Merci Rebhist, d'avoir reviewvé le chapitre précédent ! :). J'espère que tu aimeras celui-là aussi !
Chapitre 9
Un Ryo à la patience à peu près aussi grande que lui, arpentait les rues dans un sens et puis l'autre, à la recherche de son ami qui avait détalé sans demander son reste. Seul problème, comme il s'agissait de Kame : il ne pouvait ni hurler son nom à la cantonade, ni demander aux gens s'ils l'avaient vu passer. Quoique lui-même allait finir par attirer l'attention, s'il continuait à courir bêtement comme cela… C'est pour cela qu'il suivit son intuition et sauta dans un bus, espérant le trouver dans ce bar auquel il pensait… Enfin… Il l'espérait et en même temps non. Car certes il le retrouverait ainsi, mais si Kame était encore parti pour faire n'importe quoi, ça n'allait pas être de la tarte non plus ! Et puis il essaya encore d'appeler Kame et celui-ci ne décrochait toujours pas… A chaque fois que le répondeur se mettait en route, Ryo avait une violente envie de balancer le téléphone ! Il raccrochait à chaque fois, mais au bout de la troisième, il perdit un peu du sang-froid qu'il n'avait jamais tellement eu de toute façon et il attendit de pouvoir laisser un message :
Ne pas décrocher est une très mauvaise idée, parce que quand je te retrouverai… Mon vieux, ne joue pas au gamin avec moi ! brailla-t-il dans le téléphone, indifférent aux passagers du bus qui le regardaient comme s'il ne lui manquait qu'une camisole.
Sur le coup, continuant sur sa lancée, Nishikido Ryo commença à se demander quelles tortures sadiques il allait pouvoir mettre en œuvre lorsqu'il le tiendrait enfin. Quoiqu'il fallait mieux rester dans le traditionnel finalement : une bonne paire de baffes, oui ! Cela lui remettrait peut-être les idées en place, allez savoir ! Mais bon tout à coup, la voix de sa conscience se fit entendre… Et elle ressemblait étrangement à celle d'un Yamapi bonne pâte, qui l'implorait de se tenir tranquille, d'être doux et patient… Ryo soupira. Il fallait en convenir : c'est sûr que si Kame finissait par écouter ses messages et qu'il entendait cette agression verbale, aucune chance qu'il se manifeste spontanément après cela. Il allait devoir mettre de l'eau dans son vin… Alors il descendit du bus, rappela, attendit que le répondeur se mette en route et plus calmement cette fois, il parla :
Kame, c'est de nouveau moi… Bon écoute, je te promets que je t'écouterai. Tu es sûrement en colère, c'est normal d'ailleurs, mais tu ne veux pas nous causer du souci, pas vrai ? Alors réponds-moi, et on fera comme tu voudras. Discuter, se balader, rentrer chez Pi-chan, se changer les idées… Tout ce que tu veux. Laisse-moi juste être sûr que tu vas bien.
Concrètement, il ne pouvait pas faire plus que cela. Et puis, il le pensait : il se sentirait nettement mieux s'il pouvait avoir un œil sur lui maintenant. Cela pouvait aller loin, si l'on était pessimiste et à supposer que Kame s'enfonce encore davantage ! Les KAT-TUN en pâtiraient, ils se feraient taper sur les doigts… Avec un peu de chance, Yamapi et Ryo auraient leur part aussi, pour n'avoir rien dit et avoir tenté –avec succès jusque là- de le couvrir… Tout cela sans parler de l'état de Kame en lui-même, bien sûr, qui n'était pas bon pour lui. Il était plus que temps que Kame se ressaisisse, tout le monde dormirait ainsi mieux la nuit ! Et puis mine de rien, tout impulsif qu'il soit, Ryo savait être un ami loyal comme on en fait rarement. Il était sincère sur ce chapitre et il était tout à fait disposé à l'épauler du mieux qu'il le pouvait. C'était juste que lui, tendre un mouchoir et consoler, ce n'était pas vraiment son truc. Lui, il préférait bousculer, faire réagir et aider à se remettre en selle. Si l'on y pensait, cela collait bien avec la compréhension dont savait faire preuve Yamapi… C'était un bon duo.
Et enfin, son téléphone finit par sonner. Ryo crut d'abord que c'était son leader qui venait aux nouvelles, mais ô miracle, ce fut un tout autre numéro qui s'afficha sur l'écran :
Kame ?
Oui…
Où tu es ? demanda-t-il aussitôt.
Tu as peur que je me ridiculise en public et que je finisse complètement rond ? lâcha Kame sur un ton désabusé.
Pardonne-moi, mais tu ne m'as pas donné l'occasion de penser autre chose ces derniers temps, répliqua Ryo du tac au tac.
C'est vrai…
Alors est-ce que c'est le cas ? Est-ce que tu es en train de faire une bêtise ? Parce que si c'est le cas…
Non.
Alors je te crois, répondit simplement Ryo.
Si facilement ? s'étonna Kame, dont la voix reprit un peu de vivacité.
Je n'ai que ta parole à me mettre sous la dent, là… Et je te crois.
Merci…
Kame, si tu agis comme un pestiféré, tu vas finir par en devenir un. On fuit quand on est en tort, quand on a de quoi culpabiliser… C'est ton cas ?
Mais…
C'est ton cas ? Tu as fait quelque chose de mal ? insista Ryo.
Je me suis conduit comme un idiot ces derniers temps…
Oui, mais tu étais un idiot malheureux. Ca se pardonne, ça, plaisanta Ryo.
T'es vraiment… fit Kame, amusé et soudainement détendu.
Vraiment quoi ?
Rien.
Tu es où ?
Où crois-tu que je puisse être ? soupira Kame.
Si tu persistes à me prendre pour un con, il vaut mieux que tu ne me dises pas où tu es, effectivement, grogna le brun.
Je suis… à la table au fond… Pas loin de la sortie de derrière…
Tu es retourné dans cet endroit ! s'exclama aussitôt Ryo. Tu viens de me dire que tu ne faisais pas de connerie ! Je t'ai cru !
Je n'ai pas menti ! J'y suis bien, mais… Je ne fais rien ! se défendit le jeune homme avec une conviction toute relative.
Et bien continue à ne rien faire, j'arrive ! Je ne suis pas très loin. Ne bouge pas !
Merveilleux… Il y était retourné. Cela voulait tout dire. Bon, il n'y avait plus qu'à prier pour que cela se passe bien… Ryo se disait qu'avec un peu de chance, comme c'était la journée, l'endroit n'était pas encore trop fréquenté… Non parce que là mine de rien, si on le reconnaissait, il fallait espérer que Kame n'ait effectivement pas menti et qu'il se cantonne au jus d'orange ! C'est bizarre mais en se disant cela, Ryo n'y croyait pas trop lui-même… En attendant, Ryo avait un plan d'une simplicité déconcertante : il retrouvait Kame, le sortait de là, lui mettait une baffe pour la peine et il le collait au lit avec un somnifère, histoire d'être sûr qu'il ne bougerait pas durant les 10 prochaines heures ! Ca c'était un fameux plan, qu'il était quand même bien tenté de mettre à exécution… Vraiment tentant. Mais comme il était nettement plus réfléchi que ce que l'on pouvait croire, il informa Yamapi de la situation afin que lui et le principal intéressé les rejoignent au plus vite.
Ryo-chan est presque avec lui.
Les yeux rivés sur le petit écran de son téléphone, Yamapi avait ainsi résumé brièvement le contenu du message que Ryo lui avait envoyé à l'instant et qu'il venait de lire. Le lieu indiqué ne le rassurait guère, c'est sûr, mais si Ryo y était également, alors il n'y avait rien à craindre. Le leader fut soulagé, en ce sens. Il s'empressa de répondre qu'ils allaient venir les rejoindre d'ici peu, tandis que Jin demanda un peu plus de précisions à son meilleur ami :
Comment ça « presque » ?
J'en sais pas plus, je lis ce qu'il veut bien m'envoyer, fit-il sèchement, sa patience ayant fini par s'effriter.
Il pourrait être plus précis… marmonna Jin.
Il n'aurait pas à devoir l'être si on n'avait pas à rattraper tes conneries. D'ailleurs, tu devrais être à sa place, à chercher Kamenashi-kun, répliqua Yamapi avec une telle fermeté qu'une fois de plus, Jin se tassa sur sa chaise.
Il refusera de me voir, de toute façon…
Ça t'arrangerait bien, hein ? explosa enfin Yamapi. Ca ferait enfin une excuse à ta lâcheté. Seulement, moi j'en ai ma claque ! Alors tu me suis sans résistance, ou tu préfères que je te choppe par la peau du cul pour t'emmener ?
J'arrive.
Ton enthousiasme si spontané m'a toujours plu chez toi, ironisa Yamapi, tout à la recherche de ses clefs de voiture.
Ce fut dans un silence plutôt pesant pour le coup, qu'ils prirent finalement place dans la voiture de Yamapi et prirent la route. Le chauffeur avait les mains crispées sur le volant et clairement, son expression affichait une excellente illustration du mode « le premier qui me cherche, il va me trouver ! » que Ryo lui-même n'aurait sans doute pas renié. Le passager quant à lui, se faisait le plus petit possible, tout penaud qu'il était. Il s'inquiétait quant à la tournure des évènements, et puis il sentait qu'il perdait des points auprès de son meilleur ami… Quant à Kame, là n'en parlons même pas : sa côte de popularité touchait tellement le fond qu'en creusant encore un peu, il aurait presque pu trouver du pétrole, tiens. D'ici, rattraper ses conneries maintenant relevait presque du miracle. D'autant que Kame était le pire rancunier qu'il ait jamais vu, ou pas loin ! Et là qu'il avait une bonne raison de l'être, en plus… N'empêche, en dehors de tout cela, Jin était plutôt surpris. Il fallait vraiment qu'il ait poussé le bouchon très loin cette fois, pour que Yamapi lui crie dessus ainsi et puis maintenant, qu'il lui fasse la tête, pour ainsi dire. Les fois où c'était arrivé par le passé, se comptaient sur les doigts de la main… Espérant l'intriguer assez pour le faire répondre, Jin lança un peu au hasard :
Je ne m'en étais pas rendu compte…
Et de quoi ? demanda Yamapi sur un ton qu'il voulait neutre.
Que tu étais devenu si proche de Kazu-chan.
Hein ? Qu'est-ce que ça vient faire là ?
Tu t'énerves généralement pour deux motifs… continua pensivement son ami.
Jin…
… Quand on te trompe… Et quand quelqu'un à qui tu tiens souffres.
Et après ? Tout le monde déteste ça il me semble, non ?
Oui… acquiesça Jin en souriant. Je me disais juste que tu te soucies de lui…
Nous n'avons pas tous la chance de pouvoir laisser tomber les gens et de dormir ensuite en paix la nuit.
…
Yamapi regretta ses paroles à peine les avait-il prononcées. Il ne lui ressemblait pas de parler sans avoir bien réfléchi, mais c'était pourtant sorti tout seul, cette fois. Il regretta, parce que Jin ne disait rien de mal à ce moment là et parce que cela l'avait pourtant inexplicablement irrité. Et aussi parce qu'il n'y avait nul besoin d'être méchant gratuitement pour pouvoir faire entendre raison aux gens. C'était quelque chose que Yamapi avait toujours revendiqué. Alors il s'en voulut d'avoir agi d'une manière qui ne lui ressemblait en rien. Il jeta un coup d'œil à Jin, qui était clairement blessé, et Yamapi fut bien parti pour se morfondre… Alors il oublia son programme, à savoir « faire la tête jusqu'à ce qu'ils soient arrivés », et il résolut de s'excuser pour cette pique gratuite et pas sympa :
Désolé. C'était bas.
Je l'ai mérité, je suppose.
Ouais… Mais j'ai manqué de tact quand même.
Tu fréquentes trop Nishikido, se risqua-t-il à plaisanter.
Je savais qu'un jour, ça serait mauvais pour moi, répliqua Yamapi en souriant à la boutade.
Mouais… Faire la tête, ce n'était vraiment pas son style… et à Jin encore moins, alors… Yamapi soupira, trouvant qu'il manquait réellement de volonté. Tout ce qu'il espérait maintenant, c'était que Jin trouve la bonne attitude, celle qui ne laisserait aucun doute à Kame sur le fait qu'il s'en voulait. Sans être sadique pour autant, si Kame pouvait être persuadé de cela, Yamapi était sûr que cela pourrait au moins l'aider un peu. Il tournerait de cette façon sûrement mieux la page. N'empêche… sacré Ryo. Il avait réussi à faire que Kame l'appelle ! Il pouvait être excellent, quand il bridait son mauvais caractère, celui-là.
Il y eut un silence, durant lequel Jin put se réjouir que la tension ait disparu entre eux deux et que tout aille bien désormais. C'était déjà cela. Mais bien qu'il se soit montré brutal, Yamapi avait fait mouche : Jin comprit que trop longtemps, il s'était laissé porter… Qu'il était plus que temps d'affronter les choses, d'arrêter de se chercher des excuses et quitte à s'en prendre plein la tronche, et bien il l'aurait mérité ! Ce ne serait pas évident, mais il fallait bien une première à tout… Alors Jin murmura, avec conviction :
N'empêche… Je ne te décevrai pas plus. Je vais prendre mes responsabilités… Ecouter ce qu'il a à dire, le forcer même à parler s'il le faut… Et je m'excuserai autant de fois qu'il le faudra.
Parfait.
