Quand les Pancakes s' en'mêlent…
Chapitre 9
… Ça donne des palpitations !
Précédemment :
« Malefoy ? Appela Harry lorsque les deux jeunes se retrouvèrent sur le trottoir désert.
- Oui, Potter ?
- J'ai faim. »
« Mais ce n'est pas vrai, tu ne fais vraiment que ça de tes journées ou bien ? C'est un miracle que tu n'aies pas commencé à grandir dans le sens de la largeur ! S'exclama le blond en se tournant vers le ventre sur patte. Quoi que, ajouta-t-il en regardant le Survivant de haut en bas, c'est peut-être déjà trop tard.
- Hé oh ! Je suis un adolescent en pleine croissance, c'est normal d'avoir besoin de nutriments ! C'est plutôt toi qui devrais t'inquiéter, tu es sec comme pas deux et pâle comme la mort, ça ne peut pas être sain.
- Oh, Potter, je ne savais pas que tu te souciais de moi à ce point-là. J'en suis presque touché, ajouta Drago en plaçant une main sur son cœur, l'air faussement ému. Mais je crains qu'il ne soit trop tard, à l'heure qu'il est, tous les restaurants doivent être fermés ou en train de le faire. Il ne te reste plus qu'à prendre ton mal en patience.
- Je te parie que je peux nous trouver un endroit où manger, défia le brun, prêt à sonder toutes les rues de Paris pour satisfaire son estomac s'il le fallait.
- Si c'est pour me faire un remake de ce matin, non merci. »
Mais Harry ne l'écoutait plus, il prit une direction au hasard avant de partir d'un pas assuré sur un boulevard. Malefoy n'eut pas d'autres choix que de le suivre, de peur de perdre le Surviant dans la capitale française (Dis tout de suite que c'est lui qui a peur de se perdre.). Ce ne fut qu'une petite demi-heure de recherches plus tard que le brun sembla presser l'allure, il suivait l'odeur de viande qui flottait dans une des rues parallèles (Mais c'est un chien ou quoi ?!). Il se tourna vers son compagnon avec un sourire victorieux avant de trotter jusqu'à la devanture du petit restaurant et de présenter avec gusto sa trouvaille.
« Ha, je le savais ! J'ai gagné. »
Le triomphe pouvait se lire clairement sur le visage du Gryffondor très fier de lui.
« Une future indigestion alimentaire ? Ne put s'empêcher de répliquer l'aristocrate, une moue dégoûtée se dessinant sur son visage au fur et à mesure qu'il se rapprochait de l'entrée, l'odeur de viande et de friture se faisant de plus en plus forte.
- Très drôle. On a été à ton resto de bourge à midi, alors cette fois-ci c'est toi qui vais te mettre à mon niveau et tester la bouffe de gros.
- Mais c'est qu'il l'admet en plus, marmonna le blond partagé entre surprise et effarement.
- Rien que pour te voir essayer de manger proprement sans couvert, continua Harry comme s'il ne l'avait pas entendu. Ça en vaut la peine ! »
L'indignation à ces mots fut telle que le jeune Malefoy le prit comme un défi. Fusillant sa Némésis du regard, il entra dans l'établissement avec la ferme intention de lui prouver qu'il pouvait faire des choses de jeunes de son âge et inspecta le menu. Le brun, sur ses talons, reprit les devant et commanda pour eux deux sans consulter le Serpentard, ce qui ne fit qu'irriter encore plus ce dernier. Ils prirent une table dans un coin, malgré le fait que la petite salle soit déserte en dehors des deux cuisiniers derrière leur comptoir. Ceux-ci s'affairaient à préparer leur commande en discutant joyeusement, jetant de temps à autres des regards en coin à leurs seuls clients.
« Puis-je au moins savoir ce que je vais ingérer ?
- Un kébab. C'est très sain, il y a tout ce qu'il faut dedans : du pain, de la salade, des légumes, de la viande, des frites… et du gras. Beaucoup de gras. Bref, la base.
- Oh joie, railla l'aristocrate en levant les yeux au plafond. De la haute gastronomie à n'en pas douter. »
Le sarcasme du blond ne fit qu'amuser encore plus Harry dont le sourire grandissant commençait à être communicatif. Drago finit par lâcher un soupir amusé en lançant un sourire en coin à son compagnon, sa main sous le menton supportée par son coude sur la table. A ce moment précis, l'image qu'il projetait était tellement éloignée de celle que le brun avait l'habitude de voir que le Gryffondor avait l'envie irrépressible de la capturer en photo. La métamorphose du blond, d'habitude si hautain et froid mais maintenant si décontracté et, oserait-il le penser, à l'aise voire même heureux, était tout simplement envoûtante.
- Oh mon dieu, non ! S'horrifia un Pancake. Tu vois qu'il se passe des choses et qu'on est enfermées comme deux idiotes dans un foutu frigo !
- RAAAAAAAAAH !
Rageusement, l'autre Pancake se jeta de toutes ses forces contre la porte, rebondissant mollement sur la surface froide avant d'atterrir dans un flan.
- Quelle efficacité.
- Je ne sais pas toi, mais moi je n'ai pas d'autres idées, soupira-t-elle vaincue depuis son flan. A part, bien sûr, attendre qu'une bonne âme vienne nous ouvrir et ça, ça n'arrivera pas avant demain.
- …
L'autre Pancake entreprit de reproduire l'action de son acolyte dans un dernier élan de désespoir, seulement pour arriver aux mêmes conclusions. Toutes deux à moitié enfoncées dans le dessert, elles se regardèrent longuement avant de se rendre à l'évidence : elles n'avaient pas les moyens de se libérer. Elles s'installèrent donc confortablement dans le flanc en attendant le dénouement, pendues aux lèvres de la narratrice quant à la suite des évènements (C'est bon, on a compris, reprends le récit ! Dit-elle en prenant une pose dramatique).
Au grand dam du blond qui espérait encore pouvoir échapper à l'humiliation de manger avec ses doigts, le cuisinier leur apporta leurs plats sans leur proposer de couverts. Avec un soupir, il se leva pour aller se laver les mains. A son retour à la table, Harry avait déjà attaqué le plat de résistance, ne se privant pas de mettre ses frites dans son kébab à tel point que ce dernier était au bord de l'explosion. Sidéré, Drago le regarda prendre une bouchée tellement grande qu'il ignorait si le Gryffondor n'allait pas simplement s'étouffer avec (C'est qu'il a une grande bouche, le con… Bah, Pancake, pourquoi tu pleures ? - Parce qu'on n'est pas avec eux ! J'aurais tellement voulu voir Drago rougir à nouveau à la remarque salace que j'ai pour cette histoire de grande bouche. Bouhouhou…).
Pendant que le Pancake tentait de consoler sa complice comme elle le pouvait, l'aristocrate avait saisi son courage serpentardesque à deux mains et s'était emparé du sandwich du bout des doigts. Il prit une première bouchée expérimentale sous le regard observateur d'Harry et fut surpris de penser qu'il ne trouvait pas ce "kébab" infect. La viande et le pain étaient un peu trop secs à son goût mais les quelques légumes palliaient à ce défaut admirablement. Mais son avis mitigé s'effaça au profit de l'explosion de saveurs qui lui remplirent la bouche à l'instant où sa langue passa sur la sauce blanche (BOUHOUHOUHOUHOU ! - Tant de potentiel inexploité…).
Ce fut avec la plus grande des attentions (Plus qu'il n'en a jamais eu en cours, pour sûr.) que le brun observa les réactions du Serpentard, se délectant de l'éventail d'émotions qui passaient sur le visage de celui-ci, s'appliquant à retenir chaque seconde du dépucelage à la malbouffe du blond. Un léger gémissement de plaisir s'échappa des lèvres de Drago qui passa sa langue dessus pour récupérer jusqu'à la dernière goutte de sauce, ne laissant pas Harry de marbre.
- C'est ça qu'ils doivent appeler le "food porn", nota savamment un Pancake alors que l'autre opinait du chef, la larme toujours à l'œil.
En effet, continua la narratrice en ignorant les deux compères qui pataugeaient dans leurs gâteaux, le Survivant commençait à se demander si au lieu d'une victoire, ils n'arrivaient pas en terrain dangereux (Il est tombé dans le panneau, mwahaha ! - Ce n'est que juste rétribution, après tout ce que Drago a subi.). Son kébab resta un moment à mi-chemin entre son assiette et sa bouche bêtement entre-ouverte à la vue de cette action quelque peu… Tendancieuse (Un tout petit peu. - Mais vraiment pas beaucoup, il a juste l'esprit mal placé. - Exactement. Pervers.).
Une fois leur nourriture consommée en tout bien tout honneur, Drago se leva pour aller se laver les mains une nouvelle fois et le Gryffondor le regarda surpris avant de lui faire remarquer :
« Tu sais qu'ils ont des serviettes pour ça ?
- Si toi tu peux te contenter d'un bout de papier, pour ma part j'ai besoin d'eau et de savon. Jamais de ma vie je n'ai eu les mains aussi grasses, et la sensation est juste à grincer des dents.
- Oh, tu es trop précieux, Malefoy.
- Venant d'un Trésor National, c'est ironique. Je sais que tu as été élevé par des Moldus mais même eux doivent connaître les bases de l'hygiène. Enfin, je l'espère. »
Sur ce, il partit accomplir sa tâche non sans un dernier petit jeté de mèche hautain. A son retour, le Survivant se mit en tête de lui expliquer exactement en quoi consistaient les règles d'hygiène Moldues afin de corriger ses aprioris d'aristocrate. A sa grande (Gargantuesque ! - Tu n'exagères pas un peu, là ?) surprise, ce dernier se montra de plus en plus curieux vis-à-vis du monde Moldu et, avant même qu'il ne s'en soit rendu compte, la conversation avait pris un tournant de question-réponse. Elle ne prit fin que plusieurs heures plus tard lorsque le gérant leur demanda de partir afin qu'il puisse fermer boutique et les deux sorciers furent étonnés de voir qu'il était déjà plus de quatre heures du matin.
Se doutant bien que plus rien ne serait ouvert à cette heure indécente, pas même un hôtel, ils reprirent leur marche dans Paris jusqu'à l'Opéra. Le Gryffondor luttait de plus en plus contre la fatigue, manquant de trébucher çà et là, si bien que le Serpentard dut rectifier sa trajectoire plus d'une fois avant qu'un poteau ne vienne se mettre sur son chemin. Arrivés à destination, ils s'installèrent tous deux mollement sur les marches du parvis de l'Opéra, attendant patiemment que le monument ouvre afin de pouvoir rentrer à Poudlard.
Au cours des quelques heures restantes avant d'avoir accès au Hall, Harry finit par succomber au sommeil et prit appui sur Drago, sa tête reposant confortablement dans le creux de son épaule. Le Sang-Pur, lui aussi bien somnolent et refroidi par l'air nocturne, décida de laisser cette familiarité glisser et se cala à son tour contre l'autre jeune, profitant de la chaleur que la proximité offrait. Ainsi, il observa Paris s'éveiller doucement, quelques voitures passèrent en silence sur la route dallée en contre-bas, les trottoirs restèrent désert même lorsque la circulation se densifia au lever du jour, l'aurore peignant le ciel de couleurs chaudes.
Finalement, il vit la guichetière qui avait échangé son argent pour celui Moldu la veille s'approcher du bâtiment et il secoua gentiment le paresseux à ses côtés, sans succès. Constatant que la méthode douce était inefficace, il se contenta de se lever en laissant Harry s'étaler de ton son long sur les marches. Le Gryffondor poussa un grognement lorsque sa joue rencontra le sol froid et se força à se lever en faisant la boude à son oreiller humain. L'hôtesse rit doucement à la scène et leur fit signe de les suivre même si elle n'était apparemment pas autorisé à les faire entrer avant l'heure d'ouverture. Le duo la remercia chaudement et se traîna sans plus attendre jusqu'à la cheminée.
Tout comme à l'aller, Drago poussa Harry dedans en annonçant la destination avant de répéter l'action pour lui-même. De nouveau, le Serpentard vit à son arrivée un Survivant (Pas si vivant que ça à vue de nez…) étalé de tout son long, à mi-chemin entre le sol et le fauteuil le plus proche. Avec un soupir exaspéré, Malefoy força la loque à se lever, à prendre ses sacs et à monter dans son dortoir avant de quitter la Salle Commune vide à son tour.
Quelques heures de sommeil trop courtes plus tard, Drago était allé s'échouer sur un banc de la Grande Salle pour le repas de midi, accompagné de Pansy. Il se retint de bailler plus d'une fois et, n'ayant d'appétit que pour une tasse de thé, il regardait un point au loin, les mains posées sur la tasse chaude, les yeux dans le vide.
« M'as-tu au moins écouté ? Soupira alors la brune en se tournant vers lui.
- Pour être honnête, non, souffla le blond en se massant les tempes.
- Dur lendemain de soirée ? Tu as disparu pendant près de vingt-quatre heures, c'est à se demander quel genre de fête-
- Une fête ? Quelle fête ? Ça tenait plutôt du mauvais rêve… D'ailleurs, je ne suis même pas sûr que ça se soit vraiment passé.
- Tu as pris quelque chose ? Articula doucement le jeune femme, le fixant maintenant entre deux yeux plissés.
- Un kébab, avoua le Serpentard.
- Un… "Kébab". Mais encore ? »
Alors qu'il se demandait comment il allait échapper à l'interrogatoire, un léger brouhaha se leva à l'entrée de la salle et attira tous les regards dans cette direction. Drago remercia discrètement Salazard pour cette distraction avant de regretter ses mots lorsqu'il aperçut la cause de cette même agitation.
« Non, définitivement pas un rêve, lâcha-t-il avant que son front rencontre la table. »
Harry Potter, le seul, l'unique, avait refait surface pour la première fois depuis le début du week-end, au détail près qu'il était maintenant richement vêtu pour le plaisir des yeux de l'assemblée (Tel un phœnix renaissant des cendres de sa médiocrité vestimentaire…). Même de là où il se tenait, le blond pouvait voir le rouge monter aux joues du brun sous le coup de l'attention qui lui était soudainement portée. Pansy laissa échapper un petit sifflement admiratif ce à quoi le Préfet des Serpentards s'auto-congratula, fier que quelqu'un de la trempe de Parkinson admire les résultats de son dur labeur.
Le Gryffondor, quant à lui, dut faire face au questionnement incessant de ses camarades l'embarrassant de plus en plus sans qu'il ne comprenne la moitié des questions qui lui étaient posées. Les compliments qui fusaient de tous les côtés n'aidaient pas son teint cramoisi, si bien que le brun commençait sérieusement à regretter de s'être lever, même pour manger. Il tenta en vain de capter le regard du blond avec le maigre espoir que celui-ci lui vienne en aide mais Malefoy se contenta de rire de son infortune avant de se replonger dans son thé, satisfait que l'attention de Pansy soit désormais entièrement sur Potter. Seule Hermione resta solidaire et apporta au Survivant en détresse un semblant de réponse en lui glissant les journaux du matin qu'il avait manqués.
- Bon et bien, ce n'est pas tout mais maintenant qu'on est enfin hors de ce frigo… Comment on rentre ?
POV Dumbledore :
Ce matin-là, le Directeur de Poudlard avait choisi de lire son journal du jour sur une tasse d'Earl Grey Primeur. Se délectant des arômes légers et fleuris, il feuilleta distraitement La Gazette du Sorcier avant de se tourner vers les journaux qui avaient bien plus retenus son attention. Ils titraient : Harry Potter à Paris !, ou bien : Escapade amoureuse, définitivement pas une femme mais toujours inconnu !, ou encore : Le mystère à Lafayette, comment Harry Potter a en fait un sens du style caché. By Rita Skeeter.
Chacun des articles étaient accompagnés de photos où le brun apparaissait de plus ou moins loin et souvent de dos, seule exception à cette règle était le dernier dossier. Rita Skeeter avait réussi à obtenir le plus net des clichés où le Survivant apparaissait clairement en train de choisir des vêtements, un léger froncement de sourcils frustré au visage alors qu'une main gantée lui tendait une chemise avec insistance.
Dumbledore ne put retenir un sourire en coin en prenant une dernière gorgée de thé, les choses s'annonçaient pour le moins intéressantes… Voire même surprenantes.
MWAHAHAHAHAHAH !
Avouez que vous êtes heureux qu'on ait décidé de se remettre à cette fic ? ;) (Nous, oui, en tous cas.)
