Neuvième et dernier chapitre (déjà)
« - QUOI ! Vous plaisantez !
- Heureusement que je vous avez demandé d'être discret, merci Wakabayashi ! » dis-je avec agacement.
Nous étions en classe, attendant le début des cours, et je venais de raconter ce dont nous avions était témoin le jour d'avant. La réaction de mes eux amis de s'était pas faite attendre, Kartz ouvrant grand la bouche d'étonnant et Genzo hurlant à travers toute la salle, s'attirant les regards intrigués des autres élèves. Ils essayèrent eux aussi de comprendre mais ne trouvèrent rien de plus que l'explication de la rupture. La matinée se déroula dans un calme à faire peur, aucun bavardage dans notre petit groupe, tout le monde étant plongé dans ses propres pensées. Pour le déjeuner, nous restâmes seuls en classe avec des sandwichs, parlant de tout et de rien. Karl-Heinz partit aux toilettes mais, alors que la cloche annonçait la reprise, je m'inquiétai de ne pas le voir revenir. Mon inquiétude ne fit que croître alors qu'il ne se montra pas de tout l'après-midi.
« - Bizarre, murmura le goal en plein cours de mathématiques. Ce n'est pas le genre de Karl de sécher.
- Je pensais à la même chose. Tu crois qu'il lui ai arrivé un truc ? demandai-je.
- Aucune idée. Il n'y a personne qui lui en veut particulièrement. »
« Mais quoi alors ? Comme si je n'avais pas déjà de quoi me faire un sang d'encre, il faut qu'il me complique la vie ! »
Quand 16h00 pointa le bout de son nez, jamais dans ma vie je n'eu aussi peur d'aller en classe de musique. Quand je rentrai, Sandra n'était toujours pas là et je contai sa discussion douteuse à Anne-Lise et Grégoire (oui je suis un peu timbré pour lui en parler à lui mais bon, on fait avec ce qu'on a sous la main !).
« - Quelle réaction étrange, réfléchie la blonde
- J'ai toujours dis qu'elle était pas nette cette fille ! s'exclama l'adolescent.
- Tu voulais pas sortir avec elle en début d'année ?
- Je suis bien content de ne pas l'avoir fais.
- Si jamais tu as du nouveau, je te donne mon numéro de téléphone. »
Je pris le bout de papier que me tendit la terminale quand l'objet de nos paroles entra, accompagnée de la professeur, qui fut plus exigeante que jamais. A la fin des deux heures, Sandra me prit à part :
« - Rendez vous demain ici même à 17h00. Et vient seul, sinon gare à toi ! »
Elle repartit en vitesse et mes camarades de musique arrivèrent à mes côtés.
« - On viendra aussi.
- Quoi !
- Pour une fois, Grégoire a une idée de génie. On se cachera, ne t'en fais pas.
- Je crois que la Saint Valentin ne pouvait pas moins bien se dérouler. »
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Après une journée épuisante et très stressante, vu que mon petit ami n'était toujours pas de retour et ne répondait plus au téléphone, je me rendis avec les deux musiciens au lieu de rendez-vous. Ils se cachèrent dans la salle de musique et, quelques minutes plus tard, la rouquine me fit signe de la suivre. Elle ouvrit à ce qui, en apparence, ressemblait à un placard mais qui était en réalité…
« Mais qu'est-ce que c'est que ça ? »
Devant mes yeux s'étalait une pièce sombre et glaciale, à l'aspect d'une cellule de prison, où l'humidité et les moisissures avaient élu domicile depuis un bon moment. Et au fond, attaché au mur et les yeux bandés se trouvait Karl-Heinz. Je voulus me précipiter vers lui mais la jeune fille me retint par l'épaule, un sourire mauvais sur les lèvres.
« - Pourquoi fais-tu ça ?
- Au départ, quand tu es arrivé, je me suis sentie en danger, tu avais tellement de talent que j'avais peur de perdre ma première place, la meilleure élève de la section musique de tout le lycée. Mais, avec le temps, je me suis mise à t'apprécier, et puis enfin à t'aimer. J'étais tellement heureuse quand nous sommes sortis ensemble, tu n'imagines même pas. J'avais l'impression d'être une princesse dans les contes de fée et que je venais de trouver mon prince charmant. Mais, quand tu as rompu, tu m'as brisé le cœur. J'ai essayé de t'oublier, de faire comme si de rien n'était, mais impossible. Je pensais sans cesse à toi. J'ai donc employé des hommes pour te tuer mais ces crétins ont préféré te violer, ce qui n'est pas plus mal, tu vas garder cette marque en toi toute ta vie et ça va te persécuter et te faire souffrir.
- Relâche Karl, il n'a rien à voir avec tout ça. Cette histoire est entre toi et moi.
- Tu plaisantes ? C'est pour lui que tu m'as plaqué, que tu m'as abandonné, POUR LUI ! Je t'autorise à aller le voir, » ajouta t-elle en voyant dans mon regard une étincelle la suppliant.
Je me précipitai dans la salle sombre et me jetai dans les bars de mon petit ami, qui n'eu aucun mouvement.
« - Salut mon ange, dit-il d'une voix enrouée.
- Karl, je suis tellement désolé, je ne voulais pas t'embarquer là-dedans.
- Pas grave, il en faut plus pour me faire peur. »
J'effleurai ses lèvres sèches des miennes avant de me retourner vers Sandra.
« - Que veux-tu ?
- En premier, que tu fasses tout pour perdre le concours et en deuxième, que tu disparaisses à jamais de ma vie en retournant en France. Si jamais tu n'es pas dernier demain dans le classement, je ne donne pas cher de la peau de ton amoureux.
- Très bien, je ferais ce que tu me diras mais promet moi de le libérer dès demain soir.
- Tu n'as pas l'air de te rendre compte que tu n'es pas en position de poser tes conditions. Cependant j'accepte. Maintenant pars, on se reverra à la compétition. »
Je caressai la joue du blond du bout des doigts avant de le laisser seul. Sandra referma le ''placard'' et partis sans rien ajouter. Une fois que je fus certain qu'elle était loin, je fis signe aux deux espions de venir me rejoindre.
« - Quelle ordure ! chuchota Grégoire. Il faut faire quelque chose.
- Oui, tu as raison. Cette journée ne pouvait pas être pire. »
Mais au moment où je terminai ma phrase, mon portable sonna. Je mis le haut-parleur, la tête trop endolorie par tous mes problèmes, et posai l'appareil sur une table sans savoir qu'un nouvel élément dérangeant, très dérangeant même, allait s'ajouter à ma liste déjà longue.
« - Papa ? Qu'est-ce que tu veux ?
- Te parler. Tu vas bien ?
- Oui et toi ?
- Ça va. Alors, c'est demain le grand jour ?
- Ouais.
- Tu n'es pas trop stressé ?
- Bon où veux-tu en venir ! m'agaçai-je. Crache ta pastille au lieu de tourner autour du pot !
- Je vois que tu as hérité du mauvais caractère de Julie. J'aimerais te raconter la vérité à mon propos.
- De quoi tu parles ?
- Sais-tu pourquoi je suis parti il y a sept ans ?
- La version officielle c'est que tu as eu un accident de voiture mais je supposes qu'elle est fausse et que tu vas me dire la vraie.
- Quand tu étais petit, je me suis rendu compte que tu avais un talent incroyable pour la guitare, talent que je n'ai jamais eu. Quand j'en ai parlé à ta mère, elle a été d'accord avec moi. Cependant, elle a vite découvert que je ne voulais me servir de toi que pour gagner de l'argent et c'est elle qui m'a chassé de la maison.
- Ce qui explique pourquoi elle était si paniquée au téléphone la dernière fois. Où es-tu ? demandai-je d'un ton dur.
- Je suis chez toi, à Bordeaux. Il y aura des producteurs dans la salle demain, et je veux que tu gagnes ce concours, sinon, tu n'auras plus qu'as dire au revoir à ta petite tribu.
- Espèce d'ordure, tu serais capable d'éliminer tes propres enfants pour du fric ! grinchai-je.
- En effet. Bien, n'oubli pas ce que je viens de te dire. J'ai un ami qui va me retransmettre tout ce qui se passe en directe depuis Hambourg alors un faux pas et…couic ! »
Puis il raccrocha. Je me laissai tomber à genoux sur la vieille moquette en tremblant.
« - Mais qu'est-ce que je vais faire ? Je ne peux pas choisir entre ma famille et celui que j'aime.
- On va trouver une solution, ne t'en fais pas, » me rassura la blonde.
Me faire trahir par mon propre sang ! Quelle déception. Et dire que j'étais son fils ! Est-ce que j'étais comme lui moi aussi ? Est-ce que j'allais finir comme ça ? Se furent avec ses questions que je m'endormis, à quatre heures du matin, alors que je me taraudais l'esprit afin de faire le meilleur choix possible.
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Il était 14h00 et j'étais parfaitement à l'heure au lycée. Mais que faire ? Grégoire et Anne-Lise me jetaient quelque fois des regards inquiets, cherchant sans doute eux aussi à m'aider. J'évitai le plus possible la présence envahissante et étouffante de la pianiste, préférant éviter de m'imaginer ce qui pourrait arriver à Karl-Heinz si jamais je ne lui obéissais pas. Mais d'un autre côté, l'image de ma mère et mes frères ligotés dans notre salon me revenait sans cesse en tête. Les minutes me paraissaient des secondes et le temps passait beaucoup trop vite à mon goût. Alors que la première partie du concours, celle de groupe, était déjà derrière moi, et que les élèves des autres lycées commençaient chacun leurs tours leur morceau solo, je m'isolai dans la cour vide, assis sur le banc que j'avais l'habitude de fréquenter avec les trois footballeurs.
« - Marc-Antoine Chafort ? » demanda une voix tremblante dans mon dos.
Je me retournai sans pour autant me lever et écarquillai les yeux de stupeur.
« - Mais je vous reconnais ! Vous êtes la dame dans l'avion qui m'a donné le bracelet et le morceau de guitare !
- En effet, acquiesça t-elle en me rejoignant. Mais tu ne sais pas tout. Je suis aussi ta grand-mère maternelle.
- Par…pardon ?
- Tu m'as bien entendu. Tu as tellement mûri en deux mois !
- Mais…pourquoi ne pas me l'avoir dis dans l'avion ?
- J'attendais le bon moment et je crois qu'il est arrivé.
- Pourquoi nous avoir renié ?
- C'était mon fils que nous avons renié, pas toi ni ta mère et encore moins tes frères. Je crois que tu es maintenant conscient de sa véritable nature.
- Je…je peux te poser une question grand-mère ?
- Evidemment.
- Il y a des risques pour que je devienne comme lui ?
- Non, je ne pense pas, j'en suis même certaine. Tu es généreux et aimant, tout le contraire de lui. Ne t'en fais pas, bats toi, ne laisse pas tomber. Je ne sais rien des tourments qui t'entourent mais n'abandonne jamais, il y toujours une solution, ne l'oubli pas.
- Seulement là, je n'en vois aucune.
- Les choses les plus évidentes sont rarement visibles. »
Elle me fit un sourire rassurant et j'entendis dans pas dans mon dos. Grégoire et Anne-Lise arrivèrent pour m'emmener dans le théâtre, vu que ça allait être au tour de notre lycée. Pendant le trajet, alors que nous étions seuls, la jeune femme me dit avec enthousiasme :
« - On a trouvé une solution à ton problème !
- Vraiment ?
- Vu que Sandra et toi passaient en tous derniers et que Grégoire et moi sommes les deux premiers, nous allons aller libérer Schneider. Je pense que le temps des prestations de Sarah et Lucie devrait nous donner assez de temps. Tu n'auras plus qu'à gagner le concours pour sauver ta famille.
- Mais vous êtes certains d'y arriver ? Je veux dire, il y aura sans doute des hommes pour garder l'entrée de la salle de musique.
- Grégoire est ceinture noire de judo et moi, je dois avouer que je sais me trouver très convaincante. Ne t'en fais pas pour nous et contente toi juste de gagner d'accord ?
- Je…je vous fais confiance, même si je trouve que c'est un peu facile.
- T'inquiète, assura le garçon. On va faire un malheur. »
Un appel retenti et nous nous dirigeâmes sur scène pour être présenté au public avant de laisser seule la terminale. Cette fois ci, le temps sembla avoir arrêté sa course folle et je tournai en rond dans les coulisses au fur et à mesure des prestations. Mes deux amis partirent juste après avoir terminé et Sandra ne cessait de me regarder d'un air triomphant. L'attente se faisait insupportable et, quand mon nom fut prononcé, j'avais totalement oublié que je n'avais pas encore fais mon choix pour le morceau. Puis, si c'était pour remporter le premier prix, autant prendre mon préféré, et j'arrivai en scène avec à la main une feuille jaunie mais devenue tellement précieuse à mes yeux. Je poussai un long soupir et je vis Anne-Lise au fond de la salle me faire un clin d'œil ponctué d'un immense sourire. Un poids s'enleva de ma poitrine et je me mis à jouer. Les notes glissaient de mon instrument pour emplir toute la pièce, harmonieuses et magiques. Mes doigts effleuraient les cordes et je me sentis transporté par cette mélodie douce et envoûtante. Quand je fis sonner le dernier accord, un tonnerre d'applaudissements m'acclama. Je saluai puis retournai en coulisse. La rousse, des éclaires pleine les yeux, me dit d'une voix menaçante :
« - Ton petit joueur de ballon va payer pour toi.
- Encore faudrait-il qu'il soit toujours enfermé, » souris-je avant de partir vers la cour.
Là-bas, je retrouvai les deux sauveurs et le capitaine, en assez mauvais état certes, mais entier et vivant. Je courus dans ses bras en pleurant et enfoui mon visage dans son cou. Il me caressa les cheveux et je sentis ses larmes chatouiller ma peau. Un immense soulagement d'empara de moi, mais est-ce que tout était bien finit après tout ? Quelques minutes plus tard, on nous appela pour la remise des prix.
« - Et enfin, acheva notre proviseur. Le premier pris dans la catégorie revient à…Anne-Lise Kartman. »
Je sentis mon cœur se briser en un instant. J'avais échoué et ma famille allait…elle allait…non, impossible. J'étais tellement perdu dans mes sombres pensées que je ne remarquai même pas que nous étions tous de retour dans les coulisses. Voyant ma tête de déterré, le Kaiser m'enlaça doucement.
« - Mais qu'est-ce que je vais faire ? murmurai-je.
- Rien.
- Grand-mère ? »
La femme arriva près de moi et posa une main sur mon épaule.
« - Remercies tes amis, ils m'ont fais vent des agissements de mon fils, il doit être au commissariat à l'heure qu'il est.
- Comment ça ?
- J'ai quelques contacts dans la police en France et avec toutes les preuves que je leur ai fourni, ton très cher père va rester à l'ombre pendant un bout de temps. »
J'éclatai en sanglot tant les émotions étaient difficiles à contenir et si Karl-Heinz et m'avait par retenu par la taille, je me serais sans douté effondré sur le sol. Durant le reste de la journée, je cherchai une excuse auprès de Kartz et Genzo pour maquiller l'absence de leur capitaine, ne voulant pas tout leur raconter au risque qu'ils prennent mal le fait de ne pas avoir participer à nos aventures. Quant à l'épisode ''Sandra'', et bien disons que Anne-Lise avait raison quand elle disait être très convaincante dans certains cas. Alors que nous étions tous les six en train de boire un verre dans le théâtre, un homme un peu âgé arriva et me dit :
« - Je suis désolé que vous n'ayez pas gagné monsieur Chafort car j'ai personnellement beaucoup aimé votre interprétation. Je suis le recruteur de l'école de musique de Madrid et je viens vous proposer d'intégrer notre école dès l'année prochaine. »
Marco : c'est la fin ?
Schneider : tu vas partir ?
Marco : ben apparemment
#s'embrassent langoureusement#
Manga 1804 : Reviews ?
Dans le prochain chapitre :
Petit épilogue.
