Chapitre 9 : En attente du réveil

— Potter, il va falloir que vous m'expliquiez ce qu'il s'est passé, dit la directrice avec gravité.

Ils étaient à l'infirmerie. Harry, Ron, Ginny, Neville et Luna entouraient le lit d'Hermione, qui semblait dormir paisiblement. Ron lui tenait la main. Madame Pomfresh faisait régulièrement des allées et venues pour vérifier son état. Le professeur McGonagall venait d'entrer. Harry était abattu et ne réagit pas à ce qu'elle venait de dire.

— Miss Weasley, que vous a-t-il raconté ? demanda McGonagall à Ginny.

— Juste qu'Hermione et lui ont été attaqués par les centaures, répondit-elle.

— Les centaures ? répéta McGonagall en accusant le choc. Vous vous êtes fait attaquer par les centaures ? répéta-t-elle en se tournant à nouveau vers Harry.

Elle fit alors apparaître une chaise et s'y assit.

— Racontez-moi ça, Mr Potter. Et en détails, je vous prie.

Harry soupira avant de commencer. Tout le monde se tourna alors vers lui pour l'écouter.

— Hermione et moi sommes allés dans la Forêt Interdite pour chercher les plantes que le professeur Chourave nous avait tâché de trouver.

— Et aller si profondément dans la Forêt était obligatoire, j'imagine ? Car je doute fortement que les centaures se trouvaient à la lisière…

— Heu… On était effectivement bien plus loin que nécessaire, dit Harry en évitant de regarder Ron. Et… heu… Ne m'en demandez pas la raison.

— Bien… répondit la directrice, l'air sceptique. Continuez.

— On est tombé sur les centaures. Inutile de vous dire qu'ils n'ont pas apprécié. Il y en a un qui nous un lancé un sort avec une baguette. J'ai utilisé le Charme du Bouclier et l'on a essayé de fuir.

— Professeur, les centaures peuvent avoir des baguettes magiques ? demanda Neville.

— Ils peuvent s'en confectionner eux-mêmes, mais c'est très rare de leur part. Ils n'en ont que très peu d'utilité, vu que leur magie n'est pas la même que la nôtre, répondit une McGonagall pensive.

— Il n'en y avait pas qu'un qui en possédait une, continua Harry. Après que le bouclier se doit dissipé, ils nous ont bombardés de sortilèges.

Il posa à nouveau les yeux sur la jeune femme qui était dans le lit. Les larmes lui montèrent à nouveau aux yeux.

— Hermione a été touchée par l'un d'eux.

— Mais… dans ce cas… comment diable avez-vous fait pour vous sortir de là ?

Le Survivant eut un petit rire nerveux. Ce qu'il avait fait pour s'échapper était si stupide et dangereux… Mais cela avait miraculeusement marché.

Lorsqu'il avait senti et vu Hermione s'effondrer, il avait eu l'impression que son cœur s'était arrêté de battre. En se penchant ensuite sur Hermione, la peur l'avait envahie. Elle avait doublé d'autant plus que la brune restait inconsciente, et ce malgré les secouements de Harry. Les centaures étaient à cet instant à moins de dix mètres. Qu'allaient-ils leur faire ? Harry avait eu alors le sentiment que les ténèbres se refermaient sur lui-même et l'étouffaient. Il avait alors soulevé Hermione et l'avait serré contre lui. Il avait ensuite eu le réflex, ou plutôt l'instinct, de se laisser envahir par une sensation qu'il connaissait bien. La sensation du…

— Transplanage.

Le professeur de Métamorphose sembla abasourdi.

— Vous avez réussi à transplaner? Vous étiez donc si loin ?

Elle reprit ensuite un air grave.

— Potter, est-ce que vous vous rendez compte du risque que vous avez pris ? Si vous aviez été à l'intérieur de l'enceinte…

— Je n'ai pas transplané consciemment, professeur. C'était plutôt… une sorte d'instinct. J'ai été aussi surpris que vous.

— Où vous êtes-vous retrouvé ?

— Ce n'est pas l'important. J'ai à nouveau transplané, à l'entrée du portail, et j'ai porté Hermione jusqu'ici. Voilà toute l'histoire, termina Harry d'un ton monotone.

Ils restèrent tous silencieux. L'infirmière revient une énième fois contrôler l'état d'Hermione.

— Pompom, comment va-t-elle ? demanda McGonagall.

— Oh, elle est absolument hors de danger. Elle ne fait que dormir et ne semble pas être blessée. Mais comme on ne connait pas le sort qui l'a touché, il faudra attendre qu'elle se réveille pour le confirmer.

Elle regarda ensuite l'horloge.

— Cela fait déjà plusieurs heures, elle ne devrait pas tardée…

Tous restèrent là, à attendre. Après un certain moment, Ron s'adressa à Harry :

— Faut que je te parle.

Ron sortit et le brun le suivit. Il se tourna alors pour lui faire face et croisa les bras.

— Qu'avez-vous fait dans la forêt ?

— On cherchait les plantes, je l'ai dit…

— Ne me prend pas pour un idiot, Harry !

— Franchement Ron, que voulais-tu qu'on fasse ? Elle avait besoin de parler, c'est tout !

— Qu'est-ce qu'elle t'a dit ? demanda précipitamment Ron.

— Désolé, mais c'était une conversation privée, répondit Harry avec hargne en croisant à son tour ses bras.

Ron lui lança un regard noir. Ils s'affrontèrent silencieusement du regard pendant quelques minutes. Jusqu'à ce qu'ils entendent Ginny les appeler en criant depuis l'infirmerie.

— Ron ! Harry ! Elle se réveille !

Ils se précipitèrent alors à l'intérieur de la salle en se bousculant. Le roux reprit sa place à côté d'Hermione et lui prit à nouveau la main. Harry vint se mettre de l'autre côté du lit. La brune se tortillait légèrement dans le lit et ouvrit enfin doucement les yeux. C'est la première fois qu'Harry lui découvrit ce regard : il n'avait rien d'hermonien. Elle se redressa lentement en position assise.

— Hermione ? dit doucement Ron. Comment tu te sens ?

Elle se tourna vers lui et l'observa durant quelques secondes. Elle baissa ensuite les yeux sur sa main, toujours emprisonnée par celles de Ron. Elle l'enleva brusquement, comme si elle s'était brulée. Elle observa alors tout le monde à tour de rôle. Personne n'osait parler. Hermione arriva finalement sur Harry. Elle le dévisagea. Alors qu'Harry amorça un geste pour lui prendre à son tour sa main, elle sauta subitement à son cou. Il passa alors ses bras dans son dos et la caressa doucement. Il se rendit compte alors qu'elle sanglotait sur son épaule.

— Du calme, Hermione, tout va bien…

Et dans le silence le plus total, elle murmura quelque chose avec une voix tremblante qui trahissait la peur, que tout le monde put entendre distinctement. Une chose qu'Harry n'aurait jamais voulu entendre et qui le figea sur place, toujours dans les bras d'Hermione.

— Q-Qui êtes-vous ?