« Tu es à moi, petite chose… » Bilbo gémit et se plaqua les mains sur les oreilles. Ces six mots hantaient ses pensées depuis quelques jours et, aujourd'hui, ils venaient de ruiner l'instant qui aurait tout simplement pu être le plus beau de sa vie. « A moi… », Bilbo jugula un sanglot qui compressa sa poitrine et se recroquevilla dans son grand lit, cherchant à ne se concentrer que sur le gout des lèvres de Thorin, la chaleur qu'avaient propagées ses mains dans son corps et l'odeur qu'il l'avait enivré bien au delà du raisonnable.
Cela faisait des heures qu'il était prostré ainsi, depuis qu'il s'était arraché au baiser de Thorin si violement.
La question du plus grand avait été beau avoir été lancée sur un ton plutôt léger, il n'en restait pas moins que le roi avait raison de s'inquiéter. « Sauras-tu me combler ? ». Il était évident que le nain ne doutait pas un instant de la réponse, mais Bilbo était parfaitement conscient de tout ce qu'impliquait cette histoire. Il était à la hauteur de l'amour de Thorin, au fond de lui, il savait que les sentiments qu'il éprouvait pour lui étaient forts et sincères, la question n'était pas là : il était parfaitement capable de rendre Thorin heureux, il lui suffisait pour cela de l'aimer et de lui prouver. Et là résidait le problème de Bilbo.
L'aimer, il le pouvait, le voulait et le faisait, de tout son cœur. Mais pour ce qui était de le lui prouver… Le hobbit avait très bien ressenti la crainte et le malaise du roi. Peur d'être aimé de manière éphémère avant d'être oublié, malaise à l'idée de n'être vu que comme un bouclier contre les cauchemars et de penser que Bilbo ne puisse s'offrir à lui que pour le remercier de l'avoir sorti des griffes de Jehan.
Thorin avait eu le malheur de tomber amoureux d'une personne qui ne soit ni naine, ni dotée d'une longévité exceptionnelle et sa réflexion vis à vis de l'aptitude que pourrait avoir Bilbo à le combler était parfaitement légitime. Le nain savait que le cambrioleur pouvait se détourner de lui d'un moment à l'autre, que ce soit par la mort ou par l'ennui.
En plus de cela, Bilbo se savait amoureux du nain qu'il avait côtoyé durant l'aventure, mais il appréhendait le roi, celui qui l'avait chassé si injustement il y a presque six ans. Sans oublier la manière disproportionnée qu'il avait usée pour rejeter le baiser de Thorin quelques heures auparavant…
Le hobbit planta son visage dans son oreiller à plume et ses doigts attrapèrent ses boucles qu'ils agrippèrent suffisamment fort pour amener des larmes de douleurs poindre dans ses yeux clos.
« Petite chose… ». Il frissonna et écarquilla les yeux en se redressant d'un bon, il aurait jurer sentir le souffle glacé de l'humain contre sa nuque. Un murmure lui parvint et il se tourna vers une ouverture de sa chambre, les rideaux qui y étaient accrochés se soulevaient doucement au rythme de la brise et le hobbit se leva pour sortir sur le balcon qui surplombait la salle du trône, occupée par quelques gardes qui veillaient l'Arkenstone fièrement dressé dans la lueur de la lune filtré par les ouvertures de la mine. Bilbo frissonna encore une fois et retourna dans sa chambre. Il n'allait pas dormir cette nuit, il le savait. Il pensa se rendre dans les sources d'eau chaude privée de Thorin pour se délasser, mais lui revint à l'esprit les marques que portait son corps et il serra les dents, parce qu'il n'avait aucune envie de poser ses yeux dessus maintenant. Néamoins, il s'assit sur son lit et retira sa chemise oblitérant ses côtes presque saillantes et ses différentes blessures pour ne se concentrer que sur l'os brisé sur lequelle il appliqua une un peu de pommade. Il comprit que Thorin était venu le voir un peu plus tôt, pendant son bref sommeil, car ses poignets encore écorchés portaient de nouveaux bandages et la blessure avait déjà été enduite d'une généreuse couche d'un onguent réparateur. Sa côte cassée le lançait encore, mais la douleur était supportable tant qu'il s'efforçait de ne pas forcer en inspirant trop fort ou en riant.
Il resta ensuite étendu de longues minutes, voire même quelques heures, sur le grand lit, les yeux ouverts fixant consciencieusement un point au plafond. Il savait très bien où ses cauchemars le mèneraient s'il faisait l'erreur de se laisser aller. Mais, très vite, la solitude et les ténèbres aidants, Bilbo se trouva une nouvelle fois aux prises avec les souvenirs de Jehan et, surtout, les promesses qu'il lui avait faites. La voix glacé de l'humain ne cessait de le tourmenter alors qu'il s'imaginait ce qu'il pourrait lui arriver si jamais le mercenaire venait à reprendre possession de lui « Je t'avais pourtant demander d'être sage, petite chose… » Le hobbit se redressa une nouvelle fois en sursaut et serra les poings alors qu'une vague de terreur lui oppressa la poitrine.
Il savait que Jehan était toujours là, terré quelque part à étudier la meilleure manière pour, soit le reprendre, soit se venger de l'affront en le tuant, ou pire. Il avait fait l'erreur de soulever son intérêt, son désir, puis sa colère.
Un gémissement franchit les lèvres du hobbit et, sans vraiment réfléchir, il se leva.
Le garde de fonction devant sa porte sursauta lorsque Bilbo mit un pied dehors et il lui demanda immédiatement s'il avait besoin d'aide. Rassuré d'entendre une voix amie, quoique mal à l'aise, le hobbit secoua la tête négativement.
- Je… Hum, j'ai… besoin de… le voir.
Conscient de l'énormité de sa requête, Bilbo se mit à rougir alors qu'il pointa du doigt la porte voisine, les appartements de Thorin et le garde écarquilla les yeux, ne sachant sur quel pied danser, mal à l'aise lui aussi. Il n'avait pas reçu d'ordre concernant Bilbo, mais, jusqu'à maintenant, jamais personne n'avait été assez fou pour demander une audience au roi à une heure si indécente, surtout s'il n'y avait pas d'urgence.
- C'est que… Le roi est…
- Ce n'est pas le roi, c'est Thorin.
Les mots avaient franchi ses lèvres avant qu'il ne formule sa pensée et il fut lui même surpris de son audace. Mais Bilbo ne voulait pas retourner tout seul dans sa chambre, il voulait se blottir une nouvelle fois dans les bras de Thorin, comme il l'avait fait la première nuit qu'il avait passé ici. Le garde fit une moue incertaine et se gratta la nuque, mais, après tout, il n'avait pas reçu d'ordre et il n'était là que pour la sécurité… Cela ne faisait aucun doute que le hobbit était inoffensif et que, malgré les suspicions de Daïn, Thorin y était attaché… Il s'effaça donc pour le laisser passer et une fois devant la porte, Bilbo n'eut qu'un instant d'hésitation : il entra discrètement, sans frapper.
A peine eut-il mis les pieds dans les appartements qu'il se sentit immédiatement apaisé : la présence de Thorin était détectable partout où il mettait les yeux. Une veste oubliée sur un dossier, un papier portant son écriture, jusqu'à l'odeur grisant qui flottait dans l'air du petit salon privé du grand roi. Bilbo traversa la pièce sans un bruit étudiant avec curiosité l'agencement des meubles et de la décoration qu'il voyait pour la première fois. Plutôt sobre mais suintant de luxe, à l'image de la mine. Il traversa encore quelques pièces, remarquant sans peine que plus il avançait dans l'intimité du nain, plus les pièces étaient personnalisées à son image. Le luxe et la classe côtoyaient la simplicité et la rigueur, tout n'était qu'ambiguïté et mettait en valeur les différentes facettes que Bilbo avait connu de Thorin durant l'aventure, et lui en faisait découvrir d'autres : tel ce petit dessin, accroché fièrement sur un mur, d'un personnage à la longue barbe touchant le sol et aux mains disproportionnée dont la chevelure noire et blanche et l'inscription « Torin » griffonnée dans un coin permettait d'admettre que Fili avait bel et bien tenté de dessiner son oncle.
Bilbo se sentait sincèrement bien tant l'atmosphère était emprunt de la puissance de Thorin et il avait la certitude qu'ici, jamais rien ne lui arrivera, c'était exactement ce qu'il ressentait lorsque le grand nain le prenait dans ses bras. Il avisa un canapé plutôt douillet sur lequel il aurait très bien pu s'allonger pour attendre le réveil du roi sans avoir à le déranger, mais il se sentait appelé par la pièce du fond et il se glissa dans la chambre à coucher de du roi. Il se figea alors et déglutit, avant de s'approcher doucement. Il n'avait jamais vu ce guerrier dormir, même pendant la quête, il ne le savait même pas capable de fermer les yeux et s'abandonner. Alors le voir ainsi étendu, allongé sur le flanc en respirant profondément troubla intensément Bilbo, qui n'osa plus esquisser le moindre geste de peur de le réveiller.
L'éclat de la Lune qui se reflétait dans la pièce illuminait la peau découverte du corps du nain, recouvert par une légère couverture jusqu'à la taille et Bilbo, malgré la chaleur qui lui brula les joues, ne détacha pas ses yeux de la silhouette alanguie qui irradiait de puissance et de charisme même endormie.
Bilbo était incertain quand à la conduite à tenir, mais, après tout, Thorin lui avait clairement fait comprendre qu'il était amoureux de lui, « celui qui ne respire que pour toi… » Bilbo frissonna, mais ni de peur ni de froid et il ferma les yeux pour juguler un sentiment qui ne lui était pas familier : l'envie de se pencher en avant pour poser ses lèvres sur celles du nain et de se faufiler dans ses bras. Ce qu'il fit, tout doucement, il s'approcha du grand lit jusqu'à y poser une main, puis deux, puis un genoux. Audacieux, ses doigts se tendirent pour caresser un bras, légèrement
Puis il cria. Surpris, le corps de Thorin avait réagi de lui même et son premier reflexe de guerrier aguerri fut d'inverser les positions. En un souffle, Bilbo se retrouva allongé sur le dos, immobilisé par le poids du nain, assis à califourchon sur son ventre, les poignets épinglés au dessus de sa tête par des doigts fermes et ses yeux écarquillés prisonniers des pupilles surprises du grand roi. Quelques secondes s'écoulèrent avant que Thorin, conscient que le corps du hobbit était excessivement crispé, reprenne ses esprits et relâche ses poignets. Bilbo se redressa sensiblement, le souffle court et le visage blême.
- Je suis navr…
- Excuse-moi, je…
Thorin inspira profondément puis, il se souleva pour se dégager de Bilbo, mais le plus petit lui attrapa vivement le bras.
- Non ! S'il te plait… Reste comme ça.
Le roi lui lança un regard surpris, puis il céda à la poigne qui était désespérément agrippé à son bras et s'installa au dessus du hobbit. Celui-ci s'aplatit contre le matelas alors que Thorin posa ses avant-bras de part et d'autre de son visage et qu'il s'abaissa sur lui, le couvrant de son corps qui lui offrait un rempart contre le reste du monde. Il passa ses mains dans les boucles de Bilbo en s'installant sur lui de manière à ne pas l'étouffer de son poids.
- Je suis vraiment désolé, je n'arrivais pas à dormir, alors, je…
- Il n'y a pas de mal, Bilbo, ne t'inquiètes pas. C'est simplement que je ne m'attendais pas à ta visite… Pas maintenant.
Un silence qu'aucun des deux ne chercha à briser s'installa puis, doucement, Thorin s'abaissa sur Bilbo jusqu'à déposer un très léger baiser sur ses lèvres. Le plus petit fut électrisé par la caresse et entrouvrit la bouche pour l'inviter à aller plus loin mais les lèvres de Thorin glissèrent le long de sa mâchoire, flattant la peau de quelques baisers exacerbants, rapides et léger, enflammant l'épiderme qui en fut frustré. Son corps se crispa sans qu'il ne s'en rende compte lorsque le souffle de Thorin se perdit dans sa gorge. Jehan ne s'était peut-être pas emparé de son âme ou de son esprit, mais ce corps avait été dompté par l'humain, ses sens et ses réflexe étaient imprégnés de la crainte qui était ancrée en lui.
- Arrête de penser à cet homme et fais-moi confiance, Bilbo, laisse toi aller…
Le hobbit se cambra lorsque les doigts du nain remontèrent le long de son flanc, le faisant tressaillir de plaisir alors qu'ils ne le touchèrent à peine mais il se figea lorsque la bouche ardente lui embrassa franchement la gorge et il hoqueta lorsque les dents de Thorin transpercèrent la peau que Jehan avait marquée.
Mais là où son corps s'était tordu de douleur et de terreur sous la bouche d'un autre, il s'embrasa et sembla se consumer sous le souffle de Thorin. Il gémit doucement et ferma les yeux en frémissant de plaisir alors que celui qu'il aimait apposait sa propre marque sur sa peau, noyant celle du mercenaire.
- Ne ferme pas les yeux…
Le plus petit ouvrit les paupières pour se trouver face aux pupilles bleues du roi. Celui-ci se baissa une nouvelle fois pour clamer la bouche du cambrioleur, avec douceur et volupté mais il se détacha encore une fois trop rapidement pour que Bilbo se perde dans le baiser et revint capturer son regard. Le hobbit frémit lorsqu'il sentit une main douce se faufiler sous sa tunique mais il ne broncha pas et laissa les doigts qui couraient sur sa peau soulever une multitude de sensations aussi puissantes que contradictoires. Il glapit lorsque Thorin attrapa sa hanche pour le tirer à lui en s'allongeant sur le flanc, mais il se lova contre lui avec délice et sourit en sentant les deux mains du roi parcourir son corps tranquillement. Il se laissa aller dans l'étreinte, s'abandonnant au nain qui s'appropriait de lui et s'endormit enfin, bercé par souffle de Thorin qui n'avait plus l'intention de le lâcher et le laisser partir.
O0O
- Vous avez entendu et connaissez maintenant les termes du contract. L'acceptez-vous ?
Daïn et Thorin hochèrent la tête, le regard grave et Balin posa une plume sur l'immense parchemin qui comportait toutes les conditions de l'adoption de Dune en tant qu'héritière du royaume d'Erebor, apportant à Daïn tout ce qu'il avait convoité avec le mariage et à Thorin la sécurité de l'avenir d'Erebor qui deviendra un jour bien plus puissante qu'elle ne l'a jamais été.
- Très bien, vous pouvez signer.
A tour de rôle, les rois d'Erebor et des Monts de Fer, puis Dune, signèrent le contrat sous les regards des conseillers de Thorin, de Bilbo et des deux premiers héritiers d'Erebor, qui se tenaient droits et immobiles, seuls leur regards ardents témoignait du feu qui couvait en eux, un feu que leur oncle avait cru ne jamais revoir. Le peuple d'Erebor était là et avait écouté solennellement les discours des deux rois et de leur nouvelle princesse qui s'était présenté à eux en tant que fille et sœur du peuple de la Montagne Solitaire.
Dune posa la plume sous un concert d'applaudissements et accepta en souriant le poignard de bienvenu que Kili lui offrit avec un clin d'œil et ria lorsque Fili lui passa solennellement la bague de sa mère au doigt pour l'accueillir dans la famille. Elle se montra plus sérieuse lorsque Thorin lui posa le diadème sur le front puis le suivit lorsqu'il ouvrit la marche pour se rendre au banquet préparé pour célébrer l'union des deux mines.
Les festivités étaient censées durer cinq jours et se solderaient par la célébration du jour de Durin et l'anniversaire de l'ouverture de la porte de a mine par Thorin et sa compagnie six ans plus tôt.
Fili fut assaillit par tous les convives qui lui souhaitèrent leurs bons vœux de rétablissement, sous le regard attentif de Kili et Dune passa la soirée entière sur l'un des balcons, avec son frère avec qui elle partagea une dernière discussion, ressassant leurs souvenirs communs et imaginant ce que sera leur futur à tous les deux.
Lorsque la fête battit son plein et que les musiciens enchainèrent les chants les plus entrainants, Kili invita Dune dans un rythme enflammée que la naine suivit sans peine, attirant les applaudissements du publique et le regard de Fili.
Le blond intervint dès qu'il vit une ouverture et attrapa la taille de son frère pour le trainer derrière lui, loin de la fête. Le baiser qu'il arracha à Kili à peine eurent-il passer la porte de leurs appartements fut bouillant, affamé et exigeant et le brun gémit de plaisir lorsque Fili le plaqua avec fougue contre le mur le plus proche.
- Tu te laisses enfin tenter ?
- Comment pourrais-je résister ? Que l'on cède ou non, cet amour nous détruira…
- Tu ne veux pas vivre dans le secret…
- Ce que l'on fait de nos corps la nuit ne regarde que nous…
Un sourire lumineux étira les lèvres de Kili, faisant briller ses yeux sombres et il accueillit un nouveau baiser passionné. Ils se précipitèrent ensuite sur le lit du blond tout en se déshabillant rapidement et l'archer prit le contrôle de l'étreinte en punaisant le blond sur le matelas, envahissant sa bouche de sa langue avide et curieuse duquel Fili s'extirpa difficilement.
- Kili, qu'est-ce que tu fais ?
- J'ai envie de toi.
Couvrant toujours le corps de son frère du sien, le brun s'abaissa une nouvelle fois pour capturer ses lèvres d'un baiser affamé, refusant de lâcher les poignets de Fili qui se débattit. D'un genoux exigeant, il écarta les cuisses du blond pour se placer entre ses jambes et roula ses hanches contre les siennes, leur arrachant à tous les deux un gémissement voluptueux. Mais l'épéiste se reprit et grogna.
- Hors de question !
D'un agile mouvement du bassin, il inversa les positions, reprenant le contrôle et coinçant son frère sous lui à l'aide de ses jambes. Kili chercha à lutter, mais sa position le désavantageait et il dut bientôt supporter les assauts buccaux que le plus vieux porta à sa gorge, lui arrachant des gémissements de plaisir.
- Je suis le plus vieux et le plus fort, c'est à moi d'être au dessus.
Mais Fili fronça les sourcils et frissonna lorsque Kili lui répondit d'un sourire étrange et malicieux.
- Je suis le plus grand et le plus agile…
Le blond poussa une exclamation surprise lorsque Kili repris fourbement l'avantage, le planquant sur le dos et se faufilant entre ses jambes d'un mouvement fluide.
- Et j'en ai vraiment très envie…
L'aîné chercha à lutter mais une bouche affamée s'empara de la sienne et une langue tyrannique fit valser sa consœur. Fili se cambra lorsque la main de Kili partit de sa gorge et descendit le long de son corps, labourant son torse de cinq sillons ardents, faisant rugir son sang et enflammant ses sens.
- Surtout que, de nous deux, c'est toi qui a faillit bêtement mourir…
Le blond poussa une exclamation érotique lorsque son frère enferma son sexe dans sa main tout en continua de le tourmenter de sa bouche, de ses dents et de son souffle et, inconsciemment, il écarta les jambes dans une invitation tacite à laquelle Kili répondit avec délice. Fili gémit de frustration lorsque la main du brun délaissa son érection mais il se crispa lorsqu'un premier doigt pénétra en lui. Pour le distraire, Kili embrassa ses lèvres, puis la joue et la mâchoire avant de débusquer les zones érogènes de sa gorge et ses épaules. Sa bouche descendit sur son torse et, sans prévenir il attrapa entre ses dents un téton qu'il fit rouler contre sa langue. Le blond n'était plus que gémissements et il se tordait maintenant au rythme des doigts qui le préparaient.
- Tu… Ne perds rien pour attendre Kili… Ma vengeance sera terrible…
- Je l'espère bien… Maintenant, tais-toi et profite...
Fili se cambra langoureusement pour accueillir son frère qui chercha à se montrer le plus doux possible, serrant la mâchoire tant le plaisir était intense.
Ils firent une première fois l'amour les yeux dans les yeux et les mains liées, laissant leur voix se mêler pour crier leur passion et leur amour, dirigé par Kili qui n'en revenait pas de la chance qu'il avait à posséder un corps pareil et se jurant que jamais il ne lui sera enlevé.
Fili passa ensuite le reste de la nuit à lui faire payer son audace, torturant son corps et malmenant ses sens, s'échinant à le faire crier comme jamais il ne l'avait fait, amenant sa voix à se briser avant l'aube.
O0O
Une fois qu'il fut sur le balcon, Bilbo inspira tout l'air que ses poumons purent contenir et resta un instant immobile, profitant de la clarté de jour, de la chaleur du pâle soleil hivernale et de l'air pur de l'extérieur. Cela faisait quatre jours que les nains faisaient la fête et que Bilbo n'était pas remonté à la surface. Vivre dans la mine ne le dérangeait pas encore vraiment, mais il avait besoin de reprendre quelques bouffées d'air régulièrement.
Cela faisait trois semaines qu'il vivait avec Thorin et dix jours qu'ils dormaient dans le même lit. La bouche du nain avait déjà recouvert au moins une fois chacune des marques laissées par le mercenaire et il n y avait pas une parcelle du corps de Bilbo que les mains de Thorin n'avait pas touché. Au fil de leurs conversations murmurées sur l'oreiller, le hobbit avait appris au roi nain tout ce qu'il avait vécu depuis son départ d'Erebor, six ans plus tôt et il avait écouté tout ce que Thorin avait bien voulu lui dire.
Le hobbit resta quelques heures accoudé au balcon en fument distraitement, les yeux perdus dans l'immensité qui s'étendait devant lui, regardant au loin le lac scintiller sous la dernière lune avant le jour de Durin qui s'éleva dans le ciel. Et le doux sentiment de quiétude et de sérénité qui l'étreignait vola en éclat lorsque la porte extérieur claqua et qu'une voix froide et cruelle s'éleva dans son dos :
- Te voilà enfin, petite chose…
HAAA ! Je suis désolée désolée désolée pour le temps d'attente et la qualité médiocre de ce chapitre T_T
Shame on me...
Aucune excuse je n'ai...
*part se pendre*
