle se cachait dans les bras de sa fille, Lexa prit la parole.

- Nous avons libéré tous les enfants..., mais il nous reste encore des choses à faire ! Il faut mettre fin au règne de ce fou, mais pour l'instant, nous allons prendre un repos bien mérité...
- Oui bien entendu..., répondit Kane surprit de n'avoir pas eu réponse à sa question.
- Comment va Octavia, demanda Clarke d'une petit voix.
- Son état est stationnaire, physiquement, elle a récupéré, mais psychologiquement, elle reste fragile. Indra passe la voir tous les jours, parle avec elle, l'oblige à sortir, à faire de l'exercice. Mais j'avoue qu'elle va un peu mieux depuis qu'elle a retrouvé son fils.
- C'est celui de Lincoln ?
- Oui, il lui ressemble beaucoup d'ailleurs, il est très mignon.

Abby regarda sa fille. Elle eut l'impression que quelque chose avait changé en elle.

- Tout va bien ma chérie ? Demanda Abby en passant une main sur la joue de sa fille.
- Oui, bien entendu, pourquoi cela n'irait pas ? Répondit Clarke avec précipitation.
- Je ne sais pas quelque chose de différent..., ton visage..., c'est curieux..., c'est mon imagination s'en doute..., parce que vous me le diriez, si quelque chose n'allait pas, n'est ce pas ?
- Tous va bien, Abby..., dit Lexa sans grande conviction.
- Et vous ça va ?
- Oui, les nanites ont réglé le problème.
- Vous m'en voyez ravie, mais vous passerez me voir toutes les deux, et c'est le médecins qui vous parle, ici, entendue ? Dit Abby sur un air qui ne laissa place à aucun refus.

Lexa et Clarke hochèrent la tête.

- Maintenant que cet interrogatoire est terminé, pouvons nous partir, nous reposer ! Dit sèchement Clarke.
- Chérie..., ce n'est pas un...
- Nous sommes fatiguées Abby, je vous promet, nous venons vous voir dans quelques jours..., finit par dire Lexa.

Abby et Kane regardèrent Lexa, Clarke et Winona quitter la pièce.

- Il s'est passé quelque chose, j'en suis certaine, Marcus ! Elles me cache un truc... grave.
- Tu es sur ?
- Une mère ressent ces choses là... Je ne sais pas ce qui c'est passé là-bas, mais tu ne m'oteras de l'idée qu'il s'est passé un truc ! Son visage, aussi...
- Quoi son visage... ?
- Je ne sais pas, il a quelque chose de changé...
- Elle vieillit tout simplement ! Dit Marcus en plaisantant.
- Marcus, ne te moque pas, s'il te plaît !
- Je ne me moque pas..., je dis tout simplement, que s'il s'était passé quelque chose de grave, elle t'en aurait parlé forcement...
- Non, pas si c'est très grave...
- Écoute, laisse leur quelques jours, s'il y a eu quelque chose, elle finira par t'en parler.

Les jours suivant, Lexa passa beaucoup de temps avec ses généraux, les ambassadeurs pour voir s'il était possible d'attaquer la ville d'El Paso pour la libérer du joug d'Alejandro.
Pendant ce temps, Clarke reprenait un peu confiance en elle. Elle passait beaucoup de temps avec sa fille, des moments de complicités qu'elle appréciait tout particulièrement. Mais aujourd'hui, elle avait décidé de passer un peu de temps avec Octavia. Elle la trouva au milieu de la clairière où elle et Lexa avaient célébré leur union. Indra jouait avec le garçon pendant que la mère, était allongée dans l'herbe les yeux fixés sur les nuages.
Clarke s'approcha d'Indra.

- Bonjour, Clarke, nous n'avons pas eu l'occasion de nous voir depuis votre retour. Tout c'est bien passé ?

Toujours cette maudite question...

- Oui, tout c'est bien passé... Comment va Octavia ?
- Mieux, surtout depuis qu'on lui a ramené LJ...
- LJ ?
- Lincoln Junior... c'est le portrait craché de son père, même tête, même caractère ! Dit Indra en riant.
- A t elle évoqué ce qu'elle a subit ?
- Très peu. Elle garde ça enfouie et ça la ronge. Votre mère lui a expliqué que pour avancer, il fallait qu'elle en parle à quelqu'un, n'importe qui... J'ai essayé, en vain.
- Vous croyez que je pourrai lui parler ?
- Bien entendu, on ne sait jamais..., voulez vous que je vous garde Winona ? Ils aiment bien jouer ensemble ses deux diablotins...

Voir Indra en baby sitter avait quelque chose d'irréel, mais de très drôle aussi. Cette femme était étonnante aussi à l'aise en guerrière, juge ou nounou !
Clarke s'approcha d'Octavia, et s'asseya à coté d'elle.
Octavia tourna la tête vers elle, mais ne lui dit rien.

- Il est vraiment très mignon ton garçon.
- Merci de l'avoir sauvé aussi...
- De rien j'aurais préféré venir avant, pour te sortir de cet enfer...
- Vous avez réussi...
- Oui, mais si j'avais su...
- C'est fini, Clarke ! Ce qui est fait est fait, ça sert à rien de ressasser ! Dit sèchement Octavia.
- Et toi comment vas tu ?
- Bien, je viens de te le dire, tout ça est derrière moi !
- Octavia, enterrer un traumatisme comme le tien, ne t'aidera pas, il faut que tu en parles à quelqu'un !
- Ah c'est pour cela que tu viens ! C'est ta mère qui t'a envoyer ! Cria Octavia en se levant.
- Non !
- Pour faire parler la pauvre folle d'Octavia !
- Mais pas du tout ! Tu n'y es pas du tout !
- Qu'est ce que tu veux savoir, hein ? Combien de fois, il m'a violé ? Combien d'os il m'a cassé ? Combien j'ai prit de coups de fouet, de bâton, de pied ou de poing ?
Combien de fois, il m'a brûlé, tailladé, poignardé ? Combien je me suis sentie sale, humiliée, anéantie, désespérée, seule, abandonnée ? Combien de fois j'ai faillie mourir ou voulu mourir ? C'est ça que tu veux savoir ?

Octavia pointait son index vers Clarke. Au fur et à mesure qu'Octavia évoquait ses sévices, Clarke pensait à ceux qu'elle avait vécu, elle ne pu en supporter d'avantage. Elle recula, couru vers sa fille, la prit dans ses bras et s'enfuit.

- Désolée, Indra, je pensais bien faire...
- C'est pas grave, partez, je vais m'en occuper...

Clarke quitta la clairière en serrant sa fille contre elle, elle entendait encore Octavia qui vociférait.

- C'est ça cours Clarke ! Fuis c'est tout ce que tu sais faire ! Personne ne peut comprendre ce que j'ai vécu et surtout pas toi !
- Oh ! Combien tu te trompe Octavia ! Je n'ai peut être pas souffert aussi longtemps que toi, mais j'ai au moins souffert autant que toi !

Clarke rentra et s'occupa de sa fille. La petite la regardait avec ses grands yeux, comprenant que sa mère avait du chagrin, elle caressa la joue de sa mère et lui fit un grand sourire qui laissa apparaître ses dents toutes récemment sorties.
Une larme coula sur la joue de Clarke.

- Pas pleurer maman, pas pleurer..., dit la petit fille très sérieusement.
- Maman est triste. Je suis désolée ma chérie. On va faire un petit dodo et demain, tout ira bien.

Elle installa sa fille dans le grand lit et s'allongea à coté d'elle. Comme elle aurait voulu que Lexa soit là, elle avait besoin d'elle. Le douleur la submergea, et elle s'abandonna au chagrin. La tête dans l'oreiller, pour se faire discrète et ne pas gêner le sommeil de sa fille, elle pleura.
Lorsque Lexa rentra enfin, les larmes s'étaient taries mais la douleur était toujours là. A la façon dont respirait Clarke, la guerrière savait qu'elle avait pleuré. Alors sans un bruit, elle se déshabilla, attrapa sa fille endormie et la déposa dans son lit après lui avoir déposé un baiser sur le front. Ensuite, elle vint se coucher auprès de Clarke, l'entoura de ses bras et l'attira vers elle.

- Je suis là mon amour, désolée d'avoir été si longue.

Clarke resta silencieuse.

- Indra m'a dit que tu avais été voir Octavia...
- Oui, je voulais... enfin... comme nous avons... vécu... la même... la même chose..., dit Clarke dont les yeux se remplissaient à nouveau de larmes.
- Je comprend, dit Lexa en la serrant d'avantage.
- Mais, elle... elle a été si... dure...
- Il faut lui laisser du temps... viens retourne toi...

Clarke se retourna. Leur tête étaient à quelques centimètres l'un de l'autre. La nuit était noire, mais la lune était pleine et éclairait son visage, plus pâle que d'habitude. Ses yeux étaient rouges et ses paupières légèrement boursouflés par les pleurs.

- Je préfère ton visage lorsqu'il rit, mais même triste, il est toujours magnifique, dit Lexa.
- Je ne suis pas certaine..., dit Clarke en esquissant un sourire.

Lexa tendit le cou est déposa un léger baiser sur les lèvres de Clarke. Elle l'observa, et la regarda droit dans les yeux, pour savoir, si elle pouvait recommencer. Ne voyant rien dans son regard, qui s'y opposait, elle en déposa un deuxième. Au troisième Clarke attrapa le visage de Lexa et lui rendit un baiser plus passionné. Pendant de longues minutes, elles échangèrent leurs lèvres, leur langue. Lexa avait très envie de faire l'amour avec Clarke, mais elle savait que si elle allait trop vite, Clarke en souffrirait alors elle lui laissa prendre le contrôle de leurs préliminaires.
Tendrement Clarke ouvrit les boutons de la chemise de Lexa, elle écarta les pans pour découvrir la poitrine de Lexa. Elle frotta ses joues, son nez, ses lèvres sur ses seins. Elle embrassa ses lèvres à nouveau, puis elle attrapa son menton entre les lèvres, les fit glisser jusqu'à son cou. Elle sortie sa langue et la remonta jusqu'à son menton, qu'elle embrassa de nouveau.
Lexa frissonnait de plaisir. La langue de Clarke quitta le menton de Lexa pour redescendre mais cette fois, elle ne s'arrêta pas au cou, elle continua jusqu'à ses seins, elle décrivit des cercles concentriques pour se terminer sur les tétons. Clarke souffla doucement sur les tétons. La salive qu'elle avait laissé dessus donna une impression de froid, et le bout de ses seins se mit à durcir et à pointer sous l'effet du souffle.
Lexa gémissait à présent. Elle attrapa le visage de Clarke entre ses mains.

- Viens m'embrasser, murmura t elle, en remontant son visage à hauteur du sien.

Leurs lèvres se retrouvèrent et parlèrent un langage qu'elles connaissaient bien.
Après quelques minutes, Clarke reprit sa descente. Elle s'arrêta cette fois ci à hauteur du ventre de Lexa. Elle eut la surprise de constater, que cet abdomen si plat et sculpté, commençait à s'arrondir. Cela aurait passé inaperçu, pour n'importe qui, mais Clarke connaissait parfaitement le corps de son amante.

- Elle commence à prendre de la place, dit Clarke les yeux plein de malice.
- Oui c'est exactement ce que je me suis dit, il y a quelques jours, lui répondit Lexa fièrement.

Elle embrassa le ventre de Lexa, juste au dessus du nombril et murmura :

- Je suis contente que tout aille bien pour toi, nous avons hâte de te rencontrer, mon cœur, mais pour l'instant reste bien au chaud au creux de ta maman, je t'aime.

Elle posa sa tête et frotta sa joue, contre la peau du ventre de Lexa.
Puis elle reprit ses embrassades. Le nombril, l'aine, pour atteindre le pubis, là aussi elle frotta son visage et en respira l'odeur. Lorsqu'elle y plongea sa bouche puis sa langue, le corps de Lexa se mit à onduler à un rythme lent pour s'accélérer ensuite. Lexa posa ses deux mains sur la tête de Clarke, et caressa ses cheveux. Elle haletait plus qu'elle ne respirait.
Clarke tout en gardant sa langue dans le sexe de sa femme, glissa ses mains jusqu'à ses seins et joua avec. Elle titilla les tétons entre ses pouces et ses index. Bientôt, le corps de Lexa se raidit, elle poussa un cri, certes, discret pour ne pas réveiller Winona, mais néanmoins de vrai plaisir orgasmique.
Satisfaite de ce qu'elle venait d'accomplir, Clarke remonta son visage au niveau du ventre de Lexa et y déposa sa tête.

- La vue est parfaite... D'un coté, j'ai vu sur sur son sexe, et si je tourne ma tête de l'autre coté j'ai vu sur ta poitrine, c'est...
- Stratégique ? Dit Lexa encore essoufflée
- C'est pas forcement le mot que j'aurai choisi, mais oui pour sur c'est une position stratégique !
- Qu'est ce que tu aurais choisi ? Demanda Lexa amusée.
- Magnifique, adorable,... excitant...
- Oh,... voyons voir... jusqu'à quel point, c'est excitant, dit Lexa avec un grand sourire.

Lexa glissa une main, jusqu'au bouton du pantalon de Clarke, mais elle sentie la blonde se raidir. Elle défit le bouton, et passa sa main entre le tissu et la peau pour atteindre le sexe de Clarke, mais celle-ci lui attrapa le bras pour l'arrêter.

- Je ne peux pas..., je suis désolée, Lexa. J'en ai envie, mais je ne peux pas... excuse moi..., dit Clarke doucement.

Lexa retira sa main, se releva, Clarke fit de même. Elles se retrouvèrent assise l'une en face de l'autre.

- Ne t'excuse pas ma chérie, ce serait plutôt à moi de m'excuser, j'ai voulu aller trop vite, je me suis laissée emporter par..., l'excitation justement. Cela ne se reproduira plus, pardonne moi..., dit doucement Lexa.

Clarke regarda Lexa, il y avait tant d'amour dans ses yeux. La blonde prit une grande inspiration, ferma les yeux, se passa la langue sur sa lèvre inférieur et avala sa salive.

- Il m'a violé..., commença Clarke.
- Tu n'es pas obligée..., la coupa Lexa.
- Chuuuut, fit Clarke. Laisse moi continuer, tu avais raison, il faut que j'en parle, que je me libère. Mais j'ai peur. J'ai peur que le regard que tu as pour moi change... J'ai peur, que tu ressentes du dégoût...

Lexa secoua la tête de gauche à droite.

- Je sais que je ne suis pas responsable de ce qu'il m'a fait subir, que je suis une victime, mais je n'ai rien fait pour l'en empêcher..., je l'ai laissé faire... La douleur n'était rien, comparé à l'humiliation que j'ai ressenti. J'aurai supporté les brûlures et les coups pendant longtemps. Mais à chaque fois qu'il venait en moi..., j'aurai voulu mourir, je ne ressentais que du dégoût. Je ne sais pas combien de fois, il m'a violé, mais parfois j'ai encore l'impression de sentir son odeur, ses doigts sur mon corps, son sexe... Alors même lorsque c'est toi qui me touche..., je ne peux m'empêcher de voir son visage...

Clarke pleurait à présent, son corps était secoué par des sanglots qui ne semblaient vouloir s'arrêter.
Lexa vint se mettre contre elle, elle l'a prit dans ses bras.

- Écoute moi Clarke, si tu as besoin de parler de ce que tu as vécu, tu me trouveras toujours disponible, pour t'écouter, te soutenir et te consoler. Mais ce que je vais te dire, je ne te le dirai qu'une seul fois, je veux que tu sois convaincu de ma sincérité. JA-MAIS, je n'aurai de dégoût pour toi. Tu es la femme que j'aime, et rien, ni personne ne changera les sentiments que j'ai à ton égard. Le seul pour qui j'ai du dégoût, c'est cet espèce de porc, qui a touché, car je n'ai aucun moyen pour effacer, ou te faire oublier ce qu'il t'a fait endurer. Je t'aime et j'aurai toujours envie de toi, de te toucher, de te faire l'amour et je suis frustrée de ne pouvoir le faire. Pas pour moi, mais pour toi, car tu m'a donné beaucoup de plaisir, tout à l'heure et cela me désole vraiment de ne pouvoir te rendre la pareil... Je suis persuadée que d'une manière ou d'une autre, tu arriveras à surmonter tout ça et tu peux compter sur moi pour t'aider à y arriver. D'ici là, je serai patiente mais dès que tu seras prête fais le moi savoir, même si je suis au milieu d'une réunion ou de quelque chose d'important.

Elles se regardèrent, il n'y avait rien d'autre à ajouter. Clarke se sentait soulagé, Elle embrassa Lexa. C'était un baiser pour dire, merci, je t'aime, j'ai confiance en toi. Elle s'allongèrent toujours bouches contre bouche, elle s'enlacèrent puis s'endormirent.
Les jours, les semaines puis les mois se suivirent.
Clarke allait mieux, elle se réveillait parfois encore au milieu de la nuit, transpirant et hurlant. Le traumatisme était profond, mais elle guérissait peu à peu.
La grossesse de Lexa se passait toujours bien, elle entamait son sixième mois, elle se sentait parfois un peu fatiguée mais elle continuait à assurer ces fonctions d'Heda, même si Abby lui avait demandé de lever le pied.

- Lexa, il faut vous reposer..., dit Abby.
- Je me sens bien..., j'ai mon rôle à assumer !
- Je vous rappelle que vous avez eu un petit soucis au début de votre grossesse !
- Soucis qui a été résolu, Abby ! Il faut que j'organise mes armées, je veux pouvoir attaquer El Paso dès cet été !
- Je suis ravie d'entendre que vous ayez choisi de lancer l'attaque, après votre accouchement cette fois...
- Abby, il faut s'occuper de cet empereur !
- Je suis d'accord avec vous Lexa ! Mais vous n'êtes peut être pas dans l'obligation d'y aller en personne, si ?

Lexa regarda Abby et riva ses yeux dans les siens.

- Je dois m'occuper moi même de cet individu, dit Lexa entre les dents.

Abby avait rarement vu autant de haine dans les yeux de quelqu'un.

- Lexa..., je sais que ce gars est une vrai ordure, qu'il a commit des horreurs, notamment sur Octavia, et qu'il faut l'éliminer, mais... pourquoi vous ? Je sens que c'est personnel... Que c'est il passé ? Il s'en est prit à Clarke, n'est ce pas ?

Lexa garda le silence, ce qui fut une réponse pour Abby.

- J'en étais sur ! Que c'est il passé ?
- Ce n'est pas à moi de vous en parler, Abby...
- Très bien, où est Clarke ? Demanda Abby sèchement.
- Elle se promène avec Raven et Winona, elles doivent être à la clairière... Abby, je crois qu'il vaut mieux que vous la laissiez venir à vous...
- C'est ma fille, je sais ce dont elle a besoin ! Dit Abby en haussant le ton.
- Et c'est ma femme ! Je la connais bien ! Dit Lexa sur le même ton.
- C'est vrai..., je suis désolée, je suis inquiète... Lorsque vous êtes rentrées, j'ai su toute suite que quelque chose n'allait pas, qu'il s'était passé quelque chose, de grave ! Je pensais qu'elle viendrait m'en parler..., mais elle n'est pas venue alors cela m'a inquiété d'avantage.
- Si cela peut vous consoler, elle ne m'en a pas parlé tout de suite non plus...
- Vous croyez que je peux...
- Je ne sais pas Abby, elle commence à peine à surmonter ce qu'elle a vécu... Peut être qu'en parler ne fera que raviver des blessure ou au contraire la libérera définitivement... L'esprit est complexe...
- Je vais aller la voir et j'aviserai..., mais vous me dites qu'elle va mieux ?
- Oui Abby, je l'entoure de tout l'amour que j'ai pour elle. Elle a enduré un calvaire, il est probable que certains souvenir la hanteront à jamais, mais soyez certaine, que je serai toujours là, pour la soutenir. Et puis elle est forte, elle apprendra à vivre avec.
- Merci Lexa. Au tout début, j'ai douté de votre relations avec ma fille, à présent je sais que je me trompais, vous êtes la personne qui lui faut... Je vous laisse, je vais essayer de lui parler.
- Entendu, mais allez y sur la pointe des pieds !

Lexa regarda Abby partir d'un pas rapide vers la sortie. L'inquiétude d'une mère, c'était cela. Perpétuelle, permanente. Elle caressa son ventre. Elle savait qu'à l'inquiétude, qu'elle ressentait pour Winona, devrait bientôt s'ajouter celle pour cette autre petite fille. Mais elle avait accepté cela, car après tout, c'est cela aussi le rôle d'une mère.
Abby trouva effectivement, sa fille avec Raven et Winona.
Lorsque Clarke aperçu sa mère, elle su de suite pourquoi elle venait. Elle redoutait ce moment, mais elle savait que tôt ou tard, il viendrait, et manifestement sa mère avait décidé que ce serait aujourd'hui. Elle n'était pas prête à parler et sa mère, sûrement pas prête à entendre ce qu'elle avait à dire, mais il fallait pour toutes les deux, que Clarke se libère de ce fardeau, ce silence. Le dialogue, c'était la base de la psychologie et ces aveux seraient une libération.

- Raven ?
- Oui ?
- Tu peux emmener Winona un peu plus loin, il faudrait que je parle avec ma mère ? Demanda Clarke au moment où Abby arrivait.
- Bien entendu ! Viens ma chérie, viens avec marraine, maman et mamie on des choses de grandes personnes à se raconter.

Abby salua Raven, embrassa sa petit fille et les laissa s'éloigner.

- Bonjour maman...
- Bonjour, Clarke, je...
- Je sais pourquoi tu es là, maman, la coupa Clarke. Je n'ai pas très envie de te raconter, ce qui m'est arrivé, mais je sens que tu t'inquiètes et je suis certaine que tu penses, peut être à raison, que parler avec toi, sera salvateur. Ce que je apprête à te raconter est extrêmement douloureux, alors je voudrais pouvoir te le dire d'une seule traite. Je te demanderai donc de bien vouloir ne pas m'interrompre pendant mon récit.

Abby secoua la tête de haut en bas.
Alors, elle commença à raconter son calvaire.
Abby ne l'interrompit pas, mais au fur et à mesure de son récit, Clarke voyait le visage de sa mère changer. Elle y voyait de la tristesse, de la souffrance, de la colère. Au bout d'un moment Abby vint s'asseoir à coté de sa fille, pour lui attraper les mains, puis pour la prendre dans ses bras. Lorsqu'elle eut fini, Clarke ressentait de la douleur bien entendu, faire le récit de tout ça était très éprouvant pour elle, mais elle eut la même impression de légèreté que lorsqu'elle en avait parlé à Lexa. Comme si le fait de partager sa souffrance, l'avait rendu plus légère.
Abby serrait sa fille contre elle. Le docteur intégrait ce que venait de lui raconter sa fille. Comment un humain pouvait il faire subir tout ça à un autre être humain ? Non, ce type n'avait plus rien d'humain, c'était un monstre. Sa belle-fille avait raison, il fallait l'exterminer et elle espérait bien que celle-ci prendrait un malin plaisir à le faire ! Elle sentait les larmes couler sur ses joues. Il lui fallu quelques minutes pour se ressaisir.

- Je ne sais pas quoi te dire... Je suis tellement désolée..., désolée que tu ai subi tous ça, désolée de t'avoir obligé à raconter tout ça...
- Ne t'inquiète pas maman, je vais mieux... et puis je crois que parler me permet d'exorciser mes peurs.
- Je suis contente que Lexa ai décidé de s'occuper de ce... porc ! Il ne mérite pas de vivre ! Si elle a besoin d'un bourreau, je me ferai un plaisir de proposer ma candidature ! Dit Abby petit à petit en criant et en pleurant.
- Maman, calme toi ! Cela ne sert à rien de t'énerver... , ce qui est fait est fait... j'apprendrai à vivre avec mes cicatrices, toutes mes cicatrices... La seule chose que l'on peut faire, c'est s'occuper effectivement d'Alejandro, mais pas pour se venger, car, je sais que la vengeance est inutile, mais au moins, il ne fera plus de mal à personne.

Clarke fit une pause.

- A présent tout ce qui m'intéresse c'est la grossesse de Lexa. Je voudrai qu'elle vive ses derniers mois tranquillement et sereinement. Je veux avoir le droit de partager ça avec elle, je crois que nous avons le droit...
- Oui, ma chérie, je le pense, nous nous occuperons de ce salaud plus tard.

Abby entoura sa fille avec ses bras. Elle s'étonna du courage, son opiniâtreté, elle remercia le destin et Lexa de lui avoir rendu sa fille.