Ce matin là, il ne vint pas me chercher. Il me donna une fausse excuse par texto. Je l'avais offensé avec cette histoire de tatouage. Je n'en trouvais, aucun sens : en quoi un tatouage pouvait-il révéler un secret ? Edward Cullen était l'homme le plus étrange et le plus énigmatique que je n'avais jamais rencontré. Il m'agaçait avec son fichu secret et notre « relation un tiers amicale, un tiers amoureuse, un tiers méprisante » en prenait un coup tous les jours.
En arrivant à la fac, je le vis rentrer sur le parking. Il marcha vers la fac sans un regard vers moi. Je rejoignis mes amies dans l'amphithéâtre. Evidemment elles avaient remarqué mon absence au cours de la veille. Cependant, étant arrivée avant elles, elles ne savaient pas comment mon après-midi c'était déroulée. Je leur mentis, prétextant une quelconque maladie. Je n'eus aucune crainte pour Alice. Connaissant son frère, il le lui avait sûrement caché. Elle n'eut pas l'air surprise.
Le cours avait commencé depuis une quarantaine de minute quand je le vis, par la fenêtre sortir rapidement du bâtiment. Que faisait-il ? Il devait se trouver en plein cours à ce moment là. Instantanément, je me levais et descendis l'estrade quand je me rendis compte que le professeur avait arrêté de parler. Il me regardait, surpris comme l'ensemble des étudiants présents dans l'amphi. Soit une cinquantaine de personne. La gêne s'illustra sur mes joues. J'avançai vers lui :
- Veillez m'excuser Professeur. Je ne me sens pas bien. Je dois prendre l'air.
- Oh oui ! Faites vite ! Me répondit-il effrayé à l'idée que son luxueux costume soit immaculé de mon vomi.
Je sortis en courant, je regardai derrière moi. Alice me regardait à travers la vitre de la porte. Je sortis en ignorant son regard ! Tant pis si elle se poserait des questions ! J'avançais vers la direction qu'il avait empreinté. Je le vis dans un coin isolé. Accompagné d'un autre homme brun aux allures tous sauf normales. Je me cachais derrière le mur et les espionnait. Ils parlèrent un long moment puis s'échangèrent une grosse enveloppe. Qu'est-ce que ça pouvait bien être ? Soudain, l'homme se rendit compte de ma présence et Edward se retourna. Il fronça les sourcils en me voyant et se dirigea vivement vers moi. Je me retournai pour faire demi-tour, prise de panique. Comme si je pouvais l'éviter !
- Tu peux m'expliquer ce que tu fiches ici ? me demanda-t-il froidement.
- Je suis désolée, je t'ai vu de loin …C'est qui ce type ?
- Ca ne te regarde pas ! Tu n'es pas ma copine ! Vas-t-en !
Ce rappel me brisa le cœur. Mes yeux devinrent humides. Je retins mes larmes suite à ce violent rejet.
-Mais je … Bégayais-je.
Jamais il n'avait été autant en colère. Il se rapprocha lentement de moi. Me dominant de toute sa taille.
- Je Te Dis De T'en Aller. Me dit il plus froidement encore.
L'homme nous observait de loin, soucieux. J'hésitais et fit demi -tour pour retourner en cours. Ma tête était dans le noir le plus totale. J'avais l'impression de rouler en voiture, à 130 km/h, sur une route déserte, en pleine nuit, sans le moindre éclairage. Pourquoi avait-il réagit comme cela. Qui était cet homme étrange. Un dealer de drogue, un malade mental, un assassin, … La voiture s'écrasa contre un mur. J'étais détruite, perdue, humiliée.
Je rentrai dans l'amphithéâtre et me réinstalla à ma place, ignorant le regard jaugeur du Professeur.
- Ca va mieux ? S'inquiéta Alice.
Je levai les yeux vers elle et réfléchis à cette question. Depuis le début, Edward n'avait pas cessé de me prendre pour une idiote. Il m'avait insulté et humilié devant une classe entière, était revenu comme une fleur pour s'excuser, m'avait menacé, s'était excusé, m'avait détruite. J'avais presque mis mes études entre parenthèse tandis que lui était toujours le major de sa promotion ! Les émotions qu'il me procurait étaient des montagnes russes, le problème était que j'avais envie de descendre ! Soudain, la haine s'empara de moi ! Pourquoi souffrais-je et pas lui ? Ou était passé mon « girl power » ? Ma ténacité ? Depuis quand étais-je la victime ? J'avais toujours dit à ma sœur qu'il fallait qu'elle cesse de courir après les garçons. Je me souvenais avoir trouvé son comportement écœurant. Je faisais exactement ce qu'elle avait fait sans même m'en être rendu compte. J'étais le petit chien docile et Edward le maître retenant fermement la laisse. Mais ça allait changer ! Le chien se rebella, mordit son ancien maître et courut vers la liberté, la laisse traînant derrière lui sur le sol. Je le ferais souffrir. S'il m'aimait vraiment, il allait le payer très cher !
- Oui, ne t'inquiète pas. Tout va bien. Lui répondis-je. Fière de moi.
