Chapitre 8 : Divergences.

Mentha Sithya regarda les deux jeunes filles de Gryffondor partir de leur côté. Maena Black, remarqua-t-elle, lançait des regards noirs à Malefoy par-dessus son épaule. Son regard était mélancolique. Elle avait l'air si triste.

Mentha soupira et se dirigea vers sa classe où elle devait donner cours aux troisièmes années. Elle avait déjà pu constater que les Serpentard était du genre à chercher des misères aux autres élèves.

Elle entra dans sa classe où ses élèves l'attendaient.

La cloche sonna la fin du cours. Les élèves sortirent de leurs classes et se dirigèrent vers la Grande Salle pour déjeuner. Mentha remarqua que Maena Black lançait encore des regards meurtriers en direction de Malefoy qui était assis à la table des Serpentard.

- Pff ! soupira le professeur Runick.

- Qu'y a-t-il ? demanda aimablement Mentha.

Mentha était assise entre Hagrid et Rogue. Runick, lui, était assis de l'autre côté de Rogue. Celui-ci n'étant pas encore arrivé, la place entre eux était libre et elle put parler avec le professeur de Runes.

- Et bien, répondit-il, la nouvelle, Maena Black, avait l'air d'un baril de poudre prêt à exploser ! Elle répondait à mes questions avec une des ces froideurs !

- Je crois en connaître la raison, dit Mentha. Elle était sur le point de se battre en due avec un Serpentard…

- Ah ! Je vois… Pas facile de s'intégrer auprès des autres élèves, surtout auprès des Serpentard quand on est à Gryffondor.

- Dites-moi, Aldwin (le prénom de Runick) j'ai remarqué que les Serpentard et les Gryffondor ne s'entendaient pas des masses…

- Oh ! fit-il. C'est ainsi depuis toujours. Ne me demandez pas pourquoi, Mentha, car je n'en sais rien.

Mentha hocha la tête et se détourna. Elle sentit le regard du professeur Runick peser sur elle. Agé de 35 ans, bien bâti, blond aux yeux verts, il n'avait pas caché à la jeune femme qu'elle l'attirait.

- Dites-moi, Mentha, qu'avez-vous de prévu pour samedi ? demanda-t-il de but en blanc.

- Euh… je… bafoua la jeune femme.

Elle n'avait pas envie qu'il lui propose un rendez-vous !

Elle fut sauvée par l'arrivée inopinée de Rogue.

- Je n'interromps pas une discussion importante, j'espère ?

- Non, non ! Pas du tout ! s'empressa de répondre Mentha avant qu'Aldwin n'ait ouvert la bouche.

Un rictus moqueur apparut sur les lèvres du maîtres des potions et il s'assit entre Runick et Mentha. Cette dernière fut soulagée et Runick assez contrarié. Le repas commença et Hagrid parlait beaucoup avec Mentha des créatures magiques. Lorsqu'il eut fini d'expliquer à la jeune femme la façon de vivre des Sombrals, celle-ci se tourna vers le directeur des Serpentard.

- Dites-moi, Severus, puis-je vous poser une question ? demanda Mentha.

- C'est ce que vous venez de faire, répliqua Rogue.

Mentha eut un léger sourire.

- Dans ce cas, puis-je recommencer ?

Rogue haussa les épaules et hocha la tête avec mauvaise grâce.

- Et bien voilà, j'ai remarqué que les Serpentard et les Gryffondor d'entendaient pas beaucoup…

- En effet, fit Rogue.

- Puis-je en connaître la raison ?

Rogue haussa les sourcils.

- Vous n'avez pas étudié à Poudlard ? demanda-t-il alors.

- Non, j'ai fait mes études à Beauxbâtons, en France.

Elle eut un petit rire.

- Vous vous seriez rappelé de moi ! J'ai fini mes études il y a sept ans et j'étais lamentable en potions ! C'était mon meilleur ami qui faisait mes devoirs et il m'aidait durant les cours… En somme, je n'étais pas très douée en potion et c'est seulement grâce à lui que j'ai réussi mon examen d'entrée en tant qu'Auror.

- Je vois… fit Rogue. Et bien sachez, Mentha, que les Gryffondor et les Serpentard ne se sont jamais entendus. Ce vient peut-être du fait que Godric Gryffondor et Salazar Serpentard sont à l'origine de la séparation des quatre sorciers. Une grande dispute éclata entre eux et Serpentard quitta l'école.

- Et vous pensez que c'est cela, la cause ?

- Sans doute. Il y en a peut-être d'autres mais celles-là, je ne les connais pas.

Rogue piqua sa fourchette dans une pomme de terre, voulant signifier à sa collègue que la discussion était finie. Mentha avait remarqué qu'il ne l'avait pas regardée une seule fois.

Une fois les desserts apparus, Mentha se tourna à nouveau vers le professeur Rogue.

- Dites-moi ; Severus, pourquoi me détestez-vous ? demanda-t-elle sans ambages.

Rogue fut tellement surpris qu'il ne trouva rien de mieux à dire que :

- Je vous demande pardon ?

- Pourquoi me détestez-vous ? répéta-t-elle patiemment.

Le professeur Rogue pinça les lèvres.

- Pourquoi pensez-vous que je vous déteste ?

Un pâle sourire apparut sur les lèvres de Mentha et elle haussa les sourcils.

- Ne me prenez pas pour plus idiote que je ne le suis, Severus. Est-ce parce que j'ai obtenu le poste de défense contre les forces du Mal ?

- Je ne vois pas ce que vous voulez dire…

- D'après certaines rumeurs, il semblerait que vous ayez toujours voulu obtenir ce poste.

- Peut-être… et alors ?

- Est-ce pour cela que vous me détestez ?

- Arrêtez de dire que je vous déteste !

- Ce n'est pas le cas ?

Il y eut un petit silence entre eux.

- Non, finit par répondre Rogue.

Ce qui était vrai. Lui-même ne savait pas pourquoi. Lui qui avait détesté et détestait encore les précédents professeur de défense contre les forces du Mal tel Quirrell qui avait Voldemort collé à l'arrière de son crâne. Gilderoy Lockhart, qui était d'une vanité à couper le souffle. Remus Lupin à qui il ne pardonnerait probablement jamais sa participation indirecte à une blague qui avait failli lui coûter la vie. Le faux Maugrey Fol Oeil qui avait aidé Voldemort à revenir à la vie. Et enfin, Dolores Ombrage, cette envoyée du ministère avec sa face de crapaud. Lui, qui avait haï tous ces professeurs, ne détestait pas Mentha Sithya… ou alors, pas avec la même intensité.

- Dans ce cas, reprit Mentha après un silence, puis-je savoir pourquoi vous vous montrez aussi froid envers moi ?

Rogue ne répondit pas. Il semblait absorbé dans la contemplation de son gobelet d'or.

- Si vous ne parlez pas, on ne réussira pas à régler ce problème ! fit Mentha.

Elle remarqua alors qu'elle avait haussé la voix sans s'en rendre compte. De nombreuses têtes s'étaient tournées vers elle. Elle recommença alors à manger quelques fraises, ce qui constituait son dessert. Lorsque les discussions reprirent normalement, elle demanda alors à Rogue.

- Puis savoir pourquoi vous ne me regardez jamais en face quand je vous parle ?

Il se tourna vers elle et répondit, après avoir détourné le regard :

- Vos yeux ne sont pas supportables…

Qui fut le plus surpris pas ces paroles ? Rogue ou Mentha ? Personne n'aurait pu le dire. Lui avait parlé sans réfléchir et elle, elle fut étonnée qu'on lui dise cela. Tous ces prétendants disaient plutôt qu'elle avait des yeux magnifiques, avec leur couleur menthe à l'eau.

- Je vous demande pardon, mais que voulez-vous dire par : mes yeux ne sont pas supportables ?

Rogue regretta d'avoir parlé. Il avait dit cela sans réfléchir et il avait craint la question qu'elle venait de lui poser. Pourquoi n'avait-il pas pris une potion de Mutisme ?

- Et bien, concéda-t-il enfin à répondre, on dirait qu'ils sont… comme délavés…

Elle le regarda d'un air songeur. Ni l'un ni l'autre ne firent attention à Runick qui avait dit : "Vraiment très doué pour les compliments, Severus."

- Délavés… ? murmura Mentha en jouant avec une fraise du bout des doigts.

Elle se tourna soudain vers Rogue, les lèvres pincées.

- C'est sûrement dû au fait d'avoir trop pleuré !

Puis, elle se leva et quitta la Grande Salle en passant par la porte destinée aux professeurs, derrière la table de ceux-ci.

Severus soupira tout en continuant d'observer son gobelet en or.

- Bravo, Severus ! fit Runick d'une voix acerbe. Vous pouvez être fier de vous ! Si le prix du plus mauvais compliment existait, vous l'auriez reçu sans problèmes !

- Peut-être, fit Rogue calmement en se levant à son tour. Mais, voyez-vous Aldwin, ce n'était as censé être un compliment.

Sur ce, il quitta lui aussi la table des professeurs pour disparaître derrière la porte par laquelle Mentha avait disparu. Il ne chercha pas à la retrouver et se dirigea directement vers son bureau.

Mentha referma doucement la porte de son bureau. Elle avança vers le milieu de la pièce et tourna la tête vers un miroir suspendu au mur. De forme rectangulaire, entouré d'un cadre d'argent magnifiquement ouvragé, il mesurait un bon mètre et demi de long sur septante cinq centimètre de large. Aucun reflet n'était visible, seules des silhouettes sombres s'y mouvaient sans qu'on put les distinguer clairement.

C'était une Glace à l'Ennemi.

Elle marcha vers lui et se tint devant lui. Mais, si près soit-elle, son image ne s'y reflétait pas.

- Délavés… dit-elle à l'adresse du miroir. Mes yeux sont délavés à cause de certains d'entre vous ! fit-elle aux ombres.

Elle soupira et s'affaissa sur la chaise de son bureau.

- C'est la première fois qu'on me dit une chose pareille… Délavés… Si vous aviez vécu ce que j'ai vécu, Severus, vos yeux non plus ne seraient plus supportables… ils sont déjà limites ! On a l'impression que vous voulez nous transpercer avec vos regards…

Elle poussa un nouveau soupir et se dirigea vers sa salle de classe où les septièmes années n'allaient pas tarder à arriver.

Dans une autre pièce du château, Rogue faisait les cent pas.

Pourquoi avait-il dit ça à Mentha ? Cela ne lui ressemblait pas de parler sans réfléchir…alors, pourquoi ?

Elle avait dû souffrir, d'après ce qu'elle lui avait dit : "C'est sûrement dû au fait d'avoir trop pleuré !"

Sa voix était triste et mélancolique lorsqu'elle lui avait dit ces mots. Qu'était-il donc arrivé à la jeune femme ?

Rogue admira malgré lui son courage car, si elle avait réellement souffert, elle ne me montrait pas et le cachait derrière des sourires qui paraissaient authentiques. À la voir, qui aurait pu imaginer qu'elle avait eu beaucoup de peine, elle qui se montrait toujours gaie, souriante et de bonne humeur.

Qui, en effet ?