Bonjour à toutes et à tous :) Si vous êtes ici, c'est que vous avez lu les chapitres précédents et même probablement le tome précédent. Sinon, je vous encourage à les lire. Ou alors vous risquez de ne pas tout comprendre :)


Chapitre 8 : Négociations, Saint-Valentin et Réconciliation

Les premiers jours de février furent caractérisés par une routine bienvenue pour Anthony. Elle lui permettait de moins penser à Lily. Il voyait cette dernière heureuse la plupart du temps, que ce soit aux côtés de Severus ou de ses camarades de dortoir. Et cela lui meurtrissait le cœur. Mais il était un champion pour faire bonne figure en toutes circonstances chez les Gryffondor. Il ne se laissait aller que dans son lit, une fois certain que personne ne l'entendrait. Le reste du temps, il était toujours souriant, comme s'il n'était pas du tout affecté par la rupture de leur amitié.

Cependant, tout ne fut, évidemment, pas aussi simple. Les cours d'éducation sorcière étaient devenus étranges. Avec Lily, ils ne se parlaient plus du tout. Ou pratiquement plus. Ils déterminaient souvent juste avant le cours ce qu'il ferait l'heure suivante. Le CAC aussi subissait cet effet, bien que de manière moins marquée. Le CM était beaucoup affecté puisqu'Anthony n'était chargé que de faire respecter l'ordre, et d'y participer naturellement. Mais il ne le dirigeait pas, ce qui changeait tout puisqu'il lui suffisait d'éviter de se retrouver dans le même groupe que la rousse, ce qui était très simple vu le nombre qu'ils étaient.

Ainsi, Anthony faisait de son mieux pour éviter qu'ils ne se croisent trop souvent. En général, il parvenait également à éviter de se mettre en binôme en cours avec elle. Il le faisait souvent avec Mary d'ailleurs quand ils étaient sans une autre Maison ou avec les Serpentard en DCFM. Sinon, il se mettait avec quelqu'un d'une autre maison, ce qui lui permettait de parler avec un peu tout le monde.

Le deuxième samedi de février, alors qu'il sortait de table pour se rendre à la salle de classe abandonnée, Anthony sentit soudainement son bras se faire saisir. Il fut tiré irrésistiblement jusque dans une salle de classe inutilisée. Il tenta de se saisir de sa baguette mais en vit une, à quelques centimètres de son visage. Il déglutit difficilement et leva les yeux vers la personne qui le maintenait en joue.

Narcissa Black. Pour une surprise, c'était une surprise. Le visage de la jeune femme était ravagé par l'incertitude et la crainte. Ses cernes étaient impressionnants, comme si elle n'avait pas dormi depuis un certain temps. Ou alors très peu dormi. Il n'avait pas l'impression de trouver face à lui la dernière des filles Black. Elle ne semblait plus que l'ombre d'elle-même. Elle n'avait plus la beauté froide caractéristique de sa famille. C'en était réellement perturbant.

Comprenant qu'elle ne baisserait pas sa baguette s'il continuait à vouloir saisir la sienne, il reposa lentement ses bras le long du corps. Après quelques secondes ainsi, Narcissa s'éloigna progressivement du garçon, tout en le maintenant en joue avant de baisser enfin son arme. Anthony expira profondément, ne s'étant pas rendu compte qu'il retenait presque sa respiration.

« Qu'est-ce que tu me voudrais, demanda-t-il après une bonne minute d'un silence très inconfortable ?

-Je… On peut s'asseoir, demanda-t-elle doucement pour toute réponse, tout en désignant des chaises. »

Anthony sentait bien qu'il fallait la ménager autant que possible et entreprit donc de lui obéir. Elle semblait épuisée. Et il savait qu'il valait mieux éviter d'irriter une personne épuisée. Surtout si cette dernière était bien plus âgée que vous, connaissait bien plus de sorts que vous, et ainsi de suite. Bref, il était prudent, surtout qu'il n'était pas en position de force, loin de là.

« Je… très bien, fit la Serpentard une fois qu'ils furent tous les deux assis. »

Avant de retomber dans un silence très inconfortable. Il se demandait vraiment ce qu'il faisait là.

« Tu veux me demander quelque chose, fit Anthony pour faire avancer les choses ?

-Pardon ? Heu… oui, répondit-elle après s'être apparemment souvenue de sa question. Je… je voudrais savoir si tu savais où habite ma sœur.

-Bellatrix habite chez son époux, répondit le garçon en haussant les sourcils.

-Je sais, répliqua la jeune femme. Ça, je ne le sais que trop bien. Je… Je parle de mon autre sœur, Andromeda… Je… Je voudrais lui parler ou au moins lui envoyer une lettre. Et je n'arrive pas à lui en transmettre. Je…

-Je ne sais pas où elle habite. En revanche, elle communique avec mes parents. Ils pourraient peut-être transmettre une lettre de ta part, proposa-t-il ?

-Je… Euh… Je veux bien, finit par accepter la dernière des filles Black.

-Autre chose, demanda-t-il pour l'encourager à parler puisqu'elle semblait vouloir lui poser une autre question ? »

Un silence oppressant s'installa suite à la question d'Anthony. Ce dernier sentait bien que ce n'était pas le moment de partir. La jeune femme pourrait lui lancer un sort et il n'avait certainement pas envie de s'en prendre un. Ce n'était pas dans ses plans. Certes, il avait une certaine confiance en elle. Il se doutait qu'elle n'utiliserait pas la magie noire. Mais il n'avait aucune certitude pour le reste. Finalement, elle reprit la parole avec une nouvelle question.

« Est-ce qu'il y a quelque chose pour les personnes qui donneraient des informations aux Aurors et seraient en danger à cause de cela, finit-elle par demander ? »

Ah. C'était donc ça. Bon, il avait largement la capacité d'y répondre. Il connaissait très bien les règlements et procédures des Aurors à force d'entendre son père en parler. Et puis certains éléments étaient publics.

« Il y a le programme des Témoins Importants Menacés par des Ennemis, abrégé en TIME.

-Et qu'est-ce qu'il est exactement, fit la jeune femme à toute vitesse, une lueur de peur dans le regard alors que des personnes passaient devant la salle ?

-Les témoins sont mis sous protection pendant une certaine durée plus ou moins longues. Leurs noms n'apparaissent pas dans les dossiers officiels. Ce ne sont que des codes pour s'y retrouver. Seuls quelques Aurors connaissent les véritables noms.

-C'est tout, demanda-t-elle ?

-Non. Il est parfois possible qu'un témoin loge directement chez un Auror s'il est particulièrement menacé. De plus, il reçoit une certaine quantité d'argent de la part du Ministère, au moins pour assurer les besoins vitaux. Il passe le plus clair de son temps au Ministère cela dit. Pour des mesures de sécurité.

-Je… Merci beaucoup, le remercia Narcissa Black, ce qui surprit Anthony.

-Il faudrait que j'envoie un message à mon père pour le prévenir, proposa le garçon, lui évitant ainsi de se mettre en position de demandeuse ?

-Je… oui, accepta la jeune femme. Je… risque de montrer que je ne suis pas prête de rejoindre le Seigneur des Ténèbres ou ses lieutenants à la fin de l'année.

-Et tu voudrais rejoindre ta sœur qui est partie avec un né-moldu, en déduisit Anthony pour lui permettre de ne pas tout dire. »

Narcissa hocha difficilement la tête. Il comprit alors qu'elle lui faisait en quelque sorte confiance. Elle remettait entièrement son futur entre ses mains. S'il la trahissait ou la laissait tomber, elle subirait de graves conséquences. Mais ce n'était pas dans son genre. Aussi, il réfléchit à toute vitesse à un plan avant d'en trouver un.

« Je vais écrire à mon père concernant le TIME et ta volonté de témoigner. Cependant, tu devras d'abord donner les informations avant de pouvoir bénéficier du programme. Je propose une rencontre samedi prochain, au moment de la sortie à Pré-Au-Lard. Ça devrait le faire si vous vous rencontrez dans un endroit isolé. Pour le reste, j'écrirai à ma mère. Elle est en relation avec Andromeda puisqu'on l'a brièvement hébergée quand elle est partie de chez vous, le temps qu'elle règle ses affaires. Je pense que cela ne poserait pas de problèmes pour t'héberger pendant une partie de l'été s'il y avait besoin.

-Merci beaucoup, le remercia Narcissa. Je… tu peux y aller si tu veux.

-Je t'en prie, fit-il. »

Anthony se leva et se dirigea vers la porte. Le visage de la jeune femme semblait indiquer qu'elle était soulagée d'un dénouement aussi heureux pour elle. Cependant, quelque chose le turlupinait. Il se retourna vers elle et lui demanda :

« Est-ce que tu crois toujours à la supériorité des sang-purs ?

-Tu verras, lui répondit la Serpentard. »

Il dut se contenter d'une telle réponse et sortit de la salle. Il rejoignit immédiatement Saphir, qui l'attendait depuis un certain temps probablement dans leur salle plus ou moins privatisée.

Anthony raconta toute la conversation à Saphir, qui prit un air pensif. Elle réfléchissait à ce que tout cela signifiait. Le garçon lui-même était partagé. Dans l'absolu, rien n'indiquait que la dernière fille des Black n'était pas une partisane de Voldemort. Mais ils se doutaient qu'elle avait révélé ses origines à la Gazette du Sorcier qui, sautant sur l'occasion, les avait publiées. En résumé, ils avaient quelques soupçons à propos de l'inclination politique de la jeune femme.

Autre chose troublait profondément les deux enfants. La volonté de leur aînée de reprendre contact avec Andromeda. Il était de notoriété publique que cette dernière avait été reniée par sa famille. Aussi, correspondre avec elle mettait Narcissa Black en grand danger si sa famille l'apprenait. C'était ce qui faisait dire à Saphir et Anthony qu'elle avait au moins décidé d'être neutre dans la guerre qu'il y avait dehors. Guerre qui arriverait bien assez tôt à sa porte puisqu'elle passait ses ASPIC cette année.

Rapidement après la conversation, Anthony écrivit une lettre à ses parents. Il savait que de toute façon, son père mettrait au courant sa femme de toute l'affaire. Il était incapable de lui mentir ou lui cacher des choses si elle voulait réellement les savoir. Et avec elle, son secret était très bien gardé puisqu'Ariane était loin d'être mauvaise en Occlumancie, même si elle n'était pas non géniale. En résumé, il n'avait pas besoin d'écrire deux lettres et se contenta d'une seule. Autant réduire le temps passé dessus. Ainsi que la fatigue psychologique qui en découlait puisqu'il devait en permanence choisir les bons mots.

Quand il eût terminé, Anthony partit à la volière poster son courrier. Puis, il put revenir à la salle de classe pour enfin se mettre à travailler. Il avait presque attendu ce moment avec impatience. Saphir et lui travaillèrent donc d'arrache-pied pour compenser la perte de temps du début de l'après-midi. Mais, le soir venu, ils avaient terminé et purent aller prendre le repas en paix.

Le garçon était toujours content de travailler avec la jeune fille. Elle ne le corrigeait pas réellement mais avait la manière de lui faire comprendre qu'il se trompait lorsque c'était le cas. S'ils discutaient, elle se mettait alors à ne plus parler et regardait fixement son meilleur ami. Puis, elle prenait un air plus que sceptique, quitte à hausser les sourcils. Si Anthony n'avait toujours pas perçu une erreur, elle lui demandait « Es-tu absolument certain de ce que tu avances ? » avec un ton plus que sceptique. Et là, il comprenait à chaque fois qu'il s'était trompé quelque part.

Ce comportement était une vieille habitude de la part de la jeune fille. Cela datait même du début de leur Première Année, quand ils étaient très méfiants l'un envers l'autre. A ce moment-là, ils se parlaient toujours avec la plus grande prudence. Un mot de travers pouvait rompre le fragile accord alors conclu. Mais qui n'était plus d'actualité, de manière officielle, depuis la fin du mois de janvier.

En effet, le 31 janvier, Anthony avait réussi à voir tout seul Saphir, donc sans les présences de Severus et Lily. Il lui avait expliqué que leur accord était désormais inutile et qu'il l'aiderait dès qu'elle en aurait besoin où il en serait capable. Et qu'il voulait qu'ils soient amis. Exceptionnellement, la jeune fille l'avait serré dans ses bras pour lui faire un câlin. Puis, ils avaient officiellement mis fin à cet accord conclu dans les premiers jours de septembre 1971. C'était une page qui se tournait pour Anthony, et une autre qui s'ouvrait, se corrigea-t-il.

Dans tous les cas, il ne regrettait pas sa décision d'annuler l'accord. Après tout, l'amitié devait aussi être la preuve d'une grande confiance en l'autre, non ? Et elle était loin d'avoir déçu cette confiance en lui permettant de transmettre à son père un certain nombre d'informations sur Voldemort et ses sbires. Rien que cela valait toutes les marques de confiance puisqu'elle agissait contre sa propre famille.

La réponse vint à Anthony le dimanche en fin d'après-midi, alors qu'il travaillait avec Saphir. Sa mère avait prévenu Andromeda de la volonté de sa sœur de la contacter. Son père, lui, annonçait que cela avait été accepté et lui avait transmis un certain nombre de consignes. Restait ensuite à transmettre tout cela à la principale concernée. Ce qui était très loin d'être simple.

Finalement, ils mirent un plan au point. Il enverrait le courrier chez ses parents qui seraient alors chargés de l'envoyer à Narcissa en utilisant la poste sorcière du Chemin de Traverse ou de Pré-Au-Lard. Ainsi, ils n'utilisaient aucun hibou ou aucune chouette de la famille, limitant les risques d'être reconnus. De plus, ils pourraient ensorceler la lettre pour que seule la destinataire puisse la lire. Il en profita donc pour écrire une lettre rapide à ses parents. Il posterait le tout après le repas, ce qu'il fit aussi vite que possible, voulant travailler sur les carnets communicants entre eux.

Le dimanche fut assez laborieux pour Anthony. Il décida de ne pas aller au CM pour travailler plus en profondeur tous ses cours. Il voulait absolument tenter d'arriver en tête de sa promotion à la fin de l'année. Et pour ça, il avait besoin de connaître parfaitement ses cours et s'entraîner aussi souvent que possible. Non, il ne faisait pas ça par rapport à Lily. C'était juste…

Bon, oui, il faisait ça par rapport à Lily. Il voulait juste montrer qu'il n'avait pas besoin d'elle pour être parmi les meilleurs de sa promotion et même la battre s'il travaillait assez. Aussi, il travailla à fond ses différends points forts mais aussi et surtout ses points faibles comme la Botanique.

Il décida donc de réduire le temps passé à ses différentes recherches et remit le projet de la Carte à l'année suivante, ne faisant les recherches que pendant l'été, une fois les devoirs faits. En attendant, il allait réduire le rythme de l'entraînement pour le sortilège de recopiage d'un carnet à l'autre et de la construction des protections. Anthony décida également de n'en faire finalement plus que trois. Un pour Severus, un pour Saphir et un pour lui. Cela lui réduirait le temps nécessaire à leur fabrication. Et de toute façon, ils ne se parlaient plus avec Lily. Du coup, il n'avait pas de raison de partager un truc pareil avec elle puisqu'elle faisait ses recherches sur le sabre laser de son côté désormais.

Il avait également remisé à l'été les recherches pour le sabre laser, se contentant de faire de veille pour ne pas perdre la main et les connaissances accumulées jusqu'ici. Le garçon décida également de remettre à plus tard l'élaboration plus approfondie du plan Chambre des Secrets visant à tuer le Basilic et s'emparer de ses crochets. Il avait beaucoup de temps pour ça.

Ce ne fut que le lundi matin qu'il remarqua le courrier de Narcissa. Il fut livré par un simple hibou postal. Cependant, elle ne l'ouvrit pas de suite. Il continuait à se demander ce qui avait réellement pu causer un tel revirement. Comme s'il y avait eu un élément déclencheur. Il tenta alors d'observer les différentes tables mais ne remarqua aucun geste ou regard sortant de l'ordinaire envers la Serpentard.

Cependant, tous les élèves de Septième et Sixième Année étaient loin d'être présents. De plus, il ne voyait que le dos d'une bonne moitié de ceux qui étaient là. En résumé, il n'avait pas grand-chose à se mettre sous la dent. Mais il trouvait que sa théorie tenait debout. Après tout, c'était « à cause » de Ted Tonks qu'Andromeda avait changé d'avis et ainsi quitté le domicile familial. Ce n'était pas impossible, pour Anthony, que sa petite sœur ait suivi ses pas. Après tout, Regulus avait bien suivi Sirius à Gryffondor, non ?

Les jours suivants n'apportèrent pas de réponse de la part de Narcissa Black et Anthony se plongea entièrement dans le travail. Il voulait tout faire le mieux possible, quitte à prendre plus de temps. Parce que oui, jusque-là, il faisait les devoirs aussi vite qu'il lui était possible pour le meilleur rendu possible dans le temps imparti. Il savait que tout ne serait pas juste mais s'en moquait un peu. Il voulait juste ne pas descendre, en moyenne, en dessous d'Effort Exceptionnel.

Mais là, il avait changé d'avis. Désormais, il voulait obtenir autant d'Optimaux que possible. Et ce dès les premiers contrôles. Il voulait avoir un dossier en béton au moment d'entrer en Troisième Année et pour les années futures. Il savait déjà plus ou moins quelles options prendre. Et il savait aussi que s'il n'avait pas d'excellentes notes dans certaines matières, il aurait du mal à convaincre sa directrice de maison qu'il avait les capacités de suivre ces options en question. A savoir les Runes Anciennes et l'Etude des Moldus.

Car oui, Anthony avait désormais de nouveaux projets. Il comptait s'investir dans un premier temps dans la guerre contre Voldemort et les Mangemorts si cette dernière n'était pas terminée à sa sortie des cours. Il comptait entrer dans la Brigade de Police Magique. Puis, il se ferait muter dans un autre service, si possible à celui du Détournement de l'Artisanat Moldu, voire au Service des Bonnes Relations avec la Population Moldue.

Certes, c'était moins glorieux que poursuivre une carrière d'Auror ou de Langue-de-Plomb. Mais il savait aussi qu'une fois la paix revenue, la première ne lui serait pas très utile. Quant à la seconde, il préférait faire ses recherches dans son coin sur son temps libre. C'était plus une passion qu'autre chose. Il serait incapable d'en faire son métier, il le savait déjà.

Cependant, ces jours-là ne furent pas simples, loin de là. Car tous les ans, à la mi-février, il y avait la fête des amoureux. Anthony était loin de comprendre comment une fête purement moldue à l'origine avait fini par se retrouver dans le monde sorcier et être adoptée par toutes les catégories sociales, y compris les plus radicaux des sang-purs. Il supposait, sans en parler à qui que ce fût, que cela démontrait une certaine schizophrénie des partisans de ces puristes. Ils utilisaient sans problème un certain nombre de fêtes et d'objets moldus tout en haïssant les moldus et les nés-moldus. C'était vraiment bizarre.

Anthony s'en ouvrit donc brièvement à Saphir, la questionnant sur cette étrangeté. Elle ne lui répondit que par un haussement d'épaule, signifiant qu'elle n'en savait absolument rien. Ce qui ne l'avançait guère. Mais bon, il fallait survivre à cette journée, ce qui s'annonçait loin d'être simple.

En effet, qui disait Saint-Valentin, signifiait aussi toutes sortes de déclarations plus ou moins romantiques (ou pathétiques selon Anthony). Ces dernières pouvaient être faites absolument n'importe où. Ce fut ainsi qu'il tomba, dès le début des cours, sur une déclaration juste à l'entrée de la Grande Salle, bloquant ainsi le passage. Le garçon, qui avait, en plus, mal dormi, dut faire un immense travail sur lui-même pour ne pas balancer un sort aux deux nouveaux amoureux pour pouvoir passer.

La journée avait fort mal commencé pour Anthony. La fête des amoureux l'exaspérait tant il détestait voir autant de niaiserie et de choses qu'il jugeait inutiles. Après tout, en quoi les couples avaient besoin d'une fête spécifique ? Un couple se construisait et se solidifiait dans la durée, pas juste sur un coup de tête et tout était parfait dans le meilleur des mondes. Non, ça, c'était réservé aux contes pour enfants.

Peut-être aussi qu'il était influencé par ses parents dans cette vie. Ils n'avaient jamais vraiment fêté la Saint-Valentin, hormis par une séance de « câlins » au lit. Ce qui avait traumatisé Anthony quand il avait cinq ans puisqu'il avait décidé d'aller demander quelque chose à ses parents et les avait surpris en plein acte.

Depuis, il ne voyait plus du tout les choses de la même façon, surtout qu'il avait plus de vingt ans de plus et comprenait donc parfaitement ce que cela voulait dire. Mais ça lui faisait vraiment bizarre de voir ses propres parents, ou du moins ceux qu'ils considéraient de plus en plus comme tels, faire ça. C'était réellement très perturbant.

Naturellement, comme la journée avait mal commencé pour lui, elle continua en empirant. Entre chaque cours, dans chaque couloir, Anthony tombait sur des couples qui s'embrassaient, s'offraient des cadeaux, se faisaient des déclarations plus ou moins enflammées. Encore que ce fussent surtout les garçons qui faisaient les déclarations. Il s'amusait beaucoup quand ils se prenaient une claque dans la figure pour avoir vexé « l'élue » de leur cœur.

A la fin de la matinée, il en avait déjà assez de tout cela. Surtout que le cours de Sortilèges donné par le professeur Flitwick avait été dans l'air du jour. Ainsi, ils avaient appris à allumer des bougies et autres choses plus ou moins inutiles selon Anthony. Ce n'était pas comme s'il projetait de s'en servir. Heureusement, le cours de DCFM fut fidèle à lui-même, bien que purement théorique. C'était un océan de bonheur dans cet enfer de niaiserie et d'amour gluant.

Le cours théorique de potions fut tout aussi inutile, selon les critères d'Anthony puisque le professeur Slughorn leur fit tout un cours théorique sur les philtres d'amour dont l'Amortentia, leur faisant également une petite démonstration de potions préparées par lui-même ou par des élèves de Sixième Année. Chacun dut alors venir sentir le chaudron.

Anthony était loin d'être inspiré par la chose. Il n'avait absolument aucune idée de ce qu'il pouvait sentir. Il risquait d'être déçu ou alors perturbé. Surtout, il risquait de ne pas reconnaître quoi que ce soit avec son odorat plus que déficient, à l'exception des odeurs de plats préparés par les elfes de sa famille, ou par sa mère qui adorait cuisiner.

« Oui, oui, vous aussi, monsieur McKinnon, approchez donc, ne soyez pas timide, l'interpella l'enseignant. »

Et pour cause, il s'était planqué au fond de la classe pour une fois, rejoint par Saphir qui arborait un air narquois. Elle était passée juste avant lui au-dessus du chaudron et affichait un visage pensif. Elle semblait en pleine réflexion mais il la vit sourire alors qu'il s'avançait jusque devant toute la classe. Il avait l'impression d'être un condamné allant vers un Détraqueur pour être embrassé.

Prenant son courage à deux mains, après tout, il était à Gryffondor, Anthony s'approcha du chaudron, sous les regards intéressés de tous ses camarades de classe. Il détestait être ainsi au centre de l'attention, quand il était en position de faiblesse. Il tint nerveusement sa baguette dans sa poche, prêt à lancer un sort à quiconque se moquerait de lui, quitte à écoper de quelques heures de retenue.

« Hmmm, je sens comme une odeur de vieux livres. Il y a aussi l'odeur de pain le matin avec du beurre trempé dans du chocolat chaud. Je vois parfaitement à quoi tout ça correspond. »

Oui, il adorait ça. Il trouvait ça tout simplement trop bon. Il ne comprenait pas comment les britanniques arrivaient à manger des petits-déjeuners aussi consistants. Surtout, à boire du thé en permanence. Mais il y avait aussi une troisième odeur. Ce fut cependant le professeur qui le relança.

« Sentez-vous autre chose mon garçon, demanda-t-il poliment ?

-Hmmm, continua le garçon, et il y a aussi une odeur de lys… »

Anthony fut incapable de finir sa phrase. Ses yeux s'écarquillèrent quand il réalisa qu'il venait de dire tout cela à voix haute. Il se sentit devenir plus rouge qu'une tomate traitée industriellement pour être parfaitement rouge. Puis, il rejoignit à toute vitesse sa paillasse, évitant autant que possible les regards de ses camarades rouge et or.

Il était complètement déstabilisé par ça. C'était normalement impossible. S'il ne détestait pas Lily, il ne l'aimait plus du tout. Il était indifférent. Il ne se préoccupait plus d'elle. Ou du moins ne voulait plus se préoccuper d'elle. Il avait de toute façon autre chose à faire. Slughorn avait réellement eu une idée moisie. Idée consistant dans le fait de leur faire sentir de l'Amortentia, soit le plus puissant philtre d'amour existant. Ouaip, c'était une idée à la noix, il pouvait le dire.

Mais son calvaire fut loin d'être terminé alors qu'il avait rejoint sa paillasse et donc son binôme avec Saphir. Cette dernière lui murmura, alors qu'ils prenaient des notes sur les devoirs à faire pour le cours suivant.

« Alors comme ça, tu as senti une odeur de lys, demanda-t-elle en lui souriant narquoisement ?

-Je… Je… Beaucoup de monde peut sentir la lys à Poudlard, parvint à répondre Anthony après quelques hésitations. Je ne vois pas de quoi tu veux parler. C'est peut-être juste un parfum que j'aime bien mettre. »

La jeune fille ne répliqua pas mais le dévisagea en haussant un sourcil. Il ne mettait jamais de parfum. Autrement dit, elle ne le croyait pas du tout. A la sortie du cours, les puristes et les Maraudeurs restant en arrière pour se disputer, elle parvint à lui glisser à l'oreille, alors qu'il était juste derrière Lily par hasard :

« Je ne connais qu'une fille qui sent la lys et dont le prénom signifie cela. Et que tu aimes beaucoup. »

Il tenta de lui jeter un sort mais elle était déjà protégée par les autres filles de sa promotion. Pire, Lily semblait avoir entendu et s'était retournée, lui faisant un petit sourire. Il eut bien du mal à surmonter la tentation de la prendre dans ses bras et de lui demander qu'ils arrêtent de se faire la tête. Cependant, son orgueil mal placé reprit bien vite le dessus, fortement encouragé par son cerveau, et il leva le nez en l'air.

Naturellement, cela ne fonctionna pas bien longtemps et Anthony se vautra lamentablement dans les escaliers. Quelques marches et sorts de guérison plus loin, il put reprendre aussi dignement que possible sa progression vers la Grande Salle. Après tout, il mourait de faim.

Le déjeuner fut l'occasion de voir toutes sortes de déclarations toujours plus passionnées à mesure que la journée et le repas avançaient. Surtout, il avait du mal à ne pas penser à ce qu'il avait senti dans les effluves de l'Amortentia. Pour les livres et l'odeur du pain frais trempé dans le chocolat chaud, il comprenait parfait. Mais il était vexé de sentir une odeur de lys. Ce n'était pas du tout ce qu'il voulait. Et il ne devait pas la sentir, point final. Ils se détestaient.

Néanmoins, Anthony avait du mal à détacher son regard de la jeune fille rousse. Cette dernière semblait pensive par moments et toute guillerette dans d'autres. C'était vraiment un comportement étrange de sa part. Il mangea à toute vitesse pour se diriger aussi vite que possible vers le cours d'Histoire de la Magie. Il espérait que cela l'aiderait à lui changer les idées.

Naturellement, le cours du professeur Binns fut extrêmement ennuyeux. Anthony nota le titre de la leçon, comme à son habitude et commença ensuite à lire le chapitre qui y était associé dans le livre correspondant peu ou prou au cours. Il prenait ensuite des notes sur ce dernier durant toute la leçon. Cela lui permettait d'apprendre le cours tout en ne dormant pas en cours. Après tout, selon lui, l'Histoire de la Magie était une matière comme les autres. Il n'avait aucune raison de la déconsidérer et de la laisser tomber.

Cependant, il fut souvent distrait par la chevelure rousse de Lily. Elle était sur la rangée à côté de lui. Mais s'il était tout au fond, elle était au premier rang. Ainsi, il ne pouvait pas la manquer puisque située à sa droite, là où il tournait souvent la tête pour réfléchir un peu. C'était un tic qu'il avait déjà dans sa vie précédente, du moins était-ce ce qu'il supposait.

Le calvaire ne prit provisoirement fin qu'à la fin du cours d'histoire. Ce qui induisit de repartir à travers les couloirs et donc croiser des élèves des autres années s'embrassant goulûment, s'offrant des cadeaux plus ou moins inutiles ou se faisant des déclarations enflammées. Bref, tout ce qu'il détestait et trouvait nul.

Cependant, il dut se rendre en cours de Métamorphose, en commun avec les Serdaigle. Comme d'habitude, il se plaça aux côtés de Chester Boot, au deuxième rang. Alors qu'ils allaient commencer, le professeur McGonagall annonça :

« Pour changer vos habitudes et pour vous faire prendre conscience que vous ne travaillerez pas toujours avec les personnes que vous voulez, je vais vous demander de faire des travaux en groupes à préparer en dehors du cours pour le vendredi 17 mars. De cette année, ajouta-t-elle en regardant les Maraudeurs. Naturellement, c'est moi qui décide des groupes. Les sujets sont tirés au sort. Vous devrez faire une dissertation à deux sur ce sujet. »

L'enseignante commença donc à faire l'appel. Anthony entendit progressivement les différends élèves se chercher dans la salle, histoire de s'identifier. Il se demandait bien avec qui il pourrait le faire. Chester Boot avait été un des premiers à avoir un binôme. Il espérait Potter ou Black. Ce serait beaucoup plus intéressant.

« Anthony McKinnon, appela finalement l'enseignante.

-Présent, répondit le garçon en levant la main.

-Bien. Vous serez avec mademoiselle Lily Evans.

-Présente, fit la concernée. »

Anthony s'arrêta de bouger quelques secondes et réalisa enfin. Il allait devoir travailler avec Lily. Tout était réellement contre lui. Vraiment tout. Le jour, les professeurs, les potions, tout. De désespoir, il pencha la tête en avant mais ne se contrôla pas et percuta violemment la table, poussant un cri de douleur.

« Un problème, monsieur McKinnon, fit la voix sèche du professeur McGonagall ?

-Je… Non… Oui… Non… Je… bégaya le garçon en ne parvenant pas à rassembler ses esprits, perturbés par la douleur dans son crâne.

-Bien, rétorqua-t-elle en le coupant. Alors vous ferrez le sujet que votre partenaire tirera au sort. »

Lily tira donc un morceau de parchemin. Elle le lut et il grimaça. Ils avaient hérité des dangers des effets de la métamorphose sur le corps d'un animal ou sur un être vivant. Ce n'était pas le plus simple. Même si pas le plus difficile non plus. Certains groupes avaient eu bien pire. Mais il était avec Lily qui n'était pas… excellente en métamorphose, même en théorie, même si elle y était meilleure qu'en pratique, ce qui n'était guère difficile selon lui.

Le cours de Métamorphose fut ensuite bien plus conforme à la normale, pour le plus grand bonheur d'Anthony. Il était content d'avoir un peu de normalité sur la moitié de la journée. Ensuite, il n'aurait qu'à aller retrouver Saphir et ils pourraient travailler tranquillement. Ce fut d'ailleurs ce qu'il fit, aussitôt le cours terminé. Il voulait être plutôt seul, ou du moins en paix. Et la présence de la Serpentard ne le dérangeait absolument pas puisqu'elle ne parlait pas à tort et à travers ou dès que quelque chose l'intriguait.

Comme attendu, la séance de travail avec Saphir fut extrêmement reposante. Dans son immense bonté, elle ne posa aucune question sur ce qu'il avait senti durant le cours de Potions. Ou bien c'était simplement son éducation. Après tout, c'était extrêmement privé et s'il n'avait pas dit ce qu'il avait senti à haute voix, il n'aurait eu aucun problème. Ouaip, c'était en bonne partie de sa faute à lui la situation actuelle.

En plus de cela, il avait eu l'impression d'avoir le monde entier contre lui depuis le matin. Déjà, il détestait la Saint-Valentin avant même ce jour-là. Mais les cours de Sortilèges, qu'il appréciait pourtant, et de Potions, qu'il aimait tout autant que le précédent, l'avaient déprimé. Heureusement, la leçon d'Histoire de la Magie lui avait remis un peu de baume au cœur, tout comme celle de DCFM.

Le cours de Métamorphose avait extrêmement mal débuté mais s'était rattrapé ensuite, du moins du point de vue d'Anthony. Cela avait été en partie un cours pratique, ce qu'il préférait par-dessus tout dans cette matière. Quand il fit ses devoirs dans cette dernière, il repensa naturellement au sujet qu'il devait travailler avec Lily. Il se fit la remarque que plus vite il irait la voir pour le travailler, plus vite ils le termineraient et plus vite chacun retournerait de son côté. Bon, ok, il n'était pas certain d'être capable de repartir de son côté s'ils renouaient leur amitié. Mais l'intention y était.

Le repas du soir fut encore le théâtre de nombreuses niaiseries et déclarations enflammées, parfois suivies de rejets tout aussi enflammés. Qui étaient surtout bien plus drôle à voir. Cependant, Anthony espérait ne jamais être à la situation de ses hommes qui faisaient enfin leur déclaration. De toute manière, il ne la ferait pas en public. Il considérait cela comme un véritable chantage affectif. Et puis, en cas de refus, il ne se taperait pas la honte de toute la promotion.

Pour penser à quelqu'un d'autre que Lily, Anthony se concentra que Narcissa Black. Cette dernière semblait soucieuse et fatiguée. Exactement comme si elle avait quelque chose à cacher qui serait en relation avec la fête des amoureux. Cependant, le garçon refusa de développer plus avant son raisonnement. Après tout, il n'avait pas que ça à faire et il avait faim. Très faim.

N'ayant plus aucun devoir après le repas, Anthony en profita pour travailler à la bibliothèque sur les sortilèges pouvant lui permettre de protéger les journaux. Il devait les enfermer dans certaines runes qu'il avait appris à tracer. Cependant, il ne savait pas vraiment quels sortilèges utiliser. Il savait pour le sien plus ou moins les effets qu'il désirait. Mais il restait à trouver les sortilèges qu'il pourrait apprendre et dont il pourrait se servir.

Ce fut alors qu'Anthony réalisa une chose.

Il n'avait absolument aucune idée de ce que les deux autres voudraient comme protections pour leurs propres carnets. Car s'il mettait exactement les mêmes protections pour tout le monde, cela serait bien trop dangereux. Aussi, il avait parfaitement intérêt à faire des protections différentes au niveau des effets. Cela reporterait l'effet de surprise sur l'apprenti voleur ou le curieux mal placé.

Mais ce n'était pas le plus difficile. Le plus compliqué était de faire en sorte que ces sortilèges reconnaissent le propriétaires légitime de chaque journal, et ainsi lui permettre de l'ouvrir. Il fallait avouer qu'il était particulièrement stupide de mettre beaucoup de protections sur un élément qui serait inutilisable à cause de ces protections.

Le soir venu, Anthony se coucha à l'heure habituelle. Il était fatigué et voulait dormir aussi vite que possible pour mettre cette journée particulièrement irritante derrière lui. Les Maraudeurs le suivirent peu après. Cependant, à cause d'un cauchemar dans lequel il voyait toute sa famille être tuée par Voldemort sous ses yeux avant qu'il ne se tourne vers lui, Anthony se réveilla brutalement. En regardant l'heure, il constata qu'il était un peu moins d'une heure du matin. Il grogna de dépit et voulut se rendormir.

Sans succès. Conformément à ses habitudes, il alla boire, se tourna et se retourna, sans succès. Il prit donc une épaisse couverture et descendit dans la Salle Commune.

Quand il arriva en bas des escaliers, il entendit de petits bruits étouffés. Il n'avait pas pris ses lunettes mais remarqua bien une chevelure rousse sur le canapé devant la cheminée. C'était soit Marlène, soit Lily. Anthony s'approcha et remarqua qu'il s'agissait de la seconde. Elle avait les jambes repliées contre sa poitrine et cachait son visage contre ses genoux. Il comprit bien vite qu'elle pleurait.

Le garçon hésita quelques instants sur la conduite à tenir avant de s'engueuler intérieurement. Il avait hésité à ne pas intervenir mais ce ne serait clairement pas poli et encore moins son genre. Alors il déplia la couverture et s'assit aux côtés de la jeune fille avant de les envelopper tous les deux dans le grand drap. Il hésita ensuite quelques instants et passa maladroitement un bras autour de Lily.

Il n'était clairement pas très à l'aise. Sentiment qui empira quand elle tenta de se dégager.

« Fiche moi la paix, fit-elle méchamment. Tu t'en fous de moi alors ne vient pas jouer les héros maintenant. »

Il ne parvint pas à répondre mais laissa son bras, ne savant pas trop comment réagir. Soit il s'énervait en retour et ils recommenceraient à se disputer, soit il restait ainsi à la consoler plus ou moins maladroitement.

Anthony n'eut guère le temps à la réflexion puisque quelques secondes plus tard à peine, Lily se blottit contre lui, enfouissant son visage baigné de larmes dans son cou. Il se retint de rire face au comportement de cette dernière, pour le moins fluctuant.

Le rouge et or était gêné. Il n'avait absolument aucune idée de ce qu'il devait faire. Alors il fit comme avec ses cousines, il lui fit des cercles dans le dos pour l'aider un peu. Il ne pouvait pas lui parler puisqu'il n'avait absolument aucune idée de la raison pour laquelle elle pleurait. Aussi, il se contenta de la tenir contre lui, n'ayant guère le choix.

Au fil des minutes, il entendit les pleurs de Lily se calmer. Puis sa respiration ralentir avant de devenir profonde. Il tenta de lui parler doucement mais elle ne répondit pas. Il supposa qu'elle faisait exprès et recommença un peu plus fort en la secouant légèrement.

« Hmmm… dodo…, lui répondit une voix plus qu'en sommeillée sortant de la bouche de la jeune fille. »

Elle se blottit un peu plus contre lui et Anthony réalisa. Elle dormait. Il était chanceux, pensa-t-il avec ironie. Il ne pouvait plus bouger sans risquer de la réveiller. Aussi, il posa sa tête contre celle de Lily et entreprit de tenter de dormir lui aussi. Il sentit peu à peu la fatigue arriver et il s'endormit dans les bras de Morphée.

Le réveil fut assez doux, quelque chose lui chatouillant le nez. Anthony sentit également un gros poids sur son épaule et quelque chose de chaud blottit contre lui. Après quelques minutes à émerger, il ouvrit les yeux et ne vit d'abord qu'une masse de cheveux roux quelque peu emmêlés.

Il se souvint alors de la veille. Ou plutôt du moment avant de s'endormir. Une voix très faible se fit alors entendre.

« Il est six heures du matin. Tu pourrais me relâcher. Je dois aller prendre ma douche et me changer. »

Il réalisa qu'il tenait toujours Lily contre lui et la libéra brusquement. Elle lui fit un petit sourire et il ne put s'empêcher de demander gentiment, se souvenant de sa crise de larmes :

« Tu vas mieux ?

-Oui. Merci beaucoup pour hier soir, lui répondit-elle timidement.

-Si… Si jamais tu veux en parler… je suis disponible, proposa Anthony en n'osant pas trop la regarder en face. Je…

-Je… merci, lui sourit-elle. Mais ça va, reprit en suite Lily avec confiance, bien qu'il ne la crût pas totalement. »

Elle se leva mais resta quelques instants à proximité du canapé. Elle semblait attendre quelque chose. Lui aussi attendait quelque chose. Quoi ? Il n'en avait absolument aucune idée. Mais le vin était tiré alors autant le boire. Et se comporter en vrai Gryffondor.

« Je… Si tu veux que l'on travaille à nouveau ensemble… je voudrais bien, proposa Anthony.

-Pour la Métamorphose, demanda Lily ?

-Je… pas seulement. Pour tout, fit-il doucement.

-Tu… Tu veux dire comme avant, demanda-t-elle confirmation.

-Oui. Comme Avant, confirma le garçon.

-D'accord, sourit sa camarade avant de s'en aller. On se retrouve cette après-midi après les cours dans la salle privée. »

Elle disparut rapidement dans les escaliers. Il n'y avait pas à dire, il adorait son sourire. Il avait le don de le mettre de bonne humeur quand il s'entendait bien avec elle. Son cœur fut tout joyeux et ce fut un immense sourire aux lèvres qu'il rejoignit son dortoir un peu plus tard, n'ayant pas vu le temps passer.

Lupin sortait alors de la salle de bains, tandis que Potter, Black et Pettigrow émergeaient à peine. Anthony se dirigea vers son lit pour y passer à son tour quand le loup-garou lui demanda, curieux :

« Pourquoi tu souris comme ça ? Et tu étais où cette nuit ? Parce que tu n'étais pas dans ton lit ce matin et ça m'a un peu inquiété.

-J'ai dormi sur le canapé dans la salle commune. Et Lily m'a souri, répondit le garçon avec un immense sourire.

-Ah, fit Lupin. Je comprends mieux. Et ils ont cet effet-là ses sourires, demanda-t-il ?

-Tu ne peux pas comprendre. On n'était plus amis et on l'est de nouveau, sourit encore plus Anthony.

-Oh, répondit laconiquement Lupin. »

Anthony ne comprenait pas pourquoi il ne semblait pas le croire. Mais il s'en fichait. Lily lui avait souri et ils étaient plus ou moins de nouveau amis. Tout le reste, il s'en fichait. Peu importait la douleur allant venir durant le cours de DCFM puisque c'était un cours long. Il était sur un nuage. Plus rien ne pouvait l'atteindre.

La journée fut extraordinaire pour Anthony. Pour une fois, il ne fit aucune erreur de manipulation en Botanique, pour la plus grande joie de Kathleen et à la grande stupeur du professeur Chourave, qui lui mit un Optimal pour le récompenser. Il s'en était à peine aperçu et son sourire permanent s'était encore élargi.

Même le programme très physique imposé par sa tante d'enseignante ne parvint pas à la rendre moins joyeux. Le cours de DCFM fut principalement une longue suite de courses d'obstacles. Mais, exceptionnellement, Ariane décida de les arrêter peu avant la fin du cours.

« A partir de la semaine prochaine, tous les cours seront en intérieur jusqu'à la mi-mai. Nous étudierons de manière pratique toutes les créatures que vous pourrez rencontrer et que j'ai le droit de vous montrer. Le prochain cours portera sur les Strangulots. Maintenant, les notes de vos parcours. »

Toute la classe explosa de joie à la fin du cours. Ils allaient enfin arrêter le calvaire bihebdomadaire. Les leçons de DCFM allaient être beaucoup plus reposantes désormais. Ils seraient moins fatigués et pourraient plus facilement travailler les autres matières. Ce qui n'était pas rien, il fallait l'avouer.

Le repas de midi fut avalé en deux temps trois mouvements par Anthony. Il alla ensuite en cours de Potions. Il allait pouvoir travailler avec Saphir. Ce qui le rendait encore plus joyeux. Les cours de DCFM n'étaient pas réellement propices à des chuchotements entre eux, que ce soit à cause de l'effort physique ou parce qu'elle était avec une fille de sa maison en binôme dans cette matière.

Le cours de Potions en lui-même fut très heureux pour Anthony puisqu'il s'agissait d'un cours pratique. Il adorait préparer une potion. Il avait l'impression de faire la cuisine et de préparer un truc à manger. Or, il adorait manger. Cette fois, ils travaillèrent sur une potion de soin, visant à soulager les douleurs musculaires très intenses, parfois dues à l'élongation d'un muscle ou à un coup sur ce muscle.

Anthony connaissait la recette par cœur. Il savait exactement ce qu'il pouvait ajouter ou non en fonction du goût que l'on voulait donner, ainsi que ce qu'il fallait exactement faire. Il n'eut même pas besoin de suivre la recette inscrite dans le livre, et encore moins celle au tableau.

« Tu es certain qu'il faut écraser ça, demanda à un moment Saphir en montrant quelques dates dont il était noté qu'il fallait les couper pour en extraire le jus ?

-Sûr et certain. Tu auras plus de jus et ça fera mieux fonctionner la potion.

-Mais comment tu peux le savoir, questionna-t-elle en fronçant les sourcils ? »

Pour toute réponse, Anthony se tourna vers elle et haussa les sourcils, avant de demander :

« Tu me demandes ça, à moi, qui tombe souvent dans les escaliers ?

-Ah… Euh…, bafouilla la jeune fille.

-Pas grave, l'interrompit le garçon dans son bégaiement. Je ne t'en veux pas. »

Et pour cause. Sa journée était bien trop magnifique pour pouvoir être cachée par quelque d'aussi futile que ça. Ils travaillèrent donc sur la potion et eurent, pour la première depuis près d'un an et demi, une potion mieux réussie que celle de Lily et Severus, ce qui était un authentique exploit.

Le cours d'Histoire de la Magie fut fidèle à lui-même, ne changeant ainsi rien à l'humeur d'Anthony. Il avait l'impression d'avoir bu du Felix Felicis, même s'il savait que ce n'était pas vrai, loin de là. C'était bien trop compliqué à préparer, même pour lui. Comme pour n'importe quel élève de son année d'ailleurs, y compris les deux génies des potions, à savoir Lily et Severus.

Puis, les cours se terminèrent et il put rejoindre la salle de classe où il travaillait avec Saphir et parfois Severus, accompagné par Lily. Cette dernière fut accueillie fraichement par la jeune Serpentard. Mais leurs relations se réchauffèrent au fil des minutes. Ils profitèrent de l'occasion pour se mettre un peu à jour au niveau des recherches diverses et variées. Car la rouge et or avait continué les siennes de son côté.

Puis, vint le moment où ils devaient travailler sur la Métamorphose. Aussi, Lily et Anthony quittèrent leurs amis et allèrent à la bibliothèque. Ils se mirent dans un coin pour être tranquilles et commencèrent à réfléchir à leur sujet. Ils couchèrent d'abord sur le parchemin toutes les idées qui leurs passaient par la tête et qui avait un rapport, plus ou moins proche, avec la consigne. Cela leur permettait de savoir ce qu'ils savaient déjà et ainsi ce qu'ils pouvaient chercher pour le détailler.

Ensuite, Lily et Anthony quittèrent leur table quelques minutes et s'enfoncèrent dans les rayons concernant la Métamorphose. Ils prirent un certain nombre de livres, les compulsant ensuite, cherchant des choses qui pourraient les intéresser.

Cependant, ils furent coupés dans leur élan par l'heure du repas. Ils laissèrent une bonne partie de leurs affaires et se précipitèrent ensemble dans la Grande Salle, non sans emprunter quelques passages secrets, qu'Anthony fit découvrir à son amie.

Ils mangèrent à toute vitesse, ne faisant pas vraiment attention à ce qu'il se passait autour d'eux. Ils l'auraient fait qu'ils auraient remarqué une étrange tension régnant à Poudlard. Comme si tout pouvait exploser d'une minute à l'autre. Puis, ils se dépêchèrent de retourner à la bibliothèque. Ils voulaient travailler autant que possible avant la fermeture de cette dernière.

Rapidement, Lily et Anthony éliminèrent un certain nombre d'ouvrages, bien trop simples ou bien trop compliqués. Voire complètement incompréhensibles ou rétifs à être ouverts. Il n'en resta finalement qu'une dizaine qu'ils classèrent par ordre de priorité. Puis, juste avant neuf heures du soir, ils se dirigèrent vers la sortie, pour emprunter ces livres. Etant en Deuxième Année, ils ne pouvaient emprunter que six livres chacun, aussi, ils s'étaient répartis la charge.

Cependant, la Bibliothécaire en relevant les noms, fit remarquer une chose.

« Mademoiselle Evans, vous êtes déjà à six livres empruntés. Tant que vous ne les aurez pas rendus, et je vous rappelle que vous devez le faire pour le samedi de la semaine prochaine, je refuse de vous voir emprunter d'autres livres.

-Ah… Euh… Mais il n'y a pas moyen de négocier si je vous les rapporte demain, demanda-t-elle en prenant un air plus qu'implorant ?

-Pas le moins du monde, répliqua madame Pince. Choisissez et vous ne sortirez pas de la bibliothèque avant de me dire lesquels vous empruntez, monsieur McKinnon. »

Le duo se concerta quelques instants et Anthony n'emprunta au final que les six livres les plus importants. Quand ils sortirent de l'antre du dragon, comme était surnommée la bibliothécaire, le garçon se tourna vers son amie.

« Alors comme ça, tu ne rends pas les livres et tu oublies que tu les as empruntés, demanda-t-il en souriant ?

-Mais, euh… fit Lily pour toute réponse. Tu n'as pas le droit de plaisanter avec ça, s'offusqua-t-elle faussement. En plus je les ai terminés. Je suis vraiment stupide parfois, se morigéna-t-elle.

-Je confirme, plaisanta son ami. »

Pour toute réponse, elle lui frappa gentiment l'épaule, sans aucune intention de faire mal.

Mais ils étaient dans les escaliers et Anthony portait les livres dans ses bras. Il fut légèrement déséquilibré par le coup et les ouvrages basculèrent. Le garçon les suivit dans leur chute en essayant de les rattraper maladroitement.

La descente fut plutôt douloureuse, mais bien plus brève qu'attendu. Lily dévala alors les escaliers tandis qu'il se remettait sur pieds, se lançant quelques sortilèges de soins. Elle le regarda avec de grands yeux écarquillés, ce qu'Anthony remarqua bien assez vite.

« Qu'est-ce qu'il y a, demanda le garçon avec un ton curieux ?

-Ce… Il s'agit de sortilèges du niveau BUSE au moins, articula-t-elle tout en le fixant avec de gros yeux ronds.

-Ah. Ça. Oui, confirma-t-il Mais que veux-tu ? Quand on a l'habitude de tomber, il vaut mieux être très bon en sortilèges de soin, ce qui est heureusement mon cas. C'est préférable à passer son temps à aller à l'infirmerie. C'est aussi pour ça que je suis bon en Potions, expliqua le garçon. »

La conversation fut close ainsi et il lui mit une petite tape sur l'épaule pour la faire revenir à la réalité. Puis, ils ramassèrent les livres avant de vérifier leur état. Heureusement, tous étaient intacts.

Alors qu'ils regagnaient le Grand Escalier pour ensuite repartir vers la Tour Gryffondor, ils discutèrent ainsi de ces sortilèges de soin. Elle lui demanda de les lui apprendre et le garçon accepta. Après tout, ils n'étaient pas réellement dangereux et il les maîtrisait parfaitement, à force de les utiliser.

Une fois dans la Salle Commune, ils recommencèrent à travailler, ne se séparant que vers minuit, à force de bailler.

Les jours suivants furent marqués par la même allégresse chez Anthony. Il était à nouveau ami avec Lily et cela le remplissait de joie. Il se rendit compte qu'elle lui avait réellement manqué. N'avoir plus que Saphir et Severus, ce n'était pas réellement la même chose. La jeune Gryffondor était toujours pleine d'optimisme, et cela lui faisait du bien de la fréquenter à nouveau.

Là où les deux Serpentard étaient beaucoup plus froids, elle respirait la joie de vivre et le bonheur. Tout en étant tout de même très studieuse. Il constatait que c'était un drôle de mélange quand il y repensait, une fois dans son lit. Et c'était ce qui lui avait manqué durant tous ces mois sans la jeune fille.

Anthony se mit également à travailler les protections des différends carnets. Il savait plus ou moins ce qu'il voulait pour les siennes. Cependant, il savait que tous ne voudraient pas nécessairement le même genre de protections, pour le moins… violentes. En effet, les siennes propulsaient la personne en arrière assez violemment et brûlaient la main, mais au premier degré. Fallait pas déconner non plus. Il avait simplement enfermé un sortilège d'Expulsion et un autre qui servait à réchauffer des chaudrons sans utiliser de feu.

Ouaip, il utilisait des sortilèges loin de leur usage initial. En même temps, ils étaient parfaitement utilisables dans ce cadre. Ce n'était pas de sa faute. Lui ne faisait que les utiliser et les combiner à des runes pour les faire marcher ainsi. Ce n'était pas vraiment plus compliqué que cela.

Naturellement, il avait commencé par les siennes. Il avait même une excellente raison. Les protections qu'il voulait pour son carnet avaient été théorisées depuis… bah les vacances, quand Lily lui avait parlé du projet. Bon, ok, quelques jours après. Mais tout était déjà dans les cartons. Il avait juste eu à terminer la théorie et à se mettre à la pratique.

Or, la pratique demandait beaucoup d'entraînement pour atteindre le niveau voulu. Il n'avait pas le droit à l'erreur. En effet, s'ils tombaient dans de mauvaises mains à cause d'une négligence de sa part et trahissait ainsi Saphir, il s'en voudrait toute sa vie. Pire, il en serait directement responsable. Et il ne pouvait décemment pas permettre une chose pareille. Ce n'était pas son genre.

Et puis, il devait aussi déterminer tous les sortilèges qui seraient utiles pour réaliser les protections demandées. Ses amis n'avaient transmis que des effets. A lui de trouver les sortilèges nécessaires, ce qui prenait beaucoup de temps sur ses recherches. Il se dit qu'il avait eu raison de remettre à l'année suivante la construction de la carte de Poudlard. Il n'aurait décemment jamais eu le temps de la faire.

Anthony prit également des nouvelles sur le projet de sabre laser, dont Lily s'occupait. Elle avait avancé dans l'apprentissage de runes. Elle espérait pouvoir les maîtriser parfaitement d'ici la fin de l'année. Après tout, il valait mieux, là encore, ne pas se louper. En effet, le plasma condensé avait une telle puissance que si quelque chose n'allait pas dans le sortilège, cela pouvait tout détruire dans une zone plus ou moins grande. Et les quatre amis n'avaient absolument aucune envie de mourir précocement.

Chose qui faisait se poser des questions à Anthony. Qu'adviendrait-il si lui mourait ?

C'était une excellente question. Lily, Saphir et Severus continueraient probablement les projets commencés et feraient les leurs. Il n'y avait aucune raison pour qu'ils soient moins amis. En revanche, il se posait la question pour les Horcruxe notamment. Après tout, c'était d'eux dont dépendait la victoire contre Voldemort.

Cependant, le jeune Gryffondor réalisa bien vite qu'il se faisait de fausses inquiétudes. En cas de décès de sa part, ses affaires seraient fouillées. Et ses parents, ou ses amis, tomberaient sur ses notes à propos de l'univers de Harry Potter. Oh, ils lui en voudraient pendant un temps. Mais il espérait bien qu'ils prendraient en compte ce qu'il avait noté. Et surtout les corrections apportées depuis. Elles étaient importantes, très importantes.

Mais ces états d'âme disparurent bien rapidement alors qu'il se mettait à lire de manière plus approfondie le livre qu'il avait reçu à son anniversaire d'une personne mystère. Il avait interrogé tous ses amis mais personne n'avait d'idée sur l'identité de l'expéditeur. Ou de l'expéditrice. Cela pouvait tout aussi bien être une personne de sexe féminin après tout.

En général, il lisait quelques pages par jour, le soir dans son lit. Il prenait des notes à chaque fois, voulant retenir le maximum de choses. Le livre était tellement imposant qu'à la fin du mois de février, il n'avait toujours pas terminé le premier chapitre. Il fallait avouer que l'introduction en elle-même était assez longue. Et que le livre semblait dater d'au moins un ou deux siècles. Ce qui l'obligeait à déchiffrer les phrases, qui n'étaient pas toujours dans le même anglais que celui qu'il utilisait.

C'était sans parler d'un certain nombre de concepts présents qu'il devait rechercher par ailleurs. Il se demandait s'il aurait un jour l'opportunité de le terminer. Il l'espérait. Après tout, maîtriser la magie sans baguette était extrêmement utile. Et vachement cool.

Il ne savait pas si ça pourrait l'aider dans un combat contre les Mangemorts. En effet, la seule démonstration de cette magie avait été Lily faisant éclore un bourgeon. Ou revivre une fleur fanée vers la fin du mois de février. C'était plutôt limité comme utilité en cas de combat.

Finalement, la joie d'Anthony retomba un peu au fil des jours pour finir par reprendre son état normal à la fin du mois de février. Il fallait dire que la vie continuait. Dehors, chaque jour, des personnes disparaissaient ou étaient tuées. Même si désormais, il s'agissait le plus souvent de « simples » moldus.

Oui, les Mangemorts n'avaient absolument aucun courage. Eux qui se vantaient d'être supérieurs aux autres sorciers et ainsi de suite, s'en prenaient à des gens sans défense. Ou presque. Car l'un d'eux finit sa vie, une balle fichée dans le corps. Le moldu était chasseur. Il avait tiré, étant en alerte à cause de bruits suspects. Il en avait abattu un. Il avait grandement souffert, mais cela avait porté un coup aux serviteurs de Voldemort.

Les partisans du mage noir avaient été en colère pendant plusieurs jours, tentant de s'en prendre à des nés-moldus, toujours plus jeunes qu'eux. Mais, à cause de la vigilance des camarades de ces derniers, cela avait rapidement tourné court. Même s'ils essayaient d'être en surnombre contre plus faible qu'eux. Manquait plus que les attaques de dos.

Anthony se disait qu'ils n'avaient absolument aucun honneur. Oh, il ne leur demandait pas un combat en un contre un contre quelqu'un pouvant les battre, il savait que ce serait trop leur demander. Mais là, ceux qui prétendaient défendre l'honneur des sorciers avaient exactement le comportement qu'ils reprochaient aux moldus. Bref, c'était assez déprimant la bêtise humaine.

La fin du mois de février vit également un match entre les Serdaigle et les Serpentard, que les premiers remportèrent tant bien que mal. Cependant, les derniers jours furent marqués par de très grands vents qui ravagèrent le parc de Poudlard et la Forêt Interdite.

Le soir, l'ambiance était étrange dans la Salle Commune de Gryffondor. Dehors, le vent soufflait et s'entendait parfaitement pour toute personne ne faisant pas trop de bruit. Les préfets avaient distribué des couvertures réchauffées à l'aide de sortilèges pour aider à passer la nuit. Anthony et Lily se blottirent l'un contre l'autre sur le canapé face à la cheminée, emmitouflés dans une épaisse couverture.

Le garçon intercepta, quand ses cousines leur souhaitèrent une bonne nuit, un sourire narquois de la part de Marlène. Il se demandait pourquoi elle le regardait toujours ainsi. Comme s'il y avait quelque chose de caché. Alors qu'il n'y avait rien de caché justement. Ou du moins, aucune intention potentiellement malveillante envers la jeune fille.

Soudainement, Anthony métamorphosa une Chocogrenouille en bourgeon de marguerite. Il était doué dans la matière, même si moins que Potter et Black. Et il adorait métamorphoser des trucs en bourgeons puis réussir à les faire grandir avec quelques sortilèges. Puis, l'objet reprenait sa forme et ses propriétés initiales. Il le donna à Lily qui le regarda comme s'il était fou.

« Je veux juste voir si ton truc marche aussi pour les bourgeons et les fleurs métamorphosées. »

Le regard de la jeune fille s'alluma et elle ferma sa main avant de plisser les yeux sous l'effet de la concentration. Après quelques secondes, elle l'ouvrit. Une marguerite émergea bien vite de sa main. Ils continuèrent cette espèce de petit jeu toute une partie de la soirée. Il s'amusait à métamorphoser absolument tout et n'importe quoi en bourgeons.

Ils finirent par revenir à une Chocogrenouille transformée. Anthony se perdit alors dans la contemplation du visage de Lily. Elle rayonnait de joie, malgré le vent et la pluie qui frappaient dehors. Lui aussi était joyeux. Il adorait la voir sourire. C'était rafraichissant. Cela lui avait aussi beaucoup manqué, il devait être honnête avec lui-même.

Mais cette contemplation eut pour effet de supprimer rapidement la concentration nécessaire à la réussite de la métamorphose. Et Lily se retrouva avec une Chocogrenouille dans la main. Qu'elle mit très rapidement dans sa bouche. Puis, elle le regarda avec un grand air innocent, ce qui le fit éclater de rire.

Quelques dizaines de minutes plus tard et un certain nombre de Chocogrenouilles avalées, Lily s'endormit, blottie contre son ami, qui ne tarda pas à la rejoindre dans les bras de Morphée, pensant qu'il était le garçon le plus heureux sur terre d'avoir une amie pareille.


Voilà pour ce chapitre numéro 8 :) Avec quelques petits moments remplis de douceur au passage. Pensez-vous que la réconciliation entre Lily et Anthony durera ou pas ? Et avant que vous ne me posiez la question, non, ils ne sortent pas ensemble :) On a aussi Narcissa Black et le canon commence à sérieusement diverger au passage. Libre à vous d'établir toutes sortes de théories sur elle :)

Maintenant à propos des RAR. D'ailleurs, j'ajoute qu'à partir de... la semaine dernière, je ne mettrais plus les RAR dans les têtes de chapitre (comme maintenant), sauf s'il s'agit de questions par rapport au fonctionnement général de l'univers Harry Potter tel que je le conçois, ou bien si une question est très récurrente parmi ces reviews :) La raison est assez simple. Je préfère répondre directement aux personnes concernées. Cela dit, je ferais peut-être quelques réponses ici si certaines questions reviennent fréquemment sur un même chapitre. Pourquoi est-ce que je fais ça ? Parce que comme ça, les personnes ont à attendre moins longtemps pour avoir la réponse à leur commentaire. De plus, cela évite de faire gonfler le nombre de mots d'un chapitre et éventuellement décourager certaines personnes.

Par conséquent, depuis le chapitre précédent, vous avez la réponse à votre review en MP :) (et si vous ne savez pas où c'est, c'est dans la partie "Private Messaging = Inbox, ça peut arriver de ne pas savoir).

Dans tous les cas, n'hésitez pas à laisser des reviews. Cela fait toujours très plaisir à l'auteur et parfois vous permet d'avoir des petites anecdotes ou des précisions pour mieux comprendre l'histoire. Voire de me faire remarquer certaines choses que j'aurais pu laisser passer, on ne sait jamais.

La semaine prochaine, ce sera le chapitre 9 intitulé Surprises, Maraudeurs et Quidditch. Car oui, il faut bien que je parle du sport le plus populaire des sorciers un jour :)

Du coup, je vous dis à la semaine prochaine :)