Chapitre 8 : Sortilèges et invitation

Trois jours plus tard, Maria sortit enfin de l'infirmerie avec une chevelure flambant neuve brillant de mille feux. Elle avait décidé de les garder un peu longs car les boucles étaient très élégantes… Donc, elle quitta l'infirmerie sans oublier de lancer un dernier regard à Charles Grantchester, son supposé cousin le plus proche, gryffondor à ses heures de perdues et futur héritier d'un des clans les plus influents d'Europe…

La semaine recommençait et la grande salle agissait comme s'il ne s'était rien passé… Les hiboux survolaient les tables en décrivant de grands cercles des mètres plus hauts. Maria s'assit en restant impassible à ce spectacle qui ne la concernait en rien et salua ses camarades de dortoir avec lesquelles elle discuta de tout et de rien. Diane la félicita de son retour et lui fit remarquer que sa nouvelle chevelure était magnifique avec tous les effets miroitants et les boucles. Eole rajouta qu'elle avait hâte d'être en troisième année afin d'apprendre tout un tas de sortilège de beauté et de potions anti rides. Elle espérait que ses parents lui trouveraient un bon parti riche et influent…

- Au fait les filles, et le devoir de potions ? Lança Maria. Qu'a dit le professeur Slugorn de mon rendu ? Vous lui avez dit que j'étais coincée à l'infirmerie au moins ?

- Oui. D'ailleurs le livre qu'on est allé emprunter pour toi a aidé ? Slugorn a été impressionné par ton choix de potions, d'ailleurs, il veut te voir dans son bureau dans la soirée.

- Je vois…

Le premier cours de la journée avait lieu avec Slugorn aux cachots, un cours suivi avec les gryffondors. La leçon du jour portait sur la fabrication d'une potion vitalisante. Le professeur écrivit différentes instructions au tableau alors que les apprentis sorciers se pressaient pour chercher les différents ingrédients nécessaires au cours. Heureusement, le cours se poursuivit normalement, personne n'ayant envie de se souvenir de la colère de Dumbledore ou des multiples heures de colles attribués aux fautifs des deux maisons. D'ailleurs Maria se rappelait que Diane lui avait dit que Malfoy avait été de corvée de nettoyage dans la volière et que ça lui avait pris le weekend…

Maria fit équipe avec Diane qui appréciait autant qu'elle le cours. Elles se répartirent les taches tout en surveillant le chaudron. Etape par Etape, lentement tout en gardant leur concentration. Ajout d'herbamina séchée hachée menue, tourner douze fois dans le sens horaire laisser mijoter deux minutes jusqu'à ce que la potion sente l'amande un peu grillée…

- Maintenant. Fit alors Maria.

Diane versa lentement l'essence de vipère dorée tandis que Maria tournait la mixture dans le sens inverse d'une montre précisément 24 fois. Elles éteignirent les flammes et laissèrent reposer. La teinte vert foncée devint vert olive et son fumet doré. Lorsque Slugorn passa près de leur chaudron, il accorda dix points à serpentard. Elles furent les plus rapides à terminer. Mais Jedusor reçut dix points également pour l'élaboration de sa potion car il était seul pour réaliser tout le travail.

Le cours se termina sous les louanges et l'air un peu trop amical de ce chef de maison nullement impressionnant.

Juste après, ils se rendirent aux serres pour le cours de botanique. C'était la première fois qu'elle se rendait à ce cours et lorsqu'elle vit qui en était le professeur, elle eut du mal à retenir un frissonnement : ce regard sadique, ces rictus terribles… Ces bandages de momie… Lupus Sacerdoce ! Misère… Il s'avérait qu'elle n'était pas que médicomage, mais aussi professeur de botanique. Maria l'entendit frapper sèchement dans ses mains et le silence se fit.

- Comme il y a deux jours, vous vous occuperez des taches logistiques du potager. Vous utiliserez les sortilèges appris en cours pour attirer et déplacer les aliments à un point donné. Tout aliment cueilli trop tôt entrainera une perte de points à vos maisons. Ai-je été claire ?

Sur ces mots, les sorciers se dissipèrent dans le silence et l'ordre. Il n'y avait rien à craindre sur ce point, car leurs cours avait lieu avec les serdaigles qui mettaient un point d'honneur à maintenir la discipline dans leurs rangs, car ils avaient horreur des gestes immatures. Maria allait partir avec ses amies lorsqu'elle se fit héler par la professeure. Elle réprima un soupire de résignée et partit dans sa direction.

- Vous avez demandé à me voir ? Fit elle d'une petite voix

- Oui, comme tu n'as pas pu assister aux différents cours à cause des maléfices que l'on t'a jeté, je vais te montrer les deux sortilèges qu'il te faudra utiliser pour ce cours.

A ces mots, elle sortit sa baguette, la pointa vers un objet, baissa la baguette puis la releva de quelques centimètres en prononçant la formule « Adsum ». D'un coup, l'objet fut comme tiré jusqu'au prof et s'arrêta soudainement à quelques mètres de sa personne, au sol. Elle se servit à nouveau de sa baguette, en tournant puis abaissant son poignet tout en récitant « Wingardium léviosa », alors l'objet se mit à léviter jusqu'au lieu délimité.

Après cette démonstration, Maria retourna vers ses amies qui étaient en train de cueillir des potimarons qui semblaient murs. Mais les deux filles se disputaient car Diane était certaine que le légume n'était pas mur, Eole lui répondit que de toute façon ces maudites citrouilles se ressemblaient toutes et que ce n'était pas digne des futures dames qu'elles étaient de se salir ainsi les mains alors qu'il y avait des domestiques pour ces taches…

- Ne sois pas si rabat-joie, se moqua Diane. Et puis regarde, Maria semble savoir ce qu'elle fait. Fit-elle en montrant du doigt la sorcière qui commençait déjà à mettre de côté les légumes murs.

- Tss… Fit Eole de mauvaise humeur. A se demander si elle est réellement ce qu'elle prétend être…

A partir de ce moment-là, tout alla très vite. Maria tira rudement Eole et la plaqua à terre en pointant sa baguette sur sa carotide d'un geste fou. Ses yeux plus froids que jamais effrayait la jeune black. Elle tremblait de tout son corps tandis que son cerveau imprimait ce que Maria lui murmurait d'une voix meurtrière :

- Si tu oses insulter ma famille une fois de plus, je te le ferais regretter.

Après ça elle se releva et poursuivit sa récolte comme si de rien n'était, bien que certains n'en aient pas perdus une miette, dont Lupus Sacerdoce qui retira vingts points à Serpentard pour dégradation du potager et non-respect des consignes établies, mais qui en donna dix à Maria Grey pour avoir réussi du premier coup les sortilèges d'Adsum et de Wingardium léviosa juste après l'avoir regardé faire une seule fois, un résultat atteint par peu d'élèves. Lupus se mit imperceptiblement à sourire. On lui avait un jour demandé pourquoi une médicomage de son acabit s'ennuyait à soigner des morveux incapable de différencier le filet du diable d'une banale glycine magique. Mais il arrivait que parfois, au milieu des fruits pourris ou avortés se cachent des éléments suffisamment vigoureux pour l'émouvoir… Ce qui la passionnait tant dans l'enseignement restait ce moment précis où le fruit tendait à murir. Si digne d'intérêt…

- Le cours est terminé !

Après cela, la nuit tomba bien vite. Cette fois-là, aucune scène ne se produisit dans la grande salle alors que les professeurs surveillaient d'un œil vigilent le repas. Tandis qu'elle mangeait sans grand appétit, elle écoutait distraitement Malfoy se moquer du cours de botanique qu'il apparentait au jardinage moldu qui échouait aux roturiers. Eole l'applaudit, du même avis que lui alors que son frère Ophion protestait en disant que tout cours avait son intérêt… Elle préféra se concentrer sur sa nourriture plutôt que d'écouter Avery leur rabâcher aux oreilles qu'il fallait se venger des gryffondors pour les malheureux qui eurent la malchance d'aller à l'infirmerie. Maria soupira de plus belle… Il y avait eu des victimes des deux côtés. Mais elle se garda bien de le lui faire remarquer, après tout, elle attirait déjà suffisamment l'attention comme ça…

Le repas terminé, elle quitta la grande salle de son côté. Apparemment, Slughorn voulait la voir pour parler de son devoir. Elle descendit les escaliers magiques jusqu'aux cachots et frappa à la porte du bureau de son maitre de maison. Dès qu'il l'eut gratifié d'un « entrez » elle passa la porte en la refermant doucement derrière elle.

C'était la première fois qu'elle pénétrait en ces lieux.

Maria fit voler son regard un peu partout dans ce bureau qui avait des airs de salon anglais bien confortable avec ces multiples tableaux champêtres aux murs, ces tentures raffinées et des étagères pleines de livres anciens du plus bel effet. Les meubles étaient en bois de qualité et travaillés de main de maitre. Certains bibelots étaient en porcelaine peinte dans des tons pastels tranchants avec des bocaux contenant des êtres magiques morts ou encore vivants plongés dans le formol. Le tout dégageant une sorte de charme tranquille, presque ennuyeux.

Slugorn était assis derrière son bureau à corriger des copies de sixième ou septième année vu la taille des rouleaux de parchemins qui s'entassaient joyeusement. Il lui fallut un claquement de doigts pour faire avancer un fauteuil moelleux jusqu'à Maria. Lorsque cette dernière s'assit, sa voix mielleuse et profondément inquiétée surgit du silence :

- Miss Grey, j'ai su ce qu'il vous est arrivé il y a trois jours, un incident regrettable. Allez-vous mieux ?

- Je vous remercie pour votre sollicitude professeur.

Sans quitter les parchemins qu'il annotait d'un geste presque caressant, il poursuivit :

- Véritaserum, Goutte du mort vivant et Felix Felisis. Votre texte descriptif du Felix félisis est aussi bon que celui de mes élèves de sixième année en potion avancée. Aimez-vous les potions, miss Grey ? s'enquit-il bien qu'il s'en doutait déjà.

- Beaucoup. Avoua-t-elle. J'aime le fait d'être indépendante et de réaliser des choses par moi-même, l'idéal serait même de produire mes propres ingrédients pour que la boucle soit bouclée. Ce qui fait que je suis aussi très attirée par la botanique.

- Très intéressant. La plupart des élèves de ma maison préfèrent étudier les sortilèges ou les maléfices. Pourquoi avoir choisi le vératasérum ?

Parce qu'on est jamais trop prudent. Allait-elle dire.

- Je n'aime pas les mensonges.

La plume cessa de bouger, plongeant le bureau de Slughorn dans le silence. Tout d'un coup, Maria le vit relever la tête de son travail et la fixer avec la même insistance qu'une tortue venant tout juste d'émerger du brouillard. Il lui sourit légèrement d'un air moqueur comme s'il ne la croyait pas. Il avait l'air d'insinuer silencieusement qu'elle aurait été à serdaigle si ça avait été réellement le cas. Puis il rompit le contact visuel pour reprendre sa correction de copies comme si de rien n'était.

- Et la goutte du mort vivant ?

- Pour éloigner les cauchemars.

- Une manière aussi expéditive que dangereuse miss Grey. Et qu'en est-il du Felix Félisis ? demanda t'il un brin plus intéressé.

- Eh bien… Je pense professeur, que chacun mériterait au moins une fois dans sa vie un vrai jour de chance.

Le silence se fit de nouveau tandis que Maria se tassait un peu plus alors qu'elle se demandait à quoi rimait tout cela. Essayait il de la tester, de la déchiffrer au travers de ses réponses ? Peut-être avait-elle légèrement sous-estimé son chef de maison qui sait…

- Un vrai jour de chance… Je vais vous prendre au mot miss…Revenez ici à la fin du mois avec un ami si vous le souhaitez. Je vous invite à la première réception que je donne pour l'année. Une invitation vous sera envoyée en temps et en heure. Je suis certaine que vous y rencontrerez le meilleur de tout Poudlard.

A suivre…

Wingardium léviosa : faire léviter des objets

Adsum ( en latin signifie Je suis ici ) : sortilège d'attraction