Déteste-moi by Blackpiece Fairie

Chapitre 9 : Mini Cook (part 2)

Il suffisait parfois d'un petit rien pour que les choses bougent à la vitesse de l'éclair. Zoro en avait fait l'expérience l'après-midi même alors qu'il s'entraînait dans la vigie.

Des voix lui parvenaient depuis le pont du bateau et il jeta un œil intrigué. Les frères D étaient en train de faire subir un drôle d'enrôlement au jeune cuistot:

-Ouais, c'est bien, frappe encore !, l'incita l'homme de feu.

-Mais! Arrête de bouger le Monsieur en caoutchouc, ragea l'enfant qui tentait désespérément de toucher le Capitaine avec son pied.

-Oh, oh, t'es trop marrant Sanji comme ça !

-Concentre-toi un peu, je suis sûr que t'en a bien plus dans le ventre, le poussa Ace qui ne lâchait rien malgré le fat qu'il soit un enfant.

Le petit crispait ses poings de rage, une drôle de mou sur le visage. On aurait dit qu'il allait exploser en sanglots d'une seconde à l'autre. Grr, mais qu'est-ce qu'ils lui faisaient ces deux abrutis...

N'écoutant que son instinct, le bretteur descendit en vitesse par l'échelle et bondit sur le pont de façon à pouvoir intervenir si besoin.

-Hé Portgas, qu'est-ce-que vous fabriquez avec le mioche ?

-On le forme. Comme ça il saura se défendre si jamais on est attaqués. Et il est déjà plus fort que la plupart des gamins du même âge, analysa Poings Ardents avec la justesse du combattant.

-Oublie pas qu'il n'a que dix ans quand même !

-Et alors? À son âge moi, je ramenais déjà des monstres marins pour le dîner. Si je te connaissais pas si bien, je croirais presque que tu t'inquiète pour Sanji...

-Moi, m'inquiéter pour ce sourcil ridicule? Alors là pas du tout !, nia en bloc l'homme aux trois sabres qui se renfrogna.

-Regarde un peu les coups de tatanes qu'ils donnent à mon frère.

-Hé ouais, ça chatouille un poil, ricana Monkey-D-Luffy, Même si je suis en caoutchouc, j'aurais certainement des bleus demain.

-Hé Sanji, tu tapes comme une fille!, le provoqua Portgas dans un fin sourire.

-Même pas vrai, sanglota le gosse visiblement à bout de nerfs face aux provocations.

-Arrête de pleurer. Un homme ça ne pleure pas, ça se bat jusqu'au bout !

-Arrête ça Ace, grimaça le vert de plus en plus mal à l'aise devant ce spectacle.

-Attends encore une seconde... Voilà ce que je voulais voir !, se réjouit le brun en pointant du doigt la jambe du gosse qui ressemblait à une vraie torche. Là, Zoro était scotché. Le blond était déjà capable de faire ça à dix ans, incroyable!

-Waouh, c'est chaud! Sauve qui peut!, hurla Luffy en se jetant par dessus bord.

Le vert grogna. Son capitaine avait encore une fois oublié qu'avec son fruit du démon il ne pouvait pas nager. Agacé, il plongea à son tour pour le récupérer même si il mériterait bien de se faire bouffer par les requins pour la peine.

-Dis donc, c'était moins une, souffla le plus jeune des frères après avoir expulsé toute l'eau de ses poumons.

-Mais... Mais... Qu'est-ce-qu'il m'arrive, s'étonna le gamin en fixant sa jambe couverte de flammes. C'était donc la première fois qu'il utilisait son Diable Jambe...

-Hé n'aies pas peur Sanji, tu es juste quelqu'un d'un peu spécial... Un peu comme moi en fait, le rassura Portgas en faisant apparaître une petite flamme dans sa main.

-Ah! Toi aussi tu as un pouvoir bizarre!, paniqua le blondinet en s'éloignant de Ace comme si il était soudain devenu contagieux.

Dans la précipitation, il se tapa dans les jambes du bretteur. Zoro écarquilla les yeux car au lieu de le repousser, le gamin se cacha derrière lui en lui cramponnant le pantalon. Il fallait le voir pour le croire.

-Bon sang Ace, tu vois bien que tu lui fais peur, s'interposa le vert qui avait posé une main rassurante sur cette chère tête blonde.

-Je n'ai fait que lui montrer qui il était vraiment... Hé Sanji, t'as pas peur de moi quand même? C'est Ace, tu te souviens les balades sur mon dos et tout...

-Moi! Peur d'une torche ambulante? Alors là non!

-Torche ambulante..., réfléchit une seconde le bretteur la main contre son menton, je n'y avais jamais pensé mais ce surnom te va comme un gant Portgas !

-Quand tu auras fini de te payer ma poire.. Allez Sanji, sors de derrière Zoro, tenta une dernière fois Ace en se mettant accroupi devant l'enfant peu coopératif.

-Fiche-moi la paix Monsieur Torche! Je t'aime plus toi! Maintenant je reste avec Zoro!

Le Mini Cook qui n'avait pas froid aux yeux fit sa plus belle grimace au grand Portgas D Ace, chef de la seconde flotte de Barbe Blanche. Courageux mais pas trop quand même, le gosse s'enfuit en courant vers la vigie, salle d'entraînement attitrée du bretteur.

-Quel cœur d'artichaut..., marmonna Ace en faisant la moue.

-Il est trop marrant Sanji petit! Je vais lui demander de rejoindre mon équipage !

Zoro ne disait rien, trop perdu dans un fou rire qui lui en faisait mal aux côtes.

-Je peux savoir ce qu'il y a de si drôle Roronoa ?

-Tu es conscient que tu viens de te prendre un beau râteau, Portgas D Ace le tombeur vient de de se faire jeter comme une vieille chaussette. Ah que veux tu mon pauvre vieux, les temps sont durs! Ces jeunes n'ont plus aucun respect!

-Oh ça va, ferme-la un peu !

-C'est ça, allez à plus De la Torche, le provoqua Zoro dans un clin d'œil avant de lui faire un salut de la main et de s'éloigner façon branleur après une victoire écrasante.

Luffy s'approcha soudain de son grand frère et le détailla sous tous les angles possibles. Il avait cet air inquiet et curieux qu'il prenait parfois.

-Dis Ace, ça te fais pas trop mal ?

Le grand brun interloqué fronça les sourcils, se demandant de quoi il voulait bien parler.

-Ben oui, quand Sanji t'a mis un coup de râteau, t'as pas eu trop mal ?

Poings ardents secoua la tête devant la naïveté de son cadet. Visiblement, il n'y avait pas que Zoro qui avait besoin de cours de rattrapage à propos des filles et de l'amour.

-Écoute Trésor, il faut que je t'explique deux ou trois choses je crois, soupira Ace en prenant son frangin par l'épaule pour l'emmener dans un endroit plus tranquille.

...

-Hé dis Zoro, c'est quoi ça?, demanda le gamin qui n'arrêtait pas de toucher à tout, ce qui agaçait fortement le bretteur obligé de repasser sans cesse derrière lui.

-Touche pas à ça, c'est pour polir mes sabres, grommela le vert en lui arrachant des mains un peu plus durement qu'il ne l'aurait voulu mais il fallait avouer que Zoro et son éternelle solitude n'étaient pas habitués à une compagnie aussi envahissante.

-Oh, et ça? Oh et tu as trois sabres... Mais attends, trois sabres, tu le mets où le troisième? Toi aussi, tu as le pouvoir de faire pousser des bras comme Robin?

-Dans ma bouche, Sanji att...

-Beurk, c'est dégoûtant! Waouh, cette grosse haltère t'arrive à la soulever tout seul?

-Oh, Sourcil en vrille? Tu vas t'arrêter deux secondes oui!

L'enfant avait les larmes aux yeux tellement la grosse voix de Zoro était impressionnante pour ceux qui n'y étaient pas habitués.

-Ils...ils sont très bien mes sourcils d'abord, sanglota le petit dont l'index repassait cette drôle de ligne au dessus de son seul œil visible.

Le bretteur se frappa le front avec le manche de son wadô. Il avait encore perdu une occasion de se la fermer, tiens! Pourquoi à chaque fois qu'il entamait une discussion avec quelqu'un il fallait qu'il se mette sur la défensive comme ça? À croire qu'il avait des choses à cacher!

-Et puis toi d'abord, tu t'es vu, espèce de... de... de Marimo! À ces mots, le manieur de sabres reçut comme une sorte d'électrochoc.

Une seule personne sur terre lui donnait ce surnom débile, une personne tout aussi débile avec des jambes noires interminables, une clope au bec et surtout dix ans de plus! Comment ce minus savait ça? Avait-il retrouvé la mémoire à défaut de son enveloppe corporelle? Jouait-il la comédie depuis le début?

-Tiens, tu veux essayer?, proposa Zoro qui faisait des effort surhumains pour se montrer gentil. Il tendit son précieux wadô à l'enfant dont les yeux encore humides s'écarquillèrent de surprise. C'est comme un grand couteau. Allez, donne tes mains!

L'enfant se laissa étrangement faire. Il se saisit de l'arme qui était aussi grande que lui.

-Doucement, pas de mouvements brusques!, lui enseigna le bretteur en posant sa main expérimentée sur celles de son jeune élève. Tu sais, j'y tiens beaucoup. C'est une amie qui me l'a donné quand on avait à peu près ton âge.

-Une fille, waouh elle devait être sacrément forte!

-Oh ça oui!, sourit Zoro tandis que cette éternelle boule se formait dans son ventre.

Pourquoi il s'était mis à parler de ça, il l'ignorait mais très vite, les souvenirs l'envahir comme une vague de laquelle on ne sortait pas indemne. Toutes les fois où il l'avait défiée, tous ces duels perdus, toutes ces fois où la lame de wadô était venu tutoyer sa gorge, cette même lame qu'il avait maintenant entre les mains... Kuina...

-Je suis sûre que si elle te l'a donné, c'est parce qu'elle t'aimait beaucoup. Elle doit être comme toi, une grande pirate maintenant?, supposa le gamin à l'œil rêveur.

-Elle... Kuina nous a quittés... bêtement, hissa le sabreur entre ses dents.

Il se souvenait de ce jour comme si c'était hier. Ces fichus escaliers, les funérailles, wadô et et la promesse faite au ciel : je deviendrai fort, plus fort, encore plus fort, je ferai résonner mon nom tellement fort que du paradis, Kuina pourra l'entendre.

-C'est comme si elle se battait un peu à tes côtés, fit remarquer le Mini-Cook qui malgré son jeune âge avait l'air de comprendre beaucoup de choses.

-Et toi Sanji, ta famille?, questionna le bretteur un peu curieux. Il faut dire qu'il n'en savait pas bien long sur le passé du cuistot, juste l'épisode du Baratie et du rocher.

Et puis toutes ces fois où Sanji restait là à fixer la mer dans le silence pendant des heures – comme si elle lui avait pris quelque chose et qu'elle allait lui rendre un jour, cela intriguait le manieur de sabres au plus haut point.

-Ma seule famille, c'est Zeff, répliqua le gamin d'un ton ferme et convaincu.

Pour percer les secrets du Cook, il repassera un autre jour apparemment...

-Montre-moi plutôt comment tu te bats Zoro, s'impatienta le blondinet en le voyant mettre son bandana vert sur sa tête et se saisir de ses trois lames.

...

Les événements qui suivirent en surprirent plus d'un à bord du Sunny. Qui aurait pu imaginer voir un jour le Cook grimper sur les épaules, jouer avec les boucles d'oreilles ou cheveux voire même dormir blotti dans l'haramaki d'un bretteur plus que coopératif?

-Non mais, dites-moi que j'ai encore de la poudre dans les yeux, s'éberlua Usopp qui était occupé à fabriquer des munitions pour recharger la panoplie d'armes de Franky.

-Hé non bro, je vois la même chose que toi, ricana le cyborg en pointant du doigt Roronoa qui s'était endormi contre le mât dans un position invraisemblable avec le gamin contre son ventre caché par une bande verte reconnaissable entre mille.

-Yo oh! Alors là il faut le voir pour le croire, même si je ne peux pas vraiment le voir. Notre cher sabreur et notre cuisinier ont l'air d'avoir enterré la hache de guerre.

-Heu, vous croyez pas qu'on devrait aller en parler à Chopper quand même car là, c'est plus que bizarre. D'accord Sanji n'est pas dans son était normal mais ZORO!

-Pour une fois qu'ils ne mettent pas le bateau en pièces, je vais pas m'en plaindre, ça me fait des vacances tiens, répliqua Franky qui savait de quoi il parlait. Les incessantes bagarres de Zoro et Sanji lui coûtaient cher à l'année en clous et en planches.

-Non mais personne n'a l'air de se rendre compte de la gravité de la situation, renchérit le long nez. On parle de Sanji et Zoro là! Zoro et Sanji, vous savez les deux types qui ne peuvent pas rester dans la même pièce plus de dix minutes sans se lancer de pics ou sans se sauter à la gorge! Trouvez-moi Chopper de suite!

Le petit renne mit ses recherches scientifiques entre parenthèses pour venir voir ce qui arrivait à Usopp pour qu'il se tortille dans tous les sens comme ça.

-Usopp, tu as demandé à me voir. Tu es malade, quels sont tes symptômes?

-Chopper au secours! Y-a-il une maladie sur terre qui puisse provoquer ÇA!, insista Usopp en tournant la tête du jeune médecin en direction des deux formes endormies dans la même position qu'avant si ce n'était la main du bretteur contre le dos du petit. Parce que si ÇA c'est normal, je ne suis plus le grand capitaine Usopp!

Chopper resta bouche bée quelques secondes avant de se mettre à réfléchir.

-Je n'ai jamais entendu parler d'un virus pareil donc je vais aller faire des recherches. Mais si il n'y a pas d'autre symptôme, c'est une maladie sans gravité.

-Zoro gentil et attentionné! Et avec Sanji en plus, ça vous suffit pas comme signes?

-Yo oh, ça c'est sûr que notre cher Sanji ne nous croira jamais quand on lui dira!

-Comptez pas sur moi pour lui raconter. Ce jour-là, je serai mystérieusement atteint d'amnésie. Pas envie de faire le plus beau vol plané de toute l'histoire de la piraterie!

-J'ai une super idée!, fanfaronna le cyborg en revenant de son atelier, on va les immortaliser grâce à la Franky mini caméra! Ils ne pourront plus nier l'évidence! Allez, un petit sourire les mecs, clac c'est dans la boîte!

-Yo oh, j'ai hâte de voir leur réaction quand on leur montrera ce chef-d'œuvre!

-Je sais pas pourquoi mais je le sens super mal ce plan moi!, grimaça Usopp qui imaginait déjà très bien leur réaction, avec des bleus et beaucoup, beaucoup de sang...

...

Zoro luttait de toutes ses forces pour garder son calme. Depuis un moment déjà, les regards de ses nakama étaient fixés sur lui. Cela venait sûrement du truc blond sur ses genoux qui était en train de manger sa soupe. Il n'y avait que Ace qui ne faisait rien, et pour cause. Sa crise de narcolepsie chronique l'avait réduit au silence.

-Hum, elle est super bonne cette soupe! C'est une recette que j'ai piqué au vieux quand il avait le dos tourné! Je l'ai appris par cœur en deux secondes. Là je l'ai bien eu le vieux chnoque, ricana Sanji qui ne se rendait pas compte de l'ambiance trop calme autour de cette table.

L'homme au wadô un peu mal à l'aise se contenta de boire sa chope de rhum sans un mot.

-Dis Zoro, commença le gamin tout sourire. Tu sais, j'ai pas vraiment de famille à part le vieux chnoque. Et puis...

-Et puis quoi ?

- Luffy m'a expliqué que Ace et lui sont frères alors qu'ils sont pas vraiment de la même famille, alors j'ai pensé que...

-Que..., le força Zoro d'un ton las. À ce rythme là, on y était encore demain.

-Que tu pourrais être mon grand frère... Comme Ace pour Luffy !, s'enthousiasma le gamin avant d'adresser un moue suppliante au bretteur, enfin si t'es d'accord.

À ces mots, Ussop recracha son bol de soupe et dévisagea Chopper en marmonnant un pas une maladie grave, mon œil oui !, ce qui fit sourire Brook et Franky. Nami écarquilla les yeux de surprise, se demandant où étaient passés les Zoro et Sanji qu'elle connaissait. Robin eut un léger rictus tandis que Luffy... mangeait.

-Ouais, trop bien! Sanji et Zoro sont frères! Il reste de la viande ?

Le manieur de sabres restait sans voix, ne sachant pas trop comment réagir. Les coups, il savait les gérer. Les provocations, il savait y résister mais la gentillesse...

Il n'était pas habitué aux attentions, aux sourires et aux gestes tendres, encore moins lorsqu'ils venaient de la personne qu'il était censé détester... enfin sa miniature.

-Cook-san, j'ai bien peur que ce ne soit pas possible, car techniquement tu es plus âgé que notre sabreur, expliqua posément l'archéologue au petit qui ne comprenait rien.

-Pff, tu dis n'importe quoi toi. Tu vois bien que Zoro n'a pas dix ans !

-En réalité Sanji, c'est toi qui est aussi grand que Zoro mais la méchante sorcière en rose t'a jeté un sort et tu es redevenu petit. Tu ne te souviens pas ?

-Robin, les sorcières ça n'existe pas! Tout le monde sait ça. Il faut pas croire tout ce qu'il y a écrit dans tes livres tu sais!

Le sabreur ne put s'empêcher d'éclater de rire, rire qu'il essaya tant bien que mal de dissimuler derrière sa serviette de table. Il était pas croyable ce gosse. Il venait de faire la morale à l'archéologue comme le ferait un papa à son enfant rêveuse et en plus pour une fois Sanji le chevalier servant avait osé contredire sa Robin d'amour. Tous les membres de l'équipage, mis à part Luffy que rien ne pouvait perturber pendant un repas, dévisagèrent le petit et plus encore le grand truc vert mort de rire.

-Hum..., s'étira Ace aux poings ardents après sa sieste, ben vous en faites des têtes tous, j'ai loupé quelque chose ?

-Zoro, j'ai froid...

-Hum..., grogna le vert en se débattant dans son hamac pas vraiment prévu pour deux personnes aussi petites soient-elles. D'une main, il piqua la couverture de Usopp. Le grand pif ronflait tellement fort qu'il n'allait pas s'en rendre compte avant le lendemain matin de toutes façons. Il la donna au petit qui s'emmitoufla jusqu'au bout du nez.

-C'est bon? Allez arrête de remuer comme un asticot et dors maintenant!

-Zoro...

-Quoi encore?, râla le vert à deux doigts de pousser ce sale gamin par terre. Quelle idée il avait eu de le laisser dormir avec lui aussi.

-Non rien. Fais de beau rêves Marimo!

-Du Sourcil, si tu fermes pas les yeux dans la minute, je t'envoies dormir entre Brook et Franky, c'est compris. Mini Cook mais maxi emmerdeur celui là!

Dans la nuit, Zoro se leva pour aller prendre son tour de garde. Il poussa le petit blotti contre lui avec le peu de douceur dont il était capable et se dirigea vers la vigie.

-Putain t'es à la bourre !, lui lança Portgas D Ace qui éclairait le bateau grâce aux flammes que produisait son propre corps.

-Je suis là, c'est ce qui compte non ?, répliqua le vert avant de s'asseoir aux côtés de son ami. Tu peux aller te coucher maintenant monsieur Torche !

-Tu vas encore me charrier longtemps avec ça ?

-Au moins jusqu'à ta mort !

-Ah Sanji, je le retiens celui-là. Il a de la chance d'être si petit tiens... Au fait, ça a l'air d'aller mieux entre vous. Enfin il essaie plus de t'assassiner au moins.

-Je me demande si je préférerais pas, marmonna le vert entre ses dents.

-Toi, t'es jamais content ma parole. Hé c'est quoi ton souci bébé ?

-Pendant le repas quand tu dormais, il m'a demandé si je voulais bien être son grand frère, comme toi avec Luffy, et je suis resté comme un con sans savoir quoi lui dire.

-Ben pourquoi tu lui a pas juste dit oui. Il s'en rappellera pas dans deux jours.

-Justement, ça vaut pas le coup. Demain on va recommencer à se battre comme des chiffonniers, ça sera comme si rien ne s'était passé et...

-Vous êtes déjà comme des frères!

-Dis pas n'importe quoi Portgas!

-Oh mais Zoro, qu'est-ce-que tu crois! Luffy au début je pouvais pas l'encadrer. Il me suivait partout et je lui mettais des raclées pas passibles pour qu'il arrête de me suivre comme un petit chien. Ça a duré plus de trois mois. Après on a appris à s'aimer mais on se battait toujours. Toi et Sanji, c'est de l'amour vache, mais de l'amour quand même!

-Mouais..., répondit le bretteur pas vraiment convaincu par la tirade du grand brun qui avait déjà quitté la vigie d'un bond, le laissant seul avec ses pensées.

Un léger bruit de pas parvint aux oreilles du bretteur qui commençait à se laisser bercer par le sommeil vu que rien ne se montrait à l'horizon. Malgré l'obscurité il distinguait une forme vaporeuse qui avançait sur le pont du Sunny.

-Ce sont les lâches qui se cache ! Montrez-vous si il y a quelqu'un !, prévint-il tout en sortant son sabre de son étui. Si un intrus avait osé profiter de sa petite sieste pour se glisser à bord, il allait le payer cher, même dans le noir.

-Mais non Zoro, c'est moi! N'aies pas peur !, le rassura la voix familière du mini Cook. Mais qu'est-ce-qu'il faisait debout à une heure pareille celui là ? Il devrait être au lit avec son pouce dans le bec, comme tous les gamins quoi !

-Qu'est-ce-que tu me veux encore ?, grommela le vert en entendant l'enfant grimper à l'échelle. Sanji se présenta devant lui recouvert de la grande couette de Usopp.

-C'est que... J'aime pas être tout seul!, expliqua le gosse qui faisait encore sa petite moue pour faire flancher le bretteur.

-Mais t'es pas tout seul. Il y a Usopp dans la chambre.

-Pff, c'est pas lui qui va me protéger, répliqua le Cook parfaitement lucide malgré son jeune âge.

-Ben tu peux aller dans la grande chambre avec Ace, Luffy et les autres.

-Oui mais il y a Brook... et puis... c'est avec toi que je veux être.

Le vert laissa sa tête cogner contre le mât du bateau tandis que la voix de Portgas résonnait dans sa tête. Je ne pouvais pas l'encadrer, il me suivait partout, de l'amour vache mais de l'amour quand même !

-Dis Zoro, demanda l'enfant en venant s'asseoir auprès du manieur de sabres immobile, tu n'as pas répondu à ma question tout à l'heure. Tu sais, si tu veux pas être mon grand frère c'est pas grave, bredouilla-t-il des sanglots plein la voix.

-Je n'ai jamais dit que je ne voulais pas, répliqua Zoro sans vraiment savoir pourquoi.

-Alors ça veut dire que t'es mon grand frère ! Pour toujours !

-Pour toujours, répéta le vert au petit avec lequel il acceptait de créer ce lien si particulier même si ce n'était que pour 24 heures.

Il avait dit toujours et alors ? Sanji ne s'en rappellerait certainement pas un fois redevenu adulte et il n'y avait pas d'autre témoin, donc ce n'était pas vraiment un mensonge, si ?

-Tu sais, si je veux pas dormir tout seul c'est parce que si j'ai pas une présence qui me rassure, ben je fais le même cauchemar de la solitude et de la faim. Tout ça c'est à cause de ce fichu rocher...

-Chut, dis rien je la connais déjà cette histoire, répliqua Zoro en essuyant de son pouce les larmes de Sanji et déposa un léger baiser sur sa tête, Un grand frère ça sait tout, non? Allez dors, je suis là maintenant !

Le gamin étonné accepta la marque d'affection que lui donnait son nouveau grand frère. Il se blottit contre lui et ferma les yeux l'air apaisé après cette journée épuisante.

Zoro observait avec amusement le marmot qui maîtrisait déjà parfaitement l'art de la sieste assise.

Qu'est-ce-qu'il lui avait pris de dire oui. Il savait d'avance que ça allait mal finir.

Le vert fixa le ciel sombre où semblait se dessiner le visage de Kuina. À elle aussi il lui avait fait une promesse elle aussi il l'avait perdu, comme il allait perdre Sanji ce n'était plus qu'une question d'heures. Pourquoi à chaque fois qu'il se liait à quelqu'un, cette personne lui était enlevée sans qu'il ne puisse rien y faire ?

Maudit le démon des mers. Referme à clé la porte de ton cœur. Blinde-le de granit marin et ne laisse personne y pénétrer.

C'est ton destin, pas le droit d'être faible quand on prétend vouloir devenir le meilleur sabreur au monde. Tu es Roronoa Zoro, le chasseur de pirates. Ta tête vaut 160 millions de Berry, ton cœur... pas un clou ! Il faut se faire une raison... Mais personne ne sait à part toi Kuina, personne.

...

-Ah! Bon sang! Qu'est-ce-que je fous là moi !

Zoro sentit son corps s'envoler et son dos frapper violemment le bastingage du Sunny. Il ouvrit un œil pour constater ce qu'il savait déjà: Sanji l'emmerdeur national était de retour et visiblement il était en forme vu le bordel qu'il foutait à lui tout seul.

-Oi, calme ta joie Cook!

-Comment tu veux que je me calme alors que je viens de me réveiller la tête contre ton épaule, c'est un cauchemar ou quoi?, s'insurgea le blond en frottant énergiquement sa joue, l'air dégoûté.

-Je suis pas sûr que ta petite nature supporte la vérité Du Sourcil!, l'avertit le vert en s'étirant. Il avait superbement bien dormi si l'on faisait abstraction du fait qu'il aurait dû monter la garde lorsqu'il avait pris la place de Ace dans la nuit.

-C'est ça, fait le malin! Et puis où sont passés ces fichues clopes?, gueula-t-il en farfouillant les poches de son costume qui avait repris ses proportions originales.

-Si je te le disais, t'en croirais pas un mot de toutes façons vu comme tu es borné.

-Croire un crétin comme toi, il faudrait être fou pour le faire!

-C'est ça. Allez de l'air, rends-toi utile et va plutôt nous faire à bouffer. C'est la seule chose à laquelle tu nous sers!, répliqua le vert à qui il avait filé la migraine.

-C'est bien toi qui peux me dire ça la marmotte! Je vous jure, il faut que je sois patient avec un équipage de bras cassés comme ça. Heureusement que ma Nami-chérie et ma Robin d'amour sont là pour éclairer mes journées. Parce que l'autre face de chou là, il n'y a rien à en tirer, bougonna le cuistot en descendant par l'échelle. Il réajusta sa cravate et se dirigea vers sa sacrée sainte cuisine.

Finalement, tout était redevenu normal à bord du Sunny et le vert n'avait plus qu'une chose à faire : oublier. Facile hein? Enfin en théorie.

-Et c'est là que le grand Capitaine Usopp t'a sauvé des griffes de la teigneuse aux cheveux roses. T'aurais vu ça, elle en était verte de peur !

-Alors c'est vrai, j'avais dix ans ?

-Yo oh, c'est très sérieux mon très cher Sanji et on a même des preuves.

-Ah, malheur, horreur et damnation! Le grand Usopp fait une crise aiguë du je-ne-me-souviens-de-rien-même-sous-la-torture, blêmit le long nez face au regard de killer que lui adressait Sanji, sans parler de sa semelle qui martelait le sol.

-Ouais Bro, tu m'arrivais à peine au genou, tu gesticulais dans tous les sens et t'avais trouvé un Super copain: impossible de te décoller de Zoro ! Regarde plutôt...

Le blond écarquilla les yeux en se voyant gamin mais surtout en se découvrant grimpé sur les épaules du bretteur ou pire, en train de faire la sieste dans ses bras.

-Pitié, dites-moi qu'il y a trucage !

-Yo oh, mon cher Coq, laisse-moi te dire que c'est la vérité. Je l'ai vu, de mes yeux vu, même si techniquement...

-C'est bon, épargne-moi la suite Brook. Hé toi!, dit-il soudain en pointant le sabreur d'un index menaçant, je peux savoir pourquoi tu m'as laissé faire ça ?

-T'arrêtais pas de me suivre comme un petit toutou. T'aurais voulu quoi, que je t'en colle une tous les deux mètres peut-être? Et puis t'étais tellement chiant, et capricieux en plus! À chaque fois qu'on te disais quelque chose qui te plaisais pas, tu te mettais à chouiner comme une gonzesse ! Le cuistot était là, bouche bée, cherchant du regard un peu de soutien et surtout la vérité auprès de ses autres nakama.

-Arg, ne me regarde pas comme ça Sanji, je suis amnésique! J'ai rien vu, rien entendu, PITIE, hurla le long pif tout en quittant la cuisine en trombe.

-Franky, je veux tous les clichés et les pellicules tout de suite, dit le blond dans un grand sourire avant de s'énerver comme jamais, sinon je démonte la boîte à conserve qui te sert de corps en pièces si petites qu'il faudra un détecteur de métaux et environ un demi siècle pour que tu retrouve ton apparence normale, c'est bien clair ?

-Pas la peine de s'énerver, bro, c'était juste pour t'aider à retrouver la mémoire et histoire de tester l'efficacité de la Franky mini caméra.

-TOUT DE SUITE !, brailla le Cook hors de lui.

Tous quittèrent la cuisine, laissant le bretteur seul avec le coléreux à la jambe noire. Il était en train de faire la vaisselle en sifflotant le dernier tube à la mode. Zoro profita de son inattention pour planquer une photo dans son haramaki avant qu'elles ne terminent leur courte vie en tas de cendres. Finalement, il préférait se souvenir.

Il se leva sans un mot, direction son entraînement matinal vu que rien de bien palpitant ne semblait se profiler à l'horizon même si Grand Line était imprévisible. Lorsque sa main se trouva sur la poignée, le Cook lui lança un regard.

Un autre lorsqu'ils se croisèrent dans la salle de bain, encore un autre au repas de midi. Un regard soutenu, bleu des mers du sud, presque mélancolique.

-Oh venez voir tout le monde. Une île! Attention le futur roi des pirates débarque !

-Luffy, calme-toi. On va se faire repérer avant même d'avoir jeté l'ancre! Il a toujours été comme ça ?, s'exaspéra Nami qui avait réduit Luffy au silence d'un coup de poing.

-Toujours!, ricana Portgas-D-Ace avec sa décontraction habituelle tout en passant amicalement ses bras autour des épaules frêles de son ami blond fraîchement retrouvé.

Un dernier regard bleu océan et Zoro comprit : Je me souviens de tout !

TBC

Playlist : J'ai dix ans (A. Souchon)

Sanji demande à parler en privé à l'auteure : Psitt! Pourquoi c'est toujours à moi qu'il arrive des trucs pas possibles !

Moi : Parce que tu es tellement craquant quand tu es petit Sanji-kun

Zoro pas content (et peut-être un poil jaloux mais chut)a des réclamations : Ouais et à propos, je croyais que c'était moi le héros de cette fiction. Alors pourquoi j'ai comme l'impression de m'être encore fait voler la vedette par cette espèce d'abruti permanenté du sourcil. Et puis, c'était pas moi ton chouchou d'ailleurs ?

Moi face à un dilemme cornélien : …...

Sanji : Que veux-tu Marimo, je suis M. Prince, mon charme s'impose naturellement.

Zoro qui s'approche dangereusement : Tu parles, tout ce qui s'impose, c'est ta connerie sans fin. Et il y avait pas besoin de vingt pages pour s'en rendre compte.

Moi : T'en fais pas Zoro-chou, tu seras la vedette du prochain épisode. Tout le monde sera aux petits soins pour toi, même le grand capitaine Ussop.

Ussop montre le bout de son nez : Ah ah, on parle de moi. Il faut dire que je suis tellement populaire que tout le monde...

Zoro qui le pousse: Dégage de là long pif, c'est moi la star ici! Tu disais...

Moi reine du complot : Tout le monde va te dorloter, te chouchouter. Et si t'es sage tu pourras faire tout ce que tu veux à tes nakama... hi hi hi

Sanji : Hors de question que je laisse cette tête de brocoli me donner des ordres!Usopp, blanc comme un linge : Ah, mes jambes au secours! Je viens d'être frappé de plein fouet par la maladie du je-ne-veux-pas-aller-au-chapitre-suivant.

Zoro qui en tient un pas la salopette et l'autre par la cravate : Ordre de l'auteure, c'est moi le chef alors au boulot bande de débiles !

Ace profite de leur départ et fait un clin d'œil à l'auteure : Si tu arrives pas à choisir entre Sanji et Zoro. J'ai la solution idéale pour toi : Portgas-D-Ace !

Zoro qui traîne Ace derrière lui par le galon de son chapeau : Oh on se calme De la Torche, c'est moi son chouchou ! Déjà qu'on t'a ressuscité, estime-toi heureux ! Comme si j'avais besoin de toi dans mes pattes en plus de ton frangin, tiens.

Moi qui les regarde partir en soupirant : Ah c'est beau l'amitié quand même! Bye !