Chapitre 9
Nous restâmes à la salle de billard quelques heures de plus et j'appris à connaître la famille d'Edward. C'était un groupe de personnes intéressantes, pour n'en dire que peu. Ils avaient ce petit lien soudé qui découlait d'Edward et Emmett, qui avaient été amis depuis qu'ils étaient enfants. Les trois autres étaient des bouées dérivant au vent, des âmes perdues, bien sûr, mais ensemble ils avaient créé une famille.
Il y avait quelque chose en eux - eux tous - qui me faisait me sentir chez moi. Comme si, d'une certaine manière, je leur avais toujours appartenu, parce que j'étais une vagabonde, une âme perdue, une inadaptée. Enfin, dans ma propre version des choses.
C'était donc comme gagner au loto quand ils m'accueillirent à bras ouverts.
Emmett prit même l'habitude de m'appeler "P'tite Soeur", ce qui m'allait bien. C'était mieux que d'être appelé Petite ou Bébé Bella.
Tandis que la nuit avançait, j'appris quelques nouveaux trucs sur eux et leurs moyens de gagner de l'argent. Edward, comme je l'avais toujours suspecté, était le leader du business qu'ils avaient mis en place. Ils vendaient des drogues - d'autant que je sache, mais c'était plus compliqué que dealer. Il se trouvait que c'était beaucoup plus que cela.
Ils avaient tous un rôle à jouer dans la famille, unique à eux, mais bénéfique pour le business.
Le truc de Rosalie était les voitures et je trouvais cela surprenant. Elle ne semblait pas être de ce genre avec ses ongles manucurés, ses cheveux parfaits et ses vêtements hors de prix, mais elle savait tout ce qu'il y avait à savoir sur les voitures et même plus. Elle savait comment les conduire, comment les réparer, et plus important - comment les voler. Elle avait pris les techniques de vol d'Edward et les avait perfectionné.
Aucune voiture ne lui résistait et quand elle entendit parler de ma vieille méthode de mettre un cintre dans la fenêtre, elle en tombit presque de rire de sa chaise. Elle me proposa de m'apprendre mais Edward l'avertit qu'il serait le seul à le faire, et puis ils se disputèrent à propos de cela, ce qu'au bout du compte Edward gagna.
Alice était le génie de l'informatique. Une auto-proclamée geek et elle pouvait pirater n'importe quoi. Il n'y avait aucun mot de passe qu'elle ne pouvait trouver et aucune application de sécurité d'ordinateur qui pouvait l'empêcher d'entrer. Elle utilisait ces compétences pour entrer dans un site de vêtements. Elle ajoutait de l'argent à sa carte virtuelle et l'utilisait. C'était ainsi qu'elle avait ses vêtements. Elle me promit de m'emmener faire du shopping en ligne dans un futur proche.
Je déclinais au premier abord, un peu méfiante de faire ce genre de choses, mais encore une fois, j'avais besoin de nouvelles fringues.
Emmett était leurs muscles, pur et simple. Son travail consistait à intimider. Même si pour moi il ressemblait plus à un gros nounours, j'étais sûre qu'il pouvait être assez effrayant.
Il y a quelques années, quand lui et Edward étaient en Arizona, ils avaient été dans un bar. Quelque chose était arrivé et des insultes avaient été dites, et Emmett s'était battu avec quelques idiots bourrés - cinq d'entres eux pour être exacte. Il les avait tous battu à lui seul. Il avait réussi à tuer deux hommes en brisant leur cou et les trois autres avaient étaient battus à mort, dans une bain de sang. Edward avait éventuellement tiré Emmett du seul gars qui était presque mort et ils avaient fui la scène.
Bien sûr, ils ne se faisaient jamais prendre et Emmett était foutrement fier de lui. Il continuait à me montrer les cicatrices sur ses doigts, genre toutes les cinq minutes.
Jasper, le silencieux blond du Texas, était probablement le plus impressionnant du groupe. Il n'était pas fort comme Emmett, se fichait un peu des voitures et laissait tous les piratages à sa petite-amie, mais il était important. C'était le diplomate, conciliateur et pouvait influencer une personne du fait qu'ils étaient innocent.
Il pouvait parler et se sortir de n'importe quelle situation.
Par exemple, il y a quelques années, il était descendu au Mexique avec Edward pour ramener de la drogue de contrebande dans leur État. Ils étaient à mi-chemin de chez eux, à 1,6 kilomètres de la frontière, quand ils avaient eu quelques problèmes avec la cargaison de drogue mexicaine. Plusieurs hommes avaient forcé Jasper et Edward à sortir de leur voiture et avaient pointé un pistolet sur leurs têtes - et quand ils me dirent cela, j'haletai fortement et tout le monde rit de moi.
On m'avait assuré, à plusieurs reprises, que tout s'était bien passé.
Les hommes avaient mis Edward et Japer à genoux et leurs avaient dit de faire leurs prières parce qu'ils allaient mourir, mais quand Jasper avait commencé à parler, les choses avaient dérapé. Ce ne fut même pas cinq minutes plus tard qu'ils avaient passé un accord avec la cargaison. Il arrangea les choses avec le chef de la bande, et finalement, Edward et Jasper ont désormais une meilleure connexion avec le Mexique.
Ils parlaient de produits de hautes qualitées et d'accès aux avions, de tunnels sous-terrains et de corrompre la police qui pouvait facilement se laisser acheter.
C'était assez amusant.
Puis il y avait Edward - le cerveau. Il était celui qui rassemblait tout le monde et les guidait dans la vie de crime. Il était intelligent, charismatique et avait une présence imposante. Tout le monde le remarquait... surtoût moi. Il savait comment vendre les drogues et comment tout planifier pour être sûr que ce soit un succès.
J'avais entendu dire qu'il ne faisait rien tant qu'il n'avait pas analysé tous les aspects du plan. Alice le traitait de perfectionniste et Rose de connard.
Emmett était celui qui avait le moins d'objectifs et parlait de comment Edward était l'enfant le plus intelligent à l'école, un putain de génie en maths. Mais bien sûr, personne n'était autorisé à savoir quelque chose sur Edward et son éducation et Emmett était immédiatement réprimandé.
C'était frustrant parce qu'il y avait tellement de choses que je voulais savoir, mais ça ne m'était pas donné facilement. C'est pour cela que quand l'attention se porta sur moi et qu'Edward me posa des questions sur ma vie et ma famille, je refusai de lui répondre.
Il n'était pas content mais s'il ne se décidait pas à me donner ce que je voulais, je n'allais pas le faire non plus.
De plus, je ne pouvais pas lui dire pour Phil ou ma mère inutile. C'était toujours dur pour moi d'y penser, donc c'était pire de le dévoiler à un groupe de personnes. Je m'en tenais aux basiques, leur parlant de mon école, mes vieux amis et animaux et toutes sortes d'autres choses insignifiantes, superficielles.
Mais alors que je leur décrivais mon insignifiante petite vie, je me demandai ce que serait mon rôle dans la famille. En vérité, je n'avais rien à offrir à personne. A moins que ces gens aient besoin de quelqu'un pour vérifier l'orthographe d'un document ou de le critiquer pour eux, j'étais assez inutile.
Merde, que faisais-je même ici ?
- Alors, qu'en penses-tu, petite ? On ne t'a pas encore effrayé ? Tu ne cours pas en criant ? Edward sourit, éteignant la voiture.
Oh, ouais, maintenant je me souviens...
Je ne lui répondis pas. A la place, je le regardai se pencher en arrière dans son siège et fermer les yeux. Il expira bruyamment et passa ses mains dans ses cheveux - ces cheveux en désordre et Oh - foutrement sexy. Je voulais les aggripper, les sentir entre mes doigts et les tirer.
Je bavais pratiquement sur moi-même rien qu'en y pensant.
- C'était une putain de journée, dit-il.
- Ouais, dis-je, scannant son corps, mes yeux se dissimulant dans la luxure.
Les biceps de ses bras étaient fléchis tandis que ses mains reposaient sur sa tête, et c'était devenu le centre principal de mon attention. Je plissai des yeux et penchai la tête sur le côté, essayant de comprendre quelques significations sur l'art de ses tatouages. Sous la face inférieur de son bras droit, je remarquai un nom signé en noir cursif...
Tanya.
J'arrêtai de respirer. Le nom causa un retournement de mon estomac et me fit mal à la poitrine, mais même, je ne pouvais détourner les yeux - qu'importe à quel point j'essayais. C'était tout ce dont j'arrivais à penser. J'étais une vraie masochiste.
Tanya.
Qui était cette fille ? Etait-elle une femme ou une petite-amie ? Etaient-ils toujours ensemble et était-ce pour cela qu'il ne voulait pas m'embrasser ? Et s'ils étaient toujours ensemble, où était-elle ? Elle devait signifier quelque chose pour lui. Les gars ne tatouent pas le nom d'une fille sur eux à moins qu'elle compte pour eux ou... qu'ils l'aiment.
J'étais perdu dans mes propres pensées misérables quand Edward parla.
- Tu vas bien ? demanda-t-il, enlevant les cheveux de mon épaule et caressant mon cou avec le dos de sa main.
Son toucher me ramena dans le présent mais il ne me fit que réaliser à quel point j'étais jalouse de cette fille fantôme.
- Quoi ? demandai-je, m'écartant de lui.
- Tu vas bien ? Il mâcha l'anneau de sa lèvre. Tu n'as pas l'air... heureuse.
- Je suis heureuse... dis-je, ma phrase tombant à la dérive sur la fin.
La voiture sembla silencieuse et je voulus lui demander pour le tatouage. C'était sur le bout de ma langue mais quand je le regardai, je vis qu'il me faisait ce regard. Ce sourire, celui qui me disait que je comptais pour lui.
Bien sûr, je n'aurais probablement pas remarqué un tel truc si Alice et Rosalie ne me l'avaient pas fait remarqué. J'ai tendance à avoir ma propre perception des gens.
Donc pour le bien de ma santé mentale, j'arrêtai de penser à cette fille et commençai à penser à moi - et à ce que je voulais. Après cela, tout le reste s'envola. Je décidai de prendre un risque et de lancer les dés.
- Tu es fatiguée ? Tu veux aller à l'intérieur et regarder un film ? demanda-t-il.
Dans une réponse minable, je détachai ma ceinture et me penchai vers le frein à main. Je fixai ses lèvres, léchant les miennes d'anticipation.
Il plissa les yeux vers moi.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Qu'est-ce que j'ai l'air de faire ? demandais-je, me rapprochant davantage de lui. Je veux que tu m'embrasses.
Il pencha la tête, juste un peu, ce qui stoppa mon souffle. Il sourit en coin tout en prenant ma main et la rabaissa.
Je fronçai des sourcils, avançant ma lèvre inférieur.
- C'est tout ?
Il haussa les épaules.
- J'ai déjà pris plus que ma part.
Ce gars n'était rien d'autre qu'un taquin constant. Il m'amenait toujours au bord de la combustion seulement pour l'arracher à la dernière minute. J'avais foutrement faim.
- Ugh, grognai-je en me jetant de nouveau dans mon siège. Me tortures-tu vraiment juste pour t'amuser ?
- Je te torture ? Il rit, secouant la tête. As-tu la moindre idée... Il soupira. Tu penses vraiment que je ne veux pas t'embrasser ?
- Non, je sais que tu le veux... du moins, je crois que tu le veux. Je ne comprends juste pas pourquoi tu ne le fais pas.
- Bella, dit-il, détachant sa ceinture et tournant son corps dans ma direction. Je sais que ça semble fou, spécialement venant d'un mec comme moi, mais je ne veux pas franchir cette ligne avec toi. Pas tant que tu es toujours mineur.
Oh, c'est vrai, ses principes.
Je ne le croyais pas - pas après toutes les merdes que j'avais entendu ce soir.
- Tu es sérieux ? lui criais-je. Edward, tu es un dealer de drogue. Un putain de dealer de drogue ! Tu passes illégalement des kilos de drogues à travers les Etats presque toutes les semaines. Crois-moi, un baiser illégal est le cadet de tes soucis. Je pouvais voir Edward hésiter maintenant et je lui fis le coup de grâce, me pressant contre son corps. Je chuchotai. De plus, qui va te dénoncer, hein ? Pas moi.
- J'aurais espéré que tu rendrais toute cette merde plus aisée pour moi... mais putain, regarde-toi. Il souffla, sa main s'agitant sur mon corps. Tu joues avec ma tête et...
- Et quoi ? demandai-je, mordant ma lèvre, le suppliant déjà de m'embrasser.
- Merde ! jura-t-il, cognant le volant avec ses poings. Tu n'as vraiment aucune idée de ce que tu me fais, pas vrai ?
Oh, non, je savais et je l'utilisais à mon avantage.
- Je veux juste que tu m'embrasses, Edward. Juste un seul stupide baiser. Ce n'est pas comme si je te demandais de m'épouser.
Il se moqua et me regarda, toujours suspicieux de mes motivations.
- Si je te donne un baiser, est-ce que tu fermeras ta gueule à ce sujet ?
- Oui, souris-je béatement. Mais tu dois m'embrasser sur les lèvres.
- Quelles lèvres ?
Je serai la mâchoire, essayant de contrôler l'excitation qui me frappait en bas. Merde, pourquoi avait-il dû dire cela ? C'était cruel.
- Eh bien, dit-il, joueur.
- Je réfléchis.
Il sourit, se rallongeant dans son siège et mettant ses mains derrière sa tête.
- Dis-moi juste où, petite.
Sachant parfaitement que j'allais me haïr pour cela plus tard, je décidai que je voulais qu'il m'embrasse sur la bouche.
- Ici, dis-je finalement, pointant mes lèvres. Je veux que tu m'embrasses ici.
- Tu es sûr ? demanda-t-il, haussant un sourcil. Parce qu'un baiser est tout ce que tu auras.
J'haletai.
- Un baiser ?
- C'est juste un baiser avant que tu ais dix-huit ans. C'est le marché. C'est à prendre ou à laisser.
Il avait mis en place un marché difficile mais un baiser était mieux que rien. Il me tiendrait juste en attente pour quarante-quatre - non, quarante-trois jours. Je savais qu'embrasser Edward ne ferait que m'en faire vouloir davantage et, avec le recul, il aurait peut-être été plus sage d'attendre et ne pas tanter Pandora en ouvrant la boite. Mais il me l'offrait maintenant, je ne pensai pas aux conséquences.
- Je vais le prendre, dis-je, avec peut-être un peu trop d'empressement, mais je le voulais plus que tout.
Il se pencha vers le frein à main et réduit la distance entre nous, ses lèvres planant au-dessus des miennes. Il parla vaguement, son souffle chaud sur mon visage. Il sentait la menthe.
- Tu es sûre de vouloir ça, petite ?
Je déglutis, fermant les yeux et hochant la tête.
- Très bien, concéda-t-il, ses mains prenant en coupe mon visage, le tenant fermement en place.
Le temps alla agonisement lentement tandis que j'attendais anxieusement ce moment où il m'embrasserait enfin. Puis, ça arriva. Ses lèvres se pressèrent gentiment contre les miennes. Elles étaient douces et chaudes, un vaste contraste au froid et à la rudeur de son anneau, mais ils semblaient être complémentaire.
Il commença à bouger la bouche, son attention concentré sur ma lèvre inférieure tandis qu'il suçait et tirait dessus. Il fit des mouvements circulaires et roula mes joues avec ses pouces. Je saisis ses poignets, ayant besoin d'être stabilisée.
Mon monde tournait autour de moi.
Il n'y avait pas de langue et il ne le précipita pas. Le baiser était tendre et lent. C'était parfait.
Quand il s'éloigna, je gémis.
- Plus.
Il rit.
- Ne sois pas gourmande, petite. Un baiser est tout ce que tu auras avant le treize septembre. C'est le marché.
J'ouvris les yeux, surprise.
- Tu connais ma date d'anniversaire ?
- Bien sûr que je la connais, dit-il, mettant une mèche de cheveux derrière mon oreille. Je l'ai marqué sur mon calendrier.
