Cela faisait plus d'une semaine qu'Haymitch était hospitalisé et jamais Katniss n'aurait cru être autant inquiète pour son mentor. D'après les dires de Venia, il a été retrouvé aux alentours de six heures et demi du matin par Octavia et Flavius, qui lui apportaient son petit déjeuner avant d'aller se mettre au travail. Mais ne se réveillant pas, le coiffeur a commencé à vouloir lui mettre un seau d'eau sur la tête avant que l'esthéticienne ne remarque aucun mouvement au niveau de la poitrine, confirmé par l'écoute d'un cœur muet. La jeune femme était rentrée chez elle, avait appelé les secours pendant que Flavius s'occupait de lui asséner un massage cardiaque, qui a grandement favorisé la reprise de quelques battements jusqu'à l'arrivée de l'équipe médicale. Mora et Venia avaient appris la nouvelle par leur amie et la maquilleuse s'était précipitée en larmes chez les deux tourtereaux.

Puis, cela a été une farandole de papiers à remplir, d'étages à parcourir. Il fallait aussi insister auprès des médecins pour avoir les résultats, parfois, et Katniss s'énervait violemment contre eux lorsqu'ils avaient du retard. Peeta, plus diplomate, réussissait à avoir plus de réponses, au grand désagrément de sa femme. Elle restait près de son mentor, qui ne devait pas marcher durant deux semaines pour sa circulation du sang. Il dormait, la plupart du temps. On lui avait retiré ses bouteilles d'alcool, la principale cause de son arrêt cardiaque et il s'était emporté brutalement, obligeant les médecins à lui injecter une dose importante de calmants dans sa perfusion.

Deux opérations avaient permis à Haymitch d'écarter tous les dangers auxquels il avait été exposé. Le principal souci restait son addiction à l'alcool et cela, Peeta comptait bien le régler, quelque soit le choix du mentor. Il avait vidé toutes ses bouteilles dans la baignoire et les avait ensuite jetées à la benne à ordures. Bien entendu, quand Haymitch avait appris cela, il était entré dans une colère noire contre son protégé mais s'était bien vite tranquillisé, affirmant que c'était sûrement le bon moment et qu'il ne voulait pas être « un pépé alcoolique », comme il disait.


Aujourd'hui, plus rien ne le menaçait, si ce n'est reboire de nouveau. Katniss y veillerait personnellement, et la connaissant, Haymitch avait intérêt à se tenir au carreau. Il grommelait des propos incompréhensibles quand elle restait à son chevet, à essayer de le persuader que recommencer était loin d'être la bonne solution. Il restait constamment alité et cela lui déplaisait (lorsqu'il était éveillé). Peeta et Katniss se passaient le relais, ainsi que l'équipe, qui faisait du mieux qu'elle pouvait pour le persuader aussi.

Peeta et Katniss ne se retrouvaient que le soir à la maison ou durant la journée, au distributeur de café. Ils paraissaient très inquiets, fatigués aussi. Le jeune homme devait également trouver du temps pour s'occuper de la boulangerie et de la galerie, qui venait d'ouvrir et qui attirait grand monde dans le district, notamment des personnalités du Capitole, intriguées par les peintures de ce dernier. Il travaillait à la pâtisserie la nuit, ne dormant que trois ou quatre heures quand il le pouvait. Heureusement, Delly lui filait un coup de main pour gérer la galerie d'art. D'ailleurs, elle était très douée pour les visites, ce qui allégeait déjà le jeune homme.

Katniss demeurait constamment auprès de son mentor, lisant tous les livres qu'elle pouvait en une journée. Mais le jeu préféré d'Haymitch consistait à raconter des bêtises alors qu'elle bouquinait, et cela l'énervait.

- Tu devrais lire des livres de maternité, sweetheart ! avoua Haymitch, en riant.

- Ah ah, très drôle. Tu veux peut-être que je t'en donne un de grand-paternité, toi qui veut devenir pépé ? se vengea-t-elle, un sourire sadique sur le visage.

- Mais vraiment, Katniss ! Tu devrais essayer, tu comprends mieux les dessins !

- Répète un peu, Abernathy !

- Vraiment ? Alors, je disais : « Tu devrais essayer, tu compr…

- Ouais, c'est bon ; t'as gagné, t'es content ? bouda-t-elle.

Il sautilla un peu dans son lit avant de se crisper de douleur. Oui, il ne devait pas trop s'agiter, ses côtes encore douloureuses de la précédente opération. Il posa une main sur son ventre, sur lequel une cicatrice, que personne dans la pièce ne pouvait voir mis à part lui, résidait désormais. L'équipe médicale avait dû lui greffer un morceau de foie, le sien étant extrêmement fragilisé avec ses années d'ivresse. Toutes ces interventions le fatiguaient plus qu'autre chose.

Katniss se leva, prit son sac à main et son manteau et décida de quitter la pièce, en prenant soin de fermer correctement les rideaux. Elle regarda ensuite sa montre. 19 heures 30. Il était temps pour elle de rentrer chez elle. Elle déposa un baiser sur le front de son mentor et quitta les lieux. Elle n'habitait qu'à 700 mètres de l'hôpital, assez discret à la vue, ce qui l'arrangeait grandement, vu les horaires auxquelles elle retournait chez elle.

Une fois sa douche prise, elle prépara le repas du soir. Peeta ne serait sûrement pas rentré avant 22 heures avec tout ce qui l'occupait à la boulangerie. Elle soupira. Qu'est-ce qu'il ne ferait pas pour aider un pair… Elle prit une boule de pâte feuilletée dans le frigo et décida de faire une tourte. Simple, rapide, pratique. Elle se saisit de quelques légumes et morceaux de viande, les coupa et les mit dans la plat, déjà recouvert de la dite pâte. Elle fouetta ensuite des œufs, du lait et de la crème dans un saladier et ajouta le tout à sa préparation, qu'elle enfourna. C'était trop rapide, conclut-elle en fixant l'horloge qui lui indiquait 20 heures et quelques minutes.

La jeune femme décida de s'occuper un peu d'elle. D'ailleurs, Peeta trouvait cela assez mignon de sa part, l'obligeant à se faire « plus belle qu'elle ne l'était déjà ». Elle monta donc dans sa salle de bains et s'enroula dans une longue serviette après s'être débarrassée de ses habits. La chasseresse fouilla dans ses placards, trouvant par-ci par-là des produits entreposés par son équipe. Elle se saisit d'une boîte aux motifs fleuris et regarda à l'intérieur. Elle grimaça en imaginant la torture qu'elle allait s'infliger. L'épilation à la cire. Elle sortit les bandes imprégnées de la substance collante et les frotta dans ses mains, avant de les étaler sur son épiderme et de les tirer violemment. Des larmes lui montèrent aux yeux. Puis elle fit cela une, deux, trois fois, jusqu'à temps qu'aucun poil ne persiste sur sa peau. Elle lava ensuite ses jambes avec une crème à la lavande, un cadeau de sa mère cinq ans auparavant. L'odeur était si forte qu'elle crut s'étouffer avec son propre oxygène. Puis s'enchaînèrent masque pour cheveux, soin du visage et vernissage d'ongles. Seule l'odeur provenant de la cuisine lui rappelait qu'un plat était au four.

Katniss s'installa sur son lit pendant que son vernis rouge bordeaux aux orteils sèche. Elle prit un magazine qu'elle avait acheté par hasard et lut tous les bobards que l'on racontait sur eux. D'ailleurs, c'était la pire vente de ce magazine (lorsque l'on parlait d'eux, bien évidemment) depuis qu'elle avait annoncé qu'elle ne reviendrait plus jamais en avant de la scène. Les gens avaient compris. Elle était vraiment apaisée. Néanmoins, sa propre curiosité voulait savoir jusqu'où les journalistes pouvaient creuser pour avoir le moindre scoop ou les gros titres.

Katniss et Peeta Mellark récemment aperçus à l'hôpital du district 12 ! Bébé en route ou simple examen de routine ?

Et une photo d'eux deux, avec Peeta enlaçant sa femme par la taille, cette dernière cachant un ventre plat avec son sac. C'est donc cela que les reporters appelaient un scoop ? Une photo avec un geste anodin ? Katniss se mit à rire doucement face à cette constatation si troublante. Elle tourna les pages du magazine, tombant sur quelques articles à son propos, ou celui de Peeta ou d'Haymitch. Johanna avait donné une interview à propos de son rôle de juge dans la nouvelle émission de découverte d'artistes. Bien sûr, elle ne parlait pas de ses aventures d'un soir, mais ses photos assez aguicheuses faisaient croire le contraire facilement. Finalement, rien de bien intéressant. Elle rangea le magazine, alla sortir le tourte du four avant de se rallonger et d'attendre patiemment le retour de son homme en regardant ses doigts, redessinant ses infimes cicatrices.

Elle était bien, là. Oui, très bien même. Elle ne voulait pas quitter ce cocon plein de douceur et de tendresse. Elle se surprit même à esquisser un sourire en coin. Des caresses, telles des plumes, balayaient ses bras. Rêve ou réalité ? La réponse lui sauta bien vite aux yeux, lorsque ses paupières s'ouvrirent doucement, tombant sur la plus belle paire de prunelles bleues qu'elle n'ait jamais vu au monde.

- Bonsoir, belle au bois dormant, plaisanta doucement Peeta, en embrassant le bout du nez de sa tendre.

- Salut… Il est quelle heure, chéri ? questionna-t-elle.

- Pas loin de minuit… et je dois dire que je trouve ta tenue très intéressante, dit-il en jetant un coup d'œil de haut en bas du corps de son épouse.

Elle suivit son regard et put ainsi comprendre l'air séducteur qu'il employait. Vêtue d'une simple serviette de bain, comment comptait-il se maîtriser dans ces moments-là ? Elle leva les yeux au ciel et crocheta un de ses bras autour de sa nuque, le rapprochant d'elle.

- Seriez-vous tenté ?

- Je dois bien avouer que oui, lâcha avidement Peeta à son oreille.

Elle explosa de rire et le rapprocha encore d'elle, jusqu'à ce que leurs lèvres se touchent enfin. Enfin, en effet. Il l'attira à lui et l'embrassa encore plus passionnément, ce qui était loin de déplaire à sa compagne. Elle se courba vers lui et il se cala entre ses jambes, s'approchant encore plus d'elle, comme un prédateur. Il lui enleva sa serviette, la découvrant complètement nue dès lors. Il se délecta de cette vue si familière mais toujours aussi captivante. Enroulant ses doigts dans ceux de sa belle, il entreprit de déboutonner son veston de sa main libre mais fut interrompu par les propres doigts de Katniss, qui s'attaqua férocement à son vêtement, le faisant se retrouver torse nu plus vite qu'il ne l'aurait cru.

Elle gémit un peu lorsqu'elle sentit des paumes se refermer autour de ses seins, la cambrant encore un peu plus contre son amant. Sa bouche s'ouvrit et ce n'est qu'un soupir de satisfaction qui en sortit.

- Oublions les bonnes manières, tu veux ? proposa Peeta en enlevant son pantalon.

Elle rit aux éclats avant de reprendre possession des lèvres de celui qu'elle aimait. Puis, elle mordilla son lobe d'oreille, suça la peau de son cou (d'où de belles marques rouges) et relâcha sa tête en arrière, tandis qu'il s'incrustait en elle. Ses soupirs et ses gémissements s'amplifièrent alors que les coups de reins de son amoureux retentissaient dans tout son être, tel un écho des plus agréables qu'elle ne voulait pas arrêter. Ses ongles retracèrent toutes les lignes du dos musclé de son partenaire, pendant que les va-et-vient prenaient de la vitesse. A ce stade, personne ne retenait ses cris, voire hurlements quelques fois, dans ces moments-là.

Puis, il s'enleva d'elle et s'allongea sur le lit. Elle prit son pyjama, l'enfila et revint près de son homme, vêtu de son short en coton et d'un de ses tee-shirts manches longues. Il avait déjà filé sous les draps. Katniss caressa sa joue mais remarqua que quelque chose n'allait pas : son mari tremblait violemment et ses dents s'entrechoquaient.

- Peeta ! Tu as de la fièvre ! dit-elle, ses mains tâtant son front brûlant.

- Ce… C'est rien, ne t'inquiète pas, chérie…

- Non, Peeta ! Ça ne va pas ! NON ! Ne bouge pas !

Elle le retint par le bras alors qu'il comptait aller se brosser les dents. Il se rallongea, contraint, et la regarda du mieux qu'il pouvait. Son regard se flouait et il se sentait très fatigué. Ses joues étaient littéralement enflammées et ses lèvres, gercées.

- Je vais appeler le docteur Aurélius, il saura quoi faire, déclara Katniss en se levant, déterminée.

- Kat'… il est une heure du matin… soupira le jeune homme.

- Je m'en fiche ! Ta santé passe au dessus de toutes mes préoccupations !

Elle dévala les marches rapidement et se saisit du combiné, dans la salon. Elle appuya successivement sur les touches et attendit, la tonalité résonnant trois fois dans son oreille avant qu'une voix grandement ensommeillée ne lui réponde.

- Allôôôôôôôô ? demanda cette même voix.

- Docteur ! C'est Katniss ! hurla-t-elle pratiquement, soulagée qu'il ait répondu, lui évitant la crise de nerfs. Il y a un problème, c'est Peeta…

- Qu'est-ce qu'il a ? Que se passe-t-il ?

- Il tremble, il est brûlant, il… Mon dieu ! Excusez-moi, je panique tellement quand je le vois ainsi, je suis navrée !

- Ne vous morfondez pas ainsi, Katniss. Expliquez-moi calmement. Inspirez et expirez en douceur.

Elle se mordit la lèvre et retint les larmes qui lui montaient aux yeux. Elle devait être forte. Il n'était pas mourant, non plus.

- Il… Eh bien… Il a des sortes de spasmes, il est fiévreux, il claque des dents comme si il avait froid… il… oh je… il transpire aussi... Dites moi ce qu'il a ! supplia-t-elle presque.

- Oh, Katniss, calmez-vous donc ! Ce que vous me décrivez là, ce sont les symptômes d'une simple grippe ! Rien de méchant, je vous assure ! dit le médecin en lâchant un soupir.

- Vous vous foutez de moi, là ? s'énerva-t-elle.

- Je pensais que vous m'appeliez car il avait un épisode…

Elle voulut lâcher une rubrique cinglante mais l'envie lui échappa quand elle entendit son nom, provenant de l'étage.

- Pardon, je suis vraiment à bout quand il est si… faible ! Ça me rappelle les premiers Jeux…

- Katniss, pour en revenir à notre sujet, gardez-le au lit pendant une bonne semaine et veillez sur lui le plus longtemps possible. Donnez lui des bouillottes à la lavande à mettre sur le front et le torse, sinon, il risque d'avoir un bon rhume. Oh, et des cuillères de sirop à la menthe ! Gardez bien en tête qu'il a besoin de repos avant tout, d'accord ? Et ne vous faites pas de souci, ça devrait passer ! Je vous laisse, conclut-il poliment, j'ai beaucoup de consultations demain. Bonne nuit.

Elle remit le combiné à sa place et commença à trifouiller nerveusement sa natte. Elle espérait sincèrement qu'il ne se trompait pas dans ses constatations. Encore une fois, son nom lui parvint jusqu'à ses oreilles et elle retourna dans la chambre en grimpant les escaliers sur la pointe des pieds.

Peeta l'attendait, allongé dos à la porte. Il sentit sa présence lorsque les doigts frais de sa femme caressèrent sa joue, balayant le fine pellicule de sueur la couvrant. Elle s'installa de son côté et se rehaussa sur son coude gauche, en continuant d'effleurer sa pommette.

- Chéri, le docteur pense que… tu as une grippe, affirma-t-elle sans grande certitude. Il faut que tu te reposes…

- Katniss… Je suis parfaitement bien, tenta-t-il d'insister avant de trembler de nouveau.

- Quand vas-tu apprendre qu'être un peu égoïste ne fait pas de mal, Peeta ?

- Je ne peux pas me permettre de penser ainsi. Parce que je t'ai toi.

Les mots qu'elle avait prononcé la veille de leur entrée dans l'arène. Elle lui fit les gros yeux mais l'intéressé ne sembla pas les remarquer. Il ramenait les draps sur lui mais ce fut Katniss qui se chargea de le faire pour lui, la fatigue devenant trop lourde.

- Demain, j'irai prévenir les garçons que tu ne seras pas là de la semaine, à la boulangerie, commença la jeune femme. Et j'irai te chercher tes médicaments. Mais je te promets que si tu sors de ce lit, à part pour aller à la salle de bains, ça ira très mal pour toi !

- Maieuuuuh, essaya-t-il d'apprivoiser en faisant des yeux de chien battu.

- Non, ça ne marche pas avec moi ! Allez, essaie de dormir maintenant... Je veille sur toi…

Ses yeux bleus balayèrent le visage angélique de sa femme et elle se baissa pour aller lui embrasser le coin des lèvres. Ses doigts fins et minutieusement manucurés repoussèrent quelques mèches blondes collées à son front et elle se coucha sous les couvertures à son tour, lui souhaitant une « bonne nuit ».


Les rayons de soleil à travers les rideaux réveillèrent la jeune femme avec douceur. Allongée sur le ventre, elle scruta sa gauche, regardant l'homme qui s'y tenait et qui dormait encore profondément. Quelle nuit elle avait passée… Épouvantable, tout simplement. Il s'était réveillé en hurlant vers 3 heures, une autre fois à cause de tremblements interminables vers 5 heures et enfin, à 6 heures et demi, il avait craché du sang à force de tousser à s'en arracher la gorge. Elle n'avait pas hésité à aller frapper chez l'équipe et avait demandé si quelqu'un pouvait aller chercher ce dont elle avait besoin pour le soigner. Octavia s'était gentiment dévouée et Katniss avait de ce fait pu rester aux côtés de Peeta, épongeant son visage et son torse.

D'ailleurs, c'est ce qu'elle comptait faire. Veiller sur lui. Il grelottait encore dans son sommeil, ses mains agrippant le haut de ses bras pour se tenir chaud, malgré la fièvre qu'il avait et la sueur qui trempait ses vêtements.

Katniss sortit du lit et décida que, pour une fois, ce serait à elle de faire son petit-déjeuner à Peeta. Elle prit des biscottes dans l'un des placards de la cuisine et entreprit de les tartiner avec différents composants : beurre, confiture, marmelade… Mais elle pensa alors qu'il n'aurait peut-être pas grand appétit. Finalement, elle fit le nombre qu'elle avait en tête et disposa les toasts dans une assiette avant de la poser sur le plateau avec des verres de jus de fruits et des tasses de café. Elle monta à l'étage avec tout cela et posa le support sur la commode afin de réveiller son mari.

Elle s'approcha de lui doucement, en faisant le moins de bruit possible. Puis elle s'accroupit sur le plancher pour se mettre à son hauteur, surtout de son côté. Elle passa sa main dans ses cheveux de miel et les caressa tendrement. Malgré la transpiration qu'il émanait, ils restaient toujours aussi doux et soyeux. Le jeune homme paraissait détendu mais quelques plis sur son visage prouvaient le contraire.

- Chéri… réveille-toi, mon cœur, soupira-t-elle doucement, ses lèvres à quelques centimètres de celles entrouvertes de Peeta.

Ce dernier ouvrit un œil et sa grimace se transforma en un léger sourire. Fronçant les sourcils, il s'étira dans un long bâillement avant de se retourner vers sa femme qui pouffait légèrement.

- Qu'est-ce qui te fait rire ainsi ? demanda-t-il, encore ensommeillé.

- Qu'importe ! Je t'ai amené ton petit-déjeuner et tes médicaments. Et tu les prends correctement ! sermonna-t-elle presque.

- Oui madame ! s'écria le jeune homme en s'asseyant dans le lit.

- Tu ne quittes pas le lit, d'accord ? Cet après-midi, j'irai rendre une petite visite à Haymitch ; il ne devrait pas tarder à sortir. Flavius et Octavia viendront pendant ce temps, et Delly aussi. Oh, et Marcus te donnera les comptes de la boulangerie ce soir en personne.

- Tout est bien organisé pour un agonisant, plaisanta-t-il en faisant mine de se prendre une soufflante.

Elle souffla en riant. Et dire que ce genre de plaisanteries ne l'avait pas amusée, il y a quelques années. Désormais que les Hunger Games n'existaient plus et que la présidente Paylor avait puni toutes les personnes tentant de restaurer l'ancien régime, aucune menace ne planait sur Panem. Et sur eux, en particulier.

Elle embrassa son front et posa le plateau sur le lit, s'asseyant avec lui. Elle se chargea d'abord de faire sa natte habituelle et prit une tartine, qu'elle croqua à pleines dents. Elle fixa son homme qui semblait hésitant devant la sienne. La jeune femme attendit patiemment et le vit alors à son tour, croquer dans son morceau de pain. Pour pâlir violemment juste après.

- Arrête, Peeta, dit-elle avec douceur. Tu vas te rendre plus malade que tu ne l'es déjà… Il vaut mieux que tu boives quelque chose. Prends du jus d'orange ; avec les vitamines qu'il y a dedans, il n'y a rien de mieux pour guérir !

- Merci, soupira-t-il en déglutissant. Tu vas faire quoi ce matin ?

- Rester avec toi… Et non, pas de galipettes ! ajouta-t-elle en le voyant porter une main vers sa clavicule.

Elle embrassa sa paume et reprit son petit-déjeuner en riant lorsqu'il fixait dubitatif les biscottes qu'elle avait préparé.


Les jours qui suivirent furent plutôt calmes. Peeta se remettait doucement de sa grippe et Haymitch était revenu chez lui, avec une infirmière à ses côtés pour changer ses perfusions. Hazelle faisait le ménage avec plaisir, heureuse d'aider quelqu'un en difficulté… comment dire ? Hygiénique ? Médicale ? Un peu des deux. Mais bon, il fallait dire que le mentor était toujours aussi grognon et contrarié quand il s'agissait de s'occuper de lui ou de le sortir un peu de son lit. Katniss lui faisait faire quelques pas dans la rue avant qu'il ne demande de rentrer, trouvant que rien ne l'intéressait dans le paysage.

Au bout de cinq jours, Peeta quitta le lit mais Katniss refusait catégoriquement de le laisser retourner travailler dans un état encore « frêle ». Haymitch soutenait la thèse de son ancienne tribut, encourageant son époux à rester fidèlement à ses côtés.

- Roooh ! Peeta ! Elle a raison ! Tu vois pas ta tête ? Tu sors d'un cercueil ou quoi ?! ironisa le mentor, un verre vide à la main (pour ne pas oublier le geste).

- Très drôle, Haymitch, mais j'ai un district à nourrir et une galerie à gérer ! protesta le blond, les mains derrière la tête. Et ce n'est pas moi qui me suis retrouvé à l'hôpital à cause d'une addiction comme la tienne !

- Arrête de faire l'idiot, chéri ! Marcus et Swetto peuvent s'en charger facilement, et Delly se fait un plaisir de guider les gens ! appuya la brune, un doigt en l'air. Repose-toi !

Contre cet argument, Peeta se renfrogna et bouda jusqu'à ce qu'ils sortirent de chez leur mentor. La porte fermée, elle le prit par le col de la chemise et l'attira à elle, scellant un baiser langoureux et passionné entre eux pour la énième fois. La jeune femme l'arrêta avant qu'il n'aille plus loin, jugeant son état plutôt « critique et contagieux ». Il alla donc dans le salon et prit le journal, tombant nez à nez sur un article qui avait de quoi l'effrayer. L'inquiéter, surtout.

Une visite surprise de Gale Hawthorne dans le district 12 défraie la chronique de la semaine !