Bonjour,
Pas de grand blabla aujourd'hui. Juste un grand merci à vous toutes (et tous ?) de lire cette fiction, et un merci encore plus grand aux revieweuses.
akesia : merci pour tes souhaits. Grâve à toutes vos reviews, je ne me décourage pas, même quand la santé n'est pas au rendez-vous. Merci pour ta review.
diana : ils vont jouer un grand rôle dans sa protection. Merci pour ta review.
Un grand merci à Morphine Angel-feather qui m'aide désormais pour la tournure de certaines phrases . Et à Evelyne-raconte bien entendu pour ses corrections d'orthographe. Je tiens aussi à préciser que le chapitre 7 sera modifié, mais seulement dans la manière de décrire certaines scènes. L'histoire reste la même. Je rajoute un merci pour Mariefandetwilight pour son aide sur ce chapitre également.
Bonne lecture.
Chapitre 8
Pov Rosalie
On avait eu chaud ! Bella était partie de son côté pour aller manger. Pendant ce temps, j'étais allée poser les paquets dans la voiture. Ensuite j'avais pris la liberté d'aller à la villa pour chercher Alice, après l'avoir appelée pour lui demander si tout était réglé et si elle voulait finir la journée avec nous.
Mais j'eus à peine le temps d'arriver à Forks que mon portable sonnait.
-Rosalie ! Cria Alice. Bella est en danger ! Un Volturi l'a retrouvée !
-Je suis presque à Forks Alice, je ne peux rien faire ! M'énervai-je. Où est Carlisle ?
-Avec moi, nous partons pour Port Angeles.
-Ok je fais demi-tour !
Elle avait raccroché et j'appelai Edward pour tout lui expliquer, lui assurant que nous arriverions rapidement. Cependant je n'arrivai jamais à Port Angeles à temps : Alice m'appela de nouveau.
-Rose, Edward l'a sauvée, et Démétri est mort. Reviens à la villa, Edward la ramène. Carlisle et moi passons à l'hôpital pour récupérer de quoi la soigner.
Faisant demi-tour, violant certainement plusieurs lois, je fonçai de nouveau vers la villa. Edward arriva en même temps que moi : il avait dû rouler encore plus vite que moi, faisant abstraction du code de la route, des limitations de vitesse et des humains. Et avec sa chance, il n'avait pas dû croiser un seul radar… J'étais sûre que je devrais réviser sa voiture, parce que le connaissant, il avait très certainement dû pousser le moteur à fond, et je ne serais pas étonnée que les pneus soient morts. Moi qui lui avais choisi les meilleurs !
Il sortit de la voiture et extirpa Bella. Jasper n'osait pas entrer, et sentir le sang de Bella me donna très soif. Emmett, qui venait de chasser il y a peu, m'obligea à le suivre pour aller chasser et obligea Jasper à nous accompagner, l'éloignant ainsi de la villa. Je me nourris de manière à être plus que repue, avant de revenir à la maison.
Alice et notre père étaient de retour, et Alice refusait de laisser Bella seule. Pourtant Carlisle eut le dernier mot et il soigna seul notre nouvelle amie.
Lorsqu'il redescendit, il ordonna à Edward d'aller chasser. Nous nous joignîmes à lui, même si personnellement je n'avais pas soif, et je supposai qu'il en était de même pour Emmett et Jasper. Cependant, nous en profitâmes pour maudire et insulter les Volturi, nous demandant comment de tels êtres pouvaient exister.
Pov Bella
Je savais ce que le venin entraînait, et je comprenais à présent pourquoi les humains qui s'étaient fait transformer lors de mon séjour à Volterra hurlaient. Une brûlure, une horrible brûlure. Et encore, je n'avais eu qu'une petite quantité de venin dans les veines.
Je reprenais peu à peu l'usage de mes sens. J'entendais des froissements de tissu, des chants d'oiseaux, et même une mélodie fredonnée.
Je ne me pressai pas pour ouvrir les yeux : je voulais être sûre et certaine de ne pas être entre les mains de Démétri. Je me rappelais avoir fermé les yeux dans la ruelle, et puis après… rien, le trou noir.
-Edward, tu peux te rapprocher tu sais ? Tu as su résister, alors je ne crois pas que tu craignes encore quelque chose.
J'identifiai la voix comme étant celle de Carlisle.
-Je ne veux pas. Elle doit m'en vouloir d'être intervenu si tard. Je l'ai regardée se faire vider de son sang Carlisle ! Et je n'ai rien fait ! Tu n'as pas vu son regard, avant qu'elle ne ferme les yeux. Je crois qu'il restera à jamais dans ma mémoire.
-Alors, en tant qu'être mature, tu lui dois des excuses, et surtout des explications.
Il y eut un silence avant que je ne me décide à ouvrir les yeux. Ce fut difficile, mais peu à peu, à force de me battre, mes paupières se soulevèrent doucement. La première chose que je vis fut Carlisle, assis sur le bord du lit, qui me souriait.
-Bienvenue parmi nous Bella ! Dit-il doucement.
Regardant par-dessus son épaule, je vis Edward, le dos collé contre le mur, le visage insondable. C'est à ce moment qu'entra Alice, un grand sourire aux lèvres. Elle s'avança lentement, l'air gêné, timide, mais un sourire de ma part la fit avancer plus vite et elle se jeta presque à mon cou.
-Oh Bella ! Tu m'as fait si peur !
Carlisle la repoussa gentiment.
-Elle a besoin de respirer Alice. Dis-moi Bella, as-tu encore mal ?
Je réfléchis, parcourant mon corps mentalement. Mais non, plus aucune brûlure !
-Non, c'est passé. Qu'est-il arrivé ?
-Démétri t'a retrouvée, commença Alice. Tu t'en souviens ?
-Oui, dis-je d'une voix étranglée.
Oh oui, je m'en souvenais parfaitement ! Et j'en frissonnais encore.
-Peux-tu nous en dire plus ? Demanda Carlisle.
-J'étais au restaurant quand il est arrivé, racontai-je d'une voix enrouée.
Le docteur me présenta un verre d'eau que je m'empressai de boire avant de continuer.
-Il m'a dit de le suivre, ou sinon il tuerait quelqu'un dans le restaurant. Je le connais assez pour savoir qu'il l'aurait fait. Ensuite il m'a conduite plus loin, là où il n'y avait personne, et…
Je revoyais les images. C'est maintenant que ça me paraissait choquant. Lorsqu'il m'avait dépouillée de mes vêtements, je n'avais pensé qu'à ce qu'il comptait me faire. Oh mon Dieu ! Edward m'avait vue presque nue ! Mes joues s'empourprèrent, s'approchant sûrement de la couleur d'un rubis, et je fermai les yeux.
-Détends-toi Bella, m'apaisa Alice.
-Il… Il a arraché mon haut, et a commencé à me griffer. Il avait enduit ses ongles de venin. Quand du sang coulait, il le buvait… Ça ne faisait pas trop mal au début, mais plus il y avait de coupures, plus ça brûlait.
-C'est normal, expliqua Carlisle. Je crois que tu sais comment réagissent le sang et le venin. Est-ce que tu sais si Aro est au courant ?
-Démétri a dit qu'il était seul, contre l'avis d'Aro, donc je suppose que personne ne savait qu'il était là. Comment avez-vous fait pour… le venin ?
-Edward t'a sauvée, clama Alice avec un grand sourire tout en me caressant les cheveux. Il a sucé ton sang pour le purifier.
Alors je n'avais pas rêvé. Edward m'avait bien parlé, j'ai bel et bien été dans sa voiture, et il … Enfin bref. Je relevai les yeux vers lui.
-Merci Edward, du fond du cœur.
Il parut surpris par le ton de ma voix, mais il sourit. Un faible sourire certes, mais sincère. Carlisle reprit la parole, me faisant tourner le regard vers lui.
-Je t'autorise à te lever, mais ne fais surtout pas trop d'efforts. Fais attention à ne pas rouvrir tes poignets ! J'ai mis des points de suture, mais ne sait-on jamais.
Je souris à Carlisle pour lui prouver ma reconnaissance, puis il sortit. Edward le suivit, après un autre sourire pour moi.
-Eh ben Bella ! Tu veux te lever ?
-Oui, j'ai besoin de marcher un peu. Et de me laver aussi.
Mon ventre gargouilla, et Alice rit.
-Manger également ! Tu en as besoin apparemment.
Je ris avec elle, puis elle m'aida. Elle resta discuter avec moi le temps que je prenne une douche, puis elle me sortit des habits, même si j'aurais pu le faire par moi-même. Puis nous descendîmes au salon, où se trouvaient Edward et Emmett.
-Alors, réveillée la marmotte ? Demanda Emmett.
-Très bien réveillée ! Ris-je en suivant Alice jusqu'à la cuisine.
Il y avait déjà de tout sur la table, des pancakes aux œufs en passant par les céréales. Je m'attablai sur la demande d'Esmée.
-Tu vas mieux Bella ? Demanda-t-elle, concernée.
-Oui, beaucoup mieux. Ça tire un peu à certains endroits, mais au moins, je ne sens plus le venin. Dites-moi Esmée, que pourrai-je faire pour remercier Edward ?
-Un sourire, répondit celui-ci, me faisant sursauter.
J'étais dos à la porte et je ne l'avais donc pas vu ni entendu arriver. Je me retournai, un grand sourire aux lèvres.
-Merci Edward, commençai-je tandis qu'il venait devant moi, pour que je puisse manger. Je serais sûrement morte si tu …
-N'en parlons plus !
Il me fit un petit sourire et me fit signe de déjeuner.
-Aujourd'hui, c'est samedi, donc pas de cours pendant deux jours, s'enthousiasma Alice. Que veux-tu faire ?
-Rien de spécial. Lire peut-être.
Emmett arriva en faisant plus de bruit que nécessaire.
-Tu veux bien faire une partie de jeux vidéo avec moi ? Demanda-t-il. Jasper triche, et Edward est nul !
-Merci pour le compliment, ronchonna l'aîné des Cullen.
Emmett l'ignora et m'implora du regard.
-C'est d'accord, mais je ne suis pas une experte.
Il me fit un clin d'œil avant de repartir au salon, me laissant terminer. J'allai me brosser les dents tandis qu'Alice restait discuter avec Edward et Esmée.
-Bella !
C'était la voix suave d'Emmett qui criait dans l'escalier, sûrement persuadé que ça me ferait venir plus vite. Avec un soupir, je descendis et m'installai à ses côtés pour commencer une partie.
Le reste de la journée se passa à jouer avec Emmett puis Alice, Rosalie et même Edward ! Jasper se tenait dans le salon, mais assez loin pour que les autres puissent le retenir.
Alice m'expliqua, après que je lui ai demandé, pourquoi son amoureux était si distant. En fait, Jasper était revenu alors qu'Alice et Edward étaient partis chasser et que je dormais. Carlisle l'avait trouvé en train de se pencher pour… Elle n'avait pas fini sa phrase mais j'avais compris. Mais je n'en voulais pas à Jasper, et je lui avais dit. Après tout, ils n'y pouvaient rien si j'avais un sang qui sentait bon.
Je pris un bon goûter, étant donné que j'avais pris mon petit-déjeuner vers 11 heures, avec en prime les réflexions d'Emmett sur ses goûts en matière culinaire, ce qui se rapportait à : de l'ours, de l'ours, et de l'ours. Cependant Emmett était un boute-en-train, et il me faisait rire.
Malheureusement pour moi, Emmett fut le premier à faire une remarque sur mon sens de l'équilibre précaire, et sur ma maladresse, puisque j'avais déjà réussi à casser un verre.
Cependant les Cullen ne restaient pas toute la journée, sortant régulièrement chacun leur tour, et je décidai de demander à Alice.
-Pourquoi sortent-ils ? Ils vont chasser si souvent ?
-Non, ils surveillent ton père, pour voir si quelqu'un le surveille. Il se peut aussi qu'Aro ait bluffé, et qu'il ne sache pas où tes parents habitent.
J'acquiesçai, cette information étant trop dure à entendre. Si Aro avait vraiment bluffé, cela voulait dire que j'avais subi tout ça pour rien ? Les larmes me vinrent aux yeux, et j'eus du mal à déglutir.
Je sentis des bras froids m'envelopper, et après quelques secondes, je parvins à entendre des murmures.
-Tout va bien Bella, tout va bien !
Je réagis aux paroles d'Alice, et la serrai à mon tour.
-Je vais bien Alice. C'est juste… Je ne sais plus quoi penser.
-C'est normal Bella, intervint Esmée. Tu as vécu un enfer pendant deux ans, et tu n'es pas devenue folle. Carlisle pense que tu risques de te sentir perdue encore quelques temps, mais nous sommes là.
Je hochai la tête, et Alice entreprit de me changer les idées en me proposant un jeu de société, jusqu'à mon repas du soir. Esmée me prépara une salade avec une omelette. Emmett vint faire une réflexion, sur le fait qu'il préférait voir les œufs se faire projeter sur les humains, et Esmée se désola sur la mentalité de son fils. Une fois mon repas terminé, je montai me laver.
Au moment de me coucher, on frappa à la porte, et quelle ne fut pas ma surprise de voir entrer Edward !
Il était sur ses gardes, tendu, et évitait de me regarder.
-Je voulais que tu saches que je ne te hais pas. J'ai cru comprendre que tu le pensais, mais c'est faux. Je t'aime bien, mais…
-Mais mon sang a un bon arôme, je sais. Merci Edward.
Il hocha la tête et sortit sans un mot de plus. Je me mis au lit, la tête pleine de questions sur ses réactions envers moi.
La journée du dimanche se passa dans le calme. Jeux vidéo, promenade autour de la maison, et plans pour décorer ma nouvelle chambre.
Je dinais lorsque Carlisle vint dans la cuisine.
-Bella, j'aimerais que tu nous rejoignes au salon quand tu auras fini.
Esmée lui demanda quelque chose, mais tellement bas que je n'entendis pas, et le docteur hocha simplement la tête.
-Tu veux un yaourt Bella ? Proposa Esmée lorsque son mari fut sorti de la pièce.
-Est-ce que c'est grave ?
-Non, ce sont juste des réponses.
Je finis de manger, essayant de ne pas faire de suppositions quant à ces réponses.
Je rejoignis les autres dans le salon. Chaque couple était sur un divan, et Edward tapota le siège à côté de lui, m'invitant à prendre place près de lui. Je lui souris, heureuse de ses efforts, et m'assis à ses côtés. Tout le monde regardait Carlisle qui me regardait.
-Bella, c'est avec plaisir que nous t'accueillons.
Chacun hocha la tête, et Rosalie me sourit, sans que je comprenne pourquoi.
-Depuis que tu es là, nous avons fait des recherches, nous avons patrouillé, et observé. A part Démétri, qui avait échappé à nos traques, il n'y a aucun vampire dans les environs.
-Comment a-t-il fait ? Demandai-je.
-C'est un traqueur lui-même, le meilleur, puisqu'il était dans l'élite des Volturi, ce que tu sais sûrement. Tu as notre odeur sur toi, et je suppose qu'il a dû nous sentir. C'est facile pour lui de passer inaperçu, même à nos yeux. Mais je te rassure, personne d'autre ne pourra le faire. Ensuite, je pense que ton père ne fait l'objet d'aucune surveillance. Nous nous assurerons qu'il en est de même pour ta mère. Charlie m'a dit qu'il n'avait plus eu de contact avec elle depuis un certain temps, puisqu'elle a souhaité couper les ponts avec lui.
-Qu'en est-il d'Aro ? Demanda Jasper.
-Je ne lui ai rien dit, et je ne compte pas lui rendre de compte. Si Aro décide de poser des questions sur son traqueur, je lui répondrais que je ne l'ai pas vu. Avec un peu de chance, les Volturi croiront que Démétri a fait une bêtise et qu'il se cache, et nous n'entendrons plus jamais parlé de lui. Maintenant, tu vas pouvoir vivre un peu plus librement.
-Donc je vais pouvoir parler à mon père ?
-Je pense que oui.
Je dus me retenir pour ne pas sautiller de joie, mais je ne pus retenir un large sourire.
-Merci Carlisle !
-C'est normal. Pour demain, Esmée doit s'absenter. Je voulais savoir si tu préférais que quelqu'un reste avec toi, ou si ça ne te dérange pas de rester seule.
-Je suis assez grande pour me débrouiller.
-Bien. Je passerai au lycée, où je demanderai à ce que tu sois inscrite. Je crois qu'il serait bon que tu reprennes l'école, et que tu aies des amis, humains.
J'acceptai d'un hochement de tête, trop heureuse pour parler. Je me levai, sachant que la discussion s'arrêterait là. Au moins avec moi. Puis je montai me coucher.
Le lendemain matin, Alice vint me réveiller.
-Bien Bella ! Nous partons. Veux-tu que je t'amène quelque part ?
-Chez mon père, c'est possible ?
Alice accepta et je me préparai en vitesse. Mon amie monta en voiture avec Rosalie, et je suivis le mouvement.
-Si tu as un problème, tu nous appelles ! Me rappela Alice alors que nous approchions de la maison de mon père.
-Tu as vu quelque chose ?
Elle me fit un grand sourire qui me donna la réponse.
-Il sera surpris, mais il te montrera à quel point il est heureux.
Alice me laissa sur le bord de la route, après m'avoir rappelé qu'ils passeraient me prendre vers 17 heures.
Après avoir pris une grande inspiration, je m'avançai. Charlie devait être là, puisqu'il y avait son éternelle voiture de patrouille devant la maison. A chaque pas, mon cœur accélérait et mon corps se couvrait de transpiration. Arrivée à la porte, je mis plusieurs secondes avant de frapper.
La porte s'ouvrit sur Charlie, mais un Charlie différent d'il y a deux ans : les traits tirés, les yeux vides, pâle, amaigri. Il me regarda durant plusieurs secondes sans réagir, mais soudain ses yeux s'écarquillèrent et sa bouche s'ouvrit. Il pâlit encore plus, et je m'avançai pour le soutenir, mais il se reprit et me prit dans ses bras.
-Bella !
Il me serra dans les bras à m'en étouffer, et je fis de même en pleurant. Je crois que lui aussi pleurait.
-Papa !
Je n'avais jamais été proche de lui avant ce jour, mais ces deux ans sans lui et sans ma mère m'avaient fait comprendre que la famille est importante et qu'il faut en profiter le plus possible.
Il sembla se reprendre : il se recula légèrement, embrassa ma tempe puis me fit rentrer, sans me lâcher. Il nous assit sur le canapé et m'observa.
-Que… Tu…
-Je vais bien papa. Je vais … beaucoup mieux, dis-je en souriant.
-Où étais-tu ? Nous avons fait tellement de recherches !
-J'ai été enlevée en Italie, et retenue je ne sais où.
Je savais, sans que Carlisle ne me l'ai dit, que je devais garder le secret. Et je connaissais mon père : il aurait été au bout du monde pour punir ceux qui m'avait kidnappée. Or, c'était impossible.
-Est-ce que tu sais qui a fait ça ?
-Non. Ils étaient cagoulés, et n'ont jamais prononcé leurs noms.
-Et comment… ils t'ont relâchée ?
Il semblait très étonné, et je savais qu'il allait me falloir beaucoup d'énergie pour paraître crédible dans mon récit.
-Non, j'ai réussi à me sauver. Ils ont relâché leur surveillance un moment, et j'en ai profité. J'ai rencontré une jeune fille, Alice Brandon, et elle m'a ramenée aux États-Unis.
-Où est-elle, pour que je puisse la remercier ?
-Chez les Cullen. C'est là-bas que je loge aussi. Le docteur Cullen m'a soignée.
Charlie me dévorait des yeux, ne paraissant pas y croire. Il tenait ma main, la serrant convulsivement. Soudain le téléphone sonna, mais mon père ne voulait pas y répondre.
-Tu devrais y aller papa. C'est peut-être important.
A contrecœur il se leva et alla décrocher. Je me levai, n'écoutant pas sa conversation, et arpentai la pièce, me remémorant des souvenirs, surtout en revoyant des dizaines de photographies. Mon père revint dans la pièce et me fit sursauter en posant ses mains sur mes épaules.
-C'était Billy. Il voulait que je vienne le voir, mais je lui ai demandé de venir. Il sera tellement heureux de savoir que tu es là lui aussi !
Pour preuve, il me reprit dans ses bras.
-Et toi, Ch… papa, est-ce que tu vas bien ?
-Beaucoup mieux maintenant que je te vois.
Nous passâmes de longues minutes à évoquer des souvenirs, jusqu'à ce que je demande des nouvelles de Renée, ma mère.
-Eh bien… Nous nous sommes un peu disputés, et elle a dit que nous n'avions plus rien à nous dire.
Je hochai la tête en voyant son air immensément triste. C'est à ce moment-là qu'arrivèrent Jacob et Billy. Charlie se précipita à l'extérieur et alla aider son ami, tandis que je l'observais du salon. Mon père ressemblait à Alice lorsqu'elle avait une bonne nouvelle à annoncer. C'était le cas à vrai dire.
-Et tu ne pouvais pas nous le dire chez moi ? Grommelait Billy que poussait Jacob.
-Je crois que tu ne m'aurais pas cru si je te l'avais dit, et je ne veux pas bouger de chez moi.
-En tout cas, tu as l'air en forme, remarqua Jacob.
Pour seule réponse, mon père lui offrit un grand sourire, qui sembla choquer le fils de Billy.
-Préparez-vous à un choc !
Charlie les laissa entrer dans le salon, et les deux indiens s'arrêtèrent nets, bouche bée.
-Be… Bel…
-Bella ! Hurla Jacob en courant vers moi.
Il me prit dans ses grands bras et serra très fort, si fort que j'espérai ne pas avoir de bleu, mais soudain, après avoir inspiré, il me relâcha et sauta en arrière, l'air dégoûté. Que lui arrivait-il ? Billy se reprit et avança son fauteuil tandis que Charlie revenait près de moi.
-Elle est arrivée ce matin, expliqua mon père.
-On te croyait morte, balbutia Billy.
-Billy ! Râlèrent Jake et Charlie indignés.
-Ce n'est rien, répondis-je. Pour ma part, je pensais ne jamais pouvoir revenir ici.
-Je suis très heureux de te revoir, déclara l'ami de mon père en me tendant la main.
-Moi aussi Billy, moi aussi !
Nous passâmes la journée à discuter. Heureusement pour moi, ils ne s'attardèrent pas sur les détails de mon évasion, mais leurs poings se serrèrent lorsque j'évoquai mes conditions de détention. En fait, je mentionnai surtout le peu de sommeil, les punitions, et j'expliquai seulement que j'étais forcée à des « travaux » sans donner de détail.
Charlie commanda des pizzas, que nous mangeâmes en parlant de tout et de rien.
Tout le temps que restèrent Billy et Jake, je le passai à observer le comportement de ce dernier. Nous nous voyions peu jusqu'à il y a deux ans. Je le côtoyais seulement lorsque je restais chez mon père, mais nous avions une certaine complicité. Lorsqu'il était entré plus tôt, j'avais cru lui avoir manqué, et son premier geste m'avait fait plaisir, mais depuis, il paraissait me surveiller, sans prononcer une seule parole. Et je dois dire que cela me blessait.
Jacob et Billy partirent vers 16 heures parce qu'ils devaient se rendre chez Harry Clearwater, un ami de Billy et Charlie. Jake me fit seulement un signe de la main de loin, et je me promis de lui demander des explications sur son comportement.
Une fois qu'ils furent partis, mon père me demanda si ça me dérangeait qu'il mette le sport, et je lui répondis que non.
-Mais tu ne vas pas au travail ?
-Si, mais le docteur Cullen m'a obligé à prendre au moins un jour de congé par semaine.
-Pourquoi ?
-Lorsque tu as disparu… j'ai préféré passer mes journées au poste. Mes nuits aussi à vrai dire. Les gars étaient inquiets pour moi, et ils ont demandé au docteur de venir me raisonner.
-Il a bien fait.
Il ne commenta pas, me souriant seulement, et je le laissai regarder son match tout en restant près de lui. A 17 heures, ce fut Emmett qui vint me chercher. Il salua mon père, qui lui demanda de remercier le sien pour m'héberger et m'avoir soignée.
-Il est heureux de l'avoir fait, répondit Emmett.
Après avoir promis à mon père de passer tous les jours, je suivis Emmett dans sa voiture, un 4 X 4 énorme. Bizarrement, lui aussi prit un air passablement dégoûté une fois les portières fermées.
-Alors, ces retrouvailles ?
-Très bien avec mon père.
-Et ?
Je me tournai vers lui qui me jetait de fréquents coups d'œil, sûrement subtils selon lui, mais pas pour moi.
-Emmett, que veux-tu me faire dire ?
-Rien.
Il reporta son attention sur la route. A mon arrivée, je remarquai que les autres n'étaient pas là.
-Ils sont partis chasser et je vais les rejoindre, m'expliqua Emmett. Je crois qu'Esmée t'a laissé de quoi manger dans le frigo. A plus Bella !
Il partit à vitesse vampirique, faisant rater un battement à mon cœur. Enfin seule, j'allai dans la cuisine pour voir ce que je pourrais manger. Sur la table était posée une liasse de papier, avec un mot au-dessus.
Bella,
Voici les papiers à remplir pour ton inscription. Alice les rendra demain, afin que tu puisses intégrer les cours la semaine prochaine, si tu n'y vois pas d'inconvénient.
Passe une bonne soirée !
Carlisle
J'allais enfin reprendre une vie normale ! Enfin, aussi normale que puisse l'être une vie après avoir fréquenté des vampires avides de sang humain, et en côtoyant des vampires végétariens !
Je lus tous les documents : présentation du lycée, règlement intérieur, puis des papiers administratifs que je complétai. Une fois cela terminé, je me préparai des pâtes sans que cela me donne des frissons : je supposai avoir enfin franchi une étape.
Le téléphone sonna alors que je regardais un peu la télé, et j'allai répondre, encore mal à l'aise.
-Bella, c'est Esmée !
-Bonsoir Esmée.
-Alice a eu une vision sur le temps de demain, et il y aura du soleil, donc nous aurions voulu en profiter pour nous éloigner et chasser autre chose.
-Bien sûr ! Ne vous privez pas à cause de moi ! Je suis grande pour me débrouiller.
-Tu as le permis ?
-Oui, pourquoi ?
-Tu n'as qu'à prendre une des voitures si tu veux sortir.
Elle soupira soudain.
-Emmett te demande, non plutôt te supplie à genoux de ne pas prendre la sienne. Il ne veut pas que tu la retournes ou que tu fonce dans un arbre.
Je ris : il avait appris à me connaître à première vue. Et je savais que ce qu'il avait remarqué ce week-end même allait finir par remonter à la surface. Cependant, la vision d'un Emmett à genoux devant sa mère en train de l'implorer de transmettre ce message fit redoubler mon rire.
-Pas d'autre refus ?
Esmée rigola.
-Non, ne t'inquiète pas ! A mercredi matin alors !
Je la saluai puis raccrochai. J'éteignis la télévision et allai me coucher.
Pov Jacob
Revoir Bella a été un choc. Ou plutôt plusieurs chocs.
D'abord, parce que même si j'avais espéré chaque jour avoir de ses nouvelles durant ces deux ans, je crois que j'avais quand même perdu l'espoir de la revoir un jour. Alors l'avoir vue, souriante, parler de tout et de rien, m'avait laissé abasourdi.
Ensuite, j'avais compris que son histoire avait été fausse. Si mon père et Charlie ne l'avait pas vu, moi j'avais pu déceler ses mensonges. Elle en avait peu dit, mais justement, elle n'en n'avait pas assez dit pour que je croie à un simple enlèvement. Pas assez de détails sur les motivations, sur ses réelles conditions de vie… Pour moi, elle nous cachait quelque chose.
Et enfin, son odeur. Bien sûr, elle avait son odeur propre et chaude d'humaine, mais il y avait plus. Et cette odeur me révulsait en tant que loup : j'avais reconnus l'horrible odeur des vampires. Savait-elle qu'elle en côtoyait ? Qui étaient-ils ?
Je me promis de la voir et de lui demander des explications. Et surtout, je voulais retrouver cette complicité. Parce que même si nous ne nous voyions que deux mois par an, je l'appréciais énormément et prenais de ses nouvelles par son père ou par téléphone parfois. Mais en deux ans, elle m'avait atrocement manqué.
J'espère que ce chapitre vous a plu.
Message pour Alvina26 : ai-je gagné ce défi ? Pour le coup, je suis pas sûre de moi là.
A mercredi prochain, bisous
