Avertissements : Cette fanfic ne respecte pas la fin du tome 6 ni le tome 7. Elle contient des scènes de violence et de sexe explicites ; elle est donc destinée à un public averti.
Disclaimer : L'univers et les personnages de cette fanfic appartiennent à J.K. Rowling. Ce chapitre a été relu et corrigé par Dauphin Noire.
Bonne lecture !
Chapitre 8 - Surprises et regrets
Le portrait de Madame Black Potter accueillit Hermione avec un regard inquisiteur.
- Vous rentrez tard, lâcha-t-elle avec suffisance.
Hermione roula des yeux et décida de ne pas lui répondre : elle n'avait vraiment pas besoin d'une confrontation supplémentaire. L'aïeule de Drago, cependant, ne semblait pas vouloir se décourager si vite.
- J'ai parlé à mon arrière-petit-neveu, aujourd'hui, reprit-t-elle sur le même ton. A son âge, il est totalement inexpérimenté, et il croit déjà tout savoir. Il a malgré tout été assez intelligent pour écouter mes conseils pour une fois.
Ou plutôt pour faire semblant, sans doute dans l'espoir de se débarrasser d'elle, pensa Hermione sarcastiquement.
- Ouvrez le premier tiroir de la commode, ordonna Dorea Black.
Elle avait le ton sans réplique de ceux qui ont l'habitude de se faire obéir, mais la jeune fille était déterminée à ne pas se laisser impressionner par un portrait. Malgré tout, sa curiosité avait été éveillée, et elle se demanda soudain quels conseils la sorcière avait pu donner à Malefoy. Elle se dirigea donc vers la commode dressée contre un des murs de la pièce et tira le tiroir d'en haut.
- Une chemise de nuit ? s'exclama-t-elle incrédule en dépliant le vêtement soyeux qu'elle venait de découvrir.
C'était une belle robe jaune pâle à l'aspect confortable. Hermione se tourna vers le portrait, qui lui sourit – ou plutôt c'est l'impression qu'elle eut avant de s'apercevoir qu'il s'agissait plutôt d'un sourire de satisfaction personnelle. Elle regardait cependant toujours avec insistance le tiroir derrière la jeune fille, et celle-ci se retourna pour découvrir qu'il y avait autres choses à l'intérieur : un peignoir, une paire de pantoufles, et une lotion capillaire magique à lissage instantané.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? interrogea Dorea Black en jetant à cette dernière un regard réprobateur.
- C'est une lotion pour coiffer mes cheveux, répliqua Hermione qui fixait la boîte avec irritation.
L'agréable surprise s'était envolée aussi vite qu'elle était venue, et elle trouvait désormais que Malefoy était bien arrogant pour vouloir aussi lui dicter sa coiffure. Elle n'avait aucune intention d'utiliser ce produit simplement pour lui faire plaisir, et s'il n'était pas content, elle n'en avait rien à faire. S'il avait besoin de ses services autant qu'il le disait, il pouvait bien s'accommoder de quelques conditions. Elle releva les yeux vers le portrait accroché au-dessus de son lit et s'aperçut que la sorcière était en train de sortir du cadre.
- Madame Potter ! Appela-t-elle précipitamment.
L'imposante femme se retourna, et demanda avec agacement :
- Quoi donc ?
Hermione chercha ses mots un moment, puis finit par lâcher :
- Merci.
Dorea Black hocha la tête, et il sembla un instant que l'ombre d'un sourire passait sur ses lèvres. Puis elle sortit du tableau.
Hermione se changea et se laissa tomber sur le lit avec un soupir. Tellement de choses lui arrivaient à la fois, qu'elle se demandait comment elle arriverait à jongler avec toutes ses émotions. Cette femme n'était peut-être pas si terrible que ça après tout. Mais elle n'était qu'un portrait, et c'était une bien maigre consolation. Elle devait de toute façon concentrer ses énergies sur la meilleure façon de se tirer de cette situation. Elle ne pouvait arrêter d'espérer qu'elle serait libérée de cette prison un jour, et il fallait qu'elle soit prête pour cela. Elle devait rester alerte et en forme si elle voulait être capable à la fois de se maintenir dans les bonnes grâces de Malefoy, éviter le plus de mal possible à ceux qui lui étaient chers, et rassembler assez d'informations importantes pour qu'une fois libre, elle puisse avoir sa revanche en aidant à détruire Voldemort une bonne fois pour toutes.
***
Drago resta plongé dans ses pensées longtemps après que la porte se soit refermée derrière Hermione. Elle avait été remarquablement efficace, et d'après les informations fournies par Gowny, elle avait travaillé toute la journée. Il avait bien fait de la mettre à son service, elle lui serait très utile, songea-t-il en se levant de son siège pour aller ouvrir la porte située sur sa gauche. Derrière se trouvait un petit couloir menant à sa salle de bain personnelle et sa chambre. Cette dernière était une pièce grande et confortable, mais décorée du strict minimum. Il n'aimait pas les fanfreluches.
Il décida d'aller se coucher sans plus attendre, car il savait que la journée suivante serait longue. Le Seigneur des Ténèbres avait prévenu qu'il reviendrait le lendemain matin, et il avait ordonné à tous ses serviteurs de se rassembler autour de lui aux premières lueurs de l'aube. Il faudrait alors briller, se distinguer, et tout faire pour lui plaire. Le jeune homme pensa un instant à lui révéler les informations rassemblées par sa prisonnière, afin de bien paraître, mais il finit par choisir d'attendre. Il ne servirait à rien de fournir des lambeaux de renseignements si peu consistants, à part à attiser la curiosité du Maître, et augmenter la pression pesant sur ses propres épaules d'en découvrir plus le plus rapidement possible. Non, il valait mieux patienter encore un peu, le temps d'avoir quelque chose de vraiment satisfaisant à lui offrir.
C'était là ce qu'il y avait de plus sage à faire, et pourtant il ressentit un pincement de cœur en prenant cette décision. Car chaque jour qui passait augmentait les risques, et il ne pouvait pas se permettre de différer l'action indéfiniment. Granger avait intérêt à avancer vite, pensa-t-il en grinçant des dents. Il se souvint qu'elle lui avait demandé pourquoi il voulait savoir tout cela. Peut-être aurait-il dû lui dire. Il pesa un instant le pour et le contre, et finit par décider qu'il avait bien fait. Il était encore trop tôt, et elle risquerait de tenter de lui résister si elle savait. A moins, peut-être, qu'il ne lui révèle le fond de l'histoire, l'entière vérité… Mais cela, il ne l'aurait pas fait même sous la torture.
Tandis que ces pensées le travaillaient, il s'était changé et était maintenant prêt à se mettre au lit. Il se glissa entre les draps fins et activa son réveil ensorcelé afin d'être sûr de se lever à temps le lendemain matin. Sa dernière pensée avant de s'endormir fut pour la jeune fille aux boucles rebelles qui était peut-être son dernier espoir.
***
La réunion des Mangemorts avait été tendue, et Drago avait grincé des dents plus d'une fois en écoutant Rogue flatter le Seigneur des Ténèbres de sa voix doucereuse. Celui qui avait autrefois été son professeur préféré était maintenant l'un des hommes qu'il supportait le moins sur terre. Après qu'il ait essayé de lui voler la vedette au cours de l'année scolaire, il menaçait maintenant sournoisement sa place de favori du Maître déjà fragilisée par les évènements récents. Finalement, Drago put retourner chez lui – ou plutôt dans ce qui lui servait de résidence depuis que le manoir Malefoy avait été réquisitionné par le Seigneur des Ténèbres. Son anxiété n'avait pas baissé d'une once, bien au contraire. Il se dirigea droit vers la bibliothèque, qui avait été magiquement agrandie pendant la nuit et renfermait déjà deux fois plus d'ouvrages que la veille. Ce spectacle lui rendit un peu confiance, puisqu'il était la preuve que le Seigneur des Ténèbres avait toujours confiance en lui et mettait à sa disposition les moyens qu'il lui demandait sans requérir d'explications.
Drago s'avança entre les hautes étagères et finit par trouver sa prisonnière assise à une table dans une des sections nouvellement installées, plongée dans la lecture d'un gros ouvrage. Elle ne l'avait visiblement pas entendu approcher, et il ne signala pas tout de suite sa présence, prenant le temps de l'observer à son insu. Il n'y avait pas de doute qu'elle mettait du cœur à l'ouvrage, et il devait admettre que c'était une chose qui l'avait toujours étonné : quelle que soit la situation, Hermione Granger travaillait avec une application et un perfectionnisme remarquables. Bien sûr, cela avait aussi de quoi l'inquiéter, puisqu'il savait que cette qualité pouvait se retourner contre lui, mais il avait confiance au pacte qui la soumettait à sa volonté. Elle ne parviendrait pas à le briser. A sa connaissance, personne n'avait jamais réussi à s'en sortir vivant.
Il remarqua qu'elle portait cette fois une robe rouge sombre, et il ne put s'empêcher de se dire qu'elle lui allait vraiment. Etonnant comme une simple tenue distinguée pouvait donner à n'importe qui l'air d'une dame… Sans qu'il sache pourquoi, l'image de Luna Lovegood en robe de soirée s'imposa à son esprit, et il fut contraint de modifier quelque peu sa pensée précédente. Pas à n'importe qui. Il fallait quand même avoir un minimum de classe naturelle.
Drago faillit se gifler quand il réalisa ce qu'il venait de penser. Il avait insinué que Granger avait de la classe ? Il devrait faire attention, ou il finirait par la considérer presque comme son égale. Totalement impensable. Mais il n'eut aucun mal à se sortir cette idée farfelue de la tête ; il lui suffit de remonter ses yeux un peu plus haut et de fixer sa chevelure plus broussailleuse que jamais.
- Sais-tu, Granger, que quand on n'a rien, il est très mal venu de refuser les cadeaux ? lança-t-il avec sarcasme.
Elle releva vivement la tête vers lui et l'expression de son visage le fit jubiler intérieurement. Rien de tel pour se changer les idées après une matinée aussi tendue. Elle sembla lutter avec elle-même, puis parla finalement d'une voix calme.
- Je n'ai pas l'intention de refuser quoi que ce soit, Malefoy. Je ne vois pas de quoi tu parles.
Il haussa un sourcil.
- Je te croyais plus intelligente que ça. Tu as peut-être cru que la bouteille de lotion était pour décorer ? J'aurais pourtant pensé que tu te jetterais dessus, vu à quel point tu en as besoin…
Elle luttait pour maintenir un ton égal mais il n'échappa pas à Drago que son poing se resserrait à faire blanchir ses articulations.
- Eh bien, tu as sûrement dû te tromper dans ce cas. Je n'en ai pas besoin.
Il se demanda jusqu'où il pourrait la pousser avant qu'elle ne craque. Masquant son sourire intérieur, il poursuivit, imperturbable :
- C'est dommage que tu penses ça, Granger, parce que tu ne séduiras aucun homme avec un balai mal peigné sur la tête. Prépare-toi à rester vieille fille toute ta vie. Surtout que d'après ce que j'ai pu apercevoir l'autre jour, ce n'est pas le reste qui va compenser…
C'était apparemment la goutte qui avait fait déborder le vase. Hermione rougit violemment et se leva de sa chaise d'un bond.
- Oh, je ne doute pas que je mourrai célibataire, mais pas à cause de mon physique, Malefoy, rétorqua-t-elle hargneusement. Ca sera plutôt parce que je ne vivrai probablement pas six mois de plus enfermée ici, et tu le sais bien, n'est-ce pas ? Quand est-ce que tu as prévu de me tuer ? Quand tu auras fini de me faire chanter pour obtenir ce que tu veux ? Ou quand tu m'auras tellement poussée à bout que même ton fichu pacte ne pourra plus me forcer à t'obéir ? Je suis parfaitement consciente que ça finira par arriver, alors ne va pas imaginer qu'en attendant, je vais me faire belle rien que pour apaiser ta conscience.
Sa voix de plus en plus tremblante se tut, et les yeux de Drago se rétrécirent. Le petit jeu ne semblait soudain plus amusant du tout.
- Ma conscience n'a aucunement besoin d'être apaisée, Granger. Et je t'interdis de me parler sur ce ton. Je passe encore sur cette fois, mais si demain tes cheveux sont toujours dans cet état, je serai beaucoup moins clément, est-ce que c'est clair ?
Les yeux de la jeune fille étaient pleins de défi, mais elle répondit brièvement :
- Ca l'est.
Il hocha la tête, sans se départir de son air menaçant.
- Alors maintenant remets-toi au travail, et j'espère pour toi que tu auras d'excellentes informations à me fournir ce soir. Même heure qu'hier, dans mon bureau.
Sur ces mots, il tourna les talons et se dirigea vers la sortie. Quand il fut dehors et qu'il se fut éloigné encore un peu plus, il s'arrêta et poussa un long soupir. Cette fille avait l'art de le déstabiliser, et cela l'agaçait énormément. Désormais, il faudrait qu'il s'en tienne au strict minimum en ce qui concernait les conversations. Il était inutile de provoquer d'autres scènes, cela n'aidait ni l'efficacité d'Hermione, ni la sienne.
Il marcha lentement vers son bureau et alla s'asseoir dans son fauteuil, derrière sa table. Elle pensait donc qu'il allait la tuer ? L'idée ne lui avait jamais traversé l'esprit, mais en réalité il n'avait jamais pensé à ce qu'il ferait après, quand elle aurait rempli sa mission et qu'il n'aurait plus besoin d'elle. Il ne pouvait pas la garder indéfiniment. Etait-il prêt à la mettre à mort ? Il savait que la réponse aurait dû être oui, mais c'était malgré tout une décision difficile à prendre. S'il le fallait, bien sûr, il le ferait, mais il savait qu'il lui faudrait un certain temps pour se débarrasser de tous remords. Les remords, comme il les haïssait… Ils revenaient toujours le surprendre en traître au moment où il s'y attendait le moins.
Il se leva et alla ouvrir un de ses placards, dont il sortit une bouteille de whisky Pur Feu. Il fallait qu'il s'endurcisse, pensa-t-il en se versant un verre, ou il ne parviendrait pas à accomplir tout ce qu'il avait à faire. Il ne pouvait pas se permettre de s'encombrer de remords. Il regretta le style de vêtements qu'il avait décidé qu'elle porterait, de même que sa chambre un peu trop confortable. Il les avait choisis parce qu'il pensait qu'elle devait être dans les meilleures conditions pour fournir un bon travail, et aussi parce qu'il ne voulait pas que dans sa propre maison ses yeux aient à se poser sur autre chose que le raffinement et la distinction. Mais à présent, il se rendait compte que cela contribuait aussi à la rendre très humaine à ses yeux, et peut-être même trop, il en avait peur…
