QUELQUES HEURES PLUS TÔT DANS LA JOURNEE :
Octavia descendait les escaliers précipitamment, sans réellement regarder où elle mettait les pieds, car elle était TRÈS en retard à son rendez-vous. Et alors qu'il ne lui restait que quelques marches avant d'arriver sur les quais, un jeune homme en sweat-shirt la bouscula et avec la grâce légendaire qui lui était propre, Octavia tomba cinq mètres plus bas… tout droit sur la personne qui descendait devant elle. Après quelques secondes de silences, la brune réalisa qu'elle était toujours allongée sur un inconnu ! Le dit inconnu avait l'air bien sonné d'ailleurs… Elle s'écarta rapidement en s'excusant et commença, à genoux, à ramasser les affaires qu'elle tenait dans ses bras en descendant. Alors qu'elle finissait de tour rassembler dans son sac, elle se rendit compte que le jeune homme était à présent debout à côté d'elle et lui tendait la main pour l'aider à se relever. Elle glissa délicatement ses doigts au creux de cette main tendue, et lorsque leurs regards se croisèrent, un frisson lui donna la chair de poule et elle retira immédiatement sa main de la sienne comme si son contact l'avait brûlé. Octavia avait reconnu ses yeux gris argent, ces même yeux qui l'avaient regardée se faire passer à tabac cette nuit-là. Lui de son côté avait les yeux écarquillés de stupeur et sembla perdu quelques instants.
Octavia sembla reprendre ses esprits en remarquant soudain que Clarke était en face d'elle, et agitait sa main devant son visage en lui parlant. Les yeux de la brune papillonnèrent et elle eut l'impression d'émerger d'une bulle en entendant son amie l'appeler.
- Allô la Terre ici Clarke ! Octavia !
- Pardon, j'étais plongée dans mes pensées…
- J'ai vu ça !
- On parlait de quoi déjà ?
- Eh bien tu as commencé à me dire que tu avais revu Murphy !
- Ah oui, Murphy… Je suis tombée sur lui dans le métro. Littéralement.
Devant l'air sceptique de la blonde, Octavia lui raconta cet imprévu en quelques mots puis attendit sa réaction en sirotant le cappuccino qu'elle venait de commander. Clarke gardait obstinément le silence en la regardant, sentant que la jeune fille ne lui avait pas tout dit. En effet la brunette semblait quelque peu nerveuse et ne cessait de tapoter la table avec ses ongles. Ce fut le signe de trop qui trahissait le fait qu'Octavia avait fait une bêtise.
- Octavia... Il y a quelque chose que tu me caches.
- Moi ? Pas du tout je viens de te raconter comment j'ai vu Murphy !
- Pas de ça avec moi !
Clarke lui fit les gros yeux, étant à présent certaine que la brunette avait fait une énorme connerie, et sirota son café lorsque cette dernière lâcha la bombe:
- Onadiscutéetc'estuntypebienaufondmaisquiadegrosproblèmesetquisetrouveaccessoirementdansmonappartement...
La blonde faillit s'étouffer en buvant et la regarda avec des yeux ronds, se demandant si elle avait bien entendu ce qu'elle pensait avoir entendu. Elle se pinça l'arrête du nez avant de demander d'une voix dangereusement basse, ne sachant pas réellement si elle voulait connaitre la réponse :
- Qu'est ce qu'il fait chez toi ?
- J'ai appris qu'il vivait dans la rue ! Il s'était fait accepter par les brutes de son quartier autrement dit mes agresseurs de l'autre nuit, et depuis il les a définitivement quittés, et il veut vraiment faire mieux. Tu sais, en discutant avec lui, je me suis rendue compte que je me suis trompée sur lui. C'est un type bien dans le fond, et je lui ai proposé de loger dans mon appartement pour quelques jours, comme de toute façon je passe presque tout mon temps chez Lincoln... Clarke regarde autour de nous ! On est en plein cœur de l'hiver, il ne tiendra pas une semaine à coucher dehors par ce froid !
- Octavia, es-tu sûre que c'est une bonne idée ? J'ai peur qu'il ne t'attire des problèmes, et d'après ce que tu as raconté, son ancienne bande n'a pas dû apprécier son départ et ils pourraient chercher à se venger ! Je veux juste que tu fasses attention O'...
- Ne t'en fais pas pour moi, tu me connais je suis toujours prudente !
- Oui je te connais, et c'est un peu ça qui m'inquiète...
Les deux filles finirent leur après-midi shopping tranquillement et rentrèrent chez elles avec une jupe blanche pour Octavia et une robe de soirée corail pour Clarke. Cette dernière passa devant l'école d'art où la brune l'avait emmenée lors de leur première sortie, et elle ne put s'empêcher de s'arrêter quelques minutes pour jeter un oeil au panneau d'affichage de l'entrée. Elle repensa aux paroles de Bellamy, et prît en passant les papiers d'inscription avant de prendre le métro jusqu'à son appartement.
A peine rentrée elle rempli la fiche et hésita quelques secondes avant de saisir son précieux carnet, mit le tout dans une enveloppe et alla le soir même la déposer dans la boîte aux lettres de l'école. Clarke ne savait pas si c'était réellement une bonne idée de tout recommencer à zéro, mais pour la première fois elle suivait son cœur à la place de sa raison et elle avait décidé de vivre pleinement, intensément, passionnément sa nouvelle vie.
La blonde passa la semaine suivante à sortir avec Octavia, et elle commençait même à apprécier Murphy qui logeait toujours chez la brune (non sans garder une pointe de méfiance envers lui). Quant à Bellamy... Clarke lui manquait plus qu'il ne voulait bien l'admettre, et il ne la vit qu'un soir où il traînait en observant les bords maintenant givrés de la Seine, il l'aperçu avec sa sœur sortir du Grounders. Ne voulant pas s'imposer aux filles qui avaient l'air en pleine conversation privée, il passa son chemin en observant les belles jeunes femmes du coin de l'œil.
Ce fut trois jours plus tard, au matin du 24 décembre, que Clarke reçut une réponse venant de l'école d'art. Elle resta deux heures sur son canapé, regardant fixement cette petite enveloppe posée sur la table basse, tiraillée entre sa curiosité naturelle qui l'incitait à ouvrir, et la crainte de connaître son contenu. Vers 11 heures, la sonnette de sa porte d'entrée se fit entendre et la tira de ses pensées brusquement. Elle se leva et vit alors devant sa porte la dernière personne qu'elle s'attendait à voir aujourd'hui:
- Oh, Bellamy.
- Salut Princesse, je suis désolé de venir comme ça sans prévenir mais tu ne répondais pas au téléphone et Octavia n'arrivait pas à te joindre alors je voulais juste vérifier que tout allait bien. Dit-il doucement, observant le visage de la jeune fille qui gardait le silence.
- Je vais bien, entre je t'en prie... je coupe toujours mon téléphone pendant les fêtes de fin d'année. Finit-elle en un murmure presque inaudible.
Bellamy entra sans la quitter des yeux, et se rapprocha d'elle une fois la porte d'entrée refermée.
- Clarke, regarde moi. Tu es officiellement la pire menteuse de cet univers, mais malheureusement pour toi je suis plutôt du genre têtu. Alors tu vas me laisser t'aider, et maintenant tu vas me dire pourquoi tu est injoignable pendant les fêtes, et pourquoi tu sembles à la fois triste et anxieuse alors que c'est la meilleure période de l'année. Dit-il très sérieusement en la fixant de son regard d'un noir d'encre.
Elle ne savait plus quoi faire, car Bellamy venait de décrire exactement ce qu'elle ressentait à ce moment précis et qu'il venait de toucher un point sensible. Alors la blonde partit et revint quelques secondes plus tard en tenant entre ses doigts l'enveloppe qu'elle avait reçue un peu plus tôt. Elle la lui tendit, et dit simplement :
- Elle est arrivée ce matin. Je ne l'ai pas encore ouverte, je pense que je redoute d'y lire une réponse négative...
- C'est bien ce que je crois ?
Elle hocha simplement la tête, et se mordilla nerveusement la lèvre inférieure.
- Alors fais le maintenant princesse, c'est à toi de l'ouvrir.
N'arrivant plus à soutenir son regard parce qu'elle savait qu'il avait raison, elle obtempéra et en inspirant profondément, déplia l'unique feuille qu'elle contenait avant de commencer à la lire à haute voix:
-Miss Griffin, je suis au regret de vous annoncer qu'il n'est plus possible pour vous de passer les concours d'entrée pour notre école, les inscriptions sont closes à cette période de l'année. Néanmoins, après une observation attentive de vos oeuvres, plusieurs professeurs ont demandé à faire une exception pour votre cas. Je vous invite donc à venir passer un entretien oral avec trois des représentants du corps enseignant, dont l'issue déterminera votre possible admission dans notre école. Nous vous attendons le mercredi 24 décembre à 13h30, bâtiment B salle 7. Cordialement, madame Jensen directrice de l'école supérieure d'art de Paris !
La jeune fille termina de lire la lettre avec un grand sourire éclairant son visage, et se jeta dans les bras de Bellamy qui la félicita de tout coeur, sincèrement ému pour elle. Bellamy se rendit alors compte de leur proximité, et cela le troubla profondément, d'autant plus que Clarke ne semblait pas y être insensible non plus. Elle se mordilla une nouvelle fois les lèvres, et lorsque leurs regards se croisèrent, il écarta délicatement une mèche de ses cheveux blonds et se rapprocha jusqu'à ce que leurs fronts se touchent, avant de poser ses lèvres sur celles de Clarke. Cette dernière sentit son coeur s'accélérer brutalement dans sa poitrine, et ne tarda pas à glisser ses doigts fins dans les cheveux de Bellamy... avant de se reculer précipitamment. Écarquillant les yeux, elle réfléchissait à toute allure, alors que le brun interpréta mal son geste, et murmura, blessé:
- Je suis désolé Clarke, je n'aurai pas dû... Je vais y aller, on oublie ça d'accord ?
- Tu penses que je regrette ce baiser ? Sérieusement ?! Bell non j'ai adoré ! Non si j'ai eu un mouvement de recul c'est parce que je viens de me rendre compte qu'il est trop tard pour l'entretien ! Bellamy, nous sommes le 24 décembre et il est 13 heures ! Je n'y serais jamais à temps, et je ne suis pas préparée, et je ne sais même pas s'il y a une rame de métr...
Il la fit taire d'un baiser, avant de répliquer en souriant :
- Alors comme ça tu as adoré ?
Ses joues prirent une subtile teinte rosée, et elle répondit d'un ton faussement outré:
- Bellamy ! C'est tout ce que tu as retenu de ce que je viens de te dire ?
- Calmes-toi Princesse, on prends ma voiture et tu aura même un peu d'avance pour ton entretien.
Elle prit au passage une veste et son téléphone, puis ils descendirent rapidement les escaliers avant de s'installer dans l'auto rouge métallique de Bellamy garée en bas de l'appartement. Cinq minutes plus tard, ils en étaient là: Clarke était stressée autant qu'il était humainement possible de l'être, et le brun tentait vainement de la calmer malgré le fait qu'ils étaient coincés dans les tristement célèbres embouteillages de Paris. Il jeta un oeil devant lui, et se gara le long du trottoir de droite en soupirant. Il se tourna vers Clarke, et lui dit :
- Ok Princesse, j'ai une idée qui nous permettrait d'arriver à l'heure mais il va falloir que tu me fasses confiance.
Celle-ci hocha la tête, mais quelque chose lui faisait penser que cette idée risquait fortement de ne pas lui plaire. Il lui dit de ne pas bouger, et sortit de la voiture, avant de s'éloigner en courant dans une ruelle proche. Elle écarquilla les yeux en le voyant arriver... sur une moto ! Elle sortit à son tour de la voiture, et se dirigea vers lui en secouant la tête, n'osant pas se demander comment il s'était procuré ça.
- Bellamy, je ne monterai pas sur ce truc !
Il descendit, et prit son visage en coupe entre ses mains, avant de murmurer:
- Clarke, il te reste 12 minutes pour arriver à l'école d'art. Je t'ai dit que tu seras à l'heure, et je tiendrai parole d'accord ?
Elle ne répondit pas, se mordillant le bout des lèvres et fut aussitôt interrompue dans son geste par le brun qui l'embrassa puis lui dit en un souffle :
- Il faut vraiment que tu arrêtes de faire ça, tu me rends fou...
Il monta sur la bécane, et lui tendit la main:
- Fais moi confiance Clarke.
Elle la saisit et monta derrière lui en passant ses bras autour de son torse, et il lui dit d'un air taquin :
- Accroches-toi Princesse, on a 10 minutes !
Il fit demi-tour avec l'engin, et passa par les petites ruelles encore pavées de Paris, jusqu'à se retrouver bloqué par un camion livreur de marchandises. En jurant, il prit à droite, et sentit la blonde s'accrocher un peu plus fort à lui en voyant ce qui les attendaient droit devant eux: des escaliers. Le brun savait ce qu'il faisait, il accéléra et ils passèrent au dessus des quelques marches avant de retomber sur la terre ferme en un soubresaut. Il vira à gauche, puis à droite et ils virent enfin le portail de l'école sur leur gauche.
Il arrêta la moto à quelques mètres de l'entrée, et Clarke descendit la première, la gorge nouée. Bellamy s'approcha et lui dit d'y aller mais avant d'avoir pu finir sa phrase elle l'enlaça et posa sa tête contre son épaule.
- Merci Bell.
- De rien princesse. Il est temps que tu y ailles, je t'attendrai ici quand tu auras fini. Je suis certain que ça va bien se passer, contente toi de rester toi-même d'accord ?
- D'accord.
Elle se détacha de lui et entra dans le bâtiment d'un pas décidé...
SUITE AU PROCHAIN EPISODE...
Note de l'auteure :
Hey tout le monde... je m'excuse pour cette si longue attente pour ce chapitre, pour me faire pardonner il est plus long que d'habitude, et je vais essayer de retrouver un rythme de publication normal d'un à deux chapitres par semaine.
N'oubliez pas de commenter pour me donner vos impressions à propos de la continuation de mon histoire, et pis ça fait toujours plaisir d'avoir des commentaires ;-)
On se retrouve la semaine prochaine pour la suite !
Gros bisous, SR.
