Bonjour tout le monde !

Après je ne sais combien de temps, je publie enfin ! J'espère que ce chapitre vous plaira !


Note : Annasophia a plusieurs noms, comme Legolas d'ailleurs. Pour éviter toute gêne, je vous en fais une liste ici.

Annasophia (Nom « français ») + Annaso' (surnom) Annasophiel (version elfique) Lune Ithil (« Lune » en Sindarin) Rána (« Lune » en Quenya).

Legolas (Nom elfique) Soleil Anar (« Soleil » en Quenya) Anor (« Soleil » en Sindarin)


Hum… Quel délice ! Je me retournai sur moi-même pour me réveiller doucement dans ce lit si parfait. Je venais de passer la meilleure nuit de ma vie, après la meilleure soirée.

J'ouvris lentement les yeux sur le voile blanc et argenté du baldaquin de mon lit. Au travers, je pouvais discerner des entrelacs que forment les branches du mallorn avec des brindilles servant à combler les petits trous qu'il pourrait y avoir dans la toiture de mon logis.

Ma vue aavait du s'être considérablement améliorée depuis…la veille! Galadriel avait raison, mon environnement influait sur moi plus que jamais.

Je m'étendis longuement pour détendre mes muscles encore assoupis et je décidai enfin de bouger un peu plus. Je me roulai encore un peu pour atteindre la bordure du lit et sortir de ce doux repère de mes rêves.

-Aouch ! grognai-je.

Une forte douleur dans le bas de mon ventre me fit redescendre sur terre. Je n'étais pas totalement une elfe et les inconvénients des femmes humaines ne m'épargnaient pas, loin de là.

Je me mus jusqu'à la salle de bain pour me passer un peu d'eau sur le visage. Le petit seau que j'allais prendre pour descendre en chercher au puits était rempli d'une eau claire.

-Oh ! Tu es réveillée ! gronda gentiment Serindë. Vas te recoucher ! Je ne t'ai pas encore apporté ton petit déjeuner.

-Merci mais je n'ai pas très faim aujourd'hui, soupirai-je. Merci pour l'eau fraiche mais il ne fallait pas te déranger pour moi.

-Tatata… Au lit ! La Dame Galadriel m'a informé de ton état, je te plains sincèrement d'ailleurs, et je suis réquisitionnée pour m'occuper de toi !

-Si tu insistes… De toute façon, je comptais bien y retourner et y rester toute la vie !

-Ne sois pas si pessimiste ! C'est juste le temps que je fasse chauffer l'eau et que j'y infuse quelques herbes. Cette décoction te fera le plus grand bien, me dit-elle en me tendant une tasse fumante après y avoir versé sa fameuse tisane. Nous ne connaissons pas tes maux mais nous connaissons les remèdes qu'il te faut !

-Merci ! fis-je en buvant l'infusion et en me brûlant la langue au passage.

Ce liquide avait un gout absolument merveilleux et ses effets se firent tout de suite sentir. Après seulement cinq petites minutes, je n'avais plus mal du tout et je me sentais prête pour commencer ma vie en Lorien. Mieux qu'un Efferalgan !

J'allai enfiler une tenue dans le dressing pendant que Serindë rangeait ses potions et refaisait le lit. Je choisi une fine robe blanche brodée sans manches de fils verts sombre, serrée à la taille par un ruban de la même couleur. Le bas de la robe trainait négligemment sur quelques centimètres au sol.

Je remarquai enfin que mes cheveux étaient attachés et je sentais quelques tresses sur mon crâne. Je me dirigeai donc vers le miroir au-dessus du lavabo pour m'apercevoir qu'ils étaient entrelacés entre eux par une multitude de tresses, fines et épaisses. Le tout était ravissant car ma peau était aussi bien plus belle que chez moi, mes quelques boutons d'acné ayant disparus.

-Tu es magnifique pour une humaine tu sais ! remarqua mon amie. Tes cheveux et ta peau sont si doux.

-Chez moi, je ne suis pas considérée comme très belle. Les filles plutôt naturelles ne sont pas si bien vues que celles qui se maquillent et sont superficielles.

-C'est bien dommage… As-tu un fiancé ?

-Non ! Je suis encore trop jeune .On ne se marie pas toujours pour les bonnes raisons et le mariage peut se rompre, ce qui est très habituel. Les époux se trompent ou ne se supportent plus… L'amour n'est pas souvent là pour réconcilier les gens.

-Ton monde n'a pas l'air très joyeux, soupira-t-elle.

-Tu l'as dit. Mais il y a aussi des choses bien comme…

C'est ce moment-là que mon estomac choisi pour exprimer son mécontentement de ne pas être suffisamment nourri. Nous éclatâmes de rire ensemble et elle m'invita à aller chez elle pour m'y sustenter.

Je la suivis à l'extérieur. Le spectacle d'une matinée ensoleillée en Lorien n'avait pas de prix. La nature rayonnait bien plus que lors de notre petit voyage en compagnie d'Haldir et de ses gardes, la veille. Nombre de petites fleurs tapissaient les recoins qui n'étaient pas déjà occupés de lierre ou d'autres plantes grimpantes. Magnifique !

Nous passâmes la passerelle qui séparait nos deux habitations en sens inverse de la veille. Je ne m'en étais pas rendu compte dans la nuit mais la hauteur était impressionnante. Je fus prise d'un léger vertige mais je levai les yeux vers la cabane de Serindë et la rejoignis chez elle.

La pièce dans laquelle j'entrai était en tout point semblable à la mienne, quoiqu'un peu moins impersonnelle et équipée d'un coin pour cuisiner. Les couleurs dominantes étaient le jaune et le brun, déclinés de toutes les manières possibles comme chez moi avec le vert et l'argenté.

-Bienvenue chez moi ! s'exclama Seriendë. Enfin, chez nous puisque j'habite avec mon frère et que toi et Legolas pouvez y venir comme bon vous semble.

-Merci, c'est très joli, répondis-je.

-Installe-toi à la table je vais préparer le petit déjeuner. Amandil ne va pas tarder à arriver et Legolas non plus.

-En fait vous commencez votre journée bien avant de manger ! remarquai-je.

-Oui, nous les elfes, nous n'avons pas de très grands besoins alimentaires et le petit matin est un moment génial pour profiter de la nature. Amandil est allé chercher du tissu et Legolas a rendu visite à vos compagnons mais ils ne vont pas tarder tous deux, finit-elle.

Elle ne croyait pas si bien dire car un visage inconnu et une tête blonde passèrent par la porte et demandèrent l'autorisation d'entrer. Serindë les invita en riant et tous s'assirent à la table.

L'ambiance était joyeuse et la conversation allait bon train. Le frère et la sœur racontaient les nouvelles de Lorien et Legolas leur livrait les aventures qu'il avait vécues depuis qu'ils ne s'étaient pas vus.

Vu que les babillages de mes hôtes ne me concernaient pas vraiment, je détaillai le frère de Serindë, Amandil. Il avait les cheveux identiques à ceux de sa sœur, légèrement plus clairs mais pas tressés comme ceux de Legolas. Une seule grande tresse partait du haut de son crâne pour se mélanger au reste de sa chevelure. Ses yeux étaient d'un profond chocolat légèrement doré. Sa stature n'avait peut-être pas la prestance princière de celle du blond mais je pensai que pour un elfe, il était vraiment encore plus beau que les autres !

Remarquant que tous les yeux étaient rivés sur moi, je repris contenance et m'excusai auprès du roux de l'avoir fixé de cette façon.

-Ce n'est pas grave, dit-il simplement.

Il me sourit et la conversation repartit, m'incluant cette fois. On me posa beaucoup de questions sur mon monde et je tentai d'y répondre le plus simplement du monde sans toutefois m'étendre. Amandil me regardait avec ses magnifiques yeux curieux et je me sentis chez moi parmi ces elfes, même si Legolas me tapait toujours sur les nerfs régulièrement en rappelant ma faible constitution et les nombreuses fois où il m'avait porté secours.

-Tu es vraiment incorrigible, pensai-je très fortement.

-Et toi tu viens de succomber au charme d'Amandil.

-Pas du tout ! répliquai-je, il est juste très beau à voir. Mais toi, Serindë ne serait-elle pas plus qu'une amie d'enfance… ?

-Je ne l'aime pas d'amour, j'en suis sûr. Mais si mon père me presse à me marier, je pense qu'elle sera sur la liste des elfes potentielles au titre de Princesse de Mirkwood. Nous sommes très proches mais elle reste une amie.

-Bon bon, alors arrête avec Amandil et j'arrêterai avec Serindë ok ?

-Oui chef, mais tout de même, de si jolis yeux…

Je levai les yeux au ciel en regardant Legolas d'un air exaspéré, ce qui parut surprendre mes nouveaux amis car ils me reluquèrent d'un drôle d'air. Je m'excusai une nouvelle fois et demandai si je ne pouvais pas aller rejoindre mes compagnons de la Communauté.

-Je t'accompagne, proposa Amandil. On va laisser les deux tourtereaux ensembles, chuchota-t-il à mon oreille ensuite.

-C'est plutôt nous qui vous laissons tranquilles…, murmura le blond à son tour.

Je soupirai d'exaspération, ce qui me valut un nouveau coup d'œil curieux de mon nouvel ami. Il allait vraiment me prendre pour une folle, mais apparemment, l'existence de ce moyen de communication devait rester totalement inconnue des autres…

-Tu sembles triste, chère amie. Legolas te fait des misères à longueur de journée ? C'est vrai qu'il peut être insupportable quand il le veut, plaisanta-t-il.

-Eh bien il le veut souvent avec moi alors !

-Il faut juste qu'il apprenne à te connaître telle que tu es…

-Mais toi tu es déjà si gentil alors que nous ne nous sommes rencontrés qu'il y a moins d'une heure !

-Mais moi je suis « l'ami des amants »…

-Mais nous ne nous aimons pas d'amour, et d'ailleurs, pas du tout ! De toute façon, il aime ta sœur non ?

-Mais non, enfin peut-être, mais elle, elle aime le chef de la garde, Haldir. Tu l'as déjà rencontré ? demanda-t-il.

-Malheureusement oui, chuchotai-je.

-Il est pourtant un excellent guerrier, c'était mon maître d'arme quand j'étais plus jeune. Ce fût un grand honneur ! s'enflamma-t-il.

-Tu es soldat ?! m'étranglai-je.

-Oui, pourquoi cela te choque-t-il donc ?

-Tous ceux que j'ai rencontrés, guerriers indépendants ou non, à part Kili et Aragorn, ne m'ont pas forcément bien accueilli… Et toi tu es si chaleureux !

- Que de compliments ! Il est vrai que la présence d'une femme est déroutante pour certains mais je suis plutôt ouvert d'esprit et je ne porte pas de jugement avant de connaître, m'expliqua-t-il.

-J'avais remarqué ! Merci.

-Mais de rien !

A force de déambuler entre les arbres, nous arrivâmes dans un lieu un peu excentré de la cité, où une sorte de campement avait été dressé. Des couches avaient étés aménagées entre les racines d'un mallorn, un petit feu s'éteignait doucement, personne ne l'ayant rechargé en combustible.

Assis autour de ces braises, les Hobbits finissaient de manger un repas plus consistant qu'à l'ordinaire, ce qui ne leur déplaisait pas. Un peu plus loin, Aragorn discutait avec Boromir.

-Bonjour tout le monde ! saluai-je d'une voix joyeuse qui m'avait manqué.

-Oh, bonjour Dame Annasophiel, répondit Sam.

-Ne sois pas si protocolaire Sam, lui enjoignis-je.

-Désolée mais vous faites vraiment Elfe comme ça, dit-il en me désignant sur toute ma hauteur.

-Mais je n'ai pas changé en une nuit !

-Oh que si ! fit Merry. Si vous n'aviez pas parlé, on ne vous aurait pas entendu ! Vos pas sont bien plus légers. Au fait, bonjour !

-Bonjour aussi Dame Lune, dit Pippin. Venez donc manger un peu. Un morceau de bacon ?

-Je ne viendrai qui si vous me tutoyez ! Et arrêtez avec vos « Dame »…

-Très bien, alors viens ! Et vous aussi, monsieur…

-Oh ! J'allais oublier de vous présenter mon nouvel ami, Amandil. C'est un vieil ami de l'autre blondinet, mais il est beaucoup plus sympa !

-Quelle description ! Merci et bonjour, lança-t-il à la cantonade.

Même si nous avions déjà mangé auparavant, j'avalai une bonne partie du repas de mes amis Hobbits. Ils semblèrent rassurés de voir que mon appétit était toujours aussi important qu'avant, Amandil quand à lui, me regardait avec une expression qui hésitait entre l'effroi et l'amusement.

-As-tu bien dormi Annasophiel ? me demanda Merry.

-Je crois que je n'ai jamais aussi bien dormi de toute ma vie ! Il faudra que je vous emmène visiter ma cabane, elle est vraiment ravissante.

-Il faudra aussi que tu viennes voir la mienne, fit une voix intérieure.

Je sursautai et me retournai vivement pour voir Legolas et Serindë, bras dessus, bras dessous. Ils allaient très bien ensemble même si Amandil disait le contraire.

-Si tu ne m'y séquestre pas, avec plaisir ! répondis-je.

-Mes chers Hobbits, je vous présente Serindë, la sœur d'Amandil, dis-je en désignant la rousse.

Ils se retournèrent d'un seul Hobbit et sourirent à Legolas puis à Serindë.

-Bonjour à tous ! les salua-t-elle. Je vois qu'il va falloir que j'augmente tes portions de nourriture Ithil.

-Je te l'avais bien dit qu'elle mangeait comme quatre, lança Legolas.

Je lui tirai très sérieusement la langue et avalai ma dernière et énorme bouchée d'œufs frits pour montrer toute ma classe… ou pas. Juste pour en rajouter une couche, un rot tonitruant sortit à mon insu des profondeurs de mon estomac, ce qui fit éclater de rire les Hobbits et pâlir les Elfes.

-Voilà quelqu'un qui sait faire honneur à la cuisine hobbite ! déclara Gimli qui venait d'arriver. Bien le bonjour à tous. Ma pauvre demoiselle, plaisanta-t-il en désignant Serindë, je ne sais comment vous faites pour supporter la chose qui tient votre bras.

-Moi non plus je ne sais pas, soufflai-je dans son esprit, en plus je dois te supporter dans mes pensées…

-Elle est une des seules à savoir apprécier ma personne à sa juste valeur, répondit la « chose » en me jetant un regard lourd de sens.

-Bon, on arrête la joute verbale et ma chère, suis nous. La Dame Galadriel nous attend, m'expliqua Serindë.

-Je vous suis ! dis-je.

-Et moi je vais m'occuper ailleurs, dit Amandil.

Nous partîmes donc les trois en direction du centre de la cité pour trouver l'arbre des seigneurs de Lorien. Legolas tenta de prendre mon bras mais je ne lui fis pas ce plaisir et me dégageai vivement pour prendre la main de Serindë.

-Puéril, soupira-t-il.

-Non, je dirai plutôt que je choisi la meilleure offre. Sais-tu pourquoi on veut nous voir ? demandai-je à mon amie.

-Je ne le sais pas mais je pense être dans le vrai quand je pense que c'est pour t'organiser un emploi du temps… avec entre autre des séances d'entrainement avec Legolas pour vos pouvoirs et pour le maniement des armes.

-Je vais encore devoir le supporter toute la journée ?! m'étranglai-je.

-Il semblerait que oui, jeune Lune, dit une voix claire tandis que nous montions les dernières marches de l'immense escalier qui menait chez Galadriel.

-Je vous demande pardon, ma Dame, murmurai-je tandis que nous arrivions devant les souverains.

-J'espère juste que vous ne le blesserez pas, cela compromettrait peut-être l'avenir de cette terre, ajouta un elfe aux cheveux d'argents à ses côtés.

-Celeborn, indiqua mon guide.

-Je ne l'aurais pas deviné…

-Mais de rien !

Je vis les délicates lèvres de Galadriel frémir et ses yeux passer de moi à Legolas.

Nous nous inclinâmes devant eux, enfin moi essayant d'imiter la courbette de Serindë, ce qui ne fut pas aussi concluant que je l'avais espérer.

-Comme l'a si bien deviné notre chère brodeuse, nous vous avons concocté un petit emploi du temps spécial. Le matin, rendez-vous sur la place centrale où Haldir vous entrainera au maniement des armes, déclara Celborn.

Je serai un peu vivement la main de Serindë à la mention d'Haldir mais elle ne broncha pas.

-Vous aurez ensuite le temps de vous restaurez pour me rejoindre ensuite. Avec Anor, nous tenterons de révéler vos dons respectifs, continua Galadriel.

-Merci de vous occuper si bien de moi, et merci encore pour mon logement, il est magnifique. Je serai demain à l'aube sur la place pour commencer mon entrainement, les remerciai-je.

-Il nous est tout naturel d'aider un peu le couple Céleste avant qu'il ne nous aide en retour en chassant le Mal.

Nous saluâmes une nouvelle fois avant de redescendre les escaliers. Arrivé en bas, nous décidâmes de nos occupations respectives pour le reste de la journée.

-Je peux te faire un peu visiter la cité pendant que Serindë ira à son atelier, proposa Legolas.

-Oui ! Et tu me rejoindras plus tard pour que je prenne tes mesures, ajouta l'elfe rousse.

-Euh… je vois que je n'ai plus qu'à obéir ! soupirai-je en souriant.

-A tout à l'heure donc ! fit Serindë en partant dans la direction opposée à celle que Legolas me faisait prendre, ayant attrapé mon bras de force et me tirant en avant.

-Un peu de douceur, tu connais ? fulminai-je.

-Si tu veux tout voir aujourd'hui et pouvoir te repérer sans te perdre pour les jours à venir, il faut se dépêcher ! répliqua-t-il.

- On n'est pas non plus obligé de courir !

-Bon, d'accord, se résigna-t-il.

-Merci !

Je pris donc son bras un peu plus noblement et nous partîmes pour une petite visite de Caras Galadhon. Il me montra les principaux endroits de la cité : les sources chaudes avec leur eau fumante où il me conseilla de venir en pleine nuit car on pouvait être tranquille pour se prélasser la bibliothèque immense, creusée dans le tronc d'un imposant mallorn un petit parc des plus charmant et les différents ateliers des artisans.

C'était le quartier le plus animé, en dehors de la grande place, car beaucoup d'elfes y travaillaient où venait y passer commande ou faire réparer quelques objets. Il m'indiqua l'atelier de Serindë et m'y laissa car on l'avait demandé un peu plus loin.

J'entrai donc dans l'univers soyeux et multicolore de mon amie. Son atelier était en fait une pièce aussi grande que mon appartement, légèrement en hauteur et remplie d'un milliard de bout de tissus, rouleaux de soieries, tables de couture, croquis, fils et aiguilles en tout genre.

-Bienvenue dans mon antre ! s'exclama-t-elle.

-Euh, salut, bredouillai-je.

-Ne sois pas impressionnée par tout ce bazar ! Tout ce qui compte c'est que je m'y retrouve, ce qui n'est pas toujours le cas mais bon tant pis ! Viens par ici, il faut que je prenne tes mesures pour te faire une robe enfin à ta taille.

Il est vrai que toutes les affaires de mon dressing étaient plus ou moins trop longues même si la largeur était très bien car les elfes étaient minces, et moi aussi ! Coup de chance.

Je me dirigeai donc vers le petit recoin qui servait à Serindë à prendre et noter toutes les données dont elle avait besoin. Je passai le reste de ma journée avec elle et rencontrai de nombreux elfes qui m'accueillaient vraiment très gentiment. J'étais bien ici.


Après que la Soleil se soit couchée, nous rentrâmes et dînâmes en compagnie d'Amandil et Legolas. Ce dernier me proposa de visiter enfin sa cabane avant que j'aille me coucher et j'acceptai.

Je le suivis donc vers le logis voisin du mien. La porte était identique à la mienne sauf que le mot « Anor » brillait en doré quand il s'en approchait.

-Fait comme moi, approche toi de la porte, dit-il.

-Oui je sais, moi aussi ça fait pareil en argenté sur ma propre porte.

-Essaye quand même, insista-t-il.

J'approchai donc ma main de la gravure et celle-ci scintilla en argenté. Puis Legolas posa sa main sur la mienne et le mot se mit à briller plus fort, d'une couleur mêlant l'or et l'argent.

-C'est magnifique, murmurai-je.

Je le regardai un instant et sa beauté elfique n'était que plus belle encore.

-Toi aussi tu es belle, chuchota-t-il dans mon esprit.

Il croisa mon regard et une chose très étrange se produisit. C'était comme si je pouvais voir avec ses yeux. Je me voyais rayonnante, avec mes cheveux tressés, ma robe elfique et mes yeux d'un vert turquoise que je ne m'étais jamais vus.

Je détournai le regard, gênée et ouvris la porte de son chez lui. La pièce était identique à la mienne mais les couleurs prédominantes étaient le doré, évidement, et le bleu clair, aussi bleu que ses yeux. Il y avait aussi plus d'objets personnels, sans doute était-il habitué à venir en Lorien et avait-il ramené ses effets personnels dans son nouveau chez lui.

-Bienvenue chez moi, déclara-t-il, cette fois à haute voix.

-Pourquoi parles-tu à haute voix, je trouve ça plus facile de parler dans nos esprits, le questionnai-je.

-Cela pourrait paraître bizarre aux autres si nous ne nous adressons jamais la parole.

-En effet, merci, répondis-je. C'est très joli chez toi.

-Merci, dit-il simplement.

Je visitai donc un peu la cabane et m'y sentis aussi bien que dans la mienne. C'était très étrange de pouvoir être aussi heureuse avec cette personne et son environnement et en même temps de la haïr du plus profond de mon être.

J'aimais être avec lui mais il y avait toujours quelque chose, une parole, un acte, une pensée, qui me faisait me souvenir de la souffrance que sa présence évoquait au plus profond de moi. Je devais paraître bien lunatique à ses yeux, trop arrogante et impolie mais si fragile aussi et il se devait me protéger, d'après lui. Avoir ce petit pouvoir d'être plus fort que moi devait lui faire extrêmement plaisir, j'en étais sûre.

Il me raccompagna chez moi et me souhaita bonne nuit. Je lui répondis très froidement. Demain n'allait pas être une journée de tout repos, j'en étais pratiquement sûre.


-Debout espèce de marmotte ! s'exclama Serindë à mon oreille, un peu trop fort et un peu trop tôt à mon goût.

-Bonjour, marmonnai-je.

-Aujourd'hui est un grand jour ! Tu vas commencer ton entraînement avec Haldir, le meilleur guerrier elfe de la Terre du Milieu !

-Vas-y à ma place si l'idée de passer une matinée entière avec cet elfe t'enchante. Et passe aussi l'après-midi avec Legolas à supporter ses attitudes et ses grands airs ! Lui aussi tu dois le trouver à ton goût : fier, courageux, habile au combat, blondinet et insupportable. Je crois que j'ai ciblé tes préférences masculines, très chère, crachai-je en retournant sous les couvertures.

Rien que le mouvement de me retourner sur moi-même m'arracha un grognement de douleur. Mes règles n'allaient pas me lâcher. Oh non ! Ça allait être très pratique pour m'entraîner. Je grognai encore un peu pour bien faire sentir à mon ex-amie que je n'allais pas sortir de mon lit de sitôt.

-On arrête de pleurnicher ma grande et on boit la bonne décoction de maman Serindë. Ensuite on se lave vite fait bien fait, on prend un morceau de lembas et on file sur la grande place. Sinon j'appelle Legolas…ou mon frère.

-Ah non ! Pas eux même si ton frère m'est très sympathique, je ne tiens pas à ce qu'il me voit dans cet état. Quant à l'autre énergumène, je vais déjà bien assez le supporter plus tard. Je me rends.

-Choix judicieux ma chère, répliqua Serindë d'un air triomphal.

Je m'appliquai donc à boire sa tisane antidouleursderègles, à me laver soigneusement et à me laisser coiffer par Serindë. Des nattes s'entrecroisaient sur ma tête, retenues par une seule lanière de cuir. Je m'habillai donc en faisant preuve d'un peu de zèle pour montrer à ma gardienne que j'étais décidée à y aller.

J'enfilai ensuite des sous-vêtements elfiques, un long pantalon noir très près du corps, une chemise un peu large blanche, un corset brun serré par des lanières vertes foncées et des bottes elfiques neuves et noires.

-Je pense qu'Haldir te donnera le reste de ton équipement. File chercher un bout de lembas sur la table chez moi et dépêche-toi ! dit-elle en me poussant vers la sortie. Passe le bonjour à Haldir de ma part, finit-elle en rosissant légèrement.

-Ne t'inquiète pas pour ça c'est une des seules choses que je n'oublierai pas de faire ! répondis-je en clignant d'un œil.

Je courus donc vers sa maison et y retrouvai Amandil, attablé devant une assiette de fruits.

-Bonjour guerrière, me salua-t-il.

-Bonjour cher ami et bon appétit, je n'ai pas trop le temps de discuter alors bonne journée ! braillai-je en descendant l'escalier de l'arbre, un morceau de lembas dans la bouche.

Arrivée en bas, je pris la direction de la place en saluant mon amie qui me regardait partir. Quand nos quartiers ne furent plus en vue, je vérifiai que mon esprit était bien fermé et je piquai un sprint dans la direction opposée à celle que je devais prendre. Vous aviez vraiment cru que je passerais une journée entière avec deux être que je détestais presque autant que Sauron lui-même ?!

Après quelques centaines de mètres supplémentaires, je regardai enfin derrière moi pour m'assurer qu'on ne m'avait pas suivie. Personne. Je m'apprêtais à m'arrêter de courir quand je heurtai quelqu'un.

-On fait l'école buissonnière, Rána ? railla la voix de ce cher Anar.

-Mais pas du tout, répliquai-je. Je fais un petit jogging avant d'y aller.

-Un jogging ? Qu'est-ce ?

-Courir pour s'échauffer, tu connais pas ?

-Si mais pas ce mot étrange… Donc si tu as finis ton échauffement, et dans un souci de conserver tes forces, je vais te porter jusqu'à Haldir, lança-t-il.

-Quoi ?! m'étranglai-je.

Il ne répondit pas et me prit par la taille, m'enserrant presque au point de ne plus pouvoir respirer. Il me souleva de quelques centimètres du sol et plaqua mon dos contre son torse. Ce n'était pas très pratique mais ça avait l'avantage de m'empêcher de hurler.

Alors que je tentais de me débattre, une idée très intelligente traversa mon esprit. J'avais trouvé le moyen infaillible de m'échapper. Je ruai un grand coup. Projetant mes jambes non-retenues en l'air et, dans un mouvement sec, je les ramenai en arrière et avec mon pied gauche, j'écrasai les bijoux de famille de mon ravisseur.

-Humpf…, entendis-je.

Sous le choc, il me lâcha et je pus courir me réfugier derrière un tronc d'arbre. Un petit elfe y était, et me regardait avec des yeux plein de terreur.

Je jetai un œil sur Legolas qui se tordait de douleur à l'endroit exact où je l'avais laissé. Après quelques secondes où je pus difficilement contenir mon rire, la pitié s'immisça dans mon esprit. J'étais un peu culpabilisée. Je m'avançai donc doucement, pas à pas, vers ma pauvre victime.

Arrivée à moins de deux mètres, il releva la tête et je pus voir ses yeux devenir bleus orage. Son regard était complètement terrifiant. J'étais paralysée sur place et la fuite ne me traversa même pas l'esprit. Il se jeta sur moi d'un bon autant gracile qu'effrayant de puissance et m'enserra les jambes de ses bras. Il me lança ensuite sur son épaule et j'eus le souffle coupé par le choc de son os contre mon estomac.

Il me balança ainsi pendant quelques minutes, sous les yeux des elfes qui passaient sur son chemin. Je reconnus le sentier de la grande place et je sentais de plus en plus de regards sur nous, sur moi. Arrivé là, je pus voir Haldir qui m'attendait nonchalamment appuyé contre un arbre. Néanmoins, sa carrure et sa prestance le rendait très impressionnant.

-Bonjour Legolas, vous portez un bien étrange paquet, salua-t-il mon « porteur ».

-Bonjour Haldir de Lorien, je porte en effet un paquet des plus infectes, des plus vils et horribles que toute la Terre du Milieu aie jamais accueillie.

-Rien que ça ?! fit le garde d'un air étonné.

-Oui, et donne lui le traitement qu'elle mérite, ne la ménage pas, cracha-t-il.

Il me jeta presque au sol et je n'osai me relever que quand je fus sûre qu'il fut parti. J'étais humiliée, blessée autant physiquement que mentalement. La Soleil allait briller fort et longtemps avant que la Lune ne puisse atténuer sa colère sans fin.


Voilà une fin un peu brute pour ceux qui croyait que les choses s'amélioraient entre nos deux héros ! Dsl pour eux mais c'est comme ça, quand tout va bien, tout redevient noir etc etc...

A bientôt pour l'entrainement d'Annaso' avec Haldir, ça promet !