Aujourd'hui, il est sept heures et demi du matin et Kimball va arriver en retard, c'est parti pour.
Il a à peine le temps de se préparer qu'il s'en va pour aller au lycée. Son père l'emmène en voiture.
''Tu ne lis pas ? Ça m'étonne'' son père lui dit. Kimball ne répond pas, il a la tête appuyée contre la vitre, et regarde le paysage.
Son père essaie en vain de discuter, sans obtenir une réponse très constructive de son fils.
''Tu ne serais pas en retard par hasard ?'' lui demande son père.
''Si.'' répond son fils, d'un ton sec et énervé.
Kimball descend de la voiture en lui adressant un ''au revoir'', son père hoche la tête et s'en va.
Il court et, arrivé dans l'enceinte du lycée, à l'endroit où il y a des bancs, il aperçoit le garçon qui était autre fois au milieu du chemin, et à qui une fille appliquait de la crème, assis sur le banc du chemin. Il se met à marcher.
Kimball a peur, il n'aime pas être en retard, il ne veut pas.
Il regarde le garçon du coin de l'œil, puis, en pensant à son retard, marche un peu plus vite.
Enfin arrivé devant la salle du cours d'Anglais, en espérant ne pas avoir besoin d'une justification écrite, Kimball frappe la porte. Il entre, se sentant comme soulagé, un poids en moins. D'un coup, il n'a plus peur de rien.
Le professeur s'adresse à lui : Hello Kimball, why are you late ?
Kimball : Hi Mrs Stone, I just had... I had a problem. I was still dreaming.
Le professeur,insistant : Why were you still dreaming ?!
Kimball : I missed my alarm clock, it's evident.
Le professeur : If it was I wouldn't be asking.
Kimball ne dit rien, il s'apprête à retourner à sa place mais son professeur l'en empêche.
Inutile de vous installer, je ne vous veux plus dans mon cour, lui dit le professeur.
Pour la peine, vous irez en retenue de dix huit à dix neuf heures.
Kimball continue de parler en Anglais, inconsciemment : I don't give a damn about it, I had a lot of detentions before.
Summer rit, elle doit être étonnée par le comportement de Kimball, (pour une fois qu'il ne garde pas son sang froid), puisqu'elle a réussi à elle aussi avoir une heure de colle.
''Puisque ça vous fait rire, vous retrouverez Mr Cho dans la même salle que vous ce soir, c'est-à-dire, en retenue'' s'écrit le professeur.
Elle ne dit rien, elle ne sourit ni se plaint.
A la fin du cours, Summer glisse un papier dans le sac de Kimball ''See you tonight''.
Pour le coup, elle a réussi à le déstabiliser.
Il descend les marches qui mènent à l'étage d'en dessous, et il rencontre Summer, encore elle, devant un casier, cottoyant un garçon vêtu d'une veste de base-ball. Il est plutôt baraqué, mais Kimball, derrière ses t-shirt noirs qui camouflent tout, l'est aussi.
Il a l'air de lui dire des mots qui lui font plaisir. Mais c'est le genre de type qui ne connaît rien d'autre que le sport, et qui pense que la vie est un jeu. Il ne doit pas vraiment réfléchir, parce qu'en sport c'est l'instinct qui compte, et non pas la mémoire, pense Kimball.
Alors il passe devant eux, et Summer lui crie ''Hé Kimball, ça va ?''
Kimball lui jette un regard, le sportif qui la tient par la taille s'écrie d'un ton badin : C'est qui lui ?
Il a rien, ça se voit.
Summer : James, arrête, il est gentil,.
Le sportif, hurlant de rire : Gentil ? J'aimerais pas qu'on dise de moi que je suis gentil. Moi j'suis dans l'agressivité, dans la compétition, dans la force et le pouvoir.
Kimball dit tout bas : Je préfère être dans l'intelligence.
Summer rit bêtement. James, le sportif, déplace ses mains de façon de plus en plus mal placée sur le corps de Summer.
''Arrête, s'il te plaît'' demande-t-elle au garçon.
Depuis son casier, Kimball les entend.
James, s'adressant à Summer : Me dis pas que ce garçon te transforme en bonne sœur ?
Summer : Ecoute je t'aime bien mais...
James : Mais tu préfères les chinois intello et puceaux jusqu'à leurs vingt-cinq ans ?
Kimball en a assez, comment peut-il parler de lui comme ça alors qu'il ne le connaît pas.
Il ferme son casier, et se dirige vers eux.
James renifle, c'est un peu comme pour montrer sa virilité. Autant dire qu'il n'a aucune crédibilité.
Summer : Salut Kimball, tu vas bien ?
Elle retire les mains de James, qui se baladaient sur son corps et range le sachet de cocaïne dans sa poche de jean's.
Kimball la regarde, de son air de chien battu, de sa bouche entre-ouverte, de ses mains tremblantes, sans laisser paraître ce qui le rumine.
James : Qu'est c'que t'as ?
Summer se mord les lèvres et observe Kimball de haut en bas.
Kimball se sert de sa main de ses doigts souples et durs, de son poing, pour défigurer en moins d'une seconde James.
Summer est bouche bée devant son acte.
James cache le milieu de son visage avec sa main, et se dirige à grands pas vers l'infirmerie.
Kimball sort par la porte du hall, et, au loin, il aperçoit la rousse. Il la rejoint, les mains dans les poches. Il a déjà tout oublié.
''Salut'' fait Kimball à Summer, en plissant un peu les yeux.
Salut, répond la rousse en souriant.
Tu étais en retard ce matin ?
Euh, non, mes parents ne sont pas content depuis qu'on a séché.
Ah, ok.
Et tes parents ?
Ils ne le savent pas.
D'accord...
Ce soir j'ai une heure de colle.
Pourquoi ? Déjà ? Je ne te croyais pas comme ça... Tu lis des livres, tu...
J'ai parlé avec le professeur, en Anglais, elle dit que c'est de l'insolence mais je pense que si je lui avais tenu tête en Français jamais je n'aurais été puni.
La fille aux cheveux roux sourit, il l'amuse un peu.
Tu as l'air indifférent face à ça, on ne sait pas si tu es pressé ou pas, continue la rousse.
Non, j'ai hâte.
Les yeux de Kimball brillent un peu, et elle fronce les sourcils. Elle se dandine, ayant froid.
Il retire ses mains de ses poches.
Oh mais.. C'est du sang ? S'étonne la rousse en regardant les mains du garçon.
Ah, ouais, répond Kimball, insensible à ça.
Tu t'es fais quoi ?
Non, plutôt je lui ai fait quoi.
Hein ?
J'ai frappé un gars, il m'a énervé.
Oh non...
Il ne dit rien, c'est ce qu'il doit faire : se défendre. Même si la violence ne résout rien, même si le temps n'arrange rien... Bon.
Le châtain foncé finit par les rejoindre, respirant la joie de vivre.
''Vous allez bien ?'' il demande.
Kimball répond en même temps que la rousse : Oui et toi ?
Très bien, il répond.
Kimball intervient, d'un coup : J'ai entendu une blague d'avocat à la radio : Au tribunal, l'avocat général :
- Messieurs les jurés, il a tué son père et sa mère ! Je demande une peine exemplaire.
L'avocat de la défense répond :
- Messieurs je réclame l'indulgence, n'oubliez pas qu'il est orphelin...
Ça les amuse, il les amuse.
Il y a le garçon aux cheveux châtains clairs qui arrive. Il est avec une fille, la fille au milieu du chemin Lundi dernier.
''Salut à vous'' dit le garçon.
Kimball fait un signe de la tête.
Châtain foncé: Re bonjour.
Le châtain clair, gêné : Je te présente mon amie. Enfin, ma copine. Une copine. Une amie du lycée, amitié. Amie.
Kimball l'observe.
Le châtain foncé intervient : Oh, je vois.
La fille qui l'accompagne dit au châtain foncé de lui présenter ses amis.
Celui ci jette un regard à Kimball et la rousse, il hésite, puisqu'il ne connaît pas leurs prénoms.
Ils ont fait un pacte.
Il dit la vérité : En fait, on a choisi de ne pas nous dire nos prénoms. Ça peut être sympa, enfin... mystérieux. On est différents des autres.
L'amie du garçon : Ah oui ? Allez, donnez nous vos surnoms !
Le châtain foncé : Moi, c'est châtain foncé. Lui, dit le garçon en désignant Kimball, c'est le brun. Et elle, c'est la rousse.
La fille a l'air amusé. Elle demande si elle et son ami peuvent rejoindre leur groupe.
La rousse : Ça serait super !
Kimball est d'accord, alors il se contente de répondre ''Ouais''.
Le châtain foncé : Je suis d'accord, tous les 5, on se complétera.
Ils sourient.
La fille : Et nous, nos surnoms c'est quoi ?
La rousse : Toi, ça sera... Châtain !
Le châtain foncé, en montrant du doigt le garçon de l'autre jour : Et toi, tu seras surnommé châtain clair.
Châtain clair, hésitant : Bon OK... si vous y tenez vraiment !
Ils se regardent tous. Kimball est content, ils forment le groupe des 5, des châtains.
Châtain : Et personne d'entre vous ne connaît le prénom de l'autre ?
La rousse et le châtain foncé se regardent puis baissent les yeux. Bizarrement, ils répondent en même temps ''Non''.
Ça porte à confusion.
On entend la sonnerie.
Kimball leur dit au revoir , car il sait qu'ils ont fini les cours, mais lui doit aller en retenu. Mais, avant de les laisser, il leur pose une question. ''Il se passe quelque chose entre vous, hein ?''
La rousse : Euh, non. Rien du tout, nous sommes amis, rien de plus.
Le châtain foncé, affirmant comme pour cacher un mensonge : Oui, totalement normal, juste amis.
Kimball sait qu'ils mentent : Ici, tout est vrai et rien n'est vrai.
Il se dirige vers la salle de retenue, indiquée sur un plan du lycée. Une fois devant, il pousse la porte et découvre Summer, avachie sur une table, un stylo à la bouche, et ses mèches roses rebelles.
Il s'installe à une table, dans un coin de la pièce. Il se tourne les pouces, comme on dit.
''Viens là, je vais pas te mordre'' lui dit Summer.
''Je suis bien à ma place'' répond Kimball.
Alors, on l'entend déplacer ses affaires et s'installer à côté du garçon.
Où est le surveilllant ? Demande-t-il.
Je sais pas, je peux m'en passer, elle répond vivement.
Kimball sort une feuille, pour faire mine d'être occupé.
Toi, t'as des airs de gentils comme ça, mais au fond t'as du caractère, nan ? Elle continue, mâchant un chewing-gum.
Il soupire.
Tais toi, il répond.
Elle rit, bêtement.
Oh, Monsieur Cho s'énerve.
Tu as retenu mon nom ? Il est étonné.
D'habitude, personne ne fait attention à lui, aux quelques informations qu'on demande en début d'année. Tout le monde oublie. Et puis de toute façon, tout sera oublié un jour ou l'autre. Même vous.
Bah oui, elle rit encore.
Ok.
Elle avait un de ces rires niais, mais chaque fois qu'elle riait, il tombait un peu plus fou d'elle. Non, elle n'avait pas l'air d'avoir des connaissances, mais il sait qu'elle a les capacités. Il faut juste qu'elle fréquente les bonnes personnes. Et puis, sa beauté était enivrante, et quand on est ivre, on pense pas au reste. Alors sa beauté, elle compense tout, toutes ces conventions débiles, pense Kimball.
C'est quoi cette chanson ? Demande Kimball en regardant la radio dans la salle.
Ah, je connais, c'est Everybody, de The Lonely Biscuits. (Lancer musique) Everybody thinks too much, and everybody wants that somethin', nobody stops to look inside... elle chantonne.
Il sourit en coin. Légèrement.
Pourquoi tu me regardes comme ça ? Elle demande.
Me dis pas que le professeur a oublié la retenue ? Demande Kimball
Pourquoi tu me regardes comme ça ? Elle insiste.
Pour rien, il répond doucement.
Elle rapproche ses lèvres des siennes, et y dépose un baiser. Il est surpris. Kimball se retire quand elle passe sa main sous son t-shirt.
Elle rit, ''T'as peur ?'' elle demande. ''Oui'' il répond, inconsciemment, en soufflant.
Ses cheveux ont l'odeur de plage, de soleil, de monoï. D'été. Quand ses cheveux ont effleuré son visage, tout le corps de Kimball a frissonné. Son corps tout entier. Jusqu'aux entrailles, peut-être bien.
Il frotte son visage avec ses mains, il doit se calmer, son cœur bat si vite.
Kimball : Pourquoi tu fais ça ?
Summer : Faire quoi ?
Et elle sourit. Puis, elle l'embrasse une seconde fois.
''Tu parlais de ça ?'' elle demande, souriant sur ses lèvres.
A ce moment, il est coincé. Ne sachant plus quoi dire, les mots ne sortant pas. Et il n'y a que le langage qui puisse exprimer ce que l'on ressent. Ou le regard. Ou les actes.
Kimball a choisi les actes. Donc, il l'embrasse en retour. Peut-être qu'elle arrêtera après ça. Même s'il préférerait que ça ne prenne jamais fin, même s'il ne la veut que pour lui. Il sait qu'elle a plus d'expérience que lui, qu'elle attire beaucoup de garçons, peut-être des filles aussi, mais c'est ce qui fait qu'on la désire. Mais, il faut avouer qu'elle est une fille facile, alors, ça ne sera pas dûr.
Elle ne dit rien. La chanson à la radio est maintenant Bad Things, de Meiko.
Elle rapproche sa chaise de celle de Kimball, et passe sa main sous son haut, dans son dos. ''I've been waiting for you all night long, I come around and then I'm gone'' joue la chanson.
Il a le dos gelé. Il ne sait pas comment agir, intimidé par cette fille. Mais il tourne sa chaise vers elle, et l'embrasse comme jamais.
Elle sourit sur ses lèvres.
''Pourquoi tu ris ?'' Il demande timidement.
''Parce que j'aime bien'' elle souffle dans son cou.
Il a l'air gêné, mais ça n'empêche pas que leurs langues se rencontrent. On entend le piercing de Summer ''cling''.
Elle l'emmène dans un petit débarras dans la pièce. En marchant, Kimball la plaque contre le mur et lui retire sa jupe, laissant apparaître sa culotte de dentelle rose.
''Hé'' fait elle. Et elle retire le t-shirt du garçon, et ses yeux brillent devant son torse. Il lui retire son pull aussi, et le top qu'elle portait en dessous. Elle porte un parfum fort.
Peu importe, ils sont en sous vêtements l'un devant l'autre, à présent.
Tout va tellement vite, pense Kimball.
''Pourquoi moi ?'' il demande.
Il pense qu'il n'aurait pas du demander ça, car c'est une habitude pour elle de toucher aux garçons. Il dit je suis juste une proie parmi tant d'autres.
''Une proie ?!'' elle ramasse son pull pour cacher son corps et se met dans un coin du débarras.
Elle continue : Qu'est ce que tu insinues ?
Kimball : Non, mais... Tous les garçons te tournent autour. Je ne dois pas être le premier, et je ne serai pas le dernier non plus. Moi, je n'ai rien de spécial, je suis... banal.
Summer, baissant les yeux : J'suis pas une pute, si c'est ce que tu penses.
Et puis, tu dis que tu es banal mais les gens qui disent ça sont souvent les moins ordinaires...elle fait en baissant la tête, tu ne seras peut être pas le premier, ni le dernier mais... Je t'aime bien.
Kimball se demande si elle est franche, mais devant une telle intimidation venant d'elle, il ne peut que la croire. Alors, il s'assoit à côté d'elle, sur la moquette du débarras, et ne dit plus rien.
Il fait ce qu'il a toujours rêvé de faire : Passer sa main dans les cheveux de Summer.
Il caresse sa chevelure blonde, met son visage dedans, et pose un baiser sur sa joue.
Elle a l'air étonné.
''D'habitude, les garçons ne sont pas délicats avec moi. Mais je ne suis pas une mauvaise fille. Tu es... différent... Tu n'es pas sauvage. Tu es doux, gentil et.. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme toi. J'aurais voulu que tu sois le premier pour moi.'' elle avoue.
Kimball est touché.
Maintenant, en caleçon, il ne sait quoi faire.
''Je crois que je vais... Je crois que je vais me rhabiller'' il dit nerveusement.
''Oh, non !...''s'écrie Summer.
Elle explique ''Enfin, je veux que tu restes avec moi et que tu ne me laisses plus''.
''Entre nous, c'est plutôt toi qui aurait tendance à m'abandonner, moi, je ne vais nulle part, avec personne, alors que toi tu..'' n'a pas le temps de finir Kimball.
''Je sais, moi je connais du monde, mais tu les vaux tous... Je crois'' l'interrompt-elle.
Elle se relève, s'agrippant à la main gauche de Kimball, lui faisant un petit câlin. Et elle embrasse tout son dos, puis son torse, musclé, et glissant ses doigts sur sa peau.
Il a compris le message, alors il reprend ce qu'ils n'avaient pas commencé.
Kimball caresse les hanches de Summer, et ses fesses, sous la dentelle rose, flasques.
Il la dépose délicatement à terre, et s'allonge à ses côtés, toujours en l'embrassant.
Elle le regarde, les yeux remplis d'étoiles.
La chanson ''Everybody'' est repassée. ''Take it easy man, take it slow, I thought I told you, gotta know, let it go let it go let it go...''
Envie subite de la prendre tout de suite, alors, sachant qu'elle est consentante, c'est ce qu'il fait.
La musique en fond rythme leurs corps.
Summer est brûlante comme l'enfer. Kimball est froid comme l'hiver. Au fond, c'est peut être ça : Si opposés l'un de l'autre, mais si attirés l'un par l'autre.
1 heure plus tard, Kimball rentre chez lui, dans le noir, le sourire aux lèvres. Dans sa tête, le corps de Summer.
Il pense à ces gens qui disent que la seule chose qui les tient au sol est la gravité. Pour lui, c'est à présent Summer qui le garde debout.
Les jours qui suivent celui-là sont plus tristes les uns que les autres, Summer ignore Kimball, Kimball ignore Summer, comme si rien ne s'était passé. Il ne la regarde jamais, comme si il ne la voyait pas, alors qu'elle est la seule chose qu'il arrive à observer sans en être lassé. Il ne veut pas. Pourquoi est-ce-qu'il n'y arrive pas, à la regarder ? Quand il la croise, il regarde droit devant lui, comme si elle n'avait jamais existé. Et pourtant... Il sait qu'elle le regarde, mais elle ne cesse de le dénigrer.
Après tout ce qu'elle lui a confié. Ce n'était peut être que des mensonges. On vous dit ce que vous voulez entendre, ensuite, on le nie.
Kimball pense que les gens devraient en parler. Il pense que lorsqu'on aime quelqu'un, on doit le lui dire. Même si on a peur que ça nous cause des problèmes, même si on a peur que ça nous détruise la vie.
Au fond, il voulait se sentir aimé et savoir que quelqu'un, quelque part, faisait attention à lui.
A la fin de la semaine, en dernière heure de cours, quand elle était seule dehors, dans le froid, en passant devant elle il a décidé de lui parler.
''Summer, je crois que je t'aime'', il avoue, nerveusement, mais sans aucune expression sur son visage.
''Quoi ? J''ai pas entendu désolée.'' elle répond, en se mordant la lèvre inférieure, affichant un sourire sournois, et jouant avec ses clés.
Kimball reste planté devant elle. ''Je t'aime, Summer''
''Il va falloir que tu parles plus fort à l'avenir. Bon, mon bus m'attend, salut !'' elle fait, en déposant un baiser sur sa joue.
Un baiser qui ne veut rien dire. C'est comme si elle en avait tellement donné que ses baisers n'avaient plus de sentiments. Ni elle, d'ailleurs.
Quand son bus est parti, Kimball a repris le même chemin qu'il emprunte tous les jours pour rejoindre sa maison.
Retour à la routine infernale, pense Kimball.
