Titre : L'enfant de la nuit

Rating : M

Note : Comme promis, voici le huitième chapitre de ma fan fiction, elle arrive un peu tard dans la soirée mais je n'avais pas vraiment le choix ... La relecture et l'écriture ont été plus longue que prévu ... Feignantise quand tu nous tiens. J'espère qu'il vous plaira.

Bonne lecture !

Disclaimer : Les personnages appartiennent à James Dashner et le Labyrinthe.


Chapitre 8 : Avec toi

La révélation de l'être surnaturel venait de jeter un froid dans la pièce, rendant l'atmosphère de l'appartement encore plus lourde et étouffante que lorsque Thomas y était entré quelques minutes plus tôt. Ce-dernier gardait ses yeux plein d'effroi rivés sur son petit ami, s'il pouvait à présent le nommer comme cela, et sa bouche s'était légèrement entrouverte pour qu'une expression horrifiée prenne place sur son visage. Il n'aurait jamais pensé que pareils châtiments puissent être infligés à des êtres qui avaient une apparence tout à fait humaine, et qui pouvaient se fondre dans la masse sans difficulté. Il ne pouvait toutefois pas vraiment en vouloir à ces Chasseurs, dont le seul devoir était de protéger les leurs et assurer un avenir radieux aux Humains. Ce monde est régi de la sorte et il ne pourra jamais en être autrement. Cependant, en venir à les torturer pour leur faire payer leurs crimes, même pour le pire criminel, il y avait d'autres façons de les punir. Et puis, le fait que l'homme de sa vie ait été touché par cette condamnation, renforçait sa haine envers ces créatures presque aussi monstrueuses que les vampires eux-mêmes.

-Et … ce sont eux qui … qui t'ont fait cette cicatrice ? Chuchota-t-il avec une certaine gêne, pointant d'un doigt hésitant la jambe étendue du garçon.

-Oui. Je n'avais pas de protecteur à l'époque et j'étais très inconscient. Sur le moment, j'ai cru que ces personnes étaient tendres et gentilles. Elles avaient besoin d'aide et ne semblaient pas mauvaises, jusqu'à que l'une d'elle me brise la jambe avec une masse. Sous le coup de la douleur, j'ai perdu connaissance et en me réveillant … ils me l'avaient pris.

Newt paraissait extrêmement perturbé par ce retour dans son passé, mordant sa lèvre inférieure pour réprimer l'angoisse et la terreur qu'il avait ressenti ce jour-là. Il tint quand même à faire part du reste de son histoire à celui qui risquait de partager un moment important de sa vie, et le maintenir dans le secret le plus absolu, n'était vraiment pas la meilleure chose à faire pour que la confiance règne entre eux. Alors, après une profonde inspiration et un jeu nerveux avec ses doigts, l'adolescent reprit là où il avait laissé son récit, ses yeux vagabondant entre son tibia mal ressoudé et son entre-jambe balafré à vie.

-Mes parents m'ont retrouvé au bord d'une rivière, seul et gravement blessé, complètement terrorisé par ce qu'il venait de m'arriver. Je ne me souviens plus très bien comment je me suis échappé. Chaque fois que je tente de mettre des images sur ces étranges sensations, cette douleur, cette terreur, ma tête me fait mal et j'ai l'impression que le monde tourne autour de moi …

Il passa une main sur son visage, retirant la sueur qui s'y était lentement accumulée au fur et à mesure de ses révélations, respirant avec un peu de difficultés alors qu'il se remettait à gratter le dos de sa main avec véhémence. Son anxiété ne faisait que s'accroître, ainsi que les battements de son cœur qui ne parvenaient guère à se calmer.

Thomas comprenait à présent à quel point ce devait être dur d'être ce qu'il était, une créature surnaturelle, née sans espoir de pouvoir achever son existence sur cette terre, haïe de tous et cherchée sans relâche, condamnée à fuir sans une chance de pouvoir vivre en paix. Il n'avait pas pensé à cela lorsqu'il s'était attaqué verbalement à lui. Il regrettait à présent de lui avoir dit toutes ces choses blessantes, de l'avoir forcé à passer outre les limites de son histoire pour que le brun se sente moins mis à l'écart. Mais après tout, il était le seul à connaître réellement son existence et à pouvoir prétendre de savoir un minimum de chose sur lui, alors pourquoi avait-il autant souhaité parcourir sa mémoire ? Il faisait preuve d'un égoïsme agaçant. Il se répugnait lui-même. Pourquoi s'était-il senti le plus mal aimé du monde ? Il savait que bien pire pouvait arriver à un être humain et pourtant, il s'était apitoyé sur son sort pendant ces quatre dernières années, sans penser aux autres adolescents en proie à des conflits intérieurs, qui non seulement subissaient des maltraitances à l'école, mais aussi chez eux. Voir le blond dans cet état et écouter son histoire, lui rappela à quel point il avait de la chance d'être ce qu'il était.

-Stop Newt … Tu n'es pas obligé de tout me raconter. Ce que je sais est déjà suffisant, déclara-t-il en saisissant la main du blond dans la sienne.

Il se mit à caresser la marque rouge qu'avait créé les ongles mal limés de son petit ami, baisant chacun de ses doigts avec une douceur inégalée, cherchant à chasser les pleurs et les maux de ce garçon si innocent. Le buveur de sang ne réagit pas à cette action, gardant la figure basse et les yeux rivés sur son matelas poussiéreux. Il secoua juste la tête en guise de réponse, préférant continuer de conter son histoire afin de partager sa détresse et de prouver à cet être solitaire, qu'il n'était pas l'unique personne à avoir souhaité tout arrêter.

-J'ai eu beaucoup de mal à me remettre de ces événements. J'ai été cloué au lit pendant presque deux mois, sans désir de sang, refusant de continuer cette vie misérable, incapable d'accepter qui j'étais. Mes parents ne purent rien pour moi, excepté me garder en vie car j'étais leur unique enfant et que la natalité de notre race a été réduite pour assurer notre survie et celle des Humains. C'est là que j'ai fait la rencontre de James. Je reprenais peu à peu goût à mon existence, grâce à l'aide de quelques amis et mes parents, et il est arrivé. Il s'était présenté à la place de son frère, afin de devenir mon protecteur et s'assurer que je ne me fasse pas à nouveau attraper par des Chasseurs. Lorsque nous nous sommes rencontrés, il était à peine plus jeune que toi.

-Alors … ce n'était rien pour toi ? L'interrogea-t-il prudemment, son cœur remplie de jalousie à l'idée que cet homme ait pu toucher ou faire du mal à son bien aimé.

-J'aimais James comme un père, je l'appréciais comme un ami. Mais au fur et à mesure que les années passaient, ses sentiments ont évolué pour moi alors qu'ils étaient restés les mêmes de mon côté. Il a plusieurs fois tenté de me faire des avances, mais je les ai toutes déclinées avec politesse. Tous les voyages que je t'ai raconté sont vrais. Nous traversions des pays entiers pour échapper à la vue de ces pisteurs et c'est pour cette raison, que nous avons élu domicile dans cette petite bourgade. Voilà … tu sais à peu près tout de moi.

Newt put enfin reprendre une respiration calme et sereine, se réjouissant intérieurement d'avoir été capable de partager ses problèmes avec son cadet, espérant seulement qu'il ne prendrait pas peur en sachant tout cela. Après tout, même l'amour ne pouvait vaincre les origines de sa famille et il ne lui en voudrait pas s'il finissait par l'abandonner à son sort. Sans protecteur, il ne tiendrait certainement pas très longtemps.

De son côté, Thomas était déterminé à offrir à cette créature, la vie qu'il méritait. Tout le monde a le droit à une place dans ce monde et les premiers à avoir essayé de décimer la race humaine, ce n'était pas eux, mais les Hommes eux-mêmes. Le brun était convaincu qu'au fond, il pourrait changer la façon de vivre du garçon et que peut-être, un jour, il ne serait plus obligé à tuer pour pouvoir survivre.

Il commençait à se faire tard, mais le lycéen ne désirait pas abandonner son âme sœur dans cet appartement sans fenêtre, sans vue sur le monde extérieur, avec toute cette poussière et ce vide. Alors, ses mains agrippèrent rapidement son portable et il envoya un rapide message à sa génitrice pour lui dire qu'il dormirait dans l'appartement juste à côté avec son ami. Lui annoncer qu'il venait de se mettre en couple, n'était probablement pas la meilleure idée pour le moment. Surtout que le blond souhaitait certainement garder une part d'anonymat dans cette histoire.

-T-tu ne rentres pas chez toi Tommy ?

-Non. J'aimerai rester encore un peu avec toi … Tu veux bien ?

-Tu n'as pas peur de moi ? Après tout ce que je t'ai raconté ? Après tout ce que j'ai fait ? Susurra-t-il avec des larmes plein les yeux. Il se sentait si faible à ce moment précis.

-Newt. Je suis désolé pour tout ce que j'ai pu te dire tout à l'heure. Je n'avais pas pensé aux conséquences de mes paroles. J'ai …

Il se coupa brutalement pour pousser un long soupir et donna une légère pression à la main qu'il tenait toujours entre ses doigts rugueux, afin de faire comprendre à son interlocuteur qu'il avait vraiment été grossier et stupide. Le garçon aux dents tranchantes se permit de redresser son visage de son autre main, en touchant sa joue avec tendresse, et Thomas se permit d'approfondir le toucher en s'enfonçant dans cette paume si douce.

-J'aurai dû te laisser t'expliquer plutôt que t'insulter comme je l'ai fait. Pardonne-moi.

-Tu n'as rien fait de mal Tommy, tu as réagi comme n'importe quel autre être humain. Je n'ai rien à te reprocher.

-Je t'aime Newt, si tu savais à quel point … Je pensais que j'allais finir ma vie seule avec une famille de chats pour me tenir compagnie.

-Cela aurait été peut-être un peu moins encombrant, plaisanta-t-il en se penchant légèrement pour que leurs fronts se touchent.

-Je préfère passer l'éternité avec toi, répondit le brun en avançant ses lèvres pour lui voler un nouveau baiser.

L'adolescent en face de lui ne put résister à l'envie d'approfondir l'échange, trop pris dans la chaleur de l'instant et envoûté par la voix sensuelle que son compagnon venait d'utiliser. Alors il agrippa le col de son partenaire et l'entraîna avec lui sur la couche, descendant ses mains sur ses hanches lorsqu'il fut complètement au-dessus de lui. Celles de Thomas étaient réparties de chaque côté de la tête du blond, tandis que sa bouche s'acharnait allègrement sur son homologue, mordillant doucement ses morceaux de chairs et arrachant quelques plaintes à son petit ami. Newt toucha la peau douce et fine de son Tommy, remontant légèrement pour avoir un aperçu tactile de son corps. Sans qu'il ne réagisse physiquement, il sentit avec horreur les côtes apparentes du jeune homme et ne put s'empêcher de se frapper intérieurement. Cet enfant avait énormément souffert lui aussi. Ils étaient tout deux ensemble dans cette galère. Il fallait qu'ils se soutiennent autant l'un que l'autre si une situation tournait mal.

Ne souhaitant pas mettre l'autre mal à l'aise, le blond retira ses membres de sa taille et passa ses doigts dans les cheveux courts de son bien aimé, sa langue lancée en plein combat de domination.

Lorsqu'ils furent enfin à bout de souffle, ils se séparèrent et Thomas s'empressa de regarder la réponse de sa mère, souriant en découvrant qu'elle approuvait sa demande. Le buveur de sang comprit tout de suite ce que cela signifiait et il fit un peu de place sur son matelas, retirant les différents magasines qui se cachaient sous les draps, dépoussiérant leur lit avec force, éternuant à deux reprises en secouant l'oreiller qu'il prêterait à son voisin.

-C'est comme ça que tu te tiens au courant de ce qu'il se produit dans notre monde ? S'exclama le brun en prenant l'un des journaux.

-Oui … Comme je ne peux pas sortir en plein jour, James m'achetait des livres et des journaux pour que je reste en contact avec l'extérieur.

-M'achetait ? Il est …

-Mort. Il s'est renversé un bocal d'acide sur le visage pour ne pas qu'on l'identifie et qu'on ne remonte jusqu'à moi.

Une tension s'installa à nouveau entre eux. Le brun se souvenait avoir détesté cette personne pour son caractère abjecte pourtant … il ne parvenait pas à s'empêcher d'avoir de la pitié pour lui à cet-instant. Il représentait tout de même une chose importante pour Newt et le voir si triste, lui brisait le cœur.

-Je suis désolé. Je n'aurais pas dû poser la question. Viens là …

Thomas étendit ses bras devant lui et accueillit le corps appesanti par la tristesse de son âme sœur, se couchant avec lui pour passer une nuit seul à seul, coller l'un contre l'autre, ressentant la froideur agréable de celui qu'il pouvait à présent considérer comme son petit ami. Le plus âgé posa sa tête sur le torse de son cadet, entremêlant leurs doigts pour approfondir le contact, une main caressant ses cheveux avec amour alors que pour la première fois de sa vie, il se sentait en paix avec lui-même. Thomas déposa un doux baiser sur le cuir chevelu de son partenaire, s'enivrant de la senteur si particulière de ses boucles d'or et se mit à fixer le plafond en souriant. L'idée d'avoir enfin quelqu'un à ses côtés le réjouissait. Non. Le fait qu'il s'agisse de Newt, le rendait plus heureux encore. S'il avait rencontré une autre personne ce jour-là, cela n'aurait probablement pas été la même chose. Il n'aurait peut-être pas eu ce même sentiment de fascination, ce même bourdonnement dans le creux de son estomac, cette sensation d'instabilité en sa présence. Il ne put s'empêcher de penser, que la chance lui avait souri cette fois-là et il remerciait presque ses détracteurs pour lui avoir causé autant de mal.

Le torse du brun se soulevait au rythme de sa respiration, provoquant un mouvement lent et régulier qui conduisait le jeune blondinet vers un sommeil des plus reposants, les douces caresses de l'autre garçon devenant de plus en plus éloignées alors qu'il fermait ses paupières et appréciait son doux parfum, ainsi que la chaleur que dégageait son corps, soufflant une dernière parole pleine de tendresse avant de s'enfoncer vers un sommeil plus que réparateur.

ooooo~ooooo

Il ne restait plus qu'une semaine de vacances et Thomas voulait en profiter un maximum pour passer du temps avec son petit ami. Alors il allait le plus clair du temps dans son appartement, pour lui éviter de se révéler au grand jour. De plus, il n'avait aucune fenêtre close et il ne voulait pas se risquer de brûler cette peau si belle au toucher. Sa mère ne l'interrogeait pas sur ses agissements puisqu'il se trouvait seulement la porte à côté. Elle restait tout de même curieuse et aurait voulu rencontrer cet étrange ami qui occupait si souvent l'esprit de son fils. Toutefois, dès qu'elle essayait d'aborder le sujet avec lui, il détournait la conversation en décrétant que cela ne la regardait pas. Au début, elle se vexa et gronda son enfant, lui rappelant qu'il lui devait un minimum de respect malgré son âge et que si elle souhaitait connaître sa vie privée, il pouvait au moins lui révéler les grandes lignes, sans entrer dans les détails. C'est le rôle d'une mère de s'inquiéter, d'avoir envie de savoir si leurs enfants boivent de l'alcool ou s'amusent avec de la drogue. À son grand soulagement, Thomas finit par lui expliquer que Newt n'était pas un garçon qui aimait la foule et les gens, et qu'il était donc son seul ami. Elle comprit de suite la situation et ne se permit pas d'autres questions inutiles, souriant simplement à son petit chérubin pour le féliciter d'être aussi concerné par l'état de son voisin.

Arianna savait qu'elle n'était pas assez présente pour lui. Elle s'en voulait énormément pour son manque d'attention envers lui et si elle avait pu, elle aurait préféré encore vivre avec son mari pour assurer un avenir radieux à son enfant. Malheureusement, les choses s'étaient déroulées autrement et le divorce avait fait bien plus de mal que de bien à la jeune femme, et elle regrettait amèrement que tout ce soit passé de la sorte. Si seulement elle avait été moins égoïste, si elle avait fait un peu plus d'efforts, si elle avait été moins curieuse, tout ceci ne serait jamais arrivé. Cependant, il lui était inutile de revenir dans le passé pour se lamenter de ce qui s'était produit. Elle devait avancer, à la fois pour elle et pour son fils. Thomas semblait bien plus joyeux qu'auparavant, un peu moins distant, légèrement plus bavard et commençait à reprendre de l'appétit. Intérieurement, elle remercia ce Newt qui avait changé la vie de son fils. Elle lui était grandement reconnaissante et le garçon devait l'être également, elle l'espérait en tout cas.

La jeune femme avait réussi à se payer un jour de congé avant son départ soudain pour aller voir ses fournisseurs, et essayait de passer le plus de temps possible avec son enfant, lui demandant s'il souhaitait regarder un peu la télévision avec elle ou s'il souhaitait seulement sortir. Ils se permirent un moment de calme après le déjeuner pour regarder la télévision, mettant un DVD que le lycéen avait acheté récemment. Un film d'action car sa mère n'était plus friande des histoires d'amour depuis longtemps. Alors ce fut un Mad Max : Fury Road de deux heures qui les tint en haleine pendant le début de leur après-midi. Les films étaient une passion que les deux membres de la famille partageaient. Arianna, parce que cela la divertissait quand elle avait trop de poids sur les épaules à cause du boulot et de ses responsabilités maternelles, et Thomas, parce qu'il trouvait de quoi critiquer et de quoi s'abreuver culturellement parlant. Ils se moquèrent à plusieurs reprises de certains personnages, essentiellement du héros, Max Rockatansky, car il se faisait très vite ellipser du film par le grand nombre de femmes dans l'oeuvre. Ce qui enchanta l'adulte.

Thomas s'excusa un instant pour aller entamer ses devoirs, tandis que sa mère s'occupait de la vaisselle et du rangement.

-Mon chéri ? Tu peux venir me voir une minute ? Dit-elle de la cuisine, les mains plongées dans l'évier.

-Oui m'man ? Il y a un problème ?

-Rien du tout mon chéri. Je me disais juste que … je dois partir pour ce week-end avec ma stagiaire pour trouver de nouveaux modèles pour le magasin et je pensais que peut-être, pendant mon absence, tu pourrais faire venir ton ami ? Comme ça, il aura l'occasion de venir chez nous.

Elle marqua une pause, essuyant ses doigts sur le torchon prévu à cet effet, avant de se tourner complètement vers son tendre chérubin qui arborait une mine déçue même si au fond de ses orbes caramels, crépitait une certaine joie. La femme à la mine légèrement fatiguée caressa sa joue et embrassa son front, avant de continuer.

-Je sais qu'il a des problèmes avec sa sociabilité mais vu que je ne serais pas là, ce n'est pas un problème n'est-ce pas ? Je suis désolée de m'absenter encore une fois Tom … Je te promets que durant les prochaines vacances, on se fera une sortie rien que tous les deux.

Et elle ajouta un dernier baiser pour clore son monologue. Thomas retourna dans sa chambre et se replongea dans ses propres préoccupations, à savoir ses devoirs pour la rentrée, les terminant le plus vite possible pour rejoindre l'adolescent qui s'ennuyait de l'autre côté de son mur.

Quand il se fut enfin débarrassé de toutes ses corvées, nettoyage et études, il sortit pour rejoindre son copain de l'autre côté, croisant sa voisine de gauche qui lui offrit un sourire édentée. Il lui rendit sa marque de courtoisie, avant de frapper à la porte en s'assurant que plus personne ne se trouvait dans le couloir. Très peu des résidents de cet immeuble était au courant que l'appartement était toujours habité, malgré la mort du principal acheteur. De toute façon, le brun n'avait pas à s'inquiéter puisque personne ne voudrait d'un endroit aussi délabré pour foyer. Sans offense envers Newt bien entendu.

Dès qu'il passa le pas de l'entrée, il fut accueilli par deux bras qui s'enlacèrent autour de son cou, une bouche se percutant contre la sienne. Sa bouche se courba en une petite grimace amusée et il accompagna l'échange avec un rire intérieur. Ses mains se posèrent sur les hanches de son partenaire, l'éloignant de la porte pour avoir un plus d'intimité. Il caressa la joue du blond avec son pouce et il se décolla légèrement de lui, embrassant son nez qui était la seule chose qu'il pouvait atteindre sans se mettre sur la pointe des pieds.Pourquoi était-il si grand ? Pensa-t-il en faisant la moue.

-Tu m'as manqué Tommy, annonça son petit ami.

-Je n'étais absent qu'un jour. Je te suis si indispensable ?

-Tu es ma bouteille d'oxygène.

-La comparaison me flatte.

Et il arracha un autre bécot à son buveur de sang avant de le mener vers son matelas. Ils s'assirent tout deux et commencèrent à discuter sans s'arrêter, ne trouvant aucun sujet digne d'être abordé et d'attirer leur attention. Ils continuèrent comme ça toute l'après midi sans qu'aucun désagrément ne vienne les perturber. Thomas était aux anges et n'aurait pas pu demander mieux pour faire passer son après-midi. Il ne lui restait que quatre jours de vacances et il souhaitait que tout soit parfait.

Un silence finit par s'installer entre eux alors qu'ils étaient adossés contre le mur, la tête du brun posée sur l'épaule de son bien aimé, apprivoisant cette incroyable sensation qui lui rongeait le bas-ventre, savourant l'odeur de miel qui s'échappait de son cou et caressant le dos de sa main comme il l'avait fait en début de semaine. Ce genre de moments vides et inutiles pour ceux de l'extérieur, étaient les plus importants pour lui. Le calme et la douceur de ces échanges étaient réellement les seules choses qu'ils pouvaient s'offrir mutuellement, sans effort et sans prendre part à la superficialité de ce monde. Ils étaient heureux de la sorte et ne demandaient guère plus.

Thomas bascula sa tête sur le côté pour apercevoir la figure endormie au-dessus de lui, la joue du blond effleurant ses cheveux et son souffle déplaçant certaines de ses propres mèches. Le regarder était une des choses que le lycéen appréciait encore plus faire après leurs moments collés l'un contre l'autre. Il sortit son calepin qu'il gardait toujours sur lui et se mit rapidement à gribouiller quelques traits imprécis, s'appliquant pour faire les courbes générales de ses yeux, ainsi que les lignes de ses cils. Il passa presque un petit quart d'heure à griffonner l'expression apaisé du blond sur son cahier avant que son épaule ne donne un léger à-coup à la tête qui reposait dessus. Newt s'étira et cligna plusieurs fois des yeux pour se rendre compte qu'il s'était assoupi.

-Je suis désolé de t'avoir réveillé Newt … soupira Thomas, déçu d'avoir perdu son modèle.

-Ce n'est rien. Il aurait fallu que tu le fasses plus tôt même. On a perdu de précieuses minutes à cause de …

Le vampire s'arrêta pour examiner la feuille qui se tenait sur les jambes de son petit ami. Il sourit en voyant la ressemblance frappante, félicitant le brun pour ses grandes capacités artistiques, et lui vola l'oeuvre pour mieux l'observer.

-Rends-le moi Newt ! S'il te plaît.

-Je ne fais que le regarder. Inutile de t'inquiéter, lui dit-il avec un clin d'œil.

Lorsqu'il le lui rendit, le plus jeune en profita pour faire part au garçon du départ de sa mère et de la possibilité qu'il puisse venir dormir dans son appartement durant le week-end. L'invitation l'intéressa, baisant le garçon entre les deux yeux pour le remercier de cette proposition, mais ne l'accepta pas pour autant. Plusieurs facteurs devaient être pris en compte, la lumière qui passait à travers les volets jusqu'à la présence d'autres personnes dans son petit foyer. Thomas le rassura dès les premières minutes, lui rappelant qu'il vivait seul avec sa mère et que pour le soleil, il suffisait seulement qu'il tire ses volets et ferme le rideau.

-Alors, si tu prends autant soin de moi, je ne vois pas pourquoi je refuserais.

-C'est super, s'écria-t-il en imitant une jeune fille japonaise avec un petit sourire mignon. On pourra se faire un ciné avant ? La dernière séance est à vingt trois heures, la nuit sera largement tombée.

-Pourquoi pas. Tu as une idée ?

-Il repasse des films déjà sortis en DVD. On peut aller voir Underworld ? C'est sur les lycans et les vampires.

-Tu plaisantes j'espère ?

-Non.

L'autre lui ébouriffa les cheveux avant de se redresser pour qu'ils puissent se dire au revoir. Newt devait manger et il n'avait pas l'intention de le faire en présence de son petit ami. Lui montrer à quel point il était monstrueux, se repaissant de ce liquide rougeâtre si précieux pour chaque être vivant sur cette planète, était une idée qui ne lui sied guère. Quand ils se quittèrent à l'entrée, le brun ne put s'empêcher de mordre ces lèvres rosies avec un air provocateur, sans réellement penser aux conséquences de ses actes. En effet, le besoin de sang du garçon fit pousser ses dents lorsque le doux parfum de son petit ami vint titiller ses narines. De la vanille et une fraîche senteur de sucre. Il ne s'en était peut-être pas aperçu plus tôt parce qu'il était très occupé par la présence de Thomas, mais à présent il avait besoin de se nourrir et le fait que le plus jeune essaye de jouer avec le feu, ne le mettait pas très à l'aise. Ses yeux prirent une teinte légèrement dorée, passant du brun à l'or en une fraction de secondes, alternant entre les deux couleurs comme si un combat de possession était en train de se produire dans sa tête.

-A-arrête Thomas …

L'utilisation de son prénom stoppa l'adolescent dans tous ses mouvements, le faisant reculer avant qu'il ne relève un regard brillant vers lui, ne comprenant pas pourquoi ce revirement de situation venait d'avoir lieu ? Quand il vit la sueur qui s'écoulait le long de son front, ses lèvres pincées pour masquer les meurtrières dagues qu'il utilisait contre l'Humanité et l'expression souffrante sur son visage, il prit vite conscience ce qui se produisait et s'excusa platement, faisant un pas en arrière pour donner de l'espace à son âme sœur.

-C'est de ma faute … E-excuse-moi. J'ai encore du mal à la contrôler autour de toi … T-tu as un parfum tellement enivrant … murmura Newt en empoignant le bois de la porte, ce-dernier craquant légèrement sous sa pression.

-Ne t'en fais pas. Je ferai attention à l'avenir.

Malgré son sourire, Thomas n'en restait pas moins blessé par ce coup du sort qui l'empêchait d'être pleinement avec son petit ami. Ils s'échangèrent un bref sourire, avant que le brun ne se dirige vers son appartement pour prendre son repas avec sa génitrice.

ooooo~ooooo

Le jour du départ de sa mère, l'étudiant se sentit un peu mélancolique. Ne pas revoir le visage de nouveau souriant de sa mère pendant trois jours allait être insupportable. Si Newt ne restait pas tout le week-end avec lui, il n'aurait personne avec qui discuter le soir ou même, personne avec qui regarder la télévision. Il se sentirait à nouveau seul.

Il laissa ces pensées prendre le dessus pour les premières heures de solitude qu'il passa dans son appartement, regardant distraitement une série dont il ne parvenait plus à se souvenir le titre, avant de regarder sa montre et de voir qu'il était presque dix-neuf heures. Il avait envie de se rendre chez le blondinet un peu en avance pour passer du temps tranquillement avec lui, mais il ne savait pas s'il était d'accord ou si sa soif avait toujours le dessus. De toute façon, s'il venait à le mordre, il pourrait vivre l'éternité avec lui.

Il ne pensait guère aux conséquences de ses décisions et ne fit même pas attention à la peine que cela provoquerait à sa mère, ses amis, son père et sa sœur. Quel égoïste … Ce changement en lui ne lui plaisait guère, alors qu'il avait toujours été lui-même avec son petit ami.

-Newt ? Je peux entrer ? Demanda-t-il après avoir toqué à la porte.

-Bien sûr Tommy, entre.

À l'entente de son surnom, son sourire revint et il entra en sautillant telle une fillette dans la pièce, recevant un doux baiser sur la joue pour lui souhaiter la bienvenue. Son bien aimé était en train de chercher de quoi s'habiller dans les tiroirs du seul meuble présent dans la pièce. C'était adorable à quel point il prêtait une pareille attention à ces petits détails, lui qui ne faisait jamais réellement don d'un bon goût pour la mode et qui sortait toujours pieds nus avec un vieux pull effilé. Cet effort lui alla droit au cœur.

-Tu sais que tu as encore deux heures avant qu'on s'en aille ? N'est-ce pas ?

-O-oui je sais … mais j'aimerai trouver une tenue avant. Je n'ai pas envie que l'on soit en retard.

-Tu es très bien comme tu es mon petit Newtie.

Thomas sauta sur son dos et l'embrassa dans le creux du cou, enroulant ses jambes autour de sa taille avec une force qu'il ne se connaissait pas. Le corps du blond se plia en deux et un grognement passa entre ses dents serrées.

-Tu deviens lourd Tommy, parvint-il à dire sous la masse humaine.

-Q-quoi ? S'exclama-t-il en rougissant.

Le brun recula précipitamment pour être hors de portée du jeune homme, masquant son visage rougi avec sa main et bredouillant des phrases incompréhensibles à l'être qui venait de le blesser profondément. Newt se mit à rire avec une certaine exagération, ne regardant même pas dans sa direction alors qu'il trouvait son compte dans le fond de sa caisse. Il en sortit une chemise à carreau avec plusieurs teintes de bleus, accompagné d'un jean délavé et troué au niveau des genoux. Bien qu'il ne supportait pas d'avoir ses petons couverts, il allait revêtir une paire de converses noires pour que son habit soit parfait.

-Je plaisante petit humain, tu as juste l'air un peu plus en forme que d'habitude. J'en suis très heureux.

Thomas sentit la chaleur de sa peau augmenter alors que la main du buveur de sang, tracer la courbe de son bras de son toucher volatile, retirant la main masquant ce visage si émotionnelle. Il garda la tête basse et dut forcer son blond à se pencher pour lui voler un délicieux baiser.

Après quoi, ils restèrent à parler encore un peu en regardant de vieux magasines que Newt avait gardé des années cinquante, riant à la face des mannequins de l'époque pour ce manque de goût, même si ce n'était pas très bien placé de leur part, ou essayant de refaire les mots croisés que le jeune homme n'avait jamais vraiment achevé. Puis, l'heure de s'en aller arriva et ils se rendirent au cinéma sans se dire un mot de plus.

Durant la séance, Thomas entendit son petit ami protester pour le manque de crédibilité du scénario et pour cette interprétation de la vie vampirique totalement stupide. Il trouva toutefois l'histoire d'amour plutôt mignonne, surtout qu'il lâcha à son oreille que Michaël était canon. Le brun se mit à bouder mais n'eut pas le temps d'en vouloir à son bien aimé, puisque ce-dernier lui agrippa la main et la baisa avec un grand sourire, ne se méfiant même pas des gens autour de lui, se concentrant uniquement sur la senteur que dégageait le lycéen, oubliant sa soif avec plus d'aisance qu'il ne l'aurait cru. Ils se fixèrent un moment, oubliant totalement le son des balles qui résonnait dans toute la pièce, faisant abstraction des différents regards braqués sur eux, à leur droite, à leur gauche ou au-dessus d'eux, ne se concentrant que sur la puissance du lien qui les liait. L'aura qui les protégeait de la traîtrise, la bêtise et l'ignorance humaine pouvait presque être touché par les gens alentours. Tous deux plongèrent dans l'océan qui composait les yeux de l'autre, qu'il soit ténébreux ou fait de miel, ils ne purent briser ce contact visuel qui les unissait. Ce fut Newt qui prit la décision de baiser les lèvres si désirables de son âme sœur, obligeant les curieux à détourner la tête pour regarder à nouveau le film.

L'échange parut durer des heures alors qu'il ne s'agissait que de quelques minutes seulement. Un bref battement de ciel, un soupir, un éclat d'étoile dans le ciel, rien en comparaison à la vie de l'astre solaire. Ils se séparèrent sans avoir eu le temps de briser leurs barrières intimes, se réservant ce moment privé lorsqu'ils seraient tout deux chez le petit Murphy, à l'abri des mauvais regards.

Le reste de la séance, Thomas le passa dans les bras de son petit ami, sa main posée sur son épaule et sa tête reposant dans le creux de son cou. Il aurait pu s'endormir mais il n'aurait pas pu profiter des dernières critiques hilarantes du jeune homme.

La séance terminée, ils rentrèrent directement à la résidence, ne s'attardant guère dans les rues pour ne pas éveiller les soupçons des autres habitants et des policiers qui faisaient à présent des rondes dans chaque ruelle qui composait ce trou à rats. Au moment de passer la porte, Newt s'arrêta et se gratta nerveusement l'arrière du coup, le brun s'éloignant dangereusement de lui alors qu'il restait immobile, planté comme un bâton dans le sol. L'autre remarqua très vite l'absence de présence derrière lui et se retourna pour le voir, timide et gêné au pas de l'entrée, ses pieds se mouvant sur le paillasson avec hésitation.

-Qu'est-ce que tu attends Newt ?

-I-il faut que tu … que tu … que tu me donnes l'autorisation d'entrer. Je ne peux pas entrer dans une maison dans laquelle je ne suis pas invité.

-Oh … Excuse-moi. Tu peux entrer.

Et le blondinet traversa la barrière qui l'empêchait de pénétrer dans un lieu qui n'était pas le sien. Ce maudit mur qui le séparait de la réalité, était vraiment embêtant lorsque ses proies parvenaient à rentrer chez elle. Il était obligé de jouer les enfants perdus pour s'attaquer directement à elle. Ce n'est pas le moment de penser à ça Newt ! Il secoua sa tête pour faire partir toutes ces pensées malfamées et suivit le garçon en face de lui dans tout son appartement. Il lui présenta les différentes pièces avec une certaine gêne, sachant pertinemment que le blond ne possédait pareils bibelots et meubles qui pourtant étaient nécessaire à la décoration d'une maison. Il expliqua également que sa mère travaillait pour un magasin de rénovation d'intérieur, alors c'était ses goûts à elle. Newt complimenta sur sa façon de disposer les différents petits objets sur les meubles, les photos ou les tableaux qu'ils possédaient encore, certains ayant été vendu le temps que Arianna puisse trouver un travail stable dans cette ville. Ils avaient énormément d'importance pour elle puisque c'était son père qui les avait peint, mais il y avait des choses dont il fallait se séparer un jour.

Quand ils arrivèrent à la chambre de Thomas, l'adolescent se mit à rougir de plus belle, espérant que rien de trop tordu ne se passerait entre eux. Il n'avait pas encore dix-huit ans et ne voulait pas perdre sa virginité maintenant. Et puis, d'un coup, il réalisa son erreur et comprit à quel point il était idiot. Le vampire se changeait déjà pour pouvoir aller se coucher, vérifiant tout de même que les fenêtres ne laissaient passer aucun rayon de soleil, et s'installa en boxer dans ce lit qu'il avait déjà partager avec son bien aimé.

Était-ce la raison pour laquelle il m'avait demandé de ne pas regarder cette fois-là ? Se demanda Thomas en jetant un coup d'œil à l'entre jambes de son partenaire, sans réellement avoir d'arrières pensées. Il prit soin de se changer sans que son petit ami ne voit les marques encore présentes sur ses poignets, et ses côtes apparentes sous sa peau malgré sa reprise de poids, revêtant son large t-shirt rouge où était représenté un Krokmou dessus et un boxer noir. Quand il fut prêt, il se jeta sous les draps pour chasser la froideur de la fin de l'hiver et se blottit contre ce corps qui dégageait une température pourtant plus basse.

-Je t'aime Newt, j'espère que tu le sais.

-Plus que tout au monde Tommy. Et je suis entièrement à toi.

Ils s'embrassèrent avec passion, leurs langues se cherchant dans un ballet des plus torrides, leurs mains parcourant leur corps respectif, touchant muscles, peau douce, cheveux et tissus. Ils ne purent s'arrêter que lorsque la fatigue prit le dessus, le brun se calant dans l'étreinte rassurante et réconfortante de Newt, sa tête collée contre son torse bien fait et ses jambes emmêlées avec les siennes. Tous les bons souvenirs de leur première rencontre revinrent, balayant toutes les mauvaises choses qui leur étaient arrivées, cette succession d'images les conduisant tout deux dans un sommeil où tout n'est que lumière et joie.

Si seulement Thomas avait pu arrêter le temps ce jour-là, il l'aurait fait volontiers. S'il avait pu fuir ce pays, il l'aurait fait également. Cependant, le destin est cruel et imprévisible. Jamais rien n'est prévu à l'avance.