Partie 2 : Mauvais magicien.
Le jour suivant arriva, mais il apporta avec lui d'autres morts qui vinrent s'ajouter aux nombreuses victimes déjà réunit dans la cour du château. Cependant, une confirmation apporta une lumière dans ces jours sombres. Dans la salle du trône, Gaius est venu rapporter ses dernières avancées au roi et au prince. Il posa un flacon remplit d'eau dans lequel trempe la fleur mauve de Merlin, à présent blanche. Arthur voulut prendre le flacon pour l'observer de plus près, mais Gaius l'en empêcha :
« N'y touchez pas. J'ai mis ces fleurs dans cette eau il y a maintenant quelques heures.
- D'où vient l'eau exactement ? Demanda Uther.
- Du puits d'où le peuple la tire quotidiennement.
- Alors il faut en interdire l'accès à tous. Conclut Arthur.
- La ville ne saurait survivre sans eau. Contra Gaius.
- Nous devons retrouver ce sorcier ! » S'énerva Uther en se détournant de ses deux interlocuteurs.
Arthur s'humidifia les lèvres et serra la mâchoire pour ne pas laisser son énervement le contrôler. Ce que son père peut être borné !
« Je ne crois pas qu'il se cache encore à Camelot. Dit le prince calmement pour tenter de raisonner son père.
- Dans ce cas, fouillez les villages alentours ! Répliqua Uther en faisant volte-face à son fils.
- Nous avions commencé, mais il est impossible de fouiller tout le royaume. Se défendit Arthur.
- Je ne saurais attendre sans bouger que notre peuple meurt. »
Cet argument suffit à convaincre Arthur. Il se doit de protéger tous ces gens qui leur font confiance à son père et lui, qui espère vivre tranquillement tant qu'ils seront sous leur protection. Le prince acquiesça et sortit de la salle. Il se dirigea vers la salle de repas des gardespour donner les ordres. Mais il eut à peine le temps d'arriver aux abords des quartiers réservés à l'armée qu'un chevalier l'interpella :
« Majesté, puis-je vous parler un instant ? C'est important.
- Que se passe-t-il ? Demanda Arthur en s'approchant.
- Je reviens de ma ronde de nuit dans la ville. Il n'y a rien eu de particulier, sauf ce matin. Je viens de voir Tom, le forgeron, entrain de travailler.
- Mais j'ai entendu dire qu'il était atteint de la maladie et mourant. S'étonna Arthur. J'ai même vu sa fille en larme à cause de cela.
- Le fait est qu'il est en ce moment même entrain de forger une épée et il ne m'avait pas l'air très souffrant. »
Il y eut un court silence durant lequel Arthur réfléchit quelques secondes pour tenter de comprendre cet étrange phénomène. Il doit aller voir Tom s'il veut des réponses.
« Merci, je vais aller enquêter sur le champs. »
Le chevalier s'inclina et se dirigea vers les cuisines pour prendre un repas. Arthur, lui alla réunir quelques gardes avant de se rendre devant la forge dans la ville où Tom travaille habituellement. Quelle ne fut pas sa surprise quand il trouva effectivement le soi-disant malade qui semble être en parfaite vu la régularité dont son marteau tape sur le fer rougit. Il s'approcha et fit remarquer, faisant relever la tête du forgeron :
« Tu étais censé être malade.
- Je ne le suis plus. Répondit-il sur un ton respectueux.
- Mais peut-être souffrais-tu alors d'une autre infection.
- Oh non, en aucun cas. La mort rôdait car je l'ai senti, sire. Je n'avais plus assez de force pour brasser ne serait ce que de l'air.
- Alors, que s'est-il passé ?
- Je l'ignore. C'était fini, tout à coup. Jamais je ne me suis senti en pareil santé.
- C'est remarquable. Et qui était avec toi lorsque cela s'est produit ?
- Ma fille, Guenièvre, et Elerinna, elle était venue nous soutenir. »
Arthur fronça les sourcils. Effectivement, Elerinna lui avait dit la veille qu'elle allait veiller sur Guenièvre. Sur le coup, il avait trouvé cela très honorable, mais à présent … Il ne sait vraiment plus quoi penser d'elle. Il fit un geste pour ordonner à ses soldats de le suivre et les mena jusqu'au logis de Tom et Guenièvre où ils vont faire une découverte qui va sceller le destin de deux jeunes femmes plus ou moins innocentes.
Pendant ce temps, Merlin vient de sortir des appartements de Morgane où il était allé voir une certaine servante vraiment très heureuse du rétablissement miracle de son père. Mais entre deux couloirs, il sentit une main agripper sa chemise et le tirer dans une alcôve sombre.
« Qu'est-ce que tu as fait ? Demanda Elerinna en plantant un regard à vous glacer le sang dans les yeux du pauvre magicien.
- Moi, rien. Répondit simplement Merlin.
- Ne joue pas à ce jeu avec moi, Merlin. J'ai plusieurs millénaires d'expériences derrière moi et je sais quand quelqu'un me ment sans même avoir recours à mes pouvoirs.
- Mais je n'ai rien fait.
- Tu sais qu'un sort d'insonorisation n'est pas une barrière aux lignes d'énergies magiques. Merlin, j'ai senti la Magie être puisée dans ses ressources pour lancer une incantation de guérison et tu es le seul, en dehors de moi, à pouvoir utiliser la Magie. Alors où as-tu confiné le sort de maladie car il était beaucoup trop puissant pour être éradiqué avec aussi peu d'énergie ? »
Merlin se tortilla un moment sous le regard pesant et autoritaire d'Elerinna, finalement il cracha le morceau :
« J'ai utilisé un onguent magique pour récupérer la maladie.
- Bien sûr … le sort de guérison de base. Souffla Elerinna. L'un des premiers que j'ai appris d'ailleurs. Mais as-tu pensé aux conséquences ?
- Tom est guéri et Guenièvre est heureuse … Aouch ! S'exclama-t-il en recevant une claque derrière la tête.
- Je te demande de voir plus loin que le bout de ton nez. Tu ne penses pas que ça va sembler bizarre que Tom, atteint d'une maladie proclamer pour le moment incurable par Gaius qui est le médecin de la Cour, est le seul à avoir miraculeusement guéri. Tu viens juste de braquer un phare sur Tom, Guenièvre et peut-être moi car, pour rappel, j'étais avec eux hier soir. Or Tom et Guenièvre n'ont aucun pouvoir, ce qui est loin d'être mon cas. Tu penses qu'il faudra combien de temps à Arthur avant de relier la guérison de Tom à nous ?
- Mais il ne l'a pas encore fait, donc … »
Les deux cachottiers furent coupés par des supplications venant du couloir à côté. Ils s'y dirigèrent et virent passer devant eux deux gardes tirant Guenièvre, paniquée, qui implore Arthur devant eux qui fait mine de ne rien n'entendre :
« Non ! Je vous en prie ! Non ! Écoutez-moi ! Je vous en supplie ! Je suis innocente ! J'ai rien fait ! Écoutez-moi ! Je vous en prie ! Laissez-moi ! Je suis innocente ! Je vous le jure ! Lâchez-moi ! Arrêtez ! Je n'ai rien fait ! Je vous le jure !
- Et bien apparemment, il l'a fait. » Maugréa Elerinna en serrant des dents.
Les deux se lancèrent à la suite de l'escorte et Guenièvre les vit.
« Merlin ! Elerinna ! Je vous en supplie ! Aidez-moi ! »
Gaius arriva d'un couloir adjacent et arrêta ses deux protégés. Mais avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit et que Guenièvre ne se soit trop éloignée, Elerinna ordonna au médecin :
« Éloignez Merlin un instant, Gaius. Je vais tenter d'aider Guenièvre.
- Mais … Commença Gaius.
- J'étais avec elle de l'instant où elle est venue vous demander de l'aider jusqu'à ce matin au lever du couvre-feu. Je suis son meilleur alibi. » Répliqua l'Elfe en dépassant le médecin.
Elle suivit d'un pas vif Arthur et Guenièvre jusqu'à la salle du trône. En chemin, elle croisa Morgane qui veut elle aussi défendre son amie.
« Guenièvre est innocente. Dit Elerinna à la dame. Je ne l'ai pas quitté une seule fois depuis que je vous ai dit que j'allais m'occuper d'elle.
- Je le sais. Suivez moi, il faut que vous témoignez. »
Elerinna emboîta le pas de Morgane et elles arrivèrent ensemble dans la salle du trône pour protéger leur amie qui avait été jeté par-terre aux pieds du roi, assit sur son trône.
« Pourquoi refusez-vous de me croire ? Il s'est mieux senti, il a retrouvé ses forces, je n'ai rien fait !Se défendit la pauvre servante.
- Calme-toi, je te crois. Assura Morgane en venant se tenir au côté de Guenièvre face à Uther. Cette maladie n'est peut-être pas toujours fatale. Avez-vous pensé à cela ? Peut-être sa guérison est-elle naturelle.
- Si c'était le cas, à quoi peut bien servir l'onguent qu'on a retrouvé chez elle ? Demanda le roi.
- Quel onguent ? Je ne vois pas du tout de quoi vous voulez parler, sire. Se défendit Guenièvre alors que juste derrière elle, une Elfe vient de jurer mentalement dans toutes les langues qu'elle connaît sur la stupidité de la tête en l'air qui cohabite avec elle.
- C'est pourtant chez toi qu'on l'a trouvé. Tu vas rompre cet enchantement et mettre fin un terme à cette épidémie. Ordonna Uther en se levant.
- Je ne saurais !
- Majesté, je sais que Guenièvre n'a rien fait, et Elerinna peut en témoigner, elle n'a pas quitté un instant Guenièvre. » Dit Morgane en désignant l'Elfe d'un signe de main.
Le regard du roi se porta sur la protégée de Gaius. Ce regard donna un frisson à Elerinna, un frisson qu'elle a déjà ressenti moult fois auparavant, un frisson lui ordonnant une fuite immédiate. L'Elfe comprit le message trop tard, la haine du roi pour la Magie ayant pris le dessus sur son jugement.
« Laquelle de vous deux a placé l'onguent sous l'oreiller ? Demanda-t-il froidement.
- Nous n'avons rien fait, sire. Les défendit Elerinna. J'ignore comment ce baume a été placé là, mais nous n'avons rien à voir dans le rétablissement miracle de Tom.
- Si vous refusez de rompre ce sortilège, je serais contraint par votre faute à vous déclarer coupable.
- Mais nous vous l'avons dit ! Nous ne saurions … Continua Guenièvre.
- Mon devoir est par conséquent de prononcer un jugement. Et en ces circonstances, je n'ai guère le choix. Je vous condamne donc à mort.
- Non ! S'horrifia Gwen.
- Majesté, nous ne sommes pas responsable de cette calamité ! Renchérit Elerinna.
- J'espère que lorsque que vous vous éteindrez, ce fléau immonde s'éteindra avec vous. Continua Uther, imperturbable, alors que des gardes s'emparèrent des deux femmes.
- Non ! Cria Guenièvre.
- Emmenez les. Ordonna le roi.
- NON ! Hurla Guenièvre.
- Nous sommes innocentes ! » Cria Elerinna alors que les gardes les traînent en direction des cachots, Gwen et elle.
Morgane regarda, le cœur serré, Elerinna et Guenièvre être tirées hors de la salle, sous la colère de l'une et les supplications de l'autre. Tous les nobles et serviteurs venus assistés au jugement sortirent à leur tour, la laissant seule avec Uther et Arthur. Elle fit face à son tuteur et continua de défendre ses amies avec plus de fougue :
« Je connais Guenièvre et Elerinna. Guenièvre est ma servante et Elerinna est la protégée de Gaius et non pas des enchanteresses !
- Avez-vous déjà vu une enchanteresse ? Répliqua le roi. Elles n'ont aucun signe particulier, aucune marque. Il n'y aucune espèce de malice dans leurs yeux.
- J'ai vu Guenièvre travailler sans relâche. Elle a les mains usées, les ongles cassés. Et Elerinna a aider Gaius à préparer ses remèdes et les distribuer depuis qu'elle est arrivée. Si elles étaient sorcières, pourquoi feraient-elles cela ? Pourquoi l'une s'agenouillerait-elle sur un sol glacé matin après matin et pourquoi l'autre se brûlerait-elle les doigts en préparant des potions pour sauver des vies, alors que toutes deux pourraient régler toutes ces tâches en un claquement de doigts … tel un roi désœuvré ?
- Vous n'avez aucun droit ! S'énerva Uther sur la fin de la phrase de sa pupille.
- Vous par contre vous avez le droit de juger ces pauvres filles ! S'énerva à son tour Morgane.
- J'ai la responsabilité de veiller à la sécurité de ce royaume ! Et c'est loin de me remplir d'aise !
- Mais vous venez de condamner deux innocentes ! Continua-t-elle au bord des larmes.
- Elle a raison, père ! Finit par renchérir Arthur. Dès que vous entendez Magie, vous cessez d'écouter !
- Tu l'as vu toi-même, elles se sont servies d'enchantements.
- Oui, peut-être. Mais dans le but de sauver son père et ami mourant ! Cela ne prouve pas qu'elles ont créé ce fléau ! L'un est l'expression de la bonté et de l'amour, l'autre du mal ! Or je n'en vois pas une once dans les cœurs de Guenièvre et Elerinna !
- Et moi j'ai vu le pouvoir de la sorcellerie. Contra Uther sur un ton froid. J'ai souffert sous son joug. Je ne peux pas prendre de risque. Si il y a le moindre doute au sujet de ces filles, elles doivent périr ou c'est le royaume tout entier qui périra !
- Je ne comprends pas cela.
- Un beau jour, c'est toi peut-être qui sera roi, et ce jour-là seulement tu comprendras. Expliqua Uther. De telles décisions doivent être prises. Des forces obscures menacent notre royaume.
- Je sais oui, la sorcellerie est néfaste, en effet, père. Récita Arthur. Tout comme l'injustice ! C'est vrai, je serais peut-être roi un jour. J'ignore quel sorte de roi je serais, mais je sais déjà dans quel sorte de Camelot j'espère pouvoir vivre. Dans ce Camelot, la sanction sera la mesure du crime. »
Bien que cette dernière tentative se voulait être une réflexion pour que le roi révise son jugement pour l'alléger, ce n'est pas du tout ce qui se passa dans l'esprit du monarque. Uther fixa son fils et dit avec conviction :
« Je crains que tu ais raison. Elles ont joué avec le feu, hélas elles vont devoir mourir par le feu. »
Morgane sortit immédiatement de la pièce, sur le point de fondre en larme, tandis Arthur resta planté au milieu de la salle, se maudissant d'avoir non pas arrangé la situation, mais de l'avoir aggravée plus encore. Par sa faute, ces deux femmes innocentes – et peut-être si elles ont eu recours à la magie ne l'ont fait que pour faire le bien – vont mourir dans d'atroces souffrances.
Plus bas, dans les cachots, Elerinna et Guenièvre avait été jeté dans des cellules côte à côte et les gardes avaient lié leurs poignets à des chaînes accrochées au mur. Elerinna resta assise sur la paille au sol, le dos collé au mur, et se calma. Éclater de rage ne la mènerait à rien, mais c'est bien la première fois qu'on la traite de la sortes. Les seuls fois où elle descendait dans les geôles, c'étaient pour faire parler les Orques qui ne supportent pas du tout sa lumière. Mais, par les Valars, jamais elle n'avait été la personne qui se trouve derrière des barreaux de fer … sauf une fois …
L'impression d'être faite de plomb, voilà la première sensation qu'elle avait ressenti quand elle avait lentement repris connaissance. Ses paupières avaient papillonné pour permettre à ses yeux de s'habituer à la luminosité. Elle avait finalement réussi à les ouvrir en grand pour voir un plafond en pierre. Sa première déduction en voyant la manière dont celui-ci était taillé était qu'elle était dans une caverne. Puis elle avait tourné la tête sur sa droite et avait remarqué à sa plus grande surprise qu'elle n'était pas dans une caverne, mais dans une prison, au vu des barres de fers qui bloquaient ce qui semblait être la seule sortie d'où émanait la seule source de lumière. Elle s'était doucement levée et avait observé la pièce. Cet endroit était très étrange, il y avait une grande tapisserie qui recouvrait les murs.
Elle s'était approchée de ce qui lui semblait être le début et avait touché une esquisse d'étoiles dans la nuit. Soudainement, la couture s'était mise à prendre vie sous sa surprise. Les étoiles s'étaient mise à filer dans le ciel et une ville était apparu. Elle la reconnaîtrait entre mille … Doriath, sa ville natale. Puis l'image s'était axée sur une maison et elle avait vu un homme assis sur le bord d'un lit à côté d'une femme qui y était allongée. Ces personnes en revanche, quelle que soit le temps et la distance qui les sépareraient, elle ne les oublierait jamais … ses parents … Enfin, elle avait remarqué quelque chose sur la poitrine de sa mère, mais elle n'avait pas eu le temps d'y prêter plus attention car son père avait fait remarquer en Sindarin :
« Regarde mon amour, les étoiles traversent le ciel.
- C'est parce qu'elle est là. Avait répondu sa mère. Je sais … je sais comment l'appeler. Couronnée avec des Étoiles. »
La vision s'était arrêtée là, laissant l'Elfe abasourdie. C'était sa naissance ! Elle avait ensuite porté son attention vers les autres esquisses de couture qui ramenait toutes à des moments clés de sa vie. Une pensée horrible lui avait alors traversé l'esprit. Elle était allée au côté opposé de celui de sa naissance et avait découvert ce qu'elle redoutait.
Une image de la couronne de Morgoth … Elle n'avait pas osé la toucher, effrayée par ce qu'elle allait voir. Combien de temps était-elle restée devant cette représentation, des secondes, des heures, des mois ? Elle n'en savait rien. La fatigue, la faim et la soif ne s'était jamais fait ressentir et la lumière dans le couloir n'avait jamais faibli. Le temps était comme suspendu et n'avait aucune emprise sur ce qui se passait en ces lieux. Finalement, elle avait pris son courage à deux mains et dans une profonde inspiration, elle avait à peine effleuré l'esquisse, comme lorsque l'on craint de se brûler.
L'action avait défilé sous ses yeux qui s'était embués de larmes. Elle s'était vue retirer les Silmarils de la couronne du Valar Corrompu, puis elle avait entendu le héraut de Manwë lui crier trop tard :
« Elerinna ! Ne touchez pas aux Silmarils ! »
Puis les précieux artefacts contenant la lumière des deux arbres s'étaient mis à scintiller encore plus fort que les étoiles, et elle aussi. Enfin, elle avait explosé en une lumière blanche qui s'était répandue à travers tout Arda alors qu'elle disparaissait dans un cri.
La vision avait cessé et dès cet instant, elle avait su où elle était.
La porte en métal avait tourné sur ses gonds et elle s'était tournée vers le nouvel arrivé. Il s'agissait d'une personne faisant sa taille revêtu d'une longue robe noire simple avec un capuchon, ne montrant que sa bouche et son menton d'une pâleur rivalisant avec la glace.
« Elerinna, l'heure de votre jugement est venu. Avait dit l'inconnu d'une voix calme et grave. Suivez-moi, Mandos vous attend. »
Étrangement, les cavernes de Mandos était beaucoup plus accueillante que les geôles d'Uther.
« Elerinna. » L'appela une voix féminine brisée.
L'Elfe sortit de ses souvenirs et se tourna vers sa visiteuse. Morgane a posé ses mains sur les barreaux et son visage est strié par les larmes.
« Je suis vraiment navrée. S'excusa-t-elle alors que l'eau salée continue de dévaler ses joues. Je n'aurais pas dû te demander de témoigner. J'aurais dû me douter qu'Uther ne verrait pas les faits sous cet angle. Si j'avais été plus réfléchie, je …
- Morgane. Coupa l'Elfe avec un sourire rassurant. Arrêtez de culpabiliser. Que vous m'ayez invité à témoigner pour sauver Gwen ou non, j'aurais tout de même pris sa défense et je me serais de toute façon retrouver là.
- J'ai tenté de raisonner Uther, mais il ne veut rien entendre.
- Je sais que vous avez fait tout votre possible pour nous aider, Morgane, et je vous en suis infiniment reconnaissante, mais on ne peut pas faire entendre raison à un sourd. »
Morgane pouffa un peu, la métaphore d'Elerinna collant parfaitement à l'image d'Uther. Mais elle retrouva très vite son expression de désespoir quand elle annonça le sort qui attend l'Elfe :
« Uther a décidé de vous faire périr par les flammes. »
Dire cette phrase à voix-haute blessa furieusement Morgane qui ne put s'empêcher de sangloter. A cette vue, une douleur sans nom étouffa Elerinna. Elle ignore pourquoi, mais elle apprécie énormément cette humaine, et pas seulement à cause de sa ressemblance avec sa nièce. Il y a un lien entre elles, elle ne saurait dire lequel, mais il y a quelque chose qui lui dit de la protéger. Elerinna voulut réconforter Morgane, mais les chaînes l'empêchèrent d'aller jusqu'à elle. Comme si Morgane ressentait la même chose, elle tendit la main derrière les grilles et Elerinna la serra en lui assurant avec toute la douceur du monde :
« Tout va bien se passer, j'en suis certaine. Dans tous les cas, je suis très heureuse de vous avoir rencontrer, Morgane. Merci pour tout mon amie. »
Morgane se força à sourire avant de partir, ses larmes coulant de plus bel. Pour la première fois depuis longtemps, Elerinna sentit quelque chose de frais sur sa joue. Cette goutte salée glissa le long de son visage pour ensuite s'écraser au sol. Un fin rayon de lumière jaillit avant de s'infiltrer dans le sol pour rejoindre les lignes énergétique. De cette combinaison, un Mallos * fleurit d'entre les dalles.
C'est fou … Même en étant immortelle, même après avoir passé des millénaires sur terre, même après avoir connu toutes les cultures possibles et inimaginables, le cœur ne cesse jamais de ressentir pour aimer et souffrir.
Elerinna entendit vaguement une conversation entre Guenièvre et Merlin, mais avant que ce dernier ne quitte les cachots, semblant déterminer à en découdre, elle l'interpella :
« Merlin. »
Le magicien en question se figea et mit quelques secondes avant de revenir sur ses pas. Il fit face à l'Elfe en adoptant l'attitude d'un enfant pris en faute et qui attend ses réprimandes. Mais ce que dit l'Elfe fut encore plus cruel pour lui que si elle lui avait fait des reproches :
« Aucune de nous deux n'a créécet onguent et encore moins cette épidémie. Si la source de cette maladie n'a pas été trouvé avant que l'on nous fasse marcher vers la mort, je demanderai une audience auprès du roi et je lui dirai ce qu'il veut entendre.
- Non, Elerinna … Tenta Gwen désespérée à côté.
- Je n'ai plus personne dans ce monde, Guenièvre. Ton père t'attend chez toi, que nous mourrions toutes les deux serait parfaitement inutile. Si avant l'heure qui doit précéder notre exécution la maladie n'a cessé de faire ses ravages, j'irai plaider coupable devant le roi. »
Kikou,
Je publie ce chapitre en avance pour m'excuser de mon retard. Comme je me doutais, je n'ai pas pu beaucoup me libérer, et encore, j'ai toujours du boulot à faire. Bref, avec les vacances, je pourrais sans doute prendre de l'avance dans cette histoire. Merci à ceux qui me lisent et suivent, j'espère vous retrouver vite. ;)
*P.S. : Mallos (fleur d'or): Fleur jaune en forme de cloche qui a pour particularité de ne jamais se faner.
