Inimaginable, ce qu'un cœur pouvait ressentir, ce qu'un simple souffle pouvait dire, ce que deux beaux yeux bleus pouvait offrir.
Elle n'avait pas ouverts les siens depuis quelques temps et demeurait là, silencieuse et immobile. Seule sa poitrine se soulevait doucement à chaque respiration. Sa peau était pâle sans être livide, il y avait toujours de la vie en elle.
Ron ne savait pas vraiment quelle force l'avait guidé jusqu'à son chevet mais devant une telle beauté, il ne cessait de la remercier. Il s'assit doucement sur un fauteuil après l'avoir placé à ses côtés et prit sa main avec délicatesse. Elle n'était pas froide comme il l'avait pressenti mais chaude et douce. Il caressa sa paume du bout des doigts, ses yeux posés sur son doux visage. Un sourire s'y dessina, elle avait l'air d'apprécier les caresses. Quelques minutes plus tard, ses yeux avaient rencontré ceux du rouquin, ébahi.
«Qui es-tu? Demanda la jeune Delacour en fronçant les sourcils, sa main ayant quittée celle du visiteur.
«Euh..., Ron se sentit soudain mal à l'aise, Ron Weasley...
La belle le regardait avec un air étrange, comme si elle le rencontrait pour la première fois, ce qui ne fit rien pour arranger l'embarras du rouquin.
«Tu ne te souviens pas de moi? Demanda-t-il, inquiet. On est amis...
«Si tu le dis, lâcha-t-elle en détournant le regard, l'air indifférent.
«On est même plus qu'amis, insista Ron pour retenir son attention. On a... Tu ne te souviens pas?
Ron commençait à sentir une énorme pression lui comprimer le cœur. Il avait envie d'hurler, de la secouer pour qu'elle se réveille. Il avait enfin retrouvé de véritable sentiments pour quelqu'un et voilà qu'ils lui échappaient de nouveau. Il ne pouvait la quitter des yeux, la laisser dans l'ignorance. Il n'arrivait pas à croire qu'elle ait oublié comme ça. Soudain, une larme se glissa le long de la joue creuse de Gabrielle. Ron suivit sa course, désemparé. Celle-ci disparue dans le creux de son cou.
«Je ne voulais pas te brusquer, souffla le jeune homme. Désolé.
Il se leva pour partir mais la belle s'était retournée pour lui attraper le poignet.
«Si on est amis, tu ne peux pas me laisser comme ça! Faut que tu m'aide à récupérer ma vie! Cria-t-elle, totalement submergée. Je t'en supplie...
«Je ne te laisserais pas tomber, assura Ron en s'accroupissant de sorte d'avoir le visage en face du sien. Je te le promets.
Le soleil avait percé les hautes et fines fenêtres de la tour Gryffondor. Ginny ouvrit immédiatement les yeux lorsque la lumière vint se poser sur sa peau. Elle prit une grande inspiration puis s'assit au milieu de son lit. La jolie rouquine se frotta les yeux, la tête embrouillée par ses pensées et par le souvenir de la veille.
La jeune femme assise à la table des Gryffondor, étonnement vide cette année, finissait son repas quand un elfe de maison apparu devant son assiette. La belle en perdit ses couverts, surprise. L'elfe lui tendit simplement un papier qu'il lâcha en voyant qu'elle ne réagissait pas et disparu dans un petit "pop!" sonore avant même qu'elle est pu lui poser des questions. La sorcière regarda quelques secondes dans le vide qu'avait laissé la créature puis reporta son attention sur le bout de parchemin.
" Vous êtes, Mademoiselle Weasley, préfète de Gryffondor, convié à prendre votre dessert dans le fabuleux bureau de votre cher professeur de potions, en sa compagnie et celle d'autres invités. R.D.V donc au septième étage. "
La rouquine jeta un œil vers ses amis et remarqua que Neville lui répondait, lui aussi un bout de papier dans les mains. Ils se questionnèrent des yeux un instant puis Ginny lui fit signe de la suivre.
«Encore une bonne idée de Slughorn, grommela-t-il en arrivant à sa hauteur.
«Oui, souffla Ginny. On verra bien ce que ça donne cette année.
« Ça ne peut rien donner de bon, dit Neville en jetant un œil vers la table des professeurs. Bande de...
«Chut! coupa la belle rousse. On va pas commencer dés le premier jour.
Ils gravirent les nombreuses marches des nombreux escaliers et arrivèrent dans le couloir du septième étage. Ils passèrent devant le mur nu qui cachait la salle sur demande. Les deux amis se lancèrent un regard complice pour poursuivirent leur chemin jusqu'au bureau. La rouquine jeta un œil à l'intérieur de la pièce et tomba nez à nez avec le visage sombre d'un Serpentard. Elle soupira avec dédain et entra, suivit par Neville.
«Parfait! S'écria Slughorn en les apercevant. Vous êtes venus!
«Euh... Oui, dit simplement Neville en affichant un sourire peu convaincant. C'est toujours un... plaisir, acheva-t-il en remarquant lui aussi le serpentard au regard noir.
«Nous voilà tous réunis, reprit Horace, joyeux. Je ne m'attendais pas à revoir la plupart d'entre vous et je ne vous cache pas ma joie. Dommage qu'il manque monsieur Potter, ajouta-t-il, l'air peiné.
Ginny sentit soudain une nausée lui monter dans la gorge et reposa très vite la petite cuillère qu'elle avait prise sans même l'avoir encore mise dans la bouche. Soudain elle se mis à prier afin que son émotion ne l'envahisse pas. Heureusement pour elle, leur hôte changea très vite de sujet.
«Monsieur Zabini, comment se sont déroulés vos vacances?
Le concerné ne répondit pas tout de suite, trop occupé à observer le visage crispé de sa voisine.
«Professeur, malgré le respect que je vous dois en tant que grand sorcier et grand chimiste, comment pouvez-vous nous demander ça? Vous n'êtes peut-être pas au courant mais...
«On sait! Coupa Neville en jetant sa cuillère sur la table. T'es pas obligé de nous le rappeler pour autant et de casser l'ambiance!
«Réveilles-toi abruti! Reprit Blaise. Vous allez tous vous faire botter le cul et vous restez là à manger des desserts en papotant littérature!? C'est comma ça que vous allez battre le Seigneur...
«Garde le mot "Seigneur" pour toi! Intervint la belle Weasley en se levant. C'est ton maître! Pas le nôtre!
«Allons! Allons! Les jeunes! Pas besoin de ramener la guerre au sein de l'école.
Personne ne répliqua et un silence pesant entra dans la pièce et y prit demeure. La plupart des élèves s'excusèrent et partirent. Neville invita Ginny à suivre le mouvement. Celle-ci ne se fit pas prier mais arrivée dans le couloir elle remarqua qu'elle avait oublié son gilet. Elle insista pour que Neville ne l'attende pas et retourna dans la petite pièce. Elle ne s'avança pas plus en entendant des voix.
«Qu'aimerais-tu que je fasse?
«Que vous m'aidiez, répondit la voix grave de Zabini. Je sais que vous le pouvez.
«Je n'en suis pas certain, dit Slughorn, de l'hésitation dans la voix.
«Moi je suis certain de mon choix. Il faut le tuer...
La belle tendit plus l'oreille mais Neville la rejoignit et couvrit la voix du serpentard par la sienne.
«Tu l'as retrouvé?
«Mais chut! Souffla la jeune femme.
«Potter est faible et ne vaincra pas le mage noir...
«Tu as l'air un peu trop sûr de toi! Coupa Ginny en entrant.
Elle sortit sa baguette d'un air menaçant, ce qui eut le don de faire tressaillir Slughorn mais ne la pointa que vers son gilet. Celui-ci s'envola et atterrit dans sa main tendue. Elle leur lança à tous deux un regard plus glacial que jamais et tourna les talons. Neville lui emboîta le pas, l'air méfiant.
…tait-elle sûr de ce qu'elle avait entendu? Avait-elle des raisons de douter de la fiabilité de son professeur de potions? Elle allait se lever quand Lavande vint s'asseoir à côté d'elle.
«Salut, dit-elle, le teint blafard. Je n'ai pas beaucoup dormi, ajouta-t-elle.
«Salut, répondit Ginny, les sourcils froncés. Euh... Pourquoi?
«J'ai rêvé de ton frère, avoua la blondinette, gênée. Tu crois qu'il va bien?
«Oh! Oui. Oui, il va plutôt pas mal. Enfin, autant que possible.
«Mais où est-il?! S'écria-t-elle avec sa voix aiguë. Pourquoi il n'est pas revenu avec toi!? Mon Ronron! Il doit être en danger!
Ginny, pas du genre à fréquenter ce genre de filles, soupira, agacée. Lavande le remarqua et la fixa avec intensité, scrutant les moindres détails de son visage et à l'affût de la moindre expression douteuse.
«Quoi? Demanda l'observée.
«Mais tu... Tu t'en fous?
«On est tous en danger! Répliqua la rouquine en se levant. Qu'est-ce que tu crois? La guerre est partout maintenant. On a des Mangemorts comme profs.
«Mais dehors, c'est pire!
«J'en suis pas si sûre, dit la belle tout en prenant une tenue dans sa valise. Désolé mais faut que je m'habille. Je ne pense pas que les retards vont passés aussi bien que les années précédentes.
Et la jeune femme avait raison. Tout était prétexte à punition, humiliation envers les élèves des maisons Poufsouffle, Serdaigle et surtout Gryffondor, ennemis bien connus des Serpentards. Serpentards privilégiés cette année.
«A Paris!? S'écria Harry en se retrouvant devant l'Arc de Triomphe.
Il regardait sa meilleure amie, l'air ahuri. Il se tempéra en voyant des regards se tourner vers lui. La belle se mordit la lèvre inférieure et le supplia de la suivre sans discussion. Celui-ci obtempéra bien qu'il lui en veuille de ne pas l'avoir prévenu. La belle le mena dans une rue moins fréquenté et se mit à marcher à l'envers pour lui parler.
«C'est vrai que j'aurais dû te le dire mais je n'étais pas sûre de moi. Je me suis soudain souvenu de cette fois où j'ai accompagné ma mère pour un défilé. Elle avait une amie, une grande créatrice américaine, qui travaillait ici, à Paris. C'était tout bonnement merveilleux.
«Mais Hermione... Attention! Lança-t-il en voyant arriver un vélo à toute blinde.
La belle se jeta sur le côté mais le cycliste prit peur et dévia dangereusement vers le mur. Harry sortit discrètement sa baguette et le remit sur les rails. L'inconnu freina un peu plus loin et se tourna, haletant.
«Est-ce que tout va bien? Demanda celui-ci.
«Euh... Oui, répondit Hermione d'un bon français. Et vous?
«Oui, je crois que je n'ai rien de casser, dit-il avec un joli sourire. Vous êtes anglais? En tout cas vous avez un bel accent, ajouta-t-il.
«Merci.
Harry suivit la conversation sans comprendre tout. Il se sentit un peu mis à l'écart et remarqua que son amie avait l'air sous le charme du français. Il se racla la gorge pour signaler sa présence et expliqua à Hermione, en bon vieux anglais, qu'ils ne pouvaient pas s'attarder.
«Alors, nice evening, reprit le français. I hope our roads will cross themselves again*.
Hermione ne répondit rien mais lui rendit un large sourire, les yeux pétillants. Harry, agacé par son comportement la tira vers lui et la poussa pour qu'elle avance.
Ils atterrirent tous deux dans un petit hôtel sympa dans le neuvième arrondissement, à quelques pas des grands magasins.
«Plutôt joli, tu ne trouves pas? Demanda la jeune sorcière, enthousiaste.
«Je ne dis pas le contraire, mais, Hermione, notre but n'est pas de nous échapper dans un autre pays! Lui fit remarquer l'élu, plus que sérieux. Tout ça, ça ne te ressemble pas! Ajouta-t-il en montrant la chambre des mains.
«C'est moi qui me fatigue pour nous faire transplaner. Désolé d'avoir pensé un temps soit peu à ma mère! Répliqua la belle.
«Mais qu'est-ce que tu as avec tes parents et où sont-ils d'ailleurs?
«J'ai déjà répondu à cette question.
Harry s'assit au bord d'un des deux lits de la chambre et se frotta la tête, son esprit embrouillé. Il n'insista pas sur le sujet car Hermione avait l'air de ne pas le supporter et il ne voulait pas créer de conflit entre eux. Le sorcier décida qu'il n'était pas obligé de tout savoir pour le moment et que c'est elle qui en parlerait quand elle en aurait envie. Il resta un moment comme ça, le visage enfuit dans le creux de ses mains. Il y était bien, comme à l'abri de tout. Hermione le ramena à la réalité avec un seul mot: "Horcruxe". Ce mot ne signifiait rien pour un homme qui n'appartenait pas au monde de la magie et allait au delà de son imagination. Pour Harry, ce mot ne signifiait qu'une seule chose: Voldemort, et le seul fait d'y penser lui retournait littéralement le cœur. Il sortit de ses pensées avec peine et fit signe à son amie qu'il l'écoutait.
«Dobby peut nous renseigner car c'est le dernier qu'on connait à l'avoir vu. Kreattur m'a révélé que son maître, R.A.B, le frère de Sirius...
«Attends! Quoi? Interrompit Harry, abasourdi.
«Oh! Pardon! Avec tous les événements...
«Calme-toi, c'est pas grave.
Harry lui fit signe de s'asseoir et la regarda attentivement. Elle comprit très vite qu'il attendait son récit et le débuta quelques secondes après.
«R.A.B n'est autre que le petit frère de Sirius. Il s'appelait Regulus. Kreattur l'a servi quand celui-ci à décidé secrètement de saboter les plans de Tu-sais-qui. Il a découvert la caverne et le lac noir. Il a ordonné à Kreattur ce que Dumbledore t'a ordonné à toi: l'obliger à tout boire pour récupérer l'objet et le remplacer par le faux. Kreattur a obéis. Il a pris le médaillon, l'a remplacé et l'a emporté. la seule chose qu'il n'a pas réussi à faire, c'était de le détruire. Dobby lui ait venu en aide quelques années plus tard, lorsqu'il est devenu un elfe libre grâce à toi. Le hic, c'est que Kreattur ignore où Dobby a emmené l'objet.
«Il faut contacter Dobby dans ce cas... Hermione?
Celle-ci hochait la tête l'air ailleurs, comme si elle était sous hypnose, absorbée par ses propres pensées.
«Tu as une idée? Reprit Harry d'un ton fort, comme pour la réveiller.
La belle ne répondit rien mais se leva et plongea son bras tout entier dans son sac à main ensorcelé. Elle en sortit un vieux cadre, orné en or, d'une peinture représentant un décor vide. La jeune femme le posa sur la petite table à manger et recula de quelques pas pour le contempler. Harry la rejoignit, perplexe.
«C'est...
«Phineas Nigellus Black, coupa la brunette, toujours aussi concentré, les yeux fixé sur le tableau. S'il vous plait! S'écria-t-elle d'un coup, ce qui fit sursauter son meilleur ami, juste à côté d'elle. Sir Black! Nous avons besoin de vous!
Il ne se passa rien pendant plusieurs minutes qui leur semblèrent, à tous deux, être des heures. Mais, l'homme du tableau apparu finalement, l'air horriblement effarouché.
«J'aurais dû m'en douter! Lança-t-il. Cela ne pouvait être que de votre fait! Miss Née de parents moldus!
«Je vous prie d'accepter mes sincères excuses, tenta Hermione. Nous avons terriblement besoin de vous!
«Qu'est-ce qui peut être aussi terrible que d'être embarqué dans un sac de femme comme une vulgaire babiole!?
La gryffondor lui expliqua tant bien que mal la situation et la tâche qu'elle désirait lui confier. Celui-ci lui ricana au nez mais la jeune femme ne se démonta pas, elle avait plus d'un tour dans son sac et ne comptait pas lâcher l'affaire. Le portrait le remarqua et en fût étonné. Elle conclu finalement à un accord tandis qu'Harry ne faisait qu'assister au débat. Elle lui promit que plus jamais il ne serait embêté par qui ou quoi que ce soit puisqu'elle le laisserait ici, dans cetteCHAMBRE D'HÔTEL. Tout cela en échange d'un message qu'il devait apporter.
«A Dobby, expliqua-t-elle. C'est un elfe qui travaille dans les cuisines de Poudlard. Il faut qu'il nous retrouve ici, en toute discrétion bien sûr.
L'homme peint acquiesça et disparu. Hermione soupira, fatiguée comme si elle avait couru un marathon. Elle savait y faire en négociation et Harry ne pouvait être qu'impressionné.
Ils allaient pouvoir avancer et ce grâce à la dextérité d'une jeune femme talentueuse. Il la remercia mille fois pour tout ce qu'elle faisait et ce qu'elle était encore prête à faire, mais fut interrompit par le "dring" du téléphone. Hermione bondit en l'entendant et Harry en fit de même pour décrocher le combiner.
«Allo?
«Oui, monsieur, je vous mets en ligne avec votre correspondant.
«Oui, merci...
«Harry! Lança la voix de Ginny. Je n'ai pas beaucoup de temps, dit-elle précipitamment. Je ne veux pas risquer qu'on me surprennes et qu'on me confisque le portable.
«OK mais dis-moi si tu vas bien.
«Je vais bien, répondit-elle simplement. Et je continuerais à aller bien si on ne me surprend pas en train d'utiliser un objet moldu.
«Comment as-tu trouvé le numéro de l'hôtel?
«Fred... Mais c'est pas pour ça que j'appelle. C'est pour te prévenir. Zabini essayes de corrompre Slughorn et de l'enrôler chez les Mangemorts. Je l'ai entendu hier soir.
«Quoi? Mais c'est peine perdue. Slughorn était un grand ami de Dumbledore. Il ne va pas...
«Je te dis ce que j'ai entendu, coupa la jeune femme d'un ton sec. Slughorn est faible et naïf, toi-même tu le sais.
«Merci d'avoir prévenu...
«C'est mon rôle, interrompit à nouveau Ginny. Je fais ce que tu m'as ordonné de faire comme un bon petit soldat.
«Non, Ginny, je... Harry ne trouvait plus ses mots.
Hermione lui lança un regard attristé, comprenant la situation.
«Te fatigues pas, reprit la rouquine. J'ai plus de temps. Je te recontacterais d'ici un mois.
«Attends! Ginny, je...
«Ouais, je sais. "Crrrr"
Le bruit de la coupure téléphonique raisonna longuement dans la tête du jeune Potter. Il eut du mal à raccrocher à son tour, tenant fermement l'appareil. Il le reposa finalement au bout de quelques minutes et raconta le rapport de Ginny à sa meilleure amie qui le questionnait du regard. Celle-ci voulut lui demander si ça allait mais Harry esquiva toute explication en sortant de la chambre. Il était complètement retourné par le ton glacial de sa voix, par ses mots tranchants, par le fossé qui c'était creusé entre eux.
Mais peut-être que c'était le mieux à faire? Peut-être qu'il valait l'éloigner? Tous ceux qu'il lui était proches mourraient. L'éloigner de lui, renoncer à son amour pour elle, afin de la sauver...
Premier jour de cours, seule la maison Serpentard semblait joyeuse. Personne n'avait aperçu le nouveau directeur qui, aux yeux des trois autres maisons, n'en serait jamais vraiment un. Les Carrow, frère et sœur, assuraient les cours d'initiation à la magie noire remplaçant les cours de défenses bien sûr. Il y eut trois blessés grave ce jour-là.
Ginny,INSTALLÉE en face du feu de cheminée dans la salle commune pensait souffler un peu mais Neville anéantit ses plans en un seul regard. Elle ne lui posa pas de question , attendant simplement la réponse.
«Il se trame quelque chose, dit-il dans un chuchotement sec. Je reviens de la salle de réunion des préfets en chef. Zabini est reparti le premier. Susan m'a tenu la jambe pendant un quart d'heure après quoi elle m'a laissé planté là... Bref, reprit-il en voyant que la rouquine soupirait, j'étais le dernier et c'est là que je l'ai vu...
«Qui? Coupa Ginny, agacé. Le père noël?
«Non, mais j'aurais préféré! Le bras droit de Truc, ajouta-t-il, tout aussi agacé par les sarcasmes de son amie.
«Quoi? Malefoy?
La belle n'entendit même pas laCONFIRMATION de Neville, repartit dans ses plus sombres pensées. Elle repensa à cette nuit fabuleuse réduite en cendres par les Mangemorts et par l'action étrange qu'avait mené Malefoy fils.
Ginny sortit de la maison Gryffondor à pas de course, Neville criant derrière elle. Mais elle n'écouta pas, trop déterminée à obtenir des réponses.
«Qu'est-ce que tu fais là?! Lança Blaise quand il vit entrer son ami.
«Les plans ont changé, répondit celui-ci, plus sombre que jamais.
«Qu'est-ce que tu veux dire par là? Continua le préfet en chef avant de sortir une bouteille de whisky et de remplir deux verres.
Il en donna un à Draco et alla s'asseoir sur un fauteuil.
«J'ai une mission en solo. Je suis venu donner mes ordres et...
«Tu renonces? Coupa Blaise, soudain exacerbé.
«Tu vas devoir former une brigade comme il y a deux ans...
«Tu choisis la facilité! Renchérit son ami en se relevant, son verre toujours à la main.
Mais Draco restait de stoïque, sans bouger. Il avait l'air d'avoir perdu son esprit, comme s'il n'était plus maître de lui-même. Blaise continuait à lui lancer des phrases cinglantes au visage sans qu'il ne réagisse. Tout à coup, un pâle sourire se dessina sur ses lèvres fines et son ami se stoppa. Il fronça franchement les sourcils et attendit une explication. Draco s'installa à son tour dans un fauteuil et demanda d'un simple regard à ce que Blaise face de même.
«Je tenais à être sûr de ton choix, entama Draco quand son ami fut assis. Je voulais savoir comment tu réagirais si j'avais renoncé.
«Et...?
«Et j'ai compris que je n'étais pas seul à faire ce choix.
Un silence se posa sur eux, venu doucement d'une question mise en suspens depuis trop longtemps. Le malaise se poursuivit pendant de longues minutes durant lesquelles les deux sorciers se contentaient de siroter leur whisky Pur feu. A la dernière goutte, ils se lancèrent un regard et comprirent qu'il était temps de mettre cartes sur table.
«Je veux changer de camp, dirent-ils en chœur.
Le malaise revint aussitôt avant de laisser place à un fou rire incontrôlable. Que s'étaient-ils imaginé au juste? Ils étaient amis et il allait de soit que l'un suive l'autre et inversement. Alors qu'ils rigolaient en se servant un nouveau verre la porte en bois foncé s'ouvrit à la volée.
Une baguette au bois sombre se pointa directement sur le visiteur. Le bras tendu, la préfête de Gryffondor était folle de rage.
«Mais qu'est-ce que...
«Toi! La ferme! Hurla-t-elle à Blaise qui avait voulu se lever et qui se rassit immédiatement. T'as pas été très discret sur ce coup-là! Siffla-t-elle à l'adresse du blond.
«Oh, mais peut-être que c'était fait exprès, répliqua celui-ci, un nouveau sourire aux lèvres.
«Je veux savoir! S'écria-t-elle sans tenir compte de ce qu'il venait d'insinuer.
«Savoir quoi? Le jeune homme avait perdu son sourire et s'impatientait.
«Pourquoi m'as-tu sauvé? Pourquoi tu ne m'as tué comme ton maître te l'avais ordonné? Et pourquoi as-tu sauvé Hermione aussi?
«Je n'ai pas de maître, assura Draco.
«Pourtant il te tient en laisse...
«Je suis le seul maître de ma vie et j'ai choisis de me battre pour elle.
«Pour ce qu'elle vaut! Renchérit Ginny avec sarcasme.
«Elle vaut ce qu'elle vaut! Comme n'importe laquelle! Nous aussi on a le droit de faire nos choix. Je croyais que vous vous battiez pour la paix, un monde meilleur, la vie de vos amis et familles..., énuméra le Serpentard avec ironie.
«Mais on ne t'a pas sonné toi! Coupa Ginny en regardant Blaise avec rage. Il me semble que pas plus tard qu'hier soir tu essayais...
«J'ai demandé au prof de potion de m'aider pour être admis dans votre camp, expliqua Blaise, en souriant.
La belle ne réagit pas, se sentant désarmée. Au fond d'elle, elle l'avait toujours pensé mais l'entendre de leurs propres bouches était un choc. Des ennemis de toujours ralliés à la cause d'Harry Potter? Des sbires de Voldemort demandant à changer de camp? Près à se battre contre leur maître?
La belle avait du mal à assimiler autant de révélations en une fois. Soudain pâle, Blaise l'obligea à s'asseoir. Celle-ci le repoussa mais accepta tout de même le siège.
«J'ai fais en sorte que Londubat me vois pour qu'il vienne nous surprendre et apprenne que nous ne sommes pas plus Mangemorts que vous, reprit Draco. Je ne m'attendais pas à ce que se soit toi...
«J'avais plus besoin de réponses que lui. Mais que comptez vous faire? Vous croyez que pouvez intégrer nos rangs comme ça, sur un claquement de doigts? Je ne pense pas qu'un assassin sera toléré, ajouta-t-elle en fixant Zabini.
Le concerné déglutit difficilement, comme prit à la gorge.
«Blaise n'a fait qu'abréger ses souffrances! Intervint le blondinet. Elle allait être massacré par Greyback.
La jeune femme n'ajouta rien, sachant que ce ne serait de toute façon pas à elle de décider. La gorge sèche, elle arracha des mains de Blaise son verre et le vida d'une traite. Le jeune homme la regarda, les yeux écarquillés, surpris par son geste. Cette fille était vraiment différente de toutes celles qu'il côtoyait. Elle était surprenante. Elle lui rendit son regard puis se leva. Elle allait partir quand elle remarqua que Malefoy n'avait pas vraiment répondu à ses questions.
«Tu n'as pas répondu, dit-elle à son adresse. Pourquoi? Tu n'aurais pas eu mon sang sur les mains puisque c'était Bellatrix qui me poursuivait.
«Je n'allais pas la laisser se faire mieux voir que moi aux yeux du Lord. Fallait que j'assures mes arrières.
«Et Hermione?
«Scabior m'avait désobéis, c'était à moi de le combattre. Il me faut le respect des Raffleurs. Le Lord m'a placé à leur tête. Là aussi, il faut que j'assure.
«Je croyais que tu ne voulais pas être Mangemort, répliqua la jeune femme, le regard incisif. Tu vas jouer les agents doubles, c'est ça?
«Si on veut garder la vie sauve, oui, répondit Draco. Demain j'irais rendre mon rapport sur Poudlard. Je vais nous proposer, Blaise et moi, pour infiltrer vos rangs. Nous avons tous le même âge, avons étudié ensemble dans la même classe avec Potter et les autres. Avec la mort de mon père...
«Peu importe, coupa la rouquine. Qui me dis que tu n'essais pas de nous la mettre à l'envers? continua-t-elle, une main sur la poignet de la porte. Comme ce salaud de Rogue.
«J'ai de bonnes raisons de vouloir qu'il soit détruit! Je ne veux pas être comme mon géniteur. Il y a beaucoup de mystères autour de Rogue mais pas autour de moi. Je n'ai pas de secrets...
«C'est toi qui le dis, trancha la jeune Weasley avant d'ouvrir la porte et de s'éclipser.
Draco se tourna vers Blaise, perplexe et Blaise le lui rendit bien, tout autant dans le doute. Allaient-ils pouvoir sauver leur peau? Leur plan, allait-il marcher? Allaient-ils vaincre le mal qui était au plus près d'eux ou devraient-ils vivre dans la servitude jusqu'à leur mort?
«Merci, dit Ron alors qu'une médicomage venait de lui expliquer le cas de Gabrielle.
Le sort qu'elle avait subi avait altéré sa mémoire et affaibli ses défenses immunitaires. La jeune fille restait très fragile autant psychologiquement et physiquement. Elle avait besoin que des gens comme Ron lui rappelle qui elle était et la ramène à la vie de tous les jours. Ron ne cacha pas son enthousiasme à l'idée d'endosser ce rôle.
Il retournaDANS LA CHAMBRE où la jeune fille contemplait la ruelle à travers la vitre de la grande fenêtre. Il attrapa sa main pour qu'elle se retourne vers lui.
«Je vais t'emmener avec moi, lui expliqua le rouquin. Si tu veux retrouver tes souvenirs, il faut que sorte d'ici. Je ne sais pas où sont mes amis, Harry et Hermione mais j'ai un moyen de leur faire passer un message. Comme je t'ai expliqué nous sommes des sorciers et nous pouvons user de la magie avec nos baguettes.
La blondinette recula légèrement, effrayée. Ron la rassura en resserrant ses doigts dans les siens. Il sortit ensuite sa baguette coincée dans sa ceinture et la dirigea vers la vitre.
«Cesses de trembler, dit-il en sentant ses doigts devinrent moites.
Il se concentra en fermant les yeux et lança son patronus qui jailli au bout de sa baguette. La jeune femme se mit à hurler en voyant le chien faire le tour de la pièce en sautillant. Elle lâcha la main du jeune Weasley et alla se blottir dans son lit.
«Je sais que j'arrive trop tôt mais j'ai un petit soucis... ou plutôt un gros soucis, reprit-il en voyant Gabrielle trembler comme une feuille devant le Patronus. J'ai voulu rendre visite à la sœur de Fleur mais elle a perdu la mémoire. Je lui ai promis que je l'aiderais à la retrouver. Je ne peux pas la laisser comme ça. Retrouvez-moi à l'ancien quartier, on repartira tous ensemble de là.
Il fit un geste un peu magistral avec sa baguette et le toutou s'envola par la fenêtre à toute allure. Ron revint vers la jolie sorcière et lui tendit une seconde fois sa main.
«Viens. Fais-moi confiance.
La belle hésita une seconde puis le suivit.
Le chien filé dans les airs, perçant les nuages sur son passage. Mais malgré sa vitesse, il fut repéré et suivi.
Deux hommes encapuchonnés volèrent à sa suite dans une course folle.
Hermione sursauta quand le chien atterrit au milieu de laCHAMBRE D'HÔTEL. A peine l'avait-elle vu qu'elle avait reconnu.
«Harry! S'écria-t-elle. Ron a un message!
«Je sais que j'arrive trop tôt mais j'ai un petit soucis... ou plutôt un gros soucis... J'ai voulu rendre visite à ...
«Quoi? Que dit-il? Interrompit Harry en entrant dans la pièce.
«Je ne peux pas la laisser comme ça, poursuivit le patronus sans tenir compte de l'intervention d'Harry et du fait qu'il avait recouvert la moitié de ces paroles.
Hermione avait les sourcils drôlement froncés et se mise à pester contre son meilleur ami.
«Je n'ai pas entendu la moitié...
«... L'ancien quartier, on repartira tous ensemble de là.
Le chien transparent s'évapora devant les deux visages crispés d'Harry et Hermione. La belle tourna le sien vers son ami, intriguée.
«Qu'est-il arrivé? Demanda-t-elle. Je n'ai pas entendu le plus important.
«Je sais, désolé! Lança Harry, agacé contre lui-même. On va le retrouver et...
Le reste de sa phrase se perdit dans un fracas assourdissant et la fenêtre explosa en mille morceaux. Il eut tout juste le temps de s'étaler sur le sol pour éviter les bouts de verre volant partout. Hermione, projetée par la force de l'explosion, heurta le mur d'en face et tomba lourdement sur la moquette, un râle s'échappant de sa bouche.
Deux hommes, à cheval sur des balais, entrèrent aussi vivement qu'était apparu le Patronus de Ron. L'un d'eux attrapa Hermione par la capuche de son gilet et la souleva dans les airs. La jeune femme eut à peine le temps de sortir sa baguette avant qu'il ne la jette à nouveau sur le sol. En atterrissant, Hermione se retourna pour lui jeter un sort qui fit tomber le Mangemort de son balais.
L'autre s'en était pris à Harry qui s'était relevé et qui avait l'air de danser pour éviter les sorts de torture que l'homme au capuchon lui lançait. Il en évita un énième avant de répliquer dans un cri de rage.
Les deux hommes sur leurs jambes, ils pouvaient maintenant entamer un combat à la loyale. Les yeux d'Harry brillaient d'une haine sans nom, ce qui ne fit qu'augmenter la peur dans ceux de sa meilleure amie.
Des éclairs allaient s'abattre sur les murs, détruisant tout sur leur passage. Au bout de quelques échanges corsés, Hermione parvint à encercler son adversaire de grosses cordes. Celui-ci se débattit avec fureur mais celle-ci était loin d'égaler celle qui montait en Harry.
En une seconde, l'élu avait expédier son adversaire a travers la fenêtre et avait immobilisé l'autre d'un éclair rouge vif qui lui plongea dans la poitrine et le fit se tordre dans tous les sens. Hermione comprit soudain de quel sort il s'agissait et recula contre le mur, sous le choc. Son ami venait d'utiliser l'un des sorts impardonnables. Comment était-ce possible?
Elle ne réagit même pas quand celui-ci lui attrapa le bras et l'emporta avec lui dans un tourbillon noir. Elle tomba à genoux arrivée à destination et ne put retenir la nausée qui lui retourna l'estomac. Son ami eut juste le temps de lui retenir les cheveux pour que ceux-ci ne soient pas plein de vomi. Il lui frotta le dos machinalement et l'aida à se relever quand celle-ci eut fini. Il se reculèrent dans l'ombre de la ruelle pour reprendre leur souffle.
«J'ai perdu le contrôle, avoua Harry, le cœur haletant. Je...
«Je vais l'anéantir, siffla Hermione entre ses dents, les poings serrés.
«Quoi?
«Ron... Cet espèce d'abruti a failli nous faire tuer! Hurla-t-elle, folle de rage à son tour. Il a mené les Mange... Il les a mené droit sur nous avec son chien! Poursuivit-elle, toujours tremblante. Je vais le...
«Calme-toi! Coupa le Gryffondor en faisant signe qu'il y avait du passage dans la rue et que plusieurs têtes s'étaient déjà tournées vers eux, interpellées par les hurlements d'Hermione.
Celle-ci s'avança d'un pas vif en direction du point de rendez-vous, une seule idée en tête: réduire Ron en bouillie. Harry, sur ses talons, appréhendait la suite.
Draco Malefoy avait regagné son manoir. Il était désert à cette heure tardive. Le jeune homme ne s'attarda pas et rejoignit son lit. Il priait pour que le sommeil le gagne mais rien n'y fit. Il ne cessait de tourner et retourner, se coinçant dans sa couverture tel un vulgaire saucisson. Au bord de la crise de nerfs, il la jeta sur le sol et s'assit au bord du lit. La tête penchée dans ses mains, il se frotta le visage pour remettre son idées en place et regarda la montre en argent posée sur sa table de nuit.5h16.
"Beaucoup trop tôt", se dit-il.
Le jeune Malefoy se leva tout de même et s'habilla tout en regardant distraitement par la fenêtre. Le ciel était encore noir et nuageux. Il ne semblait pas y avoir d'étoiles, elles étaient bien cachées. Cela n'avait rien de surprenant aux yeux du jeune homme. Le mage noir était ici et il y avait une telle noirceur qui émanait de lui qu'il embrumait tout ce qu'il y avait aux alentours.
Le beau blond soupira longuement avant de prendre le journal posé sur son bureau et de s'asseoir pour le lire. Il fit apparaître de petites flammes d'un coup de baguette et les laissa flotter autour de lui. Il se pencha à nouveau vers son bureau pour ouvrir un tiroir duquel il sortit un gros paquet rempli de sucreries. Il mit un gros caramel dans la bouche et contempla la couverture.
"Nouvelle rentrée à Poudlard: L'enseignement fait sa révolution."
Accompagné de ce titre, une photographie du nouveau directeur et des nouveaux professeurs. Draco soupira en voyant la mine toujours aussi blafarde de son parrain. Il attrapa un second bonbon, celui-là à la fraise, et tourna la page. Il remarqua que la liste des avis de recherche était toujours présente et avait encore augmenté.
Une vingtaine de bonbons plus tard et le journal terminé, le Serpentard se leva. Il rangea le journal dans un petit tiroir et aperçu, dans le même temps, la lettre qu'il avait reçu deux jours plus tôt. Le jeune homme jeta un bref regard vers sa montre et vit qu'il n'était pas encore l'heure. Il s'installa alors à son bureau, fit apparaître une longue plume affûtée et un bout grand bout de parchemin. Il hésita quelques minutes, réfléchissant à ce qu'il devait marquer, puis se lança.
" L,
C'était risqué de m'envoyer une lettre comme ça. Par dessus tout si c'est pour me remercier. Je n'ai rien fais à part être arrivé trop tard parce que je sais pertinemment que le traumatisme est là. Comme la plupart des gens, je te prenais pour une folle. Aujourd'hui tu as toutes les raisons de l'être devenue.
P.S: Ce n'est pas moi qui a expédié ce monstre dans l'autre monde (remercie la brune) / N'envois plus de lettre!
D."
Il roula vivement le papier et ouvrit la fenêtre. Un simple sifflement et un majestueux hiboux gris apparu. Il prit le parchemin dans ses serres et s'envola immédiatement.
Draco regarda à nouveau sa montre: c'était l'heure.
La pression montait à mesure que Draco descendait les marches de cette maison qui, à présent, appartenait au mage noir. Il arriva dans la grande salle de séjour, le souvenir d'y avoir vu une jeune sorcière s'y faire presque violer lui retourna l'estomac. Il ravala sa salive et s'avança vers le feu qui venait d'être allumé.
Le seigneur n'était pas encore là. Il patienta quelques minutes et entendit la porte de la cuisine s'ouvrir. Rogue, un livre à la même, ne le remarqua pas immédiatement et Draco eut le temps de lire le titre: "La fleur de mon amour."
«Un vrai sentimental! Lança le blondinet en grimaçant.
Severus leva ses yeux noirs vers son filleul. Il lui rendit sa grimace et rangea le petit livre dans une poche intérieur de sa cape.
«Que vas-tu faire? Demanda celui-ci en s'avançant jusqu'au centre de la pièce.
«Ce qui est le mieux pour moi, répondit le jeune sorcier.
Son parrain n'ajouta rien et attendit, les mains dans le dos, l'arrivée du seigneur des ténèbres. Celui-ci apparut au bout de la pièce, comme flottant dans les airs.
«On est matinal à ce que je vois, dit-il dans un sifflement.
Il fit apparaître un fauteuil par la simple pensée et s'y installa. Draco s'inclina devant lui et entama son rapport sur Poudlard. Il expliqua que Blaise se portait volontaire pour diriger la brigade. Elle serait composée des meilleurs éléments de la maison Serpentard. Il lui raconta qu'il y avait eu déjà trois blessés lors du premier cours d'Initiation à la magie noire et que la terreur avait envahi les couloir de l'école. Il ricana sur le sort des autres professeurs.
«Bien, très bien, lança Voldemort, un sourire s'étendant sur toute sa figure de serpent. Les vacances ont été annulées, Rogue?
«Oui maître, répondit celui-ci en s'inclinant également. Je l'ai spécifié dans mon discours hier soir.
«Comment ont-ils réagi?
«Aucune protestation n'est venu jusqu'à mon oreille.
«Parfait, conclu le sorcier noir en se levant.
Le jeune Malefoy intervint en sollicitant encore l'attention du maître. Celui-ci accepta d'un signe de tête.
«Après la mort de mon père j'ai de nombreux motifs qui m'amèneraient à vous trahir. Je pourrais intégrer les rangs de l'ennemi en leur faisant croire que c'est véritablement le cas...
«Parce que ça l'est Draco? Tu ne crois plus en ton maître?
«Bien au contraire, répliqua le beau blond, sûr de lui. Le camp adverse est faible. La moindre faille et on pourra les briser. J'ai, je crois, la possibilité d'en ouvrir une.
«Tu crois qu'ils te feront confiance?
«Doutez-vous de mes capacités? Défia-t-il, la gorge serrée.
Voldemort ne répondit rien, amusé par l'audace dont faisait preuve Draco. D'un geste rapide, il sortit sa baguette et lança un Endoloris au jeune homme. Celui-ci tomba à genoux, retenant un cri de toutes ses forces. Lorsque le sort fut ôté, Draco se releva, le visage contracté.
«Tu résistes encore? Siffla le visage de serpent avant de lancer un nouveau sort qui s'abattit aussi vivement que le premier.
Cette fois encore il tint le coup face à la douleur et ne laissa échapper aucun son. Rogue le regardait avec stupeur. Voir son neveux tenir bon avec autant de force l'étonnait. A peine le sort était-il parti qu'un troisième vint s'abattre sur le corps fin de Draco. Le rire de Voldemort s'éleva dans tout le manoir.
«Je t'accordesLE BÉNÉFICE du doute. Tente ta chance tout comme ton parrain l'a fait. Lui n'a pas échoué.
Draco s'inclina en guise de remerciement et tourna les talons pour partir. Comme il s'en était douté, le sorcier n'en avait pas vraiment fini avec lui. Il devait être frustré de ne pas l'avoir entendu crier.
«Par contre, lança-t-il dans un souffle glacé, si tu échoues mes sortilèges te feront crier et tu me supplieras de t'achever. ENDOLORIS!
Draco s'y était attendu mais la douleur lui brisa les os. Il se vit soulever dans les airs et dans l'atterrissage, sa cheville se cassa. Cette fois-là, le jeune homme n'eut pas la force de retenir un hurlement qui traversa tous les murs de la battisse. Rogue s'approcha de lui et lui tendit son bras pour qu'il se relève. Voldemort continuait à rire, tourné vers le feu.
Rogue emmena Draco loin du manoir, après lui avoir soigné sa cheville. Il boitait encore mais n'en dit rien, trop fier pour avouer sa douleur. Rogue marcher d'un pas vif devant lui et le blondinet avait un peu de mal à le suivre. Lorsqu'il lui demanda de ralentir, la réaction de Rogue fut tout aussi vive que ses pas.
«Je pensais que tu avais cessé de gindre mais je me suis trompé. Tu fais le fier devant le seigneur des ténèbres mais tu oublies qu'il peut te briser d'une seule main!
«Tu en sais bien quelque chose! Répliqua Draco, le regard noir. Pourquoi tu ne m'as rien dis? Pourquoi m'as-tu abandonné?
...
