Salut ! Oui, j'existe encore, même si ça fait une éternité que je n'ai rien posté. Bon, puisque vous méritez des explications, les voilà : je devais avoir publié le chapitre 7 (j'avais écrit jusqu'à la moitié du 10), quand j'ai manqué d'inspiration. Je vous ai quand même posté de 8, puis j'ai décidé d'attendre d'avoir à nouveau une bonne avance pour recommencer à publier. Pour ceux qui se demanderaient, j'ai fini le 15 hier, et j'ai déjà une partie du 16 et du 17. Et vu que je suis à nouveau dans une période "j'écris un chapitre en une journée", je devrais réussir à garder et même augmenter cette avance !
Bon, je vous rappelle au cas (très probable) où vous auriez un peu tout oublier, Violet avait fêté son anniversaire la veille au soir, et lendemain matin elle ouvrait les lettres et cadeaux de sa famille.
Le reste de la journée de son anniversaire se passa simplement, sans aucun événement perturbateur. Elle fit même une bataille de boules de neige avec ses amis – sauf Clémence qui trouvait qu'il faisait trop froid et était allée lire dans la salle commune – dont Robin, Oliver et Thomas furent à l'unanimité désignés vainqueurs.
Le soir, les réactions à l'annonce du thème du bal furent toutes bien différentes. Il y en avait certains qui s'entre-regardaient d'un air supérieur pour avoir réussi à extorquer l'information à un préfet – Colleen jeta d'ailleurs des regards noirs aux préfets en question, comme pour leur faire regretter de ne pas avoir tenu leur langue, ce qu'elle avait elle-même fait à la perfection. D'autres discutaient à voix basses, imaginant déjà la tenue qu'ils porteraient. Un garçon de Poufsouffle demanda en criant si le thème concernait les garçons et les filles, et Moon lui répondit que depuis six ans qu'il était à Poudlard, il devait bien le savoir. Plusieurs première année, ceux qui ignoraient encore qu'ils ne pourraient pas aller au bal, soupirèrent, puis l'une d'entre eux, une Serpentard, assura que de toutes façons, son frère l'inviterait. Le frère en question lui cria depuis la table de Gryffondor, à l'autre bout de la Grande Salle, qu'elle pouvait toujours rêver, il n'avait pas envie de supporter le pot-de-colle qu'elle était au bal. La petite fondit en larmes et quitta la salle en courant, pendant Perks – professeur de Métamorphose et directrice des Serpentards – foudroyait le jeune en homme du regard, regrettant manifestement de ne pas pouvoir lui enlever de points.
- Elle aurait dû lui demander avant, la pauvre petite chérie, railla Robin.
- Ce n'est pas sa faute, rétorqua Ella. Ce n'est qu'un enfant. Elle lui faisait confiance, et lui il l'a humiliée devant toute l'école. C'est vraiment méchant de sa part. Et je suis sûre que tu ne ferais jamais ça à aucune de tes sœurs.
- On verra bien l'année prochaine, assura Clémence. Elle entrera en première année, Leahnna, non ?
- Si, grogna Robin. Et bien sûr que non, je ferais pas ça. Vous me tueriez si j'étais pas a-do-ra-ble avec elle, de toutes façons. Alors j'ai pas trop le choix.
Soudain, les portes de la Grande Salle s'ouvrirent d'un coup, en un vacarme épouvantable. Leïla entra alors, suivie de ses amis. Mais pas tous, puisque Violet remarqua qu'il manquait Amy Dwight et Verity Penn, qui suivaient pourtant habituellement la sœur de Charlotte comme son ombre.
- Alors, qu'est-ce que j'ai manqué ? s'exclama celle-ci.
De la part de n'importe qui d'autre, ce comportement aurait choqué tout Poudlard, mais là personne ne releva, pas même les professeurs. D'ailleurs, la directrice regardait Leïla, avec un mélange de tendresse et d'une pointe d'admiration.
- Les préfets-en-chef ont annoncé le thème du bal, indiqua quelqu'un, dont Violet ne prit pas la peine de se soucier de qui il était, tant ça lui importait peu.
- Bien, et qu'est-ce que c'est ?
- Gris, noir et blanc, annonça Moon.
- Merci, ma chérie, susurra Leïla de ce qui était sans doute le ton le plus faux et le plus mielleux qu'elle pouvait prendre. Je ne sais pas ce que je ferais si tu n'étais pas là…
Son regard balaya la Grande Salle, et tomba sur Violet et ses amis, assis à la table des Gryffondors. Elle ne sembla pas ravie de les voir, mais un sourire mauvais naquit sur son visage.
- Je vois qu'il y a des parasites à la table de ma maison… Des gens bien peu recommandables. Sachez, chers Gryffondors, que vous me décevez… Mais bon, si vous avez choisi de traîner avec les déchets, c'est votre décision…
A peine eût-elle dit cela que tous ceux qui les entouraient s'écartèrent, comme s'ils ne souhaitaient pas être contaminés par une quelconque maladie.
- Bien… beaucoup mieux, en tous cas… Mais je ne vais tout de même pas m'asseoir à cette table… Non, je vais plutôt aller à celle des Serdaigles, elle m'inspire… Je vais me mettre… là !
Son doigt désigna une partie de la table, que les élèves désertèrent pour lui laisser la place, ainsi qu'à ses amis, de s'asseoir. Tous, sauf une personne, que Violet n'eut aucun mal à reconnaître. Cassandra. Elle restait assise, comme perdue dans ses pensées.
- Pousse-toi, Cendres, ordonna Leïla d'un ton bien plus sincère, et beaucoup moins mielleux.
Violet sursauta. « Cendres » ? C'était comme ça qu'elle appelait la jeune fille ? Celle-ci releva les yeux et sembla se figer, comme prise de peur.
- Cendres ? insista la Reine du château.
La Serdaigle se leva lentement, en tremblant de tous ses membres.
- Pas assez rapide, soupira Leïla.
Elle leva sa baguette, la dirigea vers Cassandra, et jeta un sort inaudible depuis la table des Gryffondors. La jeune fille se mit à trembler encore plus, mais cela semblait de plus en plus être de froid, plutôt que de peur. Quelque chose de blanc apparut dans ses cheveux et sur ses vêtements, et elle serra ses bras contre son corps, claquant des dents. Sa respiration était visible, et Violet se rappela enfin du sort dont il s'agissait.
Le sort de congélation, capable de tuer en quelques minutes. Aucun élève ne disait rien, et les professeurs restaient eux aussi immobiles, même s'il semblait que Perks retenait Knightley d'intervenir. Si personne ne faisait rien, Cassandra allait mourir, qui oserait s'opposer à la Reine ?
- Arrête ! s'écria Charlotte en se levant. Arrête, Leïlou, arrête !
La Gryffondor se tourna vers sa sœur, mettant fin au sort sur Cassandra. Elle semblait extrêmement énervée contre sa sœur, et Violet ignorait si c'était dû au fait qu'elle ait été interrompue ou à l'utilisation de ce surnom datant de leur enfance.
- Que ce soit clair, Charlotte, je t'interdis de m'appeler à nouveau comme ça, lâcha-t-elle froidement. Et n'intervient plus jamais dans ce qui me regarde moi mais pas toi. Ce ne sont pas tes affaires. On a plus cinq ans, on est plus à l'époque où je n'étais pas encore assez lucide pour me rendre compte d'à quel point tu es pitoyable.
- Leïlou…
- Je t'ai dit de ne pas m'appeler comme ça ! Je ne suis plus une gamine !
- Moi non plus. Le temps où je t'obéissais est fini. Je t'appelle comme je veux, et je dis ce que je veux, peu m'importe que cela te plaise ou non. Je sais que tu n'es pas comme ça… Tu es loin d'être aussi méchante que tu veux le faire croire. Je ne sais pas ce qui t'est arrivé quand nous sommes entrées à Poudlard, mais la Leïla d'avant, ma sœur, n'aurait jamais attaqué quelqu'un. Tu étais si gentille, si bienveillante, Leïlou, qu'est-ce qui s'est passé ?
- J'ai arrêté de faire semblant. De tout faire pour plaire à nos chers parents qui te trouvaient si géniale ! siffla Leïla. J'ai cessé de chercher leur approbation continuellement, et j'ai commencé à vivre pour moi, et uniquement pour moi ! Toi, tu es si gentille, si serviable, si bienveillante, si douce, si parfaite. Pas moi. Moi, je n'ai pas envie d'être sympa avec cette pauvre idiote d'Américaine ! Je ne suis pas la bonté incarnée, moi ! Et je n'ai pas envie de faire croire que je le suis ! Mais au moins, je ne suis pas comme toi, si plate, insignifiante et inutile. Non, moi on ne m'oublie pas dès qu'on m'a vue ! Moi, j'ai un caractère, un vrai, je ne suis pas juste une petite idiote qui finira par se noyer dans sa propre gentillesse !
Violet regarda autour d'elle. Personne n'intervenait, mais tout le monde continuait de regarder – et surtout d'écouter – les deux sœurs qui se hurlaient presque dessus. Cassandra n'avait pas bougé, mais la neige qui la recouvrait semblait être en train de fondre, à en juger par l'eau qui gouttait de ses vêtements et de ses cheveux. Elle aussi fixait Charlotte et Leïla.
- C'est vraiment comme ça que tu vois la gentillesse ? Comme quelque chose qui te rendrait plate et oubliable ? Si c'est ça, tu as tout faux. Au contraire, le temps peut panser les blessures mais il n'altère jamais ni la joie ni la reconnaissance. A ta mort, tu penseras sûrement à tes amis avant même de songer à ceux qui t'ont fait du mal. On ne t'oublie pas dès qu'on t'a vue, c'est vrai. Mais un jour, tu t'effaces des esprits, tu n'y laisse plus rien. Alors que même si on finit tous un jour par ne plus se souvenir de ceux qui ont été gentils avec nous, on n'oublie jamais ce qu'ils ont fait. Tout le monde s'efface tôt ou tard des esprits, mais jamais la bonté ne disparait des souvenirs. Un jour, tu ne seras plus rien, même ta méchanceté n'atteindra plus ses cibles, alors que si tu étais gentille, il resterait toujours dans les souvenirs de certains une part, si infime soit elle, de toi. Et surtout, Leïlou, je sais que tu n'es pas si malveillante que tu t'amuses à le faire croire. Je le sais parce que je te connais depuis toujours, depuis aussi longtemps que je me connais. Je te connais sûrement mieux que n'importe qui d'autre ici. Parce que je suis ta sœur, et ça tu n'y peux rien. C'est comme ça depuis toujours, et ce sera toujours comme ça. J'espère qu'un jour, tu recommenceras à y accorder autant d'importance que quand nous étions enfants. J'espère que tout pourras redevenir comme avant.
- C'est bon ? Tu as fini ton ennuyant monologue ? railla Leïla. Je suis désolée pour toi, mais je crois que plus personne ne t'écoute. Franchement, tu devrais veiller à être plus intéressante la prochaine fois.
La jeune Gryffondor se retourna, et cracha :
- Maintenant, tires-toi, Cendres, tu commences vraiment à m'ennuyer. A cause de toi, j'ai dû écouter mon insupportable sœur parler, alors la prochaine fois tâche d'obéir.
- Et toi tâche d'arrêter de lui parler comme un chien ! intervint Charlotte.
- Comme c'est mignon, Cendres, ma sœur te défend ! Tu es heureuse ?
Cassandra, sans répondre, quitta la Grande Salle, pendant que Charlotte se rasseyait en soupirant, suivant du regard sa sœur qui prenait place avec ses amis à la table des Serdaigles.
.
Le début de la semaine s'était déroulé sans qu'il n'arrive rien de spécial, même si Charlotte jetait presque tout le temps des regards à sa sœur, comme si elle espérait que celle-ci devienne d'un coup plus gentille. Ce qui n'arriva évidemment pas.
L'événement le plus notable de la semaine arriva le jeudi, en cours de Défense Contre les Forces du Mal. En effet, à peine fut-elle assise à sa place habituelle dans la classe Violet sentit-elle que quelque chose était différent de d'habitude. Les mouvements du professeur était légèrement plus pressés, et le regard qu'il portait sur eux plus enthousiaste.
- Puisque vous vous êtes révélés être une classe qui avance vite, commença Knightley d'une voix surexcitée, et bien, j'ai décidé de faire un petit écart du programme initial, dans la période qui nous sépare encore de Noël. Aussi allons nous étudier un sort aussi difficile que passionnant. Et bien sûr je ne vous donnerai aucun devoirs durant notre travail sur ce sort.
Le professeur s'arrêta dans son explication. Il les regarda tous un à un, sentant sûrement leur fébrilité, et leur grande envie de savoir de quoi il retournait. Mais il semblait vouloir ménager son effet, aussi attendit-il encore un peu avant de poursuivre :
- Bien… tenez, Robin, par exemple, si au lieu de vous perdre en messes basses avec Jordan, vous nous expliquiez ce que vous savez du sortilège du Patronus ? Non ? Rien ? fit-il mine de s'étonner après un instant de silence – dû à la surprise générale. Et vous, Amelia ?
Knightley savait sûrement que la plupart d'entre eux savait parfaitement répondre, mais ils étaient pour l'instant occupés à tenter de bien comprendre ce qu'il avait dit, et ce que cela impliquait.
- Non plus ? Et vous, Victoria ? Eden ? Bon… et bien je suppose que je vais donc devoir tout vous expliquer moi-même. Pour commencer, sachez qu'un Patronus est un sortilège défensif, et uniquement défensif. Il est une représentation physique de la joie, de l'espoir, du désir de vivre, et de toute autre émotion positive. Il sert à se défendre contre les Détraqueurs, que nous avons étudié l'année dernière. Ils peuvent avoir une forme proche de celle d'un voile, ou prendre l'apparence d'un animal, celui dont le lanceur se sent le plus proche. Clémence, appela Knightley, pouvez-vous venir ici, avec votre baguette, s'il vous plaît ?
La jeune fille obéit, sans sembler une seule seconde inquiète. Au contraire, elle avait l'air très détendue. Violet, elle, espérait être appelée à son tour au plus tôt, tant elle rêvait de créer un Patronus. L'idée d'une manifestation physique de tout ce qu'il y avait de positif dans le cœur de quelqu'un la charmait.
La plupart de la classe semblait, comme Violet, vouloir être à la place de Clémence, mais pour autant certains avaient l'air ravis de ne pas avoir été choisis par Knightley.
- Bien, lâcha le professeur. La formule, dites-la après moi, est « Expecto Patronum »
- Expecto Patronum, répéta Clémence.
- A présent, fermez les yeux et pensez à votre plus heureux souvenir, pensez-y aussi fort que vous le pouvez. Quand vous aurez ce souvenir suffisamment en tête pour vous en remémorer les moindres détails, prononcez la formule.
Clémence ferma les yeux, et resta quelques secondes ainsi. Violet l'imaginait songer à son enfance, avec ses parents et sa gouvernante, sûrement en France, loin de tout ce qui ressemblait à l'incendie et à l'orphelinat, où elle était éloignée de Blanche. Mais bien sûr, Clémence était la seule capable de savoir à quoi elle songeait, ce qui la rendait heureuse.
Les souvenirs sont l'une des clés de l'esprit, inaccessible et tellement pures. Ce que personne ne pourra jamais prendre, voler, utiliser. Les souvenirs appartiennent au passé, mais pourtant ce sont eux qui érigent l'avenir, puisqu'ils composent toute chose.
Clémence semblait détachée de la classe, comme si elle allait la quitter d'une seconde à l'autre, pour se perdre dans les plus beaux moments de son existence. Là où tout allait bien, où le monde ne semblait qu'un nuage de joie et de pureté.
- Répétez la formule autant de fois que vous en aurez besoin…
Il s'écoula quelques secondes, dans le silence le plus pesant qui puisse exister, mais pourtant Clémence semblait toujours aussi heureuse, toujours aussi détendue, partie bien loin de Poudlard.
- Expecto Patronum, murmura-t-elle avec un accent étrange, qui semblait bien plus français qu'anglais, comme si ses souvenirs la possédaient réellement, la faisant parler comme lorsqu'ils étaient la vérité, et plus seulement le passé.
Le Patronus commença à se former, avant de mourir. Le silence continuait, aussi pesant et aussi complet. Tous attendaient avec impatience de voir le sort réussir, même ceux qui n'appréciaient pas particulièrement Clémence.
- Expecto Patronum.
Elle réussit. La lumière jaillit et prit forme. Un phénix. Le Patronus de la jeune fille devenue orpheline et sans maison dans le feu était un phénix. Le seul oiseau qui renaissait de ses cendres. Violet trouva ça beau, et n'écouta même pas le commentaire du professeur.
Passèrent en suite Cassandra – un papillon – puis Lilia Donnerson de Serpentard – un lièvre – et Valentin Parker de Serpentard également – il échoua et revint à sa place après plus de vingt minutes d'essais infructueux. Finalement, Knightley appela de nouveau un ami de Violet, en l'occurrence Robin.
Il se leva, prenant sa baguette, et s'avança vers le professeur, Clémence lui adressant un sourire confiant quand il passa au niveau de la table qu'elle partageait avec Victoria. A son tour, il ferma les yeux mais fut le premier à ne pas sembler se perdre immédiatement dans ses souvenirs. En fait, il ne semblait même pas chercher en lui ce qui le rendrait heureux. Violet tenta, seule, de trouver quel pouvait être le meilleur souvenir de son ami…
Elle savait ses parents avaient divorcé alors même qu'il était encore bébé, donc il n'avait aucun moyen de se rappeler l'époque où sa famille était encore soudée. Elle était pourtant certaine qu'il aimait énormément ses frères et sœurs – enfin, demi-frères et demi-sœurs – dont il leur parlait assez régulièrement. Ainsi, elle savait qu'il avait une petite sœur, fille de son père et de sa belle-mère – qu'il appréciait beaucoup –, qui était sorcière et entrerait à Poudlard l'année prochaine, Leahnna. Et, depuis le mois de juillet, ils avaient un petit frère, Adam, logiquement lui aussi sorcier, à moins qu'il ne soit Cracmol. Robin tenait autant à l'une qu'à l'autre.
Sa mère aussi avait eu d'autres enfants avec son troisième mari – elle n'en avait eu aucun avec le premier – que Robin détestait, même s'il s'était forcé à apprendre sa langue – l'allemand – puisqu'elle était souvent parlée dans la maison. La mère du jeune Serpentard avec donc eu, en plus de lui, trois enfants, tous moldus. Des jumelles de sept ans, Tina et Alix et un garçon de cinq ans, Daniel. Et Robin les aimait tous les trois énormément, plus qu'il ne serait prêt à le reconnaître, malgré la haine qu'il éprouvait pour leur père et l'animosité qui grandissait entre sa mère et lui.
Violet savait également que le jeune homme aimait beaucoup ses amis, le sport, les voyages qu'il faisait avec son père et sa belle-mère, et bien d'autres choses qu'elle n'aurait même pas été capable de lister…
En toute honnêteté, elle se devait de reconnaître qu'elle ne connaissait pas assez Robin pour deviner à quoi il pouvait bien penser, d'autant qu'il parlait assez peu de lui en général. Pendant qu'elle y songeait, cependant, il semblait, lui, avoir trouvé et souriait à présent très légèrement - du premier sourire sincère qu'elle l'aie jamais vu avoir.
Il n'avait pour l'instant pas tenter de lancer le sort, et la classe était bien moins intéressée que pour Clémence, commençant à prendre l'habitude des longs moments de réflexion nécessaires avant de prononcer la formule. Violet, elle, aimait bien tenter de deviner.
Elle pensait que Clémence avait songer à la France et à ses parents, Cassandra à l'Amérique, Lilia sûrement à ses amis avec qui elle passait autant de temps que possible, Valentin elle n'en avait pas la moindre idée puisqu'elle ne le connaissait presque pas.
- Allez-y Robin, lancez le sort, l'encouragea Knightley.
Le sourire du Serpentard s'agrandit, mais devint légèrement différent. De plus en plus semblable à celui qu'il arborait quand il préparait un mauvais coup… Violet était certaine que la suite des événements n'allait pas vraiment se dérouler comme le professeur s'y attendait.
Robin resta quelques secondes immobile, comme intensément concentré, puis les traits de son visage se relâchèrent et il rouvrit les yeux. Tranquillement, il mit ses mains dans ses poches et pivota pour commencer à retourner sa place.
- Eh bien, et la formule ? s'enquit Knightley qui semblait pourtant déjà avoir parfaitement compris que Robin se moquait de lui.
- La flemme ! lança celui-là. P't-être demain, je sais pas, je verrais si j'ai envie !
Le professeur poussa un soupir presque inaudible, tandis que les réactions de la classes étaient assez divisées. Certains se retenaient – plus ou moins bien – de rire, d'autre semblaient en vouloir à Robin de laisser passer la chance qu'il avait d'être dans les premiers à essayer, quelques uns – comme Violet – se disaient que c'était juste ainsi qu'agissait Robin Fawkes et d'autres encore espéraient simplement être les prochains appelés.
Finalement, la cloche retentit avant que quiconque d'autre n'essaie, ce qui fit grincer un certains nombres de dents…
.
- Mais c'est trop cool ! s'exclama Charlotte.
- Pourquoi nous on a pas ça ? renchérit Thomas.
- Parce que vous travaillez trop mal ? suggéra Robin.
- Tu peux parler, soupira Victoria. T'en fous pas une en cours et quand on t'a proposé de lancer un Patronus, tu as refusé, soit-disant parce que tu avais la flemme…
- Quoi ?! s'écrièrent tous ceux qui n'étaient pas dans la salle.
De tout le groupe, personne ne se préoccupait plus du dîner, tant le récit de cours de Défense Contre les Forces du Mal les passionnait – sauf Jordan qui lui lisait, puisque de toutes façons il lisait toujours et n'écoutait jamais, et qui de toutes façons avait assisté au cours .
- Je sentais que je pouvais le faire, se justifia Robin, à quoi ça aurait servi que je montre aux autres que j'y arrivais ?
- Ça va, tes chevilles ? railla Clémence.
- Très bien, merci. Non mais franchement, ils s'en fichent complètement de savoir si je peux ou non le faire, ça ne changera strictement rien à leur vie. Ni à la mienne de leur montrer, surtout qu'il n'y a que cet idiot de Parker qui n'ait pas réussi.
- Qui d'autres à essayer ? voulut savoir Colleen.
- Clémie, qui a fait apparaître un phénix, énuméra Victoria. Cassandra, dont le Patronus est un papillon. Et Donnerson, qui a invoqué un lièvre ou un lapin, je sais pas faire la différence.
- Un lièvre, précisa Jordan.
Tiens, Violet ne pensait même pas qu'il écoutait. En même temps, ses yeux continuaient de parcourir les pages à une vitesse impressionnante pendant qu'eux parlaient… Le Serdaigle prêtait donc apparemment attention aux deux…
- Et vous pensiez à quoi, Clem et Rob ? questionna Charlotte.
- A mes parents et à ma maison de quand j'étais toute petite, éluda Clémence.
Violet remarqua deux choses. Premièrement, sa déduction était bonne. Deuxièmement, elle évitait d'aborder les détails comme son pays ou la mort de ses parents, et la Poufsouffle ne les connaissait sûrement pas. Donc, Clémence ne parlait pas si facilement de cette histoire…
- A un repas il y a trois ans que mes parents avaient organisé pour ma réussite aux examens. C'était cool, il y avait toute ma famille, c'est d'ailleurs la seule fois où ils aient tous été réunis, indiqua Robin.
.
C'était leur dernière sortie à Pré-au-Lard avant le bal de Noël, et Clémence et Colleen avait décidé de le passer avec Cassandra. Si Violet avait bien tout compris, elles avaient l'intention d'obliger leur amie à acheter une robe et des chaussures, dans le but d'ensuite l'obliger à se rendre à la soirée. Pauvre Cassandra, quand même… Si Clémence voulait quelque chose, il était impossible de la faire changer d'avis !
Pour l'instant, Jordan, Violet et Victoria descendait ensemble de la salle commune. Ils croisèrent dans les escaliers Thomas et Oliver, venus de la tour des Gryffondors. Tous ensemble, ils gagnèrent le hall et s'arrêtèrent là où Robin, Ella et Charlotte – qui venaient du sous-sol – devaient les rejoindre. Le Serpentard fut le premier à arriver.
- Rassurez-moi les filles, on sera pas obligés de vous suivre à essayer pendant quatre heures des centaines de robes qui ne pourront être achetées qu'avec validation de l'intégralité des copines ? s'inquiéta-t-il.
- T'es pas un peu dans le cliché, là ? se moqua Jordan qui – chose extrêmement rare, en tous cas assez pour être soulignée – n'avait pas de livre à la main.
- Franchement Dan, t'imagine pas ce que c'est que de devoir acheter des vêtements avec Tori… soupira Thomas.
- De la torture, c'est simplement de la torture ! le soutint Oliver.
- Vous exagérez, les gars, les morigéna Charlotte en arrivant, suivie d'Ella. Elle est loin d'être aussi insupportable que vous le dites.
- C'est vrai, elle l'est plus, railla le Gryffondor. Pourquoi vous avez mis autant de temps à arriver ? questionna-t-il avant qu'elles ne puissent le reprendre une nouvelle fois.
- On discutait avec Clem, Lee et Cassandra, indiqua la sœur de Leïla.
- Parce qu'elle parle, maintenant, l'Amerloque ? ironisa Jordan.
- Utilise pas ce mot, c'est méchant, protesta Ella. Elle ne t'a rien fait, Dan. D'ailleurs elle n'a rien fait à personne, alors laissez-la un peu tranquille.
- Tu la défends, Lala ?
- Pourquoi elle ne le ferait pas ? intervint Violet. Elle a parfaitement raison, foutez la paix à Cassandra, elle ne vous a absolument rien fait de mal.
- Mais tu ne comprends pas ? Swan n'a rien à faire ici, elle ferait bien mieux de repartir en Amérique, là où il y a tous les gens comme elle.
- Je pense qu'elle voudrait bien y retourner, mais elle ne peut pas, objecta Charlotte. Elle doit obéir à ses parents, comme tout le monde. Et puis franchement, en quoi elle est différente de nous ?
- Bon, coupa Victoria avant que Jordan n'ait le temps de répondre. Et si on y allait, sinon les magasins vont être bondés et y mettra beaucoup trop de temps !
.
Quatre heures. Il fallut quatre heures pour que Charlotte, Ella et Victoria choisissent leurs robes – même si les deux Poufsouffles se décidèrent rapidement, ce fut la jeune Serdaigle qui posa davantage problème, puisqu'elle ne cessait de changer d'avis – et que les quatre filles achètent des chaussures plus adaptées à un bal que leurs ballerines d'uniforme ou leurs baskets. De ce point de vue-là, ce fut Violet qui fut la plus longue, pas parce qu'elle était difficile ou indécise, mais parce que rien n'était à sa taille.
Finalement, elles rejoignirent leurs amis aux Trois Balais, qui s'agrandissait régulièrement, et ceux-ci les informèrent moqueusement qu'ils avaient fini leurs propres achats, aussi bien pour le bal que pour les cadeaux de Noël, depuis bien longtemps. Cette simple phrase suffit pour que Victoria les entraîne de nouveau – tous, cette fois – dans les nombreux magasins pour achetez ses propres présents pour sa famille. Mais là, aucune des filles ne s'en plaignit, puisqu'elles aussi avaient complètement oublié.
Charlotte entraîna pourtant un débat assez vif quand elle assura qu'il lui fallait aussi acheter quelque chose pour sa sœur.
- M'enfin, vous vous détestez ! s'exclama Thomas. Et puis franchement, cette fille est la pire peste qui puisse exister ! Comment tu peux vouloir lui faire plaisir ?
- C'est ma sœur, Tom. Je la connais depuis toujours, peu importe si nos relations sont un petit peu tendues en ce moment, ça ne change rien au fait qu'il faut que je lui achète un cadeau !
- Charlie, intervint Oliver, ce n'est pas que vos relations sont tendues, c'est que vous ne vous supportez plus depuis votre entrée à Poudlard ! Sérieusement, vous ne vous parlez plus qu'en vous hurlant dessus, on est quand même assez loin de la relation de jumelles fusionnelles qui ne peuvent pas vivre sans l'autre !
- On ne se déteste pas ! Et puis même, si on ne fait pas d'efforts, comment veux-tu que tout redevienne comme avant, qu'on arrête de se disputer à longueur de journées ?
- Parce que tu crois sincèrement qu'elle va t'offrir quelque chose ? T'es bien naïve, ma pauvre… soupira Robin. Elle s'en fout complètement de toi, faut te rendre à l'évidence.
- Ce n'est pas parce qu'elle ne fait rien que moi non plus je ne dois pas essayer de tout arranger ! Et puis ce qu'aucun de vous n'a l'air de comprendre, c'est que je tiens à elle, et que j'ai réellement envie que tout redevienne comme quand on était enfants ! Avant, on était inséparables, et ce temps-là me manque…
- Rends-toi à l'évidence, Charlie, cette époque est finie. Pardonne-moi l'expression, mais aujourd'hui ta sœur est la pire des connasses. Elle était peut-être adorable avant, mais ce n'est plus le cas, maintenant elle est devenue horrible. Arrête de t'accrocher au souvenir de l'enfant qu'elle était, et fais-toi à l'idée que ta sœur est une, désolé du mot, pute et qu'elle n'est pas prête de changer.
Il y eut un silence, qu'Ella fut la première à briser, semblant assez énervée par le comportement des trois garçons et de Victoria, qui approuvait leurs paroles :
- Charlie est grande, elle est capable de faire ses choix elle-même. Si elle veut offrir quelque chose à Leïla, elle a parfaitement le droit de le faire, et ce n'est certainement pas vous qui allez l'en empêcher. Personne ne vous demande d'approuver, mais vous n'avez pas votre mot à dire, ça ne vous regarde simplement pas. Si Charlie veut essayer de recoller les morceaux avec sa jumelle, elle peut. Je ne dis pas que je suis d'accord ou que je ne le suis pas, juste qu'aucun de nous n'a le droit de la critiquer pour ça. Parce que si un seul d'entre vous était à sa place, il détesterait devoir s'expliquer comme vous êtes en train de l'obliger à le faire. Alors taisez-vous et laissez-la un peu tranquille, c'est clair ?
Les trois garçons ne répondirent rien, fixant le sol avec culpabilité – enfin autant qu'ils en étaient capables. Ella avait ce don pour faire se calmer les gens sans même avoir à hausser le ton, surtout que pour ces trois-là, elle devait être la seule à y arriver, et ça restait donc assez impressionnant à chaque fois. Ils répondaient à toutes les réprimandes, sauf les siennes.
- Viens, Charlie, lâcha-t-elle.
Les deux filles les laissèrent donc là, s'éloignant en discutant calmement, comme s'il ne s'était rien passé. Quand Victoria tenta de les suivre, Violet lui attrapa le bras pour la retenir. Mieux valait sûrement les laisser entre elles, surtout que la jeune blonde avait soutenu les trois garçons contre Charlotte.
.
Le mois de novembre, celui de son anniversaire, se finit calmement. Et ce fut le mercredi qu'à peine réveillés, les élèves de Poudlard purent admirer les décorations de Noël, installés comme le voulait une tradition vieille d'au moins cinquante ans, dans la nuit où mourrait le onzième mois et naissait le dernier de l'année.
Des branches de gui avaient été accrochées un peu partout, des guirlandes décoraient certaines salles de classe, plusieurs armures, fantômes ou personnages de tableaux s'étaient prêtés aux jeux et portaient des bonnets de père Noël, plusieurs fenêtres avaient été recouvertes de faux givre… Mais les endroits les plus impressionnants étaient sans conteste le hall d'entrée et la Grande Salle. Dans le premier, quatre gigantesques statues de glace magique, représentant chacune un des fondateurs de l'école, avaient été installées, et semblaient saluer visiteurs et élèves. Et dans la Grande Salle, c'était plusieurs sapins de Noël que l'on pouvait admirer, en plus des bougies exceptionnellement colorées en rouge. Les tables avaient également été recouvertes de nappes dorées – plusieurs professeurs avaient proposé rouge et or, mais la directrice avait fait remarquer que c'était là les couleurs de Gryffondor, et qu'il y avait assez peu de chance que les autres maisons apprécient – ornées de cadeaux, de sapins, de chaussettes… Même le heurtoir permettant d'accéder à la salle commune avait décidé d'orienter ses énigmes sur le thème de Noël, et de l'hiver en général !
Violet avait toujours adoré la période des fêtes de fin d'année, aussi bien pour les décorations que pour l'ambiance générale de joie qui régnait partout – et aussi pour les repas délicieux, en toute honnêteté. Elle était donc enchantée de voir que les préfets – qui décidaient de la décoration – se surpassaient d'année en année !
.
A mesure que le mois de décembre avançait, l'excitation des élèves amplifiait. Tous attendaient tout en la redoutant la date fatidique du 19, à laquelle se déroulerait le bal. Même les élèves trop jeunes pour s'y rendre avait hâte qu'il se tienne. C'était en quelque sorte l'événement le plus important à Poudlard de tout le mois, d'autant que le lendemain, le train ramènerait les élèves qui le souhaitaient chez eux pour les vacances.
Cependant, les listes accrochées dans toutes les salles communes, où les élèves désirant rester au château devaient inscrire leurs noms avant le 20 au matin, étaient encore presque vides. Rares étaient ceux qui ne souhaitaient pas retourner auprès de leur famille pour les fêtes. Violet savait cependant que c'était le cas de Clémence, apparemment depuis sa première année. D'autant que rien ne l'encourageait à rentrer à Londres, puisqu'elle avait depuis peu rompu avec son petit-ami moldu et que Blanche était partie en France rendre visite à d'anciens amis à elle.
Mais Clémence était la seule de tous leurs amis à avoir choisi de demeurer au château. Quand Charlotte s'était inquiétée qu'elle se sente seule, elle avait simplement répondu qu'elle ne le serait pas puisque Cassandra restait également. Cette phrase avait suffi à faire grincer quelques dents – celles de Jordan et Robin, notamment.
.
- Vite ! Il faut se dépêcher ou on va être en retard ! s'exclama pour la énième fois Victoria, ce à quoi Clémence lui rappela que le bal ne commençait que dans trois heures.
- Tu es déjà presque prête, fit remarquer Violet, à quoi ça sert que tu paniques comme ça ?
- Presque prête ? Tu te moques de moi, Vi ? Je ne suis même pas coiffée, ni maquillée…
- Mais tu as déjà pris ta douche, tu es habillée et chaussée. Et franchement, s'il te faut trois heures pour juste te maquiller et te coiffer, c'est que tu as plus à améliorer chez toi qu'on ne le pensait, ironisa Clémence. D'autant que tout le monde s'en fiche, personne ne remarquera si ton ravalement de façade n'est pas la perfection faite maquillage.
- Et Steven alors ? releva Victoria.
- Steven ? C'est qui lui ?
- Son petit-ami actuel, avec qui elle va au bal, expliqua Violet, lassée du changement continuel de relation amoureuse de son amie – il faut dire que ce n'était pas très facile à suivre.
- Mais… Vic', tu sortais pas avec Diana Weiss ?
- Clémie ! s'offusqua sa meilleure amie. Il serait temps de te réveiller, Dia et moi c'est fini depuis dix jours ! Je t'en avait déjà parlé !
- Pardon, mais en même temps si t'étais capable de tenir une relation pendant plus de deux semaines, j'y arriverais mieux ! Déjà que je venais d'intégrer l'information que tu n'étais plus avec Angel Addamson !
- Non, rappelles-toi, intervint Violet, entre-temps elle est sortie avec Peter Hodge.
- Qui ? Angel ou Vic' ?
- Moi, pauvre idiote ! s'agaça Victoria. Tu pourrais faire un effort !
Au moment où la jeune fille criait cela, la porte du dortoir s'ouvrit lentement, laissant entrer Cassandra qui semblait vouloir – encore plus que d'habitude – passer inaperçue. Ce à quoi elle échoua totalement, puisque Clémence la remarqua tout de suite.
- Ah bah enfin tu arrives, toi ! s'exclama celle-ci. Va te doucher, et ne traînes pas ! Il faut que tu t'habilles, que tu te coiffes et que tu te maquilles, il n'y a pas de temps à perdre !
- Oh non, s'il te plaît Clem, pas de maquillage ! Je veux bien aller à ton foutu bal, mais pas de maquillage, ça je refuse catégoriquement ! Tout ce que tu veux, juste pas ça !
- OK, j'accepte de laisser tomber le maquillage, mais dans ce cas-là c'est moi qui te coiffes. Et tu n'as rien le droit de refuser ! Maintenant, à la douche, et plus vite que ça !
Cassandra, qui semblait assez déçue que son amie n'ait pas oublié sa promesse de la faire aller au bal, se dirigea dans la salle de bain en soupirant. Violet, elle, sourit de voir toute cette agitation. Entre Victoria qui courait partout, Clémence qui se préparait tout en criant en boucle « Plus vite, Cassie, plus vite ! », Eden qui semblait totalement ailleurs – ce qui était assez habituel chez elle, cela dit – et les bruits qui leur parvenaient des dortoirs voisins, il fallait dire que le bal de Noël créait encore plus d'agitation que celui d'Halloween !
