Elle passa la nuit proche du lit du professeur, mais vers trois heures du matin, la jeune sorcière tomba de sommeil, permettant à l'homme de la détailler. Elle avait bien changé la petite fille qui voulait prouver qu'elle était aussi douée en magie que tous les enfants de sorciers. A présent, elle était une jeune femme plus sûre d'elle et indéniablement plus douée que bien des sorciers. Lui-même était fatigué mais ne s'endormit pas, préférant garder un œil sur la sorcière.
Elle se réveilla aux alentours de neuf heures, trop tard pour le petit déjeuner dans la grande salle. Elle stoppa la machine et prit les constantes du professeur.
Il semblait vraiment en meilleur forme. Elle lui fit une énième prise de sang pour confirmer les résultats et lui dit qu'il était libre d'aller à sa guise à présent. Elle lui précisa néanmoins qu'il serait mieux pour lui de ne pas faire d'efforts dans la journée. Elle commanda également un petit déjeuner pour eux et mangea avec lui.
— Je vous remercie Hermione, c'est la troisième fois que vous me sauvez, ça commence à devenir une habitude. dit-il au bout d'un moment.
— Taisez-vous. C'est parfaitement naturel. Railla-t-elle.
— Me laisserez-vous un jour vous remercier convenablement?
— Probablement pas, mais si ça vous amuse d'essayer… Bien, maintenant que vous avez meilleure mine et que vous ne risquez plus de me claquer entre les doigts, j'ai quelques comptes à aller régler.
Elle se leva brusquement et sortit des appartements de l'homme, se dirigeant à grandes enjambée vers le bureau directorial. Rogue, tâchant de comprendre ses paroles, mit un temps avant de la poursuivre. Il ne réussit cependant pas à la rattraper avant qu'elle ne se trouve devant une Minerva, plutôt surprise.
— Hermione? Qu'est-ce que…
— Pardonnez cette intrusion Minerva, il y a une chose que je souhaiterais savoir. Vous rappelez-vous quand je vous ai amené le professeur Rogue?
— Hermione peut-être devriez-vous…
— Taisez-vous Severus! Minerva dites-moi, avez-vous ou n'avez-vous pas dit à qui de droit qu'il fallait changer le cataplasme sur sa gorge toutes les deux heures? dit-elle froidement.
— Je l'ai dit à Poppy évidemment! Que se passe-t-il voyons?
Hermione ne répondit pas, préférant repartir en direction de l'infirmerie, laissant à Severus le soin d'expliquer la situation à Minerva. Elle retrouva Mrs Pomfresh seule dans son infirmerie.
— Vous. Siffla la brune. Auriez-vous l'obligeance de m'expliquer ce qu'il vous est passé par la tête?
— Pardon miss? demanda l'infirmière peu surprise.
— Le soir de la bataille, quand le professeur Rogue s'est retrouvé dans votre infirmerie, Minerva est venue vous voir pour vous dire que la personne qui lui avait administré les premiers soins avait précisé que le cataplasme qui couvrait sa gorge devait être changé toutes les deux heures. Pourriez-vous donc m'expliquer pourquoi cela n'a pas été fait?
— Comment est-ce que vous pouvez savoir ça? demanda méchamment Poppy.
— Parce que c'était moi qui lui avait transmis ces recommandations.
— Comment osez-vous m'accusez de ne pas avoir soigné mon patient?
— Vous ne l'avez pas fait. dit durement la jeune professeure. Vous avez retiré l'argile qui était présente puis vous avez magiquement refermé la plaie, osez-dire que je me trompe!
— J'ai fait ce qu'il fallait faire au moment où il fallait le faire.
— Non, vous avez simplement permis à une bombe à retardement de se mettre en place! Je pense que vous avez simplement fait en sorte qu'il soit vivant pour être jugé, peut-être espériez-vous qu'il soit condamné?
— Sortez! cria la vieille sorcière.
— Donc je ne me trompe pas. Souffla la plus jeune. C'est honteux. Vous avez le devoir de soigner quiconque se présente à vous, vous ne l'avez pas fait.
— Nous pensions encore qu'il était un mangemort au service de Vous-savez-qui! Tout le monde en aurait fait de même.
— Non, pas tous. lui dit doucement Severus qui était resté à l'entrée. Pas elle.
— Qu'est-ce que vous faites debout vous? demanda brusquement la brune. Retournez vous coucher! Aller!
— Il y a des lits ici. Installez-vous. dit l'infirmière.
— Evitez Severus. Dit l'autre. J'aimerais autant que quelqu'un de fiable soit près de vous.
— Comment osez-vous?
— Ce qui est fait est fait Poppy, mais je vais me ranger à l'avis de miss Granger. dit brusquement le maître des potions.
Hermione s'avança donc vers lui, et lui enjoignit de faire demi-tour afin de retourner vers ses appartements, quittant sans un regard l'infirmerie et son intendante. Elle sermonna quelque peu Severus une fois qu'ils se retrouvèrent dans le couloir.
— Mais qu'est-ce que vous faites debout?
— Et bien vous êtes partie très rapidement ce matin et je dois vous avouer que chercher à comprendre ce qui vous avait rendu aussi furieuse m'a assez tenté pour me lever.
Elle grogna mais ne répondit pas car les élèves commençaient à arriver et elle ne se permettrait pas de rabrouer son ancien professeur devant ses élèves. Dans un couloir, ils croisèrent Luna qui les salua chaleureusement.
— Bonjour professeur, Hermione! Dis-moi Hermione, tu n'aurais pas vu Gin?
— Non, elle n'est pas dans la salle commune?
— Non, et personne ne l'a vu. Pas plus que Harry.
— Va voir chez moi, ils étaient là-bas hier soir, ils sont peut-être restés.
— D'accord! Merci Mione. Bonne journée professeur.
La jeune femme reprit sa route avec son professeur, elle voulait s'assurer qu'il retrouve bien le chemin de ses appartements. Là-bas, Emilie les attendait de pied ferme. Elle se calma en voyant que son père allait bien et resta avec son professeur quand elle s'assit à côté du lit de son père.
— Qu'est-ce que vous faites encore? demanda-t-il.
— Je m'assure que vous restiez bien gentiment allongé aujourd'hui!
— Vous m'embêtez!
— Oh arrêtez espèce de vieux grincheux!
Il grogna encore pour la forme mais la jeune professeure ne l'écoutait plus, elle s'était tournée vers Emilie qui les regardait.
— Au fait tant que je vous ai sous la main miss, je pense qu'on va pouvoir causer deux minutes.
— Ah… vous êtes sûre?
— Certaine! Est-ce que vous voulez bien m'expliquer vos nombreuses soirées en retenue avec moi?
— Et bien c'est que…
Elle n'osait pas vraiment répondre et Hermione le voyait bien.
— Dites-moi, je cherche simplement à comprendre. Au départ, vous étiez insolente et je pensais que l'école ne vous intéressait pas étant donné que vous aviez le même comportement durant toutes les matières. Cependant après notre première rencontre à l'infirmerie, votre comportement a changé, vous sembliez plus attentive mais toujours assez étourdie pour que je doive vous coller. Pendant ces retenues vous ne rédigiez qu'un compte-rendu à peine passable du cours de la journée alors je voudrais savoir.
— Je ne comprends pas vos cours. Lâcha-t-elle.
Cette phrase surprit et le professeur de la fillette et son père.
— Pourquoi est-ce que vous n'êtes pas venue m'en parler? demanda Hermione.
— Parce que j'avais honte, j'étais la seule élève à ne rien comprendre à ce que vous racontiez alors je faisais la maligne pour ne pas être rejetée par les autres. dit-elle les yeux baissés.
Hermione semblait songeuse, tandis que Severus avait pris sa fille dans ses bras. Etrangement, cela ne le gênait pas plus que cela que son ancienne élève voit son côté humain. D'autant qu'elle l'avait vu dans des états de faiblesse tels qu'il ne pouvait de toute manière rien dire.
— Et bien… si cela vous convient, je pourrais sûrement vous donner des cours particuliers, sous couvert de vos retenues si vous ne souhaitez pas que quelqu'un se doute de quelque chose.
— Vous feriez ça? demanda timidement la petite.
— Si cela vous aide, bien sûr.
— Merci professeur.
— Je vous en prie miss.
Hermione sourit devant la reconnaissance de son élève et cela toucha beaucoup Severus que la jeune femme s'implique autant auprès de ses élèves. Il se disait qu'elle excellait vraiment dans ce métier.
Cependant pour la jeune femme, voir ainsi Emilie dans les bras de son père lui fit penser à ses propres parents, et la mélancolie l'envahit. Son sourire se ternit un peu et la tristesse voilà son regard, ce que ne manqua pas de remarquer son ancien professeur.
Il chuchota à Emilie de sortir et se tourna vers la jeune femme.
— Qu'est-ce qui vous tracasse à ce point? demanda-t-il doucement.
— Oh rien pardon…
— Hermione dîtes-moi.
— Ce sont mes parents, je leur ai effacé la mémoire pour les protéger des mangemorts lorsque je suis partie avec Harry et Ron, aujourd'hui ils sont installés en Australie et ignorent tout de leur vie en Angleterre et de mon existence. J'ai cherché un moyen de les ramener mais jusqu'à maintenant, je suis dans une impasse.
— Je suis sincèrement désolé Hermione.
— Ne vous en faites pas, c'est juste un coup de blues, vous voir avec votre fille m'a fait penser à eux.
Severus resta silencieux un moment puis reprit la parole, soucieux.
— Dites-moi ce que vous avez testé jusqu'à maintenant.
— Et bien j'avais pensé à un sortilège, une potion et une thérapie mais…
— Et vous avez pensé à la legilimancie? demanda-t-il.
— Non. A quoi vous pensez?
— Et bien je pense qu'avec un sortilège de soin, un legilimens pour retrouver les souvenirs détruits et une potion qui fortifie la mémoire, vous pourriez peut-être obtenir un résultat.
La jeune femme réfléchissait, elle faisait des calculs et fouillait dans sa mémoire pour retrouver les résultats d'expériences ayant déjà été menées. Severus pouvait voir les rouages de son cerveau se mettre en route. Quand son regard retrouva toute sa clarté, elle attrapa vivement le bras de l'homme.
— Merlin ça pourrait marcher! cria-t-elle. C'est absolument brillant et ça pourrait vraiment marcher! Bien sûr il faudrait trouver le bon dosage dans les ingrédients et travailler le sortilège pour le rendre assez puissant pour des souvenirs détruits et trouver un très bon legilimens mais par Merlin, Morgane, Circé et tous les autres, ça pourrait marcher!
Severus la trouvait belle perdue dans son enthousiasme mais jamais il ne l'avouera à qui que ce soit.
— Est-ce que vous pensez que vous pourriez m'aider? demanda-t-elle doucement.
— Evidemment. Si je peux vous être utile en quoi que ce soit, faîtes le moi savoir.
— Merci! dit-elle en lui sautant dans les bras.
Il fut surpris mais lui rendit son étreinte, puis quand elle se rendit compte de son geste, elle se recula le rouge aux joues.
— Pardon.
— Il n'y a pas de mal Hermione. Ne vous en faîtes pas.
Elle reprit sa place sur le fauteuil, puis quand l'heure fut assez avancée, elle retourna dans ses appartements où elle s'endormit comme une masse.
Dès le lendemain, elle commença les leçons avec Emilie, et constata que la fillette avait seulement besoin d'être plus encadrée pour apprendre correctement les bases. Son cerveau fonctionnait d'une telle manière qu'elle se posait toujours des questions avant d'arriver à ce qu'on lui demandait, elle cherchait quarante manières détournées avant de trouver le raccourci. Elle n'était pas bête, bien au contraire, il fallait seulement qu'elle arrive à canaliser le cours de ses pensées.
Les jours passèrent donc assez rapidement et Hermione faisait classe à Emilie le soir, une matière différente à chaque fois et la fillette progressait petit à petit pour atteindre le même niveau que ses camarades.
Un soir, elle se rendait aux cachots pour son cours avec la petite quand elle fut surprise de voir Severus à son bureau.
— Bonsoir. dit-elle.
— Hermione? Qu'est-ce que vous faites ici?
— Et bien j'avais prévu de faire travailler les potions à Emilie ce soir.
— Ah… c'est embêtant.
— Vous avez mis un élève en retenue je suppose?
— C'est ça.
— Et qu'est-ce que vous aviez prévu de lui faire faire si ce n'est pas indiscret?
— Lui faire nettoyer la salle, comme vous avez pu le constater, il y a des éclaboussures un peu partout à cause de cet élève.
— Et bien si cela ne vous ennuie pas, je pourrais éventuellement utiliser un bureau avec Emilie tandis que l'élève récurera la salle.
— Pourquoi pas. dit-il après à un moment.
Hermione prit donc un bureau non loin de celui du professeur et installa le matériel et les ingrédients pour une potion contre les furoncles. Elle attendit patiemment Emilie qui arriva en même temps que Ron.
— Miss Prince, venez s'il vous plaît, nous allons revoir la potion contre les furoncles. Si vous la réussissez correctement, elle pourra servir à l'infirmerie et vous aurez rattrapé votre note de ce matin. dit Hermione.
— Monsieur Weasley. dit Severus d'une manière qui fit presque peur à sa fille. Vous allez me nettoyer vos bêtises de cet après-midi, sans magie évidemment. Je vous demanderai donc de déposer votre baguette sur mon bureau. Vous avez pu constater que vous n'êtes pas seul, je vous prierai de ne pas déranger miss Granger et son élève si vous ne voulez pas revenir demain soir et tout le reste de la semaine.
Ron se mit au travail sans un mot et Emilie suivit Hermione qui entreprit de lui expliquer la théorie de la potion. La fillette retranscrit d'abord ce qu'elle avait vu en cours et Hermione corrigeait les fautes qui pouvaient survenir çà et là.
Au bout d'une heure elle écrivit la recette et laissa la fillette réaliser la potion. Elle n'avait pas remarqué qu'elle était observée par le maître des potions.
Elle rougit devant tant d'insistance et lui sourit légèrement avant de se concentrer sur son élève. Au bout d'un moment, elle vit une main plus grande que celle d'Emilie jeter un ingrédient dans le chaudron.
Elle leva les yeux et vit Severus qui la regardait avec un sourire en coin. Elle tapa distraitement sur sa main pour la faire partir mais elle revint à la charge. Elle recommença mais il ne semblait pas disposé à lui obéir.
— Voulez-vous bien la laisser travailler toute seule. Chuchota-t-elle.
Il secoua discrètement la tête et elle ouvrit les yeux en grands. Elle fit le tour du bureau pour se poster entre le professeur et le chaudron.
— Pchhhh allez-vous-en! dit-elle.
— Pourquoi? Vous voir vous énerver est tout à fait fascinant. Chuchota-t-il.
— Laissez-moi deviner, vous vous ennuyez?
— Vous avez tout compris, alors j'ai décidé de venir vous embêter un peu.
— Poussez-vous de là! dit-elle alors qu'il passait un bras derrière elle pour y ajouter encore un ingrédient.
— Ou sinon?
— Sinon je jette un sort à la salle pour que Ron n'ai plus rien à faire.
— Vous n'oseriez pas!
— Vous voulez parier?
— D'accord je vous crois! Je ne touche plus au chaudron.
— Bien. D'ailleurs pourquoi est-ce que Ron est en retenue? demanda-t-elle curieuse.
— Il a fait exploser son chaudron en se laissant distraire par miss Brown.
— Mais quel boulet. Lâcha la brune.
— C'est vous qui l'avez dit.
Elle sourit et se retourna vers son élève pour vérifier sa potion. Elle semblait plutôt bien pour le moment et elle remerciait tout de même Severus qui restait consciencieux.
A vingt-deux heures, elle remercia la fillette et lui dit que sa potion était plutôt réussi, qu'elle avait réussi à augmenter sa note de la journée. N'ayant pas envie d'aller se coucher maintenant, elle resta un peu dans les cachots où Ron continuait de nettoyer en silence.
Elle changea de pièce et se rendit dans le bureau personnel du professeur qui l'avait autorisé à consulter les livres qui se trouvaient là. Elle feuilletait un vieux grimoire quand son regard fut attiré par une potion en particulier. Elle restait figée un instant avant de se précipiter dans l'autre pièce, près de son ancien professeur.
— Severus j'ai trouvé! cria-t-elle.
Elle lui mit le livre sous les yeux et attendit anxieusement en se mordillant le bout des ongles. Il se tourna vers elle le regard brillant.
— Merci Weasley, vous pouvez partir. dit-il au roux.
Il attendit que son élève soit parti et se tourna vers la jeune femme.
— Cette potion est vraiment dangereuse, à double tranchant. Il faut qu'elle soit réalisée parfaitement et il faut que vous trouviez quelqu'un à qui vous fassiez entièrement confiance pour entrer dans l'esprit de vos parents.
— Vous! S'il vous plaît Severus, vous êtes le maître des potions le plus brillant qui soit encore vivant et vous êtes un maître en legilimancie. S'il vous plaît Severus aidez-moi.
L'homme réfléchit un long moment, pesant le pour et le contre, puis en voyant le regard suppliant de la jeune femme, il accepta. Il aurait de toutes manières fait tout ce qu'elle lui aurait demandé.
— D'accord. La potion étant vraiment très longue à préparer, nous pourrons essayer de ramener vos parents cet été.
